samedi 11 juillet 2015

Nidaa* n'est plus, un autre Appel* s'impose !

Quand Béji Caïd Essebsi a décidé de lancer Nidaa* Tounes, ce fut un raz de marée de tunisiens qui ont répondu à l'Appel*, désireux de dégager les Frères musulmans qui en 3 ans ont ruiné la Tunisie et semé le chaos. Ce parti a fait naître un immense espoir sur lequel BCE a surfé allègrement, promettant d'en finir avec l'islamisme de tous poils et affirmant de remettre la Tunisie sur la voie du progrès tracée par Bourguiba dont, nous répétait-il, il est fier d'en être l’élève, comme pour nous rassurer ! 
Mais voilà, une immense déception à la hauteur de l'immense espoir qu'avait fait naître Nidaa, s'installe chez tous ceux qui ont cru en BCE et en son parti Nidaa Tounes.
Faut-il baisser les bras pour autant ? La flamme est encore là chez des millions de Tunisiens qui veulent d'une réelle démocratie, refusent celle au rabais que tentent de leur imposer les EU & l'UE et qui ne semble déranger aucunement bon nombre de nidaa-istes ... et veulent un parti démocrate qui respecte les règles démocratiques ! 
R.B 
* Nidaa = Appel
Une personne avait posté une lettre sur mon compte Facebbok, me demandant si ma déception, causée par l’action du gouvernement et du parti Nidaa Tounes était derrière l’absence de réactions de ma part aux événements politiques sur Points.tn. 
A bien réfléchir c’était peut être le cas…En effet, l’adoption de la constitution, l’action et la victoire de Nidaa ont étés une double méprise. Nous tous, nous nous sommes trompés sur son compte, sur son dessein (s’il y’ en a un), son ambition (celles de ses animateurs) et son projet politique. Ce Nidaa, pour sa part s’est trompé sur notre compte. Je veux parler de ceux qui ont fait que ce parti soit possible dans toutes ses étapes. Mais s’en est fini aujourd’hui !! 
Le Nidaa et son fameux gouvernement sont en rupture avec NOUS. Mais définissons d’abord même légèrement ce « NOUS ». Il s’agit de tous ceux qui ont aidé, rassemblé, poussé et encadré ceux, qui, sous nos conseils ont intégré, travaillé, mobilisé et voté pour le Nidaa et qui ont fait sa force, aujourd’hui altérée. En effet, le Nidaa et son gouvernement sont aujourd’hui en rupture avec leurs électeurs, leurs sympathisants et amis. Nous traiterons ici de deux points :
1/ Le premier point traite des rapports entre Nidaa et le parti Ennahdha. Nidaa a été formé pour créer un équilibre dans le pays et pour faire contrepoids avec Ennahdha et ses alliés. Il a recruté des militants et des cadres sur cette base. Il a participé au combat du « Rahil » (dégage), ainsi qu’à d’autres combats sur cette base. Il a organisé sa campagne électorale législative et présidentielle sur cette plate-forme politique, l’opinion publique étant un témoin capital sur ce point…
La victoire arrachée, le bus Nidaa s’est arrêté, les unités de covoiturage furent invitées à descendre et le bus de Nidaa de reprendre la route d’une autre destination, plus sinueuse, plus obscure et inavouée, car elle recouvre les pires défauts de la politique : La trahison mesquine des engagements pris auprès des électeurs, avantages provisoires, par ailleurs ont commandé cette trahison. Il est vrai, encore une fois, Nidaa nous donne une leçon, les promesses électorales sont faites pour êtres bafouées et ne valent que pour les crédules qui y croient…
La trahison de l’électorat et des principes fondateurs
L’alliance avec Ennahdha au parlement et au gouvernement, n’était-t-elle pas une des lignes rouges du camp patriotique et progressiste dans l’électorat et le peuple tunisien ? Cette ligne rouge était un des fondements politiques du pouvoir destourien entre 1956 et 2011. Elle constitue un fondement politique et idéologique pour les militants de gauche (marxistes, nationalistes arabes ou autres syndicalistes et militants associatifs). Nul besoin de remâcher ce qui est digéré donc, car les dégâts opérés par l’initiative malheureuse du Nidaa repose la question de la nécessité d’une refondation, nécessaire pour élaborer un nouveau projet politique national et démocratique pour l’avenir de la Tunisie. Nous y reviendrons.
Si les choses sont claires au niveau des principes et obscures au niveau des faits, alors posons deux questions directes à B.C.E sans détours : N’est ce pas là une rupture avec Bourguiba et le bourguibisme, qui ne souffre aucune interprétation ou supputations contraires à ce que nous disons ? Ainsi, nous sommes loin des engagements pris en public et ce, sur de longs mois. Ce qui est inquiétant et corrosif, réside dans la rapidité de la mutation. Un vrai renversement… Mais dans quel sens ? Avec quelle portée et quelles perspectives pour l’avenir ? Est-ce un agenda extérieur ? Un petit calcul politicien pour de petits calculateurs ? Une résultante de conflits politiciens et d’ambitions personnelles, en vue d’une prise de pouvoir au sein de Nidaa. La Patrie, n’était-elle pas au dessus du parti ?
On connaît la chanson des justifications fallacieuses. Une autre politique était possible. La liste des initiatives et sacrifices possibles pour éviter l’erreur et rester fidèle aux engagements et aux choix qu’impliquerait le projet patriotique et démocratique. Le combat est toujours une voie vers le possible, d’autant plus que la verve reste brûlante depuis début 2013. Et qu’on ne nous réplique pas médiocrement que les gens d’Ennahdha sont des tunisiens comme les autres et qu’ils ne sont pas extraits de la planète Mars ou Mercure… Et toute la suite de blablabla…connue. Ces propos sont justes et honorables. Nous les avons adressées depuis de très longues années, et ce, aux vrais autocrates qu’on connaît. Mais reconnaître les droits et la dignité des adversaires, des concurrents, des ennemis, ne justifie nullement une alliance avec eux, la banalisation de ce qu’ils représentent comme danger stratégique pour l’avenir et les intérêts du pays, surtout si l’on a bien assimilé ces nouvelles fonctions géopolitiques et géostratégiques. L’idéal tunisien depuis 1873 jusqu’à 2011, malgré ses revers, ses défigurations, ses déformations était autrement différent… 
Nous devons cohabiter librement et dignement avec tous les adversaires/concurrents/ennemis politiques tunisiens, sans jamais s'allier avec eux. L’Europe et le reste du monde occidental, n’ont-t-ils pas vécu depuis 1945 jusqu’à 1981 sans participation politique des communistes au pouvoir et sans répression, sans despotisme et tout autre forme de dictature et sans les éradiquer de leurs pays ? Alors pourquoi tant de gâchis dans les idées, les espérances, les principes et les engagements ? Et qu’on ne nous sort pas la question du réalisme et de la contrainte des chiffres et des résultats des élections. Tous les observateurs savent calculer et tout le monde est certain qu’un autre type d’alliance et de gouvernement étaient possibles. 
Enfin de compte, sur la base du bilan de l’expérience Nidaa (qui est le notre aussi), les militants progressistes, démocrates, patriotes, ceux qui militent pour le progrès social et la démocratie et donc toutes les variantes du progressisme, sont aujourd’hui appelés à reformuler, doctrinalement et politiquement les éléments d’un projet politique moderne pour notre pays. Les écrans de fumée ne fonctionnent plus.

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