mardi 31 octobre 2017

SANCTION DE LA TRAHISON : UNE ABSTENTION MASSIVE !

Article publié dans : 
Kapitalis 
Tunisie Focus

Des élections vont inévitablement arriver et beaucoup de Tunisiens vont avoir à faire un choix très difficile. Voici quelques données dont ils devront tenir compte.

Le premier constat, très partagé : est que la coalition actuelle, celle de Nidaa Tounes et des Frères musulmans, n’a guère apporté de satisfaction aux Tunisiens qui constatent la régression du pays dans de nombreux domaines :
- Une économie en difficulté avec une inflation galopante et une dépréciation de la monnaie qui rend la vie quotidienne des tunisiens de plus en plus difficile.
- Un laisser aller dans la gestion des communes au point de vue de la propreté, du civisme et de la sécurité.
- Une police qui se livre à des actes choquants à l’égard des citoyens montrant clairement que l’état de droit, seule garantie d’une vie libre et démocratique, n’est pas au rendez-vous.
- Une justice qui prend des décisions qui choquent la majorité des citoyens et qui démontrent son manque de professionnalisme, son mépris du droit et son incompétence sinon sa corruption.
- Les forces de l'ordre continuent à être la cible des islamistes qui les jugent "taghout" (ceux qui obéissent à d'autres lois que celles d'Allah), et comme tel les condamnent à mort.
- Une islamisation rampante mais très active, de la société : comme les écoles et les crèches islamistes qui se multiplient comme des champignons ou la volonté d’instaurer un tourisme "religieux" que proposent les islamistes …

Le deuxième constat : est que tout cela est le fruit de l'alliance contre nature de Nidaa Tounes avec les islamistes, alliance qui n’est que le résultat de la trahison du Président Béji Caïd Essebsi et de son parti lequel a montré sa vraie nature en laissant les petites ambitions personnelles prendre le pas sur l’intérêt du pays.

Cette alliance est une trahison qui fait beaucoup de mal à la démocratie car les tunisiens ne peuvent plus croire à la parole des hommes politiques. Ils ont entendu Béji Caïd Essebsi dire tout le mal qu’il pensait des islamistes avant les dernières élections, jurant tous ses dieux qu’il ne s’alliera jamais avec Ghannouchi ; et quelques jours après son élection, ils l’ont vu s’allier aux Frères musulmans !

Ce qu’il a réitéré récemment en disant de nouveau qu’il avait "peut-être" eu tort de s’allier à eux ; et pourtant il continue de plus belle !

Si cette alliance avait donné des résultats, les tunisiens l’auraient acceptée. Mais vraiment où sont les résultats ? Et cela pour une simple raison, c’est qu’il n’y a pas et ne peut y avoir de ligne politique entre deux partis qui ont des idéologies contraires. Comme il fallait s’y attendre, le pouvoir se contente de demi-mesures. Il ne prend aucune décision nécessaire qui heurterait l’allié ; alors que ce dernier ne cesse d’imposer de gré ou de force le programme de la confrérie au gouvernement et aux tunisiens.

Or on ne fait pas progresser un pays dans ce genre de bouillie politique !

Le troisième constat : est que les autres partis qui se disent progressistes, sont :
- Soit inexistants ou des coquilles vides, destinées seulement à faire parler de leurs leaders ;
- Soit complétement à côté des réalités, poursuivant des buts totalement chimériques, ne sachant pas faire les compromis nécessaires.

Certains veulent le « grand soir » sachant qu’il n’arrivera pas et se complaisent dans une opposition d’apparence. Ils ne cherchent même pas à créer une coalition qui s’opposerait clairement et fortement au danger islamiste ; au point que l’on peut légitimement se demander s’ils ne les soutiennent pas ! D’autres, et ils sont nombreux, font du pied aux islamistes.

Et, enfin, il est clair, et beaucoup s’en rendent compte aujourd’hui, que la Constitution a prévu un mode électoral désastreux car rendant impossible l’émergence d’une majorité claire et forte. C’est ce mode de scrutin qui a conduit à l’alliance funeste entre Nidaa Tounes et les islamistes ; c’est-à-dire entre le progrès et la régression, comme si cela pouvait aller ensemble !

Alors face à ces constats que peut penser et faire l’électeur tunisien ?

- Il peut en comparant la Tunisie aux autres pays « arabes », se dire que dans le fond tout n’est pas une réussite mais que le pays a évité le pire, le chaos que d’autres ont connu. C’est cette analyse qui serait extrêmement dangereuse car sous prétexte que l’on a évité le chaos, on accepterait la régression, l’islamisation rampante. Et, au bout du compte, un pays qui, renonçant à sa marche vers le progrès, retomberait dans l’ignorance, le refus des libertés et du progrès … et demain, de nouveau dans le chaos. Est-ce cela que les Tunisiens veulent pour leurs enfants ? Veulent-ils sacrifier une génération ? Raisonnablement, aucun ne le voudrait.

En dehors de cette attitude, l’électeur tunisien a, en réalité, très peu de choix véritable : Ou il se disperse entre tous les petits partis qui n’auront aucun pouvoir et cela ne mènera à rien. Ou il se satisfait de la coalition actuelle et laisse le pays continuer dans sa régression, dans ses demi-mesures paralysantes et dans son islamisation rampante. Dans ce cas, selon sa tendance, il vote pour Nidaa Tounes ou pour Ennahdha et conforte cette alliance contre nature. Il conforte de ce fait une sorte de dictature soft née des compromissions de ces deux partis et laisse le pays aller petit à petit à la ruine.

- Mais beaucoup, ne pourront se satisfaire de cette situation. Au risque de favoriser les islamistes, ils décideront de donner une leçon aux prétendus progressistes de Nidaa Tounes en se détournant massivement de ce parti pour sanctionner sa trahison, comme ils l’ont déjà fait avec les deux autres partis de l’ex-troïka dont les chefs tout comme Béji Caïd Essebsi, juraient tous leurs dieux qu’ils ne s’allieraient jamais avec les Frères musulmans.

Il faut, en effet, que les politiques se rendent compte qu’ils ne peuvent impunément tromper leurs électeurs et n’en subir aucune conséquence.

Tous ceux qui, malgré la trahison, continueraient de voter pour Nidaa Tounes, donneraient d’une certaine façon un blanc-seing à ce parti pour d’autres trahisons. A quoi bon voter dans ce cas ?

Si d’ici les élections aucune majorité claire et progressiste ne se dégage, je ne rééditerai pas l’appel au vote utile que les partis ont fini par croire acquis d’avance et une fois pour toute ; puisqu’ils ont trahi ! Je ne pourrai, tout en le regrettant, que conseiller de s’abstenir massivement et, en tous cas, de refuser nos suffrages à Nidaa Tounes qui s’est présenté comme unique rempart contre les islamistes pour gagner les suffrages de millions de tunisiens et surtout de tunisiennes mais qu’il a trahis !

On dira que l’abstention n’est pas très démocratique. C’est inexact. Une abstention massive sera un message indiscutable envoyé aux politiques. Elle aura pour résultat d’affaiblir clairement le pouvoir issu des urnes. Dans cette hypothèse, cela risque d’être les islamistes. Tant mieux. Et puis, est-ce plus démocratique de faire, une fois élu, le contraire de la politique pour laquelle les électeurs ont votée ?

C’est, dira-t-on, favoriser la prise de pouvoir par Ennahdha ! Cela est tout à fait vrai mais outre que cela créera un électrochoc, cette situation aura le mérite de la clarté. Ennahdha qui, aujourd’hui n’assume aucune responsabilité dans la crise et dans l’échec, s’abritant toujours derrière ses alliés « démocrates » d’Ettakatol & du CPR d’abord et maintenant de Nidaa Tounes ; devra bien assumer les échecs * que connaissent les tunisiens depuis que ce parti s’est accaparé leur « révolution ».

Cela mettra un terme à la stratégie délibérée et machiavélique des Frères musulmans qui consiste à ne pas vouloir être en première ligne du pouvoir, de façon à ne pas en assumer la responsabilité ; préférant se cacher derrière leurs alliés pour pouvoir placer leurs hommes et islamiser de manière rampante la société tunisienne. Ce que fait malheureusement encore Ennahdha avec la complicité cette fois-ci de Nidaa Tounes. Qu’elle le fasse au grand jour et que les tunisiens jugent !

Par ailleurs, quelques soit la dangerosité de ses projets, Ennahdha sera contenue, n’en doutons pas, par la Société Civile tunisienne qui a montré sa force et qui est plus efficace que les frileux politiques dont beaucoup manquent d’envergure.

Enfin, la conjoncture internationale et le recul partout de l’islamisme politique, rendront vaines les velléités dictatoriales des islamistes.

Dès lors l’abstention, sanction nécessaire des hommes politiques sans honneur, ne représente pas un danger si grand qu’il devrait nous faire accepter l’inacceptable.

Ne pourra avoir mon vote que le parti qui dira clairement ces quelques principes clairs :

- S’engager à ne jamais faire la moindre alliance avec les islamistes.
- Interdire les partis religieux, la religion n’ayant pas sa place en politique parce qu’elle a une vocation à des positions totalitaires et parce que la religion n’a pas à diviser le peuple comme elle le fait de toute évidence aujourd’hui depuis que les islamistes se sont emparés de sa « révolution ».
- S’engager à modifier le mode de scrutin prévu par la Constitution pour instaurer un système qui, donnant une prime au parti placé en tête, lui assure une majorité claire permettant de réellement gouverner et d’avoir une vraie politique. La démocratie ce n’est pas le compromis ou le consensus mou :  c’est l’alternance de politique claire.
- Œuvrer pour une réelle reprise en main de l’éducation qui a régressé de manière choquante et qui a donné naissance à un peuple incapable de faire face aux défis du siècle.
- Continuer mais avec fermeté dans l’instauration d’un véritable Etat de droit par le contrôle de la police et par l’assainissement de la justice de ce pays.
- Enfin, faire en sorte que dans une économie libérée, renforcée par l’état de droit, une redistribution plus juste permette plus de justice sociale entre les citoyens et entre les régions du pays.

Voilà le seul programme qui puisse sortir le pays de l’ornière où il se trouve. Ce n’est pas l’attelage Nidaa Tounes-Ennahdha qui pourra le mettre en œuvre.

Rachid Barnat

* Faut-il préciser que ce qui est perçu comme échecs de la part des tunisiens, n’est que réussites pour les islamistes dont le projet est de détricoter et détruire tout ce qu’avait fait Bourguiba : à savoir une Nation et une Administration moderne pour ancrer la Tunisie dans la modernité ; alors que l’objectif des pan-islamistes et leurs complices les pan-arabistes, est de diluer ce peuple dans un magma appelé « Oumma islamya » (communauté des musulmans) pour les premiers et « Oumma Arabya » (monde arabe) pour les seconds ! C’est dire leur lubie.









mercredi 18 octobre 2017

LES Ibn SAOUD, MARCHANDS DU TEMPLE !

Certains nouveaux "haj" qui viennent d'accomplir le pèlerinage à la Mecque (obligation assortie d'une dispense pour ceux qui n'en auraient pas les moyens ; soit dit en passant), aiment raconter leur "hajj" (leur pèlerinage) et faire partager leurs émotions autour d'eux. 

Ce qui revient souvent dans la narration du fameux pèlerinage, c'est l'éblouissement des "haj" devant tant de gigantisme dans les lieux saints de l'islam et la richesse étalée dans les bâtiments qui les abritent.

Savent-ils seulement que cela s'est fait aux détriments de bons nombres de lieux archéologiques et néanmoins sacrés pour les musulmans, que sont les maisons des compagnons du prophète et de celles de ses épouses (dont celle de Aïcha que vénèrent les sunnites et haïssent les chiîtes, qui la considèrent comme intrigante; puisqu'elle a écarté Ali,  gendre du prophète, de lui succéder en tant que chef des musulmans) qu'ils ont rasées pour laisser place à des hôtels de luxe et à des centres commerciaux, expression de la mégalomanie des Ibn Saoud ? 

Savent-ils que les Ibn Saoud tentent de se donner une légitimité comme Gardiens des Lieux Saints, grâce aux pétrodollars qu'ils dépensent sans compter ... pour faire oublier qu'ils sont usurpateurs de cette fonction traditionnellement dévolue à la tribu de Qoraïch, celle du prophète Mohammad ?

Certains ont relevé que les imams appelant aux prières, associent systématiquement le nom des Ibn Saoud à celui d'Allah et à celui de Mohamed lors des prêches, auxquels répondent par amen, des millions de pèlerins ; sans se rendre compte qu'ils font allégeance aux Ibn Saoud ! 

Transformant le pélerinage en une  "com" gratuite pour les Ibn Saoud dont le roi se qualifie de "Khademo'l Haramaiyn" (Serviteur des deux lieux saints que sont la Mecque et Médine) et qui prépare l'étape d’après pour s'attribuer le titre d' "Emir el mou'minin", Commandeur des Croyants; titre que leur disputent l'émir du Qatar et ses protégés Frères musulmans ... puisque Erdogan ne cache pas son désir de restaurer le Calfat et son ambition de briguer le titre de Calife !

Le plus étonnant c'est de les entendre dire que leur foi s'est affermie devant tant de richesses étalées : marbres, stucs, or, argent .... comme s'ils avaient besoin du Veau d'or !

Oublieux pour la plupart que dans le malékisme ancestral des tunisiens, l'ostentation en tout est interdite ; et que la foi comme le reste, se vivent entre soi et Allah, dans la discrétion : nul besoin de pratiques religieuses ostentatoires, ni d'étalage de richesse, comme le font les Ibn Saoud qui veulent en mettre plein les yeux aux pèlerins venus du monde entier, transformant les lieux saints en un gigantesque parc d'attraction à l'américaine, à leur gloire !

Savent-ils ces pèlerins que les Ibn Saoud dont le wahhabisme condamne à l'enfer les occidentaux pour leur mécréance ... ont fait appel à des ingénieurs, à des concepteurs, à des architectes et à des entreprises de bâtiments tous occidentaux; pour réaliser ce nouveau parc d'attraction ? Eux ne sachant rien faire, sinon gérer (mal) leur agent, tels des marchands du Temple ?

Savent-ils aussi qu'ils ont érigé ces gigantesques bâtiments à leur gloire; alors qu'ils détruisent au nom du wahhabisme les statues des Bouddhas et autres mausolées de saints partout ailleurs érigés à la mémoire des soufis, ces hommes et femmes réputés pour leur érudition, leur sagesse et leur humanisme ?

Et savent-ils que l'argent pour effectuer le pèlerinage, pour lequel certains s'endettent parfois à vie, vient enrichir un peu plus les Ibn Saoud qui financent le terrorisme dans le monde et qui sèment le chaos dans les pays du "printemps arabe" pour mettre en échec des révolutions qui pourraient donner des idées à leur peuple ?

Voilà le paradoxe de millions de pèlerins, quand ils ignorent l'histoire de leur religion : ils sont à la merci de celui qui peut diffuser sa conception de l'islam, aussi obscurantiste et violente soit-elle, pour répudier leur obédience traditionnelle et adopter celle de celui qui répand la sienne à coup de pétrodollars !!

Il faut croire que la foi et les traditions se vendent et s’achètent par le plus offrant ! Traduisant un manque de foi sincère de la part des personnes prêtes à devenir "saudo-wahhabites", pour recouvrer une identité "arabo-musulmane" qu'ils auraient perdue, comme le leur serinent les Frères musulmans et autres néo-salafistes pour les convertir au wahhabisme et au model sociétal qui va avec !

Ainsi, insidieusement le wahhabisme est entrain de remplacer le malékisme et le soufisme ancestraux des tunisiens ... profitant de leur ignorance et de leur manque de culture !

Rachid Barnat

LA TUNISIE, BIENTÔT LABORATOIRE POUR TOURISME RELIGIEUX ?

Article publié dans : 
Kapitalis
Agoravox


Je lis avec consternation qu’un colloque s’est tenu en Tunisie avec le concours du pouvoir que dominent les Frères musulmans, avec pour sujet : « Le tourisme religieux en Tunisie ». 
La Tunisie deviendrait-elle le laboratoire expérimental pour les islamistes ? Après la démocratie spéciale au rabais à l'usage des " Arabes ", ce pays va expérimenter le tourisme religieux ! 
L’islamisation rampante de la société tunisienne se poursuit avec la bénédiction de Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounes, censés préserver les tunisiens de cette calamité !

Cet événement souligne la bêtise absolue qui s’est emparée de beaucoup de Tunisiens qui ne se rendent pas compte qu’ils sont manipulés par certains pays de la péninsule arabique et par leur idéologie religieuse régressive ; et qui veulent imposer leur manière de croire par tous les moyens.
Comment ne pas voir dans cette nouvelle idée un moyen détourné de propager encore l’islamisme et le wahhabisme qui le fonde, comme si le mal causé par cette idéologie n’était pas suffisant !

Après « la finance islamique » qui n’est qu’une manipulation marketing, voilà le « tourisme religieux » alors que l’homme de simple bon sens verrait dans le rapprochement de ces termes une insulte à la religion. J’avais la naïveté de penser et c’est, je crois, ce que pensent la plupart des tunisiens, que la religion, la foi, la piété étaient choses personnelles et sérieuses ; et que le tourisme religieux n’est qu’une fumisterie destinée à imposer, petit à petit, aux tunisiens le wahhabisme en lieu et place de leur malékisme ancestral et le modèle sociétal qui va avec.

Les Ibn Saoud ont fait du pèlerinage à la Mecque une vaste industrie qui ne recule devant rien ; puisque ces marchands du Temple ont rasé tous les lieux de la mémoire collective des musulmans tels que la maison de Aicha épouse du prophète Mohammad et celles de ses compagnons sous prétexte que le wahhabisme rejette le culte des saints, pour ériger sur leurs emplacements des hôtels de luxe et autres centres commerciaux ; tout en transformant le pèlerinage en un endoctrinement en règle au wahhabisme et une occasion de faire faire allégeance aux pèlerins, au roi Ibn Saoud ; puisque son nom est régulièrement associé à Allah et à celui de son prophète, suscitant des « amens » de la part des fidèles !
Et, au lieu de préserver les lieux saints, ils les ont détruits presqu’en totalité ou complètement dénaturés montrant, par-là, que leur véritable objectif n’était pas la religion mais la préservation de leur pouvoir et l'enrichissement personnel des membres de la tribu ! C’est ainsi qu’ils accueillent de plus en plus de touristes dans des lieux qui n’ont plus grand-chose à voir avec la Mecque devenue un immense parc d’attraction et dont le seul intérêt est de rapporter de l’argent.

Est-ce vraiment un modèle ? Et la Tunisie, quel tourisme religieux peut-elle instaurer ? En dehors de sites déjà très connus tels que la Zitouna et Kairouan, qu’a-t-elle à offrir comme lieux remarquables sur le plan religieux ? Et doit-on les détacher du reste du patrimoine du pays trois fois millénaire ?

Et qui peut croire que ces arabes nouveaux riches en pétrodollars vont choisir la Tunisie pour leurs vacances, alors que tout le monde sait qu’ils n’aspirent qu’à une chose : aller respirer la liberté en Occident tant décrié, pour y jouir de toutes les libertés qu’ils n’ont pas chez eux ! Ils fréquentent les endroits les plus prisés du tourisme mondial tel que la France, la Suisse, l’Angleterre, l’Espagne, l'Italie … que viendraient-ils chercher en Tunisie, ces nouveaux riches trop habitués aux luxes et aux palaces, dont la jeunesse dorée cherche en ces pays sexe, alcools et drogues à consommer librement ?

Ghannouchi et ses « Frères » ont tout fait pour détruire l’industrie touristique, secteur vital pour la Tunisie. Ils bernent les tunisiens en leur faisant miroiter un tourisme religieux en provenance d’Arabie et des pays du Golfe, qui remplacerait avantageusement les occidentaux qui venaient corrompre la jeunesse tunisienne (sic). Ceux qui les ont crus, en ont eu pour leur frais : les hôtels sont vides et le peu d’arabes en provenance de la péninsule arabique, le font juste pour « zaouaj el moutaa » (mariage uniquement pour copulation), cette prostitution « halal » ; comme ils le pratiquent déjà dans d’autres pays touristiques tels que l’Egypte, le Yémen, le Maroc … avec tous les drames sociaux qu’ils laissent derrière eux : des filles déshonorées, engrossées et abandonnées !
Mais comment s'en étonner, alors que les Frères musulmans prônent aussi le " jihad ennikah ", cette autre prostitution halal en temps de guerre.


Alors que cache le label « tourisme religieux » sinon un « tourisme sexuel halal » qui ne dit pas son nom; et  que veulent exploiter les marchands du Temple ? Puisque même la pédérastie est permise, les gamines de 9 ans pouvant être consommées en toute légalité selon la chariâa qui retient l’âge légal du mariage celui où Aïcha a été consommée par le prophète Mohammad.

Les Tunisiens ont toujours pratiqué une foi sérieuse, sans ostentation, conformément au malékisme et au soufisme qui l’ont façonnée durant des siècles.

Depuis que l’islamisme s’installe en Tunisie, on se demande à quand l’édification d’une mosquée plus grande que celles des voisins ? Après celle du Maroc et celle de l’Algérie, la Turquie est en phase d’achèvement de la sienne érigée à la gloire d’Erdogan (la mosquée çamlica… avec 6 minarets, excusez du peu, pour faire mieux que tous les califes qui l'ont précédé; puisqu'il aspire à l'être à son tour ! 
Qui peut croire vraiment que Dieu est attentif à ses manifestations de démesure, réalisées aux dépens de dépenses plus utiles pour les hommes ; alors que nous savons qu’elles ne sont que pour la gloriole des hommes au pouvoir à l’ego surdimensionné ?

A l’inverse, je comprendrai que l’on organise des circuits destinés à montrer les lieux des multiples civilisations qui se sont succédées en Tunisie : les Carthaginois, les Romains, les Espagnols, les Andalous, les Turcs ...

Le pouvoir serait bien inspiré s’il veut vraiment développer le tourisme, de former mieux le personnel, d’améliorer l’hôtellerie en la montant en gamme et de se contenter des richesses naturelles du pays ; au lieu de vouloir faire venir des religieux à l’esprit étriqué, fermés sur eux-mêmes pour propager leur obscurantisme sacré ; et qui n’ont, en réalité, de religieux que l’apparence et les attitudes hypocrites.

Développer ce tourisme religieux qui n’est en réalité que le tourisme des marchands du Temple, sera également un bon moyen pour éloigner à jamais les vrais touristes qui ne mélangent pas religion, plaisir et affaires. Ceux qui vivent du tourisme le savent déjà, puisqu’il est en berne depuis que les Frères musulmans ont mis la main sur le pays.

Rachid Barnat





lundi 9 octobre 2017

CHIENS & CHATS CHEZ LES MUSULMANS ...

Article par dans : Agoravox
Pourquoi les turcs respectent-ils les chiens et les chats errants, les nourrissent ou du moins ne les chassent pas à coup de pied, de pierres ou de bâtons ; et que ces animaux leur rendent bien leur "tolérance" sinon leur amour pour les bêtes ; puisqu'ils n'en ont pas peur et viennent chercher spontanément une caresse, un câlin, et mangent dans leur main ; et que les commerçants et les habitants des quartiers se relayent pour les nourrir ?
Alors qu'en Tunisie, les chiens errants sont dans un état de stress permanent, apeurés, fuyant les hommes dès qu'ils les aperçoivent. Et pour cause : ils les harcèlent, les pourchassent en leur criant dessus " vas-t-en ! ", s'ils ne leur jetaient pas des pierres ou ne les menaçaient pas d'un bâton !


A quoi cela tient-il ? 


Le respect des turcs pour les chiens semble faire partie de leur nature; à moins que leurs imams les incitent à respecter les créatures d'Allah; alors que les pseudo imams qui se sont multipliés depuis l'arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie, incitent les tunisiens à s'en séparer et à les rejeter pour cause d'impureté !
En Turquie, les chiens errants portent tous une boucle d'identification à l'oreille, ce qui dénote une administration responsable qui en prend soin; alors qu'en Tunisie les autorités ne font rien ou pire ordonnent leur abattage à coup de fusil !
Ce que je croyais exceptionnel, s’avère une règle non écrite que les turcs appliquent spontanément pour donner à boire et à manger aux chiens et aux chats errants ; et ce, dans toutes les rues : ils mettent à leur disposition des récipients régulièrement remplis d'eau et les nourrissent de restes domestiques ou mieux encore, de croquettes que certains achètent spécialement pour eux. Souvent même, des abris leur sont aménagés par les riverains : dans les parcs, dans les rues ...
Les chiens et les chats de rue en Turquie, vivent en parfaite harmonie avec les passants : ils viennent spontanément vers qui voudra les caresser ou les nourrir. Les hommes n'ont aucune raison de les craindre et réciproquement les chiens n'ont aucune raison d'être agressifs pour s'en défendre.
Dans le quartier Besiktas, quartier "chaud", où le soir venu on n'y voit quasiment pas de "foulardées" ni de "barbus" et où la jeunesse turque vient goûter à tous les plaisirs : manger, consommer de l'alcool, fumer le narguilé, jouer au baggamon, flirter, s'enlacer et s'embrasser ... librement; faisant de ce quartier le rendez-vous de tous ceux qui en ont marre des fondamentalistes et de leur hypocrisie, totalement à l'opposé de certains quartiers populaires gagnés par la bigoterie, tel que celui de Fatih (Le Conquérant). Et bien que les ruelles soient envahies de monde, si un chien décide de dormir dans l'une d'elles, la foule des passants le contourne sans chahut pour ne pas le réveiller ni le déranger !
En bord de mer, souvent les serveurs des "restaurant à poissons", récupèrent les restes laissés par les clients, pour en donner les bons morceaux aux mouettes et aux poissons du Bosphore, leur façon de respecter la nourriture, bien fait d'Allah, qu'il ne faut pas gaspiller et dont il faut faire profiter d'autres de ses créatures, selon la sagesse soufie !
Les turcs seraient-ils plus civilisés que les tunisiens ? Pourtant les deux peuples sont dirigés par les Frères musulmans !

Ces pratiques chez les turcs, sont révélatrices d'une éducation empreinte de culture religieuse profonde et ancienne : le soufisme ! Qui lui-même, est né au fin fond de l’Afghanistan après l'arrivée de l'islam dans ces contrées d'hindouisme et de bouddhisme dont la sagesse millénaire a fécondé cette nouvelle religion. Ainsi le soufisme a apporté à l'islam la notion de compassion qui lui manquait et que l'on trouve dans le bouddhisme : l'amour et le respect des bêtes et de toutes les créatures. Ce qui se traduit par la tolérance des hommes pour autrui qu'il soit : homme, chien, chat, oiseau ...
Voilà comment l'islam s'est humanisé au contact de la sagesse extrême orientale. Ce que les fondateurs de l'empire ottoman ont très vite compris ; puisqu'ils vont adopter le soufisme comme religion d'Etat et permettre par son biais la coexistence pacifique des peuples et des différentes ethnies et cultures qui les composent ! Les turcs sont profondément marqués par leur culture ancestrale soufie qui est amour pour toutes les créatures d'Allah et qui fait qu'ils résistent au wahhabisme des Frères musulmans; contrairement aux tunisiens qui semblent s'y engouffrer sans discernement, oublieux de leur malékisme ancestral et du soufisme qui ont pourtant façonné leur identité tunisienne ! 
Ce qui explique que les animaux, et particulièrement les chiens, soient moins bien traités en Tunisie que ne le sont leurs congénères turques. Est-ce parceque le soufisme est arrivé tardivement en Tunisie avec la colonisation turque ?

Ce qui est certain, est que le soufisme ancestral des turcs fait qu'ils résistent mieux à la pénétration du wahhabisme que tentent de diffuser les Frères musulmans depuis 2002, date de leur accession au pouvoir; contrairement aux tunisiens qui délaissent soufisme et malékisme pour tomber dans l'obscurantisme par ignorance mais surtout par bêtise !
Pour preuve, les mausolées que condamne le wahhabisme, sont préservés et entretenus dans tous les quartiers et dans l'enceinte des mosquées en Turquie, alors que les Frères musulmans en Tunisie s'en prennent aux saints et détruisent leurs mausolées ! Ce que Erdogan et ses Frères n'osent faire en Turquie, de peur de se mettre à dos une population qui les vénère ou du moins les considère faisant partie intégrante de leur patrimoine culturel, Ghannouchi et ses hommes l'ont fait en Tunisie !

En tous les cas, l'islam ne peut être une religion humaniste sans le respect de toutes les créatures d'Allah, chiens compris.

Rachid Barnat


Abdelwahab Meddeb disait : 

Malgré toutes ces licences que les docteurs de la loi condamnent, dans les pays d’islam, le soufisme a depuis toujours joué un rôle pratique, de structuration sociale, par la transmission d’une morale digne qui ouvre sur la métaphysique, sur l’envol de l’esprit sans pourtant dénouer le lien social. Le moteur en est l’éthique du don et de l’altérité."
Plus encore, les maîtres du soufisme ont la certitude que la pluralité des croyances est un bienfait pour l’expérience intérieure ; il est fécond de butiner dans la roseraie de la sagesse, qu’elle que soit l’origine de ses fleurs. 

" Ainsi, Ibn Arabî écrit-il dans un de ses fameux poèmes que son cœur est capable d’accueillir toutes les formes de foi, qu’il est temple païen, couvent chrétien, tabernacle pour rouleau de Torah, codex pour feuillets de Coran, que sa religion est celle de l’amour et qu’il va où que mènent ses cortèges.