mercredi 12 décembre 2012

L'ACCORD DE LA HONTE !


Bien la peine de nous faire tout un cirque et d'invoquer Farhat Hached qui doit se retourner dans sa tombe, de voir ses enfants se faire rouler dans la farine par manque de vision politique et de hauteur de vue ... se contentant d'un règlement grotesque, consistant en une enquête pour savoir qui a frappé le premier ! Des gamins de récré feraient mieux ! Désolent !

On peut se demander, devant une telle reculade historique, ce que Lotfi Zitoun & C° ont pu proposer pour corrompre tout un bureau politique de la plus grande centrale syndicale unique en son genre dans le monde dit "arabo musulman, pour faire que l'UGTT se dégonfle comme une baudruche !

On ne peut admettre qu'il n'y ait pas eu de marchandage pour se départir si facilement du patriotisme et oublier le nationalisme que les hommes de l'UGTT donnaient à voir sur les plateaux TV !
Il faut croire que ce n'était que du spectacle ! Affligeant !

L'Opposition a fait rater aux tunisiens un rendez-vous historique celui du 23 octobre pour confirmer la fin du mandat qu'ils ont accordé aux constituants : en leur refusant toute manifestation ! En posant des conditions à Ghannouchi, mais sans prendre de garanties :
- Dissolution des comités de la protection de la révolution,
- Remplacement des ministres régaliens (ministère de l’intérieur, de la justice et des affaires étrangères) par des hommes neutres ou mieux par des technocrates,
- Formation d’un gouvernement restreint,
- Reconduction de l’ISIE ou mise en route de celle qui la remplacera,
- Une feuille de route pour finir la deuxième hase de transition démocratique, fixant les dates de remise de remise de copie de la Constitution, des élections…

Evidemment Ghannouchi n’a respecté aucunes de ces conditions et ses hommes plus arrogants que jamais vont narguer de plateau Tv en plateau TV l’opposition !!

Et voilà que l'UGTT, en position très forte, après tous les incidents, les violences, les drames jusqu’à l’assassinat politique dont s’est rendu coupable le gouvernement Ghannouchi ; se plie elle aussi aux volontés de celui-ci, qui, il n'y a pas encore longtemps, elle lui imputait le chaos et l’accusait de mener le pays à sa perte .... et refusent aux tunisiens de faire la gréve générale annoncer de manière solennelle après les incidents graves du 4 décembre  et donc de manifester ! Et accepte dans un marché de dupes les plates excuses de Lotfi Zitoun et de vagues promesses d’enquêtes et de poursuites judiciaires … mais "oublie" l’essentiel pour exiger en conte partie :
- La dissolution de la milice d'Ennahdha, les pseudo "protecteurs de la révolution",
- La démission du gouvernement devenu à nouveau illégitime depuis qu'il a autorisé de tirer dans la foule en balles réelles,
- La formation d'un gouvernent restreint avec aux postes régaliens des "hommes neutres" ou des technocrates.

La naïveté des responsables de l’UGTT est choquante : ils ont suspendu une grève annoncée à tambour battant, parce que tout à coup ils ont craint que la situation de la Tunisie se dégrade et parce que le gouvernement leur propose enfin le dialogue ! 
Cela fait un an que l’opposition, la société civile, les syndicats, les journalistes, les enseignants … veulent le dialogue avec un parti qui les méprise et un gouvernement totalement sourd à leurs revendications !!
Beaucoup de tunisiens ne s’y sont pas trompés et ont manifesté leur désappointement, notamment des adhérents de l’UGTT qui n’ont pas compris que ce syndicat puissant, n’obtienne strictement rien comme le montre le prétend accord.
Certains laissent entendre que cette reconnaissance officielle du rôle de l’UGTT est la victoire d’un clan d’Ennahdha sur un autre. Peut être est-ce exact ? Mais c’est en tous cas, à coup sûr, l’affaiblissement dans l’opinion, de l’UGTT.
Ce syndicat avait-il besoin que le pouvoir le reconnaisse ? N’avait il pas une légitimité historique ? Belle victoire en vérité !
On dira aussi que c’est d’une certaine manière l’application de la règle du consensus dont le Professeur Yadh Ben Achour dans un texte récent. Certes mais dans le consensus il faut des compromis et que chacun y gagne ! Mais on voit mal ce que l’UGTT a gagné.

Les islamistes une fois de plus ont réussi leur coup de bluff ! Moyennant des compromissions ?  L'émir a les moyens d'acheter qui il veut ! Et des traîtres à leur patrie, la Tunisie n'en manque malheureusement pas ! L'histoire nous le dira. 
Pauvre Tunisie, pauvre tunisiens ! On ne mérite pas çà !!

En tout cas, Ghannouchi a discrédité à jamais cette grande institution qu’était l’UGTT ! Et ses hommes nargueront ouvertement tous ceux qui ne partagent pas leurs opinions ! Pourquoi s’en priveraient-ils ? L’UGTT, dernière digue pour les tunisiens, leur ouvre un grand boulevard pour installer leur dictature théocratique ! Circulez, il n’y a plus rien à voir !

A moins que les tunisiens reprennent leur destin en main pour ne compter que sur eux mêmes et sur ce qui reste d’intègres dans la société civile et dans l'opposition pour dégager la dictature qui est entrain de se mettre en place, maintenant que la dernière digue a cédé ! 

Rachid Barnat



mardi 11 décembre 2012

JOURNÉE MONDIALE DES DROITS DE L'HOMME


Qu'en est-il des droits de l'homme en Tunisie ?

Pour rappel : Marzouki, Ghannouchi, Mustapha Ben Jaafar, Jebali .... et compagnie n'ont du leur salut qu'au statut de réfugié politique en Occident, dans des pays signataires de la charte universelle des droits de l'homme !

Eux, qui ont bénéficié de cette charte, ils la refusent pour la Tunisie et pour les tu
nisiens. 
Puisque ces individus refusent que la charte des droits de l'homme soit le référent de la nouvelle constitution.
Pourquoi ? Parce qu'elle est rédigée par des occidentaux mécréants et qu'elle ne peut être au-dessus de la chariâa ! !

La belle hypocrisie !

Comment se fait-il alors qu'ils aient choisi l'occident pour s'y réfugier et non un des pays "arabo musulman" qui applique la chariâa ? Où est leur logique ??

Devant les rapports accablants des ONG sur les droits de l'homme en Tunisie où la torture (mêmes méthodes et mêmes moyens) qu'utilisait ZABA, se poursuit; Samir Dilou ministre des droits de l'homme (sic !), s'est fondu d'une déclaration d'un cynisme dont il a l'habitude : " Il est normal que les droits de l'hommes ne soient pas totalement respectés dans une phase post révolutionnaire ! ".

Propos choquants, prouvant que ce gouvernement n'est ni démocrate ni n'a l'intention de l'être pour en appliquer les règles les plus basiques !

Qui aurait cru que les tunisiens ont fait une révolution pour préserver les acquis de 1956 ? :
- constitution ayant pour référent la charte des droits de l'homme,
- code du statut personnel, avec tous les droits accordés aux tunisiennes, uniques en leur genre dans le monde dit "arabo musulman" !

Il est plus qu'urgent :
- Que ce gouvernement dégage,
- Que les tunisiens reprennent en main leur destinée et 
- Réalisent les objectifs de leur révolution qu'une bande de terroristes, repris de justice, cherche à dévoyer !

Rachid Barnat

vendredi 7 décembre 2012

COMMENT GHANNOUCHI EXPLOITE-T-IL LES SYMBOLES DE LA TUNISIE

Noureddine Hached, fils du syndicaliste Farhat Hached : 
" Ghannouchi dit qu’il regrette les évènements survenus mardi dernier à la Place Mohamed Ali ".
" Un bouquet de fleur à la main, Ghannouchi nous a rendu visite pour expliquer les raisons de son absence à la commémoration du 60ème anniversaire de l’assassinat de Farhat Hached ".
" Ghannouchi a exprimé sa reconnaissance au rôle incontournable de l’UGTT ". 

Qui peut croire une seule seconde en la sincérité d'un terroriste qui sciemment a envoyé sa milice intimider et soumettre la seule force qui peut encore lui résister en Tunisie : l'UGTT ? 

En s'attaquant à l'UGTT le jour anniversaire de l'assassinat de son père fondateur Farhat Hached, Ghannouchi s'attaquait à deux grands symboles en Tunisie : Farhat Hached et son enfant l'UGTT !

Devant l'échec de sa machiavélique entreprise, et le tollé général que ce sacrilège a provoqué chez les tunisiens, Ghannouchi fait machine arrière et essaie de faire croire qu'il a du respect pour Farhat Hached ... et s'excuse de n'avoir pu honorer sa mémoire....
Alors que son absence est préméditée, puisqu'il a envoyé ses " enfants " des comités de "gardiens de la révolution" chahuter la cérémonie à l'intérieur même du mausolée de Farhat Hached.

Après avoir lâché ses pitbulls pour casser du syndicaliste et saccager le siège de l'UGTT le 4 décembre, veille de commémoration de l’assassinat du père du syndicalisme en Tunisie, il ose déclarer aux médias qu'il condamne les violences perpétrées contre cette organisation, dont il dit le grand bien qu'il "pense", et qu'il "reconnaît" qu'elle est un des piliers de la République ! 

Tant d'hypocrisie et tant d'arrogance pour retourner la situation, sont écœurantes !
Mais ses discours ne dupent plus grand monde !

Rappelons-nous : Ghannouchi a l'art de manipuler les symboles pour les défaire ou s'en saisir pour les exploiter !
L'acte désespéré de Mohamed Bouazizi suicidé en s'immolant par le feu, a été déclaré sacrilège par le mufti de la Tunisie. Car le suicide en Islam, est "un des grands péchés" ("akbar el mouharramet") ! Comme tel, aucune cérémonie religieuse ne pouvait lui être consacrée ! 
D'autant que le mufti interdit qu'il soit traité en martyr, ce qui serait une hérésie. Ce que confirme dans un premier temps Ghannouchi.

Mais les tunisiens n'en démordent pas : ils le considèrent martyr de la République et symbole de la révolution tunisienne.

Comment faire alors pour récupérer ce symbole ? Qu'à cela ne tienne, dare dare Youssef Karadawi, le grand imam cathodique prédicateur d'Aljazeera va pondre la "fatouwa" nécessaire pour aider Ghannouchi le poulin sur lequel mise l'émir du Qatar, à chevaucher la révolution tunisienne et la récupérer. 
Ainsi Karadawi va déclarer Mohamed Bouazizi martyr de la révolution ! 
Et sans perdre de temps, Ghannouchi est invité à se rendre à Sidi Bouzid pour y rendre hommage au martyr et de se faire prendre en photo avec sa famille !
Rien ne résiste à l'émir ! Ses désirs sont des ordres !

Et le jour de passation du pourvoir par Fouad M'Bazza et Béji Caïd Essebsi aux nouveaux élus de l'ANC, Ghannouchi arrivait à la cérémonie solennelle d'investiture au bras de la mère de Mohammad Bouazizi ... auquel il avait refusé dans un premier temps le titre de "chahid" (martyr) lui interdisant toute cérémonie funéraire parceque suicidé ! 
Il fallait y penser et oser le faire ... quand on sait la valeur des symboles et leur médiatisation !

Or l'UGTT constitue un réel danger pour les projets de l'émir.
Par nature, les monarques et les dictateurs n'aiment pas les syndicalistes !

Mal leur a pris, aussi bien à l'émir qu'à son valet Ghannouchi : l'UGTT est une institution historique à laquelle tous les tunisiens sont attachés. 
D'autant qu'elle est unique dans le monde dit "arabo musulman" !!
Elle a toujours servi de rempart pour les tunisiens dans les moments difficiles.

Devant le tollé général, il n'est pas impossible que le stratège Ghannouchi et ses conseillers qataris aient procédé à un repli stratégique en attendant de trouver le moyen d'abattre la citadelle UGTT.... dernier rempart pour les tunisiens contre le colonialisme qataro-saoudien et l'invasion du wahhabisme !

Plus tôt les tunisiens DÉGAGERONT Ghannouchi et son gouvernement, et mieux cela vaudra pour la Tunisie !
Espérons que l'UGTT ne se compromettra jamais avec le terroriste Ghannouchi : s'il a pu rentrer de son exil londonien, c'est grâce à l'UGTT qui a DÉGAGÉ le dictateur ZABA.

L'UGTT ne doit pas laisser s'installer un nouveau dictateur. Il ne faut pas se fier au recul stratégique de Ghannouchi : il n’aura de cesse de continuer à harceler la bastide UGTT jusqu’à l’éliminer ou la soumettre !

Il est temps que Ghannouchi DÉGAGE. 
Il a trop fait de mal à la Tunisie et aux tunisiens.

Rachid Barnat

jeudi 6 décembre 2012

OPPOSITION : L’HISTOIRE VOUS ATTEND ET VOUS JUGERA !

Article paru : Kapitalis
et dans : Agora Vox

Il est clair, en ce début décembre, que la Tunisie est dans une situation critique : Un pouvoir non seulement incompétent mais qui n’hésite pas, par le biais de milices, à semer la terreur, une économie en perte de vitesse avec de toute évidence une crainte des investisseurs devant un tel désordre, un tourisme qui ne risque pas de se développer, l’image du pays à l’étranger étant particulièrement mauvaise.
De nombreux organismes internationaux condamnent les pratiques de ce pouvoir et la Ligue des Droits de l'Homme  renonce - acte fort - à tenir son congrès dans ce pays.

Il est clair que cette situation tient au fait que le pays est profondément divisé mais surtout dans une situation institutionnelle bâtarde qui ne peut perdurer sans causer de graves dommages.

Le pouvoir actuel n’a plus de légitimité ni politique, ni morale, ni juridique !
Mais l’opposition est trop désunie pour en tirer toutes les conséquences qui s’imposent, bien qu’elles soient évidentes.
Que le pouvoir soit illégitime c’est, malgré les discours de la troïka, une évidence pour tout juriste et même pour tout citoyen suffisamment lucide.

Doit-on rappeler qu’en démocratie l’unique source du pouvoir est le peuple ? Il semble que ce rappel soit nécessaire puisque aujourd’hui le pays n’en tire pas la conséquence qui s’impose.
Qu’a décidé le peuple tunisien ? La seule façon de répondre logiquement et juridiquement à cette question fondamentale est de dire qu’il s’est exprimé sur la base, et uniquement sur la base du décret de convocation aux élection du 23 octobre 2011.
Or ce décret, quelles que soient les analyses et les arguties que l’on peut tenter, est très clair : le peuple était appelé à voter pour élire des députés à Une Constituante qui devait élaborer une Constitution dans le délai d’un an. Le peuple a-t-il voté autre chose ? Non.

Au terme du délai d’un an, c’est-à-dire le 23 octobre 2012, la Constituante, et donc le pouvoir qui en est issu, n’a plus de légitimité puisque le délai décidé par le peuple était passé.

Il n’est nulle part indiqué autre chose qui permette de croire qu’il puisse en être autrement !
D’ailleurs, si l’on soutient que le délai d’un an n’était pas impératif, quel est le texte qui  permet de le dire ?   
La Constituante est-elle alors sans limite dans le temps ? Si telle est l’analyse, l’on se trouve alors en présence d’une dictature d’Assemblée et donc du pouvoir qui en est issu.
Hors les pays totalitaires, une assemblée ne peut se maintenir au-delà du terme pour lequel elle a été expressément élue !

Or de cette situation juridique et politique claire, l'opposition n'a pas su se saisir. 
Elle a continué, pour des raisons qui nous échappent mais dont on peut craindre qu’elles ne soient pas très honorables (la crainte de perdre les quelques avantages tirés de l’Assemblée) à participer à ce pouvoir, à maintenir ses élus dans l’Assemblée, à participer au jeu des institutions alors que tout cela n’a plus aucune légitimité démocratique.
Cette faute de l’opposition est grave et montre son immaturité ou sa connivence !!

Après les nombreuses exactions du pouvoir, l'opposition va boycotter l’Assemblée Constituante pendant trois jours ! C’est tout simplement risible et cela ne doit pas beaucoup impressionner le pouvoir qui, au contraire joue la montre et pourra dire que le retard est dû à l’opposition qui refuse de siéger ! Un comble !

Aujourd’hui la Tunisie est un théâtre d’ombres et n’a aucune institution juridiquement légitime. Comment voulez-vous dans ces conditions que le désordre ne règne pas ?

L’inaction de l’opposition le 23 octobre 2012 n'a pas eu, quoiqu’en dise la troïka, pour résultat de maintenir une « légitimité » ! Car il n’y a pas en démocratie, de légitimité tacite !
Et ce n’est pas parce que l’opposition a continué à siéger que la légitimité est revenue.
Seul le peuple qui a voté sur une base précise est capable de redonner une légitimité ! Ce qu’il n’a pas fait. Les « petits arrangements entre amis » ne sont en aucune façon une légitimité !

Alors oui l’opposition, si elle était à la hauteur de son rôle historique, démissionnerait de l’Assemblée Constituante !! Certains vont dire que cela va créer du désordre. Certes, mais cela obligera à trancher une bonne fois pour toute cette question de légitimité qui empoisonne la vie du pays…. et dont se « joue » la troïka et Ghannouchi à sa tête.

Rien de solide ne se crée sur l’ambiguïté, sur les petits accords, sur les compromissions ; car c’est une façon de discréditer cette grande idée de démocratie et de décevoir ce peuple qui en attendait beaucoup et qui aurait pu être un exemple pour le reste du monde.
Au lieu de la clarté et de la détermination, l’opposition se fait embobiner de nouveau.

Après ce qui s'est passé à Tataouine, à Siliana et au siège de l'UGTT à Tunis ; après les tentatives d’assassinat d’hommes politiques comme Jawher Ben M’Barek, Saïd Aidi … avec passage à l’acte sur la personne de feu Lotfi Naghd de Nida Tounes, toutes ces violences étant commises par la milice de Ghannouchi qu’il nomme hypocritement « Comité de Protection de la Révolution »; on s'attendait à ce que tous les partis progressistes et démocrates, la société civile avec toutes ses associations et syndicats, à leur tête l'UGTT... demandent la démission du gouvernement ; mais que l’opposition quitte aussi la Constituante ! 

Et qu'est-ce qu'on entend ? Encore des discours de conciliation et d'apaisement de la part de l’opposition dans un « Embrassons-nous Folleville ! » .... comme si toutes ces forces vives tremblaient devant Ghannouchi et son parti ! Qui ne manquent d'ailleurs pas de narguer de nouveau une opposition décidément toujours aussi molle !
Ceux de l’opposition ont tort d’accepter de débattre à la Télévision avec des représentants de ce que Ghannouchi s’obstine à appeler « comité de protection de la révolution » pour les narguer un peu plus ! Ces miliciens sont des voyous à la solde d’Ennahdha, ils ont du sang sur les mains.
Débattre avec eux c’est les reconnaître et légitimer leur violence !

Puisque l'UGTT donne encore une nouvelle chance à Ghannouchi et à son parti pour les sortir par le haut, en demandant à la troïka :
- la dissolution des comités de protection de la révolution,
- de revenir à la table des "palabres" avec tous les partis pour trouver des solutions consensuelles à la crise.
- de placer des ministres "neutres" aux postes régaliens,
- un agenda précis pour :
° La constitution,
° ISIE ou ce qui la remplacera,
° Date des élections ...

Avec menace de grèves générales si Ennahdha ne se plie pas à ces exigences !

C'est comme si l'UGTT pissait dans un violon ! 
Car depuis qu'Ennahdha est au pouvoir, ses hommes n'ont montré que mépris envers l'UGTT et toute l'opposition. Pourquoi changeront-ils aujourd'hui ? Qui peut croire un seul instant qu’ils vont coopérer, qu’ils soient sincère de vouloir le consensus … alors qu’ils continuent à nier l’évidence et refusent de reconnaître avoir échouer ! Préférant imputer leurs échecs aux « comploteurs » de l’ombre : l’opposition, les anciens du RCD … voir, l’UGTT !

Les réactions d'Ennahdha d'ailleurs, n'ont pas tardé à fuser de partout : 
- ses hommes passent de plateau TV à l'autre pour crier à nouveau au complot... et 
- rejouer la comédie de la "légitimité"... 
- puisque Ghannouchi lui-même s'en prend à toutes ces forces vives (opposition et UGTT...), et leur demande de ne plus conserver de milice ni de matériel de protection dans leurs locaux : Molotov, bâtons, pierres ...
- il demande que l’UGT soit neutre et ne mêle plus la politique à son action syndicale… oubliant qu’il manifestait à leur côté pour demander la chute du gouvernement BCE ! En somme si cette organisation nationale « fait de la politique » à ses cotés, c’est « halal », et quand elle s’oppose à lui, c’est « haram » ! Oubliant aussi que l’UGTT est naît dans et de la politique grâce à son fondateur, le grand résistant Farhat Hached !
Alors qu’on peut répondre à Ghannouchi de ne pas mêler la religion à son action politique, lui qui a triché en « enregistrant » son parti Ennahdha comme n’instrumentalisant pas la religion !
- il rappelle une nouvelle fois que les comités pour la « protection de la révolution » tiennent leur légitimé du peuple ...mais doivent rendre compte à la justice (sic !) de leur exactions ... si exactions il y a ! … et entend les maintenir envers et contre tous les partis, toute la société civile et tous les tunisiens qui ne cessent de demander la dissolution de ce corps autoproclamé défenseur d’une révolution à laquelle la plus part de ses hommes n’ont pas participée et encore moins Ghannouchi et les siens !

C'est dire que Ghannouchi se fout de leur gueule à tous !

Naïveté, compromissions, crainte de perdre  leurs avantages ou mauvais calculs politiques de la part de l'UGTT et de l’opposition ?

Dommage qu'à la tête de l'UGTT et des partis d’opposition il n'y ait pas de chefs courageux pour faire savoir que le temps des palabres est fini ... et que le temps joue contre les tunisiens.
En accordant encore du temps à Ghannouchi dans l'espoir de le changer ... il ne fait qu'en profiter pour se "réorganiser" et préparer ses troupe pour le hold-up définitif sur la révolution tunisienne ! 

Il ne reste aux tunisiens, excédés par tout ce petit monde et par ses petits calculs politicards ... que de reprendre son destin en main et de décider d'une manifestation gigantesque pour dégager une dictature qui est en phase d’installation et qui s'incrustera à cause du laxisme affligeant de l'opposition !

Rachid Barnat








mercredi 5 décembre 2012

GHANNOUCHI TENTE DE TUER UNE DEUXIÈME FOIS FARHAT HACHED

Article paru dans : Kapitalis

IMPERTURBABLE, ENNAHDHA POURSUIT  SON PROGRAMME ...
-          il s’est attaqué à la presse,
-          il s’est attaqué aux avocats,
-          il s’est attaqué aux juges,
-          il s’est attaqué aux intellectuels,
-          il s’est attaqué aux artistes,
-          il s’est attaqué aux syndicats …

Pour le sale boulot, il dispose de ce que les tunisiens appellent à tort « les salafistes » qui ne sont autres que la milice d’Ennahdha qu’elle lâche contre tous ceux qui déplaisent à Ghannouchi ou constituent un frein à son programme, et qu’il appelle pompeusement « le comité de la protection de la révolution », révolution à laquelle il n’a pas participé, faut-il le rappeler.
Car, il lui faut mettre au pas toutes les forces vives du pays et tant qu’à faire à ses ordres !
Pour cela il veut effacer de la mémoire collective, l'histoire commune aux tunisiens !

 Description de cette image, également commentée ci-après
Farhat Hached

C'est pourquoi il rejette nos fêtes nationales : 
- le 9 avril, fête des martyres pour l'indépendance, 
- le 20 mars, fête de l'indépendance,
- le 5 décembre, commémoration de l'assassinat de Farhat Hached, grand résistant et grand militant qui a donné ses lettres de noblesses à l'UGTT, devenue grâce à lui un monument historique pour la Tunisie  ....
Ghannouchi s'est invité par sa milice interposée, le pseudo « comité de protection de la révolution », pour perturber la commémoration du 60 éme anniversaire de l'assassinat du père fondateur de l'UGTT. Avec une violence inouïe, les miliciens s'en sont pris aux syndicalistes jusqu'aux membres du bureau exécutif de cette grande institution nationale comme Samir Echafi, au siège même de l’organisation : place Mohamed Ali !
Allant jusqu’à perturber la cérémonie de recueillement au mausolée du grand homme, où un comité d’accueil, les enfants de Ghannouchi, attendait les représentants de l’UGTT.
Tout un symbole, que Ghannouchi pense pouvoir abattre !
- il a tenté de rejeter notre drapeau, pour le remplacer par un autre,
- comme il a tenté de rejeter notre hymne nationale, puis il a cherché à l’amputer du quatrain d'Abou El Kacem Echabbi; mais devant le tollé général il a reculé ! 
- il nie l'identité tunisienne pour imposer la soi disant identité arabo musulmane qui n'est autre que saoudo-wahhabite !
Mausolée de Farhat Hached devant le Collège Sadiki 
place du gouvernement - Tunis

Pour bâtir SA Tunisie, il lui faut partir de la page blanche : formater la mémoire des tunisiens pour y imprimer son histoire à lui !
Comme il a décidé de partir de la page blanche pour rédiger la nouvelle constitution conforme à sa chariâa, son unique programme. 

Ghannouchi poursuit son programme en toute logique sans en dévier d'un iota  ...
C'est l'opposition qui n'a pas compris ou qui ne veut pas comprendre la logique islamiste !
Il n'y a rien à discuter avec Ghannouchi : que dire avec des gens qui nient la démocratie bien qu'ils se gargarisent de ce vocable pour duper l'Occident et les tunisiens assez naïfs pour les croire ?
Photo : Grève générale!
contre l'ignoble attaque de la centrale syndicale le 4 Décembre dernier, a été lancé un appel à la grève générale pour le 13 Décembre 2012. Cet appel n'a pas été émis par le secrétaire général de l'UGTT. Cet appel provient d'outre-tombe...d'un certain Farhat Hached ...(Lire la suite http://www.debatunisie.com/archives/2012/12/09/25781849.html)
Aux tunisiens de DÉGAGER l'intrus ! 
Qui plus est, livre la Tunisie au colonialisme politico-religieux du prédateur l'émir du Qatar et de son grand frère d'Arabie qui nous "exporte" son wahhabisme saoudien avec l'aide du zélé ministre du culte Noureddine el Khademi du gouvernement Ghannouchi !! 

Rachid Barnat





lundi 3 décembre 2012

HISTOIRE D'UNE CONSTITUANTE

Article paru dans : 
Kapitalis
Saudiwave


Lors de son interview sur Nessma TV le 2/12/12, Béji Caïd Essebsi a fait un petit rappel ...qu'il est intéressant de rappeler.

Lors de la manifestation "Kasbah 2", les "manifestants" ont scandé : " nous voulons une nouvelle constitution ".
Manifestants, soit dit en passant, manipulés et infiltrés par Ennahdha !

BCE n'en voyant pas l'utilité, était contre : il suffisait selon lui de faire un lifting à celle de 1959, pour la débarrasser des articles commandés "sur mesure", puisqu'elle était bien faite et peut encore servir.
Mais en démocrate, il s'est plié à la volonté du "peuple"....

Il a convoqué 48 partis (les plus importants) pour organiser la suite à donner à cette demande du "peuple".
L'accord obtenu était :
- organiser une élection en vue d'une constituante qui se chargera dans un délai de un an maximum de rédiger une nouvelle constitution.
- maintien du gouvernement provisoire de BCE;
- maintien de Fouad M'Bazza au poste de président provisoire.
Assurant ainsi la transition jusqu'aux élections législatives et présidentielles dont les dates seraient communiquées par l'ANC !

Quelques partis dont Ennahdha ont refusé cet accord.

BCE a demandé à Yadh Ben Achour de s'en occuper et de voir comment organiser l'élection d'une constituante, le code électoral et les élections ....

YBA a pu, après des palabres interminables, obtenir à l'arraché l'engagement de 11 partis, dont celui d'Ennahdha qui a finalement imposé ses conditions :

- élection d'une constituante,
- dont le mandat est de un an, mais qui
- formera un gouvernement à partir de ses membres, et
- désignera un président de la république sorti de ses rangs !
- et pour assurer des élections « non trafiquées » et rassurer Ghannouchi, l’ISIE fut crée, première en son genre !

En somme c'était ce que voulait Ghannouchi depuis le début.
Assuré par les pétro dollars de l'émir de gagner les élections, Ghannouchi a préparer ainsi le terrain pour installer ses hommes dans le paysage politique en lieu et place de BCE et de Fouad M'Bazza...

Et voilà comment un homme intègre et intellectuellement honnête mais pas "politique", va faire confiance à vieux loup en politique : Ghannouchi ... et se faire avoir … et les tunisiens avec !

Le 23 octobre 2011, malgré une campagne électorale scandaleuse, Ennahdha est arrivée en tête mais n'a pu obtenir la majorité !

La suite on l’a découverte au jour le jour : Une fois au pouvoir, Ghannouchi a mis de coté ses 360 résolutions sur lesquelles il a fait campagne, pour instiller puis tenter d'imposer son programme de toujours : la chariâa, lui qui rassurait les tunisiens de maintenir le statut civil de la Tunisie !

BCE et YBA, ont pensé avoir traité avec un honnête homme ! Ils lui ont fait confiance, d’autant qu’il leur a donné sa parole et signé un engagement en ce sens que la constituante respectera le délai de un an ! Mais Ghannouchi les a eu au bluff !

Le 23 octobre 2012, Ghannouchi et ses hommes ont réussi un autre coup de bluff pour se maintenir au pouvoir en jouant d’une légitimité qu’ils n’ont plus, pour jouer les prolongations !
L’opposition, sous la houlette de l’UGTT, a bien voulu proroger le mandat des constituants et donc de la troïka, en y mettant toutes fois des conditions :
- Dissolution des comités de protection de la révolution,
- Remplacement, à la tête des ministères régaliens (Intérieur, Justice et Affaires Étrangères), des actuels ministres par des hommes « neutres », voir par des technocrates,
- Mise en route de l’organisme qui doit remplacer l’ISIE,
- Un agenda pour la remise du texte définitif de la Constitution et des dates pour les élections …

Mais une fois de plus l'opposition et l’UGTT se sont faits avoir, puisque forts de la reconduction de leur « légitimité », Ghannouchi et ses hommes ne respecteront aucune de leurs conditions.
Narguant même l’opposition et l’UGTT de la légitimité des comités de protection de la révolution, qu’ils détiendraient du peuple et de l’inamovibilité des ministres puisqu’ils sont au service d’un gouvernement légitime ! ….
Quant à l’ISIE, ils ne semblent pas en faire une priorité … le temps pour eux de trouver le moyen d’organiser des élections « truquées » … voir même de les annuler purement et simplement !
BCE rappelle qu’Ennahdha joue du concept « légitimité », puisque le gouvernement que forme la troïka tient sa légitimité uniquement des constituants, lesquels ont perdu la leur le 23 octobre 2012 !
En somme, ils se moquent de tout le monde et des tunisiens compris !

Et voilà comment aura manœuvré Ghannouchi pour tout faire pour arriver au pouvoir ; et maintenant de tout faire pour y rester en dupant des hommes qui lui ont fait confiance !

C'est pourquoi BCE semblait déterminé à ne plus se laisser abuser par une bande de voyous qui ne respectent rien !
L'opposition et toutes les forces vives de la Tunisie, dont l'UGTT et toutes la société civile, feront-elle bloc avec BCE ... pour une sortie politique de la crise exacerbée par les évènements de Siliana et l’assassinat de Tataouine ?

Pourtant il le faut, car les tunisien n'en peuvent plus de leur attentisme  ... et risquent de rentrer dans une nouvelle révolte pour "dégager" ceux qui, à l'évidence, veulent s'imposer par la force et instaurer un nouvelle dictature en Tunisie.

Rachid Barnat


L'héritage en Islam


Pr. Mohammed ARKOUN


"Quels sont les arguments et ressorts de la shariâ qui peuvent permettre de changer la question juridique de l'héritage afin de s'acheminer vers l'égalité ? Dans le cas de l'inexistence de ces ressorts, que préconisez-vous comme solution ?"
Il n’y a pas de solution possible à la question de l’héritage des femmes par rapport aux hommes, parce que les États musulmans souscrivent au principe selon lequel aucune loi élaborée, édictée et appliquée par les hommes ne peut avoir préséance sur une disposition énoncée explicitement dans le Coran même. Le verset coranique énonce explicitement que la part revenant au garçon équivaut au double de ce que reçoit la fille (wa li-ldhakari mithl hazzi-l-unthayayn). Lorsque Bourguiba avait essayé de modifier cette disposition, il a soulevé une telle opposition qu’il a dû y renoncer.  
Cela dit, j’ai montré dans plusieurs textes que la question générale du droit dans les pays musulmans doit être repensée de façon radicale en ouvrant des débats qui ont eu lieu durant les trois premiers siècles de l’hégire, mais qui ont été progressivement arrêtés après le triomphe des cinq écoles théologico-juridiques qui continuent de servir d’instances de l’autorité jusqu’à nos jours. La pensée juridique dans les pays musulmans est loin d’être unifiée : ce qu’enseignent les facultés de droit moderne et séculier est très différent de ce qu’on continue d’inculquer dans ce qu’on appelle abusivement les facultés de Sharî‘a. La différence majeure est que la pensée juridique islamique veut ignorer que la Loi divine (confondue avec le droit positif nommé fiqh) a aussi une histoire en ce sens qu’il n’échappe pas aux pressions de changement imposées par l’histoire. Le cas de la condition juridique des femmes est un exemple de l’urgence ressentie dans le monde contemporain pour assurer aux femmes les pleins droits donnés aux hommes depuis longtemps.
La résistance aux changements dans les sociétés musulmanes actuelles vient plus des régimes politiques en place que des ‘ulamâ’ devenus on le sait des fonctionnaires de l’Etat.  Il y a beaucoup de travaux modernes consacrés à l’histoire du droit (fiqh) qui ne sont guère, voire jamais lus, ni enseignés pour rendre possible le passage du droit médiéval au droit moderne fondé sur les grands acquis de la philosophie politique et juridique moderne. Je ne minimise pas les attitudes de la croyance orthodoxe qui confond les instances de l’autorité divine dans le discours coranique et celle contingente, révisable des théologiens et des juristes qui ont lu et interprété les textes comme nous devons le refaire aujourd’hui avec les connaissances et les principes modernes de la pratique démocratique.
Je ne peux en dire plus ici. Le lecteur intéressé peut lire des analyses plus approfondies dans mon livre Humanisme et Islam, notamment le chapitre 5 consacré à La critique de la Raison juridique en Islam.



    samedi 1 décembre 2012

    CE QUE DOIT FAIRE L'OPPOSITION LE 4 DÉCEMBRE

    Article paru dans : 
    Kapitalis
    Saudiwave


    M. Marzouki envisage de réunir l'ensemble des partis politiques pour tenter de sortir de la grave crise de confiance à la suite des évènements de Siliana. C'est, sans doute, pour ce pouvoir aux abois une manière de tenter de créer une sorte d'union nationale mais l'opposition doit bien se garder de tomber dans ce piège. 
    Elle doit répondre évidemment à cette invitation mais en publiant clairement ses objectifs et se montrer ferme dans leurs défense. 
    Voici donc le texte que, pour ma part, je suggérerai aux partis d’opposition qui devraient avoir là une occasion de se réunir et d'exiger certaines modifications.

    ******
    Nous ensemble des partis de l’opposition, rappelons que le pouvoir actuel, issu des élections du 23 octobre 2011, est devenu illégitime le 23 octobre 2012. Qu’il n’avait, en effet, été élu que pour un an, temps de rédiger une nouvelle Constitution ainsi que l’avait clairement précisé le décret de convocation aux élections, sans parler de l’accord sur ce point qui avait été signé par les 11 partis politiques, dont celui d’Ennahdha.
    Qu’ainsi, le 23 octobre 2012 ce pouvoir devenait tant sur le plan juridique, que politique et moral illégitime.

    L’ensemble de l’opposition a cependant, en décevant d'ailleurs nombre de ses partisans, accepté tacitement la prolongation de ce pouvoir en continuant à siéger à l’Assemblée
    Constituante mais après avoir exprimé lors de la réunion de consensus organisée par l’UGTT un certain nombre d’exigences :

    - dissolution des Comités dits de « protection de la Révolution »,
    - changement dans la composition du gouvernement et départ des Ministres de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères,
    - organisation d’un gouvernement plus resserré et formé de personnes techniquement compétentes,
    - calendrier rapide pour de nouvelles élections.

    Le pouvoir n’a satisfait aucune de ses revendications et vient  de se comporter de manière très grave dans la gestion des revendications des habitants de Siliana.

    Monsieur Moncef Marzouki a décidé de réunir l’ensemble des partis le mardi 4 décembre 2012, nous acceptons évidement de participer à cette réunion mais nous tenons à indiquer clairement nos exigences et nous  indiquons donc clairement ci-dessous les demandes expresses et fermes de l’ensemble des partis d’opposition signataires, en précisant que, faute d’obtenir satisfaction sur ces points essentiels, nous considérerons à nouveau que le pouvoir a perdu toute légitimité démocratique.

    Nos réclamations sont les suivantes:

    - Changement de gouvernement dont chacun a constaté l’échec patent en constituant ainsi que l’a d’ailleurs préconisé M. Marzouki lui-même un nouveau gouvernement plus restreint et composé de techniciens. Nous exigeons en toutes hypothèses et, au minimum , le départ des ministres de l’intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères.
    - Dissolution sans condition des Comités dits de défense de la révolution qui  sont à l’origine de voie de fait insupportables et qui veulent se substituer à la Justice, ce qui est totalement inacceptable dans un pays démocratique
    - Après l’intervention récente dans une mosquée d’un imam wahhabite qui s’en est pris à l’opposition, transformant une mosquée en meeting politique, interdiction absolue des prêches politiques dans les mosquées sous peine de sanction pénales.
    - Mise en place d’un calendrier ferme et rapide concernant la publication de la Constitution dont la rédaction traîne volontairement en longueur de manière qui devient scandaleuse et concernant les élections.
    - Vote rapide sur une Instance neutre et indiscutable d’organisation et de contrôle de la loyauté des élections.

    Faute d’obtenir satisfaction sur ces points légitimes, les partis signataires unanimes considéreront que le pouvoir en place a perdu définitivement toute légitimité et se réserveront la décision de ne plus participer à la vie politique institutionnelle qui deviendrait de ce fait une mascarade. 

    Rachid Barnat


    PS : Le 2/12/12, BCE sur Nessma TV :

    Sans vouloir entrer dans des polémiques stériles, il demande du concret à la troika :
    - Démission du gouvernement actuel,
    - Formation d'un nouveau gouvernement restreint, de technocrates, 
    - Nomination de personnes indépendantes et compétentes aux ministères régaliens,
    - L'ANC doit revenir à ce pourquoi elle a été formée : ses travaux doivent se restreindre à la rédaction de la constitution et à l'organisation des prochaines élections pour clore la deuxième phase de la transition vers la démocratie.
    Il reproche aux constituants d'avoir oubliés leur premier rôle pour se croire législateur alors qu'ils sont provisoires. 
    Il rappelle aux constituants la différence entre eux et les parlementaires : ils doivent élaborer la constitution par consensus, contrairement aux parlementaires qui légifèrent par vote majoritaire !
    - Décembre 2012 : date limite pour remettre la nouvelle constitution, du code électoral et pour fixer les dates des prochaines élections.
    - Dissolution des comités de" protection de la révolution" pour rétablir un climat serein pour la vie politique des partis. 
    BCE ironise que tout le monde s'est " installé " protecteur de la révolution, et plus particulièrement ceux qui ne l'ont pas faite !
    - A propos des punition collective :
    BCE s'étonne qu'Ennahdha arbitrairement décide de qui peut faire ou non de la politique, ou de qui doit être écarté de la Justice ...
    il dénonce qu'Ennahdha veuille décider à la place du peuple et choisisse pour lui, appliquant ce que font les " Frères Musulmans " en Egypte... allant jusqu'à les copiant dans la durée d'interdiction de l'activité politique : 10 ans ! 
    Alors qu'ils le font dans un but électoraliste. 
    Il trouve que le CPR en fait même son fond de commerce ....
    BCE se demande, qui sont-ils et qui représentent-ils pour interdire en lieu et place du peuple, alors que nous sommes en phase transitoire et provisoire de la révolution ?
    BCE dénonce l' hypocrisie de la troïka qui veut écarter ceux-là même qui ont bâtit la Tunisie et ont permis à ceux qui les critiquent d'être là où ils sont .... 

    A propos de Siliana il s'étonne de la réaction du gouvernement qui applique la règle de "deux poids de mesures", quand il traite les habitants de Siliana sans ménagement alors qu'il excusait la violence des salafistes parce qu'ils ne viennent pas de la planète Mars ... et pose la question si les enfants de Siliana viennent de cette planète ?
    Il est choqué que le gouvernement fasse recours à des armes interdites par les conventions internationales signées par la Tunisie !