samedi 9 février 2019

L’islamisme c'est du totalitarisme

Voilà une femme courageuse qui dénonce à la fois la gauche française qui fait le lit de l’islamisme et les Frères musulmans quand hypocritement ils utilisent l'islamophobie comme argument pour faire taire leurs opposants ; alors que ces derniers, se jouent de tous les concepts (démocratie, liberté, égalité, liberté d'expression, droit de l'homme ...) en les vidant de leur sens, souvent. Ce que fait Ghannouchi qui va jusqu’à donner le nom d’Ennahdha à son parti faisant croire qu’il est porteur de renaissance, de renouveau et de progrès !
R.B
" Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte.
Quand il montre le bout de son nez, on dit: C'est lui? Vous croyez? Il ne faut pas exagérer !
Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser "
Françoise Giroud

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Pourquoi l'islamisme est un totalitarisme

Un an après le 13 novembre et à l'occasion de la sortie de son dernier livre, Détruire le fascisme islamique, Zineb El Rhazoui a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. Selon elle, on ne pourra pas vaincre le terrorisme sans s'attaquer à l'idéologie qui le sous-tend.

Alexandre Devecchio - Dans votre dernier livre Détruire le fascisme islamique, vous dénoncez le concept d'islamophobie. Pourquoi ?

Zineb El Rhazoui - D'abord il s'agit d'un néologisme, un terme quasi-médical qui prétend désigner une « pathologie » : la haine injustifiée, aveugle, irrationnelle de l'islam avec un petit i, l'Islam avec un grand I, et les Musulmans, sans jamais les définir. Le concept d'islamophobie est une imposture intellectuelle fondée sur une confusion délibérée entre l'islam en tant que dogme, l'Islam en tant que civilisation, et les musulmans considérés ipso facto comme une communauté monolithique et non pas comme des individus. 

Qu'est-ce qu'un musulman ? Une personne née dans cette foi ou une personne qui l'a choisie ? On peut être issu de culture islamique et se définir par une multitude d'autres caractères, comme on peut opter pour cette religion sans en adopter les préceptes à la lettre. 

En réalité, ce que l'on nous désigne comme étant de l'islamophobie est souvent un rejet des manifestations ostentatoires et militantes d'un islam revendicatif. Les pleurnichards de l'islamophobie nous prennent en otage : à chaque acte terroriste, ils crient au « pas d’amalgame », mais lorsqu'on dénonce l'idéologie qui mène au terrorisme, ils nous accusent de haïr l'ensemble des musulmans. Le concept d'islamophobie est surtout un outil discursif qui consiste à faire taire toute critique envers la religion musulmane, à l'extraire à la raison. D'ailleurs l'islamophobie n'existe pas en terre d'Islam, là où la théocratie islamique a le pouvoir coercitif, puisque les islamistes disposent de mieux : le délit de blasphème, d'apostasie ou d'insulte à la religion. Lorsque vous critiquez l'islam dans un pays islamique, on vous met en prison, vous fouette sur la place publique ou vous assassine. Dans les démocraties occidentales, les islamistes, désespérés d'imposer le délit de blasphème, n'ont plus que l'accusation d'islamophobie dont ils veulent faire un nouveau racisme. Mais depuis quand la foi est une race ?

Alexandre Devecchio - Au-delà de la question de l'islamophobie, les islamistes instrumentalisent-ils les droits de l'homme à leur profit ?

Zineb El Rhazoui - L'islamisme est une idéologie impérialiste, elle a intrinsèquement vocation à se répandre car le prosélytisme est un devoir en islam, y compris sous sa forme la plus belliqueuse : le jihad. Lorsque cette idéologie n'est pas en position de force, elle n'hésite pas à faire feu de tout bois pour faire avancer son agenda : l'édification de l'Oumma, partout sur terre. Ainsi les islamistes ont coutume de se prévaloir de luttes auxquelles ils n'ont jamais contribué, voire auxquelles ils ont été hostiles. 

Les partis islamistes par exemple se diront démocrates, puisqu'élus, alors qu'ils considèrent la démocratie comme du kufr (impiété), puisqu'elle tend à ériger la volonté des humains plutôt que celle d'Allah. En France, nous voyons comment la notion de liberté individuelle est récupérée pour défendre les porteuses du voile. Le voile est par définition la négation de la liberté des femmes, mais peu importe pour les islamistes : ils n'encensent que la « liberté » d'être islamiste alors qu'il s'agit en réalité d'un consentement. 
Dans les pays où le voile est un uniforme obligatoire sous peine de châtiments corporels, les mêmes islamistes ne défendent pas la liberté individuelle de s'habiller comme on le veut. 

L'antiracisme est également détourné par eux et vidé de toute noblesse : ils ne dénonceront jamais les préceptes islamiques qui interdisent les unions interreligieuses comme racistes. Les islamistes qui crient au racisme le vident de sens, car pour eux, il n'est pas une lutte pour l'universalisme, pour gommer les différences entre les êtres humains, mais plutôt un combat pour imposer leur propre différence comme un universel. Les islamistes dénoncent le racisme des autres parce qu'ils veulent avoir le monopole du racisme.

En France, nous sommes loin d'une démarche saine de raison critique envers l'islamisme, car nous peinons toujours à le nommer. Il faut avant tout oser désigner cette idéologie pour ce qu'elle est : un fascisme. On ne peut pas prétendre combattre le terrorisme si on le considère comme un crime de droit commun. Il faut non seulement juger les terroristes, mais incriminer l'idéologie (le wahhabisme) qui les produit.

Alexandre Devecchio - Selon vous, il faut aussi revenir aux sources du mal qui se situeraient dans le Coran …

Zineb El Rhazoui - On ne peut quasiment plus évoquer la religion musulmane en France sans la faire précéder par la précaution d'usage : « l'islam est une religion de paix et d'amour ». Cela en soit indique qu'il y a bel et bien un problème. Lorsque la parole est confisquée, cela signifie que nous sommes face à un totalitarisme. Je ne vois absolument pas pour quelle raison l'islam serait la seule religion de paix et d'amour dans le monde. 

Revenons à la raison : l'islam est une religion écrite par des bédouins d'Arabie il y a 15 siècles, et elle est fortement empreinte de leur contexte. Prétendre qu'elle pourrait régir notre société et nos mœurs en 2016 est une hérésie. Il est essentiel de revenir aux sources écrites de la religion pour comprendre à quel point elles sont - à l'instar des écrits des autres religions monothéistes - un condensé de mythes et de barbarie. 
Le problème spécifique de l'islam, ce n'est pas tant l'archaïsme de ses textes, mais le mensonge collectif qui consiste à dire qu'ils seraient des textes qui prônent la paix et l'amour. En réalité, il y a bien plus de paix, d'amour et de justice dans la constitution française que dans le coran. Tant que nous ne disons pas aux islamistes que nous ne sommes pas dupes du message de leur religion, ils continueront à vouloir l'ériger en universel.

Alexandre Devecchio - Vous dénoncez également la « chimère » du vrai islam. Selon vous, il n'y aurait pas de différence entre islam et islamisme …

Zineb El Rhazoui - L'islamisme, c'est simplement l'islam appliqué à la lettre. Et l'islamisme génère forcément le terrorisme, puis qu'aucun théologien puriste ne déclarera le jihad ou tout autre précepte de l'islam caduc. Dans le dogme islamique, la religion est un tout, et non pas des pratiques à la carte. A chaque fois qu'un attentat terroriste est commis, les crypto-islamistes crient : « ceci n'est pas le vrai islam ! ». Mais personne ne nous dit jamais où il est, le vrai islam. Est-ce l'islam des individus qui en font une pratique partielle, respectueuse des lois ? Moi je dirais Amen si ceux-là n'étaient pas dénoncés par les islamistes comme des apostats inféodés à l'Occident. Où est-il le « vrai islam » ? En Arabie saoudite ? En Iran ? Dans les théocraties soft d'Afrique du Nord qui persécutent les buveurs d'alcool et les homosexuels, qui violent les droits des femmes et la liberté de culte et de conscience ? 

C'est justement pour déconstruire ce mythe du « vrai islam » que je me suis attachée à revenir aux textes et à décortiquer leur contenu.

Alexandre Devecchio - Mais tous les musulmans ne sont pas des islamistes !

Zineb El Rhazoui - C'est ce qu'on nous rétorque à chaque fois que l'on dénonce l'islamisme comme inhérent à la religion musulmane et non comme une idéologie ex nihilo. Mais d'abord, qui prétend que tous les musulmans de la terre sont des islamistes ? Et qui désigne-t-on d'abord comme musulman ? Si je m'alignais sur la définition du CCIF : l'islamophobie est un racisme antimusulman, j'en conviendrais (à tort) que les musulmans seraient une race. Si la race musulmane existe, et bien j'en fais moi-même partie. Pourtant, je suis bien loin d'être une islamiste, je suis même ce qu'il conviendrait d'appeler « une bouffeuse d'islamiste ». On peut être musulman de culture et athée, voire athée militant. 

Pour moi, un islamiste c'est d'abord quelqu'un qui pense que l'islam a vocation à régir la cité, et qu'il prévaut sur les lois terrestres.

Alexandre Devecchio - Selon vous, l'islamisme serait « un fascisme comme les autres ». En quoi cette idéologie est-elle totalitaire ?

Zineb El Rhazoui - Elle est avant tout totalitaire parce que c'est le règne de la pensée unique. Est-il utile de rappeler le triste sort de tous ceux qui ont osé critiquer cette idéologie ? Dans mon livre, je démontre que l'islamisme possède l'ensemble des caractéristiques structurelles des fascismes : le culte absolu de la personnalité du chef, un quasi-dieu. Mohamed, le chef perpétuel de l'Oumma, est si sacré qu'on ne peut même pas le représenter, et 15 siècles après sa mort, ceux qui osent le faire sont encore passés par les armes. 
Cette sacralité, il en lègue une partie aux souverains temporels qui règnent en son nom : on ne peut caricaturer aucun chef d'Etat musulman. 

Comme les autres fascismes, le fascisme islamique pratique un sexisme répressif contre les femmes et les homosexuels. Même dans un pays dit « modéré » comme le Maroc, les homosexuels sont passibles de 3 ans de prison, et les femmes n'ont légalement pas les mêmes droits que les hommes. Dans les pays où le projet du fascisme islamique a réussi, comme en Iran, en Arabie saoudite ou dans l'Etat islamique, les femmes doivent carrément disparaître du paysage en se couvrant de noir et les homosexuels sont pendus, ont la tête coupée ou sont précipités du haut d'un immeuble. 

L'autre caractéristique commune entre le fascisme islamique et les autres fascismes, c'est ce que les islamistes appellent la takqia, c'est-à-dire l'habilité à masquer le véritable agenda. Les partis islamistes, comme les partis fascistes, se présentent d'abord avec des programmes attrape-tout qui admettent des revendications sociales ou ouvrières. Une fois arrivés au pouvoir, ils pratiquent un libéralisme sauvage et répriment toute contestation. 

Il y a aussi l'aversion profonde pour les intellectuels et les arts. Comme les autres fascismes, et peut-être même plus, l'islamisme opprime les artistes et les intellectuels et n'hésite pas à condamner en bloc certaines formes d'expression artistique comme la musique, le chant ou la peinture. 

Et puis, le fascisme islamique a aussi son uniforme, son drapeau, son prêt-à-penser, son jargon et son esthétique. Il suffit de voir comment des jeunes français ou belges se mettent du jour au lendemain en accoutrement saoudien pour s'en rendre compte.

Alexandre Devecchio - Votre livre est une charge contre l'islamisme mais aussi contre les « antiracistes ». Ces derniers ont-ils fait le lit de l'islamisme ? Comment ?

Zineb El Rhazoui - Heureusement que tous les antiracistes de France ne sont pas tombés dans le piège tendu par les islamistes. Beaucoup rejettent la notion d'islamophobie et continuent à défendre un antiracisme universaliste. 
Le différencialisme culturel prôné par certains antiracistes est l'antithèse de l'antiracisme. 

Accepter une idéologie totalitaire qui réprime les femmes, les homosexuels et l'altérité de façon générale, comme étant l'expression légitime d'une différence culturelle, c'est dénier à certaines cultures les droits que l'on admet pour soi. Les droits humains, l'égalité homme femme, ne sont pas l'apanage des blancs, ils sont faits pour tout le monde. Malheureusement, les antiracistes différencialistes ont laissé les islamistes avoir le monopole de la définition de toute une culture. 

La forme de racisme la plus dangereuse aujourd'hui, ce n'est pas quelqu'un qui monterait sur un toit et crierait : « les bougnoules dehors ! », car celui qui le ferait tomberait sous le coup des lois antiracistes. La forme de racisme la plus pernicieuse, c'est celle qui consiste à considérer les « musulmans » comme une race/culture/religion condamnée à être régie par sa coutume. 
Encenser les lumières quand il s'agit de culture occidentale et la dénier à l'Islam (avec un grand I), c'est ça le racisme.

Alexandre Devecchio - Vous allez jusqu'à les comparer aux collaborationnistes. N'est-ce pas excessif ?

Zineb El Rhazoui - Pour moi, les antiracistes différentialistes ne sont pas les seuls collaborationnistes du fascisme islamique. Il y a aussi une partie de l'extrême gauche qui passe tout aux islamistes parce qu'elle est suffisamment condescendante (et manque surtout d'intelligence politique) pour considérer les « musulmans » comme un nouveau prolétariat. Il suffit de voir le sort réservé aux communistes par les régimes islamistes pour battre en brèche ce postulat. Il suffit aussi de rappeler que l'idéologie islamistes est financée par les plus riches de ce monde : l'Arabie saoudite et le Qatar, pour se rendre compte de la bêtise politique de cette extrême-gauche. 

Il y a aussi une partie du mouvement féministe, qui admet le voile comme une « liberté » alors qu'il sert de technique de marquage visuel non pas de celles qui le portent, comme elles le prétendent en France, mais de celles qui ne le portent pas dans les pays où il est obligatoire légalement ou socialement. Ne pas porter le voile dans un contexte où il prolifère, c'est être immédiatement identifiée comme non-adhérente à l'idéologie islamiste. 

Ces féministes ont admis une autre imposture intellectuelle : le féminisme islamique !
Depuis quand l'islam a-t-il des choses à nous apprendre sur la libération des femmes ? 

Il y a aussi une autre classe de collaborationnistes du fascisme islamique, qui eux, ne sont pas des idiots utiles, mais des acteurs conscients de l'expansion de cette idéologie détestable : une partie de la classe politique. Tous ces élus qui vont de compromission en compromission et cèdent le terrain à l'islamisme militant pour mieux être réélus. 
Ces politiciens devront un jour porter l'opprobre de leur trahison aux principes républicains dont ils sont pourtant censés être les défenseurs.





vendredi 8 février 2019

L’égalité hommes-femmes en matière d’héritage d’un point de vue constitutionnel



Un juriste démontre juridiquement que l'égalité devant l'héritage entre homme et femme est conforme au texte de la constitution du 27 janvier 2014. Un bon point pour Béji Caïd Essebsi à l'initiative de ce projet de loi. On déplore cependant, que ce projet de loi arrive en fin de mandat puisqu'il sera débattu en février 2019 quelques mois avant les élections présidentielles. Faut-il y voir un coup électoraliste de la part de BCE  qui tente de reconquérir l’électorat féminin qui l'avait porté au pouvoir en 2014 et qu'il avait déçu en s'alliant à leur pire ennemi ? Probablement que oui. Mais ce projet en suspens depuis l'époque de Bourguiba, il serait temps de le concrétiser; ce sera un point d'acquis pour la "révolution" !
R.B
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A l’invitation de l’Académie méditerranéenne des études diplomatiques (Medac), le Pr Slim Laghmani, Professeur à l’Université de Carthage a donné mercredi 6 février à la Valette une conférence intitulée : L’égalité hommes-femmes en matière d’héritage d’un point de vue constitutionnel. Sa communication s’inscrit dans le cadre de la conférence de haut niveau de la Medac, sur l’égalité des genres, organisée à l’occasion de la visite d’Etat effectuée par le président Caïd Essebsi à Malte.  Ci-après le texte intégral.

Deux grandes questions ont été au centre des débats de l’Assemblée nationale constituante tunisienne et ont mobilisé la société civile au cours de la rédaction de la Constitution tunisienne promulguée le 27 janvier 2014 : la question religieuse et la question de la femme. On peut d’ailleurs soutenir que ce ne sont pas deux questions différentes, mais une seule et même question aussi bien au plan constitutionnel qu’au plan culturel. Au plan constitutionnel, le statut de la femme et le statut de l’islam sont, nous le verrons, interdépendants. Au plan culturel, le statut de la femme a toujours été au centre du débat entre modernité et tradition et il est révélateur de constater que depuis le début du XXe siècle, la frange conservatrice de la société, les partis politiques islamistes ainsi que les oulémas qui prétendent au monopole du savoir religieux ne considèrent que l’identité et la loi religieuses sont menacées et ne crient au loup que lorsqu’il est question de la liberté de la femme et de son droit à l’égalité.

Les partis conservateurs, au premier rang desquels figure le parti du mouvement Ennahdha, soutiennent aujourd’hui que le projet de loi complétant le Code de statut personnel prévoyant l’égalité hommes-femmes en matière d’héritage approuvé à l’initiative du président de la République, par le Conseil des Ministres et déposé à l’Assemblée des représentants du peuple le 28 novembre 2018 sous le n° 90-2018 est contraire à la Constitution du 27 janvier 2014 et précisément à son article 1er qui dispose : « Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime »

Une telle thèse, pour être valable, suppose, d’abord, que la Constitution tunisienne établit une religion d’Etat ; elle suppose ensuite, que le concept de religion d’Etat implique que la législation positive ne doit pas s’opposer à la loi religieuse (shari’a) dont l’interprétation par les jurisconsultes musulmans (fuqaha) a été fixée depuis plus de dix siècles, interprétation en vertu de la laquelle, dans la plupart des cas, la femme hérite la moitié de la part qui revient à l’homme qui a le même degré de parenté avec le de cujus.

Ces deux points sont discutables.

L’article premier de la Constitution tunisienne établit-il une religion d’Etat ? La formulation particulière de cet article qui commence par l’affirmation « La Tunisie est un Etat… » a généré un conflit d’interprétation qui remonte au 1er juin 1959 date de l’adoption de la première Constitution de la Tunisie indépendante qui s’ouvrait sur le même article premier : Pour certains, cet article est relatif à l’Etat, il est dès lors normatif et fait peser sur l’Etat des obligations constitutionnelles ; pour d’autres, cet article est relatif à la Tunisie, au pays, il est alors descriptif, il ne fait que rendre compte de la religion de la majorité des Tunisiens. Le processus de rédaction de la Constitution tunisienne du 27 janvier 2014 va dans le sens de la seconde interprétation puisqu’un projet d’article 148 qui interprétait l’article 1er comme signifiant que l’islam est la "religion de l’État" a été en définitive retiré. Mais on a pu dire, en sens inverse, que son retrait ne signifie pas une renonciation à cette interprétation, mais procédait d’un souci légistique. Je pense, pour ma part, que l’on doit admettre que l’article 1er de la Constitution signifie à la fois que l’islam est la religion de l’Etat et de la majorité de la population et ce pour deux raisons. D’abord parce que le concept d’Etat englobe à la fois le pouvoir et la population, ensuite et surtout, parce qu’une lecture de l’ensemble de l’article 1er montre qu’incontestablement il concerne aussi l’Etat. L’article 1er dispose, en effet, que la « Tunisie est un État libre, indépendant et souverain … la République son régime. » A l’évidence la République ne peut qu’être le régime de l’Etat. Concédons donc qu’en vertu de l’article 1er l’islam est aussi bien la religion de la majorité de la population que la religion de l’Etat, une deuxième question se pose alors :

Doit-on déduire de l’islam religion d’Etat que la législation positive ne doit pas s’opposer à la Loi musulmane (shari’a) ? C’est, à mon sens, la question décisive. Répondre par l’affirmative procède d’une confusion entre deux concepts : le concept de « religion d’Etat » et le concept d’ « Etat confessionnel ».

Le concept de religion d’Etat n’est pas spécifique aux pays musulmans, tant s’en faut ! Nombre d’Etats européens ont une religion d’Etat : pour l’Angleterre, l’église anglicane ; pour le Danemark, l’église du Danemark ; pour la Finlande, l’église évangélique luthérienne ; pour l’Islande, l’église d’Islande ; pour la Grèce, l’église orthodoxe ; pour la Bulgarie, l’église orthodoxe ; pour la République de Malte, l’église catholique apostolique romaine. Que signifie donc le concept de religion d’Etat ? A l’évidence, il ne peut pas avoir le même sens pour un Etat que pour un individu. La raison en est à la fois simple et évidente, l’Etat est une personne morale, il ne va ni à la mosquée ni à l’église. Le concept de religion d’Etat signifie simplement que la religion officielle de l’Etat bénéficie d’une discrimination positive, notamment dans le domaine de l’éducation ou de la religion du chef de l’Etat. Il en est ainsi de la Constitution de la République de Malte du 21 septembre 1964 telle que révisée en 1974 dont l’article 2 dispose que « la religion de Malte est la religion catholique apostolique romaine ». Le même article 2 dispose en son troisième paragraphe qu’« un enseignement religieux de la foi catholique apostolique romaine doit être dispensé dans toutes les écoles publiques dans le cadre de l'enseignement obligatoire. » C’est également le cas de la Constitution du Royaume du Danemark du 5 juin 1953 dont l’article 4 dispose : « L'Église évangélique luthérienne est l'Église nationale danoise et jouit, comme telle, du soutien de l'État » et qui prévoit dans son article 6 que « Le Roi doit appartenir à l'Église évangélique luthérienne ».

Nombre de constitutions d’Etats arabes affirment que l’islam est religion d’Etat, mais ce que les distingue c’est que certaines de ces constitutions ajoutent que la shari’a est source ou source principale de la législation (l’Egypte, le Yémen, le Koweït, le Soudan, les Emirats arabes unis, Bahreïn, Qatar, l’Irak, la Syrie) ce qui en fait des Etats confessionnels, alors que d’autres se limitent à l’affirmation de la religion d’Etat (l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie(1) ,la Jordanie)(2) . La Tunisie fait partie de cette seconde catégorie avec, toutefois, une spécificité qui tient au processus qui a abouti à l’adoption de la Constitution du 27 janvier 2014.

Dès le départ du processus constituant, la question du statut de la religion dans la Constitution s’est posée. Lorsque l'Assemblée nationale constituante a commencé à rédiger la constitution, le président de la Commission constitutionnelle chargée du préambule et des principes a proposé l'inclusion de la shari’a en tant que source de la législation. Le 20 mars 2012, des manifestations ont eu lieu et ont failli aboutir à des affrontements. Le 25 mars 2012, le Conseil de la Shura du parti du mouvement Ennahdha (instance délibérative du parti) s'est réuni et a considéré qu’il n’était pas nécessaire de citer la shari’a comme source du droit et qu’il suffisait de reprendre le texte de l’article 1er de la Constitution de 1959. En d’autres termes, l’absence de la référence à la shari’a dans la Constitution tunisienne n’est pas fortuit, ce n’est ni hasard ni un oubli ; ce fut un choix, une décision. La décision de ne pas faire de l’Etat tunisien un Etat confessionnel.

A cela il faut ajouter que le premier projet de Constitution, adopté le 14 décembre 2012, insère un nouvel article 2 qui dispose : « La Tunisie est un État civil, fondé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit. » Cet article 2, combiné avec la renonciation à la shari’a comme source de la législation, signifie que l’affirmation selon laquelle l’islam est la religion de l’Etat n’a pas pour conséquence l’établissement d’un Etat confessionnel (il s’agit d’un Etat civil), ni d’un Etat fondé sur l’appartenance à une foi (mais sur le lien de nationalité), ni d’un Etat fondé sur la volonté divine (mais sur la volonté du peuple et sa souveraineté comme le confirme du reste l’article 3 de la Constitution), ni enfin d’un Etat fondé sur la suprématie de la loi religieuse (mais sur la suprématie de la Constitution).
L’article 1er signifie donc simplement que la religion officielle de l’Etat bénéficie d’une discrimination positive. C’est du reste le cas dans trois domaines : en matière de religion du chef de l’Etat qui doit être de confession musulmane (article 74), en matière d’enseignement (article 39) et en matière de financement et d’administration du culte musulman.

Deux autres articles de la Constitution tunisienne précisent la portée de l’article premier en matière de religion.

Tout d’abord l’article 6 de la Constitution qui dispose : « L’État … garantit la liberté de conviction et de conscience », ce qui implique, entre autres, que l’on ne peut imposer à un citoyen tunisien une norme d’origine religieuse à laquelle il ne croit pas. Il est vrai que la Constitution tunisienne n’a pas tiré de ce principe la conséquence qu’en tire l’article 40 § 2 de la Constitution de la République de Malte qui dispose : « Nul ne sera obligé de recevoir un enseignement religieux ou de démontrer une connaissance ou une maîtrise de la religion si, dans le cas d'une personne de moins de 16 ans, une objection à cette exigence est formulée par celui qui, selon la loi, a autorité sur lui, et, dans les autres cas, si la personne qui en fait la demande s’y oppose ».

Ensuite et surtout, l’article 21 de la Constitution qui dispose : « Les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et en devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination. » Il convient, ici aussi, pour déterminer la portée de cet article, de retracer le processus constituant de son établissement.

Le 1er août 2012, la Commission constituante « Droits et Libertés » a voté, à l’initiative du parti du mouvement Ennahdha, un article définissant les femmes non comme égales, mais comme « complémentaires aux hommes ». Ce projet provoqua le tollé général de la société civile moderniste. Des manifestations sont organisées à Tunis et dans plusieurs villes du pays, notamment le 13 août 2012, date de la Journée nationale de la femme et anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel. Ce projet d’article n'apparaîtra pas dans le premier avant-projet de Constitution publié par l’Assemblée nationale constituante la semaine du 13 août 2012 et il sera officiellement retiré le 24 septembre 2012. Le premier avant-projet de Constitution se contentera toutefois d’affirmer que « Tous les citoyens sont égaux en droits et en obligations et sont égaux devant la loi » (article 6. 1). L’emploi du pluriel masculin laissait planer un doute sur la portée du principe d’égalité en ce qui concerne le statut de la femme.

Suite à la pression de la société civile et des députés constituants modernistes, cette rédaction a été modifiée et gendérisée par l’emploi d’un pluriel masculin et féminin non pas simplement d’un pluriel masculin. La version finale retenue de l’article 21 de la Constitution dispose dans son premier paragraphe : « Tous les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et en obligations, ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune ». Le même énoncé figure également dans le préambule de la Constitution.

La version définitive de la Constitution consacre également un article 46 au statut de la femme qui dispose : « L’État s’engage à protéger les droits acquis de la femme et veille à les consolider et les promouvoir. L’État garantit l’égalité des chances entre l’homme et la femme pour l’accès aux diverses responsabilités et dans tous les domaines. L’État s’emploie à consacrer la parité entre la femme et l’homme dans les assemblées élues. L’État prend les mesures nécessaires en vue d’éliminer la violence contre la femme. » Cet article est en net progrès par rapport à sa première version qui se limitait à disposer que « L’Etat doit protéger les droits de la femme, préserver l’entité familiale et en maintenir la cohésion » (article 1.10).

Il découle de tout ce qui précède que l’article premier de la Constitution ne peut être interprété comme faisant obstacle à l’égalité hommes femmes en matière d’héritage. Bien au contraire, on doit considérer que l’article 21 de la Constitution fait obligation à l’Etat d’instituer l’égalité hommes - femmes dans tous les domaines y compris l’héritage. Il est vrai qu’une telle règle ne peut, en vertu de l’article 6 de la Constitution, être imposée à des personnes dont la conscience et la conviction dictent le respect de ce qu’ils pensent être la norme religieuse. Le projet présidentiel en a tenu compte puisqu’il reconnait à tout citoyen et à toute citoyenne le droit de déclarer de leur vivant qu’ils désirent que leur patrimoine soit, après leur décès, partagé selon la règle en vertu de laquelle la femme hérite la moitié de la part de l’homme.

En présentant le projet de loi relatif à l’égalité dans l’héritage, le président de la république n’a donc fait qu’appliquer la Constitution et honorer les engagements internationaux de la Tunisie qui, du fait de l’article 20 de la Constitution tunisienne, ont valeur supérieure à la loi.

La Tunisie a, en effet, par la loi n° 85-68 du 12 juillet 1985, ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Elle avait à l’occasion de cette ratification émis un certain nombre de réserves dont une relative à l’article 16 - 1 - h) qui dispose que les Etats parties assurent, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme « Les mêmes droits à chacun des époux en matière de propriété, d'acquisition, de gestion, d'administration, de jouissance et de disposition des biens, tant à titre gratuit qu'à titre onéreux ». En vertu de cette réserve « Le Gouvernement tunisien ne se considère pas lié par les alinéas c. d. f. de l'article 16 de la Convention et déclare que les paragraphes g. et h du même article ne doivent pas être en contradiction avec les dispositions du Code de Statut Personnel relatives à l'octroi du nom de famille aux enfants et à l'acquisition de la propriété par voie de succession ».

Par décret-loi n° 103-2011 en date du 24 octobre 2011, pris à l’initiative de l’actuel président de la République tunisienne qui, alors, était premier ministre, les réserves de la Tunisie furent levées y compris celle relative à l’article 16 - 1 - h). Le décret-loi sera notifié au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies le 17 avril 2014. La Tunisie s’est ainsi conformée à la Recommandation générale n° 21 (1994) du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes qui a observé qu’il « existe de nombreux pays où la législation et la pratique en matière de succession et de propriété engendrent une forte discrimination à l'égard des femmes. En raison de cette inégalité de traitement, les femmes peuvent recevoir une part plus faible des biens de l'époux ou du père à son décès que ne recevrait un veuf ou un fils » et qui a considéré que « ces pratiques sont contraires à la Convention et devraient être éliminées. »

L’adoption d’une loi instituant l’égalité homme femmes en matière d’héritage est donc d’un point de vue constitutionnel irréprochable. Les équilibres politiques au sein de l’Assemblée des représentants du peuple font que l’adoption d’une telle loi est possible. Il restera après, par un effort pédagogique intelligent et soutenu, à convaincre les croyants sincères qu’elle est du point de vue religieux conforme au dessein divin suprême : établir la justice parmi les Humains.

Contribution à la Conférence Empowering Gender Equality
organisée par la Présidence de Malte à l'occasion de la visite d'État de 
Beji Caïd Essebsi Président de la République Tunisienne, le 6 février 2019.
Verdala Palace
Malta

(1) Il convient toutefois de noter que le préambule de la Constitution mauritanienne proclame « la garantie intangible des droits et principes suivants : … les droits attachés à la famille, cellule de base de la société islamique. »

(2) Les Constitutions marocaine du 29 juillet 2001, mauritanienne du 20 juillet 1991 rétablie et modifiée par Loi Constitutionnelle n° 2006-014 et jordanienne du 8 janvier 1952 ne garantissent cependant pas la liberté de conviction en tant que telle. Seules la Constitution algérienne du 8 décembre 1996 telle que révisée en 2016 et, nous le verrons, la Constitution tunisienne, garantissent la liberté de conviction et de conscience.



jeudi 7 février 2019

LE VATICAN ET Al-AZHAR, REFUSENT L'INSTRUMENTALISATION DE LA RELIGION EN POLITIQUE

DÉCLARATION DU PAPE  ET DU RECTEUR D’El AZHAR : Un outil pédagogique.

Article publié dans : Agoravox

Lors de son voyage récent à Abu Dhabi, le Pape et le Recteur d’al-Azhar ont signé un texte commun. C’est un texte d’une grande importance dont on peut espérer qu’il améliorera les relations entre Islam et Chrétienté et qu’il permettra surtout de lutter plus efficacement contre l’islamisme, ce cancer du siècle comparable à bien des égards au nazisme et au communisme stalinien ; à la fois par son projet totalitaire et par ses méthodes inhumaines.

Il était temps que deux grands chefs religieux, le pape François pour les catholiques et le recteur d'Al Azhar pour les musulmans sunnites, dénoncent les dérives dangereuses de l'instrumentalisation des religions qui n'augurent de rien de bon avec la montée des populismes partout dans le monde, avec le risque de nouvelles guerres des religions !
Il faut saluer les Emirats Arabes Unis d'avoir permis cette conférence. Si le sultan des E.A.U a rompu ses relations diplomatiques avec l'émir du Qatar, contestant son soutien aux Frères musulmans, financier, politique et médiatique puisqu'il met à leur service sa chaîne Al Jazeera où officie régulièrement leur guide spirituel Youssef al-Qaradâwî; il fallait que des chefs religieux dénoncent à leur tour l'exploitation de la religion par les Frères musulmans, entre autres islamistes ! C'est fait. Et c'est bien dit !

Cependant, il ne faut pas être dupe et se rappeler que Al Azhar ne brille pas par la tolérance et par " l'ouverture ". Si cette auguste institution était le phare du malékisme, il faut déplorer que cette obédience fut remplacée par le wahhabisme depuis des décennies. Cette université n'est pas pour rien dans le développement des Frères musulmans en Egypte. Si al-Sissi dit avoir déclaré la guerre aux Frères musulmans, il ne faut pas oublier qu'il est tombé dans les bras des Ibn Saoud et dans leur wahhabisme plus rigoureux encore que celui de confrérie. 
Le Recteur a dû signer et c'est bien mais il n'a pas dû le faire avec une grande sincérité, hélas. Il faudra être très attentif à ses prochaines déclarations et fatwa ! 

Il faut analyser ce texte et voir comment il peut devenir un outil pédagogique pour lutter contre l’islamisme et l'opposer même à qui l'aurait signé sans réel engagement.

Ce texte rappelle d’abord tous les drames que vit le monde actuel avec ses injustices, ses violences. Il impute cela à l’absence ou à la diminution du sentiment religieux.  Tout cela est connu et attendu de la part de religieux même si, n’en doutons pas, il y a une grande part de vrai, les hommes ayant dans leur faiblesse, besoin de croire. Peu de gens peuvent comme Albert Camus ne pas croire et construire pourtant une morale aussi exigeante que celle des religions. Mais admettons.

Par contre ce texte est capital en ce qu’il rappelle avec force les bases fondamentales et nécessaires de toutes les religions. Il le fait dans un texte magnifique en partant de l’humaine condition voulue par le Dieu créateur. Et, en rappelant ces principes qui devraient être évidents pour chacun, il est déjà en soi une condamnation ferme et précise des déviances de l’islamisme et de tous les intégrismes. Il n’est pas inutile de revenir sur ces fondamentaux qui prennent ici, avec la personnalité des signataires, une très grande importance.

Le texte déclare d’abord que Dieu a créé l’homme et a voulu lui assurer la fraternité : « La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. De la foi en Dieu, qui a créé l’univers, les créatures et tous les êtres humains – égaux par Sa Miséricorde –, le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine, en sauvegardant la création et tout l’univers ; et en soutenant chaque personne, spécialement celles qui sont le plus dans le besoin et les plus pauvres. »

Il rappelle ensuite ce qui fait le fondement de toutes les religions et donc de la volonté de Dieu :
« Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux, pour peupler la terre et y répandre les valeurs du bien, de la charité et de la paix.
Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.
Au nom des pauvres, des personnes dans la misère, dans le besoin et des exclus que Dieu a commandé de secourir comme un devoir demandé à tous les hommes et, d’une manière particulière, à tout homme fortuné et aisé.
Au nom des orphelins, des veuves, des réfugiés et des exilés de leurs foyers et de leurs pays ; de toutes les victimes des guerres, des persécutions et des injustices ; des faibles, de ceux qui vivent dans la peur, des prisonniers de guerre et des torturés en toute partie du monde, sans aucune distinction.
Au nom des peuples qui ont perdu la sécurité, la paix et la coexistence commune, devenant victimes des destructions, des ruines et des guerres.
Au nom de la « fraternité humaine » qui embrasse tous les hommes, les unit et les rend égaux.
Au nom de cette fraternité déchirée par les politiques d’intégrisme et de division, et par les systèmes de profit effréné et par les tendances idéologiques haineuses, qui manipulent les actions et les destins des hommes.
Au nom de la liberté, que Dieu a donnée à tous les êtres humains, les créant libres et les distinguant par elle. »

Le document met ensuite l’accent sur les dérives actuelle et les condamnent avec fermeté en soulignant que nul ne peut se prévaloir du nom de Dieu pour tuer et imposer aux autres sa volonté.
« De même nous déclarons – fermement – que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et aussi des interprétations de groupes d’hommes de religion qui ont abusé – à certaines phases de l’histoire – de l’influence du sentiment religieux sur les cœurs des hommes pour les conduire à accomplir ce qui n’a rien à voir avec la vérité de la religion, à des fins politiques et économiques mondaines et aveugles. C’est pourquoi nous demandons à tous de cesser d’instrumentaliser les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme et d’oppression. Nous le demandons par notre foi commune en Dieu, qui n’a pas créé les hommes pour être tués ou pour s’affronter entre eux et ni non plus pour être torturés ou humiliés dans leurs vies et dans leurs existences. En effet, Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que Son nom soit utilisé pour terroriser les gens. »
Il y a là une condamnation claire, nette et ferme de l’islamisme politique.

Certes, nous dira-t-on, c’est une condamnation du terrorisme mais pas de l’islamisme politique. Je pense que ce serait une vue superficielle que de croire cela et pour plusieurs raisons :
- La première est que le texte rappelait plus haut l’exigence absolue de la liberté de croire ou de ne pas croire et de croire en la religion de son choix; et que dès lors, aucun parti ne peut instrumentaliser (le mot est dans le texte) la religion pour conquérir le pouvoir car, dans un pays musulman par exemple, ce serait créer deux catégories de musulmans : les bons qui seraient avec le parti religieux et les mauvais, les autres.
- La seconde raison est que les partis religieux, même lorsqu’ils se prétendent modérés, instrumentalisent le nom de Dieu et le texte rappelle fermement qu’ils n’en n’ont pas le droit.
- Enfin parce qu’un parti religieux a, nécessairement, une tendance totalitaire ; puisqu’il se permet de parler au nom de Dieu, créant nécessairement et automatiquement des mécréants chez ceux qui ne partagent pas leurs idées.

Tout cela est condamné par ce texte qui rappelle opportunément que Dieu n’a pas besoin que l’on parle à sa place. « En effet, Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que Son nom soit utilisé pour terroriser les gens. »

Or dès qu’un parti se mêle de politique, il veut parler au nom de Dieu qui est, en vérité, un réel blasphème; et veut imposer une politique par tous les moyens et le plus souvent par la force et la dictature. Il n’y a qu’à voir l’Iran et la Turquie d’Erdogan. Or ces dirigeants utilisent abusivement le nom de Dieu pour conquérir le pouvoir et pour imposer une politique à des gens libres ainsi que le rappelle utilement cette déclaration solennelle.
Sans oublier les Ibn Saoud et le Qatar, modèles de démocratie; et sans oublier les Frères musulmans d'Egypte prêts, dès qu’ils furent quelques mois au pouvoir, à instaurer leur dictature tout comme leurs "Frères" en Tunisie qui ont tenté d'imposer la chariâa lors de la Constituante ! 
On ne peut parler d'exception mais bien de règles dans ces cas. Tous ces religieux vont à la dictature et quand ils se prétendent modérés, c'est simplement qu'ils n'ont pas encore pris le pouvoir et qu'ils trompent le monde.

Voilà ce que nous dit ce texte sage. Il doit être utilisé comme un texte pédagogique pour lutter contre tous les partis qui instrumentalisent la religion et qui sont donc, comme le confirment ces deux dignitaires de l’Islam et du catholicisme, des imposteurs et des blasphémateurs ; puisqu’ils usurpent le nom de Dieu.

Rachid Barnat

Des chefs religieux disent stop à l'instrumentalisation de la religion en politique


Il était temps que deux grands chefs religieux, le pape François pour les catholiques et le recteur d'Al Azhar pour les musulmans sunnites, dénoncent les dérives dangereuses de l'instrumentalisation des religions qui n'augurent de rien de bon avec la montée des populismes partout dans le monde, avec le risque de nouvelles guerres des religions !
Il faut saluer les Emirats Arabes Unis d'avoir permis cette conférence. Si le sultan des  EAU a rompu ses relations diplomatiques avec l'émir du Qatar, contestant son soutien aux Frères musulmans, financier, politique et médiatique puisqu'il met à leur service sa chaîne Al Jazeera où officie régulièrement leur guide spirituel Youssef al-Qaradâwî; il fallait que des chefs religieux dénoncent à leur tour l'exploitation de la religion par les Frères musulmans, entre autres !
C'est fait. Et c'est bien dit !
R.B
Le Pape François et le Grand Imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb
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Abou Dhabi : signature d'une déclaration historique

Le Pape François et le Grand Imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb formulent une forte condamnation du terrorisme et de la violence : « Dieu ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens », précisent-ils dans ce texte qui se penche notamment sur la paix, la liberté religieuse et les droits des femmes.

Le Document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune signé cet après-midi à Abou Dhabi par le Pape François et le Grand Imam d'Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, constitue non seulement une étape importante dans les relations entre le christianisme et l'islam, mais c'est aussi un message qui a un fort impact sur la scène internationale. En préface, après avoir affirmé que «la foi amène le croyant à voir dans l'autre un frère à soutenir et aimer », le texte est présenté comme « un document raisonné avec sincérité et sérieux", qui invite "toutes les personnes qui portent dans leur cœur la foi en Dieu et la foi en la fraternité humaine, à s'unir et travailler ensemble ».
Le document débute par une série d’invocations : le Pape et le Grand Imam parlent «au nom de Dieu qui créa tous les êtres humains égaux en droits, devoirs et dignité », «au nom de l'âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer »« au nom des pauvres », des « orphelins et des veuves, des réfugiés et des exilés, de toutes les victimes de guerres » et « de persécutions ». Al-Azhar, avec l'Église catholique « déclarent adopter la culture du dialogue comme cheminement ; la collaboration commune comme trajectoire ; la connaissance mutuelle comme méthode et critère ».
Avec ce document, « nous demandons à nous-mêmes, et aux dirigeants du monde, aux artisans de la politique internationale et de l’économie mondiale, de s’engager sérieusement à répandre la culture de la tolérance, de la cohabitation et de la paix ; d'intervenir le plus rapidement possible pour arrêter l’effusion de sang innocent et mettre fin aux guerres, aux conflits, à la dégradation de l'environnement et au déclin culturel et moral que vit actuellement le monde ».

Diffuser des valeurs de paix et de justice

Les deux chefs religieux demandent aux hommes de religion et de culture, ainsi qu'aux médias, de redécouvrir et de diffuser « les valeurs de paix, de justice, de bonté, de beauté, de fraternité humaine et de coexistence commune ». Et ils affirment croire « fermement que parmi les causes les plus importantes de la crise du monde moderne, on trouve une conscience humaine anesthésiée, l'aliénation des valeurs religieuses, ainsi que la domination de l'individualisme et des philosophies matérialistes ».
Tout en reconnaissant les avancées positives de la civilisation moderne, la déclaration insiste sur «la détérioration de l'éthique, qui conditionne l'action internationale, ainsi que l'affaiblissement des valeurs spirituelles et le sens des responsabilités », ce qui conduit beaucoup de monde à « tomber dans le vortex de l'extrémisme athée et agnostique, ou dans l'intégrisme religieux, l'extrémisme et le fondamentalisme aveugle ». L'extrémisme religieux et national ainsi que l'intolérance ont produit les signes d'une « troisième guerre mondiale en morceaux ».
Le Pape et le Grand Imam affirment ainsi que « les profondes crises politiques, l'injustice et le manque de répartition équitable des ressources naturelles, qui ne profitent qu'à une minorité de riches au détriment de la majorité des peuples de la terre, ont généré, et continuent à le faire, énormément de malades, de nécessiteux et de morts, provoquant des crises fatales, dont sont victimes de nombreux pays... Face à ces crises, qui mènent des millions d’enfants, déjà réduits à un squelette humain, à mourir de faim, à cause de la pauvreté et de la famine, règne un silence international inacceptable ».
« Il est évident que la famille est essentielle », tout autant que l'importance « de l'éveil du sens religieux » surtout chez les jeunes, « pour faire face aux tendances individualistes, égoïstes et conflictuelles, au radicalisme et à l'extrémisme aveugle sous toutes ses formes et manifestations ». Les deux responsables religieux se souviennent que le Créateur nous a « offert le don de la vie pour le garder. Un don que personne n’a le droit d’enlever, de menacer ou de manipuler à sa guise. C’est pourquoi nous condamnons toutes les pratiques qui menacent la vie, telles que les génocides, les actes terroristes, les déplacements forcés, le trafic d’organes humains, l’avortement, l'euthanasie et les politiques qui soutiennent tout cela ».

Ne pas exploiter les religions pour la violence

Ils déclarent en outre « fermement que les religions n'incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas de sentiments de haine, d'hostilité, d'extrémisme, ni d'appels à la violence ou à l'effusion de sang. Ces désastres sont le résultat d’une déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et même de l’interprétation de groupes d’hommes de religion ». C'est pourquoi « nous demandons à tous de cesser d'exploiter les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l'extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d'utiliser le nom de Dieu pour justifier l'homicide, l'exil, le terrorisme et l'oppression ». Le Pape et le Grand Imam se souviennent que « Dieu, le Tout-Puissant, n'a besoin d'être défendu par personne et ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens ».
La Déclaration atteste que «la liberté est un droit de chaque personne : chacun jouit de la liberté de croyance, de pensée, d'expression et d'action. Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine ». C’est de la « Sagesse Divine » que « dérivent le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différent. Pour cette raison, le document condamne le fait de forcer les personnes à adhérer à une religion ou à une culture donnée, ainsi qu’à imposer un style de civilisation que d’autres n’acceptent pas ».
La déclaration atteste ensuite que «la protection des lieux de culte - temples, églises et mosquées - est un devoir garanti par les religions, par les valeurs humaines, les lois et les conventions internationales. Toute tentative d'attaquer des lieux de culte ou de les menacer par des attentats, explosions ou démolitions, constitue une déviation des enseignements des religions ainsi qu'une violation manifeste du droit international ».

Lutter contre le terrorisme

Le texte évoque une nouvelle fois « le terrorisme exécrable qui menace la sécurité des personnes, tant à l'Est qu'à l'Ouest. La panique, la terreur et le pessimisme qui se propagent ne sont pas dus à la religion, même si les terroristes l'instrumentalisent, mais à l'accumulation d'interprétations erronées des textes religieux, aux politiques de faim, de pauvreté, d'injustice, d'oppression, d'arrogance. C’est pourquoi il est nécessaire de cesser de soutenir les mouvements terroristes à travers le financement, la fourniture d'armes, des planifications ou des justifications, voire même une couverture médiatique, et de considérer tout cela comme un crime international menaçant la sécurité et la paix dans le monde ».
Le document indique qu’ « il est nécessaire de s'engager pour établir dans nos sociétés le concept de citoyenneté à part entière et renoncer à l'utilisation discriminatoire du terme "minorités", qui porte les germes d'un sentiment d'isolement et d'infériorité».
La Déclaration définit comme « besoin indispensable » la reconnaissance du droit des femmes à l'éducation, au travail et à l'exercice de leurs droits politiques. « En outre, il faut œuvrer pour la libérer des pressions historiques et sociales contraires aux principes de sa propre foi et de sa dignité. Il est également nécessaire de le protéger de toute exploitation. C’est pourquoi nous devons mettre fin à toutes les pratiques inhumaines et à toutes les coutumes vulgaires qui humilient la dignité des femmes et œuvrer au changement des lois qui empêchent les femmes de jouir pleinement de leurs droits ».
Après avoir réaffirmé le droit des enfants à grandir dans un environnement familial, leur droit à l'alimentation et à l'éducation, les deux responsables religieux déclarent : « Nous devons condamner toute pratique qui viole la dignité des enfants ou leurs droits. Il est également important de se prémunir contre les dangers auxquels ils sont exposés, en particulier dans l'environnement numérique, et de considérer le trafic de leur innocence et toute violation de leur enfance comme un crime ».
Enfin, « Al-Azhar et l’Église catholique demandent que ce document soit objet de recherches et de réflexions dans toutes les écoles, les universités et les instituts d’éducation et de formation ». Ils espèrent que la Déclaration deviendra un « symbole de l'étreinte entre l'Orient et l'Occident, entre le Nord et le Sud ».

Le commentaire de la Salle de Presse du Saint-Siège

Le Directeur par intérim de la Salle de Presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a diffusé ce communiqué expliquant les enjeux de ce texte :
« Le Document sur la "Fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune", signé par le Pape et par le Grand Imam d’Al-Azhar, constitue une étape de la plus grande importance dans le dialogue entre chrétiens et musulmans, un signe puissant de paix et d’espérance pour l’avenir de l’humanité. Ce Document est un appel pressant à répondre au mal par le bien, à renforcer le dialogue interreligieux et à promouvoir le respect réciproque pour barrer la route à ceux qui soufflent sur les braises du choc des civilisations.
À Abou Dhabi, le Pape François et le Grand Imam Al-Tayyib ont indiqué ensemble un chemin de paix et de réconciliation que peuvent emprunter tous les hommes de bonne volonté, et pas seulement les chrétiens et les musulmans. Ce Document est courageux et prophétique parce qu’il aborde, en les appelant par leur nom, les thèmes les plus urgents de notre temps au sujet desquels ceux qui croient en Dieu sont exhortés à interroger leur conscience et à assumer avec confiance et détermination leur propre responsabilité pour construire un monde plus juste et solidaire.
Sans ambiguïté, le Pape et le Grand Imam préviennent que personne n’est autorisé, en aucun cas, à utiliser le nom de Dieu pour justifier la guerre, le terrorisme ou toute autre forme de violence. Ils réaffirment que la vie doit toujours être sauvegardée et que les droits des femmes doivent être pleinement reconnus, en rejetant toute pratique discriminatoire à leur encontre. 
Face à une humanité blessée par tant de divisions et de fanatismes idéologiques, le Pape et le Grand Imam d’Al-Azhar montrent que la promotion de la culture de la rencontre n’est pas une utopie, mais la condition nécessaire pour vivre en paix et pour laisser aux générations futures un monde meilleur que celui dans lequel nous vivons. »


samedi 2 février 2019

DEUX ALGÉRIENNES A TUNIS ...

UNE TRANCHE DE VIE.
TRISTE VIE, MARQUÉE PAR L'ISLAMISME EN ALGÉRIE !

Une amie rapporte une discussion qu'elle a eue avec une algérienne et sa fille venue s'inscrire dans une grande école à Tunis : à l'ENA !
Étonnée d'un tel désir d'instruction émanant de deux femmes foulardées; mon amie, une pure fille de Bourguiba leur a demandé la signification d'un tel accoutrement et la raison de porter le foulard. Toutes deux répondirent : " par conviction religieuse !".

La fille de Bourguiba bien qu'émancipée mais néanmoins croyante, leur dit qu'elle est pratiquante et sa conviction religieuse n'a pas besoin d'un tel accoutrement. Elle leur demande dans quelle sourate du coran ont-elles lu l'obligation de se couvrir le chef. Et de leur rappeler que cette pratique que beaucoup assimilent à une obligation coranique, n'est qu'une recommandation du prophète Mohamed faite à ses épouses pour que les hommes ne les confondent pas avec les prostituées qui pullulent à la Mecque lors des pèlerinages pour faire commerce de leur chair. " Vous prenez-vous pour des épouses du prophète ? ", leur demande-t-elle ! 

Par la même occasion elle leur rappelle que la chariâa est une somme d'interprétations du coran et de jurisprudences faites par des hommes deux siècles après la mort du prophète et que par conséquence, elle n'est pas sacrée; et que le coran lui-même a été rédigé longtemps après la mort de ce dernier, par ses compagnons avec des versions différentes que tranchera le 3éme calife Othman, qui fixera de façon canonique son texte 

C'est alors que la mère avoue qu'elle ne connait rien à la religion et qu'elle n'était pas pratiquante, à la libération de l'Algérie. Qu'elle fût libre et ne portait ni voile ni foulard. Qu'elle était de ces nombreuse femmes qui ont pu s'instruire et faire des études universitaires dans l'Algérie post-indépendance. 

Elle est pharmacienne et tient une pharmacie dans une banlieue d'Alger. Elle menait une vie tranquille avec son mari. A la naissance de son fils, né aveugle, sa vie va être chamboulée. Il lui fallait gérer cet enfant handicapé et son divorce; puisque le mari lâchement l’abandonnera pour lui avoir donné un fils aveugle, encouragé par les hommes du quartier qui y voient la punition d'Allah pour sa femme qui ose travailler sans voile ! 

Elle a du lutter pour éduquer son aînée et assurer un minimum pour le fils aveugle que des âmes charitables lui ont conseillé de confier à l'imam du quartier qui assure l'apprentissage du coran dans son école coranique, aux enfants déshérités, laissés pour compte par le FLN au pouvoir.

Si l’aînée s'est avérée une fille studieuse, première de sa classe, le fils lui va briller dans sa spécialité. A l'adolescence, il est devenu intégriste comme ceux qu'il côtoie à son école coranique et psalmodie le coran à vous donner la chair de poule, dit sa mère pas peu fière de son gosse qui ne soit pas tombé dans la drogue, ce mal qui mine la jeunesse algérienne déboussolée et sans perspective d'avenir. Et c'est lui qui va faire la révolution chez elle ! 
Il impose à sa mère et à sa sœur le port du voile et les sermonne régulièrement pour leur inculquer le halal et le haram (le licite et l’illicite) à propos de tout, cette pratique wahhabite importée par les Frères musulmans du FIS
Ne connaissant rien à l'islam et ignorant tout du malékisme de ses ancêtres, la mère a pris pour de l'argent comptant tout ce que lui raconte son fils et réalise qu'il y a trop d'interdits dans l'islam pour les femmes, ignorant que son fils l'avait convertie au wahhabisme acquis auprès de son imam.

Quant à l'aînée, elle souhaitait qu'elle poursuive ses études à l'étranger, jugeant le niveau universitaire algérien médiocre depuis les années noires marquées par l'islamisme radical du FIS ! 
N'ayant pu obtenir un visa pour la France où elle espérait envoyer sa fille poursuivre ses études, elle s'est rabattue sur la Tunisie où, lui disait-on, le niveau scolaire est encore d'un bon niveau; et meilleur, en tous cas, que celui de l'Algérie. Ce faisant, elle voulait éloigner sa fille de son frère qui l'étouffait par sa bigoterie envahissante !

D'où sa présence à Tunis.

Rachid Barnat