lundi 27 octobre 2014

Nous avons gagné ! Nous avons gagné ! Nous avons gagné !



Très grand jour hier en Tunisie ! Quelle fierté et quel plaisir d’enduire son doigt d’encre et de glisser son bulletin dans l’urne, tout en sachant que votre voix ne sera pas volée et que votre vote ne sera pas violé. S’il y a à énumérer les nombreuses victoires enregistrées le 26 octobre 2014, cet exercice démocratique réussi sera le premier. 

A l’exception de quelques observateurs bien avisés et journalistes bien informés par des instituts de sondage contraints à la discrétion, les résultats d’hier ont créé une surprise générale. Jusqu’au dernier jour, la majorité des Tunisiens n’avait aucune idée de qui va être le vainqueur et qui va être le vaincu. Mais si les classements des deux premiers étaient connus par les sondeurs, observateurs et certains journalistes, il n’en est rien pour le reste. Le suspense a duré jusqu’à la dernière minute et continue encore à durer, à l’heure de l’écriture de ces lignes puisque les résultats officiels ne sont pas encore connus, et ce suspense de ne pas connaitre les vainqueurs est la deuxième victoire de cet exercice démocratique. 

A 7 heures du matin du dimanche 26 octobre, à l’heure de l’ouverture des bureaux, les files d’attente étaient déjà longues et les citoyens étaient déjà pressés d’accomplir leur devoir. Cela est en soi une victoire : nous avons tous gagné, en tant que Tunisiens, quel que soit le bord auquel on appartient. 

Venons-en maintenant aux détails des résultats préliminaires et c’est notre camp dit démocratique-moderniste qui a remporté les premières places. Par les urnes, nous avons éliminés les revanchards et les haineux du CPR, Wafa et Tayar. C’est la quatrième victoire de ce jour. 

Les Islamistes peuvent mesurer leur véritable poids dans la société. Le véritable poids de l’islam politique est désormais connu et il ne pèse pas plus que 25% de l’électorat. Il y a eu, vraisemblablement (en attendant confirmation officielle des résultats) autour de 800.000 votants pour Ennahdha, soit 10% de la population en âge de voter, soit un peu plus de 50% du nombre de votants islamistes en 2011. C’est ici la cinquième victoire. 
La véritable débâcle des islamistes a été observée dans les circonscriptions de l’étranger et elle s’explique facilement. En 2011, les Mehrezia Laâbidi, Houcine Jaziri, Mohamed Ben Salem et Rached Ghannouchi étaient encore en étroite relation avec nos émigrés islamistes. En trois ans, ils ont coupé les contacts avec cette diaspora qui, elle-même, est rentrée en Tunisie pour occuper des postes de responsabilité. En rentrant, ils se sont coupés de leurs bases de l’étranger pour atterrir dans un pays (le leur) dont ils ne connaissent plus les codes et où ils n’ont pas vraiment de carnet d’adresses. Ils se sont entourés de plusieurs « nouveaux sympathisants » qui se sont avérés être des opportunistes, voire des infiltrés. En bref, ils sont devenus étrangers à l’étranger et ils sont restés étrangers en Tunisie. 

Maintenant que toutes ces victoires sont quasiment acquises et que le camp démocrate-moderniste va prendre les rênes du pouvoir, il faut savoir que le plus dur reste à faire. Je ne vais pas gâcher notre moment de joie. Il faut savourer ce plaisir, mais il est impératif de garder pied sur terre et de se rappeler les grandes urgences du moment. Les urgences des 100 premiers jours de nos nouveaux députés, de notre nouveau gouvernement et de notre nouveau président. 
Après la présidentielle, il y a des élections à venir et elles sont primordiales et aussi importantes que la présidentielle et les législatives. Il s’agit des municipales que les partis vainqueurs aujourd’hui doivent remporter. Pour ce faire, il y a un travail interne profond qui doit se faire dans ces partis à commencer par Nidaa Tounes. Le futur parti au pouvoir se doit d’organiser son congrès et de rassembler ses troupes au plus vite pour fixer le cap des municipales et des cinq ans. 
En parallèle, il est impératif et urgent de réformer le code électoral pondu par 217 députés qui préféraient leurs intérêts partisans aux intérêts de la nation. Ce code est liberticide et bourré de failles que les 217 nouveaux députés se doivent au plus vite de boucher. 
Autre loi pondue dans l’urgence et sur mesure par les 217 éjectés de l’ANC, celle relative à la Vérité et Dignité. Cette loi offrant une immunité et ouvrant la porte à une guerre civile dans le pays se doit d’être réformée dans l’esprit des lois transitionnelles de pays respectables ayant réussi leur transition, comme l’Afrique du Sud par exemple. 
Toujours en parallèle, il faut réformer les décrets-lois 115 et 116 relatifs à la presse et à l’audiovisuel de telle sorte qu’on supprime les failles qu’ils contiennent. Je ferme la parenthèse des urgences à venir, continuons à savourer la victoire durant quelques jours, on l’a bien méritée après trois ans de stress, de tension et de conflits. 

Le camp des perdants a commencé à se lamenter. Plutôt que de s’arrêter pour une autocritique, il cherche déjà des boucs émissaires. Pour eux, le peuple qui a voté Nidaa et le camp démocrate a tué la révolution et a fait ressusciter le RCD. Ce sont les mafias de l’ancien régime, l’Etat profond et les médias de la honte qui sont responsables de leur débâcle. Bref, tout un verbiage larmoyant de pauvres victimes. 
On ne va pas trop s’attarder sur eux, mais qu’ils sachent qu’un pays ne se gouverne pas par la haine et la division. Il ne se gouverne pas en insultant ses adversaires à l’étranger et il ne se gouverne pas en parlant de luttes contre la corruption, alors qu’on est soi-même corrompu. Il est à espérer que l’affaire du Sheraton Gate refasse surface, que Sihem Badi s’explique devant la justice sur l’argent qu’elle a donné au frère de Imed Daïmi et que les dossiers de Slim Ben Hmidène et Abdelwaheb Maâtar soient ouverts. 

En ce qui concerne les médias, que les perdants et gagnants sachent que nous sommes déterminés à ne pas revenir en arrière et à laisser échapper notre liberté d’expression. Nous en avons déjà parlé dans nos structures syndicales, la Fédération tunisienne des directeurs de journaux et le syndicat national des journalistes tunisiens. 

Dès que le nouveau pouvoir prendra place, nous le surveillerons, nous serons vigilants et continuerons à occuper pleinement notre positionnement de quatrième pouvoir. Nous le critiquerons et nous ne manquerons pas de pointer toutes ses défaillances. Et si, par malheur, ce nouveau pouvoir remet en cause nos acquis et met en danger la « républicanité » et la laïcité non dite de la Tunisie, nous lui rendrons la vie impossible comme nous l’avons fait avec l’ancienne troïka. 

Tant que nous avons une justice indépendante et juste, tant que nous avons une société civile active, nous autres médias resterons aux aguets car, sans justice et sans médias libres et indépendants, il n’y a point de démocratie et point de victoire à espérer. 

A mes amis de Nidaa, du Front et des différents autres partis du camp démocrate-moderniste vainqueurs du 26 octobre, dans quelques jours nous ne serons plus des vôtres. Nous ne serons fidèles qu’à nos principes ! 

TOUT COMMENCE

Article paru dans : Kapitalis
On ne peut que se réjouir et se féliciter que les élections législatives aient donné une majorité claire aux progressistes (si ils savent enfin s’unir) et aient renvoyé les obscurantistes dans la minorité. A cette minorité il faudra rappeler sans cesse les beaux discours qu’elle faisait il n’y a pas si longtemps sur la démocratie, les libertés et sa volonté de consensus ! A elle de jouer son rôle d’opposant mais dans le respecte des règles.

Cependant et c’est le sens de cet article, pour le nouveau pouvoir : être élu ne suffit pas et il doit œuvrer maintenant au progrès de ce pays sous l’œil vigilant, et qui demeurera vigilant, de la société civile. Autrement dit ce vote n’est absolument pas un blanc seing d’autant que les Tunisiens n’ont voté sur aucun programme mais sur leur volonté clairement affichée de ne plus voir les islamistes au pouvoir. Sur ce point c’est très clair mais après ….

Ce pouvoir a tout d’abord deux options : ou rester sur lui-même, étriqué et gérer au jour le jour ou, ce qui me parait nécessaire, élaborer un programme ambitieux et réaliste et associer à l’exécution de ce programme le plus de démocrates possible, le plus d’hommes et de femmes de bonne volonté. Je dirai que la situation du pays après trois ans de régression due  aux islamistes et à leurs comparses CPR et Etakatol, a besoin d’un nouveau souffle et de l’action de tous.

Avant même les élections j’avais déjà suggéré quelques pistes qui sont toujours d’actualité et je voudrai, ici, faire une  projection sur l’avenir.
Que voulons-nous pour le pays ? Il me semble qu’il résulte du combat de la société civile et des élections que le choix s’est porté sur l’ouverture au monde, sur le progrès économique et sociale et sur plus de justice sociale.
Chacun pourra dans le pays se montrer d’accord avec ces objectifs mais il s’agit de les rendre possibles en sachant que tout ne se fera pas en quelques mois mais plutôt quelques années et à condition que le cadre soit fixé.

Pour ma part je vois quatre grands chantiers prioritaires sur lesquels le nouveau pouvoir devra s’engager avec fermeté.
-  La Sécurité.
- Un Etat de droit renforcé.
- Une action forte en matière d’éducation.
- Une politique fiscale et sociale plus juste.

I - La sécurité :

Il est clair et chacun en est convaincu qu’il n’y a aura aucun progrès ni aucune possibilité de développement que ce soit dans le tourisme ou dans toutes autres activités si le pays n’assure pas la sécurité et ne remet pas fermement de l’ordre. Dans le vote qui est intervenu il y a la condamnation sans appel du laxisme qui a permis que les ordures soient à ciel ouvert, que le commerce parallèle occupe les rues et les trottoirs. Ce ne sont pas des détails, cela compte pour les Tunisiens eux-mêmes et pour l’image que donne ce pays. Cette exigence passe par la reprise en main de la police, une formation plus sérieuse et une gestion ferme des carrières. Il faut que la police devienne plus républicaine c'est-à-dire qu’elle oublie les idéologies et qu’elle prenne conscience qu’elle peut être efficace sans recourir à des méthodes blâmables et en respectant les droits de l’homme.
Cela nécessitera une reprise en main ferme de la part de l’encadrement mais aussi probablement par une amélioration des conditions d’emploi des policiers qui font, au service du pays, un travail nécessaire, difficile et qui doit être reconnu.
Si des directives claires sont données et si chacun sait que les dérapages seront fermement sanctionnés, il n’y a pas de raison que ce corps de fonctionnaire de l’Etat ne fasse pas son travail.

Mais la sécurité passe aussi par une Justice plus efficace et moins sujette à critique. Pour cela il faudra aller vers un statut des magistrats qui leur assure une indépendance réelle par rapport au pouvoir mais ce ne sera pas suffisant car cette Justice a pris de très mauvaise habitude de soumission et, dans certains cas de corruption. 
L’indépendance des Juges devra les conduire à s’écarter clairement et nettement de la culture d’obéissance qui a été  trop longtemps la leur mais il faudra aussi que le corps fasse le ménage et que toutes traces de corruption soient pourchassées. C’est, sans doute le dossier le plus délicat car certains se demanderont s’il faut accorder l’indépendance statutaire aux magistrats avant qu’ils ne soient réformés de l’intérieur.

Dans le cadre de cette politique de sécurité il faut faire en sorte que les discours de violence, de haine et de division ne puisse être tenus dans les mosquées qui, il faut l’admettre, ont joué un rôle néfaste dans les dernières années.
Il faut que le pouvoir applique avec énergie et détermination l’article 6 de la Constitution du pays qui dit clairement : « L’État est le gardien de la religion. Il garantit la liberté de conscience et de croyance, le libre exercice des cultes et la neutralité des mosquées et des lieux de culte de toute instrumentalisation partisane.

II - Un Etat de droit renforcé

Le régime de ben Ali avait développé dans le pays la corruption à tous les niveaux et le pouvoir islamiste n’a pas été en reste. C’est une gangrène qui risque, à terme, de ruiner le pays et qui, en tous cas, ne peut  être qu’un frein sérieux pour les investissements.
Quel investisseur prendra le risque d’investir alors que la règle de droit est susceptible de changer ou de ne pas être appliquée sans corruption ?

L’Administration doit prendre un nouveau départ et l’on ne doit plus tolérer le laxisme, la bureaucratie tatillonne qui ne respecte pas la loi.
Le Tunisien n’a pas a quémander son droit, il doit l’exiger de l’administration qui est à son service; et cette administration doit faire respecter la loi partout sans passe-droit.
Cette attitude  permettra aussi le développement des activités, des initiatives dans tous les domaines pour le bien du pays.

Ce qui est positif c’est que grâce au Président Bourguiba, la Tunisie ne part pas de zéro. Elle a déjà un droit, une administration et il suffit que tout cela soit, de nouveau géré par des hommes compétents et honnêtes;et il y en a beaucoup dans le pays.

Par ailleurs la société civile doit continuer son rôle de vigie et agir contre tous dépassements.
Et faut-il rappeler que la liberté de la presse doit être respectée, car c'est le quatrième pouvoir caractéristique des véritables démocraties !

III - Une politique d’éducation volontariste et forte :

Qu’est-ce qui a sauvé la Tunisie de l’emprise des obscurantistes ? Si on va à l’essentiel on peut dire que c’est le niveau d’éducation, de formation de son peuple.
Or sur ce point dont Bourguiba avait fait une absolue priorité et qui avait donné au pays les moyens de sa politique, le régime de Ben Ali avait ouvert la voix à une régression totale.

Ne soyons pas cruel mais il suffit de comparer les générations formées sous Bourguiba et les nouvelles générations pour voir, hélas, le gouffre qui s’est produit entre les deux générations.
Ben Ali, contrairement à Bourguiba, a fragilisé l’éducation publique en favorisant outrageusement les écoles privées, les cours privés, en laissant la corruption intervenir même dans ce domaine.
Ce faisant il a permis à une élite de progresser en payant; et a laissé une grande partie de la population sans réelle formation.

Y remédier doit être une absolue priorité. Il faudra que le pouvoir donne les moyens budgétaires de cette remise en ordre. C’est également un excellent moyen de lutter contre l’ignorance et de favoriser la démocratie qui exige des citoyens éclairés.

IV - Une politique et fiscale plus juste :

Les années qui viennent de se dérouler ont clairement montré une grave division du pays entre une élite aisée, quelques fois riche et une population de plus en plus pauvre et abandonnée. C’est le résultat de plus de cinquante ans de politique et c’est une des graves fautes des pouvoirs successifs.
Certes il fallait faire apparaître une classe moyenne aisée et instruite mais il ne fallait pas abandonner toute une partie de la population et certaines parties du territoire. Cette fracture a été en partie la cause de l’apparition et du succès des obscurantistes qui savent œuvrer dans la misère et l’ignorance.

Ce chantier visant à davantage de justice sociale est vaste et tout ne se fera pas en un instant mais c’est un chantier vraiment prioritaire si l’on ne veut pas, demain, se retrouver avec les problèmes que l’on vient de connaître.

Ce grand cadre ne peut-il être une plate forme dans laquelle beaucoup pourrait s’y retrouver depuis les libéraux intelligents et conscients des périls à venir et des hommes d’une gauche réaliste et efficace. 
A chacun de nourrir par ses idées, par ses projets ce cadre mais en gardant à l’esprit ces objectifs qui feront de la Tunisie un grand pays prospère. C’est de cette manière, c'est-à-dire avec un grand projet, que l’on fait progresser un pays. 

C’est exactement ce qu’avait fait Bourguiba en son temps et qu’il a par la suite, à tort abandonné, diminué par la maladie.

Rachid Barnat

ELECTIONS LÉGISLATIVES : UN OUF DE SOULAGEMENT, AU GOÛT AMER !

Article paru dans : 
Kapitalis
Agoravox

ELECTIONS LÉGISLATIVES : Faut-il en rire ou en pleurer ?
La troika a-t-elle été sanctionnée pour sa mauvaise gestion qui a ruiné le pays ? 
Si la réponse est oui pour les deux judas de la République, Tartour & le Groggy du perchoir, puisque le CPR du premier est moribond et Ettakatol du second disparaît de la circulation; la réponse est non pour Ghannouchi, dont on s'étonne du score recueilli par son parti, alors que ses sympathisants sont tout au plus 800 000 dans une population qui compte plus de 5 millions de votants !!
Et là, des questions se posent : Pourquoi les deux premiers et leur parti ont été sanctionnés; et pas Ghannouchi et le sien ? 
Qui derrière ce score ? Que cache ce score ?

Le 26 octobre 2014 entrera dans l'histoire de la Tunisie comme une étape importante dans l'instauration de la démocratie en Tunisie ! Ce fut un accouchement douloureux au forceps, d'une démocratie au goût amer.
A voir les plateaux TV des chaînes de TV nationales et privées de Tunisie, on remarque une jubilation de soulagement qu'expriment les invités politiques, observateurs, journalistes et autres analystes, comme si tous n'ont retenu de ce scrutin législatif, que le net recul d'Ennahdha et l'émergence de Nidaa Tounes.

Faut-il rappeler l'enjeu de ces élections ? 
Si pour les Tunisiens il était clair qu'il fallait écarter les Frères musulmans de tout pouvoir pour leur idéologie néfaste qui a mis à genou la Tunisie en 3 ans de pouvoir, et les occasions n'ont pas manquées pour leur dire leur rejet (assassinats politiques de Chokri Belaid, de Lotfi Naghedh, de Mohamed Brahmi ...); pour l'opposition, son attitude vis à vis des Frères nahdhaouis, a agacé bon nombre de Tunisiens d'autant qu'elle traitait les "Ikhwanjia" nahdhaouis comme s'ils étaient incontournables et indispensables à la vie politique en Tunisie. Obéirait-elle à des "pressions" étrangères qui veulent que les islamistes restent coûte que coûte au pouvoir ou du moins dans le paysage politique en Tunisie, depuis que leurs "frères" en Egypte ont été écartés du pouvoir et leur parti a été interdit pour cause de terrorisme ? Il faut croire que oui ! Faisant de la Tunisie un laboratoire pour expérimenter de nouveaux concepts "démocratiques" qui choqueraient les démocrates des vieilles démocraties mais que leurs dirigeants veulent imposer aux démocrates tunisiens ! Rappelez-vous les manifestations massives quotidiennes durant plus d'un mois, pour dire "Dégages !" à Ennahdha responsable de tous les malheurs des Tunisiens et des assassinats politiques ! Que fit chaque fois l'opposition ? Elle a repris le dialogue après chaque assassinat avec les responsables politiques de la mort de Lotfi Naghedh, de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi ! Et de "consensus", en "dialogue national", concepts que découvrent ahuris les démocrates tunisiens; l'opposition a chaque fois légitimé un parti qui a perdu toutes les légitimités et en premier la légitimité électorale ! Ce qui est une première en "démocratie" que des élus refusent de respecter ni le peuple ni le mandat qu'il leur accorde ni sa durée ... et l'opposition acquiesce ! 

Et depuis, les tunisiens ont compris le rôle joué par les américains et les européens qui soutiennent les Frères musulmans : ils voulaient par tous les moyens les imposer aux Tunisiens; poussant le cynisme jusqu'à prétendre que leur islamisme est modéré et compatible avec la démocratie ! D'où leur idée de "consensus" et de "dialogue national" pour redonner leur chance à des "frères" que les tunisiens exècrent de plus en plus, transformant ainsi la Tunisie en laboratoire expérimental pour une "démocratie spéciale" pour le "monde arabe", après l'échec de la démocratie version occidentale en Irak, inadaptée aux "arabes" , selon leurs analystes !

Selon les estimations des observateurs, Ennahdha compterait entre 500 000 et 800 000, entre adhérents et sympathisants. Alors que le nombre d'électeurs potentiels tunisiens est estimé à plus de 5 millions !
Au vu du résultat des élections législatives et des premières estimations, on s'étonne de voir que Nida Tounes ne récolterait que 37 % voix alors qu'Ennahdha en récolterait 26 % !
Alors que logiquement les Tunisiens auraient pu à l'occasion de ce scrutin sanctionner sévèrement Ennahdha comme ils ont sanctionné CPR & Ettakatol, ses partenaires dans la troïka qui a gouverné pendant 3 ans !

Comment expliquer cela ?  
- Le laxisme dont a fait preuve l'opposition envers les Frères musulmans nahdhaouis a désespéré et découragé beaucoup de tunisiens qui ont opté pour l'abstention !
Dans le contexte de chaos organisé par Ennahdha, il lui était facile de mobiliser ses sympathisants car elle a les moyens financiers pour le faire grâce à la générosité du sponsor des Frères musulmans : l'émir du Qatar !
- Ennahdha durant le gouvernement de la troïka qu'elle dominait, a infiltré tous les rouages de l’État et ses administrations, comptant bien sur ses hommes pour les miner de l'intérieur !
Lors des élections législatives les tunisiens ont pu constater à leurs dépens une fois de plus l'étendue de la main mise d'Ennahdha sur leurs administrations; puisque bon nombre de tunisiens n'ont pu voter pour raison de mauvaises organisations : amateurisme diraient certains ou sabotage penseraient d'autres ! Et comme par hasard les "oubliés" de l'ISIE sont anti-Ennahdha, ce qui fut le cas de beaucoup de tunisiens vivant à l'étranger !!
- Rappelez-vous les incidents à répétition pour empêcher la vie démocratique des partis, empêchant ou perturbant les meetings de l'opposition, par les "salafistes" enfants de Ghannouchi si ce n'est par les prétendus "protecteur de la révolution" (LPR), les protégés de Marzougui !
- Faut-il rappeler le rôle du terrorisme qui, comme par hasard, reprenait chaque fois qu'Ennahdha est dans la difficulté ... et dont les derniers actes terroristes ont eu lieu en pleine période électorale, à dessein ! 

Certains "positivistes", comme pour se donner du courage, estiment que c'est mieux que rien et surtout mieux que d'autres pays arabes encore dans la panade ! Puisque la Tunisie initiatrice du "printemps arabe", est encore la première à avoir tiré son épingle du jeu malgré l'ouragan islamiste qui l'a traversé durant trois ans !

L'avenir nous dira si la démocratie naissante malgré son accouchement douloureux, survivra et grandira pour permettre l'entrée de la Tunisie dans le club des grandes démocraties.

Rachid Barnat

PS : Résultats définitifs 
Resultats-des-legislatives-2014-Banniere

dimanche 26 octobre 2014

RESULTAT DES ELECTIONS !

Aimen Zine/AP/SIPA

La Tunisie vote :  Suivez les élections législatives en direct


En Tunisie, la participation s'élève à 61,8% d'électeurs inscrits, sur près de 5 millions. Environs 3 millions d'électeurs ont donc voté en Tunisie.
Le nombre d'électeurs total s'élève ainsi à 3,15 millions sur près de 5,3 millions d'électeurs inscrits. Le taux de participation total s'élèverait dont à environ 60%.
En Tunisie, le taux de participation de 15 circonscriptions:
Ben Arous: 70%
Nabeul 1: 67%
Nabeul 2: 69,44%
Kairouan: 58,89%
Kasserine: 51,87%
Tozeur: 51,97%
Kebili: 61,27%
Sousse: 65,47%
Mahdia: 64,70%
Monastir: 61,45%
Sfax 1: 62,13%
Sfax 2: 65,74%
Gabès: 60,83%
Medenine: 55,62%
Tataouine: 55,98%
L'ISIE a communiqué les taux de participation des circonscriptions à l'étranger, qui restent très faibles:
  • France 1: 48%
  • France 2: 25%
  • Italie: 14%
  • Allemagne: 29%
  • Amériques et reste de l'Europe: 28%
  • Pays arabes et reste du monde: 38%
Le taux de participation global s'élève à 29%, soit légèrement plus de 104.000 électeurs, sur près de 360.000 inscrits.
Les premières estimations donnent Nidaa devant les Frères musulmans nahdhaouis.
Plus de 92 sièges pour Nidaa avec 37 % des voix
A peine 56 sièges pour Ennahdha avec 26 % des voix
Front populaire obtiendrait 5,4 % des voix


samedi 25 octobre 2014

Les élections du 26 octobre seront une confrontation de deux systèmes de valeurs



Les statisticiens, les experts en matière d’étude de l’opinion publique, les sondeurs et les spécialistes de la prospective ne se contentent pas de procéder à des estimations des pourcentages de voix qui seront obtenus par chaque parti aux prochaines élections ou bien aux cotes de popularités du personnel politique. Non. Cette idée est fausse ou tout au moins, incomplète.

Chez nous, comme ailleurs, les experts cherchent à identifier les motivations profondes qui sont derrière le choix du parti favori et des personnes à élire. Le « marché politique » est segmenté, divisé, scruté de près afin de déterminer les vraies raisons qui sont derrière le choix de chacun.
Il s’avère ainsi que, contrairement à l’occident et aux démocraties bien établies où le choix est basé à 90% sur les programmes et notamment sur le rôle de l’Etat dans le champ économique et social et 10% sur les valeurs, les tunisiens inversent ces proportions.

Le poids des programmes est chez nous presque négligeable, seules les aberrations qu’ils contiennent attirent l’attention. 
Ces programmes ne rentrent que pour 10% dans notre choix. 
90 % de celui-ci est basé sur les valeurs que l’on veut promouvoir et celles dans lesquelles on se reconnait : Nidaa et ses alliés d’un côté et Ennahdha et les siens de l’autre, sont opposés essentiellement sur ce plan.

1°/ Il ressort ainsi que la question de l’identité est très déterminante. Pour la plus grande frange de la population, le majorité au pouvoir ne doit pas faire partie d’une internationale fut-elle islamique, la Tunisie doit être appréhendée en tant que telle, petit pays indépendant, pauvre en ressources, moderne, ingénieux, à l’avant-garde des arabes et des musulmans et non pas comme faisant partie d’une quelconque « Umma » dirigée de très loin.
Les élections du 26 octobre seront une confrontation de deux systèmes de valeurs
VOTER LE 26 OCTOBRE, C'EST CHOISIR :
l'Obscurantisme sacré, ou
les Lumières !
Le vocabulaire, la gestuelle, le mode vestimentaire et la communication non verbale sont les attributs à travers lesquels l’électrice tunisienne essaie de détecter cette première valeur. L’appartenance soulignée au monde arabe, le « complotisme » ou paranoïa anti-occidentale, sont également des dimensions de cette valeur « identité ».

2°/ La seconde valeur est celle de « l’ouverture ». Les tunisiens, dans leur majorité, sont pour l’ouverture non sélective. Ouverture sur l’Europe et sur l’Occident d’abord, sur le monde arabe (pays du Golfe essentiellement) ensuite et sur l’autre en général. Nous ne sommes pas les héritiers des phéniciens pour rien. Le clivage réside ici entre tenants de l’ouverture totale et ceux de l’ouverture sur les pays arabes et musulmans.

3°/ La troisième valeur est celle dont nous parlons le plus. Il s’agit des rôles de la femme, de l’homme et de l’enfant dans la société, de la vie en commun et du référentiel devant inspirer notre législation en la matière. Faut-il se référer aux préceptes de l’Islam? Faut-il s’inspirer des valeurs universelles? Faut-il faire une synthèse tunisienne? Les questions du mariage, du divorce, de l’adoption, de l’héritage, du travail de la femme, sont ainsi réglées sur le papier, dans les textes et dans les discours officiels mais pas dans la société. Discutez 5 minutes avec un conservateur et il vous sortira immanquablement que notre corpus législatif n’est pas conforme à la Chariaa.

En schématisant et en grossissant les traits, nous dirons que nous avons :
- D’un côté des partis qui prônent l’indépendance de la Tunisie petit pays par sa géographie mais très grand par son histoire, son ouverture sur le monde entier et le caractère civil de sa législation. 
Il s’agit de mon point de vue, de Nidaa, de Massar, d’Afek, d’Al Jomhouri et du Front populaire.
- De l’autre côté nous avons les partis qui considèrent la Tunisie qui étant un élément d’un « tout » qui la dépasse, qui prônent l’ouverture exclusive sur le monde arabe et musulman et qui ne cessent de critiquer, souvent en sous-main, par sous-traitance la législation « sociétale » tunisienne. 
Il s’agit d’Ennahdha, du CPR, de Wafa, d’El Mahabba et d’Ettayar.

Personnellement, sans aucun doute, sans aucune hésitation, comme la très grande majorité des tunisiens, je me place dans le premier camp.
Les élections du 26 octobre me donneront-elles raison?

vendredi 24 octobre 2014

L'opposition en Tunisie réédite le scénario de 2011 !

Les progressistes sont complètement immatures : à nouveau ils sont tombés dans le piège des Frères musulmans adeptes de la devise "diviser pour mieux régner " ! Curieux qu'ils n'aient pas tiré la leçon du 23 octobre 2011. Ils le paieront chers. Dommage pour la Tunisie. 
Il ne reste aux Tunisiens que le vote utile pour triompher des petits egos qui finissent par être des traîtres à leur patrie. C'est la dernière carte qui reste aux Tunisiens s'ils veulent sauver leur révolution !
R.B
Elections en Tunisie : les opposants aux islamistes de nouveau en ordre dispersé
Divergences idéologiques, querelles d'ego et mode de scrutin à la proportionnelle laissant une chance aux petites écuries: les détracteurs des islamistes auront le choix entre une multitude de listes. Ennahda a su, pour sa part, préserver son unité et reste avec ses dizaines de milliers de militants revendiqués le seul véritable parti de masse organisé du pays. 
L'opposition n'a pas appris (la leçon de 2011). Il y a chez elle un manque de conscience de la sensibilité de la période actuelle (...) et d'à quel point cet émiettement sert Ennahda ", explique Khaled Abid, spécialiste de l'histoire contemporaine de la Tunisie. 
Il évoque en outre " le narcissisme " des leaders de l'opposition: " chaque dirigeant de parti se voit au pouvoir ". 
Si Nidaa Tounès, un parti hétéroclite réunissant militants de gauche, syndicalistes, hommes d'affaires et même des membres du parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, se détache très largement, la présence des autres listes séculières peut lui coûter la première place, celle qui, selon la Constitution, détermine le parti devant former le prochain gouvernement. 
Fondée en 2012 par l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle Béji Caïd Essebsi, 87 ans, cette formation fait à la fois campagne contre les islamistes et contre ses alliés d'hier, comme l'Union pour la Tunisie (UPT, gauche), tout en promettant une alliance au pouvoir à ces derniers. 
- " Le vote utile, une supercherie " - 
Un appel qui trouve un écho certain chez ceux qui, coûte que coûte, veulent éviter que les islamistes reprennent les rênes du pays. 
Je vote sans hésitation Nidaa et Béji. Ce sont les seuls à pouvoir nous sauver. Tout plutôt que d'avoir Ennahda au pouvoir pendant cinq ans ", assure Emna, une jeune Tunisienne travaillant dans une entreprise privée.  
Les partis allant du centre-droit à l'extrême-gauche ne cessent dès lors de dénoncer un risque de " bipolarisation " de la vie politique et de prôner les vertus d'un scrutin qui permet même aux petits d'être représentés. 
Les Tunisiens et les Tunisiennes méritent une représentativité plus large ", martèle Mohamed Hamdi, de l'Alliance démocratique. 
Le vote utile est une supercherie politique, de la paresse politique ", assure aussi Samir Taïeb, tête d'une des listes de l'UPT. 
Pourtant, l'UPT s'est d'ores et déjà dit prête à former une alliance post-électorale avec Nidaa Tounès et à recréer leur éphémère alliance anti-Ennahda formée après les assassinats en 2013 de deux opposants aux islamistes. 
D'autres partis font eux campagne sur le " ni, ni ", estimant qu'Ennahda et Nidaa Tounès cherchent en réalité à se partager le gâteau, au nom du " consensus ". 
- " Alliance contre-nature " - 
"Le scénario est connu. Avant les élections, (ils disent) " nous ne nous allierons pas ", après, on vous dira " l'intérêt national requiert un gouvernement de consensus ". Tu votes Ennahda, tu te retrouves avec Nidaa, tu votes Nidaa tu te retrouves avec Ennahda ! " estime le richissime Slim Riahi, à la fois patron de club de foot, chef de parti, candidat à la présidentielle et homme d'affaires au passé controversé. 
Dans ce contexte, pour Khaled Abid, il est possible qu'aucune force politique islamiste ou séculière n'ait de majorité assez forte pour créer une majorité homogène, et dès lors la Tunisie pourrait bien connaître une période d'instabilité politique. 
Parmi les scénarios possibles, " Nidaa pourrait être obligé de former un gouvernement avec Ennahda. Une alliance contre-nature mais pragmatique, et qui ne durera pas forcément ", dit-il. 
Sans compter les divisions au sein de certains partis. Nidaa Tounès, agité par des tensions internes, a exclu en septembre deux de ses figures; l'une ayant publiquement posé des questions sur l'état de santé de Béji Caïd Essebsi, l'autre soutenant un candidat différent à la présidentielle. 
Certains militants reprochent en outre à leur leader de ne pas passer la main à une génération plus jeune, et d'autres enfin n'apprécient guère un rapprochement trop marqué avec des caciques du régime déchu. 

Certains n'ont pas encore saisi le véritable enjeu des élections !

Certains n'ont pas encore saisi le véritable enjeu des élections du 26 octobre 2014 qui est primordial : le choix de société qu'ils voudraient pour la Tunisie ! Puisque les Frères musulmans nahdhaouis contestent celui des tunisiens pour leur imposer celui de leurs sponsors pétromonarques !
Ils parlent de ces élections comme s'ils étaient dans un pays à tradition démocratique et comme si le pluralisme était comparable à celui des vieilles démocraties d'Europe où ils vivent ! Oubliant même que les progressistes peuvent s'unir contre un danger imminent : ce qui fut le cas en 2002 quand il y eut l'union sacrée pour Chirac contre le Pen !
Ils n'ont pas l'air de comprendre le drame des Tunisiens qui se sont vus confisqués leur révolution par le Qatar et ses protégés les Frères musulmans ... dont les Tunisiens ont pu vérifier l'ampleur des désastres à tous les niveaux qu'ils ont fait subir à la Tunisie !
Car en pareil cas, il faut voter utile pour le salut public !
Sinon ils rééditent l'échec du 23 octobre 2011, car le mode du scrutin imposé par les Frères musulmans nahdhaouis n'est pas innocent : ils savent qu'il leur profitera. Diviser pour mieux régner est la devise qu'adopte Ghannouchi. Piège dans lequel tombent en toute bonne foi certains !
R.B 

Eliès Jouini : Pour qui je vais voter

« Ne pas voter c'est potentiellement accepter de donner sa voix à sa bête noire, quelle qu'elle soit », souligne Elyès Jouini qui met en garde contre l'abstention et appelle à voter, utilement. Mais, quelle est sa définition du vote utile? Pour qui compte-t-il donner sa voix ? Et pourquoi ?  Il répond aux questions de Leaders. Interview: 
Leaders : Vous allez voter samedi à Paris. À qui allez-vous apporter votre suffrage ?
Elyès Jouini : Je le ferai dans le secret de l'isoloir mais ce que je peux vous dire et qui me semble-t-il est plus intéressant pour vos lecteurs, ce sont les règles de choix que j'appliquerais aussi bien à Paris qu'ailleurs si j'avais à le faire.
Leaders : Quelles sont-elles ?
Elyès Jouini : Tout d'abord voter. Le vote est une obligation civique. Mais voter c'est également apporter sa contribution à la construction de l'édifice et refuser de laisser les autres décider pour vous. Ne pas voter, c'est potentiellement accepter de donner sa voix à sa bête noire quelle qu'elle soit.
Ensuite, je sais que je ne voterai pour aucun des partis qui sont la cause de la débacle sécuritaire, économique et sociale que nous avons connue en 2012 et 2013 et dont le gouvernement actuel supporte encore les conséquences.
Car, il faut rétablir la vérité. Contrairement à ce que l'on peut lire et entendre et que les leaders d’Ennahdha clament haut et fort, Ennahdha n'a pas quitté le pouvoir parce qu'il faisait passer les intérêts du pays avant les siens. Ennahdha a été poussé hors du gouvernement justement parce qu'elle n'a cessé de faire passer ses intérêts avant ceux du pays !
De même, lorsque je vois certains s'autoproclamer père de la constitution, j'inviterais à un peu plus de modestie voire à un examen de conscience.
Je m'arrête là car on ne tire pas sur une ambulance.
Leaders : On a bien compris, vous ne voterez pour aucune des listes issues de la défunte troïka. Cela laisse encore beaucoup de possibilités !
Elyès Jouini : Effectivement ! Je restreindrais ensuite mon choix à des partis qui ont de vraies idées et un vrai programme. Par là j'entends des partis qui ne se contentent pas de promettre tout et tout de suite ou qui n'ont à offrir que de bonnes paroles, mais des partis qui ont une vision globale, c'est-à-dire des partis en mesure de gouverner et de conduire le pays vers des lendemains meilleurs. Des lendemains de mieux-être économique, de justice sociale et de respect des libertés et des droits. A cette aune, il est facile de vérifier que les listes qui restent se comptent sur les doigts d'une main.
Leaders : Dans cette liste, il y a certainement Nida.
Elyès Jouini : Oui ! Et j'ai un immense respect et une très grande admiration pour Beji Caïd Essebsi. Tant pour l'homme que j'ai un peu eu l'occasion et l'honneur de côtoyer mais également pour ce qu'il a réalisé avec Nida, un rassemblement, une force, une dynamique !
Leaders : Alors vous appelez à ce que certains ont appelé le vote utile ?
Elyès Jouini : Tout dépend de ce que l'on appelle le vote utile. Si c'est une injonction à voter partout pour les listes issues d'un seul parti, je trouve que c'est là une approche un peu totalitaire du vote.
Leaders : Et quelle est votre définition du vote utile ?
Elyès Jouini : Pour moi voter utile, c'est d'abord voter pour un parti de gouvernement, un parti moderniste, un parti capable de travailler avec une majorité large dans laquelle, sans nul doute, Nida est en position d'être leader. C'est ensuite voter, parmi les candidats et les listes qui répondent à ces critères, pour celui qui est à la fois proche de mes valeurs et qui a le plus de chances de l'emporter dans la circonscription concernée. Pour moi voter utile, c'est réaliser la jonction entre l'éthique de conviction et l'éthique de responsabilité. 
Leaders : Mais vous savez que c'est le parti qui arrive le premier qui a la responsabilité de composer le gouvernement. Ne prenez-vous pas là un risque ?
Elyès Jouini : Peu importe qui compose le gouvernement si il y a une majorité responsable forte et unie au sein du Parlement. Elle pourra, si elle n'a pas la main pour composer le gouvernement, censurer toute proposition issue de la partie adverse et reprendre alors la main. A condition bien sûr qu'elle reste unie.
Leaders : Mais alors, si j'ai bien compris, vous n'appelez pas à voter partout de la même couleur ?
Elyès Jouini : Tout à fait ! Je peux aussi bien appeler à voter pour des députés sortants qui n'ont pas démérité comme Noomane Fehri, Maya Jeribi, Samira Merai ou Samir Taïeb. De même que je pourrais appeler à voter Afek à Mahdia, Manouba ou Paris et à voter Nida à Tunis et partout où la dynamique de Nida est prépondérante.
De même que je voterais Nida partout où la démarche ci-dessus n'aboutirait pas à la mise en avant d'éléments permettant de trancher autrement.


jeudi 23 octobre 2014

Nouvel Ordre Mondial

Etat Islamique, Saoud, Nouvel Ordre Mondial : 

entretien avec Imran Hosein

Cercle des Volontaires : Je voudrais parler de DAESH (ou l’Etat Islamique). Selon vous, pourquoi des musulmans vont combattre pour cet « Etat Islamique », et sont-ils des vrais musulmans ? Quelles sont les raisons de leur choix ?
Imran Hosein : Dieu parle, dans le Coran, de gens qui ont des yeux, mais qui ne peuvent voir, car ils sont aveugles intérieurement. Lorsque tu es aveugle intérieurement, le chef d’orchestre peut jouer n’importe quelle musique, et tu le suivras. Le chef d’orchestre a un plan d’envergure. Et ce plan se prépare. Le but étant de diviser les sunnites et les chiites par le biais de guerres civiles, à travers le monde musulman. La première étape vers la réalisation de ce plan était les révolutions islamiques en Iran, amenant le monde chiite sur le devant de la scène. Puis, est venu l’attaque irakienne de Saddam Hussein contre l’Iran, ayant pour but de transcender les nations Irak/Iran en un territoire sunnite/chiite. Bien que la guerre ait duré huit années, ils n’y sont pas parvenus. Mais ils ont persisté.
Et l’armée de l’insurrection en Syrie a vu un de ses objectif accompli : provoquer une guerre civile entre sunnite et chiite. Cette armée de l’insurrection s’est agrandie depuis trois ans, mais n’est toujours pas parvenu à ses fins. Aujourd’hui, ils tentent un dernier effort, avec ISIS, un groupe dans lequel ils ont lourdement investit. Il y a un « Père Noël » fournissant les armes, un Père Noël fournissant l’argent, un Père Noël fournissant entraînement, autorisant le fait de décapiter des gens, de les filmer minutieusement, et publier le tout sur internet d’une main experte. Qui est ce Père Noël? C’est un Père Noël qui travaille, et qui voit ses heures sup’ payées pour son support et son assistance apportés à Israël. Ceci est ma réponse pour expliquer le phénomène ISIS (Daesh/Etat Islamique).
Cercle des Volontaires : En tant que musulman, comment ressentez-vous le fait que le lieu le plus saint de l’islam, à La Mecque [la mosquée Masjid Al-Haram, ndt], soit sous le contrôle de la famille des Saoud, qui ne sont, d’après moi, pas du tout musulmans ?
Imran Hosein : Le plan originel, du moins la première partie du plan fut d’établir Israël et répandre l’idéologie sioniste à travers les pays arabes, pour permettre ainsi à Israël de gouverner, en ayant au préalable destitué le califat islamique [système politique reconnaissant l’autorité d’un calife, aboli en 1924, ndt]. Les preneurs de décisions, les dirigeants de l’ombre, ont créé l’Empire Ottoman. Et ce dernier a obéis aux ordres de ces fameux Pères Noëls. Par la suite, l’Empire Ottoman a entretenu d’intimes liens avec la Grande-Bretagne, avec la France, avec l’Europe occidentale, et l’Empire Ottoman a initié des guerres sans fin en Europe de l’Est, particulièrement avec la Russie. Et cela car l’Empire Ottoman agissait au nom de l’Antéchrist, le « Dajjal ».
L’Arabie Saoudite est une réplique de l’Empire Ottoman. Aussi longtemps que le régime saoudien est au contrôle de La Mecque et de Médine, le califat islamique ne peut être restauré. Donc la première partie du plan fut de retirer le califat islamique des mains du monde arabe, à Constantinople (Turquie). La seconde est de démolir de califat, d’installer les Saoud en Arabie, qui n’autoriseront jamais la restauration du califat islamique. Les Saoud sont donc aussi les soldats du Dajjal (Antéchrist).
Le Coran interdit aux musulmans d’être l’allié d’une certaine alliance judéo-chrétienne. Le Coran n’interdit pas d’être amis avec les chrétiens, non. Il n’interdit pas d’être amis avec les juifs, non, pas du tout. Mais il vous interdit d’être amis et allié d’une alliance judéo-chrétienne. Cette alliance judéo-chrétienne se révèle être, aujourd’hui, le sionisme. L’Arabie Saoudite, depuis le premier jour, est la nation cliente de cette alliance judéo-chrétienne, ils sont donc des traîtres. Ce sont des traîtres envers l’islam. Je suis impatient de voir le jour ou les saoudiens retourneront aux ordures desquelles ils proviennent.
Cercle des Volontaires : Dernière question à propos du Nouvel Ordre Mondial et ce qui pourrait advenir après, comme une nouvelle âge d’or de l’humanité, Doit-on passer par une Troisième Guerre Mondiale, ou peut-on l’éviter? Et quel est le rôle que devront jouer les musulmans, les chrétiens, les juif, ou autre ?
Imran Hosein : Le Nouvel Ordre Mondial est en fait un Ordre Mondial créé par l’Antéchrist, et il a émergé en trois étapes. La première étape du Nouvel Ordre Mondial s’est vue être l’émergence de la Grande-Bretagne. La seconde étape fut celle des États-Unis. Nous ne sommes pas, à ce jour, en transit vers un NOUVEL Ordre Mondial, non, du tout. C’est le même et vieil Ordre Mondial, et nous sommes à présent dans la transition vers l’étape finale, prenant place en Judée.
Pour qu’Israël gouverne le monde, les sionistes doivent provoquer la guerre mondiale entre les pays allié de l’OTAN et les alliés des russes. Les sionistes veulent cette guerre. Ils veulent cette guerre pour en arriver à une destruction mutuelle (de l’OTAN, la Russie et ses alliés). Pour que ce qu’il reste du monde après la guerre nucléaire soit plus facilement contrôlable et gouvernable. Cette guerre nucléaire est désormais inévitable, depuis le moment ou la Russie repris la Crimée, le dernier clou au cercueil était cela. Et maintenant ce n’est qu’une question de temps, avant que le monde soit le témoin d’une guerre nucléaire.

DES PRIX : EN VEUX-TU, EN VOILA !

UNE NOUVELLE MASCARADE : UN PRIX DE PLUS POUR GHANNOUCHI !
Le prix Ibn Rochd * de la pensée libre a été décerné à Rached Ghannouchi !!

De deux choses l'une :
- les organisateurs ne savent pas ce qu'ils font. 
Ils sont dupés par le frère musulman Ghannouchi et par son double langage, ou 
- ils se foutent du monde et cherchent à humilier un peu plus les peuples "arabes" en les traitant avec mépris en distinguant la médiocrité et leur pire ennemi qui diffuse l'obscurantisme "sacré", comme ils méprisent la pensée d'Ibn Rochd et son histoire qu'ils tournent en dérision !
En somme ils soutiennent hypocritement la politique étrangère de leur pays puisque Angela Merkel comme François Hollande soutiennent les Frères musulmans et poussent le cynisme jusqu'à "vendre" leur islamisme "modéré" aux "arabes" en affirmant hypocritement sa compatibilité avec la démocratie !

Car faut-il rappeler qu'Ibn Rochd-Averroés était victime de l'acharnement des salafistes de son temps, qui l'ont poussé à l'exil après avoir brûlé ses livres; parce qu’ils trouvaient que sa pensée était trop libre à leur goût ! Youssef Chahine a relaté son histoire dans son film "Le Destin" en 1997 comme pour mettre en garde contre la montée de l'islamisme des Frères musulmans.

Or tout le monde sait que la culture de base de Ghannouchi est le salafisme violent; celui-là même des salafistes qui avaient persécuté Ibn Rochd et voulaient l'assassiner !

Décidément quand on voit comment les prix sensés distinguer les hommes qui contribuent à améliorer les hommes et comment l'histoire est trahie par ceux-là mêmes qui sont sensés la respecter pour en tirer des leçons, sont dévoyés pour honorer des voyous, des terroristes et des assassins ... on ne peut qu'être perplexe ! Faut-il rappeler que Ghannouchi est responsable des assassinats politiques commis par son parti : Chokri Belaid, Lotfi Naghedh et Mohamed Brahmi !! 
On se dit qu'il n'y a plus de morale : c'est le règne de l'hypocrisie ... dans un monde où l'argent est roi ! 

Rappelez-vous : Ghannouchi & Tartour alias Moncef Marzougui, ont déjà reçu le prix Chatham House pour "la transition démocratique" en Tunisie ! Une mascarade, si elle ne constituait pas une insulte à l'intelligence des Tunisiens !!

A moins que ces Prix se vendent et s’achètent, comme le reste, par les plus offrants ! Dommage pour l'Occident : il brade ses valeurs par de telles mascarades.

En réalité l'attribution de ces prix n'honorent pas Ghannouchi car personne n'est dupe mais déshonorent totalement l'organisme qui distribue ces prix, qui perd toute crédibilité.

Rachid Barnat


Rachid Mohand Mestiri :
" Le Prix Averroès a été lancé le 27 juillet 2012 à Marrakech. 
" Oraganisé par l’Université Cadi Ayyad en collaboration avec l’Université de Cordoue en Espagne et l’Observatoire de la Méditerranée d’Italie. 
" Ce Prix International Ibn Rochd – Averroès est censé honorer "la promotion d’un nouvel humanisme en Méditerranée".
" Il se veut la consécration des valeurs de tolérance et de paix promues par Averroès, ancrées dans le vécu des hommes et des femmes qui contribuent, aujourd’hui par leurs œuvres à perpétuer les valeurs ".