jeudi 30 août 2018

L'islamisme fait le lit du populisme en Europe, aussi !


D'avoir flirté avec les pétromonarques et tolérer qu'ils exportent le wahhabisme en Europe aussi, les européens découvrent les conséquences des choix politiques de leurs dirigeants aussi bien de droite comme de gauche, avec le flux migratoire incessant en provenance des pays déstabilisés par le wahhabisme financé par les pétromonarques, ces pompiers pyromanes auxquels l'Occident s'est allié pour faire la guerre au terrorisme islamiste !
Voilà la conséquence de leur politique suiviste derrière les EU qui ont réactivé le wahhabisme pour contrer la progression du communisme en Afghanistan, livrant au chaos les républiques "arabo-musulmanes", persuadés qu'il restera cantonné chez les "arabes" et ne touchera pas l'Occident !
Emigrants souvent imprégnés par le wahhabisme qui sévit chez eux depuis la chute du mur de Berlin, autrement dit depuis que l'Oncle Sam a donné le feu vert aux Ibn Saoud de diffuser le wahhabisme à grande échelle pour neutraliser le communisme et prendre sa place dans les pays de l'ex pacte de Varsovie.
En fuyant la dictature religieuse et la misère qu'elle a accentuée, les émigrants, souvent des jeunes n'ayant connu que le wahhabisme qui a supplanté les obédiences traditionnelles de leurs parents, importent avec eux le seul model sociétal qu'ils ont connu chez eux et qui va avec, celui des pétromonarques; et en seront le vecteur en Europe. 
R.B
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Face à la montée évidente de ceux que l’on qualifie de « populistes » et qui se montrent hostiles à l’immigration et à l’Europe actuelle, j’ai voulu faire le point pour moi-même.
La première chose à examiner c’est ce phénomène de plus en plus répandu d’hostilité forte à l’immigration en réfléchissant sur les raisons de cette hostilité.

Il est tout d’abord simpliste et faux de dire que cette hostilité est fondée sur le racisme ou sur une prétendue islamophobie. Ces deux vocables sont totalement inappropriés même si une petite partie des opposants est sans doute raciste et ou islamophobe. La majorité des opposants ne peut être ainsi qualifiée.

Quels sont donc les ressorts de cette opposition ?
Il y a au moins deux réponses assez évidentes.

La première c’est que sous l’effet de l’idéologie islamiste (en réalité le Wahhabisme et la doctrine mortifère des Frères musulmans) une grande partie des immigrés est devenue hostile aux valeurs de l’occident et, en réalité, aux valeurs universelles des droits de l’homme qu’elle ne cesse de combattre.
Cette diffusion du Wahhabisme et des Frères musulmans dans une partie de la société (par la télévision satellitaire, par des prêcheurs venus d’ailleurs) a entraîné de fait, depuis près de vingt ans, une division majeure dans la société.
Or il est clair et, seul les aveugles ne s’en rendent pas compte, que cette idéologie est mortifère et s’attaquent insidieusement aux valeurs des pays occidentaux sans réaction sérieuse de ces pays pendant des années.

Le second événement qui a donné un coup d’accélérateur à l’opposition des peuples est, évidemment, le développement spectaculaire de l’immigration sauvage. On peut discuter, à perte de vue, sur les responsabilités de l’Occident dans cette immigration (et cette responsabilité est évidente en raison des guerres menées), il n’en demeure pas moins que ce phénomène amène dans les pays européens des personnes, ce qui ne serait pas un problème en soi (l’Europe a la capacité et quelques fois le besoin d’immigration) ; mais qui en est un de manière certaine dans la mesure où ces nouveaux arrivants sont en grande partie des personnes qui ne veulent pas adhérer pleinement aux valeurs de l’Europe et qui sont sensibles l’idéologie islamiste mortelle depuis que le wahhabisme a pénétré leur société.

Ces raisons évidentes ne permettent donc pas de traiter tous les opposants à cette immigration et à l’islamisme, de racistes.
Un pays ou un groupe de pays n’a-t-il pas le droit de défendre sa façon d’être et de vivre ? La réponse est évidemment oui.
Quand on a ainsi mis en évidence les raisons de l’hostilité à cette immigration on doit se dire qu’il appartient aux gouvernants d’en tenir compte, sans jeter l’anathème sur les opposants.
A défaut, les gouvernants manquent à leur devoir car ils laissent se créer une société très divisée et donc faible et en danger. En accusant de racisme les opposants sans raison vraie, ils favorisent en réalité la montée d’un vrai racisme et de la violence.

Il semble que de plus en plus cette analyse est adoptée et je citerai comme exemple d’une part la naissance en Allemagne d’un parti socialiste prônant cette attitude alors que jusqu’ à présent la gauche était plutôt dans la condamnation des mouvements opposés à l’immigration et, d’autre part, la réaction du Danemark décidé à lutter fermement contre les ghettos islamistes, tout comme les suédois qui envisagent de réviser leur politique de l’immigration face à l’échec d’intégration des nouveaux immigrants en provenance d’Irak, de Syrie et autres pays touchés par "les guerres contre le terrorisme" que mènent l'Occident avec ses alliés péromonarques.

Pour être complet, admettre cette nécessité absolue de lutter avec force contre l’islamisme et contre une immigration non respectueuse de nos valeurs, ne justifie pas, pour autant, les partis nationalistes qui, non seulement luttent contre cette situation et ils ont raison, mais vont au-delà en violant, eux-mêmes, les valeurs de l’Europe en s’éloignant des valeurs démocratiques.

Il est donc clair que la solution est de lutter très fermement contre l’islamisme et d’exiger des immigrés le respect de nos valeurs sauf à laisser libre cours et finalement la victoire à des nationalistes qui tueront la démocratie.

Saint Augustin, le Nord Africain

« En raison de leur nature sauvage, 
les Arabes sont des pillards et des destructeurs »

La Tunisie fut terre chrétienne et judaïque avant l'invasion par les Béni Hilal de l'Afrique du Nord pour y introduire l'islam et la langue arabe. Certains oublient même que la Tunisie a donné trois papes à l'église chrétienne. Alors que ceux qui s'obstinent à réduire l'histoire de la Tunisie juste à sa civilisation arabo-musulmane, cessent de travestir l'histoire pour imposer leur histoire officielle comme le fait l'Algérie au mépris de sa culture berbère d'origine pour revendiquer l'identité arabo-musulmane pour tout un peuple à majorité berbére; et qui n'a d'arabe, que la langue. Une langue souvent mal maîtrisée, qui ferait rire de mépris les arabes d'Arabie !
R.B

Célébrité carthaginoise : St Augustin
Saint Augustin par Sandro Botticelli

Saint Augustin (354 – 430 ap. J.-C.) est un philosophe chrétien de l’Antiquité tardive, né en Algérie. Il est l’un des quatre Pères de l’Eglise d’Occident. Après une jeunesse dissipée, qu’il raconte dans les Confessions, il s’intéresse au problème du mal. D’abord séduit par le manichéisme, il se convertit au christianisme et devient évêque d’Hippone. Il rédige la Cité de Dieu, l’ouvrage le plus reproduit par les copistes du Moyen Age. Il est canonisé en 1298 par le pape Boniface VIII.

Une enfance agitée

Augustin naît en novembre 354 ap. J.-C., dans une famille berbère romanisée de Thagaste, une colonie romaine de l’actuel territoire tuniso-algérien.
Le père, petit propriétaire terrien, adhère fermement au polythéisme romain, par contre sa mère, Monique, est une fervente chrétienne. Elle sera d’ailleurs béatifiée par l’Eglise, sous le nom de Sainte Monique.
Augustin, tiraillé entre ces deux influences, est néanmoins élevé dans la religion maternelle. Elève doué, mais indiscipliné, il commet de menus larcins.

A Carthage : le plaisir

A dix-sept ans, il se rend à Carthage pour étudier la rhétorique. Il découvre une ville où règnent la débauche et la recherche effrénée de la jouissance. Il s’y plonge avec plaisir, et rencontre la femme avec laquelle il vivra pendant quinze ans en concubinage. De cette union naît un fils, Adéodat.
Néanmoins durant tout ce temps, il reste agité par une grande curiosité intellectuelle et une inquiétude psychologique qui l’amènent à se lancer dans une longue quête de la vérité.
Ainsi il se procure un livre de Cicéron, l’Hortensius, qui éveille en lui un vif intérêt pour la philosophie.
Il s’intéresse également au manichéisme, doctrine à laquelle il adhère pendant neuf ans. Cette religion orientale, aujourd’hui quasiment éteinte, professe un dualisme radical entre le Bien et le mal, la Lumière et les Ténèbres.
Il envisage, après un bref retour à Thagaste, de partir pour Rome, s’appuyant sur les relations qu’il s’est créé à Carthage.

A Milan : l’opportunisme puis la conversion

De Rome, il gagne Milan où il enseigne la rhétorique. Il commence à réussir et s’en réjouit : ambitieux, il court après la richesse et les honneurs. Il répudie sa compagne de seize ans, ce qui lui déchire le coeur, pour préparer un mariage qui puisse accélérer sa carrière.
Mais en même temps, il fréquente à Milan des cercles platoniciens, et surtout assiste aux homélies de l’évêque Ambroise, qui l’amènent, sinon à se convertir au christianisme, du moins à se détourner définitivement du manichéisme.
Ses amis vont jouer un rôle important dans son itinéraire spirituel : c’est en les entendant relater la conversion de certains de leurs proches qu’Augustin, bouleversé, décide de se convertir à son tour.
Il abandonne l’enseignement de la rhétorique et part en retraite spirituelle dans la villa d’un ami. Pendant un an, il rédige certains ouvrages comme Contre les Académiciensles Soliloques, le Traité de la vie bienheureuse.

Il est enfin baptisé dans la nuit pascale du 24 au 25 avril 387, avec son fils, à la grande joie de sa mère, dont c’était le vœu le plus cher.
Peu de temps après, il repart pour Thagaste, sa ville natale, et vit quelques années dans une communauté spirituelle qu’il a lui-même fondée, unie autour de la foi chrétienne.

En 391, il succède à l’évêque de la région, Valère. Devenu évêque d’Hippone, il entre dans une phase d’intense activité intellectuelle, et rédige les Confessions, son ouvrage le plus connu, ainsi que la Cité de Dieu, ou de la Trinité.

Augustin meurt le 28 août 430 lors du siège de la ville par le Vandale Genséric venu de Carthage. Sa fin coïncide avec les derniers jours de l’Empire romain d’Occident.
Genseric Sac de Rome en 455 Karl Briullov Tretyakov Gallery, Moscou

Près de 900 ans plus tard, il est canonisé par l’Eglise catholique, et considéré comme l’un des docteurs de l’Eglise. C’est également l’un des Pères de l’Eglise, incontestablement le plus fascinant.

vendredi 24 août 2018

La femme est l'avenir de l'homme

Pour contrer l'avancée du communisme soviétique en Afghanistan, l'idée géniale trouvée par les américains hantés par cette doctrine, était d'importer et de diffuser, grâce à leurs amis Ibn Saoud, le wahhabisme dans ce pays et chez ses voisins (Pakistan ...), seule arme capable de stopper la propagation du communisme, car que mieux que la foi exacerbée pour lutter contre l'athéisme revendiquée par le communisme. 
Et de fait, c'est ce qui s'est produit puisque l'armée rouge a été boutée hors d'Afghanistan. Sauf que le wahhabisme poursuit son oeuvre sur ces peuples qui retombent dans la barbarie et l'obscurantisme que véhicule cette doctrine.

Ainsi un pays qui a donné ses lettres de noblesse à la civilisation islamique par ses philosophes, ses théologiens, ses poètes, ses scientifiques et ses mathématicien, est en train de sombrer dans l'obscurantisme et la barbarie la plus abjecte par le fait des Ibn Saoud et celui de leurs pétrodollars, avec la bénédiction de l'oncle Sam !

Leur frère ennemi l'émir du Qatar, veut lui aussi sa part d'hégémonie sur le monde "arabo-musulman". Pour cela il compte sur ses protégés Frères musulmans qui font un travail de fond dans les républiques "arabes" pour les fragiliser de l'intérieur pour prendre le pouvoir quand les régimes en place tomberont tel un fruit mur.

Or l'ennemie n° 1 dans le wahhabisme, est la femme; responsables de tous les maux des sociétés "arabo-musulmanes", selon ses imams et prédicateurs.
La renier, revient à dire que les société musulmanes s'amputent de l'élément qui forme les hommes de demain. Il ne faut pas s'étonner dés lors, de leur régression jusqu'à l'état sauvage ... au nom d'un Allah confisqué par les fanatiques wahhabites. 

Ce qui est arrivé aux Afghans, aux Pakistanais, aux Soudanais, aux Somaliens, aux Maliens, aux Nigériens, aux Égyptiens, aux Libyens, aux Algériens ... arrivera tôt ou tard aux Tunisiens, s'ils ne font rien contre les Frères musulmans et leur prosélytisme pour le wahhabisme !
R.B
Le sort fait aux femmes révèle la liste des peuples maudits (Kamel Daoud)

Le sort fait aux femmes révèle la liste des peuples maudits
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Farkhunda. Le prénom, presque, d’une terre. Ou d’un royaume ? Ou d’une légende ? C’est le prénom de la femme afghane lynchée par la foule, filmée, puis jetée au fleuve Kaboul, dépecée et brûlée. Il fallait voir ces images sur Internet : des policiers qui se croisent les bras, un Afghan qui filme, une meute qui s’acharne sur une masse sombre : la femme accusée d’avoir brûlé un coran. A un moment, un homme arrive et se met à la frapper avec un seau. Un autre avec une planche. Poussière. Atroce. Sentiment de terreur et de honte.
Plus tard, quand retombera la poussière, le ministère afghan de l’Intérieur précisera qu’elle n’était coupable de rien : ni d’avoir brûlé, ou piétiné ou déchiré un Coran. Juste d’avoir été une femme. Farkhunda. On tente d’imaginer ses derniers moments, sa douleur sous le piétinement, ses cris, sa sombre solitude.

Puis on recule : cela est atroce et impossible à la fois de se représenter l’atrocité de l’intérieur. De la rage au cœur alors. Presque de la haine pour ces peuples. Il fallait voir ces images et cette horde d’animaux qui s’est abattue sur elle au nom d’un livre ou d’un Dieu. De la sauvagerie à vous faire vomir. De l’inhumain. Il fallait imaginer la vie de cette femme, dans ce pays vidé où les femmes sont traitées comme des organes honteux, une vie sans sens, sans liberté, sans désir, pour finir sous les pieds de ce troupeau, au nom d’un livre.

Le monde feuilleté. En Egypte : Essissi, le Général-président, accueille une femme qui a été obligée de se déguiser pendant 43 ans pour contourner l’interdiction « sociale » de travailler. Sisa Abou Daooh, 65 ans, admirable, nourrissant impotent et enfants. Une vie entière en clandestine sous sa propre peau, dans son pays, parmi les siens.

C’est l’état de notre monde : la femme sous la loi de l’enterrement du vivant. Partout chez nous la femme est coupable. De son corps, de sa féminité, de sa condition. Avilie, chassée, pourchassée, harcelée, accusée, honnie ou aliénée au point qu’elle se retrouve à haïr les autres femmes au nom de l’homme ou de Dieu.

Cela ne change pas : entre le sort de Sisa Abou Daooh, ou celui de Farkhunda jetée brûlée dans la rivière Kaboul ou celui des autres, il n’y a que des degrés de dépossession ou de lynchage. La femme est coupable et son procès est ouvert par la meute qui la lynche, les hommes qui lui interdisent de travailler ou ces rats qui, à l’APN algérienne, ont grimacé à propos de l’amendement de la loi sur le harcèlement sexuel (la femme étant coupable, parce qu’impudique). Même sort, mort au corps. Partout où on parle du ciel, on commence par piétiner la femme. Et c’est terrible.

Car JAMAIS un peuple ne marchera sur la lune, ne sera puissant, honoré et respecté tant qu’il traite la femme, sa moitié vivante qui donne vie, son lieu de désir et d’imaginaire, son champ d’amour et d’acceptation, comme une « honte ». JAMAIS un peuple ne connaîtra la paix et la puissance tant qu’il traite la femme comme un animal ou une esclave ou une impudeur à cacher. JAMAIS un peuple qui parle de la femme comme d’un préservatif vivant, ne connaîtra la sérénité, le partage et la quiétude.

Un peuple qui veut cacher les femmes, comme une honte, enterre la moitié de sa force économique, méprise la moitié de ses forces, ne peut prétendre être un peuple ou avoir un vrai pays.
Il sera une honte à vivre et une misère à subir. C’est la loi de la vie. Le sort de l’Afghanistan est dans le sort de Farkhunda. La misère de l’Egypte et dans le sort réservé à Sisa Abou Daooh. La tristesse et l’échec de l’Algérie sont à lire dans la bouche de ces députés islamistes qui ont accusé la femme d’être coupable « d’impudeur ».

Vous voulez lire l’avenir de certains peuples ? Regardez alors le présent qu’ils font subir à leurs femmes.


Vérité & Mensonge ...

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La Vérité sortant du puits 

Selon une légende du 19e siècle la Vérité et le Mensonge se sont rencontrés un jour. 
Le Mensonge dit à la Vérité : " Il fait très beau aujourd'hui ". 
La Vérité regarde autour d'elle et lève les yeux au ciel, le jour était vraiment beau.

Ils passent beaucoup de temps ensemble jusqu'au moment d'arriver devant un puits. 
Le Mensonge dit à la Vérité : " L'eau est très agréable, prenons un bain ensemble ! " 
La Vérité encore une fois méfiante touche l'eau, elle était vraiment agréable. 
Ils se déshabillent et se mettent à se baigner.

D'un coup, le Mensonge sort de l'eau, met les habits de la Vérité et s'enfuit. La Vérité furieuse sort du puits et court partout afin de trouver le Mensonge et de récupérer ses habits. Le Monde en voyant la Vérité toute nue tourne le regard avec mépris et rage.
La pauvre Vérité retourne au puits et y disparaît à jamais en cachant sa honte.
Depuis, le Mensonge voyage partout dans le monde habillé comme la Vérité, en satisfaisant les besoins de la société, et le Monde ne veut dans aucun cas voir la Vérité nue.

mardi 21 août 2018

Rien ne justifie la torture des animaux : ni la tradition ni l'art !




" L’animal ne possède rien, sauf la vie, que si souvent nous lui prenons "
Marguerite Yourcenar

" On reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite 
ses animaux " 
Gandhi

Ne peut-on être musulman sans avoir à reproduire des gestes sacrificiels d'un autre âge, répandus chez des peuples qui croyaient calmer la colère des dieux par ignorance, en mettant fin au massacre des innocents dont on dit cyniquement que c'est leur fête ?
Et que dire de la place que réservent les musulmans au chien, ce meilleur ami de l'homme dans les sociétés civilisées; que, si certaines écoles comme le soufisme le respectent, dans d'autres comme le wahhabisme, le considèrent impure; ou pire, le rejettent par phobie de la rage, dont  il est porteur dans leur imaginaire collectif !
Quant au christianisme, lui non plus n'a pas accordé à l'animal l'attention qu'il mérite puisqu'il ne peut partager avec l'homme certaines qualités qui lui sont exclusives étant lui-même à l'image de Dieu, ce qui serait blasphémer que l'animal puisse lui aussi partager ces qualités. Même le siècle des Lumières, qui a été pourtant à l'origine du progrès de l'humanité dans beaucoup de domaines, a oublié l'animal; puisque 
Descartes père de la philosophie moderne, avait développé la théorie de l'animal-machine lui reniant tout sentiment et toute sensibilité même celle à la souffrance, faisant des animaux des machines serviables et corvéables à merci; puisqu'ils ne savent pas ce qu'est la souffrance ! 
R.B
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Deux entrées récentes sur Facebook m’ont fait réagir. La première évoque un entretien avec un « philosophe » dans un journal du midi dans lequel il défend la corrida et la rédaction lui fait dire que « supprimer la corrida serait un assassinat » rien de moins !

La seconde entrée évoque, photo à l’appui, la présence de l’évêque de Bayonne dans son habit de cérémonie à une corrida.

J’avoue que j’ai réagi, assez vivement, à ces entrées mais, dans le fond sur un mode émotionnel, puisque je suis résolument hostile à la corrida depuis toujours.


J’ai voulu dépasser ces réaction spontanées et émotives et réfléchir, de nouveau, à la question et je dois avouer que je n’ai pas trouvé un seul argument qui puisse justifier ces cruautés infligées sans utilité à des animaux.

Reprenons les arguments des partisans de cette cruauté.



Il y a d’abord et toujours mis en avant, le respect de la tradition. D’ailleurs la loi Grammont justifie la corrida dans quelques lieux en France au nom d’une « tradition durable ».

Pour moi cet appel à la tradition ne vaut absolument rien. Le progrès moral des peuples et le progrès tout court, s’est toujours fait en rompant avec les traditions anciennes héritées de temps d’ignorance. Dans la Rome antique et ailleurs, les jeux du cirque qui mettaient en jeu la vie d’animaux mais aussi d’hommes, constituaient une solide tradition. Elle a été heureusement mise à néant par le progrès des peuples. Qui le te contesterai aujourd’hui ?
Dans certains pays la tradition est d’exciser les petites filles. Doit-on au nom du respect dû à la tradition l’accepter ? Evidemment non.
Il n’y a guère, dans nos campagnes, la femme ne s’asseyait pas à table et servait le mari. Devait-on respecter cette belle tradition ancienne ? Evidemment que non !
Malgré l’absence de texte juridique aucune femme n’a été, très longtemps, admise à l’Académie française au nom de la tradition. Aurait-il fallu continuer ?
Marguerite Yourcenar qui, au passage était résolument hostile à toute souffrance animale, fut la première à être admise à l’Académie, a évoqué, avec une forme d’ironie, la place de la tradition dans son magnifique discours de réception : « D’autre part j’ai trop le respect de la tradition, là, où elle est encore vivante, puissante et, si j’ose dire, susceptible, pour ne pas comprendre ceux qui résistent aux innovations vers lesquelles les pousse ce qu’on appelle l’esprit du temps, qui n’est souvent je le leur concède, que la mode du temps ... »; et après avoir donné son coup de chapeau aux vieux académiciens, elle s’attarde sur toutes les femmes qui auraient dû recevoir avant elles cet honneur !

Par conséquent ce premier argument de la tradition est absolument sans portée, il n’est que le conservatisme, le dogmatisme semblable à celui des Eglises; et qui a été, fort justement combattu.

Le second argument des partisans est le recours à l’esthétique, à la beauté du spectacle dans le sable, sous le ciel bleu, au milieu d’une musique à flonflon et dans le rouge et jaune des couleurs de l’Espagne ! Et cette beauté devrait selon eux, faire oublier la cruauté non pas seulement de la mort qui n’est qu’un mauvais passage mais de tout ce qui précède : la cruauté des engins destinés à meurtrir la chair du taureau, à faire de sorte de le stresser au maximum. Ah vraiment, elles sont belles, en effet les piques semblables à d’horribles hameçons qui s’enfoncent dans les chairs mais qui, il est vrai sont si joliment surmontés de décorations rouges et jaunes. 
Ces mêmes qui admirent l’esthétique de la corrida, s’offusquent sans doute et pince le nez, quand on évoque Céline et son antisémitisme écœurant. Mais la beauté du style ne devrait-elle pas justifier à leurs yeux les pires ignominies !

En conclusion je ne pense pas que la beauté ou la jouissance que donne un spectacle, puisse justifier la cruauté et la souffrance animale. Une telle beauté est salie et n’est plus la beauté.

Je rappellerai que l’on connaît des assassins qui jouissent de la souffrance de leurs victimes et il ne viendrait à l’idée de personne de justifier leur crime par la jouissance qu’ils en obtiennent.

Il y a, enfin, deux derniers arguments : l’argument économique et celui prétendument « écologique ».
L’argument économique est d’ailleurs celui qui a le plus de succès et notamment auprès des élus. La corrida est, en effet, une affaire à la fois pour ses divers participants et pour les endroits où elle se déroule. Cela est indéniable. Mais cet argument peut-il justifier la souffrance infligée ?

Je rappellerai seulement que l’esclavage des noirs d’Afrique a été une grande affaire économique, et qu’il a enrichi des familles et des villes à un point assez difficile à imaginer. Aurait-on dû maintenir l’esclavage pour autant ? Evidemment les taureaux ne sont pas des hommes et ils ne peuvent ni se révolter ni se plaindre.

Enfin il y a le dernier argument hypocrite et cynique qui se voudrait écologique ! 
Faute de corridas on n’élèvera plus de taureaux de combats et ces magnifiques animaux n’existeront plus ! Et puis, pensez-y, certes il meurt dans l’arène mais auparavant ils ont eu une vie de rêve dans les prés verts. Mais que ne les laisse-t-on pas terminer leur vie dans les prés verts si on se soucie tant de leur bien être ? 
Et puis s’ils ne viennent pas au monde, qu’elle importance. Et ne doivent-ils y venir dans ce monde que pour justifier que quelques hommes se repaissent du spectacle de la cruauté et de la mort ? Belle raison en vérité !

Enfin qu’un évêque assiste en grande tenue à une corrida, cela peut en effet choquer mais cela n’étonnera pas ceux qui savent que l’Eglise peut faire bien pire; n’a-t-on pas vu, en Espagne l’Eglise d’Espagne bénir les fusils qui allaient tuer les républicains !

lundi 20 août 2018

Nos amis les bêtes, ces oubliées de la civilisation

Beaucoup de singes 
refusent de croire que 
l'homme descend d'eux !

Si seulement les hommes pouvaient fêter l'Aïd sans avoir besoin de reproduire le geste d'Abraham, qui a épargné son fils en sacrifiant un mouton pour prouver sa foi à dieu, en épargnant à leur tour le mouton; cela ne changera rien à leur foi de perpétuer un sacrifice lui même hérité des pratiques du paganisme anté-islamique; et cela permettra de reconstituer le cheptel ovin tunisien, d'autant que la Tunisie est réduite à importer massivement des moutons des pays de l'Est juste pour satisfaire à ce rituel qui n'a plus de raison d'être au 21é siècle ! On peut commémorer cet acte symbolique de soumission à un dieu unique sans pour autant le reproduire.
En Arabie pour clore le pèlerinage, les deux millions de pèlerins s'adonnent à ce rituel qui se transforme en massacre de bêtes tuées à la chaîne dans d'effroyables conditions ... frisant la barbarie !!
Ne peut-on être musulman sans avoir à reproduire des gestes sacrificiels d'un autre âge, répandus chez des peuples qui croyaient calmer la colère des dieux par ignorance, en mettant fin au massacre des innocents dont on dit cyniquement que c'est leur fête ?

Et que dire de la place que réservent les musulmans au chien, ce meilleur ami de l'homme dans les sociétés civilisées; que, si certaines écoles comme le soufisme le respectent, d'autres comme le wahhabisme, le considèrent impure; ou pire, le rejettent par phobie de la rage, dont  il est porteur dans leur imaginaire collectif !

Quant au christianisme, lui non plus n'a pas accordé à l'animal l'attention qu'il mérite puisqu'il ne peut partager avec l'homme certaines qualités qui lui sont exclusives étant lui même à l'image de Dieu, ce qui serait blasphémer que l'animal puisse lui aussi partager ces qualités. Même le siècle des Lumières, qui a été pourtant à l'origine du progrès de l'humanité dans beaucoup de domaines, a oublié l'animal; puisque Descartes père de la philosophie moderne, avait développé la théorie de l'animal-machine lui reniant tout sentiment et toute sensibilité même celle à la souffrance, faisant des animaux des machines serviables et corvéables à merci; puisqu'ils ne savent pas ce qu'est la souffrance ! 
R.B
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Henry Spira, l'homme qui a révolutionné la lutte pour la cause animale

Dans "Théorie du tube de dentifrice", enfin traduit en France, le philosophe Peter Singer rend hommage à un héros de la défense des animaux.

Henry Spira parlait avec un fort accent de la classe ouvrière new-yorkaise. Il était direct, les pieds sur terre, déterminé. Ses chemises étaient fâchées avec le fer à repasser et ses cheveux comme lui : en bataille. C’est dire s’il ne passait pas inaperçu dans les couloirs selects du Sénat américain, où il plaidait la cause animale avec toutes ses pièces à conviction rassemblées dans un sac de la Pan Am.

Heny Spira fut un si fin défenseur des animaux que son ami le philosophe Peter Singer, auteur de "la Cause animale" mondialement reconnu pour ce travail, écrivit en 1998 un remarquable essai à son sujet. Cette année-là, atteint d’un cancer, Henry Spira sait qu’il va mourir bientôt et envisage sans douleur ce départ précipité – sa vie lui a plu, elle reflète ce qu’il est, ça le rend philosophe. Peter Singer prend l’avion à Melbourne pour venir parachever à New York, chez cet ami affaibli et vaillant qui lui ouvre le canapé du salon, un travail entrepris quelques années auparavant. Considéré comme un manuel de stratégie, ce livre en phase avec notre époque sensible à la question animale est aujourd’hui traduit en français sous le titre "Théorie du tube de dentifrice".
"Si on repère quelque chose d’injuste, il faut faire quelque chose"

Henry Spira commence à s’intéresser au sort des animaux en 1973 dans sa quarante-cinquième année et tout à fait par hasard. Cette année-là, un ami en partance pour l’Europe lui confie son chat. Henry Spira n’a jamais eu d’animaux. Il est immédiatement sous le charme de cet hôte souverain. A observer la créature faire sa vie dans son appartement, il lui apparaît soudainement totalement absurde de câliner un animal et de planter sa fourchette dans un autre.

Il se trouve qu’au même moment, la "New York Review of Books" publie un recueil de textes collectif coordonné par Peter Singer, qu’il ne connaît pas encore. Dans son article, "Animals, men and morals", le philosophe expose les grandes lignes de l’antispécisme, inspiré des travaux de l’anglais Richard Ryde, psychologue et membre du Club d’Oxford qui, dans les années 60, se mit à réfléchir sur la place de l’animal parmi nous.

Les antispécistes plaident pour que soient reconnus les points communs entre les animaux humains et les animaux non humains (la distinction est de Darwin) et, de ce fait, l’universalité des émotions primaires : attachement, joie, bonne humeur, tristesse, abattement, surprise, honte, besoins sociaux, etc. Et la capacité à ressentir la souffrance n’étant pas le propre de l’homme, les antispécistes dénient à l’être humain le droit de faire mal aux animaux, à quelque titre que ce soit.

Dès lors tout va très vite. Henry Spira se met à lire pendant des jours et des jours, il cherche parmi les oeuvres de philosophes ce qui pourrait justifier que les animaux soient exclus de la sphère de protection morale. En vain. Aucun raisonnement qui se puisse trouver pour affranchir l’homme du respect dû aux animaux. A l’université de New York, il s’inscrit pour suivre un séminaire de Peter Singer. C’est là qu’il décide de s’impliquer dans ce combat. En guise de préambule, il devient végétarien. "Si on repère quelque chose d’injuste, il faut faire quelque chose", disait-il.
Singer a fait une énorme impression sur moi parce que sa préoccupation pour les animaux était rationnelle et défendable dans le débat public. Elle ne reposait pas sur du sentimentalisme, sur le fait que les animaux en question étaient mignons ou sur la popularité des animaux de compagnie. Il disait simplement que c’est mal de blesser l’autre et que pour être cohérent nous ne pouvons limiter la nature de cet autre ; s’il fait la différence entre la douleur et le plaisir, il a le droit fondamental à ce qu’on ne lui fasse pas de mal.
L'animal est un opprimé
Il existe bien sûr déjà aux Etats-Unis des mouvements de défense animale qui peuvent se prévaloir d’un siècle de militantisme antivivisection ; mais ils œuvrent sans résultat aucun. Même Peter Singer qui déroule depuis vingt ans un argumentaire saisissant n’arrive à rien. La description des atrocités par les ligues disposant pourtant de milliers de dollars pour leur action et la protestation étayée d’un intellectuel hors du commun ne suffisent à faire bouger les lignes.

Henry Spira va s’y prendre autrement. Il considère que l’animal est un opprimé et qu’il faut mettre en application les méthodes de lutte qui ont prouvé leur efficacité pour les droits civiques des Noirs, l’avènement du syndicalisme et l’émancipation des femmes. Il a derrière lui un long passé d’activiste. 

J’ai senti que la libération animale était l’extension logique de ce qui avait été toute ma vie, dira-t-il, l’identification aux impuissants et aux vulnérables, aux victimes et aux dominés.

Pour lancer ce mouvement qui deviendra bientôt l’Animal Rights international (ARI) et l’estampillage officiel sur ses courriers, il lui faut une victoire et vite. Quelque chose de concret. Ses recherches lui apprennent qu’au cinquième étage du très populaire Museum d’histoire naturelle où se pressent chaque jour des familles ravies de découvrir les dinosaures, se déroulent d’étranges expérimentations sur le comportement sexuel du chat. Les cobayes subissent des mutilations à vif au nom d’absurdes questionnements.

Apprendre qu’on étudie la fréquence moyenne des coïts de félin énuclées ou rendus infirmes après sectionnement des nerfs dans les organes sexuels ; savoir qu’on observe dans le noir un chat avec des lésions au cerveau en présence d’une lapine pour voir s’il va la grimper ou pas est pour le moins effrayant. Menées par un chercheur nommé Lester Aronson, financées par des fonds publics, les expériences sont d’une grande cruauté. Henry Spira n’aura pas de mal à faire naître un immense mouvement de protestation autour de ces "observations comportementales" qui s’apparentent à de la torture légale.

"Mutiler des chats pour étudier le sexe : qu’est-ce qu’on s’amuse !"

Sa première campagne dure une année. Elle est relayée par une presse incisive comme le "Chicago Sun" qui titre : "Mutiler des chats pour étudier le sexe : qu’est-ce qu’on s’amuse !"  En 1976, "Science", la plus prestigieuse des revues scientifiques américaines, offre un soutien inattendu à Spira en le présentant comme un homme droit et dénué de tout fanatisme. "Science" n’accorde par ailleurs aucun crédit aux travaux d’Aronson. Et surtout, c’est la première fois qu’une publication scientifique traite avec respect ceux qui s’opposent aux expériences sur les animaux. L’avancée est considérable. L’été 1977, le Museum, en état de siège sous un déluge de réclamations, stoppe ces expérimentations et s’engage à étudier les animaux dans leur milieu naturel. On apprendra des années plus tard que Lester Aronson avait pris l’habitude de donner aux chats mutilés le nom d’une personnalité de l’establishment scientifique américain.

Après ce triomphe qui l’a fait connaître, Henry Spira va faire abolir une loi de santé publique, le Metcalf-Hatch Act, laquelle autorise les scientifiques à prendre chiens et chats dans les fourrières et refuges publics pour leurs expérimentations - les chercheurs peuvent ainsi obtenir un animal pour 5 dollars contre 200 s’il est élevé spécifiquement pour le laboratoire. Les associations de défense des animaux essayent depuis vingt ans de faire abroger cette loi inique (les animaux sont dans des refuges et de nombreux particuliers font des dons pour qu’il en soit ainsi). Leur combat sans éclat est devenu le symbole suprême de l’impuissance des mouvements pour le bien-être animal. En France, à la même époque, les ricaneurs ricanent : Brigitte Bardot défend les bébés phoques dépecés vivants sur les banquises pour leur blanche fourrure.

Animal Rights International passe alliance avec toutes les associations de défense animale, les associations font pression sur le Sénat, les journalistes relayent, le Metcalf-Hatch Act est aboli. Chaque campagne devant servir de tremplin pour un bond en avant plus spectaculaire encore, Henry Spira s’attaque au test de Draize, utilisé par l’industrie pour évaluer, dans les yeux de lapins immobilisés dans des rails de contention, la dangerosité de produits susceptibles de toucher un œil humain - c’est-à-dire à peu près tous.  

"Aveuglez des lapins pour produire un nouveau mascara"

Cette fois encore, Henry Spira a fédéré autour de cet objectif tous les militants - quatre cents associations et fondations, et continue d’agir selon son modus operandi. Ne pas demander ce qui n’est pas réaliste, en l’occurrence l’arrêt immédiat du test de Draize. Ne pas attaquer frontalement l’adversaire. Trouver un accord, dialoguer. Il va solliciter l’industrie cosmétique, toute désignée pour sa dimension frivole. Il est certain que peu de gens diront : "Allez-y, aveuglez des lapins pour produire un nouveau mascara."  

Revlon a vendu pour un milliard de dollars en 1978. C'est la toute première cible. Ce que Henry Spira veut, c’est amener la multinationale à financer la recherche pour l’émergence de tests alternatifs, sans animaux, à savoir l’étude de cellules ou de tissus développés en laboratoire. Le lapin n’est bien sûr pas l’animal de compagnie qui dort au pied du lit (bien qu’il soit facilement apprivoisable et très affectueux), mais ce qu’Henry Spira veut faire admettre par cette campagne, c’est que le critère central est la propension de l’animal à ressentir la douleur. Il demande à Revlon de verser un centième d’un pour cent de son revenu brut - 170.000 dollars par an - pour ces recherches. Ce qu’il a déjà en tête, c’est d’entraîner ensuite les industriels de la pharmacie, ceux des pesticides et des produits domestiques dans cette révolution. Comme toujours, il prend soin de ne pas diaboliser l’adversaire.

La campagne démarre en 1978. Henry achète une action de Revlon pour se rendre à l’assemblée générale et interpeller le PDG. Il n’obtiendra aucune réponse pendant deux ans malgré des sollicitations réitérées. Une affiche conçue par Mark Graham, figure de la publicité venue proposer gracieusement son aide et publiée en pleine page du "New York Times", le 15 avril 1980, débloque la situation. On y voit un lapin blanc rendu aveugle par l’expérimentation, deux tubes à essai et cette question aux lecteurs : "How many rabbits does Revlon blind for beauty’s sake?"

La réaction du public est houleuse, sans équivoque. Des voix s’élèvent pour demander qu’on injecte au moins à Bugs Bunny un antidouleur avant de le martyriser. Une autre firme entre alors en scène : Avon, pour annoncer la fin des appareils de contention, l’usage d’anesthésiant et la dilution des produits testés. Puis la Fédération des entreprises cosmétiques, puissant lobby, déclare qu’il faut financer, désormais, la recherche de substitution.

"A fait ce qu’il a pu pour faire bouger les choses"

En 1981 survient un autre petit miracle : le magazine "Lab animal" publie un grand entretien avec Henry qui fera date car il libère la parole au sein de l’industrie des animaux de laboratoire. Les salariés se disent très attachés aux cobayes même aux souris, mais sans se sentir autorisés à donner leur avis et demander qu’on ne leur fasse pas de mal. Le débat s’est poursuivi dans ce journal professionnel pendant seize ans. Souffrance physique et psychique des animaux d’un côté, souffrance éthique de certains salariés de l’autre.

La manifestation qui se déroule cette année-là devant le siège de Revlon sur l’un des carrefours les plus courus de New York avec le Plazza Hôtel en arrière-fond est entrée dans l’histoire. Tout ce que la capitale compte de journalistes scientifiques est parmi les manifestants à sonder leurs motivations. Revlon annonce qu’elle va investir dans la recherche de substitut et financer des chercheurs de la Rockefeller University. Au jour de la remise du premier chèque au doyen d’université, le P.-D.G. de la firme appelle toutes les entreprises de produits cosmétiques à faire de même : Bristol-Myers, Elizabeth Arden, Gillette, Johnson & Johnson, Estée Lauder, L'Oreal, Max factor, Maybelline, Noxell, Procter &Gamble.  

Le succès va au-delà des rêves les plus fous des activistes qui observent Revlon se réformer à grand bruit : mise en place d’un comité chargé de vérifier qu’aucun test n’est lancé sans raison valable, utilisation systématique d’un anesthésiant. Le nombre de lapins utilisés passe de 2210 en 1979 à 1431 en 1981. Grâce à Henry Spira, la recherche de substituts cesse de faire figure de lubie d’antivivisectionniste pour devenir un projet sérieux, soutenu par une entreprise multimilliardaire et associée à l’une des institutions de recherche médicale les plus nobles. En 1989, Noxell est la première entreprise à remplacer le test de Draize par un test sur des tissus cultivés en laboratoire.

Bien d’autres succès suivront, racontés par le menu et Peter Singer, de l’élevage amélioré des poules à l’abolition en 1994 du marquage au fer rouge sur le visage des vaches. Un jour, un journaliste du "New York Times" a demandé à Henry Spira quelle épitaphe il verrait bien sûr sa tombe à l’occasion. "A fait ce qu’il a pu pour faire bouger les choses", a-t-il répondu. Les choses ont si bien bougé qu’un label "Cruaulty Free" désigne aujourd’hui les enseignes qui commercialisent mascara et parfums sans test préalables sur l’animal. 
Par Anne Crignon

Théorie du tube de dentifricepar Peter Singer, traduit par Anatole Pons, Editions de la Goutte d’or, 332 p., 18 euros.


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2 scénarii, mais un seul souhaitable, pour clarifier le droit des animaux en France

En droit français, l’animal est reconnu comme vivant et sensible mais traité comme un simple meuble. Voici deux façons de résoudre ce paradoxe.

Le droit serait-il schizophrène ? Comment peut-on être une chose et son contraire ? Comment est-il possible d'être à la fois objet et sujet ? Ce sont les questions qui se posent lorsqu'on analyse la manière dont le droit français appréhende l'animal.

La loi n°2015-177 du 16 février 2015 définit les animaux comme des "êtres vivants doués de sensibilité" tout en les soumettant, "sous réserve des lois qui les protègent" au régime des biens. En d'autres termes, juridiquement, l'animal, pourtant reconnu comme vivant et sensible, est traité d'une certaine manière comme un simple meuble. C'est là une contradiction du droit des plus surprenantes : l'animal est à la fois sujet et objet. Bien évidemment, ce statu quo est intenable et il conviendra d'y remédier dans les meilleurs délais.

Comment résoudre cet insoutenable paradoxe ? Comment rendre au droit sa cohérence ?
Deux scénarii sont envisageables mais un seul est souhaitable.

Première possibilité

Le Législateur ferait un retour en arrière et replacerait l'animal, de nouveau soustrait des "êtres vivants", sensibles qui plus est (sentient beings), parmi les choses. Cette hypothèse n'est pas impossible mais elle n'aurait tout simplement aucun sens.

D'abord, elle s'inscrirait à l'inverse d'une dynamique internationale et européenne. En effet, progressivement, les animaux ne sont plus considérés comme des choses. C'est déjà le cas en Autriche, en Allemagne ou encore en Suisse. Les modifications apportées dans ces codes civils ne sont pas restées isolées. A un rythme plus ou moins rapide, les Constitutions de ces trois pays ont été modifiées pour intégrer (et donc élever) la protection des animaux au plus haut niveau du droit. Il y a là un mouvement notable que le droit français ne peut ignorer.

Ensuite, les études scientifiques insistent chaque jour davantage sur la sensibilité des animaux. La vieille conception de l'animal-machine, héritée pour une large partie de Descartes, appartient désormais au passé. Il ne fait aujourd'hui plus aucun doute sur le fait que les animaux éprouvent de la douleur et du plaisir et qu'ils sont capables pour certains d'entre eux de raisonner bien au-delà de ce qu'on aurait pu imaginer. La Déclaration de Cambridge du 7 juillet 2012, proclamée par des scientifiques de multiples horizons, dont le célèbre Stephen Hawking, est édifiante :

"Des données convergentes indiquent que les animaux non-humains possèdent les substrats neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients, ainsi que la capacité de se livrer à des comportements intentionnels. Par conséquent, la force des preuves nous amène à conclure que les humains ne sont pas les seuls à posséder les substrats neurologiques de la conscience. Des animaux non-humains (...) possèdent également ces substrats neurologiques."

On comprend, dans ces conditions, pourquoi le bien-être animal devient (au minimum) une exigence de plus en plus forte ; l'adoption récente par le gouvernement wallon du nouveau Code du bien-être animal le prouve encore, si besoin est. La France s'inscrirait donc à rebours de toutes ces évidences si elle venait à dénier la qualité d'êtres vivants sensibles aux animaux. Ce scénario, aussi éventuel soit-il, n'emporte aucunement les suffrages de ceux qui cherchent à mettre le droit en conformité avec le vrai et le juste.

Deuxième possibilité

Afin d'assurer au droit cohérence et stabilité, l'animal, déjà extrait de la catégorie des choses en droit français, pourrait entrer dans une catégorie, nouvellement créée, de "personne non-humaine" (non-human person).

Notre droit en effet est fondé sur la distinction personnes / biens (la summa divisio)La personne, juridiquement, renvoie à un masque. Actuellement, il existe, d'une part, les personnes physiques (humaines) et, d'autre part, les personnes morales (entreprises, associations, fondations, etc...). L'idée serait donc de crée en droit français une nouvelle catégorie apte à réceptionner les animaux : celle de la personne (physique) non-humaine. Là-dessus, il serait proposé un régime particulier, prenant en compte les spécificités animales. Les animaux bénéficieraient ainsi d'un droit qui leur serait propre, différent de celui des personnes humaines.

On retrouve ailleurs dans le monde cette notion de personne non-humaine. Depuis 2013, les dauphins sont considérés de cette manière en Inde. En 2014, en Argentine, un juge a reconnu, de façon incidente, la qualité de personne non-humaine à une femelle orang-outan, Sandra. Mieux : en 2016, toujours en Argentine, une femelle chimpanzé, Cécilia, est déclarée "sujet de droit non-humain" et cette fois, la décision a une portée contraignante. En 2017, en Colombie, dans l'affaire de l'ours Chucho, la Cour suprême a affirmé que tous les animaux devaient être ainsi considérés.
La catégorie de "personne non-humaine" paraît donc pertinente parce que premièrement, elle ne bouleverse pas les fondements du droit français qui resterait articulé sur la distinction personnes / biens et deuxièmement, elle renvoie à une dynamique internationale. Il s'agirait uniquement de faire basculer définitivement les animaux du côté des personnes (non-humaines) pour mettre fin à la schizophrénie du droit qui consiste à les poser, d'un côté, comme des êtres vivants et, de l'autre, à les traiter comme des choses.

Dans cette perspective, on pourrait doter les animaux d'une personnalité juridique. Puisque celle-ci bénéficie déjà aux personnes physiques humaines et aux personnes morales, on voit mal pourquoi les animaux, êtres vivants, désormais reconnus comme des personnes non-humaines, ne pourraient pas en être dotés. Notre droit aime associer des catégories à des régimes particuliers. A la nouvelle catégorie de personne non-humaine répondrait donc le régime spécifique des personnes non-humaines. C'est en ce sens qu'ira la future proposition de loi que s'est engagée à porter Madame la Députée Valérie Gomez-Bassac (6e circonscription du Var) qui permettrait au droit français de trouver sa cohérence en matière de droit des animaux.

De ce point de vue, pour reprendre le titre d'une intervention de Monsieur Cédric Riot, Maître de conférences des Universités, lors d'un colloque qui s'est tenu sur cette thématique (Faculté de droit de Toulon - 29 mars 2018), la personnalité juridique de l'animal, "carence d'aujourd'hui", serait une véritable "force de demain". Tel serait le remède pour sortir le droit de cette schizophrénie qui nuit à son équilibre interne.

* Maître de conférences à la Faculté de droit de l'Université de Toulon, spécialiste en droit des animaux