lundi 19 juin 2017

RAMADAN : Une occasion pour les juges islamistes pour dicter leurs lois ... religieuses !

Article paru dans : Kapitalis


Un certain nombre de constituants viennent de publier un texte par lequel ils condamnent fermement la décision d’un juge de Bizerte qui a condamné des jeunes qui ne font pas ramadan et qui ont été interpellés pour avoir mangé en public, arguant d’une "atteinte à la morale"  et d'un "outrage public à la pudeur" !

Cette décision avait d’ailleurs, avant même cette prise de position, alarmé une partie de la société civile attachée à la liberté de conscience et conduit à un mouvement protestataire au slogan «Mouch Bessif» (Pas de jeûne sous la contrainte !)*.

Cette protestation et ce mouvement sont devenus nécessaires (même si l’on peut regretter que les partis qui se disent progressistes aient été bien silencieux) depuis que la révolution tunisienne a été dévoyée de ses objectifs («Liberté, Dignité et Travail !») par les Frères musulmans, pour les remplacer par des questions identitaires posées à un peuple qui n’avait pas de problème avec sa tunisianité; et qui sous prétexte de lui faire recouvrer son identité «arabo-musulmane», lui fourguent le wahhabisme en lieu et place de son malékisme ancestral.Il faut les développer car le pays ne peut se laisser dicter sa conduite par des fanatiques nouvellement convertis au wahhabisme, et qui veulent l’imposer aux autres par l’intimidation, la violence psychologique et physique.


Quant au jugement de Bizerte, avec tout le respect que l’on doit avoir pour la Justice, il constitue, à quelque point de vue que l’on se place, une ânerie sans aucun fondement juridique. Ce juge est, soit incompétent et il n’a rien à faire à son poste, soit prosélyte du wahhabisme et il devra ou respecter la loi et ses concitoyens ou partir. Car son jugement ne tient ni sur le plan juridique ni sur le plan religieux.


Sur le plan juridique le texte de protestation des députés protestation des députés est très clair et parfaitement argumenté.
La Constitution, dont il n’est pas inutile de rappeler à ce juge qu’elle prime sur tous autres textes, est très claire même si les Frères musulmans du parti islamiste Ennahdha ont joué l’ambiguïté.
La Constitution édicte, et les rédacteurs ne se sont pas privés de le rappeler pour s’en féliciter, la liberté de conscience, c’est à dire celle de croire ou de ne pas croire.
Il est vrai que dans un autre texte, cette même Constitution, sous la pression des islamistes, a indiqué que l’Etat était chargé de « défendre la religion ».
Sans doute certains voudraient jouer sur cette ambiguïté pour soutenir que, dans sa défense de la religion, l’Etat doit donc veiller au respect des règles du mois de ramadan ! Ce serait une interprétation tout à fait choquante et complètement contestable de ce texte. Défendre la religion c’est évidement faire en sorte que chaque Tunisien musulman puisse respecter son culte et n’en être empêché par rien. Mais, ici, en quoi le non-jeûneur empêcherait-il quiconque de jeûner et de respecter sa religion ?
Toute autre interprétation serait abusive et juridiquement infondée !
Par ailleurs, la position du juge est contraire au Coran lui-même. Ce juge fait dire à la religion ce qu’elle n’a jamais dit et que seuls les nouveaux convertis au wahhabisme ont mis en œuvre.
Doit-on citer une nouvelle et énième fois ce texte : « Nulle contrainte en religion » ? (Sourate 2 : Al-Baqara – La Vache. Verset 256).
Doit-on rappeler ce verset : « La vérité émane de votre Seigneur. Quiconque le veut, qu’il croit, et quiconque le veut qu’il mécroie » (Sourate 18 : Al-Kahf – La Caverne. Verset 29)
Allah s’adressant au prophète Mohamed, lui dit : « Vas-tu te consumer de chagrin parce qu’ils ne sont pas croyants ?» (Sourate 18 : Al-Kahf – La Caverne. Verset 6)
Est-ce que les juges doivent être plus exigeants que ne l’est le Coran ? D’où croient-ils tenir ce pouvoir ? Ce comportement est, en réalité, blasphématoire car ce juge se prend pour Allah pour juger la foi des hommes.
Et c’est là le danger du wahhabisme; puisque ses adeptes s’autoproclament défenseur d’Allah et de son prophète, pour imposer leur idéologie aux autres !
Enfin le texte qui a été utilisé et qui concerne l’outrage à la pudeur est tout simplement une dénaturation de ce texte qui ne vise évidemment pas cette situation; et c’est, dès lors, une forfaiture au prix d’ailleurs du ridicule car dire que des musulmans pieux se trouvent outragés par des gens qui mangent c’est donner peu de force et une grande faiblesse à ces pieuses personnes, qui pour vivre leur foi, il leur faut le soutien des autres qui doivent, au prix d’un simulacre, faire semblant de pratiquer et de jeûner ! 

Une absurdité selon Amnesty International.

Le drame des Tunisiens, c’est que cette islamisation rampante pratiquée par les Frères musulmans d’Ennahdha se fait avec avec la complicité du président de la république Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounes, censés être les remparts à l’obscurantisme, que les islamistes diffusent dans le pays en répandant le wahhabisme qui fonde leur action politique.

Il ne reste à la société civile et aux Tunisiens, qui refusent la régression et la perte de leur identité tunisienne, qu’à résister à la wahhabisation de la Tunisie, comme l'avaient fait en leur temps, leurs ancêtres !
Rachid Barnat
* Littéralement : Pas sous la menace du sabre !

jeudi 15 juin 2017

Sidi Bou Saïd, avant qu'il ne devienne Sidi Bou ...


... pour tourisme de masse !
  L'hommage de l'épicurien Jean Daniel à Sidi Bou et à Jellal Ben Abdallah. Malheureusement ce village est victime de son succès, comme le sont Hammamet et Jerba, ces autres lieux phares du tourisme tunisien, d'autant que l'Etat est démissionnaire devant les constructions anarchiques qui les défigurent chaque jour un peu plus; et ce, depuis la main mise des Frères musulmans sur le pouvoir en Tunisie. 
R.B 
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Jean Daniel
Le bonheur comme œuvre d’art

Quiconque n’a pas connu Sidi Bou Saïd dans les années 60 et 70 ignore ce que peut être le bonheur de vivre. Ce trésor d’harmonie, cet îlot d’« ordre et beauté, luxe, calme et volupté », était ignoré des touristes, de ce que l’on appelle aujourd’hui les people et ne figurait dans aucun magazine. C’était un lieu secret pour initiés de grande exigence. Quiconque n’a pas médité à cette époque sur les hauteurs, entre les tombes du petit cimetière marin qui domine le golfe, humant le sucre du chèvrefeuille, la sensualité du jasmin et l’apaisement de la fleur d’oranger ne peut savoir en quoi consiste la plénitude.
Lorsque j’y suis arrivé, j’ai eu le privilège de m’immerger dans ses charmes, mais lorsque j’ai connu, en ces lieux et en leur domaine, Jellal et Latifa Ben Abdallah, j’ai reçu cette rencontre comme une grâce. J’avais lu quelque part, sous la plume d’un poète - Armand Guibert, je crois - que la jeune école de peinture était en Tunisie rayonnante et que s’il ne fallait pas passer à côté d’un Moses Levy, il fallait avoir vu les miniatures de Jellal Ben Abdallah. J’étais déjà enchanté à l’idée de connaître un miniaturiste de talent parce que j’avais un ami très cher qui ne plaçait rien au-dessus des enluminures, de la miniature et de la calligraphie. Depuis les « Très Riches heures du Duc de Berry » jusqu’aux œuvres des artistes chinois, on voyait surgir un monde magique. Ce fut une très heureuse époque du peintre que je vais désormais appeler Jellal et elle est apparue dans son parcours avant qu’il ne soit obsédé par certains yeux et certaines mains de femmes. A vrai dire une seule femme. Mais j’y reviendrai.
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Jellal Ben Abdallah
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Jellal Ben Abdallah - Profil De Femme En Bleu
J’ai découvert dans la maison de Jellal comment un artiste pouvait être d’abord un artisan, comment l’harmonie pouvait s’éloigner de la somptuosité et de la vulgarité du luxe qui menace tous les nouveaux riches, avec quelle discrétion distante et inspirée on peut faire de sa vie une œuvre d’art et du raffinement une façon de vivre. J’ai connu l’époque de la petite maison, qui était elle-même, tout en escaliers, une miniature. Elle imposait que l’on s’y déplace comme une danseuse cambodgienne.
J’ai fini par avoir, dans cette maison, mes habitudes, simplement en recevant de mes hôtes un enseignement discret et contagieux. Il y a certaines heures où il faut ouvrir telles fenêtres ou en fermer d’autres. Il y a des moments pour la création et d’autres pour la torpeur. Il faut continuellement jouer avec le fait qu’il y a, en Méditerranée, une lutte entre la chaleur et la lumière et que l’on veut se protéger de l’une et s’immerger dans l’autre.
Et puis, il y a eu cette maison à laquelle je ne peux pas penser sans émotion et où la répartition des volumes et la maîtrise de l’espace accompagnaient des journées vécues le long d’une mer somptueuse sur laquelle veillait, immobile et fascinant, le Bou Kornine. 

Chaque fois que je me suis réveillé dans cette maison pour faire mon yoga, Jellal était déjà levé depuis longtemps, se plaignant de l’invasion des eucalyptus mais disposant les fleurs qu’il avait achetées, à l’aube, à ses fournisseurs complices.
J’ai vu Jellal discuter au grand marché pendant des heures avec ces fleuristes. Ce raffinement s’étoffait d’une érudition et d’une méticulosité qui m’en imposaient. Les interlocuteurs étaient très sérieux. En choisissant une fleur, ils refaisaient l’ordre du monde. Cette véritable et incomparable élégance dans la réserve, la retenue, la simplicité, je ne l’ai connue que chez de vrais artistes comme Jellal.
Et on la retrouvait partout, y compris, bien sûr, dans la préparation des mets que la princesse des lieux organisait avec préciosité. Je suis souvent passé, ainsi, de la vie de l’artiste à l’œuvre d’art et je ne les ai jamais vraiment séparées.

Et puis, j’ai connu d’autres périodes dont ses amis ont retrouvé, bien heureusement, des ébauches où l’on voit un surréalisme réinterprété par la Méditerranée tunisienne qui oscille entre l’Italie et la Turquie. J’espère que ces ébauches vont être exposées et leur accrochage bien mis en valeur. Tout se passe comme si Jellal ne connaissait pas lui-même toute les ressources dans lesquelles il avait puisé et qu’il redécouvrait aujourd’hui dans son être profond de fugitifs fantasmes.

Jellal a reçu sans vanité, sans ostentation et même sans fierté des personnalités célèbres. Lorsque Gide, qui habitait (sur invitation du poète Jean Amrouche) chez Raymond de Gentile, est venu le voir et qu’il a manqué de curiosité pour son œuvre, il n’a pas hésité à le battre aux échecs malgré les consignes du protocole et les rites de l’obséquiosité devant un grand homme. Souvent, on a vu des yachts faire escale dans le port de Sidi Bou Saïd, des yachts d’où sortaient des écrivains américains qui voulaient admirer ses dons d’architecte, de décorateur et de peintre.

J’ai le souvenir d’avoir demandé à Latifa et Jellal d’inviter pour moi le grand arabisant Jacques Berque et l’éminent philosophe Michel Foucault, tous les deux professeurs au Collège de France et qui allaient se rencontrer pour la première fois. Jacques Berque a fait l’éloge de l’art abstrait en disant que c’était l’écriture arabe qui était l’une des origines de cet art. Michel Foucault a développé ce thème mais en se référant curieusement à des sources musicales. Jellal n’était nullement impressionné. Il a refusé avec véhémence que l’on pût déformer, transfigurer et rendre méconnaissable la beauté du visible.

Il se voulait le plus tunisien et, disait-il, le plus tunisois des peintres en soutenant que c’est avec le particulier que l’on pouvait tenter d’atteindre l’universel.

Latifa était enchantée de recevoir des hommes dont je lui avais fait un si chaleureux éloge et elle était en même temps attendrie par le calme et la placidité de Jellal son époux que rien ne pouvait tirer de son univers.

J’espère avoir convaincu que j’admire cet homme, que j’aime ce couple et que la présente évocation illumine des souvenirs que je voudrais partager avec tous ceux qui sont invités à les découvrir.

jeudi 1 juin 2017

Vous avez dit moralisation de la vie politique


Certains journalistes se prendraient-ils pour des juges ? Que cache leur acharnement sur Richard Ferrand ?
Depuis qu'Emmanuel Macron a décidé de changer son rapport aux journalistes, tirant les leçons des dérives de ses prédécesseurs Sarko & Hollande; certains journalistes, semblent vouloir se venger en s'en prenant à ses ministres n'ayant pas d'emprise directe sur lui !
Car vouloir à tout prix faire un parallèle entre Fillon et Ferrand, c'est pousser loin le sens de la justice; puisque les deux pratiquaient en toute légalité l'emploi de leur proche, sauf que l'emploi de Mme Fillon était fictif, ce que ces journalistes "omettent" de rappeler !!

R.B

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Jean Pierre Ryf


L'élection présidentielle et maintenant les élections législatives auront été dominées par cette volonté populaire de "moraliser" la vie politique.


Que des comportements anormaux et même choquants aient été commis depuis longtemps par les politiques mais sans doute aussi par certains industriels ou commerçants, est une réalité; et que ces situations aient entraîné une suspicion chez les citoyens, une désaffection pour le politique et, de manière d'ailleurs assez illogique, un renforcement des extrêmes, des populistes "dégagistes" cela n'est pas douteux.


On ne peut cependant qu'être un peu inquiet devant ces attaques médiatiques fortes, répétées en boucle et se saisissant des faits anciens pour  attaquer non seulement les auteurs des actes mais pour affaiblir le pouvoir. Que la presse révèle les faits et en fasse l'analyse une fois ou deux, cela serait normal mais cette information mille fois répétée sur pratiquement toutes les télés et mobilisant des heures durant des journalistes et de prétendus "sachants", a quelque chose de malsain et d'abusif.


Le Président Macron en est conscient. Il tente de remettre la presse à sa vraie place, qui n'est pas celle d'un juge et qui devrait réfléchir à sa manière de fonctionner car les français vont vite en avoir marre et ne pas comprendre ces acharnements successifs. Ils sont assez grands pour prendre connaissance des faits et se faire un point de vue sans entendre chaque fois qu'ils ouvrent leur radio ou leur télé, ces ressassements.



Je pense qu'il y a là un danger, celui de voir naître dans les rédactions et chez le peuple, de petits Saint Just prêts à toutes les inquisitions et des donneurs de leçon à peu de frais. Certains chroniqueurs ne sont pas loin de penser la même chose.


Il faut rapidement sortir de  cette espèce de volonté de n'avoir à faire au pouvoir qu'a des saints car on voit où cela a souvent conduit les révolutions !

Est-ce à dire qu'il faut tolérer n'importe quoi ? Bien sûr que non. 
Mais il faut impérativement se donner un cadre de réflexion et de jugement clair, ferme et sur lequel on sera ensuite intraitable.
Pour moi l’appel à la morale et à l'éthique n'est pas satisfaisant car où devra-t-on s'arrêter ? Où faut-il mettre le curseur ?

Prenons un exemple : celui de la rémunération et notamment celui des acteurs, des joueurs de foot ou des grands patrons. Selon la morale qui est la vôtre, vous pourrez penser que gagner des millions et avoir d'un autre côté des travailleurs faisant un travail pénible, gagner à peine de quoi survivre; est injuste et contraire à une forme de morale.

Je pense donc que la seule règle qui doive s'appliquer est la loi, toute la loi rien que la loi. Chacun a le droit de faire ce qui est interdit et mais sera sanctionné par la loi. Il appartient au législateur, poussé par les citoyens, de faire des lois strictes et de faire ensuite appliquer la sanction.

Tout cela aura le mérite de la clarté, de la prévisibilité et de la sanction. Cela ne laissera pas la place aux analyses plus ou moins vagues sur la morale et l'éthique utilisées, pas toujours sans arrière pensée, par ceux qui mettent ces critères en avant.

Désormais il faut que la grille de lecture soit la loi; et quand la loi tolère des comportements choquants elle doit être changée, ce qui est en passe d'être fait.
Appliquez maintenant cette grille et l'on verra que tout est beaucoup plus clair et que l'on évitera des dérives graves.

Dans l'affaire Fillon même si l'emploi de son épouse et de ses enfants peuvent choquer, cela n'était pas interdit par la loi; et donc il faut critiquer la loi, la réformer mais il n'y a sur ce point rien à reprocher à Fillon. Par contre si les emplois ont été fictifs, alors la loi  a été violée; et cela doit être sanctionné.

Même chose dans le cas Ferrand. On peut penser ce que l'on veut de son comportement mais si la loi n'a pas été violée, alors il n'y a rien à faire.

Enfin dans ces affaires dans lesquelles on soupçonne une violation de la loi, je suis contre cette règle qui a été mise en avant par Balladur et appliquée à plusieurs reprises selon laquelle un ministre mis en examen doit démissionner.

C'est une règle qui a été adoptée par faiblesse, par opportunisme pour complaire au peuple, mais qui, à mon sens, est contraire à tous les principes et d'abord à celui de la présomption d'innocence qui est un grand principe protecteur des libertés individuelles. 
Il faut ajouter que la mise en examen est une règle fondamentale destinée précisément à protéger la présomption d'innocence et à permettre à la personne mise en examen d'accéder au dossier et de se défendre.
Dés lors comment comprendre l'acharnement des médias contre Richard Ferrand pas encore mis en examen à réclamer sa démission; et que François Bayrou, bien que mis en examen, ne démissionne pas de son poste selon la régle Balladur adoptée par Emmanuel Macron et son chef de gouvernement Edouard Philippe ? Ce qui démontre l'absurdité de cette régle populiste !
De très nombreuse personnes mises en examen ont, par la suite, été innocentées.

Dans ces conditions faire démissionner quelqu'un parce qu’il a été mis en examen est une atteinte à la présomption d'innocence; et rien ne justifie un tel traitement.

Ensuite il faut deux choses :
- Améliorer le fonctionnement de la justice et le rendre plus rapide car ce statut de mis en examen, préjudiciable, ne doit pas durer. Il faut savoir le plus rapidement possible si le mis en examen est coupable ou non.
- D'autre part il faut que lorsque la culpabilité est avérée, la sanction soit forte et que l'inéligibilité pour les politiques soit très souvent appliquée; et pour des durées significatives.
Il n'est pas acceptable qu’après avoir été condamnés, des politiques, comme cela est arrivé très souvent, soient réélus !

J’espère que la loi promise qui ne s’appellera pas loi de "moralisation", prendra en compte ces analyses. Alors les choses seront claires et ne permettront plus cette atmosphère de chasse à la morale, pour ne pas dire aux sorciéres; avec tout ce qu'elle comporte d'hypocrisie et de malsain.

dimanche 21 mai 2017

Les Tunisiens en ont rêvé, les Français l'ont fait !

Les tunisiens ont été les initiateurs du dégagisme pour se débarrasser de leurs carcans et du système politique de leurs dirigeants. Et bien que les Frères musulmans se soient emparés de leur révolution, ils ont dû lutter à nouveau pour les dégager, en fondant tous leurs espoirs sur Béji Caïd Essebsi et son nouveau mouvement politique Nidaa Tounes. Béji Caïd Essebsi leur jurait les débarrasser des Frères musulmans qui ont mis à mal le pays en les rassurant vouloir rendre son prestige à la République malmenée par Ghannouchi et ses acolytes Tartour Marzougui & Ben Jaafar !

Hélas il n'a pas été à la hauteur de leurs espérances. Pire encore, il s'est allié à ceux qu'il était censé dégager ! Sa traîtrise désespère tous les progressistes qui ont cru en lui et plus particulièrement les tunisiennes qui ont voté massivement pour lui , certaines qu'il sera leur rempart contre les Frères musulmans et leur obscurantisme.

Or depuis Chirac, puis Sarkozy et enfin Hollande, les français ne croient plus, eux non plus, en leurs hommes politiques et ne savent plus à quel saint se vouer pour reprendre espoir.

Et voilà qu'un miracle se produit ! Un jeune homme sur lequel personne ou presque n'aurait misé un sou, sort du rang et accomplit en un an et avec brio, un parcours qui laisse médusés journalistes, observateurs et hommes politiques du vieux système. Il a tout chamboulé : les vieux repères, les vieux systèmes ... en proposant du neuf à tous les niveaux !

Et ça marche : son mouvement En Marche est en train de dégager les vieux briscards de la politique française. Pire encore, Emmanuel Macron ringardise toute la classe politique et ses vieilles pratiques ! 

Une révolution ! C'est le printemps français. Qui plus est, s'est faite sans violence, et sans verser une goutte de sang. Les Français soufflent et l’espoir revient. En quelques jours, la France a retrouvé son prestige et le monde la regarde à nouveau avec respect et admiration.

Bonne continuation l’artiste !

R.B
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Que l'on aime ou pas Macron, ce qui se passe est drôle et jouissif

Il se passe depuis quelques jours en France un bouleversement politique qui remue le « microcosme parisien » et chacun d’entre nous, ou presque. Ce spectacle inhabituel fait voler en éclats nos certitudes, mais aussi nos réflexes et nos scepticismes. C’est drôle et, si l’on parvient à se détacher de toute étiquette partisane, profondément jouissif.

Un gamin a surgi, qui a cassé nos jeux et, avec assurance, invente de nouvelles règles. Ou plutôt, l’air de rien, retrouve la vérité de la Ve République, d’un président au-dessus des partis, créant le sien, à sa mesure, pour faire voler en éclats ce qui lui a précédé. 

Depuis longtemps, nous n’avions pas été à ce point bousculés. N’est-ce pas profondément drôle ? Et même jouissif ?

Peu importe au fond les jugements, généralement tranchés (à droite ou à gauche ? Libéral ou étatiste ? Profond ou marketé ?), que chacun peut émettre sur Emmanuel Macron. Qu’il séduise ou agace, le personnage tranche radicalement avec ce à quoi la politique nous a habitués. Une ascension fulgurante, beaucoup de chance et autant de talent, pas de chapelle identifiée, un projet plus qu’un programme : en quelques jours, le monde politique a pris un coup de vieux ahurissant, sourire insolent du président en bonus. Dents écartées, on n’ose écrire dents de lait, tant il paraît poupin au regard de ses prédécesseurs.

Une République insaisissable

A droite comme à gauche, dans les rouages des partis, vieux briscards et jeunes ambitieux ne savent comment réagir, voyant tout leur échapper : les discours convenus, les oppositions irréductibles, les postes, le pouvoir. Leur vie.

Pour se protéger, sauver ce qui peut l’être, ils recourent à la panoplie habituelle : langue de bois, exclusions, appels au rassemblement, créations de mouvements au nom procrastinatoire. Rien de tout cela aujourd’hui ne peut être audible. Ce n’est pas ce que réclame l’instant, qui est au grand chambardement. Les ors de la République ne sont plus donnés en héritage aux patients et retors, par alternances et accords plus ou moins secrets.

On dirait que les vieux partis ont vécu. Et ce, même jusqu'aux extrêmes où l'on s’époumone en lendemains amers, rancœurs de mauvais joueur pour l’un, grisaille de la défaite médiocre pour l’autre. Le risque d’éclatement guette, à droite, à gauche, à l’extrême-droite, à l’extrême-gauche. Qui l’eût cru ?

Sigmund Macron

Mais ce bouleversement ne serait rien s’il n’ébranlait les électeurs. La France, du moins ce que j’en lis et entends, s’est couchée sur le divan collectif de la psychanalyse politique. Spectacle étrange qui montre que nous ne valons pas mieux que nos (anciens) représentants. À force de nous morfondre dans notre pays immobile, le mouvement nous fait peur, nous séduit, nous agace, nous perturbe, nous charme ou nous écœure. Nous prenons la nouveauté en pleine gueule. Violence de nous découvrir vieux quel que soit notre âge.

On résiste. Chacun s’accroche à ses certitudes. Au jugement confortable des convictions jamais questionnées. Droite ou gauche, ou UMPS, ou ultra-libéralisme : les grilles de lecture sont là, connues, utiles pour refuser une forme d’inconnu. Nos attachements idéologiques sont profondément ancrés, viscéraux, les repas de famille en témoignent. Y renoncer est douloureux et c’est pourtant ce qui nous est proposé imposé.

Je vous l’avais bien dit, ça ne marchera pas

Le scepticisme bien sûr, est là, qui cherche des rapprochements historiques, des précédents, d’autres grilles de lectures, plus érudites mais aussi vaines. Le scepticisme encore qui prédit déjà l’échec d’un gouvernement le jour où il s’installe. Comme des parents observant chez leurs enfants leurs enthousiasmes d’autrefois, depuis longtemps taris.

Entre les traîtres à leur camp, les «La société civile, ça n’a jamais marché» ou la majorité indécise de la future Assemblée, les prétextes ne manquent pas à qui se veut Cassandre. L’échec serait une satisfaction. On vous l’avait bien dit. La citation de Lampedusa est bien pratique, toujours d’actualité bien sûr, qui pare de vernis intellectuel une pensée figée.

Et puis, les arguments, plus ou moins fondés, les petits cris de rage. On déterre des tweets, les déclarations d'avant, intempestives, comme preuve de la duplicité des ministres, de leur mépris, d'un dessein secret, on exhume livres machistes ou casse-gueule. Et, pêle-mêle, avec cette machine de guerre, tout est en péril : droits des travailleurs, laïcité, écologieécolecroissance… Il manque des ministères, drame. On déplore le poids de l’énarchie, l’âge des ministres, la parité dévoyée, le diktat de Bruxelles ou d’Angela Merkel… Déjà, un sondage, bonheur du rassurant sondage !, prédit la fin de l'état de grâce. Retour à la normale, tout est écrit, forcément.

Rien n’est écrit de manière prévisible

Mais rien, justement, n'est écrit. Incrédules, nous regardons ce spectacle avec une forme de sidération agacée. Pour notre ventricule droit ou notre ventricule gauche, ce curieux assemblage d'inconnus et de « prises de guerre » n'est-il pas voué à l'échec ? La vérité est que le pays, dans sa représentation, bouge, et vite. Il ne s’agit pas que d’une simple passation de pouvoirs, qui nous rassurerait, en supporters comblés ou déçus. Nous perdons nos repères, et l’assurance du président revêt une forme d’insolence. Il sait où il va. Il semble savoir où il va. Que sait-il ? Nous ne le savons guère. Pour notre pays, nous voulons qu’il réussisse, pour notre confort, il faudrait qu’il échoue. Terrible paradoxe de la France d'aujourd'hui.

Selon les jours et les décisions, nous oscillerons sans doute entre craintes et espoirs. Nous sommes secoués, comme l’action EDF, qui grimpe de 7% lorsque le Premier ministre, ancien salarié d’Areva, est nommé, puis perd 7% le lendemain, lorsqu'arrive Nicolas Hulot. 

On prend du recul et on rigole (de nous-mêmes)

Avant de m’accuser de macronisme bêlant, essayez, lecteurs, de vous abstraire de vos préjugés politiques. Reculez-vous, prenez la hauteur nécessaire, fumez un joint. Puis, détendus, oubliez la droite, la gauche, le capital, le travail, vos haines et vos enthousiasmes... Regardez le spectacle qui nous est donné. Un personnel politique prié de prendre la porte et qui s’y refuse, sans mesurer l'ampleur du « dégagisme ». Des électeurs qui refont le match, s’accrochent à des slogans devenus désuets, contemplant sans l'accepter la bourrasque que leurs votes, multiples, ont provoquée. En nous, le « dégagisme » n'a pas encore produit ses derniers effets. Comme des poulets à qui on vient de couper la tête, nous courons en tous sens pour en trouver une autre de rechange.

Bien sûr, l’exercice du pouvoir effacera cette séduction des premiers instants, la beauté du possible. Il y aura des couacs, des échecs, nul n’est infaillible. La presse s’extasiera bientôt d’un président avec un ordinateur sur son bureau. Puis elle s’en détachera, lorsque surviendront les orages. Mais ces premiers jours auront eu le mérite de mettre en valeur nos crispations, montrant notre difficulté à penser la France et le monde en dehors du cercle confortable de nos préjugés.

Ne serait-ce que pour cela, on a déjà envie de lui dire : Manu, merci pour ce moment !

  



jeudi 18 mai 2017

Les Tunisiens, sont-ils mûrs pour la démocratie ?

Les tunisiens sont-ils assez mûrs pour mériter la démocratie ? Ce n'est pas si sûr quand on voit la place qu'ils accordent lors des consultations électorales aux Frères musulmans, qui sont dogmatiquement anti-démocrates et contre les libertés individuelles. Tout comme les turcs qui viennent d'accorder démocratiquement au Frère musulman Erdogan, de restreindre leurs libertés individuelles.
Comme quoi, ce que disait Bourguiba de la démocratie, se vérifie : qu'un peuple ne peut accéder à une réelle démocratie qu'une fois qu'il aura été instruit et cultivé, pour prendre conscience de son rôle de citoyen responsable ! 
R.B 
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La démocratie selon Bourguiba

Voilà ce qu'il en disait le 26 Avril 1966 :

L’histoire est riche en exemples où la démocratie a dégénéré en anarchie, où la règle démocratique est devenue loi de la jungle. C’est que le dévouement, la probité, la compétence sont des qualités rares, notamment dans les pays sous-développés marqués par des siècles de décadence et où la plus grande partie du peuple vit encore dans l’obscurantisme.

Le sentiment patriotique n’est pas suffisant pour créer les conditions de la démocratie. Il faut à l’homme de l’expérience, de la compétence et de l’envergure pour pouvoir agir avec sagesse. A fortiori, s’il assume le destin de toute une nation ; notre souci fondamental est de construire une nation capable de vivre au rythme de son siècle, en lui insufflant le dynamisme nécessaire et en lui donnant les moyens de progresser. Mais tant que les conditions ne sont pas remplies, instituer un régime de démocratie absolue serait hasardeux. Cela reviendrait à confier la construction d’une maison à un profane qui ignore tout de la technique du bâtiment et de l’architecture …

La responsabilité du pouvoir est une affaire trop grave pour être livrée à des individus sans compétence ni expérience. Pour prétendre à la direction d’une nation, un minimum de connaissance théorique et d’envergure intellectuelle est nécessaire. L’homme d’Etat doit faire preuve de discernement et se montrer capable d’agir dans le sens d’intérêt général. Il doit savoir dominer les problèmes et prévenir, par une démarche prospective, les conséquences de ses décisions…

Pour préparer l’avenir, il faut créer les conditions de la démocratie authentique, en élevant le niveau du peuple, notamment les cadres, et en développant leur conscience politique. A la tête de chaque institution et de chaque organisation, des hommes d’envergure doivent être placés. Partout les responsables doivent être placés. Partout les responsables doivent être à la hauteur de leurs responsabilités. Ainsi, la nation sera-t-elle à l’abri de l’aventure et des convulsions. L’anarchie ne s’installe dans un pays que si les cadres supérieurs sont divisés. Aussi, l’éducation politique et civique, qui fut et demeure le principe fondamental de mon combat, concerne-t-elle l’ensemble du peuple.

Si le civisme et la maturité sont l’apanage de la majorité, la loi du grand nombre agira dans le sens de la démocratie. La promotion de l’homme est le fondement d’une démocratie authentique, car elle assure le triomphe du bon sens et de la raison, mettant en échec quiconque prétendrait de la démagogie …

Le problème de la démocratie dans les pays du Tiers-Monde mérite de plus amples développements. L’essentiel, c’est d’avoir continuellement présent à l’esprit que la promotion de la démocratie doit se faire progressivement, sans précipitation ni démagogie, car la démocratie implique responsabilité. 

Sans responsabilité, la démocratie engendre des abus, source de régression. 

Ainsi, notre souci majeur est-il de préparer l’avènement de la démocratie, en développant chez tous les citoyens les vertus de probité et d’altruisme. 

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Bourguiba ce grand homme méconnu par son peuple et méprisé par les arabes


Hommage à Bourguiba, par Raja Farhat



dimanche 7 mai 2017

Macron est donc élu et bien élu.



" LE PRINTEMPS FRANCAIS " !

Les tunisiens ont initié le "printemps arabe" et le dégagisme ... et semblent en panne depuis que les Frères musulmans se sont invités dans leur révolution !

Macron est en train de réaliser "le printemps français " pacifiquement et démocratiquement ; sans verser une seule goutte de sang !
Il a su saisir la grogne générale des français déçus de leurs responsables politiques ;
Il a vu et compris pourquoi les réformes sont toujours remises aux calendes grecques ...
Par son audace, il fait table rase de tous les systèmes archaïques de la cinquième république :
- les partis traditionnels implosent : PS, LR, 
les partis extrémistes se divisent : FN ...
- leurs leaders sont "dégagés" ... ou en cours de l'être,
- les cartes "politiques" sont rebattues,
- les parlementaires seront remplacés, et
- c'en sera fini de leurs privilèges et de leur népotisme ....

Une véritable révolution, inédite !

PS : Les partisans de l'ancien système, n'ont encore rien compris au changement voulu par les français.

R.B

La France prend un coup de jeune dont elle avait bien besoin !
Ceci dit, tout commence et d'abord la nécessité d'une majorité cohérente.
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Qui peut penser que, dans l'état du pays et du monde, la France peut se payer le luxe d'un Président bloqué par une absence de majorité ?

Ceux qui pensent cela et qui souhaitent cela, sont des inconscients et veulent un pays qui stagne encore pendant un quinquennat, cinq ans de perdu !

Je pense que les français seront plus intelligents et se diront qu'il faut absolument que ce Président puisse mener sa politique.

J'ai constaté, hier au cours des débats, que beaucoup étaient encore dans les vieux logiciels. J'ai été particulièrement choqué par les positions de François Baroin à droite et de Najat Vallaud Belkacem à gauche :

- François Baroin nous dit "il faut une droite forte qui empêche Macron de faire sa politique" !
Quelle est sa droite forte ? Est-elle contre la libéralisation du travail que veut Macron, est-elle contre la baisse de l'impôt sur les sociétés ? Que veut-elle en réalité ? Veut-elle être une droite pour qui la sécurité est un chiffon rouge, l'identité française un fanion ? Veut-il M. Baroin une droite qui ne veut aucune protection sociale ?
En réalité, sauf à confondre cette droite avec l'extrême droite, je ne vois pas ce qui dans le programme de Macron devrait en faire une opposition !
- Quant à Najat Vallaud Belkacem elle nous parle du parti socialiste qui doit avoir toute sa place bien à part de Macron.
Mais de quel parti nous parle-t-elle ? De celui des frondeurs, de celui de Hamon ?
- Quant à Jean Luc Melenchon, il était dans la continuité de sa position : tout ce qui peut entraver un progrès quelconque, ne trouve pas grâce à ses yeux qui ne veut que la "révolution".


Les partis qui, par petites considérations d'appareils, de politique politicienne feront en sorte de mettre un obstacle à cette tentative nouvelle assez originale en France de faire de la politique autrement, prendront aux yeux de l'histoire une responsabilité importante.