Article publié dans : Kapitalis
" On peut tromper une partie du peuple tout le temps
et tout le peuple une partie du temps,
mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ."
Abraham Lincoln
Les dates et les candidats aux élections
Présidentielles et législatives sont maintenant connues et l’échéance est pour
très vite. Chacun en est conscient, c'est une échéance capitale pour l’avenir
du pays.
Or chacun est bien obligé de constater que les hommes
politiques tunisiens ne sont ni sérieux ni patriotes et le nombre des
candidatures a de quoi faire rire si cela n’était pas, en même temps très
préoccupant. Certains ont écrit qu’ils préféraient des centaines de
candidatures à une candidature unique. C’est une phrase sans fondement, une
facilité, un mot sans réflexion. Car cette multitude de candidature
quantitative s'est faite au détriment du qualitatif. Heureusement que d'une centaine de candidature l'ISIE (Instance supérieure indépendante pour les élections) n'a retenu que 26 candidats.
La plupart des candidats
n’ont aucun programme, aucune ligne politique et pense que leurs petites
personnes a de l’importance. Or une élection de ce type, c’est d’abord
l’occasion pour un pays de choisir entre de réelles options différentes, entre
des lignes de force et ensuite de s’unir pour réaliser un projet utile pour le
pays.
Bien malins ceux qui pourraient nous dire aujourd’hui
quels sont les projets des uns et des autres à part l’obtention du poste !
Encore que fort curieusement tous ou presque nous
disent aujourd’hui qu’ils demandent un changement de Constitution et un
changement du régime électoral ! Comme c’est curieux ! Ils ne l’ont
jamais fait avant. Ils se rallient donc au projet d’Abir Moussi ?
Qui peut
les croire ?
Cependant et malgré la tentation forte que l’on en a,
après ces candidatures ridicules, l’abstention serait mortelle pour l’avenir
car ce sera la porte ouverte en grand à ceux qui ont un projet et une
organisation, à savoir les Frères musulmans d'Ennahdha.
Il faut donc
voter et voter en masse.
I - Donner une
leçon magistrale aux politiques incompétents.
En ce qui concerne le choix à faire, les Tunisiens
dégoûtés des hommes politiques incompétents et sans patriotisme, devraient leur
donner une éclatante leçon. Comment ? Il n’y a pas trente-six solutions.
Il faut qu’ils réussissent à s’unir en une forte majorité sur un nom et sur un
parti.
Ce nom et ce parti, ils ne doivent évidemment pas le
choisir au hasard ou le jouer à la roulette ! Ils doivent procéder en
posant les bases de ce qu’ils veulent essentiellement et procéder ensuite par
élimination.
Ce que veut le peuple Tunisien essentiellement c’est
sans conteste : un pouvoir fort, qui ait un projet sérieux pour sortir le
pays de la crise que chacun mesure et dans tous les domaines : l’économie,
le social, la sécurité, l’éducation.
Les Tunisiens ont maintenant compris dans leur grande
majorité que la régression du pays évident pour tous, vient de la Constitution
et du régime électoral qui rend le pouvoir totalement impuissant en l’émiettant
entre tous les partis.
Ils savent aussi que cette régression date de
l’arrivée des Frères musulmans et de leur entrisme dans tous les rouages de la
société. Ils sont conscients que les partis islamistes instrumentalisent
honteusement la religion pour leur profit personnel. Ils savent aussi qu’ils
ont ruiné le pays avec l’exigence anormale de leur indemnisation (Ce que les Etudes du FMI ont clairement montré) qu’ils ont incité des jeunes a partir sur
les champs de bataille islamistes, qu’ils ont divisé le peuple avec la
religion et qu’ils sont à l’origine de cette Constitution et de ce régime
électoral qui ruine le pays.
II - Écarter les islamistes et leurs
« complices »
Le choix paraît donc plus simple qu’on le pense.
- Veut-on continuer grosso modo, comme les
années qui viennent de s’écouler depuis le 14.01.2011 ; et alors le choix est très
ouvert car tous les politiques peu ou prou, veulent maintenir le système actuel, c’est-à-dire l’émiettement du pouvoir ; et tous sont prêts, si cela leur est
nécessaire pour être majoritaire, à s’allier avec les islamistes.
Il y a même
des projets plus graves encore et certains, pour obtenir la Présidence de la
République, sont prêts à accepter que les islamistes aient l’Assemblée
Nationale et le Gouvernement. Ce qui serait la plus grande des catastrophes.
Tous ceux-là nous disent que les islamistes sont incontournables et qu’il faut
faire avec, ce qui est la pire erreur politique.
Dans ce camp du statu quo, on retrouve pratiquement
tous les candidats de Youssef Chahed à Mohsen Marzouk, en passant par Nabil Karoui et
même Abdelkrim Zbidi qui
a très bien accepté sans jamais dire un mot, la politique dite du consensus
imposée par Ghannouchi à Béji Caïd Essebsi.
Pour tout dire, cet engouement soudain sur
la toile pour Abdelkarim Zbidi paraît même un peu inquiétant. On ne
sait rien de lui. Il n’a jamais exprimé ses idées politiques et même s’il a
bien géré l’armée, ce n’est pas un titre suffisant pour qu’il soit un bon
Président. Il est même probable qu'il partage avec son mentor Béji
Caïd Essebsli le consensus avec les Frères musulmans, ennemis de la
République !
Il est donc indispensable que les candidats sérieux et
notamment le Dr Zbidi disent clairement, sans ambiguïtés, s’ils s’allieront aux
islamistes pour garder le pouvoir ou s'ils resteront dans l’opposition s’ils
n’ont pas la majorité. Il faut aussi qu’ils disent, et c’est essentiel, s’ils
veulent enfin modifier cette Constitution et ce régime électoral désastreux.
Après ces éclaircissements, les Tunisiens auront
l’embarras du choix car tous se valent et tous feront la même politique ou
plutôt n’auront aucun projet politique sérieux. Et ils laisseront la place aux
islamistes comme l'ont fait avant eux Mustapha Ben Jaafar, Moncef Mohamed
Marzougui et Béji Caïd Essebsi !
Tous ceux-là, ne proposent qu’aujourd’hui, sans jamais
avoir rien dit avant, de modifier la Constitution et le régime électoral qui
sont la cause du désastre actuel mais qu’ils considéraient il y a peu, comme les
meilleurs ! De qui se moquent-ils ?
Bien sûr il y en a de meilleurs
sur le plan humain mais ce n’est pas le problème car ils ne veulent pas changer
les choses et les mécanismes dont on a vu où ils ont mené le pays.
- Si, par contre, les Tunisiens veulent le
changement, faire en sorte que le pouvoir reprenne de sa vigueur et mette un
réel projet en marche, alors il leur faut choisir ceux qui veulent clairement
un changement de Constitution et de régime électoral et qui disent clairement
qu’ils sont pour une Tunisie qui ne s’allie pas avec les obscurantistes.
III - Faire de sorte que la Constitution et le
régime électoral désastreux changent.
Sur ce point, il n’y a pas d’autre choix possible que
celui d’Abir Moussi et du PDL car ils sont les SEULS à faire le bon diagnostic
et à avoir un projet de changement. Et, ce, depuis longtemps pas à la veille
des élections. Sont-ils parfaits ? Bien sûr que non. Mais ceux des
Tunisiens qui voudront donner une leçon aux politiques incompétents, souvent
corrompus, sans conviction réelle, opportunistes et prêts à tout, sans aucun
sens de l’intérêt du pays ; alors ils n’auront pas le choix : ils
doivent s'unir sur le nom d’Abir Moussi et du PDL ; et là, leur message sera
très fort.
On peut ne pas aimer cette dame pour des raisons personnelles mais elle est la seule à vouloir lutter démocratiquement contre les
islamistes. Cela seul devrait faire la différence et conduire chacun à s'unir
derrière elle.
Elle a raison de se présenter aux Présidentielles, ce
qu’elle n’aurait pas fait si les législatives s’étaient déroulées avant. Se
déroulant après, elle ne pouvait pas laisser la place vide et laisser s’installer
à Carthage quelqu’un qui aurait fait alliance avec les islamistes et aurait
ainsi créé une dynamique contre laquelle elle aurait eu du mal à agir lors des
législatives.
Enfin on entend dire : « Comment Abir Moussi
pourra-t-elle reformer la Constitution et la loi électorale ? » Cela
est vrai. Mais ne faut-il rien tenter parce que ce sera difficile ?
Or beaucoup de personnes disent bien aujourd’hui que
ces textes sont mauvais et on peut penser que si elle a une belle majorité,
d’autres se joindront à elle par opportunisme, parce que le succès va au
succès.
Quant à l’accusation d’avoir été RCD, elle est absurde
au plus haut point; puisque cela n’empêche pas les même de soutenir M. Zbidi qui
a été Ministre de Ben, Ali ce qui est autrement plus
grave !
Les Tunisiens sérieusement désireux d'un réel
changement, doivent envoyer en nombre ce message.
Il faut surtout ne pas éparpiller les voix, pour que
Abdel Fattah Mourou cet homme dont on connaît les
discours et les fréquentations choquantes comme celle
d'avec Wajdi Ghanim, ne soit
même pas au deuxième tour.
Les tunisiens ont la possibilité en s'unissant sur un nom,
d’envoyer ce message fort.
Maintenant à chacun de réfléchir, de voir quelles sont
ses priorités et d’agir en conséquence pour le bien du pays en étant patriote
et en ne laissant pas de petites raisons mesquines souvent trahissant un sentimentalisme mal placé, lui dicter son choix.