jeudi 17 mai 2018

LES EXTRÉMISTES RELIGIEUX MÈNENT LE MONDE VERS L'APOCALYPSE !

Article paru dans :
Kapitalis
Agoravox

Israël fête ses 70 ans et les palestiniens commémorent leur nakba (Catastrophe) ! Pour marquer le coup, Nétanyahu officialise l'annexion de Jérusalem Est capitale des Palestiniens ! Et comme cadeau d'anniversaire, Trump lui offre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem Est, confirmant cette nouvelle annexion au mépris du droit international ! Encore un coup de force des sionistes au pouvoir en Israël et encore des morts par centaines parmi les Palestiniens toujours sous le statut de réfugiés qui manifestent pour réclamer leur droit au retour promis par l'ONU !

Après avoir annexé de force des territoires palestiniens et colonisé ce qu'il en reste, les sionistes viennent de concrétiser ce à quoi ils tenaient depuis la création de l'Etat d’Israël en 1948 : l'annexion pure et simple de Jérusalem ! Trump se moquant du monde, espère que "ce coup" permettra la relance des négociations de paix entre palestiniens et israéliens ! Trump nargue le monde entier et passe outre le droit international alors que les américains veulent imposer son respect aux autres : Iran, Iraq ....
Quelle sera la prochaine annexion ? Le plateau du Golan, en territoire syrien occupé ? 

Il faut rappeler que Nétanyahu, étudiant, avait soutenu une thèse dans laquelle il exposait sa stratégie pour reconstituer le Grand Israël. Depuis qu'il est chef du gouvernement sioniste, il n'a fait qu'appliquer ce qu'il avait théorisé. Il est clair que son intention ne s'arrêtera pas à l'annexion de Jérusalem Est !

Certains, soutenant les sionistes, nous expliquent qu'il est normal que les juifs reprennent la Terre que leur avait promise Dieu ! Evidemment si on remonte au déluge, les histoires de tous les peuples sont à réécrire ! Et à commencer pas celle des indiens d'Amérique comme celle des aborigènes d'Australie qui pourraient prendre exemple sur les sionistes pour reprendre leurs terres.

Or la thèse des sionistes est que le droit divin est au-dessus de celui des humains. Et comme la terre d’Israël leur était promise par Dieu, il leur fallait par tous les moyens la reprendre. Et quand on sait que les lois divines sont fabriquées par les hommes, on peut être certain que la politique n'est jamais trop loin ! 

La chance de Netanyahu, c'est l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, cet idiot utile à sa politique de colonisation. Car si jusque-là tout le monde savait que les américains tenaient le rôle de juge et d'arbitre dans le conflit israélo-palestinien avec une  position pro-israélienne qui ne dit pas son nom; Trump, lui, a le mérité d'officialiser la préférence de l'administration américaine pour Israël. D'autant que son coup de pouce pour Netanyahu n'est pas gratuit; puisqu'il en récupère un bénéfice auprès de son électorat de la droite religieuse, populisme oblige !

Droite religieuse qui soutient les sionistes bien qu'elle soit raciste et antisémite (anti-juifs  et anti-musulmans), juste pour que l'Apocalypse prévue dans la Bible, advienne; et qu'enfin le Messie arrive ! Si la droite religieuse américaine considère les sionistes comme leurs idiots utiles pour accomplir les prophéties bibliques; les sionistes, eux, trouvent dans ces religieux, les parfaits idiots utiles pour l'accomplissement de leur projet politique ! 
Ce qu'a parfaitement bien compris Netanyahu qui exploite le filon au maximum en mobilisant les juifs américains pro-sionistes d'une part et les évangélistes américains; les  deux ayant le même objectif celui de la reconstitution du Grand Israël biblique. Les deux pesant leur poids électoral, ils mènent par le bout du nez le président des EU ! 

Il est probable que Netanyahu méprise cette droite raciste pour son antisémitisme affiché antijuif mais il doit en apprécier l'antisémitisme anti-musulman qui le sert politiquement pour chasser les palestiniens de la Palestine ou ce qu'il en reste; du moins ceux de confession musulmane !

Le comble est que Trump pousse l'hypocrisie jusqu'à dire que ce nouveau coup de force, est un pas vers la paix ! 

Elle est belle la démocratie quand elle est abandonnée aux extrémistes religieux !
Qui peut encore croire au droit international ? Sûrement pas les peuples dits "arabo-musulmans" et encore moins les Palestiniens.

Voilà pourquoi il faut dénoncer les extrémismes religieux qu'il soient sioniste ou islamiste, car les deux prétendent mettre les lois divines au-dessus de celles des hommes !

Rachid Barnat

PS Cette droite religieuse n'est pas à un paradoxe prés : elle a beau être raciste anti-noirs, anti-juifs, anti-musulmans .... elle soutient quand même les Frères musulmans et veut imposer Ghannouchi aux Tunisiens ! Pourquoi ? Pour la simple raison qu'ils partagent avec eux le capitalisme sauvage ! Car "business is business" (les affaires sont les affaires).
Et les Marchands du Temple se comprennent bien dans le domaine où l'argent est roi !

PS : Gare à ceux qui critiqueraient les sionistes, ils seront taxés d'antisémitisme; tout comme les islamistes accuseront d'islamophobie, leurs détracteurs !


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Pourquoi la droite religieuse américaine soutient Israël

Si Donald Trump a décidé de déménager l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, c'est en partie pour plaire aux chrétiens évangéliques, qui rêvent d'accélérer la fin du monde.
Ami de Donald Trump, Robert Jeffress, le pasteur qui a lu ce lundi la prière lors de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, est un drôle de zig. Selon lui, les défenseurs des droits des homosexuels sont des "militants de la pédophilie" et l’islam est une "hérésie sortie du puits de l’enfer". Et puis, il est convaincu que les juifs qui ne se convertissent pas ne connaîtront pas le salut : logiquement, ils devraient connaître les flammes du châtiment éternel…
Cette dernière conviction du pasteur est conforme avec le récit futuriste de la fin des temps, que de nombreuses églises évangéliques américaines promeuvent depuis une vingtaine d’années et dans laquelle Jérusalem et le peuple juif jouent un rôle central.  
Le paradoxe de la situation actuelle, c’est que si Donald Trump aide tant les Israéliens, ce n’est pas seulement pour plaire à Benjamin Netanyahou. C’est aussi (surtout ?) pour séduire les fondamentalistes chrétiens qui composent une partie de sa base électorale. Des Américains qui prennent la Bible au sens littéral.

Apocalypse

On estime que plus de 80% des blancs fréquentant ces églises évangéliques ont voté Trump. Or, depuis une vingtaine d’année, ces églises défendent bec et ongle Israël. Pas forcément par sympathie pour les Israéliens, mais parce qu’ils préparent le retour du Messie et la fin du monde. Or, dans le scénario que ces églises ont dessiné à partir de l’apocalypse de Saint Jean et d’autres textes (Isaïe, Jérémie, Ezechiel, Daniel, Thessaloniciens, Jean, Mathieu...), le peuple juif doit revenir à Jérusalem, y reconstruire le temple et se battre à mort avec ses voisins.

Pour ces églises évangéliques, les événements actuels au Proche-Orient s'inscrivent dans ce programme prophétique : l'instauration d’un ordre mondial satanique (certains désignent les Nations-unies), le retour du peuple d’Israël à Jérusalem, la chute de Babylone (est-ce Bagdad ? Ou, disent certains, Téhéran ?), la grande bataille contre l’Antéchrist ("Armageddon"), des désastres naturels et au final, l’enlèvement au ciel des bons chrétiens et des juifs convertis ("the rapture").  Commenceront alors les temps paradisiaques, avec Dieu vivant éternellement au milieu des hommes.

Calcul politique

Petit détail qui a son importance : dans ce scénario eschatologique, les deux tiers du peuple d’Israël périssent dans la bataille de l’Armageddon. Et seuls les survivants qui se convertissent échapperont à l'enfer. Autrement dit, ces chrétiens flattent les Israéliens… tout en étant convaincus qu’ils sombreront.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce galimatias a infusé dans une partie de la société américaine. En 2002, un sondage pour "Time" et CNN montrait que 59% des Américains étaient convaincus que les événements annoncés dans l’Apocalypse se dérouleraient bel et bien.

D’où les pressions de cette droite religieuse sur la Maison-Blanche, pour que Trump agisse au Proche-Orient : il s’agit d’accélérer le processus pour hâter la venue du Christ.

Le président n’est pas insensible à ces pressions. La décision de transférer l’ambassade a été prise malgré l’avis négatif de ses propres conseillers diplomatiques.  Son calcul est purement politique. Selon Elizabeth Oldmixon, qui enseigne les sciences politiques à l’Université du nord du Texas, un tiers des Américains des églises évangéliques seraient des fondamentalistes sensibles au sort d’Israël et à son rôle dans la fin des temps. 
Soit environ 15 millions de personnes… 



vendredi 11 mai 2018

Le bigotisme se démocratise dans l'Algérie démocratique



La politique des généraux qui gouvernent l'Algérie, porte ses fruits : pour avoir la paix avec le FIS, ils lui ont abandonné la société algérienne pour la convertir et la soumettre au wahhabisme, en se réservant leur pré carré, la manne d'hydrocarbure !

Et ce qui devait arriver est arrivé, l'Algérie est méconnaissable pour ses propres enfants nostalgiques d'un modèle de société tolérante qui disparaît de jour en jour laissant place à une bigoterie qui gagne tout le pays avec son cortège de nouveaux convertis au wahhabisme dont le zèle frise le ridicule s'il ne s’accompagnait de violence et de terrorisme !

Ce que les Frères musulmans du FIS ont fait de l'Algérie, leurs frères d'Ennahdha sont en train de le réaliser en Tunisie .... à moins d'un sursaut des tunisiens pour les dégager et rejeter leur wahhabisme !!

R.B
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Piloter un chameau aérodynamique 

Au matin de ce jeudi, le beau ciel d’Oran est escaladé par la montagne "Santa Cruz". Le bleu contraste avec la pierre sombre. Vol air Algérie, AH2018, en direction de Barcelone. 
Juste avant le décollage, le commandant de bord lance, par haut-parleur, trois Allah-ouakbar, récite une invocation (dite celle du Voyage), avec la ferveur d’un cavalier d’Arabie et escalade les airs. Tapis volant dans la tête. Ou aérodynamique du bigotisme. 

On peut comprendre la foi de chacun ou l’envie de prier, mais dans l’intime du cœur. Sans spectacle ni show. Sans le crier dans un avion et faire l’exhibition de son bigotisme. Il s’agit de piloter un avion et cela impose des règles. Mais c’est ainsi partout. 

Le « 1984 » de Sansal n’est pas seulement une fable, mais une réalité sur cette épidémie du bigotisme qui, un jour, deviendra un Régime. Au lieu de réinventer les moteurs, on se réfugie derrière le « Inchallah » qui absout de tout et surtout de travailler et de tenir parole ou d’être ponctuel. Du coup, mettre cette information sur le Réseau et voilà que les propriétaires de la religion se manifestent. 

Plus dieux que Dieu lui-même, « privatiseurs » de la foi, propriétaires de l’islam, qui vous insultent et se hasardent dans le raccourci connu : vous critiquez le bigotisme ou l’islamisme assis, et voilà qu’on vous accuse d’être islamophobe. 
Vous vous élevez contre les commerçants du religieux, et on mobilise le terrorisme médiatique de certaines chaines TV islamistes, contre vous. Autrefois on égorgeait les intellectuels et artistes algériens, aujourd’hui on leur coupe la langue. Variation sur le même métier.

Vieille interrogation du chroniqueur : « A qui appartient une religion ?». Apparemment au plus violent, au plus bavard et au plus inquiet dans ses croyances intimes. Le radical, égorgeur ou prosélyte, a ceci de particulier qu’il a besoin de proclamer, à voix très haute, sa croyance, insister, devenir intolérant justement parce qu’il… doute. 
Ce doute lui impose de militer pour l’unanimisme et parler à la place de Dieu, donner et ôter la vie. 

Ce pilote a le droit de croire ou pas, mais s’il se sent le besoin d’en faire un effet de scène c’est qu’il doute de la technologie, de sa maîtrise, ou a besoin de croire que l’avion est un tapis ou une chamelle. Cette attitude se répand, se généralise, atteint le réel et démantèle les habitudes et les courtoisies. Le rite dévore la confiance en soi, le dogme se fait slogan sans appel.

Ce genre de prosélyte a ceci de propre qu’il est perfectionniste dans le rite mais fermant les yeux sur tout le reste. Il peut accepter un pays volé, un pays colonisé comme l’ont fait les ulémas et leur association, il y a des décennies, ne rien dire sur la corruption, la saleté, l’exil et le culte de la présidence à vie et l’Etat « photoshopé », mais gonfle ses plumes dès que vous parlez de la religion qui lui appartient à lui, tout seul dans son unicité divine. 
C’est alors que le prosélyte fabrique de vous le traître idéal, l’ennemi de la nation. 

Son instinct le pousse à faire la guerre et vous la fait à vous, le désarmé, civil et scribe de son temps, mais sa lâcheté l’empêche d’aller plus loin pour changer le régime ou se rebeller contre la soumission politique. 
Cela aboutit au compromis connu : on devient pilote mais avec la tête d’un imam, on se fait patron d’un parti islamiste mais ministre d’Etat du régime que l’on déteste, on insulte l’Occident mais dès qu’il y a répression on va s’y installer avec femme et enfants et pas en Arabie fantasmée. On se fait pilote et on arrive à interdire les boissons alcoolisées dans l’avion, mais par la ruse. On s’installe dans la zone grise du consommateur des technologies et de l’insulteur de l’Occident qui les a inventés. 

On va au Jihad contre l’Amérique mais chaussé de Nike et précautionneux sur son I-phone. On vous lance que vous détestez votre pays, mais on vous l’écrit à partir d’une capitale européenne où on mange la récolte en insultant la tribu qui loge. Fascinante schizophrénie. Compromis entre l’impuissance, la lâcheté et l’envie d’identité mais sans bras, ni muscle. D’où l’insulte, la violence dans le propos, le refus des différences, la fabrique du traître, la théorie du complot et le monopole sur la foi et le dogme.

Faut-il détester ces gens ou les moquer ? Non, ils sont aussi nos reflets. Le signe clinique de la maladie de nos âmes, à tous. La preuve d’une inquiétude pathologique face au réel. Il y a maladie et lâcheté, converties en rite et agressivité. 
Dans le cas d’un pilote qui a besoin de prier en criant, c’est très inquiétant cependant. Sans rire.

jeudi 10 mai 2018

QUE PEUT-ON ATTENDRE DES « INDÉPENDANTS » ?

Article paru dans : Kapitalis


Les élections municipales fournissent aux Tunisiens un certain nombre de leçons. Par l’abstention massive et notamment, celle des jeunes, elles ont été l’occasion d’une forte claque aux partis politiques. Les Tunisiens ont dit, on ne peut plus clairement, qu’ils n’avaient aucune confiance dans les partis politiques qui ont trahis et qui ont échoué.

Il faut ajouter que le score obtenu par les deux grands partis Nidaa Tounes et Ennahdha, malgré l’argent dépensé par ce dernier et malgré les tricheries multiples, est en forte régression par rapport aux scores obtenus antérieurement. Alors ces partis peuvent toujours, avec leur langue de bois habituelle, crier à la victoire, c’est en réalité une vraie défaite qu’ils ont connue.

Mais les élections ont aussi mis en évidence un phénomène important qui n’est, d’ailleurs, que la confirmation du rejet des politiques, c’est l’émergence des listes « indépendantes » qui arrivent en nombre de voix en tête de ces élections et qui disent bien, également, le rejet des politiques.
Un article du Monde montre bien le sens de ces votes pour les indépendants et se pose la question de leur avenir.

Il faut d’abord que ce phénomène soit davantage étudié, approfondi. Il y a là un travail intéressant qui devrait être fait par la science politique. Il faut, en effet, rechercher ce qu’il y a derrière ces listes et qui sont les vrais « indépendants » puisque l’on a évoqué des membres de partis qui se seraient transformés en « indépendants ». Il faut donc d’abord faire le tri des sincères et des opportunistes !

Les chercheurs pourraient analyser la littérature produite par ces listes pendant la campagne, analyser les profils des membres de ces listes; et par la méthode des entretiens, clarifier un peu les objectifs poursuivis par ces candidats.

Ceci étant, il ne faut pas se faire trop d’illusions, ces listes seront combattues par les partis traditionnels qui les voient arriver d’un mauvais œil. On en saura plus lors de l’élection des maires et donc des rapprochements qui vont inévitablement se faire.

Ensuite ces listes si elles arrivent à la direction des communes, ont une responsabilité très lourde car si elles déçoivent, c’est tout un nouvel espoir des Tunisiens qui sera, une fois de plus, mis à terre.

Enfin, il faut se demander si elles ont un avenir sur le plan national, quel pourrait être cet avenir et comment doivent-elles s’y prendre.

Il est clair que ceux qui ont voté pour ces listes, ont d’abord voulu écarter les partis au pouvoir, l'un pour avoir trahi ses électeurs et l'autre par rejet de l'instrumentalisation de la religion et de l'obscurantisme qu'il veut répandre en Tunisie; et condamner par conséquent les politiques antagonistes menées par ces deux partis dont l'alliance contre nature, continue à choquer bon nombre de Tunisiens.

Mais cet aspect purement négatif n’est pas suffisant pour donner à ces listes une importance plus grande. Cette importance dépendra du projet politique qu’elles peuvent défendre.

La première des choses à faire, est de faire une étude approfondie des objectifs poursuivis par ces listes. Les études le diront mais il est fort probable que l’ensemble de ces listes peuvent assez aisément se situer au centre gauche, car c'est là, à mon sens, qu'est leur avenir.

Une plateforme de sortie de crise pour la Tunisie est nécessaire. Si les indépendants veulent bien unir leurs efforts, au-delà de la politique locale, ils pourraient adopter tout ou partie de cette plateforme qui est, je le crois, ce qu’attendent les Tunisiens au plus profond :
- Réforme du régime électoral de manière à faire apparaître une réelle majorité de gouvernement.
- Mise à l’écart des partis instrumentalisant la religion.
- Politique forte en matière d’éducation, de lutte contre la corruption, de limitation des inégalités trop criantes entre les tunisiens et entre les régions.
- Soutien clair aux droits de l’homme, aux libertés et aux droits de la femme.

Ces objectifs sont amplement partagés par les membres de ces listes qui rejoignent la volonté d’une majorité de Tunisiens.

Rachid Barnat

Elections municipale : un test en vue des prochaines élections ...





Par leur abstention massive, les Tunisiens rejettent les 2 partis au pouvoir :
- Les Frères musulmans, pour leur obscurantisme;
- Nidaa Tounes, pour les avoir trahis !


Les municipales auront été une occasion pour les Tunisiens pour faire le point :
- Occasion pour éliminer le trop plein de partis "politiques" ( plus de 200 partis !), pour laisser émerger ceux qui comptent !
- Occasion aussi pour éliminer les politicards qui parasitent la scène politique : les opportunistes, les lâches, les corrompus, les retourneurs de veste, les sans foi ni loi ... !

Au bout de 7 ans de "débats politique" quasi quotidiens dans les médias, les Tunisiens commencent à profiler leurs hommes politiques pour en distinguer le bon grain de l'ivraie !
Qui sait, peut-être qu'aux prochaines élections, les Tunisiens ne retiendront que ceux qui comptent réellement pour le pays et renverront les autres aux poubelles de l'histoire !!

Espérons que les nouveaux indépendants ne se laisseront pas corrompre par Ghannouchi comme le furent  avant eux d'autres "progressistes" comme Mustapha Ben Jaafar et Béji Caïd Essebsi !

R.B
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En Tunisie, des forces « indépendantes » émergent des élections municipales

Selon les résultats définitifs du scrutin du 6 mai, le parti islamiste Ennahdha arrive en tête devant Nidaa Tounès tandis que les diverses listes « indépendantes » raflent un tiers de sièges.
 Les listes indépendantes menées par Slim Meherzi (à gauche) et Fadhel Moussa (à droite) sont arrivées en tête respectivement à La Marsa et à l’Ariana, près de Tunis, à l’issue du scrutin municipal du 6 mai 2018.

Il aurait dû être comblé, radieux, extatique. Il est heureux, bien sûr, et pourtant Slim Meherzi trahit déjà une légère inquiétude face à la tâche qui s’annonce. Le voilà qui grogne devant le garçon de café qui veut lui offrir sa consommation, geste d’admiration d’un citoyen de La Marsa pour le futur maire. « Non, ce n’est pas possible, surtout pas de faveurs », peste ce grand échalas – il fut naguère un champion de volley-ball. Dans cette commune balnéaire du nord de Tunis, Slim Meherzi a fait campagne pour les élections municipales du 6 mai sur le rejet des « passe-droits » et du « deux poids, deux mesures ». Alors, maintenant que sa liste indépendante a surpris en raflant 35 % des suffrages, le plaçant en bonne position pour diriger la mairie, il ne va pas commence à se renier. Et il devine déjà à la soudaine obséquiosité dont on l’entoure que les sollicitations ne manqueront pas. Il soupire : « La course aux postes, ça détruit ce pays. »

Médecin pédiatre, M. Meherzi est l’un des visages de la vague protestataire qui a ébranlé la Tunisie à l’occasion de ce scrutin local, le premier depuis la révolution de 2011. Selon les résultats officiels annoncés, mercredi 9 mai à Tunis, par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), la participation à ce vote voué à enraciner la transition démocratique n’a été que de 33,7 %. Exceptionnellement bas, ce taux illustre la profonde défiance des Tunisiens à l’égard de l’offre politique existante. Le chiffre était deux fois supérieur lors des élections législatives et présidentielle de 2014.

Désaffection pour les partis traditionnels

Et le désaveu ne s’arrête pas là. Parmi les suffrages exprimés, les listes dites « indépendantes », émanant de la frange la plus engagée de la société civile, réalisent une percée en raflant un total agrégé de 32,9 % des sièges. Elles mettent sévèrement à mal l’hégémonie qu’exerçaient depuis 2014 dans le champ politique Ennahdha et Nidaa Tounès. Fait impensable il y a encore quelques semaines, elles surclassent Ennahdha, issu de la matrice islamiste et doté d’une machine militante disciplinée, qui recueille 29,68 % des sièges. Et elles devancent très largement – de plus de dix points ! – Nidaa Tounès, le parti dominant au sein de la coalition gouvernementale, qui ne fait pas mieux que 22,7% de sièges.

Ainsi Ennahdha résiste-t-il bien mieux que Nidaa Tounès à la désaffection qui frappe les partis traditionnels, prenant de ce fait la première position parmi les listes dites « partisanes » à l’échelle nationale, ainsi que dans la commune de Tunis. Au sein du conseil municipal de la capitale, la rivalité pour l’élection du maire s’annonce âpre entre les deux formations, pourtant alliées dans le cadre de la coalition gouvernementale. Elles s’étaient violemment affrontées au lendemain de la révolution de 2011 sur la question de l’islam politique – Nidaa Tounès se posant en protecteur de l’« Etat civil » face aux penchants islamistes d’Ennahdha – avant de s’associer au pouvoir en 2015 dans une cohabitation consensuelle. Le scrutin municipal du 6 mai pourrait crisper à nouveau leur relation, alors que se profilent en 2019 des élections législatives et présidentielle.
Toutefois, la politique tunisienne ne se résume plus à ce face-à-face. Car l’émergence des listes indépendantes change la donne. « Les résultats montrent une profonde aversion, un dégoût pour les partis », souligne Fadhel Moussa, autre héraut du phénomène – aux côtés de Slim Meherzi. Ce professeur de droit, ancien militant de gauche, a mené une liste à l’Ariana, en banlieue de Tunis, elle aussi arrivée en tête. Que faire maintenant de ces succès ? Peuvent-ils poser, au-delà des microcosmes municipaux, les bases d’une force alternative à l’échelle nationale ? Fadhel Moussa met en garde contre des conclusions hâtives. A ses yeux, il faut d’abord prendre la mesure réelle du phénomène, qui lui semble d’une « grande complexité ».

« On ne va pas tarder à se rendre compte, nuance-t-il, que de nombreux indépendants ne sont pas aussi indépendants qu’on le pensait. » En effet, une grosse part de ces candidats sont pilotés en sous-main par les partis traditionnels qui ont préféré, dans certains cas, avancer masqués. Quant aux « vrais » indépendants, aucune structure ni idéologie ne les rassemble à ce stade, rendant a priori délicate leur agrégation dans une dynamique commune. Autre difficulté, éthique celle-là, le mandat conféré le 6 mai est purement local. « Il y aurait un malaise à changer subitement de cap », avertit Fadhel Moussa. « Nous avons été élus pour gérer le quotidien des gens, abonde Slim Meherzi, faisons-le bien pour commencer. On sera vite exposé à un bilan. »

« Restructuration par le bas »

Il reste néanmoins qu’une nouvelle scène s’est ouverte. « On peut casser la baraque si nous parvenons à donner envie à nos concitoyens de s’approprier la ville, ajoute M. Meherzi. Cela peut faire boule de neige. » Le pédiatre de La Marsa imagine volontiers la tenue régulière d’« états généraux » des listes indépendantes pour « partager [leurs] expériences municipales », un réseau en germe qui pourrait former « un embryon de Podemos à l’échelle tunisienne ».

Même pressentiment chez Fadhel Moussa. « On est en train de faire une restructuration par le bas », qui pourrait déboucher sur « un grand mouvement citoyen », juge-t-il, précisant même : « Il y a un début de réflexion. » Le professeur de droit, qui fut élu à l’Assemblée constituante (2011-2014), est convaincu que la Tunisie a vécu le 6 mai un tournant. « Une brèche vient de s’ouvrir, il faut s’y engoufrer. Ces élections municipales vont offrir un nouveau souffle à la transition démocratique. » Là serait l’ambiguïté foncière de ce scrutin, à la fois révélateur d’une désaffection et porteur d’un espoir de renouveau.

lundi 7 mai 2018

LES FOSSOYEURS DE LA TUNISIE

Article paru dans : Kapitalis

Les élections municipales viennent de se dérouler et les tunisiens ont donné aux politiques une leçon sévère en s'abstenant massivement. Ce taux d'abstention (totalement anormale dans une élection locale qui normalement doit intéresser par sa proximité) était prévu, même si on ne peut se réjouir de cet état de fait.

Il est clair, malgré les discours des uns et des autres, que c’est toute la classe politique qui a perdu et qui est fortement rejetée. Aucun parti, même Ennahdha, pourtant placé en tête, ne peut se prévaloir d’une quelque victoire que ce soit. Même ses électeurs semblent se détourner des marchands du Temple qui ne les dupent plus. Ils ont tous perdu de nombreux électeurs ; et quand on prend en compte l’abstention, ils n’ont plus aucune légitimité politique. 

Quant à Ennahdha si l’on rajoute le taux des indépendants et ceux de Nidaa Tounes, elle a complétement perdu. Même ses prores électeurs se sont peu mobilisés, décçus par l'hypocrisie des marchands du Temple ! Le résultat, n’est qu’un tour de passe-passe juridique avec une loi électorale machiavélique.
Cette abstention massive, délégitime totalement les élus. En droit, ils sont élus mais ils ne représentent rien, alors surtout que des irrégularités ont, semble-t-il, étaient commises par les islamistes comme le souligne un communiqué de Nidaa Tounes.

Voilà la Tunisie avec des municipalités illégitimes qui ne pourront conduire aucun projet sans l'adhésion des citoyens !

Cependant, la situation reste grave. Certains se lamentent parce qu’Ennahdha est en tête et que le Maire de Tunis (la vitrine du pays) va être une islamiste mais ceux-là qui se lamentent ont quelques fois soutenu la politique de Nidaa Tounes et de son fondateur Béji Caïd Essebsi qui par son alliance a contribué à donner une légitimité, une respectabilité aux Frères musulmans alors que la seule politique valable était de les combattre pied à pied et à montrer leur nuisance. Nidaa Tounes a fait le lit des islamistes et maintenant les lamentations ne servent à rien, le pays fait un pas de plus vers la régression. Rassurez-vous Ennahdha est trop habile pour abuser, pour le moment, de sa victoire. Il va continuer à placer ses pions, à avancer, à islamiser un peu plus le pays et quand le fruit sera bien mûr, alors et alors seulement, il montrera son vrai visage et installera sa dictature religieuse, exactement ce qu’avait fait Erdogan, celui que Ghannouchi adule et prend pour modèle !

Cette abstention est donc une forte claque à la classe politique tout entière (Président de la République et partis) à qui les Tunisiens ont manifesté leur absence totale de confiance doit nous appeler à en tirer des conclusions, à rechercher les responsabilités de ce naufrage de la démocratie dont tous les partis se gargarisaient et qu'ils ont détruit. Oui, il faut rechercher et nommer les fossoyeurs de cette démocratie et par là même les fossoyeurs du pays.

Les observateurs ont maintenant assez de recul pour juger « Le printemps Tunisien » et si tout n’est pas fini, l’histoire se continuant et pouvant créer des surprises, il est tout de même possible de dire que la régression s’est emparée du pays et de ses élites.

Devra-t-on, un jour, enseigner que le temps de Bourguiba qui, quelques soient ses défauts, avait conduit le pays sur la route du progrès, n’était qu’une parenthèse, une exception dans le monde arabe et que cela ne pouvait pas durer ?
C’est, hélas, le sentiment que l’on a, lorsque l’on examine ce qui a suivi l’ère Bourguiba.

Il y eut d’abord la période Ben Ali qui eut pour résultat, en limitant les libertés et notamment la liberté de penser et de s’exprimer, de donner naissance à une génération d’hommes et de femmes sans idéaux, seulement soucieux de gagner de l’argent par tous les moyens, même les plus condamnables, de détruire tout le système d’enseignement mis en place par Bourguiba et qui a donné naissance, là encore, à une génération ne maîtrisant plus rien, ni l’arabe, ni le français.
Période qui fit de la corruption un mode de fonctionnement du haut en bas de la société, les premiers corrompus étant le Président lui-même et sa famille.

Dans ces conditions "la Révolution du Jasmin", comme on l’a appelée aussi, n’a pas trouvé une élite digne et soucieuse de faire progresser le pays. Elle a vite été accaparée par les islamistes d’un autre côté, et de l'autre, par des opportunistes sans projet autre que celui de se servir.

Dans ces conditions ce qui aurait pu être une magnifique opportunité pour le pays que le monde entier était prêt à aider, s’est transformée en une lente régression laissant une idéologie rétrograde prendre petit à petit ses quartiers, infester comme une peste la société, décourager une partie des élites et de la jeunesse qui ne s’est plus reconnue dans cette nouvelle Tunisie et qui, pour ceux qui le pouvaient, à abandonner ce pays à son sort. Et le comble tout cela fut facilité par ceux-là mêmes qui étaient censés préserver les Tunisiens des Frères musulmans : Béji Caïd Essebsi & Nidaa Tounes !

Si Ben Ali avait créé par sa gouvernance calamiteuse les conditions de la situation actuelle, il ne faut pas écarter les responsabilités indiscutables et fortes de la classe politique.

Ce que l’histoire retiendra sans aucun doute de cette classe politique, c’est qu’elle n’a pas eu la lucidité de percevoir clairement le danger que représente et représentera dans l’avenir l’islamisme politique. Par lâcheté, par incompréhension des enjeux et par opportunisme, elle a accepté de croire à cette fable de l’islamisme modéré alors que l’histoire récente aurait dû lui apprendre qu’il n’y a jamais d’islamisme modéré ; et que modérés au début, pour prendre le pouvoir, les islamistes deviennent toujours, sans exception des dictateurs. Cela est d’ailleurs dans la nature même de l’idéologie qu’ils représentent ; puisqu’ils usurpent le nom de Dieu et agissent, nous disent-ils en blasphémant, en son nom !

S’ajoute à ce manque de clairvoyance, la croyance complètement irréaliste de certains que l’heure de leur propre idéologie était arrivée : on a vu les utopistes panarabistes, les croyants du grand soir social ces communistes immatures, tous ceux qui n’ont rien appris de l’histoire penser que leur heure était arrivée !

Ceux-là qui n’ont pas compris qu’il y avait des priorités et qu’éliminer le danger islamiste, était une priorité absolue, portent et porteront face à l‘histoire la responsabilité du déclin de la Tunisie.

Et que dire des médias dont les journalistes trahissent une complaisance souvent obséquieuse envers les membres du parti Ennahdha dont la corruption n'a rien à envier à celle de Ben Ali et ses proches, hésitant à leur poser les questions qui fâchent. Manque de courage ou volonté de séduire leurs "futurs" patrons ? Ils semblent craindre leur "terrorisme" !
Ce faisant, ils participent à leur com', en banalisant l'islamisme dont ils se font complice par leur silence sur le danger du wahhabisme dont ils se servent et qu'ils diffusent tel un poison dans la société tunisienne !
S'ils savaient le mépris dans lequel les tiennent les Frères musulmans (ils en ont eu pourtant un aperçu lors de leur prise du pouvoir sous la troïka) et le sort que leur réserve Ghannouchi le jour où il aura tous les pouvoirs : il suffit pour cela de voir ce que fait Erdogan des journalistes turcs ! 

Enfin et c’est peut-être le plus grave, il y a eu une grande partie de la bourgeoisie centriste qui, pour garder le pouvoir ou, plutôt l’apparence du pouvoir, a décidé de coopérer avec les islamistes, à se partager le pouvoir pour conserver la seule chose qui l’intéresse : la possibilité de faire des affaires et de faire de l’argent !

Et, dans le fond, peu importe à cette bourgeoisie que le pays s’islamise et régresse si elle peut continuer à garder son train de vie et à voyager à l’étranger pour oublier les interdits posés par les rétrogrades, ces interdits n’étant bons, dans le fond, que pour le peuple dont elle se soucie comme d’une guigne, qu’il progresse ou régresse.
Il est également tout à fait regrettable que la société tunisienne, ce que l'on a appelé la société civile, n'ait pas exigé avec force la mise à l'écart de l'islam politique. Cette société civile qui a su combattre certaines idées rétrogrades telle que " la femme complément de l'homme ", qui a fait reculer plusieurs fois le pouvoir, n'a rien tenté sur cette question pourtant fondamentale. La raison en est probablement la crainte et la croyance qu'en s’attaquant à l'Islam politique elle s'attaquerait à la religion !

Erreur fondamentale. La raison en est que peut être aussi les idées rétrogrades des religieux a petit à petit imbibé cette société civile. Il suffit de voir le nombre de « voiles » cet étendard islamiste, pour de multiples raisons dont l'essentielle est la peur du voisinage. 
En tous cas, une chose est sûre, la société civile a laissé faire marquant par là qu'elle n'avait pas vu que le problème était majeur ou, dans le fond, que cela lui convenait. 

La Tunisie aura donc ce que sa population a accepté et dont elle se repentira tôt ou tard à l'instar des iraniens qui tentent désespérément de dégager les marchands du Temple qui les oppriment et les excédents par leur hypocrisie et leur affairisme, sacrifiant par son attitude plusieurs générations de ses enfants. 

On n’a pas assisté à des manifestations, à des occupations de lieux symboliques pour dire, pour crier : « Oui à la religion, NON à la religion en politique » ; alors que selon les sondages, cette idée est majoritaire ! Pourquoi ne pas l'avoir défendue avec force ?
Comment expliquer autrement la trahison de Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounes ?

Les fossoyeurs du pays ont réussi et la Tunisie est méconnaissable. 
Y a-t-il une chance pour que cela change ? Difficile à croire.

La Tunisie va entrer maintenant dans une longue période de régression. Il faudra attendre que des générations soient sacrifiées, pour que dans quelques dizaines d’années le pays s’aperçoive qu’il a fait fausse route, qu’il a été trahi par ses élites et qu’il se réveille dans la douleur comme l’ont fait les pays communistes de l’Est après un beau gâchis.

Rachid Barnat