lundi 4 janvier 2016

Tunisie : la révolution trahie

Que Tartour alias Moncef Marzouki ait trahi ses électeurs cela peut se comprendre : il voue une haine pour Bourguiba et voulait détruire tout ce que le grand homme avait bâti. Mais que BCE et son parti Nidaa Tounes fassent régresser le pays cela constitue une double trahison : envers les tunisiens et plus particulièrement les tunisiennes qui l'ont porté au pouvoir parcequ'il se présentait comme l'unique rempart contre les Frères musulmans; mais aussi envers Bourguiba dont il revendique la filiation !

R.B
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Shiran Ben Abderrazak*


Le 4 janvier 2011, Mohamed Bouazizi décédait des suites de son immolation, quelques jours plus tôt. Les émeutes qui suivirent participèrent au déclenchement de la révolution tunisienne et peut-être plus largement aux «printemps arabes». Cinq ans plus tard, les Tunisiens ont fini de rêver. La répression est de retour.

Cinq ans. Il aura été permis aux Tunisiens de rêver pendant cinq ans. A la veille du cinquième anniversaire du suicide spectaculaire de Mohamed Bouazizi, acte fondateur de la révolution tunisienne, une gamine de 17 ans a été arrêtée par la police. Le motif avancé de l’arrestation ? «Participation à une manifestation pour la préservation du patrimoine.» Le motif réel ? «Insulte contre des policiers sur Facebook.»  Le motif des insultes que l’on retrouve effectivement sur son profil ? Une police qui n’a pas été réformée et qui, depuis la prétendue chute de la dictature, n’a guère changé de manière de procéder.

La lutte contre le terrorisme, légitimation ultime d’un pouvoir sans imagination

Depuis le dernier attentat de Tunis, l’Etat estime avoir carte blanche pour faire ce qu’il entend. Or, depuis cet attentat, l’état d’urgence et la lutte contre le terrorisme ont surtout été l’occasion pour la police de prendre sa revanche sur une population qui s’en était affranchie. Dans un Etat qui n’a pas réformé un système pénal qui servait d’outil privilégié de contrôle et de maintien de la population sous son autorité, on peut s’inquiéter de voir disparaître toutes les libertés qui ont été chèrement acquises. D’autant plus que la situation économique est catastrophique et que le gouvernement ne semble avoir ni idées ni solutions pour y remédier. Ainsi, la crainte de voir une contestation populaire naître peut pousser ce gouvernement à s’assurer de la docilité de la population et de la loyauté de son appareil sécuritaire que la révolution a malmenée sur un plan symbolique.

Depuis trois semaines, les arrestations arbitraires et injustes suivies de condamnations iniques se succèdent et se ressemblent. C’est que le système judiciaire a été façonné afin de servir au ministère de l’Intérieur des jugements sur commande. Ainsi, l’horreur de la répression policière aveugle que l’on pensait révolue est en train de s’abattre à nouveau. La jeunesse des quartiers défavorisés, les artistes, les minorités sexuelles, tous ceux qui ont eu le malheur et la naïveté de croire qu’ils pouvaient être libres vivent la persécution. La police, sous l’œil bienveillant du pouvoir politique, est en train de dresser et de dompter la population. L’ironie veut que cette vague répressive se soit intensifiée justement la semaine d’attribution d’un prix Nobel aux acteurs du dialogue national. Et cela dans le silence complice desdits acteurs du dialogue national parmi lesquels figure pourtant la Ligue tunisienne des droits de l’homme.

Retour à la case départ

L’ordre répressif policier est de retour. Soutenu par un pouvoir politique que se partagent Nidaa Tounes, un parti prétendument progressiste, mais résolument réactionnaire et Ennahdha, le parti islamiste. L’un regroupe autour de la figure nonagénaire de Béji Caïd Essebsi les anciens caciques du régime dictatorial, l’autre ce que l’on fait de mieux dans le registre du réactionnaire. Le partage du pouvoir et la récupération du système politique dictatorial finement élaboré s’est fait sans trop de heurts. Les promesses électorales concernant les réformes du code pénal et du code de la procédure pénale ont vite été oubliées. Ce code pénal qui considère comme un crime passible d’une à cinq années de prison le fait de fumer du cannabis et qui considère l’homosexualité comme un crime passible de trois années de prison. Pour prouver l’un et l’autre de ces «crimes», l’on fait pratiquer un examen anal ou une analyse d’urine. Ces articles, pensés par les juristes de la dictature de Ben Ali comme des moyens privilégiés d’arrêter et d’opprimer les opposants, se révèlent bien utiles à ce nouveau pouvoir. Le code de la procédure pénale, lui, assujettit totalement le judiciaire à l’exécutif, faisant du système judiciaire tunisien une marionnette sans aucun pouvoir. Preuve en est, cela fait presque deux mois que la Tunisie n’a pas de ministre de la Justice. Sans que cela ne semble déranger grand monde.

Il convient, certainement, de rappeler que le précédent ministre de la Justice a été débarqué du gouvernement après avoir pris position contre la loi criminalisant l’homosexualité. En attendant, des gens moisissent en prison et la police est de plus en plus méprisante, violente et agressive à l’égard des citoyens. Quid de la lutte antiterroriste ? On peut poser la question. 

Mais, déjà, il faut tirer la sonnette d’alarme en ce qui concerne les libertés fondamentales : la liberté d’expression, la liberté de disposer de son corps ainsi qu’on l’entend dans le cadre privé et entre adultes consentants; et aussi la dépénalisation d’un acte qui au pire peut être considéré comme un délit. 
Aujourd’hui, une adolescente de 17 ans a été arrêtée pour avoir défendu le patrimoine historique de sa ville et avoir exprimé sa rage sur un réseau social.

Demain, pourrons-nous encore parler librement dans la rue ?

*Directeur d’une résidence d’artistes à Hammamet (Dar Eyquem) 



ET LA RÉCIPROCITÉ BORDEL ?

CURIEUX Ibn SAOUD :

- Ils veulent construire des mosquées dans le monde entier, mais refusent que d'autres religions aient leurs temples en Arabie !
- Ils veulent développer des "centres culturels" dans le monde entier pour convertir les peuples à leur mode de vie, mais refusent qu'en Arabie on parle d'autres chose que de wahhabisme !
- Ils envoient leurs prédicateurs et prétendu imams aux 4 coins du monde pour répandre le wahhabisme, mais refusent aux prédicateurs des autres religions d'officier en Arabie, 
- Ils obligent les femmes étrangères à se couvrir en Arabie et protestent qu'en Occident on veuille interdire la burqa, 
- Ils se permettent de critiquer les autres chefs d'Etat et à leur faire la guerre par terroristes interposés, mais refusent à quiconque de critiquer leur régime totalitaire,
- Ils prétendent instaurer la démocratie dans les pays dits "arabo-musulmans", alors que leur régime totalitaire ne dispose même pas d'une constitution; sinon de la chariaa !
- Ils sèment la fitna (sédition) dans les pays musulmans, mais décapitent tous ceux qui voudraient semer la fitna en Arabie ! 
L'imam chiite l'a appris à ses dépens, lui qui critiquait les Ibn Saoud : il vient d'être exécuté !!

Si on n'y prend garde, les Ibn Saoud finiront par imposer leur model sociétal à la terre entière !

ET LE PLUS CURIEUX, C'EST L'ATTITUDE DE L'OCCIDENT FACE AUX Ibn SAOUD :

Le silence des responsables politiques occidentaux face à cette tribu, est assourdissant; à moins qu'ils ne ferment les yeux pour ne pas fâcher les Ibn Saoud assis sur une mine d'or ... noir et gros clients pour l'industrie militaire ! 
Ils ont poussé le cynisme jusqu'à accorder la présidence du comité des droits de l'homme à l'ONU à cette tribu barbare, qui pratique la décapitation au sabre !!

Rachid Barnat


dimanche 3 janvier 2016

Aux suivants !

Les tunisiens sont de plus en plus déçus de ceux qui les gouvernent, dont l'amateurisme et pire encore, l'indifférence à leurs espérances finiront par les exaspérer !
R.B
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Tunisie, la grande inquisitrice

Il nous faudra encore apprendre et nous imprégner de beaucoup d'Histoire et de philosophie pour réajuster notre vision du véritable rôle de l'État.
Jean Jacques Rousseau l'avait pourtant très bien explicité dans son traité «Du contrat social» ou «Des principes des droits politiques».

L'État a en effet la légitimité suprême d'exercer son autorité sur son peuple lui garantissant ainsi son existence, parce que d'après Rousseau, l'Homme est un «bon sauvage» qu'il faudra coûte que coûte maîtriser.
On peut conjointement retrouver cette référence chez le grand philosophe anglais Thomas Hobbes dans son œuvre de philosophie politique «le Léviathan» où il nous confie que l'Homme est un loup pour l'Homme, ou « Homo homini lupus est » en latin.

Le pacte social se manifeste à travers une inflexion de la part de l'individu à l'autorité politique de l'État pour exercer la violence légitime.
C'est une sorte de contrat abstrait que nous avons tous signés entre nous-mêmes tacitement après la naissance, et qui stipule que nous acceptions d'allouer notre confiance à l'État pour nous protéger et que nous nous soumettions aux règles du vivre-ensemble.

Bien que de tradition à forte tendance arabo-musulmane, la Tunisie adopte bel et bien un système juridique romano-germanique civiliste. Il en advient que la Tunisie est directement concernée par les fondements historiques de Rousseau, Locke et Hobbes, ces derniers ayant significativement influencé les principes du droit civiliste.
Quels sont ces principes ? La réponse est évidente et restera toujours la même : Liberté, égalité et volonté générale.
Mais cette Tunisie qui se fait récompenser par un Nobel de la paix, conjugué d'un statut de démocratie naissante après une révolution émouvante, trahit rapidement sa promesse faite au monde de respecter cet engagement historique et imminent, et par-dessus tout, trahit sa propre Constitution dite progressiste.

À la lumière des dernières condamnations qui ont visé des artistes pour avoir fumé des joints, des six jeunes homosexuels ayant écopé de la peine maximale, l'arrestation de la jeune fille mineure Afra ben Azza et son humiliation indécente de la part d'officiers d'un poste de police au Kef, l'interpellation d'un couple de jeunes mineurs au quartier El Menzah 1 pour s'être tenus la main, on ne sait plus où on va.
Force est de constater que ces arrestations arrivent parallèlement à des descentes massives et quotidiennes des brigades anti-terrorisme; des arrestations qui ne font pas une unanimité d'heureux, et on n'ose pas croire, quoique fort probable, à l'existence d'une négoce politique répugnante en back-office qui viserait éventuellement à équilibrer la nature des arrestations dans les deux camps.
Si ceci s'avère être vrai, il serait temps de crier haut et fort : Aux suivants !

Méthodiquement, rappeler les fondements de base de "qu'est-ce qu'un État de droit" aux yeux de ses fondateurs comme Rousseau n'est pas à simple titre d'information.
Il est judicieux voire même vital pour nous d'insuffler à nos "politiciens de la médiocrité", la superposition des notions de liberté et d'égalité à la légitimité de faire régner l'ordre autorisée par le pacte social, afin qu'ils puissent inculquer à leur appareil policier la dangerosité du glissement malencontreux vers l'hypertrophie de l'exécutif aux dépens des libertés.
Le cas échéant, nous basculerons honteusement d'un régime démocratique dans le fond à un retour de l'autoritarisme policier, et c'est dans ce même cas que nous crierons encore : Aux suivants !

Le chemin s'avère donc être très long pour les Tunisiens.
Sur la liste, une belle panoplie de lois à retaper, un code pénal obsolète et plusieurs articles anticonstitutionnel.

L'article 52
 qui fait le plus de bruit, et contre lequel le parti Afek mène campagne, envoie en moyenne 5 jeunes tunisiens entre 18 et 35 ans en prison tous les jours.
Si ce chiffre ne crève pas les yeux de nos politiciens et ne se situe pas sur leur ligne de mire pour combattre le terrorisme en amont, il ne faudra plus rien espérer du tout.

De même, l'article 230 pénalisant l'homosexualité de 3 ans de prison est aussi bien anticonstitutionnel qu'injuste - l'Organisation Mondiale de la Santé ayant depuis 1991 rayé l'homosexualité de la liste des maladies mentales pour tous les États signataires de la charte de l'OMS, dont la Tunisie.
Qu'à cela ne tienne si l'État ne veut pas risquer sa crédibilité en imposant des réformes pourtant courageuses et justes, plusieurs autres outils diplomatiques envisageables existent tels que le moratoire qui permet l'arrêt provisoire de l'application d'une loi et l'ouverture d'un débat sérieux à une échelle sociale, conduit uniquement par des experts scientifiques et sans démagogie.
Ce débat en l'occurrence devrait arriver à l'ultime conclusion que ce que fait un citoyen dans le domaine privé ne devrait aucunement être l'affaire de l'État, et qu'il est important de faire valoir la relativité des délits commis face aux peines infligées, car la prison n'est pas toujours la solution la plus appropriée.
L'avantage avec ce genre de moratoires en Tunisie est leur pouvoir infra-constitutionnel et supra-législatif, ainsi que leur convergence assez régulière et générale vers la cessation de l'application au bout de 10 ans. (Cf. Moratoire sur la peine de mort).

Un autre article de la honte figure dans notre code pénal.
L'article 227 bis permet, dans le cas d'un viol, d'annuler toutes les charges saisies contre l'inculpé si ce dernier épouse sa victime.
Cet article existe bel et bien dans la législation de la fameuse deuxième République titulaire d'un Nobel de la paix.

Je ne vous le fais pas dire, c'est révoltant et ceci n'est qu'un euphémisme.
Il ne nous restera donc comme arme que la culture et la riposte, et la culture de la riposte pendant que nous y sommes.
S'insurger contre la grande inquisition de l'État est notre devoir à tous, car la distance entre la sécurité et notre dignité est infinitésimale.

La ligne de démarcation a été franchie, alors allons leur dire : Aux suivants !

Incorrigible Gauche française !

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Sérénade Chafik

Cette gauche qui s'allie aux islamistes méconnaît la solidarité

J'apprends avec stupéfaction que le maire communiste de Gennevilliers organise une conférence le 7 janvier prochain à Gennevilliers, date anniversaire de l'attaque terroriste contre Charlie Hebdo et l'épicerie casher, avec Marwan Muhammad, un "Ni Charlie Ni Paris", un islamiste qui lutte ouvertement contre la laïcité qu'il considère comme un instrument de domination xénophobe.
Après les attaques meurtrières de Charlie et de l'épicerie casher, après les attaques de Paris, et alors que ces actes terroristes sont perpétrés au nom de la religion, j'ai cru naïvement qu'on allait réaffirmer notre attachement aux valeurs de la laïcité.
Mon désarroi a été immense quand j'ai découvert que la LDH avec qui j'avais mené certains combats s'associe à des initiatives de promotion de l'islam politique en France, adopte le terme islamophobie faisant acte de rupture avec l'universalisme des droits humains.
Certaines personnalités politiques de gauche ont fait le choix de cautionner les islamistes et organisent avec eux des tribunes alors que la lutte pour la laïcité est très risquée pour beaucoup à travers le monde.
Une gauche qui s'allie aux islamistes méconnaît la solidarité
Entre les deux tours des élections régionales, alors que nous étions secoués par les résultats qui mettaient en danger notre démocratie, en Île de France, le collectif Ensemble dont la porte parole Clémentine Autain, seconde sur la liste du candidat PS Claude Bartolonne, relaye l'appel à se rendre à un meeting à Saint-Denis ou sont conviés, les islamistes Tariq Ramadan et l'ex-porte-parole du Collectif contre l'islamophobie en France, Marwan.
Une certaine gauche persiste à collaborer avec frère Tariq alors même qu'il vient de déclarer que toute tentative de réformer l'Islam est vouée à l'échec, que l'Islam est une Unité indivisible (TR arabic du 7 décembre 2015).
Il s'oppose donc aux tentatives progressistes qui tentent de réformer le discours religieux
Dans le même article il n'hésite pas à mettre de l'huile sur le feu comme un émeutier avançant une théorie du complot qui va à l'encontre de la prévention de la radicalisation : "C'est étrange les problèmes surgissent dans les pays qui sont riches en pétrole et en matières premières comme l'Irak, la Libye, l'Afghanistan, le Yémen ou le Niger (...) N'est-ce pas étrange que DAECH apparaisse dans les pays qui ont quelque chose à vendre (...) Comme c'est étrange comment les choses évoluent dans le sens du partage de l'orient stipulé dans les accords Sykes-Picot".
Je me sens en droit de m'interroger sur ces alliances contre nature avec des islamistes qui nous divisent en bons citoyens bien nés et en indigènes. Des orateurs et oratrices qui promeuvent la théorie du complot, une théorie qui auraient pu être risible si elle n'était pas dangereuse. 
Les associations et personnalités politiques qui feignent de ne pas voir que les revendications communautaristes remplacent la lutte pour la justice sociale, on ne parle plus de la lutte pour l'égalité hommes femmes...

Or le terme islamophobie, sert surtout de paravent aux associations musulmanes pour mener une offensive à l'interdiction du voile à l'école et les institutions de service public.
On oublie que le voile est un enjeu primordial pour les islamistes. Ce n'est pas un hasard si la première mesure de l'état islamique a été d'obliger les femmes à se voiler. Le voile a toujours été utilisé comme instrument de l'appropriation parl la société du corps des femmes. Il en devient une propriété collective. Le voile est surtout l'instrument de la propagande la plus visible pour affirmer l'islamisation de la cité.
Par le voile, on limite le mouvement des femmes, l'espace qu'elles peuvent occuper et la vision qu'elles peuvent avoir d'elles-mêmes.
On refuse de voir que le voile a une fonction, celle de contrôler des fillettes et les femmes. Il induit dans l'éducation qu'elles ne sont qu'un objet sexuel, qu'elles sont des tentatrices coupables, que leur corps représente le péché et que c'est pour cette raison, il faut le cacher. La fillette n'est plus un enfant, elle est objet du désir masculin.
Depuis des années, certains intellectuels nous imposent l'expression "islamiste modéré", je les accuse de malhonnêteté. Ils savent que le "iste" induit une idéologie, et que l'islam politique a pour finalité la construction de la Oumma musulmane, une Oumma (nation en arabe) qui englobe le monde entier. Ils sont coupables de complicité, un flagrant délit d'atteinte à la laïcité
Aujourd'hui certains orientalistes de gauche publient des analyses dans lesquelles ils utilisent deux mots contraires "salafistes quiétistes", un contre sens : le salafisme modéré. En effet en arabe salafiste veut dire se référer au salafs (les anciens), leur rigorisme ne peut pas rimer avec modération. Le jihad étant le but ultime du salafisme. Ces orientalistes, hissés au rang d'experts ne connaissent décidemment ni l'arabe ni l'Orient.
Militante féministe franco égyptienne, ayant combattu pour la laïcité ici et là-bas, je suis en droit d'interroger ces associations, médias, personnalités politiques et orientalistes sur leur motivation. Est-ce un positionnement politique ou des alliances purement démagogiques, du clientélisme, dans ce dernier cas ils sont alors tombés dans le piège de la xénophobie.
Oui parfaitement la xénophobie, parce que, quand ils optent pour une stratégie clientéliste, ils présupposent que tout citoyen ayant des origines du "Maghreb ou du Machrek" serait forcément musulman d'essence. Ils nous font une injonction de croire. Je refuse leur injonction.
N'y aurait-il pas là quelques restes de pensée coloniale qui considère que les occidentaux/ occidentales seraient les seulEs à avoir le droit à la laïcité, à la liberté tant sexuelle qu'intellectuelle, au droit de choisir ?
En me définissant uniquement par rapport au culte, ils réduisent mon identité.
Mon identité est une construction culturelle et sociale, je me revendique parisienne de Nantes, française d'Égypte, féministe et laïque...
Mon identité multiculturelle est le fruit des valeurs laïques enseignées à l'école communale de la République.
Quand ils s'adressent à moi en tant que musulmane, ils détruisent mon identité et réduisent mon histoire d'immigrée au fait cultuel, ils ont rompu le pacte républicain qui nous lie. 

Sérénade Chafik est l'auteure de Répudiation, Michel Lafon 2003

samedi 2 janvier 2016

Immigration : quand Mohamed s'appelait Giovanni

LE MASSACRE DES IMMIGRÉS ITALIENS À AIGUES-MORTES…

L'IMMIGRATION ou l'éternel recommencement !
Depuis la nuit des temps, les hommes ont migré à la recherche de conditions de vie meilleures, fuyant la misère ou la dictature; sinon les deux à la fois. La plus connue des migrations étant celle des juifs fuyant la tyrannie des pharaons.

Les vagues migratoires en France se sont succédées pour ces mêmes raisons mais dans un contexte politique et économiques différent pour chacune d'elles. 

Avec la révolution industrielle et depuis les deux guerres mondiales qui ont décimé des millions d'hommes, les pays industrialisés ont pallié le manque de main d'oeuvre tout en reboostant leur démographie, en organisant des flux migratoires. 

Ainsi après la vague migratoire italienne en France, il y a eu celle venant d'Espagne puis du Portugal; il y a eu aussi celle venant d'Afrique du Nord et d'Afrique noire en provenance des anciennes colonies françaises; comme il y a eu des vagues en provenance d'Europe de l'Est fuyant le communisme et son totalitarisme : des Russes, des Polonais, mais aussi en provenance d'Asie : Vietnam, Chine ... souvent pour fuir le communisme et ses ravages.

Devenant français par naturalisation, il est étonnant que certains de ces migrants ou leurs descendants oublient leur histoire; et plus royalistes que le roi, rejettent les nouveaux migrants !  

Avec le fumeux "printemps arabe", de nouvelles vagues migratoires submergent l'Europe et la France en provenance de pays où l'UE est responsable du chaos semé dans les pays d'origine des nouveaux migrants. 


Si certains saluent l'aspect humanitaire des pays qui les accueillent, d'autres dénoncent le cynisme des chefs d'Etat européens responsables du chaos qui pousse les hommes à fuir leur pays, qui les accueillent avec l’arrière pensée de résoudre le problème démographique, qui devient crucial pour certains pays comme pour l'Allemagne !
R.B
" Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire. " Nelson Mandela

Il y a un siècle, les Ritals …

Mohammed s’appelait alors Giovanni.

L’itinéraire des émigrants transalpins à la croisée des XIX et XX siècles …
En 1931, la France est l’un des premiers pays d’immigration du monde, avec 2,7 millions d’étrangers pour 42 millions d’habitants, c’est à dire 6,4 % de la population. On retrouvera cette proportion en … 1990.
Sur ces 2,7 millions, on recense 808 000 Italiens ; les clandestins renforcent en fait ce nombre qui dépasse probablement le million.

POURQUOI CETTE IMMIGRATION ?
Les transalpins sont d’abord venus pour échapper à la pauvreté et trouver du travail, avant d’être rejoints par une génération qui fuyait le fascisme. Il faut cependant admettre que l’émigration n’aurait pas pu prendre une telle ampleur si le pays d’accueil n’avait pas été demandeur …

PREMIER ARTISAN DE L’IMMIGRATION : L’ETAT.
Pendant la guerre de 14-18, parce qu’ils étaient arrachés au rythme des explosions dans les tranchées de la Meuse, les bras manquaient dans les champs ou les usines de fabrication d’armements ; des accords d’emploi furent ainsi conclus avec les pays amis, en particulier l’Italie. Un Office d’Etat dispersa sur le territoire les étrangers au gré des besoins, avec autant d’ardeur qu’il tenta de les renvoyer chez eux une fois le conflit achevé. Mais les syndicats d’employeurs avaient pris le relais…

DEUXIÈME ARTISAN DE L’IMMIGRATION : LE PATRONAT.
La révolution industrielle impliqua un énorme besoin de main d’oeuvre non qualifiée dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Une partie du patronat regardait déjà vers les réservoirs de main d’oeuvre étrangère pour d’abord pallier les insuffisances de l’offre nationale, puis rabattre les prétentions des ouvriers français : dans les années 1860, les houillères du nord envoyaient des agents recruteurs en Italie ; les soyeux lyonnais déléguaient des padroni et vantaient les qualités des Italiens, « véritables chinois de l’occident », prêts à se contenter d’un peu de polenta à défaut de riz. C’est sous la direction d’un capo maestro que les équipes italiennes arrivaient toutes constituées dans les oliveraies méridionales des années 20. Contrats fallacieux et dépôts clandestins fleurissaient… Le patronat du Midi, avant guerre, avait vite compris tout le parti à tirer de cette « fourmilière » d’où l’on tirait ou rejetait, au gré des besoins, des journaliers interchangeables…

Pour une raison évidente de proximité, la plus forte concentration transalpine se trouvait sur le littoral : Marseille était la plus grande ville italienne de France (100 000 personnes en 1911, soit 1/4 de la population), bien avant qu’on la taxe de « ville arabe ». Un chantier marseillais parmi d’autres en 1928 employait 98 Français sur 1200 ouvriers, la plupart italiens… Le quartier du Vieux Port devint une véritable enclave napolitaine, communauté portuaire des dockers et des pêcheurs, avec son organisation commerciale, ses dialectes, ses fêtes et spécificités culinaires. Quand le centre fut saturé, il déborda à la Belle-de-Mai et à l’Estaque.

L’accueil des Français fut inégal : d’abord indifférent, il devint hostile dans un contexte de crise et de nationalisme exacerbé par le boulangisme après la défaite de 1871.
La violence xénophobe finit par s’exprimer par des émeutes anti-italiennes en 1881 à Marseille et en 1894 à Lyon (après l’assassinat du président Carnot par un anarchiste italien, Caserio) ; elle culmina à Aigues-Mortes en 1893.

Plus tard, entre les deux guerres, on développa l’usage des termes gentiment mutins « macaroni », « pipi », « babi » ou « ritals ».

LES PEURS HABITUELLES
Les Italiens étaient aussi surnommés « christos » à une époque où la France était touchée par la déchristianisation.
Le comportement religieux très ostentatoire des premiers arrivants, « tristes brutes aveuglées de catholicisme » selon le Cri du Peuple, les éloigna des prolétaires français. A Marseille, les dockers transalpins déchargeaient les navires aux cris de « per Gesù e per la madonna… »

LA TUERIE d’Aigues-Mortes
A la fin du dix-neuvième siècle, la récolte des sels dans les salines de Peccais était l’occasion pour plusieurs centaines de personnes, travailleurs itinérants, de venir au mois d’août grossir la population d’Aigues-Mortes… Les « trimards » français et italiens acceptaient ainsi un travail harassant en raison des salaires pratiqués.
La récolte de 1893 tourna au drame en se transformant en véritable « ritalade », conséquence de la Grande Dépression des années 1875, et des fantasmes relatifs à la préférence nationale ou à la protection du travail national (termes déjà employés à l’époque !) Les bilans firent état d’un nombre de morts italiens compris entre 8 et plus de 50.

Il est difficile et sans réel intérêt de définir précisément l’origine du massacre ; les tensions dans ce genre de chantier étaient courantes depuis de nombreuses années et les renforts de gendarmerie très prisés par la population locale.
Cet événement permit à la presse locale de s’exprimer dans un véritable festival de propos nationalistes et de mauvaise foi xénophobe.

Les Italiens permettent donc au début du vingtième siècle l’ascension sociale des Français en se « chargeant des besognes que nos nationaux refusent » (un parlementaire en 1906).

Alors que la population hexagonale n’assurait plus son propre renouvellement, que les bras manquaient (les couples français réduisaient la natalité par la contraception naturelle), l’appel à l’immigration apparut comme une nécessité vitale. Celle-ci assura entre 1918 et 1939 l’essentiel de l’accroissement démographique en France.

Le développement de ces propos est intéressant par l’analogie évidente qui apparaît entre deux climats « fin de siècle ». On s’aperçoit que les vagues de xénophobie sont toujours liées à une crise économique ou politique, et non au dépassement d’un quelconque « seuil de tolérance ».

En 1897 déjà, il valait mieux être né au bon endroit pour prétendre profiter sereinement de la Promenade des Anglais. Cette année-là, la municipalité ouvertement italophobe (elle venait d’être réélue sur le slogan « Nice aux niçois ») décida de ne pas renouveler le permis de travail de cent cochers transalpins (l’annexion de Nice à la France date de 1860). »

La génération Bataclan

Voir le visuel interactif : 

Le mémoriel du "Monde" aux victimes des attentats du 13 novembre