samedi 17 novembre 2012

LES DÉRIVES DE L'ISLAM DE FRANCE


Ou quand les français découvrent l'islamisme et le wahhabisme qui le fonde !

Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
Albert CAMUS





Article paru dans : Express Yourself 


Il aura fallut un drame comme celui de Toulouse et de Montauban où le jeune islamiste  Mohamed Mehra a tué 5 personnes dont un père et ses deux enfants de confession juive pour que les Français réalisent que le wahhabisme gagne aussi la France avec son cortège de violence, producteur de terroristes. 
Et récemment une vidéo enregistrée à l’insu de sa sœur Souad pour réaliser l’emprise du wahhabisme sur une famille déboussolée, pour que cette femme accepte de porter la burqa et fasse l’éloge du terrorisme justifiant celui de son frère et celui qui l’inspirait : Ben Laden !

Comment le wahhabisme, obédience la plus obscurantiste et la plus dangereuse en islam, a-t-il pu s’installer en France ?

Nous savons que l’histoire de l’islam de France est liée à celle de ses anciennes colonies. Les populations de confession musulmane faisant partie de l’empire coloniale français, sont dans leur majorité, situées en Afrique du Nord mais aussi en Afrique  subsaharienne. Or ces populations pratiquent dans leur immense majorité, un islam pacifique, ouvert et tolérant, conformément à l’obédience malékite voir fortement imprégné de soufisme. Faut-il rappeler que l’émir Abdel Kader lui-même était adepte du soufisme.

Cet islam a été importé en métropole par les indigènes des colonies que la France a enrôlés de manière massive durant les deux guerres mondiales pour défendre la mère patrie et ensuite par ceux qui furent appelés pour aider à sa reconstitution. Certains sont restés en France et d’autres les rejoindront avant l’indépendance de leur pays. 

Et depuis la fin de la guerre, la France fera appel aux travailleurs immigrés en provenance de ses colonies pour le développement économique du pays. Mouvement migratoire qui se poursuivra bien après la fin de la colonisation et l’accession à l’indépendance de la plus part de ses anciennes colonies, au delà des trente glorieuses

Jamais les immigrés de France en provenance de ses anciennes colonies n’ont posé à leur pays d’accueil, de problème identitaire lié à leur confession. Et jamais leur islam qui est l’islam de France de fait, n’a posé lui non plus de problème aux Français. Toutes les communautés des différentes confessions admettant la laïcité, vivaient en harmonies les unes avec les autres. 

Même durant les luttes pour leur indépendance, les leaders des mouvements indépendantistes n’ont pas instrumentalisé la religion à la manière des islamistes. S’ils l’ont fait, c’était pour revendiquer leur identité "arabo-musulmane" face à un colonisateur qui leur refusait l’identité française, leur imposant le statut d’indigénat ; notamment en l’Algérie. 
Les responsables de ce refus, sont les colons eux-mêmes qui craignaient que les indigènes devenant égaux en droit avec eux, ne leur réclament la restitution de leurs biens confisqués par l’administration française; mais aussi les hommes politiques en métropole qui craignaient un raz de marée de parlementaires indigènes au palais Bourbon, avec le cauchemar qu’un musulman puisse devenir président de la république française ! 
Ce qui n’a pas empêché ces mêmes hommes politiques d’adopter le décret Crémieux en 1870 qui accordait la nationalité française aux indigènes algériens de confession juive. 

La plus part de ces leaders indépendantistes, comprenaient même la nécessité de la laïcité, pour permettre à leur peuple de sortir du moyen-âge où le système politico-religieux califal, figé, les maintenait depuis des siècles dans un retard qui les a rendus colonisables. 

Bourguiba convaincu par la laïcité née du siècle des Lumières, fera faire à son peuple un grand pas en avant dans cette voie, conformément toujours à sa politique des étapes « sia’sit el mara’hel », espérant à terme instaurer totalement la laïcité. 

Ainsi, pour revenir à la France, l’islam de France a toujours été dominé par le malékisme voir le soufisme : deux obédiences pacifistes, d’ouverture et de tolérance. Mais alors comment le wahhabisme a-t-il pu arriver en Europe et plus particulièrement en France ? 

Deux occasions vont favoriser la propagation du wahhabisme par les Ibn Saoud d’Arabie : 

La guerre d'Afghanistan, pour laquelle les américains laisseront les Ibn Saoud propager ce qui va devenir le péril vert (le wahhabisme), pour neutraliser le péril rouge (le communisme) leur grande hantise ! 
Ainsi des tribus pakistanaises et afghanes adeptes jusque-là du hanafisme, l'école la plus libérale, vont basculer dés 1977 vers le hanbalisme, dans sa version la plus rigoureuse et la plus radicale de toutes les obédiences musulmanes, c'est à dire le wahhabisme saoudien ; pour devenir des pays exportateurs de terroristes. Et ce, avec la bénédiction des américains dont l’unique obsession est de contrer l’avancée du communisme. 

Les américains ignoraient-ils à ce point le péril vert qu’ils soutiendront pour stopper le péril rouge ? Faut-il rappeler qu’ils ont armé et soutenu Oussama Ben Laden originaire d’Arabie et adepte du wahhabisme, pour débouter les soviétiques hors d’Afghanistan ?

La chute du mur de Berlin, signant la fin de l’utopie communiste, sera une aubaine pour les Ibn Saoud de conversion massive au wahhabisme de peuples soumis au joug du communisme soviétique qui leur imposait l’athéisme. 
Ce sera le point de départ d’une conversion qui va toucher tous les continents : aussi bien l’Amérique, que l’Afrique mais aussi l’Europe aussi bien centrale qu’occidentale. Notamment auprès des jeunes en quête d’identité. 

Or en Europe et plus particulièrement en France adepte de l’intégration de ses immigrés, le système "intégratoire" semble s’être essoufflé depuis les années 60, et la situation va s’aggraver et se détériorer en raison de deux phénomènes :

- Tout d’abord, la seconde et la troisième génération des musulmans de France, enfants de ceux qui immigrèrent, Français par leur naissance en France, ont été pour diverses raisons économiques et sociales (chômage, ghetto des villes, enseignement mal réussi) marginalisés et en ont conçu une hostilité à l’égard de la France qui n’a pas fait ce qu’il fallait pour les intégrer (l’échec de l'intégration est patent) et ont ressenti le besoin de retrouver leurs racines. Malheureusement, issus de familles défavorisées pour la plupart, ils n’ont pas reçu d’enseignement sur leur culture ni sur leur religion véritable ; ce qui en fait des proies faciles pour les prédicateurs souvent étrangers (d’Arabie et du Qatar).

- Le deuxième phénomène est le prosélytisme que n’ont cessé de faire les Ibn Saoud d'Arabie pour leur wahhabisme. Pour cela ils vont développer et multiplier les chaines de télévisions paraboliques ainsi que les émissions religieuses confiées aux prédicateurs les plus en vogue. Mais aussi ils vont occuper les banlieues délaissées par le pouvoir en place, propices au prosélytisme du wahhabisme parmi des populations pauvres, incultes ignorant tout de l’obédience de leurs parents, qui sont dans leur majorité des malékites ! 

Or le wahhabisme est spécifique d’Arabie et des pays du Golfe, pays qui ne faisaient pas partie de l’empire colonial français !

L’Arabie étant le berceau du wahhabisme, son expansion s’est restreinte au Moyen Orient, puisque l’immense majorité des pays musulmans d’Afrique à obédience malékite, le rejetteront. C’est ce que répondra le Bey de Tunisie dans sa lettre à Mohamed Abdel Wahhab, qu’il n’a rien à apprendre aux Tunisiens, après que les oulémas de la Zitouna aient jugé son obédience obscurantiste, rétrograde et violente ! 

Mais l’occasion est trop belle pour les Ibn Saoud de concrétiser le deal qui unissait leur tribu à celle de l’imam Mohamed Abdel Wahhab : propager le wahhabisme ! 

Insidieusement mais surement avec les complicités des pouvoir en place, les Ibn Saoud vont financer les lieux de culte, les centres culturels « musulmans », des écoles coraniques, des medersas gratuites et des livres gratuits, en assurant leur animation par des imams formés en Arabie et en multipliant les « œuvres » caritatives islamiques, à fin d’assurer une emprise sur des populations fragiles par un endoctrinement quasi quotidien. 
Fort de leur implantation, le wahhabisme fera son chemin et la politisation des nouveaux adeptes, aussi. 

Ainsi les musulmans de France seront étonnés de découvrir ce « nouvel islam de France » et choqués par les réclamations incessantes des nouveaux convertis au wahhabisme, qui prônent la « visibilité » de leur foi, chose prohibée par le malékisme qui condamne l’ostentation dans la pratique de la foi. Et l’espace public sera envahi de signes religieux ostentatoires tels que : barbes, kamis, sceaux frontaux, voiles puis niqab, prières dans les rues … au grand dam des musulmans de France qui ne se reconnaissent pas dans ce « nouveau islam » d’importation saoudienne ! 

Ces nouveaux convertis au wahhabisme, bien que peu nombreux, ces activistes très vite vont prendre en otage l'Islam et les musulmans de France !

Sarkozy quand il était ministre de l’intérieur, a pensé bien faire d’organiser l’islam de France à la manière des autres religions : l’Eglise pour les catholiques, le Consistoire pour les juifs. 

Les musulmans de France n’étant pas organisés en « église », chacun pratiquant sa foi « directement » avec son dieu, Sarkozy se retournera vers ce qui semble « mieux » organisé, c'est-à-dire vers les Frères musulmans protégés de son "ami" l'émir du Qatar; dont le mouvement ne se cache pas d’être un mouvement « politico-religieux », autrement dit un parti politique qui instrumentalise ouvertement la religion ! 

Ainsi une minorité bien structurée et bien financée par l’ « étranger » (Arabie, Qatar…) va par son action vindicative et ostentatoire s’imposer comme représentant de l’Islam de France ! C’est elle qui sera à l’origine des conversions à l’islam (wahhabite bien évidemment) de nombreux jeunes Français de confession chrétienne mais marginalisés, pour en faire leur porte drapeau et leur porte parole auprès des autorités françaises. 

Si les Ibn Saoud étaient les « amis » de Chirac qui leur accordera la construction illégale d’un somptueux palais sur un littoral, protégé de surcroît;  Sarkozy va s’enticher de leur rival : l'émir du Qatar pour en devenir l’ « ami ». Il est plus que probable que l’un et l’autre ont fermé les yeux sur les agissements de ces pétro-monarques en France, les laissant propager le wahhabisme contre des « aides substantielles » ; entre autres pour leurs campagnes électorales; puis pour faire tourner l'industrie des armements, avions militaires, entre autres, que les pétromonarques achètent à la France, pratiquant la politique du "chéquier" contre l'exportation en France de leur wahhabisme. 

Autrement qui pourrait croire que les services secrets de l’Etat Français ou les conseillers des ministres de l’Intérieur, « ignoraient » l’invasion de la France par le wahhabisme qui lui était complètement étranger historiquement; et qu’ils n’aient pas mis en garde les responsables politiques contre sa dangerosité ? 

Ainsi les Français découvrent ce qu’est le wahhabisme, comme les Américains ont découvert le 11 septembre 2001 et son horreur avec la destruction des twin towers. Alors qu’ils ont toujours fermé les yeux sur le régime des Ibn Saoud depuis le pacte du Quincy qui lie cette monarchie aux EU : « pétrole contre sécurité » ; les laissant propager un islam obscurantiste et dangereux, allant jusqu’à les soutenir pour faire front au communisme, leur bête noire de toujours ! 

Où sont les limites de la « real politik » pour l’Occident ? 

Sarkozy semble avoir découvert, à l’occasion de l’affaire Mehra, le "salafisme violent" ! Si l’on peut dire : « mieux vaut tard que jamais », il n’en demeure pas moins qu’il a été à l’origine du développement de ces tendances salafistes avec lesquelles il a pactisé pour organiser l’Islam de France, notamment avec l’UOIF, un repaire pour "Frères musulmans"; ouvrant ainsi la France au wahhabisme de son "ami" l'émir du Qatar, sponsor du PSG mais aussi des Frères musulmans !
Voilà qu’aujourd’hui il interdit la venue en France de prédicateurs salafistes invités par cette organisation et écrit une très belle lettre à l’UOIF pour lui rappeler les valeurs de la France.
Pourtant ils sont déjà venus officier en France, prêchant la haine et la violence contre les mécréants, dont les Occidentaux. Pourquoi ne les découvre-t-il que maintenant ?
Peut-on sérieusement penser qu’il ignorait les tendances et les possibles dérives de cette organisation lorsqu’il l’a reconnue et lui a permis de se développer en France ? 

Quelle belle hypocrisie ! Quel opportunisme. Sarkozy exploiterait-il son "irresponsabilité" à des fins électoralistes ? Il faut rappeler que c'est lui en tant que ministre de l'Intérieur qui a favorisé et admis qu'une bande de Frères musulmans représente tous les musulmans de France. Était-ce pour faire plaisir à son  ami, l'émir du Qatar ? Car il faut rappeler ce que sont les musulmans de France. Dans leur immense majorité, se sont des Nord-Africains connus pour leur obédience MALÉKITE ! Quand aux musulmans noirs africains, leur pratique est imprégnée de SOUFISME.
Et dire que Sarkozy laisserait à l'émir du Qatar le soin de s'occuper des banlieues défavorisées de France ! 

Comment Sarkozy, ou du moins ses conseillers, pouvaient-ils ignorer à ce point la nature de l'islam de France pour permettre l'importation de ce qu'il y a de pire : le wahhabisme ? Alors que l’histoire coloniale de la France n’a rien à voir avec les pays du Golfe et encore moins avec l’Arabie, berceau du wahhabisme ! 
Est-ce là la realpolitik de Sarkozy ? A moins que sciemment dans un but électoraliste, il ait favorisé l'islamisme pour mieux exaspérer les Français et récupérer les électeurs du Front National qui fait de l'islamophobie son fonds de commerce ! Si c’est le cas, il est machiavélique. 

Il est grand temps que les musulmans de France ne soient plus les otages d’un islamisme qui les choque et qui leur fait du tort en même temps. Car l’amalgame est très vite fait entre Islam et islamisme par une majorité de Français qui n’en saisissent pas les différences. Mais pour cela, il faut que les hommes politiques eux-mêmes, cessent de jouer aux apprentis sorcier en laissant se développer en France au nom de la démocratie, ce que tous les experts savent comme nuisible et dangereux, au nom de je ne sais quelle amitié ou quels intérêts ! 

C’est curieux que Sarkozy crie au feu alors que c’est lui qui l’a allumé par pur calcul électoraliste. Heureusement qu’il soit parti.

Il semble que François Hollande veuille remettre la République sur les rails, et son ministre de l’Intérieur Manuel Valls est plus que jamais décidé à faire respecter la laïcité, tant malmenée par les gouvernements successifs, depuis Giscard d'Estaing qui a ouvert la brèche dans cet acquis républicain !
Mais par ailleurs il semble tomber dans le piège du paradoxe qatari quand il fait l'éloge de son ami l’émir et admet qu’il finance la réhabilitation de certaines banlieues françaises ! 
Est-ce le début d'un colonialisme à l'envers ?

La real politik a ses limites : la sécurité des peuples. Il est clair que les Français se "réveillent" et exigeront maintenant de leurs hommes politiques de tous bord, qu'ils ne tolèrent plus les agissements de cet islam obscurantiste et combattront son expansion en France en fermant écoles coraniques, mosquées et centres "culturels/cultuels" qui diffusent le wahhabisme. 

Rachid Barnat

jeudi 15 novembre 2012

Le CV de Ghannouchi, ou l’autre GHANNOUCHI !

Ou le parcours d'un Frère musulman. 
Curriculum-vitae de celui qui fait la pluie et le beau temps en Tunisie, avec la bénédiction des américains; qui après l'avoir déclaré terroriste, ont fini par l'enrôler pour diffuser le wahhabisme plus conforme à leurs intérêts ! Et que son sponsor l'émir du Qatar va installer au pouvoir après en avoir chassé ZABA, à la faveur de la fumeuse "révolution du printemps arabe". Et qui s'est autoproclamé Cheikh, auquel ses sympathisants donnent du "radhia Allahou 'anhou" et lui chantent "talaa al badrou alayna" ... titre, formule et chant, réservés exclusivement au prophète Mouhammad !
R.B
Amin Maalouf à propos des islamistes : 
" ils croient que leur religion, les dispense d'avoir une morale " !
Turkey Islamic Justice and Development: Al-Arabiya deletes story ...
Réunion d'islamistes : au milieu Gulbudine hekmetyar, chef du parti islamiste afghan,
à sa droite, Ghannouchi et à sa gauche Erdogan.


De son vrai nom Farid Kherriji, devenu Rached Ghannouchi (pour des raison obscures, semble-t-il, pour échapper à la justice, compromis dans un viol d’une mineure), il naquit  le  à El Hamma dans le gouvernorat de Gabés, dans une famille pauvre avec un père extrêmement sévère d'obédience kherrijite proche du wahhabisme, d’où le nom de la famille.
Après le « koutab » (école coranique), il entra dans une école primaire traditionnelle de l’époque où l’enseignement se faisait en arabe uniquement.
Son certificat d’études primaires ne l’autorisa pas à entrer dans un lycée.
Il a fait 3 années d’étude à la « Zeitouna » pour obtenir un brevet « Attatwii » qui lui permit d’exercer comme instituteur d’arabe dans une école primaire à Gabés.

Parti à l’étranger après quelques années d’exercice, il a été au Caire où il essaya l’agronomie sans succès, puis à Damas ou il prétend avoir étudié la philosophie. Mais aucune trace de ces études ne vient confirmer ses dires, à ce jour.
Tout ce qu’on sait, c’est qu’il était approché par des islamistes radicaux de la mouvance des Frères musulmans.

Il partit en France en 1968 grâce à l’aide financière de personnes charitables, dans le but de poursuivre ses études.  Il commença  par des cours gratuits d’apprentissage de la langue française pour les étrangers à l'Alliance française sans succès. Il ne put y rester plus d’une année.
Il rentra au pays en 1969 où il a pu obtenir un poste de professeur dans le secondaire pour enseigner l’instruction civique et religieuse. A cette époque le baccalauréat n’était pas indispensable pour un tel poste. Ses collègues le jugeaient caractériel, aigri, frustre, pingre, difficile à fréquenter.

Il prépara dans la clandestinité son groupe en 1972 réunissant une vingtaine de clandestins à Mornag. Aucune information n’est fournie sur le financement ni sur son origine, pour les besoins du "groupe".
Deux ans plus tard, les intellectuels du groupe commencent à s'exprimer publiquement dans les pages du mensuel « Al-Maarifa » (le savoir), dont le premier numéro paraît en 1975.
Ces derniers, formèrent un groupe islamiste au début des années 1980, qui constituera la base du « Mouvement de la Tendance Islamique » (MTI) dont Ghannouchi était l’émir dés 1981 avec le statut de  « jihadiste », comme cela se pratique chez les néo-salafistes jihadistes. 

Roland Jacquard fait de Rached Ghannouchi un « inspirateur » d'actes violents commis au nom de l'islamisme qui refuse de se déclarer ouvertement : « Selon la plupart des services de renseignement occidentaux, ces prédicateurs, qui inspirent la conduite de la nébuleuse islamique, mais qui refusent de s'affirmer en tant que chefs, sont aujourd'hui au nombre de six : Omar Abdul Rahmane, Mohamed Hussein Fadlallah, Rached Ghannouchi, Gulbulddine Hekmatyar, Hassan Al-Tourabi et le mollah Omar ».

Il quitta le pays pour s’installer dans les régions les plus chaudes de la guérilla islamiste, surtout le Soudan où il devient émir et beau-frère du sinistre Hassan Al-Tourabi en épousant la sœur de celui-ci; et qui sera à l’origine de l’éclatement de son pays, entre Nord et Sud.
Il sera inscrit sur la liste des terroristes les plus recherchés dans le monde sous de multiples accusations, dont essentiellement celle de trafic d’armes.

Le mouvement fut alors rapidement la cible des autorités et Ghannouchi fut condamné à onze ans de prison (trois ans purgés) en 1981, puis condamné aux travaux forcés à perpétuité le 27 septembre 1987, pour les multiples assassinats et attentats à la bombe dans plusieurs régions de la Tunisie. Outre les bombes explosives artisanales, « Le mouvement » inventa les bombes à l’acide sulfurique et installa la terreur dans le pays. Parmi les victimes figurent des imams.

Professeur Chazli dément catégoriquement les bruits qui faisaient état de l’intervention de Bourguiba dans le procès et encore moins une tendancieuse information diffusée par Ben Ali prêtant à Bourguiba l’intention de le rejuger pour le condamner à mort. Cela servait la bonne cause du nouveau président dans son entreprise du coup d’Etat médical, réussi du 7 novembre 1987.
Le 8 novembre 1987 était la date prévue pour un autre coup d’Etat militaire celui-là, fomenté par Ghannouchi pour s’emparer du pouvoir. Confirmé par Salah Karker, l'un des hauts dirigeants d'Ennahdha, qui reconnaît que l'organisation avait commandé un coup d'État pour le 8 novembre 1987 en infiltrant l'armée : Le 8 novembre était aussi la date prévue pour limoger Ben Ali.

Ghannouchi  fut gracié par le nouveau président Zine el-Abidine Ben Ali le 14 mai 1988.
En remerciement, il lui exprima sa confiance dans une interview publiée le 17 juillet via le journal « Assabah ».
En contrepartie, il s’engagea à cesser ses activités terroristes en promettant que les islamistes n'infiltreront plus l'armée ni la police. Promesse qui ne sera pas tenue évidemment.

A la faveur de la guerre civile en Algérie, menée par les intégristes de même obédience wahhabite et bien financée, Rached Ghannouchi s'exila à Alger, muni d'un passeport diplomatique soudanais, tout en restant à la tête du mouvement.

En 1991, il s'installa à Acton, dans la banlieue ouest de Londres, Londres devenant la capitale des islamistes de tous poils, d’où il dirigea le mouvement de manière clandestine, soutenu par le Qatar.

A la même année, des actions terroristes ayant provoqué des morts,  notamment celle d’un gardien de nuit à Tunis, furent le prélude à une tentative de coup d’Etat déjoué. Il était question, semble-t-il, d’abattre l’avion personnel de ben Ali, par un missile.
À Tunis, le Tribunal militaire condamna Ghannouchi par contumace, le 28 août 1992, comme d'autres leaders du mouvement, à la détention à perpétuité pour complot contre le président.  
Il obtint alors le statut de réfugié politique des services de sa majesté, la reine d'Angleterre, en août 1993.

À la fin des années 1990, la direction connut des dissensions opposant Abdelfatah Mourou, cofondateur du mouvement et partisan de la normalisation, à Ghannouchi.

L'entrée de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, l'Égypte et le Liban, lui sont interdites. 
En mars 1995, il fut expulsé du territoire espagnol après avoir participé à Cordoue à une conférence sur le thème « L'Islam face à la modernité ».
Le Canada lui refusa le statut de réfugié politique.

À partir de 2005, Ghannouchi est de plus en plus ouvertement contesté au sein de son mouvement. Cette contestation met en opposition la ligne du chef d'Ennahdha, qui prône l'opposition frontale au régime de Ben Ali, à la ligne de la « réconciliation nationale » prônée aussi bien par une partie des troupes nahdhaouis que par des figures historiques du mouvement comme Mourou et Doulatli.

A la surprise générale, le régime de ben Ali tombe le 14 janvier 2011 grâce à une résistance populaire civile et sans coup d’Etat. Ceci ne manque pas de désarçonner l’adepte du coup d’Etat frontal.
Rached Ghannouchi rentre en Tunisie à la faveur d’une révolution à laquelle il n’a pas participée !  
C’est alors une nuée d’activistes expatriés qui va le rejoindre.
Le reste des activistes islamistes emprisonnés, seront libérés à la faveur de cette révolution.

En effet, le 23 octobre il obtint 89 sièges au parlement provisoire sur 217, soit près de 42 % des sièges grâce à un vote favorable de près d’un million et demi de personnes; soit 18 %  seulement de la population en âge de voter.
Outre la disparité du rapport entre votants et représentation effective, aucune information n’a été rendue publique sur les sources de financement (qatari) de son parti. Par ailleurs, on soupçonne fortement des irrégularités par les achats de voix parmi les indigents; puisqu’il présente son parti Ennahdha comme étant le parti des pauvres, lui que certains classent comme la 100 éme fortune de Londres !

Ghannouchi garde le statut de guide et continue de diriger le pays en dehors des institutions.
Il promet de respecter la durée du mandat de un an pour la constituante, et signe le décret en ce sens le 16 septembre 2011. Mais le 23 octobre 2012 il fait volte-face et ne tiendra pas sa promesse, se targuant d’une légitimité qu’il détient du peuple, affirme-t-il goguenard !

Rached Ghannouchi est marié et père de quatre filles et deux garçons, Mouadh, Bara, Yusra (porte-parole d'Ennahdha), Intissar et Soumaya mariée à Rafik Abdessalem Bouchlaka, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Jebali. Il a deux épouses : une tunisienne et une soudanaise, la sœur de son ami Hassen Al Tourabi. Est-ce pour « régulariser » sa situation matrimoniale, qu’il veut restaurer la polygamie en Tunisie ?

Son fils Mouadh produit du viol d'une mineure, accompagne son père à des sommets internationaux, comme au Forum de Davos de 2012.
Son neveu Habib Khedher est promu rapporteur général de la commission de préparation de la nouvelle constitution. Il brille par les entraves qu'il oppose régulièrement à l’adoption des textes, notamment le texte de haut conseil indépendant de la magistrature, n’exprimant que la volonté de son oncle Ghannouchi.

Sous le gouvernement Ghannouchi, la sécurité se détériore, la justice régresse, l’économie bat de l’aile, la presse est attaquée et le retour des forces obscurantistes et jihadistes poussent vers un régime de tyrannie théocratique proche de la thèse néo-salafiste rigoriste.

Des groupes dits de protection de la révolution font leur apparition pour mater l’opposition, composés d'un ramassis de voyous à la solde d'Ennahdha dont certains se disent salafistes et que Ghannouchi présente comme étant ses enfants porteurs d'une nouvelle culture dont la violence lui rappelle avec émotion la sienne à leur âge, disait-il mais qui ne sont que le bras armé d'Ennahdha; le régime met la main sur l’administration et les instances susceptibles de préparer les éventuelles élections.
L’opposition soupçonne le financement d'Ennahdha par le Qatar et par l’Arabie saoudite.


Selon le journal arabophone Al Anwar, le marchand du Temple Ghannouchi
serait à la tête de plus de 800 millions d’euros.

A voir : La face cachée de Ghannouchi 

Dans les attendus du refus de refuge politique au canada pour Rached Ghannouchi, on lit en particulier :
[20] Le leader du mouvement, M. Rached Ghannouchi, un terroriste faisant partie intégrante de l'internationale islamiste, est considéré par certaines sources comme étant l'un des maîtres à penser du terrorisme. M. Ghannouchi a fait un appel à la violence contre les Etats-Unis et a menacé de détruire leurs intérêts dans le monde arabe. En outre, il a demandé la destruction de l'État d'Israël. 

[21] Le MTI/Ennahdha a commis 12 crimes pouvant être qualifiés de crimes graves de droit commun, à savoir : 
1/ Attentats à la bombe en France en 1986;
2/ Attentats à la bombe à Sousse et à Monastir en 1987;
3/ Des incendies de voitures en 1987 et 1990; 
4/ De l'acide sulfurique projeté au visage d'individus en 1987; 
5/ Complots en vue d'assassiner des personnalités du gouvernement tunisien en 1990, 1991, et 1992; 
6/  Complot en vue de déposer par les armes l'ancien président tunisien Habib Bourguiba en 1987; 
7/  Agressions physiques dans les lycées et universités, de 1989 à 1991; 
8/  L'utilisation de cocktails Molotov en 1987, 1990 et 1991;
9/  Incendie criminel de Bab Souika en février 1991;
10/ Tentative d'incendie d'un édifice universitaire en 1991; 
11/ Des lettres de menace en 1991 et 1992; et
12/ Le trafic d'armes à compter de 1987. 

Ses ouvrages : 
- La femme entre le coran et la réalité des musulmans (1984)
- Le destin chez ibn Taimyya (1998)
- Approches laïques et société civile (1999)
- L’expérience du MTI  (2000)
- La pensée islamique en Tunisie.

Les critiques, hormis le dernier ouvrage qui  raconte l’islam en Tunisie, ne sont pas très favorables :
Le destin chez ibn Taimyya nous ramène au moyen âge islamique et à la pensée originelle des salafistes. D’où d’ailleurs l’affirmation de Mohamed Talbi : Ghannouchi est salafistes et ne peut en aucun cas passer de la chose à son opposé.
Le style de Ghannouchi reste extrêmement rudimentaire. Avec des répétitions et une absence totale de méthode.

L’ouvrage de 133 pages concernant la femme est tout ce qu’il y a de plus sidérant ! On y lit notamment que la femme est un objet sexuel et tout rôle qui lui serait attribué en dehors de la satisfaction des besoins de l’homme, est secondaire !

Ce qu’en dit Mohamed Larbi Bouguerra, dans un article : 
Dans son livre « La femme dans le Coran et le vécu des musulmans », M. Rached Ghannouchi (Que Dieu soit satisfait de lui),  livre, p.70 à 72, le fin fond de la pensée de nos islamistes à leur début, au sujet de la femme. Le lecteur a sous les yeux - qu’il faut se frotter tant cette prose déconcerte - un texte proprement surréaliste, et pourtant publié en 2011 après J.C. sous la signature du maître à penser d’Ennahdha.

Le texte, qui attribue au bourguibisme tous les défauts et notamment le dévergondage et les mœurs dissolues, affirme que pour redresser la barre et sauver le pays du stupre, le courant islamiste « s’oppose avec force au travail féminin hors du foyer et à la mixité dans les établissements d’éducation ».
Pour faire bonne mesure, il prône la polygamie - « un devoir religieux et non un remède exceptionnel », tient-il à souligner. L’auteur incite les femmes « à refuser toute relation avec les hommes hormis ceux avec lesquels elle a un lien de parenté ou son époux ». Plus étonnant encore - cerise sur le gâteau si on peut dire - « il encourage les femmes à se satisfaire du minimum d’éducation ». 
Donc à  laisser des talents en friche !

Il faut s’armer de beaucoup de sang froid si on veut lire toutes les réflexions rédigées par Ghannouchi : http://www.tunisia-sat.com/vb/showthread.php?t=1765279

mercredi 14 novembre 2012

En cas de rapprochement avec Ennahdha, Nida Tounes ne sera plus la solution, mais le problème le plus compliqué pour la Tunisie



Par Mohamed Hafayedh (sur FB)

Il faudrait bien un jour, admettre qu’une révolution a eu lieu en Tunisie, certes, faute d’avant-garde politique et idéologique, elle n’a pas résolu les contradictions, mais elle a liquidé les conditions historiques du système existant, dans le flux et le reflux de la tempête du chaos des institutions ; les forces existantes encore dans l’évanouissement de l’évènement, tentent de se maintenir, soit en ralliant le mouvement révolutionnaire ou en organisant la contre révolution, à chacun sa force, à chacun sa position, à chacun ses sources à chacun ses couleurs, d’autres se forment par l’excroissance, des tornades périphériques plus ou moins conséquents ; un long processus dans un pays qui n’a pas les moyens économiques pour se reconstruire après un tel séisme.
A cela s’ajoute l’impact universel de l’acte de liberté tunisien, mettant la Tunisie au centre des préoccupations de la géopolitique, l’élément étranger jouera un rôle important.

Après le vide de l’après premier anniversaire des élections du 23 octobre 2011, et dans le cadre de la recomposition de la carte politique, la presse tunisienne écrite et électronique fait état de l’existence d’un appel sous l’influence des puissances étrangères à un rapprochement entre NAHDHA et NIDA comme seule solution pour éviter au pays une guerre civile.
Certains vont jusqu’à soupçonner un mariage forcé qui est en train de s’inscrire sur le ban de l’officier de l’état civil de l’ambassade américaine avec des témoins français entre la NAHDHA qui n’aurait aucun intérêt à se laisser déborder à sa droite par une guerre djihadiste, et NIDA qui n’aurait aucun intérêt à se laisser déborder sur sa gauche par une révolution continue.

Les deux forces principales, jusqu’ici antagonistes, modernisme contre obscurantisme, seront contraintes à s’accoupler sous forme de bipolarisation, économiquement conciliables, elles sont les deux facettes d’un libéralisme socialisant pour l’un, populiste ou « moustadhafines » pour l’autre, Islam light et cool musulman.

Mais aussi faute d’originalité révolutionnaire et aussi d’intérêt à voir la tempête d’indignation se prolonger en une révolution continue, elles ne font que rhabiller des structures et des forces de l’ancien régime, dont le réflexe antidémocratique et régionaliste se déploiera avec le même zèle pour gagner les élections, jusqu’à oublier que la révolution de la dignité est passée par là, alors que la braise est encore allumée dans les terres où la révolution a pris feu, les forces syndicales et celles de gauche ne cessent de revendiquer leur révolution confisquée voire volée.
Cela dit, ces observations ne dépassent pas les limites d’un constat des conséquences du fait révolutionnaire dans la Tunisie de l’après BEN ALI; elles ne mettent nullement en doute le dévouement de l’auteur de l’Appel de la Tunisie (NIDA TOUNES) pour une Tunisie moderne et démocratique, aucune autre force politique ou sociale, mise à part la matrice de la révolution l’UGTT, n’était capable de relever le défi après le chaos du 9 avril 2012 ou faire le poids devant la dictature rampante NAHDHAOUI.

Il n’est pas permis non plus d’y voir une quelconque insinuation sur l’existence d’une complaisance politique ou sociétale de BCE ou de BACCOUCHE avec le GOUROU GHANNOUCHI.
Il est avant tout question d’un état de fait, une réalité politique que BCE, avec la lucidité qu’on lui connait avait annoncée, dès sa première conférence de presse, que le fléau islamiste fait, désormais, partie de notre destin historique (KADAROUNAA), qu’il faudra faire avec et accepter le défi de l’histoire politique de notre nation avec réalisme et travailler avec eux dans le seul but de sauver le pays (MOUAADHADAA).

Rien de singulier ou aberrant, des intellectuels arabes, avant lui, et des plus célèbres comme NEJIB MAHFOUDH, loin d’être soupçonnés de complaisance avec l’intégrisme, ont prédit la fatalité historique de l’islam politique, jusqu’à souhaiter l’urgence de son avènement dans l’exercice de la gouvernance pour en finir avec le phantasme populiste du retour de l’émir des croyants salvateur et glorieux.
Et si c’était la seule voie pour sortir du gouffre de la pègre islamiste, pourquoi pas, dès lors, tout devient une question sur les conditions de cette collaboration et de la vision stratégique des choix et alliances politiques de NIDA TOUNES afin de convaincre ses partisans de manœuvrer dans une perspective avant-gardiste moderniste et non pas suivre un calendrier étranger pour se jeter dans la gueule du loup GHANNOUCHI qui ne se rapproche de « ses amis » que pour les dévorer, le ciel tunisien est encore déchiré par les cris des restes du CPR et TAKOTTOL dans le broiement à mâchoires du vampire GHANNOUCHI.

Il n’y a rien d’exagéré dans cette description, le danger est martelé tous les jours par l’une des figure importante qui vient de rejoindre NIDA, en la personne de SI MOHAMED TALBI, qui ne cesse de prévenir les tunisiens du dangereux salafiste GHANNOUCHI.
Cela dit, s’il existe des inquiétudes sur la possibilité d’un rapprochement entre NIDA et NAHDHA, elles ne sont pas sans fondement, surtout celles très légitimes, de ceux pour qui l’APPEL de BCE avait nourri un grand espoir et ne souhaitent que sa réussite pour sauver la patrie.
On ne doit pas perdre de vue, qu’a l’origine l’appel était reçu et perçu comme une réponse à la dictature islamiste rampante par une unité sacrée sous forme d’un front de toutes les forces modernistes et les composantes de la société civile.

Pour des raisons discutables au niveau du choix de la structure et de la synchronisation, NIDA TOUNES avait opté pour la formation d’un parti, entamant la rentrée politique par une conférence de presse et de déclarations victorieuses fracassantes sans associer ses partenaires les plus proches, comme EL MASSAR ou EL JOUMHOURI.
Après tout c’est de bonne guerre, s’il aspirait à jouer le premier rôle dans une future coalition pour rassurer certains des lieutenants de BCE qui ne voulaient pas perdre leurs chances d’accéder aux premières responsabilités avec un parti qui a toutes les chances de devenir un Eldorado pour faire carrières politiques.
Ce qui est légitime, quoique le choix et la manière vis-à-vis de ses partenaires modernistes et républicains les plus proches, avait ébranlé l’enthousiasme de la première heure et raviver les réflexes politiques de survie.
Ce qui est, par contre, déterminant et crucial pour l’avenir de la Tunisie, c’est de connaître dans quelles conditions a été pris ce choix et en perspective de quel projet politique pour le pays?
Si le choix n’était pris que pour des considérations d’organisation interne et dans le cadre des positionnements tuniso-tunisiens, le front moderniste se constituera, les voies qui s’élèvent, notamment à gauche pour appeler à la constitution du front moderniste démocratique finiront par convaincre les partis les plus infantilisés, devant le danger, ils lâcheront leurs sucettes idéologiques.

Par contre, si des forces étrangères interviennent dans le choix de NIDA en vue d’un rapprochement avec la NAHDHA, NIDA TOUNES n’est plus la solution pour la Tunisie, il devient le problème le plus compliqué que notre patrie ait connu.
Ce n’est pas du sentimentalisme inconscient ou du populisme simplet, comme il en sera démontré :
Les trois intervenants sont les américains avec leurs alliés sous-terrain qui agissent dans le cadre de leur projet néolibérale et sioniste dans la région, les français et plus particulièrement les socialistes qui sont plus proches de la vision de BHL que la droite et l’extrême droit française, les qataris sous-traitant du projet sioniste, s’assurant une protection régionale, et les saoudiens avec leur projet obscurantiste wahhabiste, déclaré irrecevable in limine litis par nos grands-pères au siècle dernier.
Personne ne peut nier que leur ingérence s’inscrit dans l’optique de leur projet pour la promotion d’une Tunisie oscillante entre Islam Light et l’Islam lourd, comme rempart contre la révolution de la dignité. Choix qu’elles ont entamé par la promotion des Nahdhaouis aux élections du 23 octobre 2011, laissant aux français la mission de faire avaler la couleuvre de « démocratisation » des islamistes à MBJ et MARZOUKI.
Ils ont réussi à coup de pétrodollars, un grotesque Bluff médiatique et du mépris au peuple dans la fumée des barbecues de moutons !

Aujourd’hui, toutes ces puissances sont au chevet de la NAHDHA, dont l’échec de l’islamisme aux abois est retentissent et un GHANNOUCHI agonisant, pour faire avaler aux tunisiens un nouveau Bluff qui consiste à dire que les islamistes est une fatalité dont il faut accepter l’existence et partager avec eux le pouvoir.
Ils n’interviennent, aujourd’hui, que pour encadrer la force nouvelle la plus influente de NIDA, l’isoler des forces de gauche et lui faire accepter un mariage forcé dans le seul dessin d’institutionnaliser son allié stratégique GHANNOUCHI, qui reprendra les choses en mains sur le moyen ou le long terme, une fois il se sera refait une santé politique et met à l’abri ses enfants salafistes.
Dans une telle stratégie, NIDA TOUNES, ne sera plus la solution pour la Tunisie, mais le problème le plus compliqué, et même s’il réussissait les prochaines élections en se rapprochant de la NAHDHA, il sera la cible principale des forces révolutionnaires, une guerre civile se produira dans le camp moderniste sous l’œil amusé de GHANNOUCHI.
Un tel rapprochement est un avortement de la révolution qui fera perdre aux progressistes la chance historique d’en finir avec l’islamisme politique au moment où la Tunisie du progrès et des lumières se réveille pour défendre et redresser le destin, dans une conjoncture nouvelle dans la région, les résultats des dernières élections algériennes est un indice fiable et prometteur.

A ceux qui osent encore nous sortir l’argument d’un avenir économique meilleur en suivant les conseils des puissances étrangères, il convient de leur rappeler que ces puissances n’ont pas l’intention de faire de la Tunisie un exemple de réussite après une révolution dans la région, ceux-là même qui ont dépensé sans compter pour faire gagner GHANNOUCHI aux élections, n’ont pas dépensé un pécu pour créer un nouvel emploi, ils ont plutôt un projet somalien pour la Tunisie pour faire oublier au monde que ce petit pays a pu relever le défi de réussir une révolution pacifique contre le plus monstrueux des dictateurs.

Doit-on admettre que la Tunisie ne sera plus la Tunisie des années cinquante et soixante bénéficiant de la sympathie des américains et l’amitié des KENNEDY ; car BCE n’est pas BOURGUIBA pour tenir le pays en main, y compris les forces traditionnalistes ; que les pays riches ne sont plus dans la perspective impérialiste ni dans la générosité des guerres froides.
C’est le temps des monopoles et des richesses financières, les riches ne donnent qu’aux riches, les forts ne respectent que ceux qui sont plus forts qu’eux dans un monde saturé et globalisé.

La Tunisie s’en sortira par ses propres moyens, essayons d’abord la gouvernance démocratique, réhabilitons les institutions rempart contre l’abus et la corruption, ainsi que la justice sociale qui sera le facteur déterminant de notre développement.

PS : Article revu et corrigé par Rachid Barnat, avec l'accord de son auteur.

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Je pense qu’il faudrait être très clair et dire que ceux qui ont, dans leur grande majorité rejoint Nida Tounes, n’accepteront pas une telle alliance.
C’est le plus souvent contre l’expérience de la troïka qu’ils se sont dirigés vers Nida Tounes ; et sûrement  pas pour réaliser une troïka, nouvelle formule.
Il serait d’ailleurs souhaitable que les militants de Nida Tounes fassent clairement savoir leur position.
Et que le débat soit clair et  souligne qu’une alliance de quelque nature qu’elle soit avec un parti religieux, ne donnera aucun résultat, sauf la régression du pays.
D’autant que les islamistes ont pu accéder au pouvoir et ont montré aux tunisiens ce dont ils sont capables : donc ils ne pourront plus nous rejouer les « victimes » qu’on empêcherait de gouverner !
Il serait temps que les tunisiens montrent au monde entier leur maturité, et que tout ceux de l’opposition comprennent que leur ennemi commun : ce sont les islamistes ; contre lesquels ils seraient bien inspirés, de faire front !
Une fois le danger écarté, et la nuisance de Ghannouchi et les siens éloignée, tous ceux de l’opposition peuvent reprendre leur jeu politique et affiner leur programme et leur stratégie …. j’allais dire entre gens civilisés !

Rachid Barnat



LA FOIRE INTERNATIONALE DU LIVRE !

Article paru dans : Kapitalis

Ou quand l'abrutissement des peuples est organisé par l'Etat !



Du 2 au 11 novembre s’est tenue à Tunis la 29 éme session de la foire internationale du livre.
Mais c’est la première depuis la révolution tunisienne, organisée par le ministère de la culture du gouvernement provisoire de la transition démocratique.

Après le 14 janvier on s’attendait à une foire internationale digne de ce nom sensée accompagner la révolution tunisienne par une nourriture intellectuelle riche et variée dont les tunisiens étaient sevrés depuis des décennies, victimes de la censure. Pourtant depuis le 14 janvier 2011, le secteur du livre semblait s’être démocratisé : on trouve toutes sorte de livres aussi bien en librairie qu’en vente à la sauvette parmi bric et broc qui jonchent les trottoirs !
Beaucoup de ces livres ont trait à l’islam : des opuscules où la charlatanisme le dispute à l’obscurantisme ! Une anarchie à mettre sur le compte d’une effervescence post révolution !

Mais malheureusement depuis le 23 octobre 2011, le phénomène va s’amplifier ; puisque des ventes sauvages de livres « religieux » ou ayant trait à une pseudo culture arabe va gagner de plus en plus de trottoirs et plus particulièrement à proximité des mosquées.
La police d’un gouvernement pourtant légitime, laisse faire !
L’anarchie et la volonté affichée de certains mouvements islamistes de se faire « connaître », seront l’occasion de voir fleurir de plus en plus de marché ou souk improvisés, aux livres; qui s’installent sur les trottoirs de la capitale et ailleurs, souvent à proximité des mosquées.
Toujours sans être inquiétés par la police !

En y regardant de plus prés, ce sont souvent des petits opuscules en arabes vendus par des sympathisants islamistes en tenue reconnaissables, kamis pakistanais, calotte brodée et l’indispensable barbe. Opuscules sensés éclairer le publics tunisien sur sa religion, vendus à petit prix !

A l’occasion de la foire internationale du livre, on pouvait s’attendre à une qualité de livres de tout autre ordre. Du moins c’est ce que laissent entendre les organisateurs de la foire aussi bien que le ministre de la culture qui se félicite de la bonne tenue et de la qualité des ouvrages en provenance du monde arabe en grande partie, et proposés aux tunisiens !
En réalité plus de 80 % des livres exposés sont du même genre de ce qui se vendait  sur les trottoirs de Tunis, joignant la mauvaise qualité du contenu à celle du contenant !

Alors qu’on espérait des livres de haute valeur scientifique, littéraire et artistique …. C’est tout autre, le domaine auquel cette foire a été consacrée. Voici une liste non exhaustives des titres proposés aux tunisiens : « La sorcellerie », « Les bienfaits des soins par la hinna (henné), le lait et la pisse de bêtes », « Comment chercher un mari », « Les interdits que la femme ne doit pas transgresser », « Le message du voile », « Comment procéder lors de sa nuit de noces », « Les recettes d’une vie conjugale heureuse », des livres religieux et « juridique », recueils des fatouas et de chariâa des différent imams .... sans parler des livres consacrés au wahhabisme et à l’orthodoxie wahhabite !
Pour faire bonne mesure, ces livres côtoyaient le Coran à l’étalage et des recueils des hadiths du prophète ! Cela fait plus sérieux et rassurent les âmes enclines aux doutes leur qualité.
Certains stands sont tenus par des barbus vêtus de "kamis", qui offrent, au passage, quelques petits bouquins religieux gratuits. « On œuvre à propager la parole d’Allah », expliquent-ils !
D’autres stands sont tenus eux aussi par des barbus, qui vous proposent des produits naturels, utilisés à l’époque du prophète pour traiter et soigner toute sorte de maux …ou pour se parfumer ; dont le parfum prisé par le prophète lui-même, affirme le vendeur, au « musk » et au « bkhour » (encens) !

C’est dire que de foire du livre c’est devenue la Foire tout court au prosélytisme wahhabite !
   
Où sont passés Averroès, Darwin, Freud, Auguste Comte, Marx, Keynes, Néjib Mahfouz, cheikh Tahar Ben Achour, Elmaarri, Abou Nawas, Omar El Khayyâm et même Ibn Khaldoun, père de la sociologie, sans oublier les écrivains et les penseurs contemporains dont : Amin Maalouf, Tahar Ben Jalloud, Mohamed Talbi, Mohamed Charfi, Youssef Esseddik, Olfa Youssef... et la liste est longue.
Ces esprits illuminés n’étant guère en odeur de sainteté pour les islamistes, donc exit leurs œuvres !
Place aux livres "halal" !

Cette 29 éme foire, reflète l’air du temps, celui du salafisme envahissant favorisé par Ghannouchi !
Les stands font l’éloge du salafisme, du wahhabisme et l’apologie de la violence de telles obédiences,  dans une foire se prêtant avec la bénédiction des organisateurs et du ministre lui-même, à la propagande politique sous couvert d’ « islam » !
Un espace pourtant supposé être un haut lieu de culture.

Le spectacle est désolant, révoltant et affligeant, sauf pour monsieur Mustapha Ben Jaafar qui, lors de sa visite à cette foire, s’est déclaré satisfait et semblait bénir cet islamisme rampant !
Quand à monsieur le ministre de la culture, il a eu l’insolence nécessaire pour insister sur l’importance que revêt cet évènement culturel, surtout qu’il est organisé par l’Etat, jubile-t-il !!

Si l’Européen lit 35 livres par an, le tunisien ne semble pas lire du tout ; victime d’une censure draconienne depuis des années…. et ce ne sont pas les œuvres que propose cette foire internationale qui vont lui donner l’envie de lire !
La médiocrité d’une telle manifestation est une insulte à son intelligence ! Et le prosélytisme qui y est fait pour le salafisme et le wahhabisme est une insulte à l’identité tunisienne !
Une nation sans culture, est une nation en perte de vitesse et dont la régression est inéluctable !
Est-ce le but recherché par le gouvernement Ghannouchi pour rendre la société tunisienne plus « perméable » au colonialisme religieux wahhabi ?
Dommage que son parti trompe les tunisiens par le nom qu'il s'est donné, de leur faire croire qu’il prône la « nahdha » ou l’éveil des peuples pour les faire avancer sur le chemin du savoir et du progrès, comme l’ont voulu les premiers réformateurs du 18 et 19 éme siècle, fondateurs du mouvement du même nom : Ennahdha !
Faut-il rappeler Kair-Eddine Pacha, l’un de ceux-là, qui avec sa « haw’kama al rachida » (bonne gouvernance), a entrepris les réformes qui formeront le socle de la Tunisie moderne ; et qui a refusé la diffusion du wahhabisme en Tunisie, jugé trop dangereux et inadapté aux tunisiens, peuple pacifiste et ouvert sur le monde !
Le meilleur ami de l’Homme reste le livre, mais pas n’importe quel livre. Les livres qui ouvrent l’esprit et le nourrissent et non les écrits des charlatans, imposteurs et marchands du temple … pardon de l’islam !
S’il faut apprendre aux enfants à se familiariser avec le livre, nourriture de l’esprit et de l’âme, il faut lui apprendre aussi à se méfier des livres qui ferment l’esprit comme ceux qui ont envahi la foire internationale du livre, cette année !

Un seul mot d'ordre pour les parents à l'attention de leurs enfants pour une vie digne :
"Iq'raa !", ("Lis.. !", injonction coranique). Mais dans son acception : « apprentissage et instruction » !
Que confirme le prophète Mohammad lui-même qui recommande l’instruction, depuis le berceau jusqu’à la mort : « khoudh al ilm minal mahdi ila ll’ahdi » !

Décidément cette foire du livre augure une belle régression ! Quand les tunisiens reprendront-ils le chemin de la connaissance, de l’éducation, de l’ouverture aux sciences et aux arts et refuseront-ils ces tracts de pure propagande qui se prétendent des livres ?

Rachid Barnat