dimanche 31 décembre 2017

La tunisianité, fait des tunisiens un peuple à part

Si Safwan Masri a fait le bon constat quant à la tunisianité des tunisiens qui les distingue du reste du monde "arabo-musulman", il se trompe lourdement quant aux Frères musulmans qu’ils aient changé en devenant démocrates ! Pour changer encore faut-il changer de doctrine : or ils n'en ont pas d'autre; et la chariaa qui fonde leur programme, est vieille de 14 siècles ! Ils ne peuvent la remanier ni la renier au risque de perdre leur raison d'être en tant que parti politique qui instrumentalise la religion.
S’il admet que la Tunisie est devenue un pays démocratique, il oublie de préciser que les Frères musulmans plombent la démocratie et le pays ; devenant un boulet pour la société civile qui par sa vigilance, reste la seule à lutter âprement contre les dérives rétrogrades et totalitaires des Frères musulmans ; puisque la classe politique dans sa grande majorité s’est avérée décevante, démissionnaire par lâcheté, si elle n'était corrompue par les Frères musulmans dont elle devient complice, pour faire la pluie et le beau temps en Tunisie ! 
R.B  
La Tunisie n’est pas un modèle pour le monde arabe
Alors que la Tunisie célèbre dans une certaine morosité le septième anniversaire du déclenchement de sa révolution, le 17 décembre 2010 à Sidi-Bouzid, l’universitaire américano-jordanien Safwan Masri affiche son optimisme sur l’avenir de la transition démocratique du pays. Mais il met en garde, dans son ouvrage « Tunisia, an arab anomaly » (Columbia University Press, New York 2017), contre toute tentation d’en faire un « modèle » transposable dans le reste du monde arabe. Sa thèse est que la révolution tunisienne est avant tout le produit d’une histoire singulière et spécifique n’ayant pas de rapport univoque avec l’identité arabe. La transition démocratique tunisienne s’explique selon lui, par des facteurs endogènes difficilement reproductibles.

A l’heure où les Tunisiens se distinguent par leur transition démocratique, votre thèse est que la Tunisie n’est pas un modèle pour le monde arabe. Vous prenez à contre-pied une idée assez convenue. Pourquoi ?

Il est difficile, voire impossible, pour un pays de servir de modèle. Chaque pays a ses spécificités propres. Je me souviens de l’époque où l’on présentait la Turquie comme un « modèle » pour le monde arabe en raison de ses succès économiques, de sa laïcité et de sa démocratie. 

Ce qu’il faut commencer à questionner, et on le fait de plus en plus, c’est l’identité arabe. Qu’est-ce que cela signifie ? Bien sûr, il y a des points communs à travers le monde arabe : une histoire partagée, la langue, la religion, etc. Mais il y a aussi de vastes différences entre l’Afrique du nord et les pays du Golfe, ou entre ces derniers et le Levant. Dans ce contexte, la Tunisie a une identité spécifique et aussi plus ancienne à l’exception de l’Egypte, du Maroc et d’Oman, dont les frontières n’ont pas beaucoup bougé à travers l’histoire. Dans le reste du monde arabe, l’Etat-nation a été créé durant la période post-coloniale. La plupart des pays n’avaient pas d’identité avant la période coloniale. 

Et même l’identité arabe est une invention moderne associée au colonialisme dans les derniers jours de l’Empire ottoman et ensuite à l’ère post-coloniale. Le panarabisme est une réponse au colonialisme et à ce qui a suivi. Et à Israël.

Qu’est-ce qui fait, à vos yeux, la spécificité de la Tunisie ?

Pour commencer, la Tunisie est le produit d’une longue histoire et de plusieurs civilisations. Son histoire civilisationnelle a souffert de peu d’interruptions avec, par exemple, la même dynastie des Husseinites qui a régné à partir du début du XVIIIe siècle [jusqu’à l’abolition du beylicat en 1957] sur la Tunisie, alors province semi-autonome de l’empire ottoman. Cette dynastie locale a supervisé une période de réforme significative qui a inspiré les précurseurs du mouvement nationaliste. 
A bien des égards, Habib Bourguiba et ses compagnons étaient le produit à la fois de ce mouvement réformiste et du pouvoir colonial français, en tout cas de son système éducatif.

La « tunisianité », produit de civilisations amalgamées

Il y a donc une continuité, une progression naturelle, une longue histoire qui définit ce qu’est la Tunisie d’aujourd’hui. On ne peut pas en dire autant de la Jordanie, de l’Algérie ou de la Libye. 

La « tunisianité », c’est ce produit de civilisations amalgamées, la conscience de cet héritage berbère, carthaginois, arabe. Et, j’insiste, c’est le réformisme qui, influencé au départ par les puissances étrangères, s’est ensuite développé au tournant des XIXe et XXe siècle. Ce mouvement a inspiré après l’indépendance de 1956 l’adoption du Code du statut personnel [qui promeut les droits des femmes] et la mise en place d’un système d’éducation progressiste. 

La « tunisianité », c’est cette identité d’abord et avant tout ancrée en Tunisie. Elle fait partie de l’Orient mais aussi du Maghreb, de l’Afrique, et elle est souvent plus proche de l’Europe que des autres pays arabes. C’est un pays arabe et musulman mais qui a été dirigé par des non-Arabes et des non-musulmans plus longtemps qu’elle l’a été par des Arabes et des musulmans.

La Tunisie est un mélange qui a produit quelque chose de très spécifique. C’est pour cela que j’affirme qu’il est simpliste et réducteur de présenter la transition démocratique en Tunisie comme un modèle pour le reste du monde arabe. Comme si les facteurs qui ont permis cette transition pouvaient être reproduits ailleurs.

Alors pourquoi précisément la Tunisie ? Pourquoi a-t-elle été le théâtre d’une évolution qu’on ne retrouve pas ailleurs ?

Cette « anomalie » tunisienne s’explique d’abord par ce que j’appelle des facteurs environnementaux. Cet environnement, c’est que la Tunisie s’est détachée du reste du monde arabe en raison de sa distance géographique, de son association avec le Maghreb mais aussi d’une politique étrangère propre. Celle-ci ne s’est pas trouvée embrouillée après l’indépendance dans les grands conflits du monde arabe. 

En outre, la Tunisie est un petit pays, dépourvu de ressources, non-important dans la compétition entre grandes puissances. Elle n’a donc pas été un enjeu durant la guerre froide comme l’Egypte ou l’Arabie Saoudite, ou même l’Iran, ou d’autres pays riches en pétrole.

Se sont ajoutés à cela des facteurs plus intrinsèques, propres à la société tunisienne. L’élément-clé a été la société civile. Il y a eu en particulier le rôle joué par le syndicat Union générale du travail tunisien (UGTT), né dans les années 1920 et dont la contribution au mouvement d’indépendance a été significative. 

Même sous les régimes de Bourguiba et de Ben Ali, l’UGTT était présent dans la vie quotidienne des Tunisiens à travers toutes ses branches locales. Pour le régime, le syndicat était considéré comme une soupape de sécurité permettant aux Tunisiens d’exprimer leurs doléances sans menacer le pouvoir. II y avait donc en Tunisie cette tradition très riche d’une société civile formée au militantisme.

Enfin, il faut mentionner le rôle joué par les femmes. La condition des femmes à énormément aidé aux succès de la révolution et de la démocratie en Tunisie. Il y a derrière une histoire de la modération. Dès la fin du XIXe siècle, de nombreux réformateurs en Tunisie étaient issus de l’université islamique de la Zitouna et certains d’entre eux ont plaidé la cause de l’émancipation des femmes. Et cette attention portée aux droits des femmes, consacrée en 1956 par le Code du statut personnel, est allée de pair avec le souci d’une éducation sécularisée, bilingue, différente de ce qui s’est passé dans les autres pays arabes.

Dès le lendemain de la révolution, la relation entre l’islam et l’Etat a dominé les débats au point de structurer le champ politique. Que pensez-vous de la mutation des islamistes d’Ennahdha ? Ils affirment s’être convertis à la démocratie. Nombre de leurs adversaires sont sceptiques. D’autres leur accordent le bénéfice du doute.

J’évoquais tout à l’heure les facteurs environnementaux de la Tunisie. Il faudrait ajouter l’homogénéité confessionnelle d’une population à 98 % sunnite. La Tunisie ignore donc les fractures sectaires que connaissent la Syrie, le Liban ou l’Irak. C’est un premier point. Ensuite, Ennahdha n’a pas la longue histoire militante qu’ont les Frères musulmans d’Egypte. 

Les islamistes tunisiens étaient à peine apparus sur la scène publique quand la répression les a frappés dans les années 1980. Ils n’ont pas vraiment eu le temps de se développer, contrairement aux Frères égyptiens. Du coup, quand la révolution tunisienne s’est produite en 2011, l’islam politique n’était pas vraiment installé en Tunisie de manière significative.

Bien sûr, les choses ont ensuite changé après le retour d’exil de leur leader Rached Ghanouchi et les élections législatives de 2011. Et il y a eu l’expérience du pouvoir - la « troïka » dominée par Ennahdha - et la géopolitique régionale, notamment les soubresauts en Egypte. 

En 2016, Ennahdha réuni en Congrès à Hammamet annonce qu’il se « spécialise » sur la seule activité politique et se détache des actions de prédication. Et qu’il se définit désormais comme un parti démocratique musulman. Ennahdha s’est adapté, ajusté. Ghanouchi m’a confié que la plus grande leçon qu’il ait apprise est venue d’Egypte en 2013 quand Mohamed Morsi, le chef des Frères musulmans, a été renversé.

L’évolution d’Ennahdha est-elle sincère ? Elle peut l’être ou ne pas l’être. Mais l’important est que ce parti fait les choses qui doivent être faites. Sa transformation est bonne pour le pays. Les choses changeraient-elles s’il revenait au pouvoir ? A cela, les dirigeants d’Ennahdha répondent : nous étions en position de pouvoir de 2012 à 2014 mais nous avons perdu à cause de l’usage que nous avons fait de ce pouvoir. Ils pensent désormais qu’ils seraient plus efficaces en cessant d’être au centre du pouvoir. Ils préfèrent travailler à l’intérieur de l’establishment. Cela durera-t-il ? Je ne sais pas. Il est difficile de prédire. Mais pour l’instant, je pense qu’il est important de relever qu’ils ont évolué et qu’ils se sont démocratisés. Et cela peut-être un modèle intéressant pour d’autres pays.

Quelles sont à vos yeux les principales menaces qui pèsent aujourd’hui sur la transition démocratique tunisienne ?

Toute menace qui pèse sur la Tunisie met en jeu sa transition démocratique. La première est économique. Le marché du travail est inondé de jeunes gens qui sont diplômés mais n’ont pas nécessairement les compétences requises pour trouver du travail. La seconde est sécuritaire, à la fois locale et régionale, avec notamment le voisin libyen. Et puis il y a la menace de l’instabilité politique intérieure mais je ne m’en inquiète pas trop. Les Tunisiens ont donné suffisamment de preuves depuis six ans de leur capacité à se retrouver autour d’une table, à débattre et à trouver des compromis.

De nombreux Tunisiens s’inquiètent de plus en plus d’un enlisement de la transition démocratique, voire d’un retour à des pratiques de l’ancien régime. Le gouvernement compte un grand nombre d’anciens ministres ou de cadres de Ben Ali. Le président Béji Caïd Essebsi a représidentialisé, dans la pratique, la Constitution de 2014. Vous n’y voyez pas une menace ?

J’admets que de telles inquiétudes sont fondées. La Constitution est en effet sous tension. Les relations entre la population et le pouvoir sont sous tension. Mais je n’oublie pas, dans le même temps, les acquis de la révolution : une plus grande liberté d’expression, une plus grande liberté personnelle par rapport à ce qui existait sous Ben Ali. Les Tunisiens oublient parfois que la transition prend du temps. Certains d’entre eux deviennent un peu trop rapidement négatifs et oublient trop hâtivement les résultats positifs de la transition.

Sur la présence d’ex-ministres de Ben Ali au gouvernement, je pense qu’il faut faire la différence entre le fait d’avoir été associé à Ben Ali et les mérites et l’état d’esprit de ces personnes dans le contexte actuel. Il ne me semble pas qu’avoir travaillé sous Ben Ali suffise à stigmatiser quelqu’un, à le considérer comme inapte à exercer aujourd’hui des responsabilités. Il faut regarder de plus près : étudier les mérites de ces responsables et voir comment ils peuvent s’accorder avec le processus démocratique en cours.

Alors que va-t-il se passer maintenant ? J’essaie de ne pas faire de prévisions. Ce qui m’intéresse, et c’est ce qui a motivé l’écriture de ce livre, c’est de comprendre pourquoi la Tunisie a été capable d’accomplir ce que les autres pays arabes n’ont pas été en mesure de réaliser.

Propos recueillis par Frédéric Bobin


Lire aussi :   En Tunisie, des démocrates appellent à « résister » au projet « rétrograde » du pouvoir

vendredi 29 décembre 2017

Tunisie : 2017, une année de blues ?

Un constat amère de tourner en rond, imputable aux Frères musulmans qui sont un boulet pour la Tunisie. Ce qui désespère les tunisiens qui n'ont plus confiance dans la classe politique d'autant que le désespoir est à la hauteur de l'espoir qu'ils avaient fondé dans Béji Caïd Essebsi et son parti Nidaa Tounes, censés les débarasser de Ghannouchi et ses "Frères" !
Les Tunisiens continueront à avoir le blues, tant qu'ils ne se seront pas débarrassés des Frères musulmans qui plombent la Tunisie.
R.B
Résultat de recherche d'images pour "Benoît Delmas photo"

DÉCRYPTAGE. Les espoirs étaient immenses au lendemain de la révolution. L'année qui s'éteint aura été celle des désillusions économiques et sociales. Néanmoins, la jeune démocratie ne manque pas d'atouts.

Le changement sera venu de Berlin. Après trois jours de scrutin, les Tunisiens résidant au pays d'Angela Merkel ont violemment giflé la classe politique de Tunis lors de l'élection législative partielle du 17 décembre, parachevant dans les urnes une année de ressentiment populaire envers toute la classe politique.

Une gifle venue d'Allemagne

Au soir du scrutin, l'abstention a enregistré un score à la Ben Ali (le dictateur était élu avec plus de 90 % des voix) : 94,8 %. Mettant K.-O. les deux principaux partis qui cogèrent la Tunisie depuis la fin 2014 : Nidaa Tounes et Ennahdha. Cette déroute façon Waterloo électoral (« une branlée démocratique », selon un diplomate de passage) a le mérite de réveiller un vivier politicien qui se complaît dans des alliances très éloignées du quotidien des gens. Nidaa Tounes a divisé par douze son score de 2014 en Allemagne, passant de 3 000 et quelques à moins de 250 voix. Quant aux islamistes, ils avaient appelé à voter pour le candidat Nidaa. Peine perdue. Les 2 500 électeurs de 2014 se sont volatilisés. Résultat : un cyberactiviste, Yassine Ayari, emporte la circonscription. Et prêtera serment le 22 janvier prochain à l'Assemblée des représentants du peuple. Il a été élu avec 264 bulletins. Ce résultat contraint les partis au pouvoir à réagir. La légitimité d'Hafedh Caïd Essebsi (le fils du président de la République) à la tête de Nidaa Tounes semble de plus en plus contestée en interne. Et l'alliance avec Ennahdha, considérée comme la grande trahison de 2014, est pointée du doigt.

Corruption

Telle la Roumanie laminée par la contrebande et les mafias au lendemain de la chute du bloc soviétique, la Tunisie n'en peut plus de ce phénomène qui concerne plus de 50 % de son économie. Et qui étouffe son développement. Le chef du gouvernement a décidé en mai dernier de faire incarcérer, sous le régime de la justice militaire, quelques barons de l'informel, suscitant un élan d'espoir parmi la population. Espoir qui retombe petit à petit. Chawki Tabib, président de l'INLUCC (instance de lutte contre la corruption), ne cesse de demander qu'on s'attaque au « système ». 25 % des marchés publics sont concernés par ce fléau.

Besoin d'espoir

L'homme, la cinquantaine, dirige une agence de location de voitures. Depuis plusieurs mois, il est de plus en plus morose. Les prix des voitures augmentent (les taxes bondissent) alors que le prix de location journalier demeure le même depuis 2008… Il pense aux deux jeunes qui travaillent avec lui. Quel avenir pour eux ? Il n'a pas envie de le dire, mais il le dit quand même : « Sous Ben Ali, on avait une vision à cinq ans ; maintenant, c'est au mieux au jour le jour. » Il n'a pas de mots assez rudes pour ceux qui président le pays. Et surtout, il pointe le manque d'espoir. « Gandhi ou Mandela donnaient de l'espoir à leurs peuples malgré une situation économique très mauvaise. Nous, on nous dit que 2018 sera une année très difficile, akao » (c'est ainsi ! en dialecte tunisien). Si le tourisme a repris – plus de 6 millions de visiteurs cette année –, cela ne suffit pas à susciter une embellie. L'inflation affiche une hausse de 6,3 % et le chômage se maintient à de très hauts niveaux : 15,3 % au niveau national, près d'un tiers des diplômés du supérieur. « Avec vingt dinars, on ne fait pas les mêmes courses qu'il y a quatre ans », poursuit-il. Le pouvoir d'achat est devenu la principale préoccupation des Tunisiens, qui ne comprennent pas la flambée des prix de produits comme la pomme de terre, le poulet ou la tomate. Les importations (Chine, Turquie, Italie…) ainsi que la corruption sont avancées comme des explications.

Femmes

L'année s'achève sur un début de crise diplomatique avec les Émirats arabes unis qui ont décidé, sans prévenir leurs homologues tunisiens, d'interdire abruptement les Tunisiennes non résidentes sur les avions en provenance de Tunis. Officiellement, il s'agirait d'une mesure de sécurité, « des informations sur des projets d'attentats »… La décision a révolté l'opinion publique. Les autorités tunisiennes ont répliqué en interdisant les avions émiratis d'exercer en Tunisie. Et ce, jusqu'à que les Tunisiennes puissent de nouveau se rendre librement à Dubaï & Co. La diplomatie tunisienne, dans la ligne droite de la ligne fixée par Habib Bourguiba, a refusé cet été de prendre part aux règlements de comptes qui se jouent entre des pays du Golfe et le Qatar. La visite du président Erdogan, honni par les EAU pour sa proximité avec les Frères musulmans, les 26 et 27 décembre à Tunis, pourrait être une explication au geste indélicat des Émiratis. Une loi très importante a été votée par l'Assemblée des représentants du peuple. Elle veut lutter contre toutes les violences faîtes aux femmes, offrant tout un arsenal, de la sanction jusqu'à la pédagogie. Dans la foulée, une circulaire datant de 1973 interdisant aux Tunisiennes de se marier avec un non-musulman a été abrogée par le gouvernement. Puis le président de la République a lancé une commission chargée de réfléchir à l'égalité homme-femme sur la question de l'héritage. Une réalisatrice s'est distinguée sur la scène internationale. Kaouther Ben Hania a vu son nouveau film, La Belle et la Meute, projeté en sélection officielle au Festival de Cannes. Une reconnaissance méritée. Son film raconte en une poignée de plans-séquence l'affaire Meriem. Cette jeune femme avait été violée par des policiers en 2012. La question du statut de la femme tunisienne demeure très vivace dans les débats.

La prise de conscience de l'Afrique

Après des années de sommeil politique, le lobbying du secteur privé a payé, faisant inscrire l'Afrique à l'agenda gouvernemental. Si l'Europe demeure le premier partenaire économique de la Tunisie, de très loin, les relais de croissance se trouvent désormais au Sud. Depuis de nombreuses années, les entrepreneurs veulent que l'État mette en place un environnement propice au développement des relations économiques avec les pays africains. C'est désormais sur les rails. Youssef Chahed, le chef du gouvernement, a fait plusieurs visites officielles. Des liens diplomatiques sont renforcés. Et la diplomatie itinérante s'ébroue. De son côté, la compagnie étatique Tunis air a ouvert plusieurs lignes d'Abidjan à Cotonou. Si le Maroc a pris des années d'avance sur le sujet, la Tunisie a enfin pris conscience qu'on pouvait se développer en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso et dans d'autres pays.

Le chantier de la décentralisation

2018 sera une année économiquement âpre. La loi de finances votée en novembre a recours à la pression fiscale pour colmater les brèches. Taxes et impôts vont augmenter. Sur un budget de 34 milliards de dinars, il faudra cependant recourir à l'emprunt pour plus de 25 % du total. FMI, Banque mondiale et Union européenne demeurent des contributeurs vitaux pour les finances publiques (sous forme de prêts, de dons, d'aides…). Sans réussite économique, l'unique démocratie du monde arabe pourrait connaître une transition de plus en plus chaotique. Une bonne nouvelle, quasi inespérée, est apparue le 18 décembre. Après trois années d'hésitations et de jeux politiciens, le président de la République a enfin signé le décret convoquant les électeurs aux urnes le 6 mai prochain, date des premières élections municipales libres en Tunisie. L'enjeu est vital. Les électeurs choisiront leurs édiles dans 350 communes. Et poseront le premier jalon d'une décentralisation inconnue à ce jour dans le pays. Le Code des collectivités locales devrait être adopté à l'ARP au premier trimestre 2018. Ce sera le mode d'emploi des mairies (budget, prérogatives, périmètre juridique…). Une révolution politique s'amorce.


Tunis et ses ministères devront accepter de céder une partie de leurs pouvoirs (et de leurs budgets) à des élus locaux. Pour l'ISIE, l'autorité indépendante chargée des élections, ce sera l'occasion d'ouvrir le paysage politique à de nouvelles têtes. Une parité horizontale et verticale est exigée. Au vu de l'insatisfaction des Tunisiens, on peut s'attendre à une très forte abstention. Aux partis politiques de proposer une offre attractive aux potentiels électeurs. Déçu par les promesses faites en 2014 (Nidaa Tounes affirmait créer des dizaines de milliers d'emplois), le Tunisien a un rapport quasi paranoïaque avec la classe politique. Et les élections législatives et présidentielle de 2019 se préparent déjà dans les états-majors. Alors que le citoyen pense à son pouvoir d'achat et à l'avenir de ses enfants. « On ne transige pas avec le quotidien. »

mardi 26 décembre 2017

LE PARTI DESTOURIEN ANNONCE LA COULEUR : EN FINIR AVEC L'ISLAMISME !

Article paru dans : Kapitalis

Sa présidente Abir Moussi, veut mettre hors d'état de nuire les Frères musulmans ... en toute légalité !
Elle veut les traduire en Justice pour cause de financement de leur parti par un pays étranger (Le Qatar) ; ce qui constitue en soi une haute trahison passible de la Cour Martiale pour ses responsables !

Car les Frères musulmans à l'instar des Ibn Saoud, se moquent du monde ! Ils se sont accaparés les instances de défense des droits des femmes comme les Ibn Saoud se sont accaparés la présidence des Droits De L'Homme à l’ONU ; puisque la présidence de la commission de la femme au sein de l’ARP est confiée à un dirigeant islamiste, tout comme l’atelier concernant la présence de la femme à des postes de décision, a été confiée à un islamiste à l’occasion de la fête de la femme ... comme pour narguer les tunisiennes !

Alors que les islamistes n'ont jamais caché leur haine pour les femmes; ce que leur chef Ghannouchi a consigné dans son livre !
Or faut-il rappeler que les islamistes n’ont jamais participé, ni de près ni de loin, à l'instauration des droits de la femme ? Alors pourquoi jouent-ils les défenseurs des droits acquis par les femmes, eux qui ont toujours combattus ces droits ?

Et comble de l'hypocrisie, ces islamistes et une grande partie de la classe politique, veulent nous faire croire que Ghannouchi est devenu le défenseur des droits des femmes, lui qui reniait son appartenance à l'organisation des Frères musulmans ! Il n'est pas à un mensonge prés : il ne fait qu'appliquer la "taqiya" (le mensonge stratégique) !

Devant un tel constat, ne serait-il pas plus judicieux pour les tunisiens lassés et déçus des partis "démocrates et progressistes" corrompus par les islamistes et leurs sponsors les bédouins d'Arabie, de se tourner vers le seul et véritable parti celui de feu Bourguibaqui a fait ce que la Tunisie est devenue avant l'arrivée des Frères musulmans : le parti Destourien ! 

D'autant que sa présidente, Abir Moussi est la seule responsable politique qui rejette clairement les partis religieux, conformément à la Constitution 1959, qui les interdit *; contrairement aux autres partis qui composent avec les Frères musulmans, admettant ainsi qu'ils puissent instrumentaliser la religion et prendre en otage l'islam et dont les chefs se croient obligés de donner des gages de bonne foi à Ghannouchi qu'ils sont de "bons musulmans" ! Comme celui du parti communiste qui a du faire son pèlerinage à la Mecque pour démentir les islamistes quant à son athéisme. 

Abir Moussi a le courage de désigner l'ennemi de la Tunisie et des tunisiennes en dénonçant les islamistes et leur hypocrisie et rejoindre ainsi la majorité de tunisiens qui s’inquiètent de la wahhabisation de la société tunisienne par les Frères musulmans. Elle dit clairement son refus d'instrumentaliser la religion à des fins politiques. Ce que les autres chefs de partis n'ont jamais osé dire clairement par calculs électoralistes, dont Béji Caïd Essebsi qui a trahi ses électeurs qui l'ont pourtant porté massivement au pouvoir pour les en débarrasser.

Ce parti Destourien ou ce qu'il en reste, serait bien inspiré de rétablir la Constitution de 1959 après l'avoir débarrassée des rajouts que les zélotes opportunistes ont voulu y inscrire pour plaire à Bourguiba puis à ZABA; et de prendre garde à ne pas accepter en son sein les pan islamistes et leurs frères pan arabistes, dont l'idéologie est diamétralement opposée au nationalisme qui fonde le bourguibisme; pour ne pas reproduire l'erreur commise par Nidaa Tounes !

La hargne de Abir Moussi contre les marchands du temple est à la mesure de leur détestation des femmes qui seront les premières perdantes s'ils restaient au pouvoir. Sera-t-elle à la hauteur des espérances des tunisiens trahis par Béji Caïd Essebsi ? Il faut l'espérer.

Rachid Barnat

*Article 8 :
Un parti politique ne peut s'appuyer fondamentalement dans ses principes, objectifs, activité ou programmes, sur une religion, une langue, une race, un sexe ou une région.
Il est interdit à tout parti d'avoir des liens de dépendance vis-à-vis des partis ou d'intérêts étrangers.

COMMENT SORTIR DE LA CRISE ?

Il faut commencer par désigner le véritable ennemi de la Tunisie qui la ronge de l'intérieur jusqu'à infiltrer les partis dits "progressistes" !
Beaucoup de tunisiens qui combattent l'obscurantisme, sont déçus de BCE & Nidaa Tounes qui promettaient de les débarrasser de Ghannouchi et de sa bande.
Devant le pouvoir de corruption des "progressistes" à la petite semaine, par les Frères musulmans, il serait temps que ceux qui désirent réellement arrêter cette mascarade de prendre des résolutions claires et de pactiser avec ceux qui ont ce même désir de dégager les islamistes !
Voici un pacte qui pourrait servir de base à rallier ces partis qui veulent poursuivre l'oeuvre civilisationnelle de feu Habib Bourguiba.



dimanche 24 décembre 2017

Les dessous de la trahison par Béji Caïd Essebsi

Les tunisiens se sont révoltés contre Ben Ali en scandant : "Dignité, Liberté, Travail !". Et depuis, la dignité est devenue une tarte à la crème pour ceux qui veulent prendre le pouvoir. Le dernier en date fut Béji Caïd Essebsi, dont les discours tournaient autour de la "dignité des tunisiens" et du "prestige de l'Etat" bafoués par les Frères musulmans dont il promettait débarrasser les tunisiens ! Ceux et celles qui l'ont porté au pouvoir, doivent se mordre les doigts de s'être fait avoir par ce bourguibiste qui les a trahis et trahi Bourguiba en bradant sa dignité et la leur, au plus offrant des bédouins d'Arabie ! Il aura fallu un incident à l'embarquement dans un avion émirati, pour qu'un médias tunisien nous en révèle les raisons.
R.B
Résultat de recherche d'images pour "lilia ben rejeb"

Les Emiratis n’en veulent pas aux tunisiennes mais à BCE

Boutheina Chihi est sans doute victime, pas des EAU mais de Béji Caïd Essebsi, auquel les tunisiennes avaient accordé leurs voix et pour lequel ce pays frère n’a pas pardonné son escroquerie et sa trahison au profit du Qatar et des Frères musulmans d’Ennahdha. Voici toute la vérité sur cette « affaire » de tunisienne interdite de voyager à Dubaï .

Vendredi 22 décembre, à l’aéroport de Tunis-Carthage, une citoyenne tunisienne, Boutheina Chihi, accompagnée de son fils, a été surprise par la décision des Emirats Arabes Unis, transmise à leur compagnie aérienne locale, de ne pas embarquer. Telle est l’information que les réseaux sociaux et certains médias ont relayée et qui a provoqué, à juste titre, l’indignation générale des journalistes, des commentateurs, des femmes et des hommes, qui ont considéré cette mesure comme étant une insulte portant atteinte à la « dignité du peuple tunisien ». On pourrait accorder la palme d'or de la "dignité tunisienne" à une certaine Sonia Dahmani, qui a appelé sur Carthage News à l'expulsion de l'ambassadeur des EAU en Tunisie. Quant à Yassine Brahim, il semble donner raison aux Emirats ... mais pas pour les mêmes raisons que nous ! Outre les médias tunisiens qui ont diffusé cette information, la télévision islamo-terroriste Al-Jazeera en a fait sa Une. Et pour cause ! 

Ce que le gouvernement tunisien n’ose pas avouer 

Mais ce qui n’a pas été dit sur cet incident, c’est que la mesure restrictive prise par le gouvernement des Emirats Arabes Unis ne concernait pas exclusivement les femmes tunisiennes mais toutes personnes munies d’un passeport tunisien, à l’exception des passeports diplomatiques et des personnes qui bénéficient d’un visa de résident permanent aux Emirats Arabes Unis. 

Ceci pour la précision. Reste maintenant le fond de l’affaire que les Tunisiens ne connaissent pas ou feignent d’ignorer, à savoir que ces restrictions imposées aux Tunisiens ne datent pas d’aujourd’hui mais remontent à 2014, juste après les élections législatives et présidentielles. Et pour cause : avant ces élections, Béji Caïd Essebsi, accompagné de son fils Hafedh, de son frère Slaheddine ainsi que de Mohsen Marzouk, s’est rendu à Abu Dhabi pour quémander un soutien financier, en échange de quoi il « débarrassera démocratiquement la Tunisie des Frères musulmans ». Ennemis mortels de la secte islamo-terroriste dont l’Egypte venait de se libérer, les Emiratis ont alors donné 50 millions de dollars à celui qui s’engageait à l’époque, auprès de son électorat, de battre Ennahdha et de restituer à la Tunisie son identité nationaliste et bourguibiste. 

Le double contrat mafieux de BCE à l’égard du Qatar et des Emirats 

Quelques jours après ce voyage juteux aux Emirats, le même gang s’est déplacé au Qatar pour faire monter les enchères et obtenir les mêmes faveurs des bédouins qui ont fait tomber la Tunisie en janvier 2011 et qui ont massivement soutenu, non seulement leurs Frères musulmans locaux (Ennahdha) mais aussi Ansars al-Charia de Seifallah Ben Hassine, alias Abou Iyadh, et Ansars Moncef Marzougui (CPR). La condition dictée par les Qataris à BCE était la suivante : nous allons vous soutenir financièrement comme nous soutiendrons Ennahdha. Si vous (Nidaa Tounès) gagnez les élections, vous associerez Ennahdha au pouvoir, et si c’est Ennahdha qui gagne, elle vous associera au pouvoir. Ce deal était d’autant plus attrayant qu’il avait reçu la bénédiction de Barack Hussein Obama ! Total de l’opération et sous le prétexte fallacieux de la campagne électorale de Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi a empoché 20 millions de dollars de l’émir du Qatar. 

C’est sous ce deal qatari que les Tunisiens vivent depuis 2014. Ennahdha et Nidaa Tounès, ou plus exactement Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, se partagent plus ou moins équitablement le pouvoir et surtout, ce qu’il draine comme contrats, argent, prébendes et trafic en tout genre. Celles et ceux qui ont voté pour Nidaa Tounès et qui ne comprennent toujours pas pourquoi BCE les a trahis en établissant, après son apothéose, une alliance stratégique avec les Frères musulmans d’Ennahdha, ont maintenant la clé de l’énigme. 

La « Dignité » tunisienne est morte en 2011 

Reste que Béji Caïd Essebsi n’a pas uniquement trahi les tunisiens et les tunisiennes qui ont voté pour lui en 2014 ; il a aussi trahi les Emiratis qui lui avaient fait confiance et qui tenaient à la modernité et à la sécurité de la Tunisie bien plus que les vierges effarouchées qui crient, depuis l’incident d’hier à l’aéroport de Tunis Carthage, à l’atteinte à la dignité des tunisiennes, alors que les Tunisiens ont perdu toute dignité depuis le 14 janvier 2011 : reconnaissance des Frères musulmans comme parti politique respectable, « élection » du mercenaire du Qatar, Moncef Marzougui, comme président de la République (décembre 2011), arrivée triomphale de cheikh Hamad et de cheikha Mozza en Tunisie (janvier 2012), organisation en Tunisie de la première réunion du Conseil national syrien (février 2012), arrivée triomphale de cheikh Tamim Ben Hamad al Thani (avril 2014), multiples visites en Tunisie du criminels de guerre John McCain, invitation du criminel et imposteur islamiste Youssef Qaradaoui (mai 2012), invitation de l’architecte suprême du « printemps arabe », George Soros (mars 2015), arrivée au pays de Bourguiba du prédicateur obscurantiste égyptien Wajdi Ghanim (février 2012)…Et la liste est encore très longue de la descente aux enfers et des coups irréparables portées à la sacro-sainte « dignité tunisienne ». 

Les Tunisiens sont indésirables aux Emirats depuis 2014 

Revenons à l’affaire de Boutheina Chihi. Tout le monde savait que, pour les raisons islamo-mafieuses évoquées plus haut, les visas accordés par les Emirats Arabes Unis aux Tunisiens étaient au compte-goutte. Les Emiratis n’ont jamais pardonné au Bey de Tunis sa Trahison. Par une manœuvre qui avait trompé tout le monde à l’époque (février 2017), on avait fait croire aux Tunisiens que, « grâce au dynamisme de la diplomatie tunisienne conduite par Khemaies Jhinaoui », les visas ont été à nouveau accordés par les autorités émiraties aux Tunisiens désireux de se rendre aux Emirats Arabes Unis. Mais comme nous l’avions révélé à l’époque, « Le rétablissement des visas pour les  Emirats était une blague ». 

Ainsi, l’incident du vendredi 22 décembre 2017 à l’aéroport de Tunis-Carthage n’est que l’application d’une mesure prise par les autorités émiraties à l’égard du régime islamo-mafieux tunisien depuis 2014. Une mesure d’autant plus justifiable aujourd’hui qu’outre la trahison de BCE, la Tunisie est devenue depuis 2011 le premier pays exportateur de main d’œuvre terroriste, une réalité qui ne semble pas déranger la fameuse « dignité tunisienne » !