mardi 14 août 2018

MANIF DU 13 AOÛT 2018 ...

L'ÉGALITÉ DEVANT L’HÉRITAGE 
Sera le test pour distinguer les vrais modernistes 
des faux progressistes !

UNE FOULE DE PLUS DE 16 000 PERSONNES SUR L'AVENUE Habib BOURGUIBA, S'EST MOBILISÉE POUR DIRE A NOUVEAU " DÉGAGES ! " AUX OBSCURANTISTES ...
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2 jours séparent la manif du Bardo de celle de Tunis du 13 août. 
Mais en réalité 14 siècles séparent les manifestants !


Citoyens et Sociétés civiles toujours vigilants, se sont mobilisés par leur seule conviction, contrairement aux 3 000 "manifestants" que des rabatteurs sous la houlette de Noureddine El Khadem d'Ennahdha, regroupaient et conduisaient au Bardo pour manifester devant l'Assemblée Nationale, contre le projet de la COLIBE et défendre l'islam, la famille, la morale, tous mis en danger par Bochra Bel Haj Hmida, sa présidente !

El Khadem, cet imam à la solde des Ibn Saoud auquel ils avaient accordé une bourse d’étude pour étudier dans leurs universités le wahhabisme, charge à lui de le répandre en Tunisie. Ce qu'il fait, avec le zèle des nouveaux convertis ! Alors qu'en d'autres temps, les Tunisiens avaient rejeté cette obédience jugée dangereuse.

Ce sinistre individu qui, ministre de la troïka pour les affaires religieuses, avait instauré l'obligation d' "accompagnateurs habilités par le ministère pour guider les pèlerins", une sorte de GO (gentil organisateur de club Med !), afin de détourner les tunisiens de leurs "fausses pratiques" de l'islam jugées "bid'âa" (innovation) et les ramener sur "le droit chemin" en les endoctrinant au wahhabisme, "le véritable islam" selon ses maîtres saoudiens !

Les tunisiens se souviennent des prêches incendiaires de cet imam de la mosquée El Fath à Tunis, appelant à tuer tous les mécréants; les tunisiens qui refusent la conversion au wahhabisme, compris. Transformant cette mosquée en un repaire pour ce que les tunisiens appellent "les salafistes" et qui ne sont autres que la milice d'Ennahdha qu'elle lâche tels des pitbulls terroriser les tunisiens chaque fois qu'elle se trouve en difficulté ou dans une impasse politique; et dont la première victime après le 14 janvier 2011, fut Chokri Belaid

Mosquée où va se réfugier Abou Iyadh que Ghannouchi avait envoyé se former au maniement des armes auprès de Ben Laden pour en faire le bras armé de son parti et qui, rentré en Tunisie après la "révolution", s'en prendra à Ghannouchi qu'il trouve pas assez combatif pour imposer la chariâa, le menacera dans des discours guerriers lors des prières du vendredi et le narguera en squattant cette mosquée

Et quand la police a voulu l'arrêter, tout le monde se souvient aussi comment Ali Larayedh, ministre de l'intérieur de la troïka, avait ridiculisé la police nationale quand il disait face aux caméras des médias qu'Abou Yadh leur a échappé, parceque la police l'attendait devant la mosquée et qu'il s'est enfui par derrière ! Alors qu'il avait tout simplement exfiltré ce dangereux terroriste, déguisé en femme, caché sous une burqa !

Et malgré les bus et les voitures de l'Etat (des mairies, des ministères ... ) mises à disposition pour ramasser et inciter les "manifestants" racolés dans les rues et les quartiers pauvres pour manifester au Bardo, avec la promesse d'un sandwich, de biscuits et d'un billet de banque ... ils ont fait un FLOP comme d'habitude, car malgré leurs "Allahou Akbar" sonores et hypocrites et leurs prières de rue sans conviction; et malgré tout l'argent et les médias du Golfe pour les soutenir, TOUT le monde a vu que tout ça était ARTIFICIEL !! 
C'était même ridicule, pathétique et grotesque. 

Bref, en comparaison, sur l'avenue Habib Bourguiba, la grande manifestation le jour de la fête de la femme émancipée et libre, avait mobilisé des jeunes et moins jeunes parfais en famille, était bon enfant, festive, décidée, avec des citoyens  qui ont des convictions et qui n'ont pas besoin de faire du cirque avec leur religion par des prières inappropriées dans la rue ni de porter leur religion en sautoir de façon ostentatoire ; puisque musulmans, ils le sont !

Maintenant les choses sont claires et ce que certains répétaient, s'avère évident : nous sommes face à un choix de civilisation : l'islam modéré malékite & soufie, ancestral des Tunisiens face à l'islamisme et au wahhabisme qui le fonde, doctrine des Frères musulmans qui veulent replonger le pays dans l'obscurantisme.

Si les politologiques ne comprennent pas quelle est la réelle volonté du peuple, c'est qu'ils sont abrutis.

Rachid Barnat


*****


LES ISLAMISTES MANIFESTENT POUR PROTÉGER L'ISLAM, LA FAMILLE ET LES BONNES MŒURS : Tu parles !

1° - L'islam : 

° Ils l'ont dénaturé avec leur wahhabisme mortifère.
° Savent-ils seulement que leurs ancêtres avaient déjà rejeté cette obédience, la jugeant dangereuse pour les musulmans et plus particulièrement pour la Tunisie ?

2° - La famille : ils veulent revenir au modèle des époques bénies où :

° La femme est leur bien, leur objet sexuel, leur esclave,
° La polygamie est permise,
° Des simulacres de mariage sont permis : "zaouaj el mout'âa" (mariage pour rapports sexuels, autrement dit prostitution légale), "zaouaj el ourfi" (mariage coutumier et temporaire), les deux n'ayant aucune valeur juridique; et suite auxquels, l'homme peut s'en aller et abandonner la femme souvent adolescente après l'avoir engrossée. 
Ce qui n'est que du "tourisme sexuel", en plus hypocrite; pratiqués par les gens du Golfe et d'Arabie en "visite" en Tunisie, au Maroc, au Yémen ... ! 
° Leurs filles sont souvent consommées par le père avant de la donner en mariage pour se débarrasser d'une bouche de trop à nourrir, et pour éloigner son corps honteux et tentateur pour les mâles de la famille. 
Si les imams cathodiques des pétromonarques recommandent aux mères de ne jamais laisser leurs filles seules avec le père, ils savent de quoi ils parlent : c'est pour éviter la tentation que le père se livre à des attouchements sexuels sur sa fille ... voir plus !!
° Certains voudraient même introduire l'excision des fillettes, cette pratique barbare pharaonique recommandée par Wajdi Ghanim, pour détruire l'organe du plaisir et avoir une totale emprise sur la sexualité de la femme !

3° - Quant à la "moralité" ou "bonnes mœurs", qui n'est autre que la sexualité qui les obsède tant, parlons-en :

° Ces hypocrites obsédés sexuels, pratiquent souvent l'homosexualité pour palier à l'interdit qu'ils s'imposent vis à vis des femmes en prohibant la mixité.
° Comme ils pratiquent aussi la pédophile avec des "ghoulem", ces jeunes garçons à peine pubéres, parfois encore enfants.
° D'ailleurs leurs imams autorisent l'homosexualité en cas de "Jihad", entre garçons; pour que l'intromission d'explosifs dans le rectum soit plus aisée, assurent-ils en décrétant la sodomie "halale" !
° Ils pratiquent couramment la pédophilie, en épousant des gamines de 9 ans (l'âge où Aïcha fut consommée par le prophète) que certains voudraient ramer à 6 ans, dont ils se fichent du consentement, pour palier à leurs complexes face aux femmes adultes !
° Faut-il rappeler que leurs tartuferies sont un secret de Polichinelle, quand on découvre la vie sexuelle dissolue de Tariq Ramadan qui prenait un malin plaisir à menacer des foudres d'Allah les adultères, auxquels il rappellait que la charia punit par la lapidation jusqu'à ce que mort s'en suive, les fornicateurs ! 

Alors que ces barbares dépravés sexuels, sachent que les Tunisiens n'ont que faire de leurs prétendues leçons de "morales" !

Et leurs "sorties pour les défendre" contre la COLIBE et leurs appels au lynchage de sa présidente Bochra Bel Haj Hmida, n'impressionnent pas les Tunisiens. Au mieux, elles les font sourire de tant d'hypocrisies de la part des marchands du Temple !



lundi 13 août 2018

BCE & GHANNOUCHI : LES MASQUES SONT TOMBÉS

Article paru dans : Kapitalis

Lorsque Béji Caïd Essebsi a demandé à la COLIBE de se pencher sur le problème de l’égalité dans l’héritage mais aussi sur la peine de mort et sur la dépénalisation de l’homosexualité, il avait lancé un pavé dans la mare ! 
Il a obligé les partis politiques et les Tunisiens, d’abord à réfléchir et ensuite à se prononcer sur ces nouveaux espaces de liberté.

Cette décision puis le rapport réfléchi et documenté de la COLIBE, ont permis aux tunisiens de voir, enfin, la réalité et de constater, hélas plusieurs choses.

D’abord que les partis dans leur grande majorité et principalement ceux qui se prétendent progressistes, défenseurs des libertés et ouverts au progrès, sont restés scandaleusement muets comme si le débat ne les concernait pas ; alors qu’en réalité ce silence assourdissant, n’est que l’expression de leur peur d’affronter Ennahdha et de l’absence, en réalité, de véritables convictions. 

On a même vu le parti d’Abir Moussi qui se prétendait « bourguibiste », entonner le chant de ceux qui ne veulent rien faire et nous dire que ce n’était pas le bon moment !

Les Tunisiens dans leur ensemble n’avaient déjà que très peu d’estime en leurs partis politiques dont ils ont vu l’incompétence manifeste ; et ce n’est pas la peur et la lâcheté qu’ils ont manifestées à cette occasion, qui vont les racheter à leurs yeux.

Mais le second enseignement de cette affaire est plus important encore, c’est le masque de modernité et d'ouverture que voulaient se donner les Frères musulmans, qui est bien tombé. Les Tunisiens ont clairement vu que ce parti, contrairement à ce qu’il essayait de faire croire, n’a absolument pas changé de doctrine et d’idéologie. 

Pourtant avec beaucoup de culot, Gannouchi avec son toupet habituel, avait dit que désormais son parti sépare la religion de l'action politique, renonçant même à la prédication dans les mosquées. Il est vrai que peu de gens parmi ceux qui réfléchissent, avaient cru ces propos. Mais il est clair : ce n’était que du vent pour endormir le peuple ! 

Ses dernières déclarations, rappelant que l’islam est un tout : religion et politique formant un tout ; confirme s’il en était besoin, que son parti n’est pas devenu « civil » comme il le prétendait depuis leur congrès de Hammamet et ne peut donc se séparer de la religion.
D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, à moins de se renier !

On a vu comment les islamistes se sont servis des mosquées pour contester le rapport de la COLIBE et comment dans ces mosquées où, en principe, devrait régner la bonne foi et l’honnêteté, on a menti, on a trompé ses auditeurs en indiquant que le rapport contenait telle ou telle disposition alors que cela était complètement faux. 
Est-ce là l’honnêteté de l’Islam qu’ils représentent ?

Qui n’a pas aussi, à propos de l’homosexualité, entendu Ghannouchi en personne dire que la vie privée devait être préservée et que l’Etat n’avait pas s’en mêler ? Et il condamne maintenant les dispositions qui vont dans ce sens pour décriminaliser l’homosexualité !
Est-ce là l’honnêteté de son Islam ? 
Qui voulait-il tromper en faisant de telles déclarations contradictoires ?

Alors, oui, le masque des islamistes est tombé et ils sont revenus à leurs pratiques habituelles, à savoir le mensonge, l’intimidation, les prières de rue et l’appel à la chariaa sur laquelle la société civile tunisienne les avait pourtant fait reculer mais à laquelle, on le voit, ils n’avaient pas renoncée ; comme certains l’ont naïvement cru.

Dans son discours au palais de Carthage à l’occasion de la fête de la femme, le président Béji Caïd Essebsi a fait une bonne entrée en matière en rappelant certaines choses mal comprises par beaucoup de tunisiens qui n'ont lu ni la constitution ni le rapport de la COLIBE, qu’ils contestent.

Face à cette situation qu’a fait le Président Béji Caïd Essebsi ? Dans la forme, un discours remarquable et pédagogique qui montre qu’il a encore un esprit très vif mais il a été comme à son habitude, très malin mais sans aucune fermeté dans les valeurs qu’il exprime.

Il a commencé par dire que les reformes proposées par la COLIBE étaient conformes à la Constitution qu’il a le devoir de défendre et rappelé, à juste titre, que la Tunisie est un Etat Civil qui a instauré dans son texte l’égalité des hommes et des femmes. 
Il a appelé les islamistes d’Ennahdha à appliquer cette Constitution qu’ils ont votée. 
Tout cela était très bien dit, nécessaire et fort.

Mais pour conclure, il a indiqué que l’égalité dans l’héritage serait à la carte : l’appliqueraient ceux qui le veulent ! Est-ce cela la Constitution et l’égalité des femmes, qu'il venait juste de rappeler ?

Voilà encore une capitulation en rase campagne devant les islamistes au nom du sacro-saint « consensus ». Le problème est que l’égalité dans l’héritage est non pas une simple question technique que l’on peut rejeter à sa convenance mais bien un principe d’égalité voulue. Ce que Béji Caïd Essebsi disait-lui-même un instant auparavant, en rappelant l’article 21 de la Constitution.

Va-t-on laisser des femmes, souvent parmi les plus démunies, subir pression, violence et chantage pour renoncer à l’égalité dans l’héritage ? Y a-t-il, comme il semble l’admettre, deux Tunisies, l’une qui applique la Constitution et les valeurs de liberté et d’égalité; et l’autre qui appliquerait la chariaa ? Dans quel Etat du monde le droit est à la carte ?
C’est tout à fait choquant !

Face à cette nouvelle capitulation, il reste la société civile tunisienne.

Oui, les masques sont tombés. Aussi bien celui des Frères musulmans que celui de Béji Caïd Essebsi qui continue à ménager son encombrant allié ! Et c’est tant mieux, cela rend les choses on ne peut plus claires. 

Maintenant il reste à espérer que la société civile par sa mobilisation va donner une nouvelle leçon aux politiques et inciter certains d'entre eux qui se targuent d'être des progressistes de voter un texte clair sur les principes et accordant, notamment aux femmes, une réelle égalité.

Rachid Barnat

mercredi 8 août 2018

Youssef Qaradwi, chef spirituel des Frères musulmans et cauchemar des musulmans

Pour sa "politique étrangère", le Qatar a besoin des "fatouas" pour mener sa guerre contre les républiques "arabes" ... que Qaradawi pond à la demande !
C'est lui qui a décrété une "fatoua" autorisant l'intervention de l'OTAN en Libye. 
C'est lui qui a décrété le jihad contre Bachar Al-Assad, ce que son acolyte Ghannouchi va assurer par l'envoi de la chair à canon tunisienne, pour assurer la guerre que mène le Qatar contre la Syrie ...
R.B


Un charlatan nommé Joseph Al-Qaradawi

Après avoir concouru avec un zèle inouï à la destruction de l’ex-Front du refus, qui comptait tous les pays arabes hormis les monarchies inféodées aux Etats-Unis et au lobby sioniste, le prédicateur de la fitna vient de lancer un appel à « l’unité des musulmans » face au drame vécu par les Palestiniens à Al-Qods.

Qui croit encore ce charlatan mercenaire qui, pour une poignée de dollars, a anéanti tout espoir de résistance face à l’Etat voyou d’Israël dont il joue le jeu ? N’est-ce pas ce Youssef Al-Qaradawi qui a mis la Syrie à feu et à sang à partir de sa retraite dorée au Qatar où il vit comme un nabab et multiplie les conquêtes amoureuses ? N’est-ce pas ce même Al-Qaradawi qui a applaudi l’éclatement de guerres civiles ravageuses au Yémen et en Libye où les morts se comptent par dizaines de milliers et où les institutions de l’Etat ont été pulvérisées et remplacées par des milices armées ?
N’est-ce pas ce même Al-Qaradawi qui a donné sa bénédiction à la « révolution du jasmin » en Tunisie et à la prise du pouvoir par les Frères musulmans dans son ex-pays qu’il a quitté pour amasser une fortune chez la famille régnante du richissime émirat gazier ? La Tunisie découvrira à ses dépens tout le bien que les artisans du « printemps arabe » lui voulaient en substituant un régime islamiste au pouvoir dictatorial mais néanmoins ouvert de Ben Ali.
Quant à l’Egypte, le coup d'Etat opéré par Al-Sissi  avec la bénédiction des Al-Saoud et des Al-Nahyane a rendu irrémédiable la dépendance du plus grand pays arabe en termes de population à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis.
Voilà donc le bilan de ce prédicateur au service d’Israël qu’il feint de haïr, mais à la prospérité et à la sauvegarde duquel il consacre toute l’énergie et l’enthousiasme qu’on lui connaît pour neutraliser toute opposition à l’Etat hébreu. Depuis le « printemps arabe », le peuple palestinien est orphelin. Et ni les Nations unies ni la communauté internationale ne lui viendront en aide.
Youssef Al-Qaradawi a rempli sa mission à la perfection. au service d'Israël.


samedi 4 août 2018

L'amalgame entre islam et islamisme est à l'origine de l'hystérie des islamophobes




Amalgame ! Confusion volontaire de concepts distincts, discréditant l'un au profit de l'autre et dont usent et abusent les extrémistes qui instrumentalisent la religions à des fins politiques, pour créer la confusion entre le judaïsme et le sionisme pour les uns; et entre l'islam et l'islamisme, pour les autres. Ainsi les sionistes convoquent l'antisémitisme pour faire taire leurs opposants; tout comme les islamistes dénoncent l'islamophobie de leurs contradicteurs pour les faire taire ! 
Ce qui est plus grave, c'est que par ignorance ou par manque de culture, à moins que ce ne soit à dessein, des "intellectuels" tombent dans leur panneau.
Ainsi, on a vu des journalistes se lâcher pour exprimer leur racisme antisémite ou anti-"arabe" !
Et le pire, c'est quand ce sont des journalistes "juifs" qui s'en prennent aux "arabes" qui réussissent ... oubliant pour la plus part d'entre eux, l'antisémitisme que leurs parents et grand parents ont subi de la part des racistes de l'époque, quand ils ont immigré en France et les difficultés qu'ils ont rencontré pour réussir. L'affaire Benalla, sera une occasion pour eux pour se lâcher ! 
Il n'y a pas pire racistes que des immigrants naturalisés français qui s'en prennent à ceux qui le seront après eux;  quand ils se veulent plus royalistes que le roi. 
R.B
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Quand la judéo-facho-sphère verse dans un racisme antimusulman délirant

Un mot, d’abord, sur cette expression « Judéo-facho-sphère », qui peut paraître provocatrice et outrancière, mais que j’assume pleinement. Le courant néoconservateur, on le sait, n’est pas sans lien avec la communauté juive et les réseaux pro-israéliens, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Le soutien inconditionnel à la politique israélienne a beaucoup contribué à fédérer des milieux hétéroclites, parfois issus de la gauche libérale qui, via la critique de certaines dictatures du tiers-monde, comme on disait alors, ont progressivement évolué vers une adhésion aux thèses très droitières sur le choc des civilisations, pour aboutir finalement à un racisme antimusulman totalement décomplexé. L’article d’Yves Mamou, publié le 1er août dernier sur Facebook apparait à cet égard comme un cas exemplaire.
Yves Mamou n’est pas n’importe qui. Il a été journaliste durant plusieurs années à la rubrique Economie du Monde. Il est régulièrement invité sur les plateaux de la chaine israélienne francophone i24. Sa page n’est pas réservée à quelques internautes triés sur le volet. Elle est entièrement publique et compte plus de deux mille amis. Les publications quotidiennes qui y figurent font donc partie intégrante d’un débat public qu'elles contribuent à nourrir et à influencer.  Il signe par ailleurs un livre, à paraître en septembre prochain, intitulé Intelligence avec l’ennemi, qui entend dénoncer une prétendue complicité des élites françaises avec l’islamisme. Un islamisme compris... au sens large. L’éditeur n’a pas encore fait connaitre le texte de la quatrième de couverture, mais Mamou l’a publié, toujours sur son mur Facebook, en juillet dernier : « L’islam et l’islamisme se propagent en France avec une facilité déconcertante : la multiplication du nombre de mosquées, de femmes voilées ou de commerces halal modifient à grande allure les paysages urbains. L’immigration musulmane augmente, le terrorisme islamiste meurtrit la nation mais la justice pourchasse comme raciste la moindre déclaration "islamophobe" ». Tout dans la nuance.              
Le 1er août, donc, Yves Mamou publie sur sa page Facebook un article consacré à… l’affaire Benalla.[1] Mais pas seulement. Dès la troisième ligne, il assène : « Tout le monde s'acharne sur Benalla sans voir que le vrai problème est la singulière alliance stratégique des élites françaises et des racailles immigrées ». Les racailles immigrées… vous avez bien lu. Benalla n’est pas seul en cause, et Yves Mamou passe sans ciller de l’erreur de casting individuelle à une espèce de théorie du complot collective et communautariste où « les vainqueurs de la mondialisation » (dont Macron serait le plus éminent spécimen), espèce hors-sol déconnectée des français « de souche », aurait noué une alliance criminelle avec « la banlieue »…  
Parmi les « racailles immigrées », une cible de choix : Hakim el Karoui. Peu connu du grand public, ce français d’origine tunisienne, n’est pas à proprement parler le représentant le plus emblématique de la banlieue ni des milieux « islamo-gauchistes ». Né à Paris en 1971, d’un père tunisien qui enseigna l’anthropologie à la Sorbonne et d’une mère lorraine – une française « de souche » - qui fut professeur de mathématiques financières à l’Ecole Polytechnique, il est lui-même agrégé de géographie, a occupé au début des années 2000 les fonctions de conseiller technique auprès du premier ministre Jean-Pierre Raffarin puis de Thierry Breton, ministre des finances. Il conseille aujourd'hui Emmanuel Macron sur les questions touchant à l’islam de France, après avoir rédigé un rapport sur ce sujet pour le compte de l’Institut Montaigne, dans lequel il insiste tout particulièrement sur la nécessité de détourner les musulmans de France des sirènes du salafisme  
Un CV qui n’impressionne nullement Yves Mamou. Agrégé ou pas, un musulman reste un musulman. « Hakim el Karoui, c'est la banlieue qui a réussi, qui doit tout à la République, mais ne s’en sent en rien redevable ». Un musulman ne saurait devoir sa réussite à son travail et à son mérite personnel. L’origine étrangère d’une partie de ses ancêtres doit sans cesse lui être jetée au visage pour mieux lui faire comprendre à quel point il doit se sentir redevable d'une République qui - si l’on a bien compris - ne serait jamais vraiment la sienne. Sa réussite est le symptôme même de son ingratitude, dût-on pour nourrir l’accusation, en passer par le pur procès d’intention : « Il pense même que la République l’a frustré d’une chose essentielle : l’exercice du pouvoir ». Un musulman ne saurait en effet occuper la place d’un conseiller de l’exécutif sans être coupable par essence : « Hakim el Karoui et Benalla c'est la conquête ethnique du pouvoir qui trouve plus facile de s'allier aux holdupeurs du pouvoir style Macron pour prendre les postes, installer l'islam et les Frères Musulmans comme une "république" dans la République. ». Est-il besoin de préciser qu’Hakim el Karoui n’a jamais prononcé un seul mot ni écrit une seule ligne qui puisse fonder de telles accusations, dont le rare degré de haine et de violence gratuites font étrangement penser aux attaques antisémites des années 30, ou des années 50, comme celles qu’ont subies, en leur temps Léon Blum ou Pierre Mendès-France.
36 heures après sa mise en ligne, le billet d’Yves Mamou avait été « liké » 137 fois et fait l’objet de 59 partages. Parmi les commentaires élogieux, celui de Sarah Cattan, journaliste à Tribune Juive : « Bravo Yves, tu as dressé la plus pertinente analyse à ce jour sur le sujet ».

Les islamistes se jouent du droit des Occidentaux !


Les Frères musulmans sont forts ! Ils ont très vite compris le parti à tirer de la démocratie  et de l'Etat de droit des pays démocratiques en Europe ! Pour s'implanter dans ces pays, rien ne vaut le droit et ses subtilités où ils sont passés maîtres pour le remettre en question !

Et pour mieux comprendre la signification politique du voile pour les islamistes, voici ce qu'en dit Ahmad Beydoun" L’Etat religieux ou confessionnel prend pour point de départ la désignation symbolique des maîtres et la délimitation du territoire qui est le leur et celui de la communauté de leurs sujets. Il voile les femmes et leur impose un code de conduite excessivement minutieux afin de projeter son pouvoir aux tréfonds des corps et des foyers. Or, dans les corps des femmes et la pénombre des foyers réside aussi l’honneur des hommes. Et c’est des hommes, placés sous surveillance dans leur honneur, que les détenteurs du pouvoir religieux se rendent maîtres en prenant le contrôle des femmes."

Ainsi, les islamistes font des femme les porte-étendards de leur mouvement politique, par les voiles qu'ils leur imposent; augmentant par la même, leur visibilité et circonscrivant aussi les zones urbaines sous leur contrôle !
Ils trouveront malheureusement, toujours des idiotes utiles pour jouer leur jeu.
R.B


Réaction du Printemps Républicain à la tribune “Les droits des musulmanes font partie des droits des femmes”

Dans une tribune publiée le 2 août dans le quotidien La Libre Belgique, un « collectif de femmes musulmanes », de différents pays européens, dénonce « l’interdiction de signes ou vêtements religieux dans l’emploi ou le secteur public », au motif qu’il s’agirait d’une « discrimination ».

Commençons par questionner une fausse évidence : qu’est-ce qu’une « femme musulmane » ? Pour des militants d’ordinaire si soucieux d’insister sur la diversité des pratiques et si prompts à dénoncer les catégorisations hâtives, l’absence de précision à cet égard est troublante. Or il faut rappeler que la plupart des pays européens ne font pas de statistiques à partir de l’appartenance religieuse de leurs concitoyens ; ensuite, une telle généralisation ne tient aucun compte de la grande variété des rapports à la foi et à la pratique religieuse de ces « femmes musulmanes ». En réalité, la définition implicite qui est donnée ici de la catégorie « femmes musulmanes » est « qui est susceptible de manifester sa foi par son vêtement ». Tel est bien le dessein transparent, si l’on ose dire, du militantisme pro-voile lequel, ironiquement, dénonce régulièrement la « construction d’un problème musulman » par une idéologie islamophobe. La vérité se situe très exactement à l’opposé : il y a une construction idéologique de la « femme musulmane » par ces militants, catégorie dont le stigmate est le voile sous toutes ses formes.

Ces « femmes musulmanes » souffriraient d’abord et avant tout du problème des restrictions vestimentaires qui leur sont imposées par les Etats européens.

En clair, le premier souci de ces femmes serait relatif aux restrictions au port du voile ou de tout vêtement manifestant l’appartenance religieuse dans des situations particulières (agents publics, école…). Parce qu’elles le vivraient comme une discrimination insupportable à raison de leur religion et comme une limite à leur liberté de se vêtir comme elles l’entendent, et parce qu’elles seraient ainsi empêchées d’accéder à tout un ensemble d’emplois. Aucune étude n’a cependant jamais clairement démontré que les législations plus restrictives sur la manifestation des croyances emportaient une moindre intégration socio-économique ; au contraire, à considérer le très faible taux d’emploi des femmes musulmanes originaires d’Afrique de l’est au Royaume-Uni, pays libéral s’il en est en matière religieuse, il est permis de penser que le problème n’est pas là.

D’autres problèmes se posent ici : d’abord l’idée que le port d’un vêtement à raison d’une prescription religieuse serait une liberté exercée par celle qui la respecte ; ensuite, l’absence de toute mention de problèmes bien plus graves et sérieux que subissent certaines femmes à raison de leur appartenance à la religion musulmane : mutilations sexuelles, mariages forcés, limites au droit d’aller et venir, polygamie imposée…; enfin, le fait que les Etats européens garantissent de manière bien plus étendue et forte les droits et libertés individuelles de tous leurs citoyens, notamment des femmes de confession musulmane qu’ailleurs dans le monde, et en tout cas assurément que les pays qui se réclament de l’islam.

On le voit, la problématique est biaisée d’entrée car l’objet n’est défini que sur des bases purement identitaires, et selon un critère hautement contestable qu’est le critère vestimentaire.

On pourrait s’arrêter à ces défauts méthodologiques, qui seraient irrémédiables pour un article d’analyse, mais il s’agit d’une tribune qui défend une vision politique. Laquelle ? Pour le comprendre, il faut analyser le triple parti pris de ses auteurs : tordre complètement l’interprétation du droit en vigueur au sein des pays européens ; présenter ces derniers comme des pays essentiellement racistes ; prôner une remise en cause radicale de la sécularisation sous toutes ses modalités et battre en brèche la neutralité des services publics, qui ne peut aboutir qu’à un système différentialiste abolissant, dans les faits, l’égalité entre tous les citoyens.

La torsion du droit est acquise dès le titre de cette tribune : non, les limitations à la liberté religieuse ne sont pas, en elles-mêmes, discriminatoires. Elles le deviennent uniquement lorsqu’elles ciblent une religion en particulier.

Le droit européen (celui de l’Union comme celui de la cour européenne des droits de l’Homme) et notre droit national sont très clairs et très cohérents sur ce point : la Cour de Justice de l’Union européenne l’a récemment rappelé dans deux affaires, jugées le 14 mars 2017, concernant la France et la Belgique. Le CCIF, l’un des signataires de l’appel, était partie à l’une des instances. Evidemment ces décisions sont un terrible camouflet pour le CCIF. La Cour de cassation, tirant les conséquences de cette jurisprudence qui s’impose à elle, l’a également affirmé le 22 novembre dernier : il y a discrimination, directe ou indirecte, lorsqu’une loi, ou une décision, vise spécifiquement, à travers une mesure générale et imprécise, une personne ou un groupe, sans justification d’intérêt général (pour le public) ou liée à un intérêt essentiel pour l’entreprise. Voilà pour le droit. Ainsi le terme de « discrimination », qui a un sens juridique précis, est ici utilisé de manière purement idéologique, tout comme lorsque le CCIF affiche sur sa page d’accueil « l’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit ». Délit qui n’existe pas dans notre droit.

Sur le fond, la tribune s’appuie sur un rapport de l'ONG Open Society, fondée et financée par Georges Soros. Ce rapport, qu’on peut consulter [], reprend une rhétorique désormais bien connue : les pays européens, la France en particulier, sont obsédés par l’islam. Les attentats terroristes y ont servi de prétexte pour adopter des mesures discriminatoires contre les femmes musulmanes, sous l’influence de partis d’extrême-droite ravivant les préjugés colonialistes. « La situation est de loin la pire en France et en Belgique, les deux pays qui ont le plus d’interdictions, de procès répertoriés, et d’interdictions formalisées ou pratiques d’interdiction de différents types d’habits musulmans”. S’ensuivent de longs développements alternant présentation tendancieuse, affirmations non démontrées et erreurs factuelles. A prendre ce rapport au pied de la lettre, on croirait pour de bon que les femmes musulmanes sont pourchassées, que leurs libertés sont niées, le tout appuyé par un système juridique délibérément discriminatoire. Le mot n’est pas prononcé, mais cela ressemble en tous points à un régime d’apartheid : on ne dénonce pas le racisme en France : on dit que la France est foncièrement, structurellement et institutionnellement raciste. C’est peu ou prou ce que les auteurs de la tribune expriment à leur tour.

Et qu’opposent-ils à cette Europe, et singulièrement à cette France, démangée par les pulsions xénophobes ? Le “courage” d’une “société inclusive”, passant par “l’émancipation des femmes”. Qui n’en voudrait pas ? Le problème est de comprendre par quoi passe ce supplément “d’inclusion” pour les auteurs de cette tribune : encourager l’acceptation des signes et vêtements religieux dans l’entreprise et le secteur public. Juridiquement, comment le traduire ? C’est très simple : il faut non seulement démanteler, pour la France, la loi de 1905, revenir (comment ?) sur la constitutionnalisation de la laïcité, abroger la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école et celle de 2010 sur l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public, mais aussi abolir ipso facto le principe de neutralité – bien que les auteurs de la tribune s’en défendent, sans se soucier de la contradiction flagrante de leur propos. Car en effet il n’y a aucun autre moyen d’autoriser le port d’un signe religieux ostensible pour un agent public. Ce n’est pas tout : au niveau européen, il faudrait largement réécrire la directive anti-discrimination de 2000 pour interdire explicitement toute mesure nationale visant à encadrer les manifestations des convictions au sein des services publics et des entreprises. Ce serait un retour en arrière considérable sur l’état du droit.

Allons jusqu’au bout du raisonnement, ce que les auteurs de la tribune se gardent bien de faire : si la liberté d’afficher ses convictions religieuses est totale, et qu’aucune loi ni aucun règlement intérieur ne sont susceptibles de l’encadrer, alors qui devient, dans les faits, le régulateur des pratiques individuelles et collectives ? Ce sont les communautés religieuses. A elles, le soin de prescrire la façon de s’habiller, mais aussi de manger, de parler aux autres, de travailler ou de ne pas travailler, que ce soit dans l’espace public, au travail ou dans les administrations. Ainsi, pour reprendre la juste formule de Patrick Kessel, l’invocation du droit absolu à la différence ne peut pas déboucher sur autre chose que sur la différence des droits. Et lorsqu’on voit que la tribune, comme le rapport d’Open Society, ne fait aucune différence entre les services publics et les entreprises, entre la maison et la rue, pas plus qu’entre un simple foulard et un niqab, on comprend que cette exhortation mièvre à “l’inclusivité” se traduirait, dans les faits, par la relégation et la claustration pour des dizaines de milliers de femmes, sous l’imperium des courants les plus rétrogrades de l’islamisme. Les femmes seraient toujours libres de ne pas suivre ces prescriptions ? Mais comment les femmes musulmanes sauraient-elles si bien tenir à distance la pression de la norme sociale, alors que tout le raisonnement de leurs soi-disant défenseurs consiste à expliquer l’islamophobie en vogue en Europe par la puissance de la norme sociale dominante ? Y aurait-il différentes sortes d’humanités, certaines promptes à se libérer de l’aliénation, d’autres qui y seraient éternellement condamnées ?

Qu’une critique vigoureuse et sans concession pointe les insuffisances des dispositifs d’intégration, les lacunes des services publics et, s’agissant de la France, des promesses républicaines non ou mal tenues, c’est évidemment souhaitable et même indispensable. Mais là, il ne s’agit pas d’améliorer les démocraties européennes en confortant leurs piliers : il s’agit plutôt de les abattre. Voilà ce dont les progressistes qui croient encore que le CCIF ou Rokhaya Diallo défendent les femmes, luttent contre le racisme et respectent la laïcité feraient bien de réaliser.

Difficile donc de suivre de « collectif de femmes musulmanes » qui réduisent les droits des femmes… musulmanes, à une liberté vestimentaire qu’elles possèdent déjà et qui leur est garantie plus et mieux qu’ailleurs en Europe, là où précisément elles n’ont pas à subir les contraintes qui accompagnent dans certains pays le port du vêtement qu’elles revendiquent.

On ajoutera que si l’on comprend bien l’intérêt médiatique à faire le buzz d’un tel collectif, on a davantage de difficultés avec l’ouverture d’une telle boîte de Pandore par le Parlement européen lui-même, qui par l’intermédiaire de sa « Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres » a montré la voie à ce genre de revendication en organisant un débat sur « la situation des femmes musulmanes en Europe », laissant ainsi supposer qu’il y aurait une catégorie spécifique de femmes, en raison de leur foi religieuse, qui aurait des problèmes particuliers et que pour les résoudre il suffirait de scier un peu plus la branche des libertés sur laquelle nous sommes tous, collectivement, femmes ou non, musulmans ou non, assis.


vendredi 3 août 2018

Pour combattre le wahhabisme, il ne suffit pas de dresser devant lui son ennemi juré : Le soufisme






De toutes les obédiences ou écoles théologiques de l'islam, rares sont celles qui admettent la philosophie et sa dialectique pour interroger le Coran et l'adapter aux époques dans lesquelles vivent les hommes. Seul le mutazilisme, cette obédience qui a connu son apogée avec l'âge d'or de l'islam sous les Abbassides, pratiquait la  logique et le rationalisme, inspirés de la philosophie grecque, et vu son déclin sous les Ottomans. 
Et depuis que les ottomans ont interdit cette obédience qui constituait un danger pour leur trône, lui préférant le soufisme; l'islam est entré en hibernation dominé par des obédiences rétrogrades, sinon obscurantistes; jusqu'à l’avènement du wahhabisme qui cumule obscurantisme et violence.
Si le soufisme s'est répandu jusqu'en Afrique du nord sous l'empire ottoman, prônant amour, tolérance et pacifisme, faisant de ses peuples, des peuples colonisables; il sera à son tour combattu par le wahhabisme qui mettra un terme au règne des ottomans !

Or tant que les musulmans n'auraient pas admis qu'il leur faille revoir leur religion à la lumière des moyens techniques dont ils disposent (histoire, archéologie, sociologie ... sciences et philosophie), pour l'adapter à leurs besoins, cette religion restera pour eux un frein vers le progrès !
Sinon, et probablement, la seule issue possible, est qu'ils adoptent la laïcité en admettant la séparation de la religion de l'Etat en se donnant un Code Civil !
R.B



L’élément le plus séduisant dans le discours soufi est sa théorie sur l’amour ; quoi de meilleur que l’amour pour contrer la violence et le fanatisme ?

Le soufisme séduit de plus en plus. Beaucoup voient en lui l’antidote contre le salafisme, le radicalisme, l’islam politique qui alimentent la violence au nom de l’islam. Dans les pays musulmans, comme l’Algérie, l’Égypte, le Maroc, on encourage le retour au soufisme et on réhabilite les confréries soufies mises à l’épreuve depuis l’expansion wahhabite. En Occident, la fascination pour le soufisme connaît une grande ampleur. Aussi, beaucoup de personnes pour se distinguer de l’islam radical préfèrent-elles se présenter comme étant soufies. 

La fascination pour le soufisme réside dans le fait qu’il se veut un islam spirituel. Il se présente ainsi comme une solution à la suprématie de la dimension sociale en islam, de la charia considérée par la grande majorité des musulmans comme sacrée et intemporelle, ce qui constitue un obstacle à l’évolution des sociétés musulmanes et entrave leur passage à l’ère de la modernité. En Occident et notamment en France où la laïcité connaît une difficulté face à ce corpus législatif, de plus en plus revendiqué, encourager le soufisme se présente comme la meilleure façon d’aller vers un islam plus compatible avec les valeurs de la république.

Le soufisme est également connu pour être une doctrine de tolérance, ce qui ne peut que séduire alors que la violence au nom de l’islam inquiète. Ce critère de tolérance lui est attribué par le fait qu’il fait prévaloir la dimension spirituelle de l’islam. Or, dans une spiritualité, ayant comme seul objectif l’adoration du divin, non seulement tous les islams se valent mais aussi toutes les religions. Toutefois, l’élément le plus séduisant dans le discours soufi est sa théorie sur l’amour ; quoi de meilleur que l’amour pour contrer la violence et le fanatisme ?

Cependant, reconnaître ces aspects positifs du soufisme ne doit pas nous empêcher de l’aborder avec réalisme et de porter sur lui un regard critique. Tout d’abord, il est important de souligner, que quel que soit le caractère universel du soufisme, il s’agit d’une doctrine qui appartient à l’islam ; c’est une manière de le concevoir et de le pratiquer. Bien qu’elle se veuille spirituelle, elle ne rejette pas la dimension sociale de l’islam. Depuis le compromis qu’il y a eu entre les soufis et les juristes aux environs du XIIe siècle, les maîtres soufis rappellent l’intérêt que leur doctrine donne aux recommandations de l’islam. Certains comme Ruzbehan et al-Ghazali étaient des maîtres dans la jurisprudence. Le Cheikh Khaled Bentounes, le père spirituel de la confrérie soufie al Alawiya, écrit à ce sujet : “L’islam, comme toute religion, a un aspect extérieur, fait de lois, de doctrines, de préceptes, etc. Mais, les soufis ne se suffisent pas de cela”.

Ensuite, concernant le principe de l’amour dans le soufisme, qui est très intéressant, Nacer Hamed Abou Zaid met en garde, dans son livre Ainsi parlait Ibn Arabi, contre la sublimation d’Ibn Arabi icône de l’amour soufi. Il s’appuie sur des textes de ce dernier pour montrer que dans des circonstances particulières celui-ci a tenu des propos qui vont à l’encontre du principe de l’amour qu’il évoquait dans ses poèmes.
Sans doute, l’élément le plus important dans la doctrine soufie est la théorie des saints. Elle est fondée sur l’idée que la vérité n’est accessible “ni par la spéculation intellectuelle ni par les perceptions sensibles. Elle ne peut l’être que par l’inspiration et le dévoilement spirituel. C’est donc, une fois encore, Dieu qui dévoile la vérité à ceux qui ont atteint la pureté intérieure, c’est-à-dire aux initiés, aux saints”.  (Razika Adnani, Islam : Quel problème ? les défis de la réforme, p.32 UPblisher).

Selon cette théorie, celui qui reçoit la vérité ne doit pas chercher à la démontrer par le raisonnement, il doit se contenter de la déguster et de la transmettre telle quelle à ses adeptes. La connaissance dans le soufisme ne relève donc pas de l’humain ni de ses facultés intellectuelles. Ainsi, sur le plan épistémologique, le soufisme est fondé sur des principes ne permettant pas l’épanouissement intellectuel et n’encourageant pas la pratique de la raison comme faculté rationnelle.

Quant à l’histoire, elle nous rappelle qu’entre le XIIe siècle et le XIXe siècle, le monde musulman a sombré dans la superstition et l’esprit magique alors que cette période constitue celle de l’épanouissement du soufisme. Lorsque, à la fin du XIXe siècle les musulmans se sont réveillés de leur long sommeil, ils étaient abasourdis par leur retard par rapport à un Occident très avancé. Aujourd’hui, au Maghreb, avec le retour au soufisme et ses confréries, ce phénomène de superstition et d’esprit magique connaît un regain inquiétant.

Assurément, la valeur d’une théorie ou d’une idée se mesure par ses effets sur la réalité des personnes qui croient en elle et sur leurs comportements. 

C’est pour tout cela qu’il est important et indispensable de préciser que le retour au soufisme et ses confréries ne peut pas être la solution à la crise que traversent l’islam et les musulmans. La situation de l’islam et des musulmans est une conséquence de la position négative que les musulmans ont prise face à la pensée créatrice et rationnelle et le soufisme ne propose rien pour leur épanouissement.

C’est pour cela que le discours sur la tolérance et l’amour que prônent les soufis, qui ne peut être qu’intéressant, ne doit pas nous empêcher de porter sur le soufisme un regard critique, d’être prudents afin de ne pas ajouter un obscurantisme à celui qui existe déjà.

* Razika Adnani : Philosophe et islamologue. Analyste au sein du groupe JFC Conseil.