Article paru dans : Agoravox
Ces panislamistes et leurs pendants panarabistes, veulent inculquer leurs complexes aux Tunisiens, comme le fait le FLN avec les Algériens; à dessein, parce qu'ils n'ont pas de programme pour leur pays, sinon ruminer le passé colonial et le ressasser à l'envi, pour imputer tous leurs échecs à la France !
Ils veulent abandonner le français pour tout arabiser, comme s'ils n'ont pas tiré de leçon de l'expérience algérienne, en ce domaine ! Ghannouchi poussant le ridicule jusqu'à vouloir apprendre le turc aux petits Tunisiens à la place du français, trahissant son allégeance à Erdogan auquel il veut abandonner la souveraineté de la Tunisie pour la soumettre au nouveau sultan ottoman, comme se rêve le Frère musulman turc ! Autrement dit, il veut ramener la Tunisie au statut de colonisée.
C'est pourquoi il ne faut pas tomber dans le piège de ces complexés de l'histoire. Il faut refuser de jouer la repentance qui cache leur incompétence !
Rachid Barnat
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La France, l'Algérie et l'histoire.
Le Président Macron est intervenu à plusieurs reprises, sur la question de la mémoire entre l’Algérie et la France; et à chaque fois, il a créé une polémique. Quand il a évoqué un crime contre l’humanité, expression sur laquelle il est revenu, lorsque s’adressant à un jeune Algérien, il lui a demandé de regarder plutôt l’avenir, lorsqu’il a fait la lumière sur la disparition de Maurice Audin et, en ce moment encore, à l’occasion de la sortie du rapport de M. Benjamin Stora à qui il a demandé de réfléchir sur les voies et les moyens d’apaiser les visions de l’histoire entre les Algériens et la France !
C’est peu dire, que le rapport déposé, que certains n’ont pas lu en entier, a entrainé des positions tranchées et opposées : du côté Algérien il y a eu, très vite une sorte de bronca car le rapport a été résumé, un peu vite par l’Elysée lui-même, par la formule « pas de repentance ». Les journaux algériens dans leur majorité ont trouvé le rapport sans intérêt, le puissant Ministère des Moujahidin a fait savoir qu’il condamnait ce rapport et sur les réseaux sociaux beaucoup d’Algériens, jeunes et moins jeunes, étaient tous à peu près sur le thème : « les souffrances subies, n’ont pas été suffisamment prises en compte.»
De l’autre côté en France, beaucoup de catégories ont également été hostiles à ce rapport. Les enfants de Harkis (au moins une partie d’entre eux) n’ont pas eu de mots assez durs pour souligner que leur situation n’avait pas été prise sérieusement en compte. Les pieds noirs ont été divisés et, dans l’ensemble, ont considéré les propositions de M. Stora comme de l’eau tiède !
Face à cette réception, il faut se questionner.
Je dirai d’abord que la démarche de M. Macron a, au moins, un mérité important à mes yeux, celui d’évoquer la question, de contraindre chacun à se poser des questions, à regarder l’histoire.
Je pense ensuite que ce que l’on pourrait appeler « la modération » du rapport Stora est, en réalité une sagesse et même une grande sagesse, car il est absolument clair que des positions plus tranchées dans un sens ou un autre aurait entrainé encore plus de passion, les feux n’étant pas éteints et n’aurait donc été d’aucun secours; alors que tel qu’il se présente, même s’il mécontente certains, il fait avancer le débat, s’ouvrir le dialogue et c’est déjà beaucoup.
Maintenant puisque le débat est ouvert, je vais donner aussi mon point de vue.
Dans un texte de mon blog j’avais déjà fait l’analyse de ce mouvement qui consiste à refaire l’histoire et à « déboulonner les statues » et j’avais rappelé que l’histoire des hommes a de tous temps été tragique et qu’elle le sera, probablement encore dans l’avenir mais que l’histoire, c’est-à-dire ce qui est advenu est un fait et que personne n’a le pouvoir de faire que ce qui a été soit éliminé. L’histoire doit être étudiée, connue et enseignée et ce travail des historiens est capital mais que, par contre l’histoire n’a pas à être instrumentalisée, utilisée à des fins de politique intérieure ou extérieure. L’histoire est tragique et est jalonnée de crimes, de fautes, de décisions aberrantes et ceux qui ne veulent voir que la beauté, les œuvres magnifiques, les actes de bravoure et de générosité - et il y en a - ne voient qu’un côté de l’histoire complexe des hommes.
Cela dit, l’histoire a été; et nul n’a le pouvoir de refaire ce qui a été fait.
Dés lors que cela a existé, la première exigence est de savoir, de connaître sans faux fuyant la réalité; et cela, seuls les historiens peuvent le faire avec précision et si possible sans passion, car les peuples mêlés à l’histoire en épousent, pendant un certain temps, les passions et les erreurs.
Utiliser l’histoire, l’instrumentaliser pour gérer le présent, est une grave erreur; et tous ceux qui accaparent l’histoire pour demander des comptes et se donner un statut, commettent un contre sens, s’adressent non à la connaissance mais à la passion politique et dès lors dénaturent l’histoire.
Ils font de l’histoire réduite dans sa complexité, une arme politique.
Voilà les raisons profondes pour lesquelles je suis absolument hostile aux lois mémorielles, à la repentance et que je milite, au contraire pour un développement de la recherche historique et son enseignement.
Vouloir effacer les signes de crimes commis dans le passé, c’est avoir une attitude simpliste et vouloir, en réalité, ne plus voir le passé et croire que ne le voyant plus, il disparaîtra.
Or, c’est ce qui est arrivé depuis toujours pour l’histoire des rapports de la France et de l’Algérie.
En France, elle a été instrumentalisée par les politiques et elle a servi de clivage entre la droite (surtout l’extrême droite) et le reste. En Algérie c’est encore plus flagrant. Le pouvoir, issu du FLN, a utilisé l’attitude de la France, son histoire en Algérie, comme un outil de politique, outil qu’il sortait dès qu’il était en difficulté soit à l’intérieur soit à l’extérieur.
Je dirai que plus grave encore, il a bâti sa politique et l’avenir de ce pays sur le passé, la gloire des martyrs, le ressassement des responsabilités de la France, oubliant de regarder et de bâtir l’avenir; et oubliant, au passage des pans entier de son histoire et des crimes commis, y compris contre une partie de sa population.
Il va de soi que lorsque l’on a ainsi instrumentalisé l’histoire, occulté une partie de celle-ci, on a du mal à être dans la nuance et à regarder plutôt l’avenir que le passé.
Je suis donc assez pessimiste sur l’évolution des choses en ce domaine. Je pense que même si quelques progrès seront faits, il faudra encore attendre que s’éteignent les derniers feux et que se lève en Algérie une autre forme de pouvoir, plus orienté vers le futur que vers le ressassement inlassable du passé.
La France et l’Algérie n’ont pas su, en raison des passions, mettre en place ces mécanismes qui, en Afrique du Sud par exemple, ont permis, tout en mettant l’histoire à jour, de regarder ensemble vers l’avenir.
Je rajoute que j'ai lu avec consternation la pétition qui circule sur une des propositions du rapport concernant l'édification d'une statue et d'un hommage à l'Emir Abdelkader! C'est d'une bêtise absolue car au lieu de se réjouir que soit honoré cet homme illustre et qui donne des leçons à notre temps, voilà que l'on s'y oppose! Avec de tels comportements il est vrai que l'on ira pas très loin.
En conclusion, je dirai que la politique des « petits pas » est, ici, la bonne politique et que l’essentiel est que le dialogue se noue, sans arrière-pensée, avec la volonté de construire un meilleur avenir, le passé étant là de façon irrémédiable, loin des rentiers de l'histoire des deux côtés de la méditerranée.


