mardi 4 novembre 2014

Les Frères musulmans au service d'une politique américano-sioniste

Par Rachid Merdassi

Géostratégie «Révolutions» arabes et 

complot néoconservateur


L'avenir politique de la Tunisie et du monde arabo-musulman dépendra de l'issue fatale du bras de fer égyptien actuel, opposant les forces progressistes et les islamistes, soutenus par les sionistes et néoconservateurs américains.

Je me suis juré de ne plus suivre la scène politique tunisienne depuis la profanation du Palais de Carthage, symbole de la république, par les caïds et les voyous, et aussi par dépit et dégoût de la nullité et perfidie d'une classe politique timorée et engluée dans le piège islamiste qui l'a neutralisée sur la question identitaire pour la mettre définitivement KO par une supposée légitimité des urnes qui lui a permis de faire main basse sur le pays, par l'entremise d'une Assemblée constituante d'un autre âge et aux ordres, devenue le trademark et symbole de la laideur et déliquescence d'une Tunisie blessée dans son honneur et sa dignité.

L'Egypte et le complot des néoconservateurs sionistes
Le séisme qui vient de frapper l'Egypte, par la volonté tenace d'un peuple déterminé et l'action décisive d'une armée patriote et toujours au rendez vous avec l'histoire et qui vient de prouver qu'elle sait s'affranchir du diktat américain quand les intérêts suprêmes de l'Egypte sont en jeu et faire avorter le complot des néoconservateurs sionistes, mentors et parrains des régimes islamistes.
Plusieurs penseurs et analystes l'ont souligné depuis l'avènement de ce qui fut appelé, et à tort, le printemps arabe sans que nos propres médias ne se soient trop attardés sur ce sujet central dans l'avènement des révolutions arabes et l'intronisation de régimes islamistes dits modérés.
C'est cette toile de fond qui doit permettre a posteriori de prévoir lequel des scénarios sera le plus probable pour la Tunisie.
Les islamistes ne sont pas parvenus au pouvoir par le seul simulacre d'élections démocratiques même si le timing de la «révolution tunisienne» a pris tout le monde de court mais grâce au soutien du congrès et administration américaine, sous l'emprise des néoconservateurs sionistes et l'argent du Qatar.
En précipitant l'histoire, les Tunisiens ont contribué, sans le savoir, à la mise en place de ce nouveau Moyen-Orient rêvé et planifié, il y a plus de 40 ans, par la coalition néo-conservatrice judéo-chrétienne: Richard Pearl, Paul Wolfowitz, Douglas Faith, Elliot Abrams, etc, tous juifs sionistes, et Dick Cheney (le vice-président le plus influent de l'histoire des Etats Unis), Donald Rumsfeld et d'autres noms sinistres et moins illustres.
Un raccourci serait opportun en vue d'édifier l'opinion sur la genèse du mouvement néoconservateur et son rapport avec ce qui se passe dans notre région, non dans une perspective de préjuger de la longévité de l'islam politique mais surtout pour discréditer et mettre à nu le complot néoconservateur sioniste sur le monde arabo-musulman avec la connivence de l'islam politique.
Néoconservatisme, sionisme et islam politique
Le néo-conservatisme est un mouvement intellectuel, né aux Etats Unis dans les années 60 au sein de la revue ''Commentary'', organe et porte-voix de l'American Jewish Committee. Parmi les théoriciens et contributeurs les plus influents à cet organe, on trouve les figures les plus radicales du néo-conservatisme et du sionisme tels que Norman Podhoretz, Irving Kristol, Abram Shulsky, Donald Kagan et l'inévitable Paul Wolfowitz, qui se réclament tous des idées et philosophie de Leo Strauss, juif allemand, membre influent du Groupe de la Jeunesse Sioniste allemande, avant d'émigrer aux Etats Unis où il fut enseignant de sciences politiques à l'université de Chicago.
Strauss est le théoricien du néo-conservatisme et du Nouvel Ordre Mondial qui s'articule sur trois thèmes majeurs :
1 - Une conviction religieuse que la condition humaine est définie par un choix entre le bien et le mal (thème repris par George Bush Junior après le 11 septembre 2011).
2 - Une assertion que le déterminant fondamental dans les relations internationales repose sur la force militaire et la volonté de l'utiliser.
3 - Une priorité absolue est à accorder au Moyen-Orient en particulier et au monde musulman en général, enjeu et théâtre principal pour les intérêts économiques et politique étrangère des Etats-Unis.
C'est cette genèse qui est à la base du projet de Nouveau Moyen-Orient avec en filigrane trois objectifs majeurs:
1 - neutraliser la menace sécuritaire présentée par les Arabes et les Musulmans à l'identité sioniste (Israël);
2 - contenir la menace terroriste d'Al-Qaida par la mise en place de régimes islamistes à la solde des Etats-Unis (Proxy States);
3 - avoir un contrôle total sur les ressources énergétiques et le canal de Suez.
Paul Wolfowitz n'a-t-il pas promis à Golda Meir, depuis l'année 1974, de la débarrasser de l'Irak de Saddam Hussein? Le même scenario n'est-il pas en cours d'application à l'Iran musulman et au Pakistan dans une moindre mesure?
Pour mettre leur plan à exécution les néo-conservateurs se sont placés dans les rouages de l'Etat et à la Maison Blanche en attendant l'avènement d'un président inculte et facilement manipulable de la trempe de Georges Bush fils en particulier, étroitement encadré et sous influence de son vice-président Dick Cheney et secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.
Tout était en place et l'avènement du 11 septembre était le déclic inespéré pour que les néo-conservateurs passent à l'offensive et mettent à exécution leur projet en commençant par la destruction de l'Irak, devenu cauchemar d'Israël conformément à la promesse faite à Golda Meir.
La débâcle de l'intervention américaine en Irak et l'illégitimité de ses mobiles, dénoncés avec vigueur par une opinion publique traumatisée par l'aventurisme de ses gouvernants a obligé les néoconservateurs à marquer une pause en se préparant à leur deuxième offensive qui leur a été offerte sur un plateau d'argent par le déclenchement fortuit et inattendu de la «Revolution» tunisienne.
C'est ainsi qu'un partage des rôles a été patiemment tissé avec des relais sionistes européens notamment en Angleterre et France en particulier où Sarkozy, Bernard Henri Lévy, Bernard Kouchner (théoricien du droit d'ingérence) et Laurent Fabius sont de fervents sympathisants et acquis aux théories néoconservatrices américaines. N'ont-ils pas été les responsables zélés de l'implosion de la Libye ?
La Grande Bretagne, sous l'impulsion des néoconservateurs, était devenue le sanctuaire des mouvements islamistes radicaux contrôles par les services secrets britanniques, américains et financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite (cf. ouvrage de Melanie Phillips ''Londonistan'') avec l'objectif de contenir la menace terroriste d'Al Qaïda en Europe et aux Etats-Unis.
L'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la guerre froide ont été la cause imprévue de la montée de l'islam politique et de son lot de malheurs à l'échelle planétaire. Aussi était-il devenu urgent de remplacer les régimes arabes laïcs et corrompus par des régimes islamistes modérés qui se chargeront de contenir l'aile islamiste radicale par les moyens légitimes de l'Etat (police et armée) et c'est dans ce contexte qu'il faut comprendre l'aubaine inespérée, présentée par la révolte populaire en Tunisie et son effet domino sur l'Egypte, Libye, Yémen et Syrie.
Les agents qataris et saoudiens en mission guidée
Dès la fin de janvier 2011, Paul Wolfowitz a, en quelque sorte, rendu publique la position des néoconservateurs en appelant à la fin du régime de Hosni Moubarak.
Mais bien avant le début des manifestations, en 2010, Robert Kagan et Michelle Dunne avaient mis en place un groupe de travail sur l'Egypte dont les conclusions soulignaient que le statu-quo politique ne garantissait plus la sécurité des Etats-Unis (entendez sécurité d'Israël) et que l'administration américaine s'engage le plus tôt possible dans une défense active des droits de l'homme et de la démocratie dans ce pays.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre l'enjeu présenté par les pseudo révolutions arabes et la connivence des nouveaux régimes islamistes «modéres» avec les néoconservateurs américains qui les manipulent à travers leurs agents qataris et saoudiens.
Un jour, toute la lumière sera faite sur les liaisons dangereuses entre le sionisme international et l'islam politique.
Entretemps, la réaction de la société civile en Egypte et le ralliement de l'armée, non pris en compte les néoconservateurs qui croyaient avoir acheté la loyauté des militaires, risqueraient, par leur impact, de faire échouer tout le projet de Nouveau Moyen Orient, option cauchemardesque pour les intérêts et suprématie mondiale des Etats-Unis.
Cette perspective est peu rassurante dans la mesure où elle conduirait les néoconservateurs et leurs alliés islamistes à jouer leur dernière carte, à savoir agiter le spectre de la guerre civile pour reprendre le pouvoir par la terreur sous l'alibi de la légitimité des urnes.
L'avenir politique de la Tunisie et du monde arabo-musulman dépendra dans une large mesure de l'issue fatale de ce bras de fer égyptien.
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NB : Cette vidéo fut tournée en septembre 2007 à New-York, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, par une chaîne de télévision israélienne (Channel 10). Elle montre la rencontre entre Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères de l'entité sioniste, et Cheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, l'Émir du Qatar. Cette rencontre diplomatique entre les deux pays ne serait pas la première d'après les dires de Tzipi Livni: «C’est la première rencontre avec l’Émir. Jusqu’à présent, les rencontres se faisaient avec le Premier ministre…». 
Curieusement, la chaîne qatarie Al Jazeera, censée pourtant informer le Monde arabe de ce genre d'information, fut à l'époque totalement muette sur le sujet…

ET MAINTENANT ...


Article paru dans : Kapitalis

POURQUOI FAUT-IL VOTER BCE !

Nous connaissons maintenant les résultats des élections législatives et nous allons voter pour un Président de la Tunisie. Certains pourraient ou se désintéresser de cette élection en considérant que le Président est moins important que l’assemblée ou se dire qu’il est maintenant possible d’éparpiller leurs voix entre tous les candidats, le vote utile étant moins nécessaire; ou enfin qu’il faut éviter de donner la Présidence au parti qui est arrivé en tête au risque d’une dérive autoritaire.
Il faut donc que les tunisiens réfléchissent bien à ces questions et se déterminent en connaissance de cause mais avec efficacité.

Une première réflexion doit être faite : le Président va jouer un rôle essentiel et même s’il n’a pas tous les pouvoirs, c’est lui qui va inspirer et diriger la politique du pays tant à l’intérieur qu’à l’étranger. On a vu pendant ces dernières années les dégâts considérables que peut faire un Président incompétent et qui développe des idées d’un autre âge, nuisible à l’image du pays et à la cohésion nationale.
Il faut donc absolument éviter de recommencer une telle erreur et éviter un deuxième tartour à Carthage.

Par ailleurs le Président aura un rôle d’autant plus important qu’aucune majorité absolue ne s’est dégagée aux élections et qu’il devra aider à des alliances pour le bien du pays. N’oublions pas que le Président a un pouvoir de dissolution et que c’est entre certaines mains un pouvoir de nuisance considérable. Imaginez un seul instant un Président Nahdhaoui ou ayant l’appui des obscurantistes et imaginez le pouvoir de nuisance qu’il aura, avec la possibilité de dissoudre l’assemblée que nous avons élue !

Dés lors il faut que les tunisiens vérifient bien l'  "appartenance" des candidats qui ouvertement ou de manière cachée seront  soutenus par les obscurantistes. 
Si l’on veut être conséquent, il faut leur barrer la route.

Les tunisiens pourraient aussi se demander au passage, pourquoi les islamistes ne présentent pas directement un candidat et préfèrent en soutenir un plus ou moins ouvertement ! C’est tout simplement parce qu’ils savent très bien qu’ils n’ont absolument aucune chance; et que se présenter directement, ce serait montrer que l’on a affaire à un colosse au pied d’argile, à une idéologie néfaste qui ne dispose que de peu de voix en réalité (800 000 tout au plus sur 11 millions de tunisiens). 
Voilà donc leur conception du combat démocratique : courage fuyons; et essayons de tromper sur la force du mouvement !

Une deuxième réflexion doit amener chaque tunisien à se demander ce que représente tel ou tel candidat. De nombreux candidats ne représentent rien ! Ils n’ont strictement aucune chance de l’emporter; et leur candidature n’est qu’un enfantillage de leur part, une façon de se montrer, de laisser parler leur ego. C’est une attitude complètement immature et infantile ! Il faut que les tunisiens les renvoient avec fermeté au néant d'où ils n’auraient jamais dû sortir.
Par exemple Madame Karthoum Kannou. Que représente-t-elle? Ce n'est pas parcequ'elle a été un juge courageux qu'elle peut, tout à coup, prétendre à être président de la République; et sa qualité de femme n'est pas, à elle seule, une raison de voter pour elle ! 
Par ailleurs elle aurait déclaré : " Aujourd'hui, je conserve une hargne envers les membres de l'ancien régime ". Elle affirme qu'elle ne travaillera pas avec eux, donc qu'elle ne pourrait pas travailler avec le parti Nidaa Tounes, qui en a fédéré plusieurs.  Mais accepterait bien un coup de pouce de la part d'Ennahdha !
Kalthoum Kennou aurait-elle la mémoire courte ? Est-ce une déclaration responsable ? Et comment, présidente de la République, pourrait-elle ignorer le parti  élu en tête ? 
Une telle déclaration la disqualifie totalement.

Que représente M Chebbi ? Voilà quelqu’un qui n'a réussi à faire élire qu'un seul député et qui prétend représenter le pays ! Avec qui pense-t-il gouverner ? Poser la question, c'est y répondre : avec les islamistes dont il quémande le soutien. 
Il faut que les tunisiens soient logiques avec eux-mêmes. Ils ont rejeté les islamistes est-ce pour les voir revenir à travers un comparse qui sera leur tartour n° 2, puisqu'il leur devra tout ? Je trouve même que ce monsieur est indigne. Quand on a prit une telle veste à des élections on se retire, au moins quelque temps et on a la décence de se taire.

Les autres candidats se contentent de se présenter sans avoir fait l’effort, comme l’a fait Beji Caïd Essebsi de réunir un parti, de fédérer les bonnes volontés. Ils ont, pour certains des qualités de techniciens mais ils n’ont pas de parti derrière eux; et c’est en démocratie essentiel.

Maintenant il faut faire un choix entre ceux qui ont obtenu un nombre de voix conséquents aux législatives : Nidaa, UPL de Riahi et le Front populaire de Hamma Hammi.

Le parti de Riahi me parait particulièrement inquiétant car ce n’est pas un parti d’idées mais d’argent et qu’à mon point de vue, l’argent n’ayant pas d’odeur pour ce genre de personnage, il est prêt à se vendre au plus offrant. Donc prêt à tomber de tous les côtés. Autrement dit, il manque de fiabilité ! C’est quelqu’un qui continuerait une des plaies des pouvoirs qui se sont succédés : la corruption et l’argent d’une "propreté" douteuse seront ses seuls contributions au parlement !
Je ne crois vraiment pas que c’est ce que veulent les tunisiens.

Quant à Nidaa Tounes et la "Jabha chaabia" (Front populaire) de Hamma Hammami, j’ai toujours rêvé qu’il y ait une alliance entre eux sur une base possible . Il me semble, en effet, que Nidda qui se présente comme un parti du centre-droite, ne doit pas être un parti  de droite libérale mais qu’il est dans son propre intérêt de favoriser des mesures de gauche, des mesures sociales pour diminuer au cours des années à venir la fracture sociale qui existe entre les tunisiens et entre certaines régions; qui constituent un vivier pour les Frères musulmans nahdhaouis.
Mon vœu est donc que Beji Caïd Essebsi l’emporte mais que Hamma Hammami fasse aussi un bon score et qu’ainsi un équilibre puisse se faire.

Pour conclure je dis donc aux tunisiens, qu’ils doivent de toute évidence confirmer leur vote aux législatives et élire Beji Caïd Essebsi. Échouer sur cette voie, serait la porte ouverte à toutes sortes d'aventures dangereuses pour le pays.

Si Nidaa avait obtenu la majorité absolue et avait pu décider seule à l’assemblée alors, oui, il aurait fallu élire un Président issu d’un autre parti pour équilibrer les pouvoirs, mais c’est loin d’être le cas.

On ne doit pas craindre une dérive autoritaire, que dénoncent les Frères musulmans nahdhaouis - ce qui est le comble d'un parti qui a dominé les 3 pouvoirs, en dominant ses partenaires tartour alias Marzougui et le Groggy du perchoir alias Mustapha Ben Jaafar - car la composition de l’assemblée ne permettra aucune dérive de ce type; et surtout la société civile tunisienne qui a montré sa maturité et sa grande efficacité, ne permettra plus jamais une telle dérive.

Bien au contraire il faut absolument un Président bien élu (l’idéal serait même qu’il le soit au premier tour) pour qu’il ait la force et l’autorité nécessaire et indiscutable pour être un moteur de la politique du pays face à une assemblée, qui, quelque soit la majorité qui s’en dégagera, sera par sa grande division, plus un frein qu’autre chose ... ce dont rêvent Ghannouchi et ses frères !

Vouloir la paralysie du pays serait d’élire un président issu d’un autre parti que Nidaa Tounes !

Il convient donc que les tunisiens fassent preuve de clairvoyance, de maturité politique et se comportent, de manière logique et efficace en votant pour Béji Caïd Essebsi. 


Rachid Barnat

Bernard-Henri Lévy dans nos murs : Une visite qui sent le soufre

Tartour complice de la venue de l'indésirable BHL, en Tunisie ?
Comme il le fut pour les prédicateurs envoyés par ses maîtres, les pétromonarques !

R.B
Bernard-Henri Lévite, toute sa philosophie résumée en une seule image.










Des noms de courtiers malhonnêtes tunisiens et étrangers circulent. Parmi eux, le membre du bureau politique d’un parti politique tunisien et un Libyen ayant également la nationalité américaine et négociant en armes…

L’irruption dans nos murs de l’agitateur islamo-atlantiste patenté et chantre de la nouvelle droite française, Bernard Henry Levy, a fait des remous. La mobilisation citoyenne a été prompte et décisive. Les autorités ont réagi et l’auraient considéré persona non grata tout en lui enjoignant de plier bagage et rentrer en France. Il était venu avant-hier en fin de soirée, sur la pointe des pieds, rasant les murs, ou presque. Mais le choc n’en fut pas moins brutal.

Arrivé via le vol de Paris, il a eu droit à un comité d’accueil hostile, et a dû être exfiltré par des portes dérobées. Dieu sait par qui. N’empêche, la société civile tunisienne s’est mobilisée. Les intellectuels et faiseurs d’opinion aussi. C’est que, chez nous, Bernard-Henri Lévy a une bien triste réputation. D’Irak au Soudan, de Syrie en Libye, via Gaza et le Liban, il est l’abonné pour ainsi dire de tous les coups tordus et autres manigances meurtrières fomentées dans le monde arabe. En même temps, il se distingue par son support inconditionnel de l’armée d’occupation israélienne et de ses expéditions meurtrières dans les territoires occupés palestiniens et libanais notamment. En 2011, il a fait bloc avec le président français Sarkozy pour occuper la Libye et renverser le régime de Kadhafi. Avec l’appui des Qataris, des Turcs, des Américains et des forces de l’Otan. On le voyait alors sur les écrans français, calfeutré dans quelque bunker ou à ciel ouvert à Benghazi, prônant le bombardement de tel ou tel quartier de Tripoli. Des bombardements qui avaient coûté la vie à des milliers de civils libyens.

Bernard-Henri Lévy a campé des postures analogues, caméras de télé à l’appui, au Pakistan, en Afghanistan, en Irak et ailleurs. En 2006, il avait soutenu la guerre israélienne au Liban et avait commis des articles dans le journal Le Monde à cet effet.
Et puis le voilà en Tunisie, étrangement, à la veille de l’élection présidentielle et moins d’une semaine après les élections législatives. La coïncidence ne serait guère fortuite. Une première pour Bernard-Henri Lévy qui s’était tenu jusqu’ici à l’écart  de la scène tunisienne, du moins apparemment.

Entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la révolution. La clochardisation des institutions est telle que la Tunisie est devenue la Mecque de tous les comploteurs et zélateurs de la planète. On y entre et on en ressort comme dans un moulin. Les gouvernements de la Troïka sortante ont encouragé la venue des prédicateurs wahabites de la haine de tout poil. Les chefs de réseaux de recrutement et d’embrigadement de nos jeunes pour les organisations terroristes en Libye, Syrie et Irak ont évolué comme un poisson dans l’eau chez nous. En toute impunité. Voire moyennant des complicités en haut lieu. Des fauteurs de guerre comme le néoconservateur américain McCain ont été accueillis à bras ouverts. Sa fameuse accolade chaleureuse avec Hamadi Jebali, alors chef du gouvernement et secrétaire général du mouvement Ennahdha, est restée dans les annales.

L’ampleur de la mobilisation citoyenne contre la venue de Bernard-Henri Lévy en a étonné plus d’un. La société civile tunisienne est particulièrement dynamique et attentive aux questions de souveraineté. Aux dernières nouvelles, Bernard-Henri Lévy a été prié de plier bagage et quitter la Tunisie par le premier vol vers Paris. Le gouvernement tunisien a ouvert une enquête pour déterminer la partie qui a invité l’agitateur politique et militaire français sans en référer aux autorités. Mehdi Jomaâ, chef du gouvernement, serait même courroucé. On dit que la visite a été fomentée secrètement par des parties impliquées dans la guerre civile libyenne. Des noms de courtiers malhonnêtes tunisiens et étrangers circulent. Parmi eux, le membre du bureau politique d’un parti politique tunisien et un Libyen ayant également la nationalité américaine et négociant en armes. Les services de renseignements n’ont rien vu. Étrangement.

Le billet d’avion de Bernard-Henri Lévy a été payé depuis Tunis. Les frais de son séjour également, à l’hôtel The Residence, à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, où une chambre a été réservée en son nom jusqu’à jeudi prochain.
Sa visite impromptue en Tunisie comprenait, croit-on savoir, une tournée à Bizerte, Hammamet et Sfax. D’où des interrogations sérieuses sur les réseaux tunisiens suppôts de Bernard-Henri Lévy et leurs desseins secrets. Un attentat au processus démocratique en cours sous nos cieux n’est pas à exclure. On craint aussi des accointances avec les nébuleuses terroristes agissant en Tunisie, en Libye et en Algérie, moyennant des soutiens de pays du Golfe. Une visite qui sent le soufre en somme.

Encore une fois, le laxisme de l’establishment envers tout ce qui attente à la souveraineté tunisienne déroute. Et le silence du président de la République à ce propos est pour le moins estomaquant.

lundi 3 novembre 2014

Les Don Quichotte de la politique

Les perdants, ont perdu le sens du ridicule !
R.B
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Nizar Bahloul

Week-end assez mouvementé à Tunis avec l’arrivée puis l’expulsion de Bernard Henri Levy, le démarrage de la campagne présidentielle et le début de constitution d’un front (qui naitra mourant) pour contrer la candidature de Béji Caïd Essebsi, qu’on présente à cor et à cri, comme étant le représentant de l’ancien régime.
Pendant ce temps-là, j’étais à Madrid avec les trois rédacteurs en chef de Business News pour un stage de trois jours. Nous nous sommes trouvés par hasard, tous les quatre, dans une manifestation pour la liberté de la presse et la liberté d’expression. « Pas de démocratie, sans liberté d’expression », criaient les manifestants. Près de quarante ans après la révolution suivant la mort de Franco, les Espagnols continuent encore à militer pour cette liberté indispensable et incontournable pour la démocratie. Et si j’évoque l’Espagne, c’est aussi pour rappeler le fait historique que la démocratie espagnole n’a pu être réalisée qu’avec les modérés du franquisme. Ce sont eux, ces « azlem espagnols » qui ont permis la fin du régime de Franco, la mise en place d’une démocratie et le dépassement des très fortes tensions internes.

Retour à Tunis où l’on vit encore cette tension interne. On est loin de l’été 2013 où l’on craignait une guerre civile, mais la tension perdure encore. Elle est soigneusement, très soigneusement, alimentée par quelques partis et personnalités politiques qui se prétendent démocratiques. A leur tête, bien sûr, Moncef Marzouki, Abderraouf Ayadi et Mohamed Abbou, les chantres de la division et de l’exclusion. Alors que l’on parle de démocratie et des acquis de la révolution, le président sortant (et illégitime) de la République continue à véhiculer ses messages de haine et de division. Dans son meeting « cinématographique », on criait encore des « RCD dégage ! », on insultait davantage les « azlem » et on épinglait toujours les médias de la honte.
C’est avec ce discours de division que le président de la République compte, croit-il, unir les foules autour de lui. Et de quelles foules ? De quelques centaines de membres de LPR violents et d’islamistes radicaux amassés devant une salle de cinéma ! Le pire, c’est qu’il y croit et qu’ils y croient ! Ils y croient autant que leurs amis-partenaires étrangers, notamment la France, qui ne voient pas d’un bon œil la victoire de Béji Caïd Essebsi.

Et comme si cette tension alimentée par la tête de l’Etat ne suffisait pas, voilà que des partis se prétendant démocratiques se mettent à « comploter » pour barrer la route au président de Nidaa Tounes. Ils y croient eux aussi. Pour eux, M. Caïd Essebsi est plus dangereux pour la démocratie tunisienne que Moncef Marzouki ! Nidaa Tounes est plus dangereux que le CPR ! Quelle déception de voir des gens comme Issam Chebbi ou Maya Jeribi s’asseoir autour d’une table avec Imed Daïmi et Mohamed Abbou. Amer de voir de pareilles personnalités, si respectables, oublier les Lotfi Nagdh, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Ils font un procès d’intention à Béji Caïd Essebsi capable, selon eux, de réinstaurer la dictature et ils oublient les turpitudes de Marzouki et de la troïka. Ils oublient le terrorisme de Châambi, ils oublient la Syrie, ils oublient les martyrs, ils oublient la situation économique dans laquelle ils nous ont plongé, ils oublient les LPR ! Et ils oublient, aussi, que c’est sous Béji Caïd Essebsi que la Tunisie a organisé ses premières élections post-révolution et pondu ses premières lois instaurant des institutions constitutionnelles démocratiques.
A ce stade, on ne peut plus parler d’aveuglement, on parle d’incompétence !

Ce camp se prétendant démocrate estime, en dépit des résultats des élections législatives, qu’ils sont les gardiens de la révolution et de la démocratie.
Ce camp est-il sérieux quand il pense, même une seconde, que Sihem Badi, Slim Ben Hmidène ou Imed Daïmi sont plus démocrates que Bochra Bel Hadj Hmida, Taïeb Baccouche ou Boujemâa Remili ? Est-il sérieux quand il pense que Abdelwaheb Maâtar est plus compétent que Slim Chaker ? Et, pour eux, Samir Ben Amor est plus fréquentable que Rafaâ Ben Achour ? Et qu’il vaut mieux avoir un Tarek Kahlaoui qu’un Mohsen Marzouk ?
En dépit de ce qu’ils répètent matin, midi et soir, et en dépit de ce que déclarent les médias français et qataris (ce sera bientôt un pléonasme), Nidaa Tounes n’est pas et ne peut être considéré comme RCDiste. Rien qu’en listant les noms des Nidaistes ci-dessus, on en est certains. Le RCD est mort, définitivement mort. La dictature fait partie du passé et on ne saurait revenir en arrière. La société civile, les magistrats, les médias et même l’administration ne permettraient plus ce retour en arrière. Sans parler de nos voisins et partenaires étrangers. Ceux qui crient « Nidaa = RCD » n’ont finalement plus que cet argument à brandir pour gagner quelques voix. Leur incompétence est tellement criarde qu’ils sont incapables de renouveler leur discours péroré depuis quatre ans ! Ceci est valable pour Ettakatol, CPR, Wafa, mais aussi pour Jomhouri, Alliance et Tayyar. Il n’y a que les islamistes d’Ennahdha qui ont admis leur incompétence et accepté de faire leur autocritique. Ils ont écarté les Sonia Ben Toumia, Sadok Chourou et Habib Ellouze et invité de nouvelles figures qu’ils estiment capables pour les batailles qui s’annoncent.

Pendant que les CPR/Jomhouri continuent à taper sur un cadavre et à tenter de salir les adversaires sérieux, Nidaa et Ennahdha marquent des points.
Nidaa, créé en juillet 2012, a réussi à devenir premier en très peu de temps. Ennahdha a réussi, pour sa part, à effacer une bonne partie de son bilan au pouvoir et est revenu de loin.
Voilà le constat, quoique disent les « démocrates » qui savent mieux que nous. 

Aux législatives de la semaine dernière, les Tunisiens étaient départagés en trois, comme dans toute démocratie occidentale. Un camp contre un autre et un troisième camp qui ne sait pas où aller. En Tunisie, nous avons Ennahdha contre Nidaa. Et le troisième camp est un panaché d’incompétents qui se prétendent laïcs et démocrates.
Je synthétiserai le paysage dans la caricature à travers trois figures féminines. Le premier camp est représenté par une Française d’origine tunisienne appelée Mehrezia Laâbidi. Le deuxième est représenté par la militante Bochra Bel Hadj Hmida. Le troisième est représenté par l’ancienne fuyarde Sihem Badi. Entre ces trois, et quand on est profondément démocrate et laïc, on ne se pose même pas la question pour qui on voterait. 

dimanche 2 novembre 2014

Candidats à la présidence ou candidats à la déchéance politique ?

LE DERNIER BAROUD D'HONNEUR ... DES PERDANTS !

Malheureusement le ridicule ne tue plus de nos jours !!
R.B
Présidentielle : Ces candidats à la déchéance politique
De messes basses en manigances, de conclaves en complots, ces candidats à la déchéance politique n'en finissent pas de perdre le peu de crédit qu'ils ont auprès des Tunisiens.
Le sursaut d'orgueil des grands perdants des législatives est le moins que l'on puisse dire pathétique et ridicule. Réunis en conclave après la grande déroute électorale sous la houlette du groggy du perchoir Mustapha Ben Jaâfar, qui semble soudainement réveillé de sa léthargie, les loosers ont tenté de se mettre d'accord sur la manière de perdre une nouvelle bataille, celle de la décence.


Marzouki-Ben-Jaafar-Chebbi-Banniere
Tartour, le Groggy du perchoir et l'éternel Looser !

Tous contre Caïd Essebsi
Dans toutes les démocraties du monde, les perdants des législatives font tous leur mea-culpa et tirent les conséquences de leur échec en présentant les excuses à leurs électeurs sous la forme d'une démission pure et simple de leurs responsabilités partisanes respectives.
En Tunisie les perdants ou simplement tous ceux qui ont été laminés par les législatives ont plutôt choisi de jouer les prolongations sous la forme d'un harakiri politique en se lançant dans des initiatives le moins que l'on puisse dire indécentes.
En effet, le spectre de Béji Caid Essebsi installé à Carthage a, semble-t-il, réveillé certains candidats à la présidentielle de leur rêves égocentristes. Ils ont eu soudainement la lumineuse idée de tenter de trouver un candidat «consensuel» du camp dit démocrate (sic!) pour barrer la route au candidat le plus valable du camp... démocrate, Béji Caïd Essebsi pour ne pas le nommer!
Ennahdha, leur grand rival, et les réactionnaires de tous bords n'en finissent pas de se délecter à la vue de ce cirque indécent où l'hypocrisie politique le dispute à l'opportunisme.
A plat ventre devant Ennahdha
Faut-il rire quand on voit le président sortant Moncef Marzouki faire du forcing et du chantage pour se faire réélire contre vents et marées, inconscient qu'il est de toutes les insuffisances et de tous les travers qu'il a fait endurer à l'institution présidentielle durant 3 ans ?
Faut-il rire quand on voit Mohamed Hamdi de l'Alliance démocratique continuer à présenter sa candidature à la présidentielle alors qu'il n'a même pas pu se faire élire dans son fief pour les législatives?
Faut-il rire quand on voit Mohamed Abbou du Courant démocratique, après avoir claqué la porte du Congrès pour la république (CpR), le parti de Marzouki, puis de la Troika, l'ex-coalition gouvernementale, se mettre soudainement a faire une campagne effrénée pour la candidature de ce même Marzouki en faisant de discrets appels du pied à Ennahdha?
Faut-il rire ou faut-il, plutôt, pleurer quand on voit Ahmed Nejib Chebbi, grand démocrate et grand militant anti Ben Ali, mais aussi grand perdant de toutes les batailles électorales, ramper à plat ventre devant Ennahdha, l'ennemi d'hier, pour espérer recueillir les suffrages de ses électeurs et abattre un candidat du même bord?
Faut-il pleurer quand au voit Mustapha Ben Jaâfar, estampillé militant-syndicaliste-social-démocrate et malheureusement transformé par Ennahdha en pantin sous forme d'un faire-valoir permanent, sonner le tocsin de la révolte anti Caid Essebsi et manigancer à outrance après son fiasco politique pour se présenter comme un candidat crédible à la présidence?
De messes basses en manigances, de conclaves en complots, ces candidats à la déchéance politique n'en finissent de perdre le peu de crédit qu'ils ont auprès du peuple tunisien dans leur quête jusqu'auboutiste du pouvoir, en faisant fi des règles les plus élémentaires du combat politique

BHL : Un philosophe va-t-en guerre

Nicolas BEAU :

BHL EXPULSÉ DE TUNISIE POUR “TROUBLE À L’ORDRE PUBLIC”.

Arrivé à Tunis vendredi soir, le philosophe français, Bernard Henri Lévy, devait assister, le dimanche 2 novembre à Hammamet à une conférence sur la situation en Libye, un sujet qui lui tient à cœur depuis qu'il a milité en faveur de l'intervention franco-qatarie sous le règne de Nicolas Sarkozy. La réunion a été organisée par le représentant d'Ennhadha aux Etats Unis, Radwan Masmoudi, président de l'association "Islam et Démocratie". Mais hélas pour BHL, sa diplomatie parallèle n'est pas du gout du gouvernement tunisien qui l'a prié de reprendre l'avion vers Paris pour "trouble à l'ordre public". .

Nous voici au cœur des réseaux entre une partie de l'administration américaine, les Frères Musulmans en Tunisie et en Libye et des hommes d'affaires véreux qui arrosent tout ce petit monde. BHL devait assister, le dimanche 2 novembre, à une conférence sur la Libye organisée à Hammamet, la plus grande ville touristique de Tunisie,  par un certain Radhouane Masmoudi, le représentant du mouvement ides islamistes tunisiens, Ennahdha, aux Etats Unis et le président de l'association Islam et Démocratie.  
La réunion était parrainée par un homme d'affaire douteux, Chafik Jarraya, surnommé "la Banane", en raison du monopole d’import-export qu'il a obtenu sur ce fruit. Cet affairiste à multiples bandes est devenu un entrepreneur prospère grâce aux contrats qu'il obtint en Libye à l'époque de Kadhafi et avec l'appui du clan Trabelsi, du nom de l'épouse de Ben Ali, qui regroupait les moins recommandables des familles alliées à l'ancien régime. Et voici "la Banane" qui, depuis quatre ans, a lancé à Tunis deux journaux en arabe pour soutenir les islamistes d'Ennhadha et qui est connu pour financer les Frères Musulmans et quelques autres candidats aux présidentielles en Tunisie.

En eaux troubles

Lors de la réunion d'Hammamet du 2 novembre, BHL devait notamment rencontrer Adelhakim Belhaj, le chef des Frères Musulmans libyens et l'homme du Qatar, dont le plus fidèle allié à Tunis s'appelle ... Chafik Jerraya. Que du beau monde! Le plus surprenant est que Belhaj est interdit de séjour officiellement en Tunisie. Le ministère tunisien de l'Intérieur refuse de lui accorder le moindre visa et s'il rentre tout de même en territoire tunisien, notamment pour se faire soigner, c'est avec l'appui des dirigeants d'Ennahdha...mais illégalement. Comment Belhaj peut-il dans ces circonstances assister à une conférence officielle à Hammamet? Y rencontrer des personnalités telles que BHL? Et bénéficier du soutien des dirigeants d'Ennahdha organisateurs de cette réunion?
Ce n'est pas la première fois que BHL rencontre monsieur Belhaj. Lors du voyage éclair que le philosophe et "sauveur de la Libye"avait effectué à Tripoli le 22 mai 2014 et dont la presse n'avait pas parlé, le niveau de sécurité autour de sa personne avait été assuré par les milices islamistes qui règnent sur la ville sous le commandement de Belhaj. Les deux hommes s’étaient longuement entretenu.

Du neuf avec de l'ancien 

Sans mandat officiel, sauf le sauf conduit que constitue son amitié avec Laurent Fabius, BHL avait joué, lors de ce discret déplacement, aux faiseurs de roi, en proposant la nomination d'un gouvernement idéal. Le Premier ministre, selon lui, devrait redevenir l'ancien chef de gouvernement Zeidan. Le ministre de l'intérieur qui aurait ses faveurs est Abdelhakim Belhaj, l'homme du Qatar à Tripoli qui règne sur quelques centaines de miliciens islamistes et surveille les principaux lieux de détention de la capitale libyenne. Rien de tout cela n'a évidemment été suivi d'effets. 
Personnalité sans mandat officiel ni rang institutionnel, Belhaj est aujourd'hui l’un des personnages les plus puissants du pays. Autrefois honni et traqué, il est aujourd’hui incontournable. Après avoir été financé et soutenu par le Qatar à la veille de la révolution, il multiplie depuis les déplacements à l’étranger pour consolider sa position de force à l’intérieur du pays et laisse entendre qu'il s'est éloigné de Doha, qui est soupçonné de financer l'Etat islamique.
Très proche du président turc Recep Tayyip Erdogan et des islamistes de Tunisie, notamment de Ghannouchi, le chef d'Ennahdha, l'ami Belhaj a surtout ses entrées à Washington. Mais ce fin politique sait ne pas être prisonnier de ses alliances. Plus récemment, le chef des islamistes libyens a même été reçu par des hauts responsables algériens et par Jacob Zuma, le président d’Afrique du Sud. Alger et Pretoria comptent sur lui pour contrôler, voire réprimer, les jihadistes libyens violents et rétablir un semblant d’ordre dans le chaos. Retournement de situation étonnant quand on connait le curriculum d’Abdelhakim Belhaj. A seulement 22 ans, Abdelhakim s’expatriait dans le Peshawar, au nord du Pakistan, où il suivait l’entraînement militaire et spirituel qu’organisent Abdallah Youssef Azzam et Oussama Ben Laden, les deux créateurs d'Al-Qaïda. 

BHL dégage !

La présence de BHL en Tunisie aura été d'autant plus surprenante qu'il ne s'est jamais intéressé à ce pays ni dans ses écrits ni dans ses chroniques. Sous Ben Ali, BHL n'a jamais dénoncé les dérives du régime, pas plus qu'il ne s'est penché depuis sur la formidable transition démocratique tunisienne. Autant son soutien aux généraux algériens, à qui il a consacré deux longs articles dans "le Monde" bourrés d'erreurs, est connue, autant son indifférence à la Tunisie est totale. Aussitôt connue son arrivée à Tunis, de nombreux tunisiens se sont massés à l'aéroport avec un seul mot d'ordre: "Dégage". En revanche, ce tigre de papier et va-t-en guerre a pris fait et cause pour la guerre en Libye. IL aura été le propagandiste zélé de l'intervention franco-anglaise, soutenue par le Qatar. Après le départ de Kadhafi, il ne s'est illustré que par une volonté suspecte de rapprocher le CNT libyen de l'époque, qui luttait contre Kadhafi, de la diplomatie israélienne. 

Cet automne, le bide de sa dernière pièce de théâtre à "l'Atelier" l'avait rendu amer et silencieux. L'expulsion de Tunisie n'est pas exactement le "come back" dont il rêvait. Philosophe qui n'a jamais enseigné dans aucune université, journaliste mêlant le vrai du faux, cinéaste de raccroc, écrivain sans oeuvre littéraire, guerrier sans aucun fait d'armes, BHL est juste au bout de ses impostures. 
La Tunisie ne s'y est pas trompé qui sait ce qu'en matière sécuritaire, l'incendie allumé en Libye par BHL, Sarkozy et le Qatar comporte aujourd'hui encore des risques majeurs pour l'ensemble de la région.  

samedi 1 novembre 2014

A quoi jouent les médias français ?

François Hollande a choisi de soutenir les Frères musulmans !

Mais aussi certains médias français !!

Les Français mépriseraient-ils tant que ça les démocrates progressistes tunisiens ?

On se le demande ! 

R.B

Par Samy Ghorbal

correspondance de Tunis

Pourquoi les médias français ne comprennent rien 

à la Tunisie


Clichés éculés, raccourcis stupéfiants, partialité délibérée... Les internautes tunisiens n'ont pas de mots assez durs pour qualifier la couverture de leur pays par les médias de l'Hexagone.
"Festival de contre-vérités et d’approximations." "Traitement partial, biaisé et orienté." Pour les internautes tunisiens, les médias français ne comprendraient décidément rien à la Tunisie. Le sujet déchaîne les passions en marge des législatives du 26 octobre, qui se sont soldées par la victoire des modernistes de Nida Tounes. "À la lecture de la presse, on a vraiment le sentiment que les journalistes français auraient préféré une autre issue, déplore Amine, un chef d’entreprise de 41 ans. On perçoit souvent un tropisme pro-islamiste, assez étonnant du reste dans la mesure où le voile est très mal vu en France. Par ailleurs, les articles et les reportages véhiculent une quantité de clichés éculés et de raccourcis stupéfiante. Pour être franc, nous sommes beaucoup à le ressentir comme une forme de trahison..."

"L’affaire Bernard de la Villardière"

Même si tous les griefs ne sont pas toujours fondés, le malaise exprimé par nombre de Tunisiens ne relève pas uniquement de la pensée obsidionale. Le 25 octobre, veille du scrutin, les chaînes d’information en continu BFM et i-Télé ont prédit en boucle une victoire d’Ennahdha. Une légèreté assez incompréhensible dans la mesure où les sondages "secrets" annonçaient un match au coude-à-coude et indiquaient tous une légère avance au profit de Nida Tounes. Cette retentissante erreur d’appréciation succède à "l’affaire Bernard de la Villardière", du nom du producteur d’Enquête exclusive, sur M6, copieusement moqué par les internautes tunisiens depuis deux semaines. Son émission, consacrée à la fortune de Ben Ali et de son clan, et à la traque de leurs avoirs à l’étranger, avait été diffusée le 12 octobre. Bien plus que le sujet – un marronnier –, c’est la deuxième partie du programme, un entretien long et complaisant avec le président provisoire Moncef Marzougui qui a provoqué l’indignation des téléspectateurs tunisiens. "M6 a choisi de faire la promotion d’un camp et d’un candidat, en l’occurrence Marzougui, écrivait Businessnews le lendemain. C’est une ingérence totale dans la campagne, une tentative de diversion de l’opinion publique."

Manipulation

Incompétence ou manipulation ? Beaucoup, à Tunis, penchent pour la seconde hypothèse et dénoncent une forme de partialité. "En 2011, déjà, les médias étrangers nous avaient donné le sentiment de prendre fait et cause pour Ennahdha, et s’étaient échinés à vendre la fable d’un islam modéré, compatible avec la démocratie, explique un éditeur. Ils n’ont cessé par la suite de tresser des lauriers à Moncef Marzougui et à Mustapha Ben Jaafar (président de la Constituante), qui ont choisi de s’allier avec les islamistes pour former la troïka. Le président François Hollande, qui a multiplié les gestes en direction des deux alliés séculiers d’Ennahdha, a lui aussi contribué à cette idée que la France avait choisi un camp."
La Tunisie est le grain de raison qui empêche l'étau occidental de se fermer.

Le traitement médiatique de la victoire de Nida Tounes, le parti de l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, a encore accentué le malentendu. Cet événement inédit – une deuxième alternance pacifique en trois ans dans un pays arabe – a souvent été assimilé à un "retour de l’ancien régime". Réagissant à des commentaires entendus sur France Info, le psychanalyste Fethi Ben Slama s’est emporté sur Facebook contre la tendance de certains chercheurs européens "pro-islamistes" à caricaturer la réalité tunisienne. "On oublie de dire pourquoi les électeurs ne font plus confiance aux islamistes et que 70 % de l’électorat est sécularisé. On omet de dire que la bipolarisation est la caractéristique de la majorité des systèmes démocratiques et que, dans le cas tunisien, elle est relative puisqu’aucun parti ne peut gouverner seul. […] Je veux bien qu’on qualifie de conservatrice l’aile de Nida formée par les anciens du RCD [ex-parti de Ben Ali]. Mais pourquoi ne jamais parler de l’autre aile, gauchiste et syndicaliste, incarnée par Taïeb Baccouche ?" Et de conclure, avec un brin de provocation : "Mon hypothèse est que bien des Occidentaux ont besoin des islamistes. La gauche veut se donner bonne conscience et la droite veut se donner des ennemis. Les démocrates du monde arabe sont pris dans cet étau occidental. Mais la Tunisie est le grain de raison qui l’empêche de se fermer."

"Nida Tounes n'a rien de laïc"

Nida est un parti séculier, au sens anglo-saxon.
L’autre motif de récrimination récurrente concerne la grille de lecture, manichéenne de la presse française. Libération et Le Parisien ont ainsi consacré leurs manchettes à "la victoire des laïcs". Problème : c’est une pure mystification, car il n’existe aucun parti laïc sur la scène politique tunisienne ! Tous revendiquent en effet l’article 1er de la Constitution, qui dispose que "la Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, dont la religion est l’islam, la langue l’arabe et le régime la République". Béji Caïd Essebsi, qui aime à se présenter comme un disciple du père de l’indépendance, Habib Bourguiba, "inventeur" de l’article 1er, ponctue tous ses discours de sourates du Coran et ne manque aucune occasion de souligner que le mariage de la modernité et de l’islam éclairé constitue l’essence de la spécificité tunisienne. L’insistance des médias français à désigner Nida Tounes comme un "parti laïc" ou une "alliance laïque" a d’ailleurs obligé Taïeb Bacouche, le secrétaire général, à publier une mise au point pour dénoncer la confusion entre les termes laïc et séculier : "Nida n’a rien de laïc, c’est un parti séculier, au sens anglo-saxon."

Et si le journalisme moderne, avide de sensationnalisme et formaté à l’extrême, empêchait de se poser les bonnes questions sur la Tunisie ? C’est l’idée développée par l’écrivain algérien Kamel Daoud. Dans une chronique publiée dans Tunisie Focus et intitulée "Nida Tounes et nous, mystère d’une victoire inhabituelle", il suggère d’oublier un instant Ennahdha pour s’intéresser au vainqueur du jour : "Nous assistons à une chose impensable : l’émergence d’un pôle séculier, non-islamiste et actif. Comment a fait Nida Tounes ? Quel est ce parti ? Pourquoi a-t-il réussi à faire contrepoids à Ennahdha sans le secours de la fraude, sans une armée derrière le dos, sans être manipulé comme le mouvement Tamarrod (rébellion) en Égypte et sans servir de dindon à la farce d’une démocratie dite contrôlée ? Comment les classes moyennes locales et les élites d’affaires ont-elles réussi à sauver leur mise et à mobiliser des forces pour vaincre ? Comment ce Nida, cet Appel, a-t-il réussi à mettre fin à un demi-siècle de défaite des progressistes dans le monde arabe ?"

UN TUNISIEN RÉPOND A Wagdi GHANIM


Sofiane Ben Farhat dans une sainte colère (vidéo de la réponse de Sofiane), répond à l'insulte des tunisiens par Wagdi Ghanim, frère musulman et tête pensante de Ghannouchi & Mourou !
Pour rappel, c'est lui qui préconisait l’excision des fillettes.

Wagdi Ghanim * interpelle Ghannouchi, le traite de mécréant pour avoir félicité Béji Caid Essebsi d'être arrivé premier aux élections législatives du 26 octobre 2014.
Un discours de haine de plus, comme savent en faire les Frères musulmans, dont c'est la seule stratégie de "communication" !  

" Il nous faut soustraire les enfants à leurs parents pour en faire de bons musulmans " ! 
Entendez de bons wahhabites !! 

Rachid Barnat

Wagdy Abd ElHamied Mohamed Ghoneim ou simplement  Wagdy Ghoneim :
né en 1951 en Egypte. Prédicateur des Frères musulmans sur Aljazeera TV du Qatar.
Il était imam à l'Institut islamique de Orange County, en Californie, aux EU jusqu'en 2005.
Il a collecte des fonds pour le compte du Hamas (Frères musulmans palestiniens) pour assurer leur charity-business !
En Janvier 2005 Ghoneim a quitté les États-Unis pour le Qatar, suite à son arrestation pour violation de son statut d'immigration, pour avoir collecté des fonds pour soutenir des organisations telles que le Hamas. Il est interdit pour 10 ans de rentrer aux EU. 
En mai 2009, son nom a été inscrit sur  la liste des «personnes interdites au Royaume-Uni pour incitation à la haine»  et pour avoir fomenté, justifié ou glorifié le terrorisme et la violence.
D'autres pays sont interdits pour Ghoneim comme le Canada et la Suisse.