jeudi 10 novembre 2016

TRUMP : LE BERLUSCONI AMÉRICAIN, EN PIRE !

Outrance & incohérence : les deux mamelles du populisme !
C'est ce pour quoi les américains ont voté Trump qui a dynamité tous les concepts de la vie politique traditionnels.

Ils ont choisi l'inconnue et l'aventure ... par ras le bol des hommes politiques "classiques" !

Un vote de plus après le Br-exit des anglais, qui montre bien que les peuples ne veulent plus de leurs hommes politiques "tous pareils" !
Le mode de fonctionnement des politiques traditionnelle n’opère plus ; même les sondages ne sont plus fiables : personne n'a vu venir Trump ni cru au Br-exit des anglais.
C'est la fin d'un monde ?
En tous cas, c'est la porte ouverte aux extrémistes par la faute des partis politiques sourds aux aspirations des peuples !

Tout compte fait, qu'auraient gagné les tunisiens d'Hillary Clinton, dont la campagne électorale a été financée en partie par les pétromonarques ? Rien !
D'autant qu'elle soutient mordicus les Frères musulmans et leur prétendu "islamisme modéré" qu'elle veut imposer aux "arabes" !

Trump aussi médiocre qu'il soit, il annonce sa rupture avec les islamistes de tous poils .... et ça pourrait changer la donne pour les pays du fumeux "printemps arabe" !

Pourquoi les américains n'auraient-ils pas eux aussi droit à la médiocrité comme les français et les tunisiens ? Obama, Hollande, Marzougui, Béji Caïd Essebsi ... qu'ont-ils fait pour répondre à leurs aspirations ? Rien ! Sinon de belles promesses non tenues et de beaux discours remportant des prix parfois prestigieux ... mais qui sont restés lettres mortes !

L'élection de Trump pourrait être une chance pour l'UE pour s'émanciper du grand frère américain et de couper le cordon ombilical que l'Europe a noué avec les EU. Trump veut détricoter l'UE : c'est l'occasion pour les européens de créer enfin la puissance tant attendue depuis la création de l'UE, et qui pourrait peser à l'avenir proche face aux paissances des pays émergents tels que le Brésil, l'Inde ou la Chine. 
Car les faits sont là : les EU entrent dans leur phase de déclin .... comme toutes les puissances qui les avaient précédés !

Ce faisant, la politique à l'internationale pourra changer et les européens cesseront leur suivisme derrière les EU . Ils auront leur mot à dire et surtout pourront défendre mieux leurs valeurs et leurs intérêts face au géant au pied d'argile que devient le grand frères américain. 
Faut-il rappeler que les EU et leur allié stratégique Daech, visent par le chaos qu'ils ont crée au Moyen Orient, à remettre en cause les accords Sykes-Picot suite aux quels les puissances de l'époque française et anglaise, avaient tracé les actuelles frontières de l'ancien empire ottoman ?
L'UE ne devrait-elle pas se rapprocher plus de la Russie qu'elle ne le fait avec les Ibn Saoud dont l'objectif est la déstabilisation de l'Occident par la diffusion du wahhabisme ... plutôt que de continuer à s'en méfier comme si la guerre froide n'est pas fini depuis la chute du mur de Berlin ??

A moins que Trump ne soit une marionnette entre les mains d'une administration américaine forte, à l'instar d'Obama qui lui non plus n'avait pas pu réaliser ses promesses ! 

En fin de compte, les peuples ont les hommes politiques qu'ils méritent !

Rachid Barnat



lundi 7 novembre 2016

Un monde qui marche sur la tête ...

Jusqu'où ira la résilience des peuples ? Une histoire de grenouille : à méditer !
R.B
Tout le monde connait l'histoire de cette grenouille qu'on avait mise dans une marmite où la température de l'eau était idéale. A mesure qu'on augmentait imperceptiblement la température de l'eau, le batracien ne ressentait rien et son corps prenait le temps de s'acclimater. A la fin, la grenouille est morte ébouillantée sans s'en rendre compte et sans avoir esquissé le moindre geste pour s'éjecter hors de l'eau.

Il en va de même des peuples qu'on habitue progressivement à accepter les petits abus et les petites oppressions ; et de fil en aiguille, la plupart des gens finissent par trouver tout normal.
De concessions en concessions on pactise avec le fascisme, la dictature du capital et la théocratie ; et on s'y acclimate, comme cette grenouille.

Aujourd'hui, le geste d'une Iranienne qui ôte son tchador est perçu comme un acte de courage et d'héroïsme, alors que dans les années 70 peu d'Iraniennes le portaient.
Il en va de même pour les millions de Saoudiens qui sont choqués que quelques femmes veuillent conduire librement leurs voitures ...

Comment en est-on arrivé à accepter stoïquement l'appel à la prière émis par les chaînes de télé et les mégaphones de millions de mosquées dans le monde ?

Qui aurait cru qu'en France il y aurait des milliers d'imams intégristes prêchant la chariaa dans des mosquées qui poussent comme des champignons dans toutes les régions de l'hexagone ? 
Dans les années 60, l'idée aurait fait rire les gens, tellement ils l'auraient trouvée inconcevable et impossible, même si André Malraux pressentait déjà cette éventualité.

Qui aurait cru qu'en Allemagne, il y aurait une police de la chariaa qui sillonne les rues pour sévir contre tout ce qui n'est pas conforme à la loi d'Allah ?

Qui aurait cru qu'après les premiers gouvernements gaullistes qui avaient toujours soutenu la résistance du peuple palestinien, il viendrait un jour où à gauche comme à droite, on trouve normal qu'Israël construise tous les jours des colonies sur les territoires occupés au mépris du droit international et des résolutions de l'ONU ?

Qui aurait imaginé que dans le pays de Voltaire et de Montesquieu, on décore un prince Saoudien de la légion d'honneur et que son pays préside la commission des droits de l'homme à  l'ONU, alors que dans ce royaume théocratique, en moyenne plus d'une centaine de personnes sont décapitées chaque année sur les places publiques ?

Nous ne sommes pas tous dans le cas de ce batracien qui s'acclimate, fort heureusement. Il y a encore des consciences vives, lucides et éveillées qui refusent les normes établies et ne s'habitueront jamais aux injustices, aux guerres, à la médiocrité et au conformisme ...

dimanche 6 novembre 2016

E-PARTI : UNE HEUREUSE INITIATIVE !

Article paru dans :



L’ère des réseaux sociaux, sera-t-elle l’ère du "citoyenisme" ? Les citoyens vont-ils remplacer les politiques ? Devant le ras le bol des citoyens de leurs hommes politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, plus "diseux" que "faiseux", mais surtout loin de leurs aspirations, de plus en plus se développent ici ou là des mouvements apolitiques de citoyens désireux de prendre leur destin en main. 
Ce fut le cas des indignés qui ont initié cette tendance qui commence à faire tache d'huile dans bons nombre de pays, dont la Tunisie. Indignez vous, disait Stéphane Hessel, mais rejoignez les partis politiques, insistait-il !  

On sait déjà que les réseaux sociaux, Facebook notamment, ont eu une très grande influence sur la vie politique du pays, puisque pour Facebook, la Tunisie aura été le premier pays a utiliser cet outil pour sa révolution, inaugurant la première e-révolution pour Facebook.
Des chercheurs se pencheront sur cet apport mais l’on peut déjà dire que cela a libéré les esprits, que cela a permis a beaucoup d’apprendre par les échanges et donc de faire évoluer les idées et les mentalité. J’ai moi-même constaté comment les interventions sur Facebook sont devenues plus riches, plus documentées et plus réfléchies.

Or voici qu’une nouvelle initiative vient d’être lancée qui me paraît riche de possibilité et d’avenir car elle a pour objectif de mettre en place une nouvelle forme de participation à la vie politique en faisant intervenir puissamment la société civile.

Là encore tous les observateurs ont mis l’accent sur le rôle de la société civile en Tunisie. Elle s’est mise spontanément en action, à plusieurs reprises et a fait reculer certaines idées que voulaient imposer certains partis notamment ceux à l’idéologie pan islamiste et pan arabiste. Le problème c’est qu’elle s’est un peu découragée ; et qu’étant par nature dispersée, elle peine à imposer sa volonté. Or un membre du réseau Facebook vient de proposer la création d’un E-Parti avec l’objectif de lutter pour la laïcité et contre la présence de la religion en politique.

Cela a démarré par le post suivant :

« Je réclame votre attention s’il vous plaît,

Devant la déliquescence des jeunes partis tunisiens, face aux grands problèmes non résolus, voire insolubles que vit la Tunisie et en raison des sérieuses menaces qui pèsent sur l’avenir de la Tunisie en tant qu’état libre et indépendant, j’en appelle à votre pleine adhésion pour nous réunir autour d’un minimum de valeurs universelles de nature à redonner un élan sur la voie de la prospérité manquée.

J’ose espérer que la série de propositions que je soumets humblement à mes compatriotes trouvent l’écho et la critique suffisants pour amorcer la construction d’une voie de salut.
Et je ne suis qu’une vérité parmi onze millions de vérités !

Je vous propose d’emblée la création d’un e-parti électronique résolument tourné vers les nouvelles techniques partagées.
L’E-parti repose sur l’usage des moyens de l’internet pour la communication, nous épargnant le lourd système suranné des partis traditionnels.

Mais qu’il soit entendu que l’e-parti que je propose se doit d’être un simple réceptacle pratique pour mieux véhiculer le premier concept :
L’universalité des valeurs dont essentiellement La laïcité. C’est la raison pour laquelle je souhaite voir naître dans la jungle inextricable des partis, le E-Parti Laïc Tunisien EPLT franchement et clairement opposé à l’islamisation de la politique et la politisation de l'Islam.
Dans notre monde de plus en plus frappé par la globalisation, rajouter un handicap de frilosité et de contraintes charaïques (en appliquant la chariaa) insondables et non miscibles dans la démocratie, entraîne fatalement l’immobilisme, voire la décadence et le mal-être.
La laïcité est une condition nécessaire mais loin d’être suffisante pour corriger la trajectoire de notre devenir.

Nous élaborerons les concepts et les principes un à un ensemble.
Et si vous permettez, je serai votre humble serviteur le temps de chercher et de trouver les dirigeants les mieux à même de nous guider dans cette aventure … je souhaite, et c’est ma conviction, que la femme tunisienne bien plus habile, plus productive dans ce cas de figure, soit hissée au premier rang.

Bonne réflexion. »

A la suite de quoi, un internaute a proposé une Charte pour ce nouveau Mouvement :

LA CHARTE

Ce groupe a vocation à réunir l’ensemble des tunisiens, déçus par les partis politiques et par le pouvoir en place, qui souhaitent œuvrer à leur niveau pour faire progresser le pays.

L’ensemble des personnes intéressés doivent souscrire aux valeurs suivantes :

- Ils reconnaissent que l’histoire de la Tunisie a connu diverses civilisations et diverses communautés (berbère, juive, chrétienne, musulmane, arabe, espagnole, turque, française); et que cette histoire a toujours été une histoire de tolérance de l’autre, d’acceptation des différences de mode de vie. Et que le pays s’est enrichi de ces différents apports.
- Afin de faire prévaloir la possibilité de diversification dans ce pays, les adhérents acceptent et feront la promotion de la laïcité, vue essentiellement comme le développement de la liberté individuelle de penser et de croire. Ce qui est conforme à la Constitution actuelle et conforme selon l’avis des adhérents au véritable enseignement de l’Islam.
Cela entraînera un combat pour faire supprimer de l’actuelle Constitution le texte selon lequel l’Islam est la religion du pays.
Un pays n’ayant pas de religion particulière et n’enlevant rien au fait que les tunisiens sont dans leur grande majorité musulmans.
- Les adhérents sont tous d’accord sur le fait que la religion (quelle qu’elle soit) n’a rien à voir avec la politique du pays ; et militeront démocratiquement pour l’interdiction des partis qui se fondent d’une manière ou d’une autre sur la religion. Ce qui figurait déjà dans la Constitution de 1959, faut-il le rappeler.
- Les adhérents estiment que la Tunisie doit faire le choix du progrès dans tous les domaines et qu’elle doit se situer clairement dans le camp des pays ouverts, adeptes de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui constituera la base de leur engagement.
- Les adhérents se refusent à soutenir les discours consistant à condamner de manière générale l’Occident même si, bien entendu, ils se réservent le droit de condamner tel ou tel acte des pays occidentaux.
- Dans le même sens, les adhérents considèrent que l’avenir de la Tunisie est dans un partenariat actif et volontaire avec l’Europe et estiment que le partage des deux richesses des deux civilisations, y compris la langue, est une richesse qui doit être développée et offerte aux jeunes du pays. L'histoire et la géographie même de la Tunisie la situent dans la Méditerranée, et non dans la péninsule arabique comme certains semblent s'en convaincre.
- Enfin les adhérents sont d’avis qu’il faut aider les partis à sortir de leurs petites querelles de basse politique pour s’unir le plus possible en vue de l’intérêt du pays mais qu’ils refusent toute alliance avec les islamistes quels qu’ils soient, porteurs de régression et de risque d’atteinte aux libertés.
- Enfin les adhérents pensent que le régime d’élection choisi, beaucoup sous la pression des islamistes est mauvais car il ne permet pas de dégager une majorité claire et stable, seule capable de faire avancer ce pays.

Beaucoup ont déclaré être intéressés par ce groupe de pression et de réflexion mais il y a eu aussi des commentaires critiques qui ont permis d’affiner le projet qui ne devrait pas être un énième parti politique. Il y en a déjà beaucoup trop mais un groupe de réflexion, de pression et un outil pédagogique pour faire comprendre l’intérêt de cette évolution du pays, à savoir encore un bout de chemin sur celui qu’avait ouvert le Président Bourguiba et que le pays est en train de perdre.

Dans ces conditions il a été précisé qu’il faudrait :

Tout d’abord il est de l’intérêt de ce mouvement qu’il ne soit pas un parti politique. Il y a, en Tunisie déjà suffisamment de partis ; en ajouter un, ajoutera à la confusion ; alors qu’il faut, au contraire œuvrer pour que des rapprochements s’opèrent.
Par ailleurs s’il devenait un parti politique, briguant des postes, on peut penser, l’homme étant ce qu’il est, que des petites ambitions naîtraient et que des divisions même artificielles apparaîtraient. 
Il faut donc qu’il soit clair pour les adhérents qu’il s’agit d’un groupe de pression et de réflexion.

En second lieu, certains ont reproché à la Charte de ne pas entrer dans certains détails politiques (économiques, sociaux ou de politique étrangère). C’est tout à fait volontaire car ce groupe ne rassemble que sur l’essentiel, à savoir le choix de société que veulent les adhérents pour leur pays. Une fois d’accord sur cet essentiel, chaque adhérent pourra militer pour le parti de son choix en pesant de ses convictions, pour qu’il aille dans le sens de la Charte.
J’ai trouvé dans cette idée quelque chose d’important qui permettrait aux Tunisiens et, notamment aux jeunes, de s’approprier le débat de manière nouvelle sans les pesanteurs, et disons les compromissions des partis qui voulant ratisser large ne veulent pas prendre nettement position pour, croient-ils, ménager leur électorat potentiel.

J’espère donc que cette idée ne restera pas qu’une belle idée mais se concrétisera et que de nombreux jeunes voudront participer et adhérer.
En tous cas je souhaite une belle réussite à cette initiative en marge des partis qui ont tant déçu et qui continuent de décevoir.

Bon vent pour cette heureuse initiative !

Rachid Barnat


mardi 1 novembre 2016

Les religions monothéistes abrahamiques : parole de dieu ou récit rapporté par les hommes ?





" Il faut abandonner l'image enfantine d'une Bible « dictée » par Dieu à l'écrivain sacré sur le modèle de Jibrîl (l’ange Gabriel) dictant le Coran à Mahomet.
" L'inspiration divine des Écritures passe par l'humanité de ses auteurs et rédacteurs multiples, et elle accompagne leur longue élaboration en « la » Bible, y compris le travail des scribes traducteurs ou copistes !
" Les chrétiens dans le passé, ont souvent été tentés de propager leur foi par le glaive.
" Quand ils l'ont fait, c'était contre leurs propres textes sacrés, donc non pas en tant que chrétiens, mais en tant qu'impies ou pécheurs.

PS : ... çà renvoie de nos jours au problème du wahhabisme qui fait du mal à la religion musulmane, quand les Ibn Saoud cherchent à l'imposer par la force au monde entier !


R.B
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« La Bible est moins un livre qu'une bibliothèque, recueil de mille ans d'écriture »

Normalien, agrégé de lettres, docteur en théologie et ès lettres, religieux dominicain, le père Olivier-Thomas Venard est professeur de Nouveau Testament et vice-directeur de l'École biblique et archéologique de Jérusalem, fondée en 1890 par le père Lagrange pour «étudier la Bible sur le terrain» où elle a vu le jour. Il est aujourd'hui à la tête d'un ambitieux chantier informatique, la Bible en ses traditions (Best). Il s'agit de mettre en ligne une édition révisée de la Bible, associant les versions hébraïque, grecque, araméenne et latine de l'Écriture sainte et proposant une annotation du texte, du contexte et de sa réception dans les différentes traditions religieuses et culturelles. En compagnie de Michael Lonsdale, qui lira des grands textes de la Bible, le père Vénard présentera les grandes lignes de ce projet révolutionnaire, le 7 décembre, en avant-première, lors d'une grande conférence du Figaro Salle Gaveau.

LE FIGARO. - Vous lancez en décembre un ambitieux programme d'édition du texte biblique sur le Net. En quoi consiste-t-il ?

Père Olivier-Thomas VENARD.- Toutes les Bibles actuellement disponibles présentent un texte qui est paradoxalement artificiel: c'est en gros une reconstitution du texte «original» faite par des savants. Le problème est que l'original est introuvable et, dans certains cas, n'a peut-être jamais existé. Car la Bible est moins un livre qu'une bibliothèque qui a recueilli progressivement des livres écrits, édités et remodelés, en deux ou trois langues, pendant près d'un millénaire. Saisies dans l'histoire réelle, les Écritures se donnent donc d'emblée comme diverses. De même que les chrétiens ont quatre Évangiles qui racontent la même histoire, mais avec bien des différences entre eux, presque un tiers de l'Ancien Testament se présente à nous en plusieurs versions : en hébreu, en grec, en latin, en syriaque, elles-mêmes diversifiées, sans que l'on puisse donner de priorité absolue ni systématique à l'une d'entre elle.

D'abord parce que les textes issus de manuscrits plus récents que d'autres peuvent avoir repris des traditions plus anciennes: par exemple, saint Jérôme a composé la Vulgate au Ve siècle après J.-C. en partant du texte grec de la Septante, qui peut remonter au IIIe siècle avant J.-C., mais en traduisant aussi des manuscrits hébraïques disponibles à son époque et perdus aujourd'hui. Ensuite, parce que l'ancienneté n'est pas nécessairement un critère : il faut abandonner l'image enfantine d'une Bible « dictée » par Dieu à l'écrivain sacré sur le modèle de Jibrîl dictant le Coran à Mahomet. L'inspiration divine des Écritures passe par l'humanité de ses auteurs et rédacteurs multiples, et elle accompagne leur longue élaboration en « la » Bible, y compris le travail des scribes traducteurs ou copistes !Or ceci n'est pas un défaut à corriger, c'est une richesse ! Comme le constate l'auteur du Psaume 62 : « Dieu a dit une chose, j'en ai entendu deux » : quand le vrai Dieu parle aux humains dans leur langage, sa parole produit d'emblée de la pluralité. Notre projet consiste à mettre en ligne les différentes versions du texte sans privilégier l'une ou l'autre au nom d'une souvent discutable « authenticité ».
Notre modèle de traduction présentera cette richesse en donnant à lire les différentes versions sur la même page. En gros : vous n'avez plus à vous contenter d'écouter la Bible en mono, vous l'aurez en stéréo, la parole de Dieu n'est pas une simple mélodie, c'est une polyphonie !
Enfin, et cela ne gâche rien, nous allons offrir gratuitement cette traduction - car c'est un scandale du monde francophone que les bibles catholiques modernes soient avant tout des objets de commerce. Aucune n'est en accès libre !

Le caractère illimité d'Internet vous permet aussi de démultiplier le travail d'annotation….

Dans leurs notes très historiques, la plupart des Bibles disponibles essaient d'expliquer le monde d'avant le texte, celui qui a en quelque sorte produit les textes. Nous voulons les compléter avec des notes sur le monde d'après le texte, celui que le texte a influencé, voire fait naître ! C'est ce qu'on appelle l'histoire de la réception : nous ne sommes pas les premiers à lire les Écritures et, que nous en soyons conscients ou non, notre lecture n'est jamais naïve et toujours pleine d'images, d'interprétations de ces textes qui peuplent notre mémoire, individuelle et collective. Pour bien comprendre un récit biblique, il vaut donc la peine d'en prendre conscience, et de découvrir non seulement la manière dont religieux juifs et chrétiens l'ont commenté à travers les siècles, mais aussi celle dont les auteurs littéraires s'en sont inspirés, les peintres l'ont représentée, les musiciens mis en musique, les cinéastes en film, etc. On doit donc étudier aussi la peinture de Fra Angelico, le Nabucco de Verdi ou Les Dix Commandements de Cecil B. De Mille !

Votre système d'annotation montre les prolongements que le texte biblique n'a cessé d'avoir dans tous les domaines de la culture, de la peinture à la littérature, l'opéra ou la danse. Comment expliquez-vous, toute dimension proprement spirituelle mise à part, l'incroyable fécondité des histoires qu'il raconte ?

Le travail en cours sera mis en ligne en décembre sur le site scroll.bibletraditions.org. Modestement ! Car il faudra de longues années pour traiter toute la Bible sur ce modèle. Du coup, en partageant nos premiers résultats, nous inviterons nos lecteurs à l'améliorer et à l'enrichir sans cesse : à tout moment de leur lecture ils pourront nous adresser des mails pour proposer des corrections, des enrichissements…
Du fait même de leur mode d'élaboration, les Écritures ont recueilli un fabuleux concentré de millénaires de sagesse humaine déployée dans des civilisations aussi prestigieuses que Sumer, Babylone, l'Égypte… Toutes hybridées par les écrivains hébreux antiques, qui « filtrèrent » en quelque sorte les religions des peuples qui les entouraient, en conservant leurs trésors de sagesse humaine tout en critiquant leurs fausses conceptions du divin ou du sacré. Et puis, au cœur de la Bible chrétienne il y a cette merveille qu'est l’Incarnation : Dieu aime tellement l'homme qu'il s'en rapproche au point de se faire l'un de nous. Qu'on y croie ou non, force est de constater que cette croyance a produit ce que le grand critique marxiste Erich Auerbach lui-même a appelé une véritable révolution dans l'histoire de la littérature. Désormais, ce qu'il y a de plus noble, de plus profond, de plus bouleversant, ne serait plus réservé aux rois et aux reines dans leurs palais, mais deviendrait accessible à tout un chacun ! Si l'on croit que Dieu lui-même a pris chair et sang d'une jeune fille comme Marie de Nazareth, du coup toute personne humaine prend, dès son origine, une valeur sans pareille : les traits individuels qui fascinent les peintres, l'histoire irremplaçable de chacun qui inspire les romanciers, rien de cela n'existerait sans ce nouveau statut que la révélation chrétienne a donné à toute personne…

L'Ancien Testament ne met-il pas en scène un Dieu vengeur, jaloux, qui multiplie les appels à la violence et qui apparaît, par-là, quelque peu primitif à nos mentalités modernes ?

Pardon d'être un peu vif, mais il me semble que ce qui est « primitif », c'est l'ignorance béate des Écritures dans laquelle nous autres modernes nous nous complaisons ! En rester au Dieu courroucé ou vengeur des orateurs du Grand Siècle ou à l'Adonaï Sabaoth des romantiques comme Victor Hugo est une caricature, car l'Ancien Testament met aussi en scène un Dieu qui souffre, qui dit à son peuple infidèle, par exemple «par tes péchés, tu m'as réduit en esclavage» (Isaïe 43,24), ou même un Dieu presque mièvre à force d'être «papa gâteau», par exemple dans Osée, l'un des plus anciens prophètes de la Bible, au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, pour qui Dieu est tendre comme «un père qui prend son nourrisson tout contre sa joue et le fait manger» (Osée 11,4).
Cela dit, le problème de la violence dans la Bible se pose bel et bien. Depuis que nous avons lancé notre programme de retraduction et d'annotation de la Bible, nous recevons régulièrement les lettres émouvantes d'un très vieux monsieur, grand lecteur de la Bible depuis sa chambre d'hôpital, choqué par tant de passages violents, et qui nous demande de les « déminer ».
Une manière de le faire, c'est de prendre en compte le développement progressif de la révélation. Les humains auxquels Dieu commence à parler en étaient à pratiquer la vengeance aveugle. La réduire par la fameuse loi du talion était déjà une espèce de progrès : « œil pour œil, dent pour dent », c'est déjà mieux que : « tu m'as volé un bien, je vais massacrer tous les tiens ». Évidemment, la miséricorde et le pardon, c'est encore mieux que l'exercice même mesuré de la violence, mais il s'agit là d'une imitation de la patience de Dieu - ne rendez pas le mal pour le mal, soyez miséricordieux comme est miséricordieux votre Père des cieux - qu'il faut du temps à apprendre… Des pages les plus sauvages de l'Ancien Testament, jusqu'au « Père, pardonne-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font » du Christ en croix priant pour ses bourreaux, les Écritures, inspirées par un Dieu infiniment compatissant, peuvent accompagner chacun sur le chemin de la maîtrise de la violence…

La loi de Moïse n'est-elle pas aussi lourde à porter que les prescriptions du Coran ?

Ce n'est pas du tout mon expérience. En tout cas pas celle du judaïsme rabbinique que nous aimons, dans lequel la Torah est tout sauf un livre fixe à imposer de force à tout le monde, mais un déclencheur d'interprétations, de questionnements presque à l'infini… un catalyseur d'intelligence pratique !

Les chrétiens n'ont-ils pas, dans le passé, souvent été tentés de propager leur foi par le glaive ?

Quand ils l'ont fait, c'était contre leurs propres textes sacrés, donc non pas en tant que chrétiens, mais en tant qu'impies ou pécheurs. À l'orée du troisième millénaire, le saint pape Jean-Paul II a eu raison de demander pardon pour ces trahisons du message évangélique.

Le Jésus que présentent les Évangiles est-il le reflet du récit de témoins oculaires, ou bien l'expression de la foi de communautés croyantes ?

Les Évangiles s'enracinent dans des témoignages et transmettent des faits historiques têtus, au-delà de l'élaboration littéraire qui les caractérise. Les exégètes ont repéré dans tout le Nouveau Testament l'existence d'une « tradition isolée » concernant Jésus : un ensemble de récits et de paroles qui lui sont attribuées, que l'on a fidèlement transmis sans se permettre d'y faire des modifications ni des ajouts conséquents. Par exemple, alors que la question de circoncire ou non les enfants des nouveaux croyants venus du monde non juif agitait les premières communautés, on ne s'est pas permis d'inventer un discours clair de Jésus sur la question ! Ou encore, alors qu'on vénère, dès les Évangiles de Jean ou de Luc, Jésus comme Verbe, on ne lui a prêté aucune parole où il se désignerait clairement comme cela. Mais, bien sûr, pour la transmettre de façon vivante, dès l'origine on a adapté cette mémoire de Jésus aux auditoires auxquels on voulait la communiquer. Les évangélistes eux-mêmes, par exemple Luc dans ses premières lignes, décrivent d'ailleurs leur travail : sélection, vérification, mise en ordre… Mais tout cela s'est fait dans des limites qui semblent bien reflétées par les différences entre les quatre Évangiles canoniques.

Le christianisme ne souffre-t-il pas d'être une religion du livre et, partant, liée aux conditionnements de ceux qui ont rédigé ces textes avec les préjugés, les conceptions de leur temps ?

Attention ! Le christianisme n'est « pas » une religion du livre, même si c'est une religion « avec » livre. L'expression « religion du livre » fait partie du discours islamique, qui, généralement, ne laisse ni le judaïsme ni le christianisme se définir eux-mêmes et les redéfinit dans ses propres termes. La formule facile « religion du livre » n'appartient pas au patrimoine chrétien et, sauf bien sûr si l'on est soi-même convaincu de la véracité de l'islam, on doit donc la récuser.
Pour nous catholiques, en tout cas, l'Écriture a le statut d'aide-mémoire. D'aide-mémoire sacré, peut-être, que l'on embrasse, que l'on encense, dans la liturgie, mais d'aide-mémoire. Pour le dire simplement : je ne crois pas que le Christ est ressuscité parce que c'est écrit dans le livre, mais cela a été écrit parce qu'au départ des témoins ont raconté leur rencontre avec lui et qu'on a voulu garder une trace !

Le cœur, pour le christianisme, n'est pas un livre, mais la personne de Jésus-Christ : Dieu venu dans la chair pour se manifester, se dotant de cordes vocales, de poumons, d'une bouche, de tout un corps pour parler, en mots et en actes, et transmettre un message vital, crucial aux hommes. Et la transmission vivante et continue de sa révélation, qu'on appelle la tradition, constamment irriguée par le fleuve des Écritures.

lundi 31 octobre 2016

LES FRÈRES MUSULMANS : TOUT EST BON POUR L'ENDOCTRINEMENT !

En Tunisie, Ennahdha ne recule devant rien pour recruter ses "sympathisants" : si par l'argent elle a su acheter l' "adhésion" des pauvres; pour les classes plus instruites, elle instrumentalise les "scientifiques" et le "savoir" pour diffuser le wahhabisme qui fonde son action politique, dans des esprits à priori cartésiens et qui lui résisteraient encore !!

Une amie FB raconte sa mésaventure : Issue du milieu médical et curieuse des pratiques dites "médecines douces", elle a participé à un stage d'hypnose pour en savoir un peu plus sur cette technique à laquelle recourent de plus en plus de médecins ... en Tunisie aussi.

Elle a été étonnée de voir que l'animatrice du stage soit "foulardée", se présentant comme biologiste et femme à l'esprit ouvert !

Mais ce qui l'a le plus choqué, c'est sa façon d'aborder la question de l'hypnose sous un angle "islamiste" en posant la question à son auditoire de savoir si l'hypnose est "halal" (licite) ou "haram" (illicite); pour leur confirmer que selon la fatoua "x", l'islam l'autorise !

Mon amie a interpellé l'animatrice pour lui demander que vient faire le "halal" et le "haram" dans un tel stage ? Elle lui demande si elle est biologiste ou théologienne pour mêler la religion à l'hypnose !
Serait-elle une nahdhaouie, lui demande-t-elle, au service d'Ennahdha pour "suggérer" par l'hypnose la sympathie et l'adhésion à ce parti ?? 

Devant la confusion de l'animatrice qui ne s'attendait pas à une telle intervention, mon amie a dénoncé sa supercherie et lui demande si elle n'était pas en service commandé pour instrumentaliser la "curiosité intellectuelle" des participants et endormir leur vigilance avec des discours "rassurants" émanant d'une "scientifique", pour leur distiller le wahhabisme ... qui fait déjà des ravages chez les petites gens tombées dans le panneau des Frères musulmans !!

Comme d'autres le font en mettant à profit les heurs et malheurs des petites gens, quand ils viennent les "aider" lors des cérémonies de mariage, de circoncision, de décès .... pour les initier au wahhabisme en leur inculquant son b.a.-ba à force de "halal" (licite) et de "haram" (illicite), pour leur dire ce qui est permis ("yajouzou") et ce qui ne l'est pas ("la yajouzou") !

Et sur ce, mon amie FB a décidé de partir, sous les applaudissements d'autres participantes qui l'ont complimenté pour avoir débusquer la Nahdhaouie et dénoncer ses méthodes mises au services de son parti !

Elle regrette que d'autres qu'elle n'ont pas boycotté le "stage" et se dit être triste de savoir qu'Ennahdha a infiltré tout le tissu social, usant et abusant de tous les stratagèmes. Elle réalise combien il faut rester vigilant pour ne pas tomber dans le piége de l'endoctrinement au wahhabisme des Frères musulmans.

Pôvre Tunisie !

Rachid Barnat