lundi 27 octobre 2014

ELECTIONS LÉGISLATIVES : UN OUF DE SOULAGEMENT, AU GOÛT AMER !

Article paru dans : 
Kapitalis
Agoravox

ELECTIONS LÉGISLATIVES : Faut-il en rire ou en pleurer ?
La troika a-t-elle été sanctionnée pour sa mauvaise gestion qui a ruiné le pays ? 
Si la réponse est oui pour les deux judas de la République, Tartour & le Groggy du perchoir, puisque le CPR du premier est moribond et Ettakatol du second disparaît de la circulation; la réponse est non pour Ghannouchi, dont on s'étonne du score recueilli par son parti, alors que ses sympathisants sont tout au plus 800 000 dans une population qui compte plus de 5 millions de votants !!
Et là, des questions se posent : Pourquoi les deux premiers et leur parti ont été sanctionnés; et pas Ghannouchi et le sien ? 
Qui derrière ce score ? Que cache ce score ?

Le 26 octobre 2014 entrera dans l'histoire de la Tunisie comme une étape importante dans l'instauration de la démocratie en Tunisie ! Ce fut un accouchement douloureux au forceps, d'une démocratie au goût amer.
A voir les plateaux TV des chaînes de TV nationales et privées de Tunisie, on remarque une jubilation de soulagement qu'expriment les invités politiques, observateurs, journalistes et autres analystes, comme si tous n'ont retenu de ce scrutin législatif, que le net recul d'Ennahdha et l'émergence de Nidaa Tounes.

Faut-il rappeler l'enjeu de ces élections ? 
Si pour les Tunisiens il était clair qu'il fallait écarter les Frères musulmans de tout pouvoir pour leur idéologie néfaste qui a mis à genou la Tunisie en 3 ans de pouvoir, et les occasions n'ont pas manquées pour leur dire leur rejet (assassinats politiques de Chokri Belaid, de Lotfi Naghedh, de Mohamed Brahmi ...); pour l'opposition, son attitude vis à vis des Frères nahdhaouis, a agacé bon nombre de Tunisiens d'autant qu'elle traitait les "Ikhwanjia" nahdhaouis comme s'ils étaient incontournables et indispensables à la vie politique en Tunisie. Obéirait-elle à des "pressions" étrangères qui veulent que les islamistes restent coûte que coûte au pouvoir ou du moins dans le paysage politique en Tunisie, depuis que leurs "frères" en Egypte ont été écartés du pouvoir et leur parti a été interdit pour cause de terrorisme ? Il faut croire que oui ! Faisant de la Tunisie un laboratoire pour expérimenter de nouveaux concepts "démocratiques" qui choqueraient les démocrates des vieilles démocraties mais que leurs dirigeants veulent imposer aux démocrates tunisiens ! Rappelez-vous les manifestations massives quotidiennes durant plus d'un mois, pour dire "Dégages !" à Ennahdha responsable de tous les malheurs des Tunisiens et des assassinats politiques ! Que fit chaque fois l'opposition ? Elle a repris le dialogue après chaque assassinat avec les responsables politiques de la mort de Lotfi Naghedh, de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi ! Et de "consensus", en "dialogue national", concepts que découvrent ahuris les démocrates tunisiens; l'opposition a chaque fois légitimé un parti qui a perdu toutes les légitimités et en premier la légitimité électorale ! Ce qui est une première en "démocratie" que des élus refusent de respecter ni le peuple ni le mandat qu'il leur accorde ni sa durée ... et l'opposition acquiesce ! 

Et depuis, les tunisiens ont compris le rôle joué par les américains et les européens qui soutiennent les Frères musulmans : ils voulaient par tous les moyens les imposer aux Tunisiens; poussant le cynisme jusqu'à prétendre que leur islamisme est modéré et compatible avec la démocratie ! D'où leur idée de "consensus" et de "dialogue national" pour redonner leur chance à des "frères" que les tunisiens exècrent de plus en plus, transformant ainsi la Tunisie en laboratoire expérimental pour une "démocratie spéciale" pour le "monde arabe", après l'échec de la démocratie version occidentale en Irak, inadaptée aux "arabes" , selon leurs analystes !

Selon les estimations des observateurs, Ennahdha compterait entre 500 000 et 800 000, entre adhérents et sympathisants. Alors que le nombre d'électeurs potentiels tunisiens est estimé à plus de 5 millions !
Au vu du résultat des élections législatives et des premières estimations, on s'étonne de voir que Nida Tounes ne récolterait que 37 % voix alors qu'Ennahdha en récolterait 26 % !
Alors que logiquement les Tunisiens auraient pu à l'occasion de ce scrutin sanctionner sévèrement Ennahdha comme ils ont sanctionné CPR & Ettakatol, ses partenaires dans la troïka qui a gouverné pendant 3 ans !

Comment expliquer cela ?  
- Le laxisme dont a fait preuve l'opposition envers les Frères musulmans nahdhaouis a désespéré et découragé beaucoup de tunisiens qui ont opté pour l'abstention !
Dans le contexte de chaos organisé par Ennahdha, il lui était facile de mobiliser ses sympathisants car elle a les moyens financiers pour le faire grâce à la générosité du sponsor des Frères musulmans : l'émir du Qatar !
- Ennahdha durant le gouvernement de la troïka qu'elle dominait, a infiltré tous les rouages de l’État et ses administrations, comptant bien sur ses hommes pour les miner de l'intérieur !
Lors des élections législatives les tunisiens ont pu constater à leurs dépens une fois de plus l'étendue de la main mise d'Ennahdha sur leurs administrations; puisque bon nombre de tunisiens n'ont pu voter pour raison de mauvaises organisations : amateurisme diraient certains ou sabotage penseraient d'autres ! Et comme par hasard les "oubliés" de l'ISIE sont anti-Ennahdha, ce qui fut le cas de beaucoup de tunisiens vivant à l'étranger !!
- Rappelez-vous les incidents à répétition pour empêcher la vie démocratique des partis, empêchant ou perturbant les meetings de l'opposition, par les "salafistes" enfants de Ghannouchi si ce n'est par les prétendus "protecteur de la révolution" (LPR), les protégés de Marzougui !
- Faut-il rappeler le rôle du terrorisme qui, comme par hasard, reprenait chaque fois qu'Ennahdha est dans la difficulté ... et dont les derniers actes terroristes ont eu lieu en pleine période électorale, à dessein ! 

Certains "positivistes", comme pour se donner du courage, estiment que c'est mieux que rien et surtout mieux que d'autres pays arabes encore dans la panade ! Puisque la Tunisie initiatrice du "printemps arabe", est encore la première à avoir tiré son épingle du jeu malgré l'ouragan islamiste qui l'a traversé durant trois ans !

L'avenir nous dira si la démocratie naissante malgré son accouchement douloureux, survivra et grandira pour permettre l'entrée de la Tunisie dans le club des grandes démocraties.

Rachid Barnat

PS : Résultats définitifs 
Resultats-des-legislatives-2014-Banniere

dimanche 26 octobre 2014

RESULTAT DES ELECTIONS !

Aimen Zine/AP/SIPA

La Tunisie vote :  Suivez les élections législatives en direct


En Tunisie, la participation s'élève à 61,8% d'électeurs inscrits, sur près de 5 millions. Environs 3 millions d'électeurs ont donc voté en Tunisie.
Le nombre d'électeurs total s'élève ainsi à 3,15 millions sur près de 5,3 millions d'électeurs inscrits. Le taux de participation total s'élèverait dont à environ 60%.
En Tunisie, le taux de participation de 15 circonscriptions:
Ben Arous: 70%
Nabeul 1: 67%
Nabeul 2: 69,44%
Kairouan: 58,89%
Kasserine: 51,87%
Tozeur: 51,97%
Kebili: 61,27%
Sousse: 65,47%
Mahdia: 64,70%
Monastir: 61,45%
Sfax 1: 62,13%
Sfax 2: 65,74%
Gabès: 60,83%
Medenine: 55,62%
Tataouine: 55,98%
L'ISIE a communiqué les taux de participation des circonscriptions à l'étranger, qui restent très faibles:
  • France 1: 48%
  • France 2: 25%
  • Italie: 14%
  • Allemagne: 29%
  • Amériques et reste de l'Europe: 28%
  • Pays arabes et reste du monde: 38%
Le taux de participation global s'élève à 29%, soit légèrement plus de 104.000 électeurs, sur près de 360.000 inscrits.
Les premières estimations donnent Nidaa devant les Frères musulmans nahdhaouis.
Plus de 92 sièges pour Nidaa avec 37 % des voix
A peine 56 sièges pour Ennahdha avec 26 % des voix
Front populaire obtiendrait 5,4 % des voix


samedi 25 octobre 2014

Les élections du 26 octobre seront une confrontation de deux systèmes de valeurs



Les statisticiens, les experts en matière d’étude de l’opinion publique, les sondeurs et les spécialistes de la prospective ne se contentent pas de procéder à des estimations des pourcentages de voix qui seront obtenus par chaque parti aux prochaines élections ou bien aux cotes de popularités du personnel politique. Non. Cette idée est fausse ou tout au moins, incomplète.

Chez nous, comme ailleurs, les experts cherchent à identifier les motivations profondes qui sont derrière le choix du parti favori et des personnes à élire. Le « marché politique » est segmenté, divisé, scruté de près afin de déterminer les vraies raisons qui sont derrière le choix de chacun.
Il s’avère ainsi que, contrairement à l’occident et aux démocraties bien établies où le choix est basé à 90% sur les programmes et notamment sur le rôle de l’Etat dans le champ économique et social et 10% sur les valeurs, les tunisiens inversent ces proportions.

Le poids des programmes est chez nous presque négligeable, seules les aberrations qu’ils contiennent attirent l’attention. 
Ces programmes ne rentrent que pour 10% dans notre choix. 
90 % de celui-ci est basé sur les valeurs que l’on veut promouvoir et celles dans lesquelles on se reconnait : Nidaa et ses alliés d’un côté et Ennahdha et les siens de l’autre, sont opposés essentiellement sur ce plan.

1°/ Il ressort ainsi que la question de l’identité est très déterminante. Pour la plus grande frange de la population, le majorité au pouvoir ne doit pas faire partie d’une internationale fut-elle islamique, la Tunisie doit être appréhendée en tant que telle, petit pays indépendant, pauvre en ressources, moderne, ingénieux, à l’avant-garde des arabes et des musulmans et non pas comme faisant partie d’une quelconque « Umma » dirigée de très loin.
Les élections du 26 octobre seront une confrontation de deux systèmes de valeurs
VOTER LE 26 OCTOBRE, C'EST CHOISIR :
l'Obscurantisme sacré, ou
les Lumières !
Le vocabulaire, la gestuelle, le mode vestimentaire et la communication non verbale sont les attributs à travers lesquels l’électrice tunisienne essaie de détecter cette première valeur. L’appartenance soulignée au monde arabe, le « complotisme » ou paranoïa anti-occidentale, sont également des dimensions de cette valeur « identité ».

2°/ La seconde valeur est celle de « l’ouverture ». Les tunisiens, dans leur majorité, sont pour l’ouverture non sélective. Ouverture sur l’Europe et sur l’Occident d’abord, sur le monde arabe (pays du Golfe essentiellement) ensuite et sur l’autre en général. Nous ne sommes pas les héritiers des phéniciens pour rien. Le clivage réside ici entre tenants de l’ouverture totale et ceux de l’ouverture sur les pays arabes et musulmans.

3°/ La troisième valeur est celle dont nous parlons le plus. Il s’agit des rôles de la femme, de l’homme et de l’enfant dans la société, de la vie en commun et du référentiel devant inspirer notre législation en la matière. Faut-il se référer aux préceptes de l’Islam? Faut-il s’inspirer des valeurs universelles? Faut-il faire une synthèse tunisienne? Les questions du mariage, du divorce, de l’adoption, de l’héritage, du travail de la femme, sont ainsi réglées sur le papier, dans les textes et dans les discours officiels mais pas dans la société. Discutez 5 minutes avec un conservateur et il vous sortira immanquablement que notre corpus législatif n’est pas conforme à la Chariaa.

En schématisant et en grossissant les traits, nous dirons que nous avons :
- D’un côté des partis qui prônent l’indépendance de la Tunisie petit pays par sa géographie mais très grand par son histoire, son ouverture sur le monde entier et le caractère civil de sa législation. 
Il s’agit de mon point de vue, de Nidaa, de Massar, d’Afek, d’Al Jomhouri et du Front populaire.
- De l’autre côté nous avons les partis qui considèrent la Tunisie qui étant un élément d’un « tout » qui la dépasse, qui prônent l’ouverture exclusive sur le monde arabe et musulman et qui ne cessent de critiquer, souvent en sous-main, par sous-traitance la législation « sociétale » tunisienne. 
Il s’agit d’Ennahdha, du CPR, de Wafa, d’El Mahabba et d’Ettayar.

Personnellement, sans aucun doute, sans aucune hésitation, comme la très grande majorité des tunisiens, je me place dans le premier camp.
Les élections du 26 octobre me donneront-elles raison?

vendredi 24 octobre 2014

L'opposition en Tunisie réédite le scénario de 2011 !

Les progressistes sont complètement immatures : à nouveau ils sont tombés dans le piège des Frères musulmans adeptes de la devise "diviser pour mieux régner " ! Curieux qu'ils n'aient pas tiré la leçon du 23 octobre 2011. Ils le paieront chers. Dommage pour la Tunisie. 
Il ne reste aux Tunisiens que le vote utile pour triompher des petits egos qui finissent par être des traîtres à leur patrie. C'est la dernière carte qui reste aux Tunisiens s'ils veulent sauver leur révolution !
R.B
Elections en Tunisie : les opposants aux islamistes de nouveau en ordre dispersé
Divergences idéologiques, querelles d'ego et mode de scrutin à la proportionnelle laissant une chance aux petites écuries: les détracteurs des islamistes auront le choix entre une multitude de listes. Ennahda a su, pour sa part, préserver son unité et reste avec ses dizaines de milliers de militants revendiqués le seul véritable parti de masse organisé du pays. 
L'opposition n'a pas appris (la leçon de 2011). Il y a chez elle un manque de conscience de la sensibilité de la période actuelle (...) et d'à quel point cet émiettement sert Ennahda ", explique Khaled Abid, spécialiste de l'histoire contemporaine de la Tunisie. 
Il évoque en outre " le narcissisme " des leaders de l'opposition: " chaque dirigeant de parti se voit au pouvoir ". 
Si Nidaa Tounès, un parti hétéroclite réunissant militants de gauche, syndicalistes, hommes d'affaires et même des membres du parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, se détache très largement, la présence des autres listes séculières peut lui coûter la première place, celle qui, selon la Constitution, détermine le parti devant former le prochain gouvernement. 
Fondée en 2012 par l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle Béji Caïd Essebsi, 87 ans, cette formation fait à la fois campagne contre les islamistes et contre ses alliés d'hier, comme l'Union pour la Tunisie (UPT, gauche), tout en promettant une alliance au pouvoir à ces derniers. 
- " Le vote utile, une supercherie " - 
Un appel qui trouve un écho certain chez ceux qui, coûte que coûte, veulent éviter que les islamistes reprennent les rênes du pays. 
Je vote sans hésitation Nidaa et Béji. Ce sont les seuls à pouvoir nous sauver. Tout plutôt que d'avoir Ennahda au pouvoir pendant cinq ans ", assure Emna, une jeune Tunisienne travaillant dans une entreprise privée.  
Les partis allant du centre-droit à l'extrême-gauche ne cessent dès lors de dénoncer un risque de " bipolarisation " de la vie politique et de prôner les vertus d'un scrutin qui permet même aux petits d'être représentés. 
Les Tunisiens et les Tunisiennes méritent une représentativité plus large ", martèle Mohamed Hamdi, de l'Alliance démocratique. 
Le vote utile est une supercherie politique, de la paresse politique ", assure aussi Samir Taïeb, tête d'une des listes de l'UPT. 
Pourtant, l'UPT s'est d'ores et déjà dit prête à former une alliance post-électorale avec Nidaa Tounès et à recréer leur éphémère alliance anti-Ennahda formée après les assassinats en 2013 de deux opposants aux islamistes. 
D'autres partis font eux campagne sur le " ni, ni ", estimant qu'Ennahda et Nidaa Tounès cherchent en réalité à se partager le gâteau, au nom du " consensus ". 
- " Alliance contre-nature " - 
"Le scénario est connu. Avant les élections, (ils disent) " nous ne nous allierons pas ", après, on vous dira " l'intérêt national requiert un gouvernement de consensus ". Tu votes Ennahda, tu te retrouves avec Nidaa, tu votes Nidaa tu te retrouves avec Ennahda ! " estime le richissime Slim Riahi, à la fois patron de club de foot, chef de parti, candidat à la présidentielle et homme d'affaires au passé controversé. 
Dans ce contexte, pour Khaled Abid, il est possible qu'aucune force politique islamiste ou séculière n'ait de majorité assez forte pour créer une majorité homogène, et dès lors la Tunisie pourrait bien connaître une période d'instabilité politique. 
Parmi les scénarios possibles, " Nidaa pourrait être obligé de former un gouvernement avec Ennahda. Une alliance contre-nature mais pragmatique, et qui ne durera pas forcément ", dit-il. 
Sans compter les divisions au sein de certains partis. Nidaa Tounès, agité par des tensions internes, a exclu en septembre deux de ses figures; l'une ayant publiquement posé des questions sur l'état de santé de Béji Caïd Essebsi, l'autre soutenant un candidat différent à la présidentielle. 
Certains militants reprochent en outre à leur leader de ne pas passer la main à une génération plus jeune, et d'autres enfin n'apprécient guère un rapprochement trop marqué avec des caciques du régime déchu. 

Certains n'ont pas encore saisi le véritable enjeu des élections !

Certains n'ont pas encore saisi le véritable enjeu des élections du 26 octobre 2014 qui est primordial : le choix de société qu'ils voudraient pour la Tunisie ! Puisque les Frères musulmans nahdhaouis contestent celui des tunisiens pour leur imposer celui de leurs sponsors pétromonarques !
Ils parlent de ces élections comme s'ils étaient dans un pays à tradition démocratique et comme si le pluralisme était comparable à celui des vieilles démocraties d'Europe où ils vivent ! Oubliant même que les progressistes peuvent s'unir contre un danger imminent : ce qui fut le cas en 2002 quand il y eut l'union sacrée pour Chirac contre le Pen !
Ils n'ont pas l'air de comprendre le drame des Tunisiens qui se sont vus confisqués leur révolution par le Qatar et ses protégés les Frères musulmans ... dont les Tunisiens ont pu vérifier l'ampleur des désastres à tous les niveaux qu'ils ont fait subir à la Tunisie !
Car en pareil cas, il faut voter utile pour le salut public !
Sinon ils rééditent l'échec du 23 octobre 2011, car le mode du scrutin imposé par les Frères musulmans nahdhaouis n'est pas innocent : ils savent qu'il leur profitera. Diviser pour mieux régner est la devise qu'adopte Ghannouchi. Piège dans lequel tombent en toute bonne foi certains !
R.B 

Eliès Jouini : Pour qui je vais voter

« Ne pas voter c'est potentiellement accepter de donner sa voix à sa bête noire, quelle qu'elle soit », souligne Elyès Jouini qui met en garde contre l'abstention et appelle à voter, utilement. Mais, quelle est sa définition du vote utile? Pour qui compte-t-il donner sa voix ? Et pourquoi ?  Il répond aux questions de Leaders. Interview: 
Leaders : Vous allez voter samedi à Paris. À qui allez-vous apporter votre suffrage ?
Elyès Jouini : Je le ferai dans le secret de l'isoloir mais ce que je peux vous dire et qui me semble-t-il est plus intéressant pour vos lecteurs, ce sont les règles de choix que j'appliquerais aussi bien à Paris qu'ailleurs si j'avais à le faire.
Leaders : Quelles sont-elles ?
Elyès Jouini : Tout d'abord voter. Le vote est une obligation civique. Mais voter c'est également apporter sa contribution à la construction de l'édifice et refuser de laisser les autres décider pour vous. Ne pas voter, c'est potentiellement accepter de donner sa voix à sa bête noire quelle qu'elle soit.
Ensuite, je sais que je ne voterai pour aucun des partis qui sont la cause de la débacle sécuritaire, économique et sociale que nous avons connue en 2012 et 2013 et dont le gouvernement actuel supporte encore les conséquences.
Car, il faut rétablir la vérité. Contrairement à ce que l'on peut lire et entendre et que les leaders d’Ennahdha clament haut et fort, Ennahdha n'a pas quitté le pouvoir parce qu'il faisait passer les intérêts du pays avant les siens. Ennahdha a été poussé hors du gouvernement justement parce qu'elle n'a cessé de faire passer ses intérêts avant ceux du pays !
De même, lorsque je vois certains s'autoproclamer père de la constitution, j'inviterais à un peu plus de modestie voire à un examen de conscience.
Je m'arrête là car on ne tire pas sur une ambulance.
Leaders : On a bien compris, vous ne voterez pour aucune des listes issues de la défunte troïka. Cela laisse encore beaucoup de possibilités !
Elyès Jouini : Effectivement ! Je restreindrais ensuite mon choix à des partis qui ont de vraies idées et un vrai programme. Par là j'entends des partis qui ne se contentent pas de promettre tout et tout de suite ou qui n'ont à offrir que de bonnes paroles, mais des partis qui ont une vision globale, c'est-à-dire des partis en mesure de gouverner et de conduire le pays vers des lendemains meilleurs. Des lendemains de mieux-être économique, de justice sociale et de respect des libertés et des droits. A cette aune, il est facile de vérifier que les listes qui restent se comptent sur les doigts d'une main.
Leaders : Dans cette liste, il y a certainement Nida.
Elyès Jouini : Oui ! Et j'ai un immense respect et une très grande admiration pour Beji Caïd Essebsi. Tant pour l'homme que j'ai un peu eu l'occasion et l'honneur de côtoyer mais également pour ce qu'il a réalisé avec Nida, un rassemblement, une force, une dynamique !
Leaders : Alors vous appelez à ce que certains ont appelé le vote utile ?
Elyès Jouini : Tout dépend de ce que l'on appelle le vote utile. Si c'est une injonction à voter partout pour les listes issues d'un seul parti, je trouve que c'est là une approche un peu totalitaire du vote.
Leaders : Et quelle est votre définition du vote utile ?
Elyès Jouini : Pour moi voter utile, c'est d'abord voter pour un parti de gouvernement, un parti moderniste, un parti capable de travailler avec une majorité large dans laquelle, sans nul doute, Nida est en position d'être leader. C'est ensuite voter, parmi les candidats et les listes qui répondent à ces critères, pour celui qui est à la fois proche de mes valeurs et qui a le plus de chances de l'emporter dans la circonscription concernée. Pour moi voter utile, c'est réaliser la jonction entre l'éthique de conviction et l'éthique de responsabilité. 
Leaders : Mais vous savez que c'est le parti qui arrive le premier qui a la responsabilité de composer le gouvernement. Ne prenez-vous pas là un risque ?
Elyès Jouini : Peu importe qui compose le gouvernement si il y a une majorité responsable forte et unie au sein du Parlement. Elle pourra, si elle n'a pas la main pour composer le gouvernement, censurer toute proposition issue de la partie adverse et reprendre alors la main. A condition bien sûr qu'elle reste unie.
Leaders : Mais alors, si j'ai bien compris, vous n'appelez pas à voter partout de la même couleur ?
Elyès Jouini : Tout à fait ! Je peux aussi bien appeler à voter pour des députés sortants qui n'ont pas démérité comme Noomane Fehri, Maya Jeribi, Samira Merai ou Samir Taïeb. De même que je pourrais appeler à voter Afek à Mahdia, Manouba ou Paris et à voter Nida à Tunis et partout où la dynamique de Nida est prépondérante.
De même que je voterais Nida partout où la démarche ci-dessus n'aboutirait pas à la mise en avant d'éléments permettant de trancher autrement.


jeudi 23 octobre 2014

Nouvel Ordre Mondial

Etat Islamique, Saoud, Nouvel Ordre Mondial : 

entretien avec Imran Hosein

Cercle des Volontaires : Je voudrais parler de DAESH (ou l’Etat Islamique). Selon vous, pourquoi des musulmans vont combattre pour cet « Etat Islamique », et sont-ils des vrais musulmans ? Quelles sont les raisons de leur choix ?
Imran Hosein : Dieu parle, dans le Coran, de gens qui ont des yeux, mais qui ne peuvent voir, car ils sont aveugles intérieurement. Lorsque tu es aveugle intérieurement, le chef d’orchestre peut jouer n’importe quelle musique, et tu le suivras. Le chef d’orchestre a un plan d’envergure. Et ce plan se prépare. Le but étant de diviser les sunnites et les chiites par le biais de guerres civiles, à travers le monde musulman. La première étape vers la réalisation de ce plan était les révolutions islamiques en Iran, amenant le monde chiite sur le devant de la scène. Puis, est venu l’attaque irakienne de Saddam Hussein contre l’Iran, ayant pour but de transcender les nations Irak/Iran en un territoire sunnite/chiite. Bien que la guerre ait duré huit années, ils n’y sont pas parvenus. Mais ils ont persisté.
Et l’armée de l’insurrection en Syrie a vu un de ses objectif accompli : provoquer une guerre civile entre sunnite et chiite. Cette armée de l’insurrection s’est agrandie depuis trois ans, mais n’est toujours pas parvenu à ses fins. Aujourd’hui, ils tentent un dernier effort, avec ISIS, un groupe dans lequel ils ont lourdement investit. Il y a un « Père Noël » fournissant les armes, un Père Noël fournissant l’argent, un Père Noël fournissant entraînement, autorisant le fait de décapiter des gens, de les filmer minutieusement, et publier le tout sur internet d’une main experte. Qui est ce Père Noël? C’est un Père Noël qui travaille, et qui voit ses heures sup’ payées pour son support et son assistance apportés à Israël. Ceci est ma réponse pour expliquer le phénomène ISIS (Daesh/Etat Islamique).
Cercle des Volontaires : En tant que musulman, comment ressentez-vous le fait que le lieu le plus saint de l’islam, à La Mecque [la mosquée Masjid Al-Haram, ndt], soit sous le contrôle de la famille des Saoud, qui ne sont, d’après moi, pas du tout musulmans ?
Imran Hosein : Le plan originel, du moins la première partie du plan fut d’établir Israël et répandre l’idéologie sioniste à travers les pays arabes, pour permettre ainsi à Israël de gouverner, en ayant au préalable destitué le califat islamique [système politique reconnaissant l’autorité d’un calife, aboli en 1924, ndt]. Les preneurs de décisions, les dirigeants de l’ombre, ont créé l’Empire Ottoman. Et ce dernier a obéis aux ordres de ces fameux Pères Noëls. Par la suite, l’Empire Ottoman a entretenu d’intimes liens avec la Grande-Bretagne, avec la France, avec l’Europe occidentale, et l’Empire Ottoman a initié des guerres sans fin en Europe de l’Est, particulièrement avec la Russie. Et cela car l’Empire Ottoman agissait au nom de l’Antéchrist, le « Dajjal ».
L’Arabie Saoudite est une réplique de l’Empire Ottoman. Aussi longtemps que le régime saoudien est au contrôle de La Mecque et de Médine, le califat islamique ne peut être restauré. Donc la première partie du plan fut de retirer le califat islamique des mains du monde arabe, à Constantinople (Turquie). La seconde est de démolir de califat, d’installer les Saoud en Arabie, qui n’autoriseront jamais la restauration du califat islamique. Les Saoud sont donc aussi les soldats du Dajjal (Antéchrist).
Le Coran interdit aux musulmans d’être l’allié d’une certaine alliance judéo-chrétienne. Le Coran n’interdit pas d’être amis avec les chrétiens, non. Il n’interdit pas d’être amis avec les juifs, non, pas du tout. Mais il vous interdit d’être amis et allié d’une alliance judéo-chrétienne. Cette alliance judéo-chrétienne se révèle être, aujourd’hui, le sionisme. L’Arabie Saoudite, depuis le premier jour, est la nation cliente de cette alliance judéo-chrétienne, ils sont donc des traîtres. Ce sont des traîtres envers l’islam. Je suis impatient de voir le jour ou les saoudiens retourneront aux ordures desquelles ils proviennent.
Cercle des Volontaires : Dernière question à propos du Nouvel Ordre Mondial et ce qui pourrait advenir après, comme une nouvelle âge d’or de l’humanité, Doit-on passer par une Troisième Guerre Mondiale, ou peut-on l’éviter? Et quel est le rôle que devront jouer les musulmans, les chrétiens, les juif, ou autre ?
Imran Hosein : Le Nouvel Ordre Mondial est en fait un Ordre Mondial créé par l’Antéchrist, et il a émergé en trois étapes. La première étape du Nouvel Ordre Mondial s’est vue être l’émergence de la Grande-Bretagne. La seconde étape fut celle des États-Unis. Nous ne sommes pas, à ce jour, en transit vers un NOUVEL Ordre Mondial, non, du tout. C’est le même et vieil Ordre Mondial, et nous sommes à présent dans la transition vers l’étape finale, prenant place en Judée.
Pour qu’Israël gouverne le monde, les sionistes doivent provoquer la guerre mondiale entre les pays allié de l’OTAN et les alliés des russes. Les sionistes veulent cette guerre. Ils veulent cette guerre pour en arriver à une destruction mutuelle (de l’OTAN, la Russie et ses alliés). Pour que ce qu’il reste du monde après la guerre nucléaire soit plus facilement contrôlable et gouvernable. Cette guerre nucléaire est désormais inévitable, depuis le moment ou la Russie repris la Crimée, le dernier clou au cercueil était cela. Et maintenant ce n’est qu’une question de temps, avant que le monde soit le témoin d’une guerre nucléaire.

DES PRIX : EN VEUX-TU, EN VOILA !

UNE NOUVELLE MASCARADE : UN PRIX DE PLUS POUR GHANNOUCHI !
Le prix Ibn Rochd * de la pensée libre a été décerné à Rached Ghannouchi !!

De deux choses l'une :
- les organisateurs ne savent pas ce qu'ils font. 
Ils sont dupés par le frère musulman Ghannouchi et par son double langage, ou 
- ils se foutent du monde et cherchent à humilier un peu plus les peuples "arabes" en les traitant avec mépris en distinguant la médiocrité et leur pire ennemi qui diffuse l'obscurantisme "sacré", comme ils méprisent la pensée d'Ibn Rochd et son histoire qu'ils tournent en dérision !
En somme ils soutiennent hypocritement la politique étrangère de leur pays puisque Angela Merkel comme François Hollande soutiennent les Frères musulmans et poussent le cynisme jusqu'à "vendre" leur islamisme "modéré" aux "arabes" en affirmant hypocritement sa compatibilité avec la démocratie !

Car faut-il rappeler qu'Ibn Rochd-Averroés était victime de l'acharnement des salafistes de son temps, qui l'ont poussé à l'exil après avoir brûlé ses livres; parce qu’ils trouvaient que sa pensée était trop libre à leur goût ! Youssef Chahine a relaté son histoire dans son film "Le Destin" en 1997 comme pour mettre en garde contre la montée de l'islamisme des Frères musulmans.

Or tout le monde sait que la culture de base de Ghannouchi est le salafisme violent; celui-là même des salafistes qui avaient persécuté Ibn Rochd et voulaient l'assassiner !

Décidément quand on voit comment les prix sensés distinguer les hommes qui contribuent à améliorer les hommes et comment l'histoire est trahie par ceux-là mêmes qui sont sensés la respecter pour en tirer des leçons, sont dévoyés pour honorer des voyous, des terroristes et des assassins ... on ne peut qu'être perplexe ! Faut-il rappeler que Ghannouchi est responsable des assassinats politiques commis par son parti : Chokri Belaid, Lotfi Naghedh et Mohamed Brahmi !! 
On se dit qu'il n'y a plus de morale : c'est le règne de l'hypocrisie ... dans un monde où l'argent est roi ! 

Rappelez-vous : Ghannouchi & Tartour alias Moncef Marzougui, ont déjà reçu le prix Chatham House pour "la transition démocratique" en Tunisie ! Une mascarade, si elle ne constituait pas une insulte à l'intelligence des Tunisiens !!

A moins que ces Prix se vendent et s’achètent, comme le reste, par les plus offrants ! Dommage pour l'Occident : il brade ses valeurs par de telles mascarades.

En réalité l'attribution de ces prix n'honorent pas Ghannouchi car personne n'est dupe mais déshonorent totalement l'organisme qui distribue ces prix, qui perd toute crédibilité.

Rachid Barnat


Rachid Mohand Mestiri :
" Le Prix Averroès a été lancé le 27 juillet 2012 à Marrakech. 
" Oraganisé par l’Université Cadi Ayyad en collaboration avec l’Université de Cordoue en Espagne et l’Observatoire de la Méditerranée d’Italie. 
" Ce Prix International Ibn Rochd – Averroès est censé honorer "la promotion d’un nouvel humanisme en Méditerranée".
" Il se veut la consécration des valeurs de tolérance et de paix promues par Averroès, ancrées dans le vécu des hommes et des femmes qui contribuent, aujourd’hui par leurs œuvres à perpétuer les valeurs ".



lundi 20 octobre 2014

Ravalement de façade chez les islamistes d’Ennahdha

GHANNOUCHI suit finalement la même stratégie que les Frères musulmans turcs !

Après avoir tenté le coup de force en Tunisie et en Egypte, grisés par leur accession au pouvoir et depuis que les Frères musulmans d'Egypte ont été écartés du pouvoir; les nahdhaouis, ont fini par mettre de l'eau dans leur vin pour amadouer les tunisiens et adoptent la stratégie des étapes chère à Bourguiba qu'avait mise en place leur "frère" Erdogan en Turquie ...
Sauf que c'est dans le mauvais sens : puisqu'ils veulent détricoter ce que Habib Bourguiba et Kamel Atatürk avaient construit pour restaurer la chariaa en diffusant le wahhabisme et l'obscurantisme qui le fonde !
R.B

Même Rached Ghannouchi, le chef spirituel, a lissé son discours et cultive une image de concorde, loin des diatribes de 2011 contre les « mécréants ».

Neuf mois après la chute du gouvernement qu’il dirigeait, le parti Ennahdha, conseillé par une agence de communication américaine, a lissé son discours et cultive une image de concorde en vue du scrutin législatif de dimanche prochain.

Les chants religieux ont laissé place aux rythmes entraînants d’une mélodie traditionnelle. Tout de bleu vêtus, les jeunes islamistes du parti Ennahdha esquisseraient presque un pas de danse, en hélant les badauds qui déambulent sur l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis. En campagne pour les élections législatives du 26 octobre, ils tentent de faire oublier leur bilan et de convaincre les électeurs de leur bonne foi « démocratique », neuf mois après la démission du premier ministre islamiste Ali Larayedh et de son gouvernement de troïka, sous la pression de la rue. Barbe courte taillée avec soin, Adnen Krayni arbore un large sourire, en tendant aux francophones des tracts rédigés dans la langue de Molière. À vingt-deux ans, cet étudiant en sciences criminelles est déjà un militant aguerri, entré à Ennah-dha en 2006. « On ne peut plus se contenter de dire que l’islam est, seul, la solution. Nous prônons un islam de paix, de démocratie, de tolérance, respectueux du multipartisme », expose-t-il, en justifiant le piètre bilan social de son parti par l’absence de « baguette magique ». Son autre credo, le respect du « modèle tunisien ». « Nous ne pouvons pas tourner le dos à notre environnement. Ennahdha est une émanation de la société tunisienne », poursuit le jeune militant. Le discours est rodé, il est répété à l’envi sur tous les points de rencontre déployés par les islamistes à une semaine du scrutin. 

Le maître mot du relooking électoral, c’est le « consensus »

Handicapés par l’échec de leur expérience gouvernementale, accusés de vouloir imposer un projet de société rétrograde et antidémocratique, les nahdhaouis veulent offrir une image d’ouverture, loin des discours clivants de la campagne électorale de 2011. D’où ce revirement stratégique, pour tenter de surmonter la sérieuse concurrence de Nidaa Tounes, le parti emmené par l’ancien premier ministre Béji Caïd Essebsi, un vétéran du bourguibisme.
Pour passer son discours et ses pratiques à la lessiveuse démocratique, Ennahdha n’a pas lésiné sur les moyens. Le parti a fait appel à une multinationale américaine de la communication, Burson-Marsteller. Implantée dans 109 pays, cette agence avait géré, dans les années 1970, les relations publiques du dictateur argentin Jorge Videla. Le contrat, que l’Humanité s’est procuré, stipule que les communicants de Burson-Marsteller se fixent comme « principal but » de « fournir au parti Ennahdha un soutien sur les médias et la sensibilisation des intervenants en vue des prochaines élections ». Le maître mot de ce relooking électoral, c’est le « consensus ». Les figures du parti islamiste tunisien n’ont plus que cette expression à la bouche. Même Rached Ghannouchi, le chef spirituel, a lissé son discours et cultive une image de concorde, loin des diatribes de 2011 contre les « mécréants ». Désormais, lorsqu’il évoque publiquement Habib Bourguiba, Ghannouchi consent à prononcer la formule consacrée « qu’il repose en paix », refusée jusqu’ici au père de l’indépendance. 

« Le changement doit se faire 
étape par étape. »

L’opération séduction vise tous les secteurs de la société, jusqu’au monde de la culture : une délégation d’artistes et d’intellectuels était reçue, le 13 octobre, au domicile de celui que les islamistes appellent le « cheikh ». À l’arrière-plan de la photo souvenir immortalisant cette rencontre censée faire oublier les relations orageuses entre islamistes et créateurs, un piano et … un tableau d’art contemporain. Le ravalement de façade n’est pas pour autant synonyme d’aggiornamento sur le fond. « Les islamistes ont un sens aigu du rapport de forces. Traumatisés par le scénario égyptien et par la chute du gouvernement qu’ils dirigeaient, ils se savent contraints de changer sur la forme. Cela ne signifie pas qu’ils ont renoncé à des références doctrinales faisant toujours primer le religieux sur le politique  », analyse Kamel Jendoubi, l’ancien président de l’Isie, l’instance chargée de l’organisation des élections. Sur l’avenue Bourguiba, Adnen Krayni, le jeune militant islamiste, admet que tout est question de temps et de rythme. « Nous ne sommes pas comme les salafistes, qui veulent changer la société tunisienne trop vite, trop brutalement, explique-t-il. Le changement doit se faire étape par étape. » 

fort chômage et inflation

Le taux de chômage tunisien est à un haut niveau, 15,3 %. Il l’est encore plus chez les jeunes de 19 à 25 ans, pour lesquels il s’établit à plus de 32 %. L'inflation également est un sujet de préoccupation. Elle atteint 5,4 % en septembre. Mais elle se trouve être plus élevée encore pour les produits alimentaires : 7,6 % pour les viandes, 8,3 % pour les poissons et 10,4 % pour les fruits.



Populisme et démagogie ont terni la campagne électorale de tous les espoirs !

UNE CAMPAGNE ÉLECTORALE EN EAU DE BOUDIN !
Dommage pour la Tunisie !!

R.B


Démagogie et populisme tiennent le haut du pavé

Démagogie, populisme, invectives et manipulation. Tels sont les maîtres-mots de la campagne pour les élections législatives à l’issue de sa deuxième semaine. On s’en donne à cœur joie, tous azimuts. Le fléau n’épargne aucun des nombreux protagonistes, ou presque. Un véritable phénomène à ciel ouvert qui met à nu la classe politique, ou ce qui tient lieu de classe politique, sous nos cieux.

La Haica, Haute instance de l’audiovisuel, a publié, la semaine dernière, un rapport sur la première semaine de la campagne électorale. Rapport sommaire, en pointillé, tronqué et formel qui, étrangement, n’en a cure de l’analyse du contenu. Parce que la campagne électorale, c’est aussi et surtout le contenu.
Et le contenu interpelle les concepts et le repérage basé sur l’observation minutieuse. Ben oui, forcément. L’étymologie est toujours d’un grand secours. Fait révélateur, le terme démagogie a la même racine grecque que le terme démocratie (dêmos, c’est-à-dire peuple). De sorte que celle-là serait la copie pervertie de celle-ci.

A en croire André Laurens, ancien directeur du Monde, le terme démagogie « qualifie l’approche politique qui tente de capter la faveur du peuple en flattant ses sentiments les plus sommaires, ses pulsions collectives, ses préjugés, voire ses fantasmes. La démagogie exploite l’ignorance avec des slogans et des discours simplificateurs, promet beaucoup sans avoir la capacité de tenir ses engagements et en dépit des intérêts réels de la collectivité » (in La politique en France éd. Le Monde-Larousse, France 2004, p.125).
On ne peut mieux décrire ces stratagèmes de bas aloi des démagogues et populistes de tout poil.
Pis, nous assistons depuis peu à l’irruption d’une nouvelle forme de populisme télévisuel, ou télépopulisme exercé par des personnes dont le champ d’action est principalement télévisuel. Il y a quelques années, le politologue Pierre-André Taguieff avait bien vu dans la télévision un nouveau champ pour « l’appel au peuple ». Bienvenue au club, nous dirait-on volontiers. Là aussi, ni la Haica ni l’Isie, instance supérieure des élections, n’ont rien vu, au grand dam des règles de la concurrence politique saine et loyale.

En vérité, nous sommes en présence de la collusion de l’argent douteux, voire sale et en mal de blanchiment, avec le corpus pseudo-argumentaire populiste. L’observation soutenue de dizaines de meetings, l’analyse de centaines de discours et de supports de propagande laissent pantois. La démagogie et le populisme sévissent. Très peu de partis politiques présentent des programmes en bonne et due forme. Les déclarations fantaisistes et à l’emporte-pièce, sur fond d’envolées lyriques, tiennent le haut du pavé. On caresse dans le sens du poil. On berne le peuple d’illusions et de miroirs aux alouettes. Les chiffres les plus invraisemblables sont assénés, concernant la création d’emplois, les investissements, les prestations sociales.

Autre phénomène, et non des moindres, l'insulte et les invectives entre les différents partis de la place. On colporte les racontars et les rumeurs les plus folles. On bourre les crânes moyennant les allégations mensongères et tendancieuses. Des contrevérités sont érigées en évidences. La blogosphère et les médias sociaux sont mis à profit au service de sombres desseins de propagande et de démonisation de l’autre.

Peu de protagonistes affichent le profil d’une force tranquille. Le dernier discours électoraliste du président de la République où, vociférant à n'en plus finir des invectives et noms d’oiseaux à l’endroit de rivaux, de journalistes et d’associations, en est témoin.

Visiblement, nous sommes encore bien loin du plein jeu de la concurrence démocratique. A quelques rares exceptions près, les pastiches et caricatures de partis politiques dont la place regorge projettent des dynamiques apparentées au carnaval de la banalité et de l’insignifiance.

« Je suis candidate au débat d’idées », a annoncé hier en France Martine Aubry, dans le Journal du Dimanche. Le sommeil de la raison engendre des monstres, disait Goya. 
J’acquiesce. J’y souscris, persiste et signe.