samedi 16 mai 2015

VOUS AVEZ DIT DÉMOCRATIE ?

OU LA DÉMOCRATIE A GÉOMÉTRIE VARIABLE ... DES AMÉRICAINS !

Article paru dans : 

" La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, 
mais la protection de la minorité. "
Camus
" Le véritable progrès démocratique n'est pas
d'abaisser l'élite au niveau de la foule,
mais d'élever la foule vers l'élite. "
Gustave Le Bon

 " Le monde arabe passe sans difficulté de Lénine à Allah, en vertu d'une vieille tradition tribale, puisque après tout il s'agit toujours d'obéir à un chef et de faire allégeance aux lois du clan. Les américains ont favorisé ce transfert des intelligences locales d'une bondieuserie dans l'autre, pensant ainsi empêcher l'emprise de Moscou sur le monde arabe : favoriser Scylla dans l'espoir de piéger Charybde est une tentation à laquelle ces grands rusés cèdent depuis des lustres avec le succès que l'on sait, un peu partout sur la planète " !
Boualem Sansal 
Le peuple a faim de démocratie et soif de justice ! - Ali Dilem

Décidément les américains auraient tout décidé pour la Tunisie ... jusqu'aux concepts pour imposer aux tunisiens et au monde, leur plan pour le monde dit "arabo musulman", comme : le Printemps arabe ", " la Révolution du jasmin "; puis " le Dialogue national ", " le Consensus " ... et voilà leur dernière trouvaille : " la Révolution douce " !

Les américains ont décidé qu'il était temps que les tunisiens passent à un régime démocratique, mais à une démocratie au rabais puisque quel que soit leur choix même s'il s'est traduit à trois reprises par le rejet des Frères musulmans, ils ont décidé que ceux-ci restent au pouvoir et le partagent avec Nidaa Tounes, pourtant sorti victorieux des 3 scrutins !


Est-ce ainsi que ces "démocrates" conçoivent la démocratie ? 
Ils se moquent des tunisiens !

Mais ayant décidé de faire de la Tunisie leur laboratoire, ils expérimentent une nouvelle démocratie spéciale pour "arabes" où l'opposition doit gouverner avec le parti élu contre la volonté des tunisiens ... chose impensable chez eux, pour ces "démocrates" !!

La lecture d’un article de Jackson Diehl évoquant la visite de M. Mohsen Marzouk* et « un plan Obama » en faveur de la démocratie en Tunisie », nous montre qu’un grand danger guette le pays, un danger que beaucoup avaient déjà souligné avant et après l’alliance de Nidaa Tounes avec les islamistes, mais les choses n’étaient pas dites clairement.

Elles le sont maintenant au plus haut niveau de l’Etat et les Tunisiens devraient en prendre clairement conscience et décider de lutter contre cette « démocratie » au rabais que veulent imposer les américains avec la complicité choquante de Nidaa Tounes qui s’en mordra les doigts; et peut être dans moins de temps qu’elle ne l’imagine.

Dans ce texte que dit M. Moshen Marzouk ?

Il exprime d’abord une idée générale à laquelle on pourrait adhérer « Le défi, réside dans le droit à la représentation des deux tendances principales – c'est-à-dire le courant de la modernité et de la laïcité, d'une part; et celui du conservatisme avec ses référentiels religieux, de l'autre –, dans le cadre d'un code de bonne conduite qui bannit l'usage de la violence et instaure sur des bases solides le respect des règles du jeu démocratique.»

Mais il ajoute et cela est très grave : 
 
« Une des règles du jeu de la transition démocratique, devrait être la formation d'un gouvernement consensuel, où il n'y aurait ni vainqueur ni vaincu.» 

« Pendant au moins une autre décennie, les formations politiques tunisiennes les plus importantes devront s'entendre à former ensemble des gouvernements, indépendamment des résultats des élections. » ajoute-t-il.

Indépendamment des résultats des élections ! Tout est dit de cette démocratie bien particulière où il est clairement dit que l’on ne tiendra pas compte des résultats des élections ! 

En somme il demande un moratoire pour la démocratie. On croit rêver ! 

Mais ce n’est pas un rêve, c’est bien ce qui s’est passé après l’élection de M. Beji Caïd Essebsi et après les élections parlementaires. Les Tunisiens dans leur majorité et clairement, ont voté contre Ennahdha. Ils ont clairement exprimé leur souhait de ne plus voir les islamistes au pouvoir. 

Eh bien, avec la nouvelle théorie de la « démocratie expérimentale » admise par Mohsen Marzouk, ces résultats ont été passés à la trappe et Nidaa Tounes a fait un accord avec Ennahdha.

On peut appeler cela de tous les noms mais pas de celui de démocratie car la démocratie avant tout, c’est le respect de la volonté du peuple exprimée dans les urnes !

Cette situation et cette théorie fumeuse sont d’ailleurs l’application d’une doctrine d'un organisme de réflexion proche du pouvoir des Etats Unis et destinée aux peuples "arabes" sous développés !

Il faut que les Tunisiens prennent conscience de la gravité de cette situation !

Elle est grave pour plusieurs raisons :

1° - D’abord c’est en réalité un coup mortel porté à la démocratie car comment voulez-vous que les peuples votent et croient au vote si on leur dit clairement que l’on en tiendra pas compte ? Les Tunisiens sont-ils des imbéciles qui iraient quand même voter en sachant que cela ne servirait à rien ? Voilà une belle image donnée à la jeunesse qui a déjà tendance à s’éloigner de la politique.

2° - Ne voit-on pas que cette doctrine est basée sur un mépris choquant du peuple que l’on consulte pour « faire bien »  mais dont l’opinion n’a aucune espèce de poids ni d'importance. Que les américains méprisent les peuples arabes et les Tunisiens c’est possible mais que des dirigeants tunisiens qui se disent patriotes et démocrates acceptent pour leur pays une « démocratie au rabais », cela est choquant !

3° - Dans quelle démocratie y a-t-il une alliance entre les principaux opposants ? En Amérique entre les Démocrates et les Républicains ? En France entre les Socialistes et le FN ? Poser cette question montre l’aberration de la doctrine que l’on veut imposer à la Tunisie.

Voilà pour les critiques de forme.

Mais il y a beaucoup plus grave car ce système va conduire le pays à la paralysie et surtout de toute évidence à la régression :

1° - Pensez-vous que ce pays qui a besoin de réformes importantes, difficiles et qui doit choisir une voie, soit celle du progrès soit celle de la régression, va pouvoir faire face à ces défis en étant tiraillé entre deux forces qui sont très exactement le contraire l’une de l’autre ?
On voit déjà les effets néfastes de cette situation. 

Alors qu’il faut aller vers des institutions clairement démocratiques, comme par exemple vers l'indépendance des juges du siège; les deux grands partis Nidaa Tounes & Ennahdha vont se mettre d’accord pour ne rien faire de sérieux.

2° - Cet accord entre deux partis principaux en dehors de la volonté des électeurs, va conduire, en réalité, à une dictature soft. Les deux partis vont se tenir l’un l’autre et refuseront tous progrès pour l’un, toute régression pour l’autre et ce sera l’immobilisme. 
Bravo pour l’intérêt du pays !

3° - Enfin ce système profitera à Ennahdha et Nidaa Tounes en sera la victime. Pourquoi ? 
Eh bien, parce qu'aux prochaines élections, personne de sérieux ne croira plus aux promesses de Nidaa et que ce parti, ne profitera plus du tout de l’élan qui l’a conduit au pouvoir. 
Par conséquent Ennahdha remportera la mise car ses électeurs seront bien conscients que ce parti a bien joué; et que éliminé par les urnes, il a tout de même réussi à rester au pouvoir et que de son côté Nidaa aura découragé plus d’un de  ses électeurs.

4° - J’ajoute que à quoi bon faire des élections lorsque l’on a affirmé que la volonté exprimée par les urnes est secondaire et que l’on n'en tiendra pas compte. Je suppose que les deux grands partis s’entendront pour trafiquer le résultat des urnes pour maintenir cet équilibre qui leur profite mais qui est totalement néfaste pour le pays.

Certains vont dire que cette analyse est exagérée et que, compte tenu de la situation de crise, de la menace terroriste et de l’évolution d'Ennahdha pour ne plus instrumentaliser la religion, c’est un demi mal et que c’est pour le bien du pays.

On ne peut que s’élever en faux contre cette analyse. Cet accord au sommet entre deux partis diamétralement opposés sur le plan des idées, ne permettra aucunes réformes sérieuses et n’empêchera pas le terrorisme. Quant au parti Ennahdha, branche de l'organisation mondiale des Frères musulmans, qui de sérieux pourrait croire qu'il pourrait évoluer pour se délester de la religion fondement de leur organisation ?
Les jihadistes violents seront au contraire de plus en plus hostiles à la position de compromis d'Ennahdha.

Il faut que la société civile se saisisse du problème et dise clairement qu'elle ne veut pas de cette démocratie au rabais et qu'elle veut un projet de progrès pour le pays, projet impossible avec Ennahdha. Il faut que se lève de véritables démocrates et notamment parmi les jeunes qui viennent s'opposer clairement à l'hégémonie actuelle de Nidaa Tounes qui a trahi ses électeurs.

Rachid Barnat

* Mohsen Marzouk venant de l'extrême gauche et pactisant avec l'islamisme, confirme le constat de Boualem Sansal.

mercredi 13 mai 2015

Les tunisiens ont-ils vocation à vivre colonisés ?

Si la Tunisie a été colonisée, c'est qu'elle était colonisable ! disait Bourguiba 
La Tunisie a été occupée dans son histoire récente par les Ottomans, puis par la France ... et son nouveau prétendant qatari n'a pas eu à violenter les tunisiens pour coloniser le pays; puisqu'il s'est servi de ses protégés Frères musulmans, qui lui ont offert le pays ... comme s'il leur appartenait en propre !
Les tunisiens vont-ils se laisser faire par ce nouveau type de colonisation politico-religieuse dont les Frères musulmans diffuse ce qui le fonde : le wahhabisme ?
N'auront-ils donc pas tiré les leçons de leur histoire ??
Un peuple qui ignore son histoire est condamné à la revivre !
R.B

12 mai 1881 : La Tunisie a été colonisée parce qu'elle était colonisable

Les peuples n'aiment pas célébrer leurs malheurs, et quand une date leur rappelle un mauvais souvenir leurs dirigeants s'évertuent à l'effacer de la conscience collective. D'où le choix du 12 mai, jour anniversaire de l'instauration du protectorat, pour la nationalisation des terres appartenant aux colons. Depuis 1964, cette date a  cessé d'être exclusivement celle du tristement célèbre traité du Bado, mais celle de l'évacuation agricole. Pourtant, cela ne nous dispense pas d’entretenir le souvenir d'un  évènement survenu il y a 134 ans qui a marqué un tournant dans notre histoire et d’en tirer les enseignements pour le présent et l’avenir. C'est, d'ailleurs, ce à quoi s'est employé Bourguiba pendant des années avec le talent et la force de persuasion qu'on lui connaîssait.
Dans son livre, « l’affaire tunisienne », l’historien Charles-André Julien évoque les circonstances de la signature du traité du Bardo : «le 12 mai, le général Bréart (commandant du corps expéditionnaire français) reçoit des instructions rédigées par Jules Ferry (le président du conseil) et de Courcel (ministre des Affaires étrangères) qui lui prescrivaient de présenter au bey, dans son palais du Bardo, à Ksar Saïd, un traité de protectorat, et, en cas de refus et après un délai de quelques heures, de « s’assurer de sa personne ». A 16 heures, le consul de France, Roustan se rend au palais de Ksar Saïd où résidait le bey, suivi du général, à cheval «avec un nombreux état-major et un escadron de chasseurs» qui  ne quitteront pas la place. A  20 heures, soit une heure avant le délai fixé par l'ultimatum de Bréart, Mohamed Sadok cède sous la contrainte. Une demi-heure après, Roustan adresse une dépêche au Quai d'Orsay qui commence par un cri de victoire justifié l'accord est signé».
Deux ans plus tard, le 8 juin 1883, elle deviendra une colonie de fait suite à  la signature de la convention de la Marsa qui réduira au minimum les prérogatives du Bey. « On est passé de la co-souveraineté à une souveraineté exclusive de la France » (1) et même à une colonie de peuplement avec l'afflux de dizaines de milliers de Français et la naturalisation de milliers d'Européens (Maltais, Espagnols) et de juifs livournais qui accapareront les richesses du pays y compris la majeure partie des terres agricoles du nord-ouest.

Comment en était-on arrivé-là ?

Lorsque l'amiral ottoman Sinan Pacha avait bouté les troupes de Charles Quint hors du territoire national en 1574, il fut accueilli en sauveur, tellement les Espagnols avaient laissé de mauvais souvenirs en se livrant à un véritable génocide. Les Tunisiens étaient loin de se douter qu'ils étaient tombés de Charybde en Scylla : un territoire dépecé, privé d'une partie de ses provinces occidentales et méridionales, et surtout deux dynasties, la mouradite et la husseinite qui laisseront en 350 ans de règne un pays exsangue, incapable d'opposer la moindre résistance fût-elle symbolique à l'occupant français le 12 mai 1881. 


Il fut un temps où la défunte RTT diffusait en prime time sur son unique chaîne de télévision, des émissions culturelles. Je me souviens tout particulièrement d'une émission historique hebdomadaire produite et animée par Khélifa Chater. Sans faire exploser l’audimat, elle était suivie par un public fidèle dont un certain Habib Bourguiba. «Il ne ratait aucune émission et même quand il était en convalescence à l’étranger,  ce qu’il lui arrivait souvent dans les années 70, nous lui faisions parvenir les enregistrements », se souvient Khélifa Chater. C'est que l'émission s'intéressait surtout à une période qui tenait particulièrement à cœur à l'ancien président de la République.

Car si Bourguiba a été un acteur majeur de l'histoire contemporaine de la Tunisie, il était aussi un lecteur insatiable des livres d’histoire. Souvent, il ponctuait ses discours de citations tirées de livres, comme  « Al Moukaddima » (Les Prolégomènes) d’Ibn Khaldoun ;  « El Ithaf » d’Ahmed Ibn Abi Dhiaf, « L’Afrique de Nord en marche », de Charles André-Julien, « Les origines du protectorat français en Tunisie » de Jean Ganiage; sans oublier le livre du fondateur du Destour, Abdelaziz Thaalbi, « La Tunisie martyre »  son vade-mecum qu'il a lu et relu, toujours avec la même émotion. 

De son expérience et de ses lectures, Bourguiba tirera un enseignement essentiel : si la Tunisie a été colonisée, c'est qu'elle était colonisable. Le concept, forgé par le penseur algérien Malek Bennabi, fut repris par Bourguiba.

Les livres de Charles-André Julien et de Jean Ganiage sont particulièrement édifiants à cet égard. Sans rien occulter et avec le souci constant d’établir la vérité historique, les deux historiens brossent un tableau très sombre de la Tunisie de la deuxième moitié du XIXe siècle. On en sort tout remué, horrifié par l’incompétence des gouvernants, la toute-puissance des consuls, l'esprit de rapine des mamelouks. 

Ah les mamelouks, parlons-en ! On ne dira jamais assez le tort qu'ils ont porté à leur patrie d'adoption. Originaires des balkans, comme nos Beys, peu instruits, totalement dépourvus de scrupules, ils détenaient la réalité du pouvoir alors que les souverains étaient réduits au rôle de rois fainéants. Le plus connu, Mustapha Khaznadar, né à l’île de Chio en Grèce, de son vrai nom Kalkias Stravelakis, Premier ministre pendant ... 36 ans, s’est retrouvé après son départ avec une fortune égale à deux fois le budget de l’Etat. Julien notait que les charges de Caïds, les portefeuilles ministériels, les sièges de conseillers leur étaient réservés. 
Lors de l'expédition d'Egypte, Napoléon avait d'ailleurs observé le même phénomène chez les mamelouks égyptiens. 

Kheireddine était l'exception qui confirmait la règle. Il compensait son manque d'instruction, par une intelligence vive et un nationalisme chevillé au corps, même si on peut lui reprocher d'avoir vendu le domaine de l'Enfidha qui s'étend sur 100000 hectares à la Société Marseillaise de Crédit. Il a fondé le collège Sadiki, assaini les finances publiques. Il terminera Grand vizir de la Sublime porte. Un seul autochtone,  Mustapha Ben Ismaïl, le mignon de Sadok Bey et ... coiffeur de son état à Souk el Blat, fut hissé à la primature après le départ de Kheireddine.

«Tunis la plus petite, la plus tranquille des trois régences barbaresques avait glissé depuis la conquête de l’Algérie vers un Etat de semi-vasselage à l’égard de la France. Satisfait de sa docilité, le gouvernement impérial ne songeait point à l’absorber (…) Mais la décadence de ses  institutions, de son économie, la faillite d’une politique de réformes trop hâtives, la mise au pillage de ses finances entraînèrent une banqueroute financière d’où devait sortir une mise en tutelle exercée collectée par la France, l’Angleterre et l’Italie». En quelques mots, Jean Ganiage a résumé la situation de la Tunisie au milieu du XIXe siècle.

Avec  la dynastie husseinite,  et avant elle les Mouradites, on n’a même pas eu droit au cycle khaldounien, tout au plus quelques éclaircies dans la grisaille. Sur les 19 Beys qui ont régné de 1705 à 1957, un seul était irréprochable : Moncef Bey, dont le règne n’a duré que six mois pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux autres ont été des despotes plus ou moins éclairés : Hamouda Bacha, contemporain de Napoléon, et Ahmed Bey 1er, le fondateur de l'école polytechnique du Bardo, à qui on doit aussi le drapeau national. 
Mais les grandes décisions qui ont été portées au  crédit des Husseinites comme l'abolition de l'esclavage en 1846 ou la constitution de 1861 dont s'enorgueillissent les Tunisiens, ont été prises sous la pression des grandes puissances et n'ont jamais été appliquées. 

Lorsque le général Briard se présenta en compagnie de Roustan le 12 mai devant le palais beylical, le pouvoir n'était pas à prendre, mais à ramasser. La Tunisie était colonisable.


(1) Histoire générale de la Tunisie (tome IV) Sud Edition Tunis

mardi 12 mai 2015

La France victime du sionisme

LA FRANCE VICTIME DU SIONISME ...

La laïcité en France a commencé a décliner depuis que le sionisme s'est invité dans le pouvoir politico-médiatique français et que des lois "spécifiques" ont été votées pour la communauté juive ... tout comme avec l'islamisme depuis quelques années qui ne cesse à son tour de remettre en cause la laïcité prenant exemple sur le sionisme, et réclament lui aussi des lois "spécifiques" pour la communauté musulmane. 

Deux idéologies politiques extrémistes qui instrumentalisent la religion; les deux s'arrogeant le droit de représentant leurs communautés, se prétendant gardiens de leur religion.

Leurs adeptes adoptent la même stratégie pour empêcher toute critique à leur égard en brandissant l'antisémitisme ou l'islamophobie ... créant une confusion entre sionisme et judaïsme pour les uns; et entre islamisme et islam pour les autres !

La solution ? Le retour à la laïcité et son affirmation devant tous les communautarismes !
R.B 

Sarkozy Israel et les Juifs Banniere
Par Dr Fethi El Mekki*

Libres considérations sur une France occupée

Les nostalgiques d'une France digne et rayonnante s'interrogent : Que reste–t-il de la liberté d'expression acquise aux prix d'énormes souffrances et sacrifices?
Au pays du bon Roi Dagobert, il se passe des choses insolites qui interpellent et nous laissent songeur... quant à l'avenir de ce grand et beau pays.
Une certaine catégorie d'intellectuels français a la frousse, même de son propre ombre. Elle ne se sent pas libre dans son pays, notamment chez certaines professions où on se sent épié, matin, après-midi et soir.
Cette crainte mortifère atteint un pic himalayen, lorsqu'on aborde un sujet qui traite des juifs de France, d'Israël, et où on essaye un tant soit peu d'être objectif...
Fini de rire :
La «quenelle» est un geste humoristique, un brin provocateur, inventé par l'humoriste Dieudonné M'bala-M'bala en 2008 pour taquiner les juifs. C'est un geste qui consiste à ce qu'on ait un bras tendu vers le bas, coupé par l'autre main au niveau de l'épaule.
Les pessimistes, c'est-à-dire, les présidents de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) et du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le comparent à un salut nazi inversé, inventé pour soi-disant fabriquer de l'antisémitisme et le propager. Et pour les rigolards c'est un geste tout simplement rigolo.
Il a suscité beaucoup de polémique dans les milieux français sionistes et surtout déclenché l'ire des âmes en peine. Et il est sujet à des débats pittoresques sur l'antisémitisme avec une mauvaise foi digne d'un futur vaincu.
Qu'une quenelle soit effectuée par un plaisantin, devant une école juive ou une synagogue, prise en photo et balancé sur le net ou qu'elle soit effectuée par un sportif au cours d'une compétition sportive pour exprimer sa joie après avoir réussi un essai, on est parti pour des lamentations jusqu'à ce que le «fautif» soit sévèrement sanctionné.
On aura tout vu :
En France, au début du mois d'avril 2015, un jeune lycéen de 16 ans s'est permis de faire une quenelle, en pleine cour du lycée, pour rigoler avec ses copains. Mal lui en pris, car ce malappris a écopé d'un renvoi de 7 jours, et ce du 16 au 22 avril 2015.
Le proviseur, à priori professionnellement très ambitieux, a notifié, dans son rapport du 15 avril, que l'impertinent a été renvoyé pour le motif suivant : avoir commis «un geste apparenté à l'incitation à la haine raciale ou antisioniste au sein du lycée» ! C'est ce qui a fait dire à certaines mauvaises langues, que la France n'est pas un territoire israélien, mais plutôt une colonie!
Peur sur le cimetière :
Le plus tragique, c'est que même les morts ne peuvent échapper à ce véritable raz-de-marée de petitesse.
Edouart Drumond est un célèbre journaliste, écrivain et homme politique français. Il est né à Paris le 3 mai 1844 et c'est l'une des principales figures historiques de l'antisémitisme en France. Il est le créateur de la Ligue antisémitique de France.
Il s'est rendu célèbre par la publication, en avril 1886, de ''La France juive'', un pamphlet antisémite qui a rencontré un succès éditorial considérable avec 62.000 exemplaires vendus la premières année et a connu 150 rééditions au total jusqu'en 1914.
Il est décédé le 3 février 1917 et a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise. En 1942, l'inscription «A l'auteur de l'immortel chef d'œuvre, la France juive» a été ajoutée.
En 2000, un arrêté municipal de la ville de Paris, présidé, en grande pompe, par le maire de la capitale, Jean Tiberi, profane la tombe en faisant buriner l'épitaphe, considérée comme constituant «un trouble à l'ordre public»... Yes we can!
C'est, à priori, une première mondiale que de vouloir rétablir l'ordre public dans une nécropole... Mais bon voilà, à défaut de rétablir l'ordre chez les vivants et de lutter contre le chômage chez les survivants, on tente de rétablir l'ordre chez les macchabées ! Mais ce n'est pas le plus intéressant...
La cité de la peur :
Ce qui va être suivre s'est passé, il est vrai, en 2009. Il décrit le climat de terreur qui règne, dans les mass-médias, le milieu des éditeurs et des distributeurs en France...
Ce qui va vous indigner s'est passé dans la patrie des droits de l'homme et de la liberté d'expression, pays à priori libre, puisque non colonisé.
Paul-Eric Blanrue est un écrivain français. Il est né en France, il y vit et possède un passeport français. Il a déjà publié 11 livres sans que ça ne déchaîne la colère de Belzébuth. Il est aussi chroniqueur à la célèbre revue ''Historia''. Il a rédigé un livre intitule ''Sarkozy, Israël et les juifs'' et la première diffusion a eu lieu le 28 mai 2009.
Ce livre n'a pas trouvé d'éditeur, après que tous les éditeurs contactés dans le milieu de l'édition française aient refusé de le publier. Pour l'éditer, M. Blanrue a du accomplir un véritable parcours du combattant, contrairement aux livres précédents. Il a été, tenez-vous bien, obligé de s'expatrier en Belgique pour pouvoir le publier. Yes we can !
Nous sommes la nuit:
Pourquoi un éditeur belge pour un auteur français qui n'a plus à prouver sa qualité pour être publié? Pourquoi ces beaux esprits ont-ils opposé un niet catégorique à la publication de ce livre? Pourquoi refuser de publier un historien qui a déjà fait ses preuves et parcouru les plateaux de télévision française pour ses précédents livres? De qui a-t-on peur? Une peur qui paralyse tant ne peut-être que viscérale.
L'éditeur belge trouvé, les diffuseurs français, les yeux baissés en révérence, refusent de diffuser le livre en question; situation on ne peut plus cocasse quand on sait que le métier du diffuseur n'a jamais consisté à évaluer, mais à diffuser sans juger ce que l'éditeur, avec lequel il est sous contrat, diffuse. Yes we can!
Pis encore, même le diffuseur de l'éditeur belge a refusé de distribuer le livre en France, pourquoi? On n'en sait rien. A ce niveau de génuflexion royale, ce n'est plus de l'obéissance passive, mais c'est de la soumission active.
Bien entendu, cette conspiration du mutisme est passée sous mutisme. L'armée des ombres bienveillantes veille sur la France. Dormez brave gens, dormez!
Une peur bleue... blanc, rouge
«Pour publier votre livre, c'est hélas non, car outre les risques de le sortir, on n'aura pas une ligne de presse et encore moins de média, du fait de la mainmise de ceux dont on ne peut pas dire le nom et de leurs affidés. C'est dommage car c'est un vrai sujet. Amitiés.»
Ce que vous venez de lire est un des nombreux exemples de réponses parvenues à Paul-Eric Blanrue, lorsqu'un éditeur a pris son courage à deux mains et daigné lui répondre; et encore ils n'ont pas été nombreux, puisque tétanisés par la frayeur.
En 2007, pour un essai consacré au judaïsme, intitulé ''Le monde contre soi'', M. Blanrue a eu droit au tapis rouge et à un déluge d'invitations pour le présenter. Il a eu le «grand» honneur d'être invité, le 11 novembre 2007, à Tel-Aviv, au Salon des écrivains du B'nai Brith, qui représente la plus vieille organisation juive internationale dont le but est de soutenir la politique et la pérennité de l'Etat d'Israël...
Omerta médiatique :
Le 4 juin 2009, à Paris, à l'hôtel Ampère, a eu lieu la conférence de presse pour le lancement de ce livre. Les journaux, radios et télévisions ont été contactés, par un communiqué ciblant les journalistes spécialisés en politique et cela à maintes reprises.
Sur la trentaine de personnes présentes, il n'y avait que deux journalistes : une indépendante et de nationalité anglaise, et l'autre c'était Marc de Miramon, de ''L'Humanité Dimanche'. Aucun article en France n'a commenté cette conférence... Yes, yes, yes...
C'est la fameuse théorie «la censure par le vide»...
Comment peut-on passer pareil silence... sous silence? Que révèle ce livre de si effrayant pour qu'il soit «guillotiné» de cette manière? Que penser d'un pays dans lequel la liberté est si bâillonnée et qui se permet, en même temps, par le biais de ses béni oui-oui, de juger les élections tunisiennes, algériennes, iraniennes... Chapeau bas, chers messieurs!
Ces bouffonneries ne peuvent pas nous interpeller sur la liberté d'expression et du règne en maître absolu, vertueux et arriviste, du lobby pro-israélien en France qui, on le sait, aime confondre, sciemment, juif et Israélien.
Peur sur la ville:
Une seule librairie parisienne a décidé de briser l'omerta et diffuser le livre «censuré», en dépit des intimidations. C'est la librairie Résistances, au 17e arrondissement parisien.
Le 3 juillet 2009, quelques heures à peine après la mise en place du dit livre dans la vitrine, elle a été vandalisée par des individus cagoulés, casqués, vêtus de noir. Arrêtés, ils se sont revendiqués comme étant de la Ligue de défense juive, milice interdite en Israël et aux Etats-Unis, mais qui jouit d'une impunité totale en France!
Le matériel a été cassé, les ordinateurs détruits et les livres aspergés d'huile et rendus inutilisables. Et comme on devait s'y attendre, cet événement a donné lieu à fort peu de communication dans les médias classiques. Tout est dit!
Pour ces seigneurs des ténèbres, vandaliser une librairie est la plus belle des manières pour détruire l'esprit français, son esprit critique et sa renommée mondiale pour le débat d'idées.
Cerise sur le gâteau, des phénomènes étranges sont survenus sur internet, comme l'évaporation des pages mentionnant le livre, l'auteur, ou même Jean Bricmont, universitaire et essayiste belge qui a pris la défense du livre par un communiqué. Yes we can!
Qui est-ce qui fait aussi peur en même temps, à l'éditeur français, au distributeur français et aux libraires français? Comment se fait t-il que des choses aussi délirantes sont tues? Par qui sont colonisés les Français? Et surtout ont-ils vraiment le choix?
A bout de souffle:
Le must, c'est l'apparition, deux mois plus tard, d'un livre au titre étrangement similaire, intitulé ''Sarkozy, le monde juif et Israël''. Il a été, bien évidemment, publié en France, et rédigé par Freddy Eytan, ancien ambassadeur d'Israël en France, ci-devant journaliste et politologue.
En matière d'arnaque éditoriale, on ne peut pas mieux faire. Ce chef d'œuvre littéraire, ouvrage de commande troussé à la va-vite pour contrer l'excellent ouvrage de Paul-Eric Blanrue n'a pour but que de tromper le lecteur, faire diversion et brouiller la diffusion d'un livre bien plus instructif, objectif et surtout dérangeant pour l'establishment. Yes we can!
Dans livre d'Eytan, on a eu droit à des insanités, élucubrations et histoires à l'eau de rose, nous rappelant''Mémoires d'un âne'' de la comtesse de Ségur, pour détourner l'attention des Français de l'inavouable.
Plus grave encore, des internautes, qui ont commandé le livre de M. Blanrue, ont eu la désagréable surprise de recevoir, par «erreur», le livre d'Eytan. Il suffit de taper le nom de M. Blanrue sur le moteur de recherche d'Amazon, qui est une centrale d'achat de livres sur internet, pour être renvoyé automatiquement sur le navet d'Eytan. Un tel rideau de fumée et de mauvaise foi ne peut que rassurer. Ainsi le grotesque a rejoint l'intolérable.
Les instigateurs de ce nouveau type de terrorisme intellectuel sont, à priori, à bout d'arguments politiques et surtout idéologiquement à bout de souffle. 
La France enchainée :
En lisant l'ouvrage de Paul-Eric Blanrue, il n'y trouve rien d'antisémite, puisqu'il n'est aucunement offensant pour les juifs. Son «crime», aux yeux des ses censeurs, c'est de la distinction, en bon historien, entre juif et sioniste. Son autre «crime», c'est qu'il est le premier livre à braquer les projecteurs sur ces groupes de pression, qui agissent dans l'ombre et poussent la France à s'aligner sur les Etats-Unis et Israël. Il révèle, par exemple, que les politiques français doivent faire allégeance au CRIF s'ils veulent être sur «la rampe de lancement» des médias, dont les directions et rédactions sont sous son emprise. Ce qui n'est pas, à proprement parler, une révélation, mais un secret de polichinelle.
L'ouvrage, étayé par de très nombreuses sources, une masse phénoménale d'informations et plus de 600 références bibliographiques et citations, analyse la manière dont la politique israélienne influence la politique étrangère française.
C'est un ouvrage pédagogique qui, exemples/faits/références à l'appui, illustre ce qu'il n'est plus possible de dire sous peine de recevoir un gros coup de bâton sur la tête... C'est un électrochoc lucide et citoyen, au constat terrible, qui dévoile l'iceberg des réseaux pro-israéliens et dévoile la comédie outrancière qui se joue sur la scène politique en France. La démonstration est si éloquente que l'ensemble de la presse et des médias ont passé l'ouvrage sous silence... Bouche bée...
L'historien et les histrions :
Ce livre fait mal, car M. Blanrue met le doigt là où ça fait mal. Il révèle de nombreux détails gluants et choquants, la très grande proximité de Sarkozy avec les réseaux pro-israéliens, les pro-israéliens de son entourage, les déclarations d'amour récurrentes pour qui on sait, les relations troubles avec l'Etat hébreu..., autant de faits qui ne devraient pas être portés à la connaissance de l'opinion française, qui pourrait se demander, face à une pareille connivence, ce qu'il advient de la «défunte» sacro sainte indépendance de la France.
La partie la plus édifiante de l'ouvrage concerne la période où Sarkozy fut ministre de l'Intérieur ainsi que celle qui précède les élections présidentielles de 2007, où il s'efforça, par de nombreux voyages aux Etats-Unis, de gagner le soutien des différents lobbies sionistes américains, rencontrant, à chaque fois, et à huit-clos, le gratin du mouvement sioniste mondial. C'est la première fois qu'un candidat à l'Elysée a entretenu de telles relations et avec une telle intensité et une telle fougue.
On apprend que les «Je suis l'ami de l'Amérique... Je suis l'ami d'Israël... Israël peut toujours compter sur mon amitié... Que le dossier iranien sera ma priorité... Le droit à la sécurité d'Israël c'est important, pour moi c'est capital...» sont répétés, au cours de ces rencontres, à haute voix et de manière compulsive... Alleluia!
On découvre que c'est une véritable star chez les juifs, que c'est le seul chef d'Etat français à s'êtres rendu au diner du Crif, et ce deux années de suite, en 2008 et 2009... qu'il a reçu un amas de médailles et de prix de la part de leurs organisations... qu'il fut le seul homme politique français à accepter un cadeau offert par les Loubavitch et qu'au détour d'une discussion avec Ehud Olmert, il a qualifié Israël de «miracle du XXesiècle».
Plus curieux encore, les visites récurrentes des membres de l'American Jewish Committee à Paris, où ils déambulent dans les ministères français, notamment celui de l'Intérieur, comme s'ils étaient chez eux. Pourquoi? On n'en sait rien.
Pour couronner ces bizarreries, le 28 janvier 2007, date d'anniversaire de Sarkozy, un timbre à son effigie a été mis en vente dans les postes israéliennes, vraisemblablement par quelqu'un de visionnaire, puisqu'on est à 4 mois de sa future... élection.
Aujourd'hui, en mai 2015, en France, ce livre n'existe dans aucune librairie. Alleluia!
La vallée de la peur :
Qui gère cette coalition invisible pour empêcher, au sabre et à la dague, la sortie d'un livre qui a dévoilé le machiavélisme d'une entreprise de décervelage national?
En France, les Sayanim sont partout et le lobby sioniste n'a jamais était aussi puissant que de nos jours. Tout débat sur les relations avec Israël est devenu tabou et toute critique de ce pays est impossible.
Une dictature puissante de la pensée unique, empêchant la réflexion des esprits libres, a été instaurée insidieusement. Les troufions et les cerbères de garde de la «Hasbara» veillent. Ils qualifient d'antisémite ceux qui critiquent Israël et traitent de nazi celui qui ne soutient pas aveuglément la politique suicidaire de cet Etat belliqueux.
En 2015, 60 parmi les 577 députés que compte l'Assemblée nationale française, drapés dans un châle d'innocence, ont la nationalité israélienne, soit 10,38%, alors que les juifs représentent moins de 1% des 66 millions de Français... C'est plus qu'une capitulation, c'est une véritable humiliation.
Installés dans la désillusion, les nostalgiques d'une France digne et rayonnante s'interrogent : où sont ses dissidents? Où sont ses grands penseurs? Que reste–t-il des Lumières? Que reste-il de la liberté d'expression acquise aux prix d'énormes souffrances et sacrifices? Qui va oser secouer le cocotier?
Il est grand temps de renoncer au renoncement et de se défaire de cet immobilisme, pour que le voile se déchire, pour que la France redevienne indépendante et souveraine.
*Pneumo-allergologue.

"La révolution douce" : un vœu américain imposé à Nidaa Tounes

LA DÉMOCRATIE A GÉOMÉTRIE VARIABLE ... DES AMÉRICAINS !

Décidément les américains auraient tout décidé pour la Tunisie ... jusqu'au concept pour imposer aux tunisiens et au monde, leur plan pour le monde dit "arabo musulman".

Après "le Printemps arabe", il y a eu aussi "la Révolution du jasmin", puis "le Dialogue national" et "le Consensus" ... et voilà la nouvelle trouvaille : "la Révolution douce" !

Les américains ont décidé que les tunisiens passent à la démocratie, et quel que fut leur choix même s'il s'est traduit à trois reprises par le rejet des Frères musulmans, ils ont décidé que Ennahdha reste au pouvoir et le partage avec Nidaa Tounes, pourtant sorti victorieux des 3 scrutins.


Est-ce ainsi que ces "démocrates" conçoivent la démocratie ? 

Ils se moquent des tunisiens !

Mais ayant décidé de faire de la Tunisie leur laboratoire, ils expérimentent une nouvelle démocratie spéciale pour "arabes" où l'opposition doit gouverner avec le parti élu contre la volonté des tunisiens ... chose impensable chez eux, pour ces "démocrates" !!

R.B

Jackson Diehl
rédacteur-en-chef adjoint du ''Washington Post'' 
a publié cet éditorial, dimanche 10 mai 2015, sous le titre de «Tunisia's démocratiic road map» (La feuille de route démocratique de la Tunisie)
Pour le rédacteur-en-chef adjoint du ''Washington Post'', la plus jeune démocratie du monde arabe mérite d'être une priorité stratégique du gouvernement des Etats Unis.
Mohsen Marzouk insiste: la Tunisie, ce petit pays d'Afrique du nord qui a mis en branle le Printemps arabe, la seule nation à avoir pu tirer son épingle du jeu trouble qui s'en est suivi et le seul peuple à avoir achevé sa transition démocratique, ne souhaite nullement demeurer un cas unique dans la région. Il explique que si la Tunisie restait une «exception qui confirme la règle», c'est-à-dire une anomalie dans la région moyen-orientale, son expérience pluraliste et sa tolérance seraient, elles aussi, condamnées à disparaître.
Par ici, la solution
Pour l'instant, les choses sont claires et nettes: la Tunisie est le seul Etat arabe qui a su maintenir un équilibre savant et pacifique entre toutes les forces politiques qui ont vu le jour dans la région, au lendemain des soulèvements arabes. Pourtant, il n'y a aucune raison pour qu'elle demeure un cas d'exception. Durant les quatre dernières années, son parcours transitionnel, très souvent tumultueux, a pu produire une feuille de route qui offre la solution aux guerres civiles et au retour des régimes autocratiques qui ont suivi les révolutions de 2011 en Libye, Egypte, Syrie et ailleurs.
La solution tunisienne sera présentée, ce mois-ci à Washington, lors de la visite du président Caïd Essebsi, que les Tunisiens souhaitent être l'occasion d'un appui d'envergure de l'administration Obama à la Tunisie.
Mohsen Marzouk, haut conseiller de M. Caïd Essebsi, qui était la semaine dernière à Washington dans le cadre de la préparation de cette visite du président tunisien, n'y va pas par quatre chemins: pour lui, «la Tunisie est un membre nouveau du club des démocraties, et nous souhaitons, donc, voir le leader du monde libre dire clairement que son pays et ses alliés s'engagent résolument à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que notre transition réussisse.»
En effet, ayant consacré le plus clair de son temps, ces deux dernières années, à promouvoir la détente avec la plus agressive et la plus antioccidentale dictature (l'Iran, Ndlr), le président Obama pourrait tout de même équilibrer sa politique proche-orientale en accordant un soutien franc à la Tunisie. Il pourrait donner raison à ceux qui croient que les Etats Unis sont en droit de poursuivre leur Realpolitik vis-à-vis de l'Iran mais également de montrer un intérêt tout aussi important pour une stratégie de résolution des conflits moyen-orientaux fondée sur la démocratie.
Qu'en est-il donc de cette feuille de route de la démocratie en Tunisie? Mohsen Marzouk la définit en plusieurs points. La première étape consiste, selon lui, à mettre un terme à ce qu'il appelle le «déficit arabe de représentativité», dans lequel les principaux courants idéologiques de la région, les différents groupes ethniques ou sectes religieuses n'ont pas droit de cité dans le système politique – très souvent par le moyen de l'usage de la force. Dans les Etats sunnites d'Afrique du nord, dit-il, «le défi réside dans le droit à la représentation des deux tendances principales – c'est-à-dire le courant de la modernité et de la laïcité, d'une part, et celui du conservatisme avec ses référentiels religieux, de l'autre –, dans le cadre d'un code de bonne conduite qui bannit l'usage de la violence et instaure sur des bases solides le respect des règles du jeu démocratique.»
Théoriquement, cela semble assez évident. Pourtant, la mise en application de cette vision peut être une difficile affaire.
Le consensus national ne suffit à lui seul
Mais c'est là qu'intervient la touche tunisienne: il s'agit du savant dosage de cette rivalité acerbe entre le parti laïc de Nidaa Tounes et celui des islamistes d'Ennahdha et de la modération des dirigeants de ces deux formations politiques. Ainsi que l'explique Mohsen Marzouki – lui-même un des fondateurs de Nidaa Tounes –, «une des règles du jeu de la transition démocratique devrait être la formation d'un gouvernement consensuel, où il n'y aurait ni vainqueur ni vaincu.» Pendant au moins une autre décennie, ajoute-t-il, les formations politiques tunisiennes les plus importantes devront s'entendre à former ensemble des gouvernements, indépendamment des résultats des élections.
Conclusion: en Tunisie, la plus importante percée politique ne serait donc pas la tenue, l'automne dernier, d'élections parlementaires et présidentielle libres et transparentes, mais, plutôt, la décision prise par Nidaa Tounes d'inviter le parti d'Ennahdha à faire partie du gouvernement. (...) «Nous étions conscients du fait que l'on ne pouvait s'exclure les uns les autres. Il nous fallait donc trouver un arrangement et conclure un accord», dit-il.
Cependant, un gouvernement d'union nationale ne pourrait constituer une fin en soi. La Tunisie, à l'image de la plupart des Etats arabes, fait face à un chômage très élevé de ses jeunes et elle plie sous un insupportable fardeau du socialisme étatique. S'étant décidées à être des associées, les principales formations politiques devront faire usage de leur autorité pour mettre en œuvre ce que Mohsen Marzouk appelle «la révolution douce» – à savoir, un vaste programme de réformes de l'économie et de l'administration tunisienne. La première de ces refontes, sous la forme d'une loi autorisant l'investissement public-privé dans l'infrastructure du pays, a déjà été soumise au nouveau parlement. Treize autres devront suivre, ajoute Marzouk, jusqu'à la réforme du système des compensations et celle du Code de travail.
Si ces réformes sont adoptées, les dirigeants actuels de la Tunisie administreront la preuve de leur capacité d'accomplir ce que les dictateurs arabes se sont toujours dérobés de faire, c'est-à-dire des réformes douloureuses, mais nécessaires. Selon Mohsen Marzouk, «la coalition qui dirige aujourd'hui le pays n'aura aucune raison d'exister si elle ne parvient pas à faire accepter à la société tunisienne, toute entière, cette indispensable modernisation du pays.»
La lutte antiterroriste est l'autre manche cruciale de la partie qui se joue actuellement en Tunisie: les forces politiques tunisiennes devront démontrer qu'elles sont capables, tout à la fois, de combattre le jihadisme et de traiter les pathologies sociales qui l'enfantent.
Et c'est précisément là que devrait intervenir le soutien de l'extérieur – et à commencer par celui des Etats Unis. A un moment où l'administration Obama est en train de négocier avec l'Iran un accord qui pourrait rapporter à ce pays au moins 50 milliards de dollars, le gouvernement américain n'a réservé à la Tunisie, pour la présente année, qu'une aide dérisoire de 61 millions de dollars.
La plus jeune démocratie du monde arabe ne s'attend pas à ce que l'on conçoive pour elle tout un plan Marshall. Il reste, tout de même, évident que son effort à ouvrir la voie du pluralisme dans le monde arabe mérite d'être une priorité stratégique du gouvernement des Etats Unis.

Traduit de l'anglais par Marwan Chahla

lundi 11 mai 2015

L'impossible réforme des Frères musulmans !

Les Frères musulmans comptent sur Ghannouchi pour redorer leur blason depuis leur échec aussi bien en Egypte qu'en Tunisie. Pour cela il promet de revoir la doctrine qui fonde leur confrérie, en promettant de la réformer pour la conformer à l'idée que se font les occidentaux (naïvement ou par calcul politique) d'un possible islamisme "modéré" ! 
Mais ce qu'ignorent ou feignent d'ignorer ses amis occidentaux, c'est que l'islamisme ne peut se réformer car c'est une doctrine totalitaire immuable comme le sont toutes les doctrines totalitaires ... avec un plus qui touche au sacré; puisque l'islamisme instrumentalise la religion !    
R.B 
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Ibn Taymiyya, Al-Banna, Qotb, l’interdit de penser et la réforme d’al-Nahdha

Les spéculations vont bon train autour de l’annonce de M. Ghannouchi relative à la révision des fondamentaux de Harakatou al-Nahdha. Bon nombre de commentateurs et d’acteurs politiques sont déjà sous le charme de cette hypothétique révision. 
Comme nous allons le voir, les fondamentaux de Harakatou al-Ennnadha constituent un ensemble cohérent, produit d’une singulière interprétation de l’Islam, débouchant carrément sur une nouvelle « religion » avec son église, son pape et son clergé. Retirer une pierre à cet édifice conduit immanquablement à son effondrement. 
C’est, précisément, à ce niveau que se situe le discours de cet article qui, volontairement, ne se laisse pas distraire par les prises de positions politiques. En effet, les Frères musulmans, réduisent la politique à un ensemble de « ruses de guerre » et non pas à des prises de position qui les engagent ; à ce sujet, j’ai déjà consacré un article intitulé Une manœuvre nommée takiyya *.

Un contexte politique difficile pour Harakatou al-Nahdha

L’Egypte du président Sissi a classé ikhwan al-moslimine (les frères musulmans) organisation terroriste et certains pays du Golfe l’ont suivi sur cette voie. Octobre 2014, à l’issue des élections législatives, Harakatou al-Nahdha perd sa place de première force au sein de l’Assemblée. Décembre 2014, M. Béji Caïd Essebsi élimine le candidat favori des islamistes et devient le premier président élu au suffrage universel direct, à l’issue d’un processus électoral libre et transparent. 
Le 18 mars 2015, devant et à l’intérieur du musée du Bardo vingt-deux touristes venus de plusieurs pays sont tombés sous le feu de jihadistes Tunisiens. Les victimes ne sont plus exclusivement tunisiennes et les projecteurs de toute la planète n’ont pas tardé à se braquer sur nos islamistes, qu’Européens et Américains qualifient de modérés.

Inquiète de perdre les privilèges dus à ce doux qualificatif, Harakatou al-Ennnadha, branche locale du Tan‘dhim al-douwali li jama’at al-ikhwan al-moslimine (organisation mondiale des frères musulmans), multiplie ses opérations de communication destinées tant à la consommation intérieure qu’extérieure. 

C’est dans ce contexte difficile et sulfureux que M. Ghannouchi tente de rassurer l’opinion.

Le 2 avril, deux semaines après l’attentat du Bardo, les éditions Plon (Paris) publient un long entretien donné par M. Rached Ghannouchi au journaliste Olivier Ravanello. « L’Islam fait peur. » dit le journaliste qui venait d’évoquer le massacre des journalistes de Charlie Hebdo par les frères Kouachi ; « … je cherche le moyen d’y remédier, de calmer cette crainte que nous inspirons. Mais cette crainte est malheureusement fondée… », répond le cheikh (p. 23). « Pourquoi ne pas dire clairement : « Je n’ai rien à voir avec ces gens-là’ » ? demande le journaliste ». « Nous ne pouvons pas le dire, puisque eux comme nous, appartenons à la même race. Rien de ce qui est humain ne m’est étranger. Ça aussi, il faut l’admettre. En plus, ils disent être musulmans et nous le sommes aussi, même s’ils ont une compréhension déformée de l’Islam. », répond M. Ghannouchi (p. 24). 
Ces précautions de langage soulignent l’ambiguïté de la relation entre Nahdhaoui et « ces gens-là ». Pourquoi ne pas avoir répondu : « effectivement, ce sont des criminels, je n’ai rien avoir avec eux » ? 
Quelques jours auparavant, les Tunisiens reçoivent ce message de la part du cheikh : « Pour évoluer, nous (c'est-à-dire Harakatou al-Nahdha) devons revoir nos fondamentaux, notamment ceux établis dans les années soixante-dix. ». On aimerait le croire sur parole ; mais, le programme éducatif dispensé aux militants ne manque pas d’inquiéter. 
Le paragraphe intitulé : L’éducation des Nahdhaoui, est consacré à cette question.

Pourquoi faire de la prédication islamique dans un pays musulman ?

Il est curieux de vouloir faire de la prédication dans un pays musulman. C’est d’autant plus curieux que, tout en assumant la dimension prédicative de leur organisation, les hauts cadres de Harakatou al-Nahdha proclament, que contrairement aux pays musulmans où les conflits confessionnels et autour des ma‘dhaheb (écoles juridiques ou obédiences) font rage, nous avons de la chance nous autres Tunisiens d’être à 99% musulmans sunnites ! Une question vient à l’esprit : pourquoi, messieurs, gaspillez-vous donc un temps si précieux à islamiser ou ré-islamiser les musulmans ?

En fait, Harakatou al-Nahdha est une organisation politico-prédicative, où la politique est au service de la prédication ; mais, l’interaction entre ces deux catégories de l’action est permanente. Alors que le terme prédication signifie, prêcher, enseigner une religion ; chez les nahdhaoui, qui font de l’Islam et de leur structure organisationnelle une seule et même chose, ce même mot prend un sens particulier. 
Voilà comment le définit, M. Rouis, le chargé de la formation idéologique : « Nous entendons par prédication, l’effort que doit déployer la Jama‘a (le groupe social) pour prêcher sa pensée, faire connaître ses objectifs et ses méthodes de travail. » La confusion entretenue par Harakatou al-Nahdha, entre la prédication pour l’Islamisme et les prêches pour leur organisation politico-prédicative, fera de la prise de contrôle des moquées un enjeu stratégique. En effet, c’est dans ces espaces que les campagnes électorales prennent un caractère sacré et que les futurs militants sont repérés. C’est aussi, en ces lieux, que les futurs jihadistes reçoivent, à coup de slogans, une formation idéologique accélérée.
Une rumeur, savamment entretenue, laisse entendre que la séparation entre politique et religion est à l’ordre du jour de Harakatou al-Nahdha. En page 99 du tout récent entretien accordé à M. Olivier Ravanello, M. Ghannouchi dit que « l’Islam est forcément politique », que le prophète « n’était pas uniquement un homme de religion, il était également un homme d’Etat ». De leur côté, « Les califes, qui sont des leaders politiques, étaient également les imams des fidèles dans les mosquées »… A partir d’une telle réponse, il nous semble bien difficile, pour le Cheikh et la Jama‘a, de séparer le politique du religieux. A cet égard, le cas des Frères Musulmans d’Egypte est très instructif.

Quelques mois après la démission de Hosni Moubarak, les Frères musulmans ont obtenu l’aval pour fonder un parti politique qu’ils nomment Parti Liberté et Justice auquel il ont donné le même programme que celui de l’organisation : « Le parti s’engage à la réforme pacifique et graduelle sur une base islamique. Il se doit de réformer l’individu, la famille, la société et le gouvernement et à partir de là les institutions de l’Etat ». Les Frères musulmans avaient en même temps conservé leurs structures organisationnelles spécifiques et interdit à leurs membres de rejoindre d’autres partis que le PLJ…

Dans ses livres intitulés : « Al Horriyat al-‘aamma fi daoulat al islam » (L’Etat islamique et les libertés générales) et « Min tajribati al-haraka al-islamiyya fi Tounes » (De l’expérience du mouvement islamiste en Tunisie), dont les dernières éditions sont parues à Tunis en 2011, M. Rached Ghannouchi nous présente les idées qui ont façonné sa pensée et celle de son mouvement. Nous constatons qu’elles sont identiques à celles autour desquelles s’est constituée Jama‘at Hassan al-Banna en 1928. A partir du second ouvrage que nous venons de citer et d’autres références bibliographiques, nous passerons en revue les fondamentaux de Harakatou al-Nahdha qui posent problème.

En page 74, nous relevons que son organisation est rattachée, entre autre, à un « islam salafiste et Frère islamiste venu d’Orient qui est la synthèse des éléments suivants » :
1 - « Le salafisme … un salafisme qui donne une priorité absolue au Texte au détriment de la raison. » 
2 - « La pensée politique et sociale des Frères musulmans qui se réfère et affirme le caractère totalisant de l’Islam, le postulat de hakimiyyat Allah (Dieu est l’unique législateur) et le principe de la justice sociale. » ;
3 - « Une orientation éducative qui valorise la foi, la piété, la confiance (en Dieu), l’invocation (de Dieu), le djihad, le collectif l’orgueil et la supériorité de celui qui a la foi… ».
Au fil des pages, M. Ghannouchi énumère les noms des personnalités qui ont contribué à la formation de son identité politique et religieuse. En voici les plus importantes : Ahmad Ibn Taymiyya, Hassan al-Banna et Sayyed Qotb.
A la lumière des idées défendues par ces derniers, nous dévoilerons les soubassements des concepts ci-dessus utilisés par M. Ghannouchi.
Au fondement de l’idéologie de Harakatou al-Nahdha se trouve la pensée d’Ahmad Ibn Taymiyya (1263-1328) qualifié par ses émules de cheikh al-Islam. Adepte d’Ibn Hanbal, le plus rigoriste des imams sunnites, Ibn Taymiyya recommande une lecture littérale du texte coranique et en rejette toute approche de nature herméneutique. Les contrevenants à cette règle furent accusés, par lui, d’hérésie et d’apostasie. Il en fut ainsi d’Abou Bakr al-Razi (854-925) et d’Ibn Sina (Avicenne) (980-1037), deux grandes sommités de la médecine mondiale dont les œuvres ont contribué, pendant des siècles, à enseigner et à faire avancer cette science. Al-Khawarizmi (780-850), le célèbre mathématicien et inventeur de l’algèbre, n’a pas échappé à sa vindicte et Jâbir ibn Hayyân (721-815), le père de la chimie, dont le procédé de séparation de l’or des autres métaux continue à être en usage, fut non seulement déclaré apostat, mais son œuvre fut considérée comme relevant de la magie et à ce titre classée haram.
Cheikh al-Islam continue encore à marquer de son empreinte plusieurs générations d’adeptes du rigorisme. Parmi lesquels, trois personnalités importantes vont continuer, après leur mort, à marquer l’actualité du XXIe siècle ; Il s’agit de :
- Mohamed Abdelwahhab (1703-1792 théoricien du wahhabisme), 
- Hassan al-Banna fondateur des Frères musulmans (en 1928) et 
- Sayyed Qotb. Ce dernier va systématiser les préceptes de Hassan al-Banna, pour devenir, avec son livre Ma‘alam fi al-tari‘k (Signes sur la voie), l’idéologue des Frères Musulmans et le plus redoutables des théoriciens du terrorisme mondial se réclamant de l’islamisme.

En résumé, on peut dire qu’Ibn Taymiyya est l’homme qui, en fermant les portes du savoir, a fermé l’esprit et les horizons des musulmans. Avec lui, nous sommes en présence de « l’interdit de penser » comme dirait Mohamed Arkoun.
Hassan Al-Banna (1906-1949) va innover l’Islam pour le mettre au service de sa Jama‘a. Dans « Risalat al-ta‘alim » (Épître des commandements) il énonce ses vingt principes relatifs à la compréhension de l’Islam et les bases de l’allégeance à sa Jama‘a. Dans ce texte, il affirme la primauté du texte sur la raison, cher à Ibn Taymiyya et à M. Ghannouchi, comme nous l’avons vu plus haut. Aux cinq préceptes de l’Islam (al-chahada, al-salat, al-zakat, al-saoum, al-hajj) Hassan al-Banna va en rajouter trois autres : al-hakimiyya lil’lah wahdahou, le jihad et l’adhésion à sa Jama‘a (groupe, organisation). Ceux qui n’adhèrent pas à ces trois commandements supplémentaires sont considérés comme des musulmans de second choix.

Une nouvelle religion élitiste et une nouvelle « église » viennent de naître en 1928. Son premier « pape » était Hasan al-Banna avec le titre officiel al-morched al-‘aam li jama‘at al-ikhwan al-moslimine (le guide suprême de la confrérie). Depuis cette époques, tous les morchidin al-‘aammin qui se sont succédés sont de nationalité égyptienne, ainsi veulent les statuts de la confrérie.

Sayyed Qotb (1906-1966) va pousser, encore plus loin, la radicalité du discours d’Ibn Taymiyya et celui d’Hassan al-Banna. Pour lui, le postulat d’al-hakimiyya lil‘lah wahdahou, (Allah est l’unique législateur) place l’Etat qui n’applique pas la chari‘a, ses institutions et ses serviteurs en dehors de l’Islam et les qualifie de ta‘waghit (pluriel de ta‘gought qui veut dire ennemi de Dieu), un vocable que les Tunisiens ont découvert à leur détriment avec l’arrivée de Harakatou al-Nahdha au pouvoir. 
Pour Sayyed Qotb, éliminer les obstacles sur la voie de la prédication nécessite non seulement la destruction de l’Etat et de ses institutions, mais aussi l’extermination de ses serviteurs. 
Les salafistes jihadistes, aussi, posent le postulat de hakimiyya ; tout en prétendant en être les gardiens. Eux aussi visent la destruction de l’Etat et œuvrent à l’instauration du califat théocratique mondial. Sur l’objectif, Salafistes jihadistes et Frères musulmans sont d’accord… Mais, la bataille pour le leadership reste ouverte.

Sous différentes formes, c’est bien à ces tentatives de destruction des institutions de l’Etat, aux massacres de nos soldats et de nos policiers que nous assistons depuis quatre ans déjà.

Les structures organisationnelles de jama’at al-ikhwan al-moslimine

Nous connaissions peu de chose sur les Frères musulmans, leurs structures organisationnelles, leur mode de fonctionnement… Un voile épais, enveloppait les mystères d’une confrérie dont le secret constitue une armure destinée à sa protection. Certains de ses membres ignorent tout de ses propres statuts et de ses rouages. Certains cadres dirigeants sont maintenus dans la clandestinité.
A la faveur de leur arrivée au pouvoir, en Tunisie puis en Egypte, les Frères musulmans décident de rendre public des textes internes d’une importance capitale. (Les statuts et règlements intérieurs des Frères musulmans) Lawayah wa‘qawanin Jama’at al-ikhwan al-moslimine édité au Caire, en 2012, par I‘kra, font partie du lot.

Ces textes constituent une source d’information fondamentale pour celui qui souhaite découvrir les structures fréristes, leur mode de fonctionnement, comment devenir frère, les devoirs du frère, la philosophie qui sous-tend l’action des associations caritatives et sportives que les frères dirigent…
Nous apprenons que la Jama‘a est une organisation extrêmement centralisée. En haut de l’édifice se trouve al-Tan‘dhim al douwali li jama’at al-ikhwan al-moslimine présidé par al-morched al-‘aam. Ce dernier est élu par Majles al-erchad al-‘aam (bureau de la guidance) dont les membres avaient été auparavant, élus par Majles al-choura al-‘aam (un genre de Comité central dont 20% des membres sont cooptés).
Toujours d’après les lawayah, à l’étage en dessous, dans chaque pays (‘qotr), où la jama’a dispose d’une branche, cette dernière est placée sous l’autorité d’un moura’qib (inspecteur). Celui-ci est automatiquement membre de Majles al-choura al-‘aam. L’inspecteur constitue l’interface entre l’organisation locale et la direction internationale à laquelle il doit envoyer des rapports exhaustifs sur les activités de l’organisation locale ainsi que sur la situation du pays où il officie…

L’éducation des Nahdhaoui

En 2014, la bibliographie sur les Frères musulmans tunisiens s’est enrichie d’un nouveau titre : « Al-khasayyes al-tan‘dhimiyya wal haykaliyya lil haraka al-islamiyya fi Tounes » (Les spécificités organisationnelles et structurelles du mouvement islamiste en Tunisie – paru à Tunis aux éditions Karem Sharif)). Ce livre qui organise une rapide « visite guidée » de la Harakatou, est l’œuvre de M. Jalal Eddine Rouis, membre de Majles al-choura et président de la commission chargée de l’éducation, de la formation idéologique et des questions sociales.
Nous y apprenons que l’éducation et la formation idéologique constituent la colonne vertébrale de l’organisation. Les futures recrues sont repérées lors des prédications collectives ayant pour lieu de prédilection : les mosquées, les universités, les lycées… ces « pépinières », font l’objet d’une attention appuyée. D’après le témoignage d’un ancien ikhwani, là où il y a un prédicateur en action se trouve(nt) « embusqué(s) » un ou plusieurs éducateur-recruteur(s) aux aguets. Ce(s) dernier(s) scrute(nt) l’assistance pour identifier ceux sur lesquels le discours du prédicateur produit l’effet escompté. Ces personnes prioritaires feront l’objet de la sollicitude appuyée du recruteur…

Voilà ce qu’écrit M. Rouis au sujet de la prédication : « La Jama‘a forme des prédicateurs et assure la mise à jour de leurs connaissances. Elle prend aussi en charge la programmation de leur travail et évalue leur rendement.» (p.91-92)
Tout comme l’avait mis en place Hassan al-Banna, les réunions hebdomadaires, destinées à la formation se déroulent au sein d’une osra (famille, structure de base chez les Frères musulmans) composée de 5 à 6 personnes où le travail s’effectue sous la direction d’un instructeur. L’écoute, l’obéissance, la confiance dans la direction, la discipline, la persévérance, représentent les premières qualités requises de toute personne aspirant à devenir jondi (soldat). A titre d’exemple, l’auteur des khasayyes écrit : « Le responsable doit être consulté et son autorisation obtenue avant que l’individu ne prenne des vacances ou n’effectue un déplacement vers une destination lointaine, ou ne quitte son domicile ou son lieu de travail ou encore la mosquée. Déstabilisation de la Jama‘a et retard dans la réalisation des programmes arrêtés, sont les pires conséquences pouvant découler du manquement à ce commandement. » p.123

Dans un premier temps, la formation vise à « rectifier » l’individu. Écoutons ce que dit M. Rouis : « A travers la formation, l’individu affilié à la Jama‘a reçoit les bases de l’éducation islamique… cette éducation permet de le purger de akhl‘ak al-jahiliyya (la morale antéislamique), de rectifier le relâchement de ses mœurs de le libérer des déviances religieuses qui le conduisent à associer une autre déité à Allah. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera procédé à son "remplissage" (mal’ouhou) avec la morale supérieure de l’Islam… » (cf.p.86). La pédagogie mise en œuvre va créer chez l’individu les conditions psychologiques qui feront de lui la propriété privée de la Jama‘a.
« Pour nous assurer du succès de l’opération éducative dispensée, il importe de procéder à l’examen (dirasatou) de chaque personne prise individuellement, de veiller au contrôle de ses dires, de ses activités, de son comportement, de ses idées » (cf.p.86). Une fois la phase d’apprentissage terminée avec succès, « l’apprenti » accède au grade de jondi (Frère musulman de plein droit), à l’issue d’une cérémonie solennelle au cours de laquelle il va proclamer la bay‘a (allégeance) à la jama‘a et à son morched al-‘aam
Depuis qu’elle a été instituée par Hassan al-Banna, la bay‘a n’a pas changé d’un iota. Voici comment en parle M. Rouis : « Nous entendons par bay‘a, l’allégeance des personnes à leur Jama‘a, à l’exclusion de toute autre allégeance. » (p. 138). « La principale caractéristique de la Jama‘a réside dans la non-appartenance de ses membres à toute autre groupe, quel qu’il soit. » (p. 139). « Il n’y a pas de fraternité réelle sans une allégeance totale (à la Jama‘a) » (p. 139). 

Si on comprend bien, cette bay‘a exclue l'allégeance à l’Etat, à la nation…

L’une des composantes de la formation de l’individu concerne ses aptitudes physiques et militaires. Voici ce que nous pouvons lire en page 93 « … l’activité physique est une obligation, il est nécessaire de pratiquer des sports utiles, tels que la natation, tous les genres de tir ainsi que l’équitation qui se décline, de nos jours, en conduite d’engins, pilotage des avions et des chars… »
Pour souligner le caractère sacré de ce commandement, l’auteur cite, en partie, le verset 60 de la 8e sourate dont voici le sens : « Et préparer [pour lutter] contre eux, tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin de terroriser l’ennemi d’Allah et le vôtre… ».

Deux constats s’imposent :
- Primo, à la lecture des ouvrages de M. Ghannouchi et de M. Rouis, on acquiert la conviction que l’éducation des nahdhaoui reste conforme aux enseignements d’Ibn Taymiyya, et aux commandements d’Hassan al-Banna et de Sayyed Qotb. 
- Secundo, les « faucons » nahdhaouis sont loin d’être des dissimulateurs puisque leur discours public est totalement cohérent avec ce qui est enseigné au sein de la Haraka.

Quelques questions en guise de conclusion

Les bases doctrinales, l’éducation dispensée aux militants et le projet d’un califat théocratique mondial constituent de réelles entraves à la sécularisation de Harakatou al-Nahdha.
En attribuant la souveraineté à Dieu pour tout ce qui concerne les affaires de la Cité, le postulat de la hakimiyya désavoue, par la même occasion, la souveraineté populaire qui est à la base de la démocratie. Comment Harakatou al-Nahdha, qui aime se présenter comme le gardien de la démocratie et des libertés, entend-elle résoudre cette aporie ?
La deuxième question se rapporte au caractère exclusif de l’allégeance des nahdhaouis à leur Jama‘a. Cette exclusivité met les nahdhaouis en porte-à-faux avec les institutions de l’Etat et avec la République; lesquels, aussi, réclament de leurs serviteurs allégeance et fidélité.                                                                                                                          
Un vrai dilemme : trahir la République et la nation tunisienne ou la Jama‘a. That is the question ?

Les hauts dirigeants de Harakatou al-Nahdha qui ont étudié la philosophie savent sûrement que tout système de pensée clos produit des outils doctrinaux inappropriés à sa propre transformation. Ce n’est qu'à partir du dehors que la critique de ce type de système devient possible et son évolution envisageable. Convenons, tout de même, que déconstruire et battre en brèche les idées sectaires qui servent à « engraisser » le terrorisme islamiste est une affaire trop sérieuse pour la confier à la seule charge de Harakatou al-Nahdha et à celle de ses prédicateurs.

Aujourd’hui, la « tunisianité », avec ses cultures, ses croyances, ses coutumes, ses rêves, sa joie de vivre, son ouverture sur le monde, sa curiosité de l’autre est menacée dans son existence. Pour faire face au projet destructeur, l’état de mobilisation générale doit être à l’ordre du jour. La bataille pour la vie, y compris dans sa dimension biologique est de mise. Nos soldats, nos policiers, nos douaniers sont déjà sur le front, ne les laissons pas se débattre seuls. La guerre totale contre le terrorisme ne doit pas se cantonner à sa dimension sécuritaire. Car, aucune bataille de cette ampleur ne peut être gagnée si les gens simples, les penseurs, les intellectuelles, les artistes, les enseignants, la société civile ne rejoignent pas le front. Elle doit se dérouler sur plusieurs théâtres à la fois. L’éducation, elle aussi, doit être au centre du dispositif antiterroriste. Former des compétences en adéquation avec les besoins du marché du travail, transmettre les connaissances et les savoir-faire relève de la responsabilité de notre système éducatif. Mais, ce dernier aurait failli à sa tâche s’il ne se donne pas comme priorité la libération des esprits. Cette libération passe par l’exerce à la réflexion, au comparatisme, au questionnement, à la critique ; de telle sorte que, chaque nouveau résultat, chaque ancienne ou nouvelle « vérité » deviennent le point de départ d’un nouveau questionnement d’une nouvelle découverte.
C’est à ce prix que nous formerons des esprits innovateurs et des citoyens capables de se défendre contre ceux qui les prennent pour des récipients qu’ils vident et qu’ils remplissent à leur guise pour en faire des esclaves consentants et obéissants.
En attendant, il est urgent d’adopter des lois dissuasives et de les mettre en application. A ce titre, si la future loi antiterroriste n’incrimine pas clairement et sévèrement les promoteurs des discours takfiri, elle participerait, implicitement, à la protection des initiateurs du terrorisme ; sur ce point particulier, une consultation référendaire permettrait de clore un débat qui a trop duré. 

N’oublions pas que le premier des droits de l’homme, est son droit à la VIE. Le premier devoir des élus du peuple et de l’Etat, consiste à mettre en place et en œuvre les moyens nécessaires à la sécurité des citoyens et de tous ceux qui visitent ou vivent paisiblement sur notre sol.
قيادات في حركة النهضة تلتقي وفدا من الكونغرس الأمريكي يتقدّمه السيناتور جون ماكين
Une photo qui en dit long sur les amitiés particulières entre conservateurs américains et Frères musulmans : John Mc Cain à la tête d'une délégation des sénateurs conservateurs chez Ghannouchi, à Mont-plaisirsiège d'Ennahdha à Tunis. 
Taquiyya : duplicité


Zakaria Bouker CE QUE NE DISENT PAS ENNAHDHA ET LES FRÈRES MUSULMANS ! 

L’instituteur Hassen al Banna (grand père maternel de Tariq Ramadan) a bâti son idéologie sur deux postulats que les Frères musulmans continuent à présenter comme faisant partie de la foi, alors qu’ils ne reposent sur aucun texte religieux !

- 1 er postulat : « Le coran est valable pour toutes époques et en tous lieux. » - « القرآن صالح لكل زمان ومكان »

Énoncé en 1935, ce postulat, constitue le plus grave tournant dans l’histoire de l'islam depuis que Mohamed Ibn Abdelwahab a revisité l' "ijtihad" (l’exégèse), en 1730; pour le clore puis l’interdire définitivement.

Ce qui rend l’évolution de l’Islam impossible, dans le wahhabisme !

Ce nouveau dogme oblige les "Frères" intégristes et complète la théorie wahhabite qui sacralise la "chariaa" (corpus des jurisprudences et autres "fatouas", lois dites religieuses) des 4 premiers califes, confirmant le rejet de toute forme de modernité.

- 2 éme postulat : « L’islam est la solution » - « الاسلام هو الحل ».

Hassan Al Banna installe ainsi définitivement la société musulmane dans la rupture avec la démocratie, avec les Droits de l’homme et le Droit Positif.

Hassan Al Banna déclare la même année : « La mort est un art. »; pour reprendre en 1936 : « L’art de la mort »; instaurant « la culture de la mort » chez les "Frères".

La culture de la mort même si elle est différée par Ennahdha pour des questions d’opportunité, constitue l’essentiel de l’esprit de l'organisation intégriste :
« الله غايتنا والقران دستورنا والرسول زعيمنا الجهاد سبيلنا والموت في سبيل الله اغلى أمانينا »
« Satisfaire Allah, est notre objectif,
Le coran est notre constitution,
Mahomet est notre leader,
Le jihad est notre voie,
Mourir pour Allah, est notre plus grand désir. »

C’est le serment de tous les membres de la société des Frères musulmans.

Cette culture de la mort est enseignée dans tous les cercles d’embrigadement des Frères musulmans

Le jihad initié par les wahhabites d’Arabie, est repris par les "Frères" intégristes. Il est désormais enseigné même à al Azhar (du Caire), ainsi que dans les cercles d’enseignement d’Ennahdha !

Le Jihad est considéré comme une obligation individuelle : " Tuer ou se faire tuer, telle est la volonté d'Allah."
Nul n’intègre la confrérie, s’il n’est pas candidat à la mort !

Si les membres du parti intégriste tunisien n’appliquent pas encore ces postulats, ce n’est qu’une question de « tamkine » (d'opportunité).
Mais dés que le guide en donnera l'ordre, tous les membres de l’organisation sont prêts à tuer jusqu'à perdre leur vie.
" Dieu accorde une vie faite de noblesse " à cette nation qui " sait comment mourir d'une noble manière ", tel est leur credo.

On est là au cœur de l’éthos des combattants Frères musulmans : " Le sacrifice de soi " !


Cette notion du sacrifice de soi pour Allah, que ce soit en Egypte ou pour la Oumma de la communauté des croyants, est progressivement inculquée aux "Frères" dans le cadre de leur formation.

La glorification des grands événements de l'histoire musulmane est particulièrement prisée pour servir cet objectif :
La bataille de Badr représente le jihad par excellence !

" Celui qui meurt sans avoir participé à une razzia et ne s'est pas résolu à combattre, est mort comme du temps de la "jahiliyya" (période anté-islamique)".
« L'organisation des "Frères" ne peut gagner, sans s'appliquer cet aspect du jihad ».
« Le jihad est obligatoire et individuel » en application du concept d’Ibn Taïmiyya (maître à penser de Mohamed Abdel Wahhab, fondateur du wahhabisme), constitue la base même du salafisme.

Plus tard avec Sayyid Qotb (celui qui a codifié l'action de l'organisation des "Frères"), cette notion est mieux développée.
Les premiers récipiendaires de l'idéologie du jihad et de son pendant sacrificiel, seront les boys scouts.
L’accroissement des effectifs, en provenance de l'université, permet d'augmenter le nombre d'unités scouts.
La simple verbalisation d'un serment de loyauté devient insuffisante pour créer des liens solides entre les membres et l'Organisation.
C'est à cette époque que Al Banna conçoit le système dit des :
" Bataillons des partisans de Dieu ", inspirés des SS allemands !
Ils existent de nos jours dans chacune des formations freristes dans le monde.

Nous avons vu comment un coup d’état militaire en Turquie a échoué devant la force de l’armée secrète de l’AKP (Frères musulmans turcs).

Ennahdha pour sa part, disposerait d’un nombre d’hommes armés supérieur à celui de la police et de l’armée tunisienne réunies, selon le leader Noureddine Bhiri.


Voilà les tunisiens avertis !

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