dimanche 19 avril 2020

Alexandre Roubtzoff, un peintre tunisien

Un peintre russe, tombé amoureux des la Tunisie et des Tunisiens. Si la Provence fut un choc révélateur pour Van Gogh, la Tunisie le sera pour Alexandre Roubtzoff qui en fera son pays d'élection !
R.B

Alexandre Roubtzoff peintre russe, né le 24 janvier 1884 à Saint-Pétersbourg. 
Il a dressé tout au long de sa vie un portrait fascinant de son pays d’adoption : La Tunisie. 
Élève d'Ivan Zionglinski et de Dmitri Kardovski, Alexandre Roubtzoff est lauréat de six grands prix à l'Académie des beaux-arts de Saint-Petersbourg. Proche de la cour impériale des Romanov, il obtient le Grand Prix de l'Académie de Saint-Petersbourg avec une peinture d'intérieur aujourd'hui au musée de l'Ermitage.
Jeune boursier de l’École Nationale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, Roubtzoff découvre l’Orient en 1913, par l’Andalousie et Tanger. En 1914, il arrive à Tunis peu de jours après Macke et Klee, et il s’y installe durablement obtenant la nationalité française en 1924. Il ne reviendra pas en Russie. 
Fréquentant l’Institut de Carthage, il réalise des portraits mondains qui lui ouvrent les portes de la haute société coloniale. En 1920, avec une exposition montrant plus de cent vingt toiles, le Salon tunisien par Alexandre Fichet le consacre comme « le peintre de la lumière ». 
Ses paysages et jardins postimpressionnistes, à la touche élégante et sagement colorée, sont assez proches de ceux de son ami le baron d’Erlanger* et séduisent autant que les grands portraits de bédouines d’abord choisies parmi les modèles du photographe Rudolf Lehnert*. 
Des préoccupations documentaires sur les costumes, parures et tatouages - ses dessins illustrent les publications d’Ernest Gobert*- inspirent d’abord des scènes classiques de la vie quotidienne (Préparation du couscous, Femmes au Khôl, 1915). 
Roubtzoff s‘attachera plus tard davantage aux regards et à la sensibilité de ses modèles (Alia, 1937) : « Ce sont eux, les bédouins montagnards, frustes et ignorants qui sont beaux, nobles et raffinés, tandis que nous autres, les représentants de la civilisation la plus avancée, nous sommes laids, mesquins, inélégants ».
Orientaliste « ethnographique », Roubtzoff refuse les excentricités du genre mais réalise une série de nus où le peintre applique les recettes de la tradition occidentale à des modèles européens et orientaux. 
Dans son journal écrit à la fin de sa vie et les quelques articles qu’il rédige pour la revue Tunisie (« Un quart de siècle en Tunisie », 1938), il défend un Orient résolument fidèle à ses traditions : « un peintre arabe ne doit pas oublier qu’il est arabe et non pas Von Dongen. Ni Cézanne non plus. L’Arabe doit conserver intacte sa mentalité musulmane, même s’il fréquente Montparnasse ». 
En 1924, lors d’un voyage en Turquie, ce pourfendeur du modernisme peint surtout la ville de Brousse « plus séduisante que Constantinople trop ravagée par les incendies et le tourisme ».
De son vivant, les achats par l'État et plusieurs expositions à Tunis et en métropole lui ménagent une place importante dans la vie artistique de la colonie, évidemment à contre-courant de Boucherle et de l'École de Tunis. 
En 2010, un hommage officiel lui fut rendu en Tunisie avec l'exposition « Roubtzoff et la médina » - 48 dessins minutieusement réalisés en 1944, ainsi que quelques toiles, représentatives d’un art dont la mémoire fut entretenue dès la mort de l’artiste. Roubtzoff, dont les toiles ornent encore nombre de résidences officielles, est aujourd’hui le peintre tunisien le mieux coté sur le marché de l’art. 
Ses œuvres les plus importantes sont signées et datées en français et en arabe.
Débarqué à Tunis le , il expose au premier Salon tunisien d'après-guerre puis à Londres, à la galerie Goupil, et à Paris à la galerie Manuel et au Salon des indépendants de 1930. Il séjourne au château de Saint-Martin-d'Oydes chez son ami Pierre Dumas qui a publié un ouvrage sur sa peinture, Roubtzoff, peintre de la lumière.

Mort à Tunis le , il est inhumé au cimetière du Borgel à Tunis.
Orientalisme | Vente n°2357 | Lot n°88 | Artcurial
Alexandre roubtzoff, "bedouoine chadlia".
Chadlia
Alexandre roubtzoff, fatima och manoubia.
Fatima et Manoubia
Alexandre roubtzoff, "muldi", porträtt av en tunisisk pojke.
Mouldi
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A voir : " Le Tunisie d'Alexandre Roubtzoff " : extraits
Un film de Saïd Kasmi-Mitterrand
Texte de Frédéric Mitterrand de l'institut
Avec la participation de
Association Artistique Alexandre Roubtzoff
Fondation Talan
Kamel Lazaar Fondation
BIAT, la passion du cinéma avec vous


Mehdi Douss : restaurateur à Moscou - collectionneur de tableaux d'Alexandre Roubtzoff

Où sont passés les électeurs de BCE ?




La Tunisie est à la dérive depuis bientôt 10 ans et les responsables sont clairement identifiés : Ghannouchi et ses Frères musulmans. Pourtant de tous les partis, seul le PDL et sa présidente ont fait le bon diagnostic (loi électorale, système bâtard entre présidentiel et parlementaire …) et proposent des solutions concrètes pour sauver ce que les destouriens ont construit patiemment depuis 100 ans ! Mais bizarrement, beaucoup de progressistes qui avaient plébiscité Béji Caid Essebsi, rechignent à soutenir Abir Moussi et son parti. Pourquoi ?
R.B
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Je voudrai faire part d’un paradoxe de la vie politique tunisienne que je n’arrive pas à élucider. Sur la toile et dans les réseaux sociaux, je constate que beaucoup de Tunisiens émettent des critiques, quelques fois virulentes, contre les islamistes, contre Ghannouchi et sa bande dont ils constatent, chaque jour, les méfaits pour le pays.
Je constate, par ailleurs, que seul un parti le PDL et sa présidente Madame Abir Moussi s’élèvent contre les islamistes et critiquent, arguments à l’appui, cette secte malfaisante.


Or, si ce parti et sa présidente montent indiscutablement dans la confiance des Tunisiens, il reste tout de même une quantité de personnes qui critiquent, usant toujours d’ailleurs de la même rengaine : " elle a fait partie du RCD ! ".



Disons d’abord que si cette dame avait la moindre chose à se reprocher, la moindre corruption, la moindre irrégularité, cela n’aurait pas manqué d’apparaître tant sa vie est scrutée de toutes parts et que ses adversaires s'en seraient faits, l'écho. 

Il est clair qu’elle n’a strictement rien à se reprocher.

Alors pourquoi encore des réticences alors qu’elle est clairement la seule qui pourrait unifier les Tunisiens dans une action claire et déterminée contre l’islamisme politique ?
Tel est le paradoxe que je n’arrive pas à comprendre.

Je crois qu’en dernière analyse, ce problème vient de ce que les Tunisiens, malgré leurs discours, ne sont pas pour que les femmes soient égales des hommes et qu’elles puissent, dans ce cas, diriger un pays.

La contre épreuve de cette analyse, tient au fait que lorsque M. Beji Caïd Essebsi fit campagne électorale en ayant, à l’égard des islamistes, exactement le même discours que Abir Moussi, il réunit derrière lui et derrière cette position une très grande majorité, essentiellement de femmes; avant qu'il ne les trahisse.

Si Abir Moussi qui tient le même discours avec courage, clarté et fermeté n’arrive pas à réunir pour le moment cette très grande majorité de Tunisiens, je crois hélas, que c’est à cause du machisme de ce peuple qui, malgré des discours superficiels de progrès et d’égalité, est encore dans le vieux schéma conservateur qui écarte les femmes. Ces mêmes progressistes étaient souvent aux abonnés absents lorsque BCE projetait l'égalité dans l'héritage entre fille et garçon.

Le pire c'est qu'il n'y a pas que les hommes qui sont dans cette posture; puisque les femmes aussi la critiquent. Mais celles-là, par jalousie féminine, je suppose.

Je ne vois vraiment que ces deux explications. Et elles me désolent.

Texte revu par Rachid Barnat

Les révolutionnaires de la 25 éme heure ...


Le 14 janvier 2011, les Tunisiens ont dégagé Ben Ali et sa belle-famille, pour en finir avec la dictature et le régime policier installé par le premier policier du pays et mettre un terme au népotisme et à la corruption qui gangrenaient tout le pays.
Mal leur a pris ! En dégageant Ali Baba et ses quarante voleurs, ils se retrouvent avec un nouvel Ali Baba et ses milliers de voleurs en la personne de Ghannouchi et de ses Frères musulmans, plus nuisibles encore pour le pays.
Ces révolutionnaires de la 25éme heure, sont rentrés de leur exil doré pour chevaucher une révolution à laquelle ils n'avaient pas participée. 
Et pour cause; puisque c'est leur patron l'émir du Qatar qui a fait le coup d'Etat pour chasser Ben Ali et les installer au pouvoir !
Or depuis, ils ne cessent de jouer les héros et de bénir la "révolution" ( "thawra moubaraka ") qu'ils fêtent tel un mariage (" O'rs ") et faire pleurer dans les chaumières sur le sort que leur avaient réservés Bourguiba & Ben Ali durant leur prétendu militantisme dont le but non avoué, était de ramener la Tunisie au statut de colonisée ! 
Militantisme soit dit en passant, qu'ils ont eu le culot de monnayer aux Tunisiens et de le leur faire payer alors qu'ils ne leur demandaient rien ! Une sorte de razzia sur la Tunisie qu'ils considèrent comme butin de guerre.
Et de fait, les Tunisiens réalisent en 10 ans de pouvoir de Ghannouchi, combien les Frères musulmans et leurs alliés arabistes sont dangereux pour la Nation tunisienne et la République, voulues et créées par les Destouriens !
R.B
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Ali Gannoun

À l’époque de Bourguiba et de Ben Ali, je ne posais pas de bombes pour tuer des innocents !

" Ekhi fine kountou fi wakt Bourguiba wezzine ? ". ( « Où étiez-vous du temps de Bourguiba et de Ben Ali ? »).
C’est la question récurrente des révolutionnes de la 25ème heure, qui devient de plus en plus grotesque; et par laquelle ils pensent nous intimider en se donnant le beau rôle.

J’aimerais une fois pour toute répondre à ces drolatiques de la politique, ces opportunistes téléguidés par l'émir du Qatar et par Erdogan !

Eh ben, à l’époque de Bourguiba et de Ben Ali, j’étais à l’école ou au travail. J'’apprenais à réussir dans la vie et à être citoyen intègre et utile.
Je ne complotais pas contre mon pays.
Je dénonçais les inégalités, et j'étais pour le respect de la loi.
Je ne cherchais pas à renverser le gouvernement en posant des bombes et en mutilant de mes concitoyens.
J’ai pas fui mon pays pour faire alliance avec ceux qui cherchent à le détruire.
Je n’ai pas utilisé l’argent des organismes internationaux et des associations douteuses, pour m’enrichir et financer des terroristes qui complotent contre mon pays.

A l’époque de Bourguiba et de Ben Ali, j’ai appris le sens du travail, du partage et de la solidarité.
Je me suis occupé des miens.
J’ai aidé chaque fois que j’ai pu le faire et j'ai essayé de progresser chaque fois que j’avais besoin et que j'en avais les moyens.

A l’époque de Bourguiba et de Ben Ali, j’allais prier Allah dans les mosquées.
Je n'utilisais pas les mosquées pour préparer des attentats contre mon pays ou pour monter les Tunisiens les uns contre les autres.
Je ne vais pas demander aux révolutionnaires de la 25ème heure, ceux qui se disent " fi halet waa'y " ( en état d'éveil ) aux barbes de circonstance, ce qu’ils faisaient pendant la période de Bourguiba et de Ben Ali car ces hypocrites, ces charlatans, ces marchands du Temple ne sont pas une référence d’honnêteté, ni d’intégrité morale !
Car ces salauds d’hier sont bien les connards d’aujourd’hui, qui ne dupent plus personne même avec un coran dans chaque main et une "sebha" (chapelet) autour du cou.

Enfin, pendant la période de Bourguiba et de Ben Ali, je me suis construit dans la légalité, le travail et l’abnégation.
J’ai participé à la construction de mon pays que ces oiseaux de mauvais augure, détruisent aujourd'hui !

Texte revu par Rachid Barnat


lundi 13 avril 2020

L'hommage du Pr Talbi à Bourguiba

Bourguiba n'avait jamais confondu la politique de la France avec la culture française. C'est pourquoi il n'avait aucun complexe vis à vis des Français. Ce qu'il a su transmettre aux Tunisiens, en leur inculquant une double culture : celle des Arabes, leurs premiers colonisateurs mais celle des Français, leurs derniers colonisateurs; puisant dans les deux, le meilleur pour la Tunisie ! Contrairement aux complexés de l'Histoire qui se veulent plus arabes que les Arabes d'Arabie.
R.B
Les 50 qui font la nouvelle Tunisie : Mohamed Talbi, la modernité ...
Mohamed TALBI 

LA MORT DU LOUP *

Qui, parmi les Tunisiens de ma génération, n’a connu Bourguiba, ne l’a approché, n’a subi son pouvoir de fascination ? Il se voulait le « Combattant suprême ». Ce titre, qu’il préférait à tout autre, il ne l’avait pas volé. C’est un acquis que l’Histoire ne lui contestera jamais. Ses qualités et ses défauts étaient ceux des hommes d’exception. L’Histoire, à laquelle il appartient désormais, avec son actif et son passif, évaluera. 

Le témoin que je suis ne retiendra que l’actif, au moment où la Tunisie tout entière porte avec émotion, reconnaissance et piété le deuil de son libérateur.

Bourguiba aura dominé de sa forte stature tout un siècle, plus quatre mois et huit jours, durant lequel il a fait la Tunisie moderne. Cela suffit à sa gloire ! Puisse le siècle hégirien qu’il a quitté en son aurore être celui de quelque chose qu’il n’a pas pu faire, eu égard à son tempérament, celui de la démocratisation.

Le jeune militant Bourguiba, tous ceux qui l’avaient approché peuvent en témoigner, avait un tempérament cassant, tyrannique, qui ne le préparait guère à la démocratie. Il aimait donner des ordres et se faire obéir. Il avait une personnalité forte, si forte qu’il ne souffrait pas la contradiction, dans ce qui lui paraissait une évidence, et il est vrai que l’expérience lui a souvent donné raison contre ses contradicteurs.

Inflexible, il ne fléchissait jamais, quand bien même ses compagnons se laissaient gagner par la faiblesse : il était du bois dont sont faits les chefs. Ses célèbres accès de colère l’ont accompagné toute sa vie. Son avant-dernier Premier ministre, Rachid Sfar, fils de l’un de ses plus anciens compagnons de route, fut le dernier à en faire l’expérience. Sa démission ouvrit la voie à sa destitution pour raison de santé, certificat médical à l’appui. Bourguiba, malade et visiblement diminué, avait tragiquement, lui si lucide jadis, manqué de clairvoyance.

L’actif de Bourguiba est imposant. Il prit les décisions capitales dont la Tunisie a récolté et continue de récolter, les bénéfices ; la généralisation de l’enseignement qui a abouti à la scolarisation pour tous, atout majeur qui permet déjà à la Tunisie de figurer parmi les rares pays émergents; un statut personnel qui met la Tunisienne au même niveau d’émancipation et de liberté que l’Occidentale, et lui ouvre l’accès à tous les emplois, où elle est déjà fortement présente; un planning familial qui a assuré à la Tunisie un taux de croissance optimal de 2,1 %, comparable aux taux européens, atteint en un temps record.

Bourguiba a bien mérité de la patrie. Incorruptible, il part propre. Cela, l’Histoire, ne l’oubliera jamais ! Bourguiba passera à la postérité comme le seul dirigeant arabe qui n’a jamais possédé un sou à lui. Il s’identifiait à la Tunisie, il lui appartenait, il l’avait servie sans jamais s’en servir. C’est cela qui fait la différence.

Chef d’Etat d’envergure et conscient de ses responsabilités, il eut l’occasion d’en administrer souvent la preuve avec éclat, quelquefois avec fracas, comme à Ariha (Jéricho)

Son combat pour l’indépendance, il le mena sans haine pour la France, où il cherchait plutôt des alliés, avec succès. Certains devinrent pour lui des amis. Le plus illustre d’entre eux fut Mendes France, dont la photo ne quitte jamais son bureau. 

Un jour, je n’étais pas le seul, je l’ai entendu parler avec admiration de son juge français, qui avait ordonné qu’on lui enlevât les menottes par respect de la dignité humaine. Il ne l’a jamais oublié.

Bourguiba ne fut pas seulement un grand homme d’Etat, mais aussi, on le sait moins, un humaniste. Il aimait surtout la poésie : renouant avec une tradition des cours arabes, il prit l’habitude d’organiser des joutes littéraires en son honneur. Il aimait particulièrement la poésie épique, surtout lorsqu’elle est laudative et immortalise la gloire des grands hommes de l’histoire arabe. Il avait une profonde admiration pour le célèbre poète médiéval Al-Moutanabbi et rêvait d’avoir « le sien ». Il avait cru le trouver dans Ahmed Loghmani, un moment porté aux nues, puis frappé de disgrâce. Tel fut toujours, en terre arabe, le sort des poètes de cour. Bourguiba n’a pas failli à la tradition.

Il avait la même admiration pour la culture française, dont il était, dans une large mesure, le produit. Il vouait un véritable culte, le mot n’est pas trop fort, au père du positivisme, Auguste Conte, dont il appréciait le rationalisme rigoureux. 
Il adorait aussi la poésie française et avait une préférence pour les grands ténors du souffle épique, dont il connaissait par cœur de longues tirades. 
Mais il admirait surtout Alfred de Vigny. Combien de fois l’ai-je entendu déclamer avec talent La mort du loup, en mettant l’accent sur le dernier vers : « Comme moi, souffre et meurs sans parler ». On ne peut pas voir là une prémonition.


Pour les Frères musulmans, l'islam est la solution




Hassan el Banna nourri de soufisme dans son enfance et sa pré-adolescence, va très vite s'en écarter pour se radicaliser en adoptant le wahhabisme et sa violence. Et depuis, les Frères musulmans sont en guerre contre le soufisme. Le terrorisme deviendra leur culture "politique" en multipliant les assassinats de leurs opposants et en saccageant et vandalisant les mausolées des saints du soufisme. Chokri Belaid, Sidi Bou Said et Lella Mannoubia furent leurs premières victimes en Tunisie, après la « révolution » du 14.01.2011.
R.B
«L'islam est la solution», revendiquent les Frères musulmans
Fondée en 1928 par Hassan el Banna, né en 1906 à Mouhammadia, la Confrérie des Frères musulmans prône avec vigueur le retour à la tradition coranique, sans aucune influence occidentale. Son mot d'ordre est : « Notre idéal, c'est Dieu. Notre leader, c'est le Prophète. Notre constitution, c'est le Coran ». 
Une profession de foi à rapprocher du slogan de la Confrérie lors des élections législatives qui se résumait en une seule phrase : « L'islam est la solution ».

Hassan el Banna dont le père est «cadi» (notaire religieux) reçoit une solide éducation religieuse qu'il complétera dans une école coranique. Il se fait remarquer par une mémoire prodigieuse et une vive intelligence et dès le secondaire, il adhère à une secte religieuse dont il deviendra rapidement le chef. Son mysticisme sera renforcé par la découverte du « dhikr », sorte de balancement rythmé par la répétition de la même phrase, « Il n'y de Dieu que Dieu » (« La ilaha illalah ») et il se lance en même temps dans la lecture de livres spirituels. Le soufisme l'attire tout particulièrement, qui engage à une vie simple et dépouillée.

A treize ans, il devient secrétaire de la Société «Hassafiya pour la charité» qui lutte pour «la préservation de la moralité islamique», tout en combattant le travail des missionnaires chrétiens. Ce groupe sera le précurseur de la Confrérie. Toujours sensible au soufisme, il lit tous les textes en rapport avec ce courant religieux mais également des biographies du Prophète et autres légendes épiques rapportant les hauts faits de la défense de la terre égyptienne. C'est alors que se fait la symbiose entre spiritualité et courant patriotique et que le slogan «L'Egypte aux Égyptiens» devient un de ses credos.

« Notre constitution, c'est le coran »

Hassan el Banna se rend dans la ville d'Ismailia, ce qui le conforte dans son rejet de ce qu'il appelle la «corruption occidentale». C'est dans cette ville, occupée par les troupes anglaises, que se trouve le siège de la société du Canal de Suez. Son premier objectif sera de recruter de nouveaux membres. En 1938, devenu le guide suprême, Hassan el Banna fixe trois objectifs à la Confrérie: islamiser le peuple égyptien; ensuite mettre en place une administration solide et pour finir, créer une branche terroriste.

La guerre éclate et le premier ministre Ali Maher refuse, secondé en cela par le roi Farouk, de déclarer la guerre aux forces de l'axe, Allemagne et Italie. Fureur des Anglais qui parviennent à circonvenir le roi qui se sépare de son premier ministre. Cependant le 24 février 1945, avec «retard», l'Egypte, avec l'aval de son Parlement et après une longue plaidoirie de Ali Maher revenu aux affaires comme premier ministre, déclare la guerre aux forces de l'axe dont la défaite est devenue inévitable. Après cette séance épuisante, Ali Maher se rend à la buvette du Parlement; un jeune homme se dirige vers lui et tire à bout portant le blessant mortellement. C'est le premier attentat spectaculaire des Frères musulmans sans que les responsables égyptiens en soupçonnent la provenance. S'en suivront bien d'autres, dont celui de Nokrachy Pacha qui, réalisant l'existence de la branche armée, dissout la Confrérie en confisquant tous ses biens. Ce sera son arrêt de mort.

En 1951, une loi sur les associations permet aux Frères musulmans de reprendre leurs activités «religieuses et sociales» mais ils dirigent à présent leur sabotage vers les troupes anglaises, rencontrant en cela une approbation tacite des officiers libres qui, en juillet 1953, seront les premiers, en tenant dans l'ignorance la Confrérie, à prendre le pouvoir.

Très vite, les relations avec les nouveaux dirigeants se dégradent et en octobre 1954, le président Nasser échappe de peu à un attentat à Alexandrie. Mise en scène délibérée du nouveau Raïs? Beaucoup le pensent car, avec cet «attentat», Nasser fait coup double. Cela lui permet de faire arrêter le guide suprême, al Hodeiby, qui a succédé à al Banna, mort assassiné en février 1949 en même temps qu'un millier de membres, et cela lui donne une aura qui lui faisait défaut auprès du peuple égyptien. A partir de cette date, ils seront poursuivis, torturés, emprisonnés et beaucoup seront exécutés. Il faudra attendre l'avènement de Anouar el Sadate en 1970 pour voir apparaître à nouveaux les Frères musulmans qu'il a sortis des prisons. Leur credo sera l'action sociale et leurs activités auprès des populations les rendront de plus en plus populaires.

Si la Confrérie ne fait plus parler d'elle pour ses activités terroristes, son influence idéologique est très présente et pas seulement en Egypte...

dimanche 12 avril 2020

BOURGUIBA, LE RÉVOLUTIONNAIRE

" Si la Tunisie devait connaître des jours sombres après ma mort, ce
serait la faute de ses enfants et de personne d'autre ".
Habib Bourguiba
Les 68 meilleures images de Habib Bourguiba | Tunisie drapeau ...
Bourguiba était-il révolutionnaire ?
Bourguiba était-il de gauche ?

A chaque anniversaire de naissance ou de décès de Bourguiba, c'est toujours la même litanie de griefs envers cet homme de la part de ses ennemis et ennemis de la Nation Tunisienne. Certains en sont encore à douter que Bourguiba était un révolutionnaire !

Pour rafraîchir la mémoire à ses détracteurs, du moins ceux qui sont de bonne foi pour ne l'avoir pas connu, il faut rappeler encore et encore ce que les Tunisiens doivent à cet homme.

Les prétendus révolutionnaires qui ont profité du coup d'Etat du 14 janvier 2011 pour chevaucher une "révolution" à laquelle ils n'avaient même pas participée, prétendent défendre les pauvres ! Ils se sont avérés aussi cupides qu'avides que les corrompus dégagés par les Tunisiens; comme il s'est avéré que les Tunisiens, et particulièrement les pauvres, sont le dernier de leurs soucis ! Quant à leur militantisme, qu'ils portent en sautoir au point de le monnayer aux Tunisiens, il ne dupe personne : ils sont les marionnettes de l'émir du Qatar qui les a placés au pouvoir après en avoir chassé Ben Ali.

Car c'est par ses réalisations, qu'on peut juger l'homme politique et apprécier ce pour quoi il milite !

Bourguiba était un authentique révolutionnaire de gauche :
- La pauvreté et les maladies sévissaient dans tout le pays à l'indépendance de la Tunisie. C'est lui qui avait assuré aux Tunisiens des soins gratuits. 
- C'est lui qui avait généralisé l'éducation, devenue gratuite et obligatoire pour tous les enfants du pays, filles et garçons. 
- C'est lui qui avait consacré le plus gros du budget de l'Etat à l'éducation. Il en avait consacré le 1/4 pour l'éducation national, ce qui était un fait unique dans les pays du Tiers-Monde et particulièrement dans les pays dits "arabo-musulmans" ! C'est dire son désir réel d'instruire les Tunisiens pour bâtir une nation moderne. 
- C'est lui qui a supprimé les privilèges féodaux. En privant la classe possédante du monopole de l’autorité religieuse, il a fait de l’éducation pour tous le pilier central de son régime réformiste et le vecteur principal de la mobilité sociale. 
- C'est lui qui avait mis fin au tribalisme, qui ensanglantait régulièrement les régions défavorisées du pays.
- C'est lui qui avait multiplié les compagnes de vaccination obligatoires.
- C'est lui qui avait multiplié les compagnes d’hygiènes contre les poux et contre la gale, endémiques avant l'indépendance. 
- C'est lui qui avait fait sillonner tout le pays par des campagnes du planning familial, pour apprendre aux femmes à maîtriser leur reproduction, leur accordant le droit à l'avortement et celui d'utiliser les contraceptifs; pour maîtriser la démographie dans la nouvelle République.
- C'est lui qui avait fait éradiquer de nombreuses maladies endémiques en Tunisie, dont le trachome qui faisait des ravages.
- C'est lui qui avait fait construire dans toutes les régions de la Tunisie, des écoles et des dispensaires. 
- C'est lui qui avait fait construire des universités et des hôpitaux.
- C'est lui qui avait donné leur chance aux femmes et aux enfants pauvres d'être soignés et éduqués gratuitement.
- C'est lui qui avait accordé des bourses d'études aux enfants de familles pauvres, toutes régions confondues; en leur accordant la possibilité de poursuivre leurs études supérieures à l'étranger, dans les meilleures universités et dans les grandes écoles.
- C'est lui qui avait libéré la femme du joug des hommes en proclamant le CSP.
- C'est lui qui avait instauré le planning familial.
- C'est lui qui avait accordé l'IVG (interruption volontaire de la grossesse) aux femmes, leur accordant la maîtrise de le corps et de leur ventre, devançant en cela la France !
Simone Veil & Bourguiba, mère et père de l'IVG dans leur pays respectif.

Et la liste est longue pour énumérer ce qu'il avait fait pour son pays ainsi que pour les pauvres, lui l'enfant pauvre issu d'une famille pauvre !

Bourguiba était-il révolutionnaire ? Oui dans le sens noble du terme; puisqu'il avait œuvré pour le bien de son peuple ! Il reste le seul révolutionnaire ayant marqué de son empreinte et de son génie politique, l’histoire moderne de la Tunisie.

Bourguiba était-il de gauche ? Assurément, oui; puisqu’il était socialiste réfutant et combattant le communisme, l'autre gauche nuisible aux peuples et dangereuse pour la Nation Tunisienne. Et l'Histoire lui a donné raison avec la chute du mur de Berlin.
Bourguiba était un authentique militant, qui a sacrifié sa jeunesse pour libérer son pays et émanciper son peuple.

Contrairement à beaucoup de pays nouvellement indépendants, dont les chefs ne se sont occupés que des villes et des familles aisées, délaissant les populations du pays profond, aux conditions souvent moyenâgeuses dans lesquelles elles étaient avant la colonisation et durant la colonisation ! Comme l'Egypte, l'Afghanistan, l'Algérie ... qui sont toujours empêtrés dans les problèmes qu'ils n'ont pas finis de régler, du fait de politiques prétendument révolutionnaires mais souvent utopiques : arabisme, islamisme et communisme, essentiellement !

Ceux-là mêmes qui le critiquent aujourd'hui, aux idéologies dangereuses (islamisme, arabisme, communisme), venant pour la plupart de l'intérieur du pays, issus souvent de familles pauvres, lui doivent leur instruction et leur diplôme ! Mais l'ingratitude des hommes ...
Ceux-là, qu'ont-ils fait ou sacrifié pour leur pays ? Rien ! Et pour quel objectif, sinon celui de ramener la Tunisie au statut de colonisée ! 
Autrement, que de la parlote "révolutionnaire" de salon ... de plateaux TV, en studios des radios, pour berner les Tunisiens et leur cacher leur véritable objectif : s'enrichir à leurs dépens, depuis qu'ils ont démocratisé la corruption après le 14 janvier 2011 !

Si Bourguiba avait libéré la Tunisie de son colonisateur et bâtit la nouvelle République; Ghannouchi, lui cherche à ramener la Tunisie au stade de colonisée. Et pour cela, en moins de dix ans, il a méthodiquement détruit toutes les institutions et tous les rouages de la République. 
D'ailleurs comment pourrait-il en être autrement, quand on sait que l'unique programme des Frères musulmans est la restauration de la chariaace corpus de lois édictées sous les premiers califes/compagnons du prophète, c'est à dire durant le premier siècle de l'hégire et que sacralisent les islamistes ! 
Ce qui faisait dire à Bourguiba que 14 siècles le séparent des Frères musulmans ! Leur slogan, n'était-il pas : " L'islam, est la solution " ? ! 

Ce qui différencie Bourguiba et les destouriens de Ghannouchi et ses Frères musulmans, c'est que les premiers sont pétris de patriotisme et jaloux de l'indépendance de la Tunisie contrairement aux seconds qui confondent le mercenariat avec le militantisme, qui n'ont ni foi ni loi, sinon celles de l'argent-roi; et qui se fichent des Tunisiens et de la Tunisie dont ils bradent la souveraineté au plus offrant !

Ces prétendus révolutionnaires, prétendent tous défendre les pauvres ! Or les pauvres se sont plus appauvris qu'ils ne l'étaient avant la fumeuse révolution. Quant aux classes moyennes, elles sont devenues pauvres depuis ! 

Pourtant Ghannouchi et ses Frères musulmans n'ont cessé de répéter à qui veut les entendre, qu'ils sont pauvres au service des pauvres ! Mais très vite les Tunisiens ont découvert la fortune des leaders islamistes dont celle de Ghannouchi qui les interpelle quant à son origine. 
Et qu'ont-ils fait pour les pauvres à part les actions caritatives d'assistanat, durant les périodes électorales ? RIEN !  Bien au contraire, ils ont vidé les caisses de l'Etat, ruiné les Tunisiens en vidant jusque leurs caisses de retraite.
Par leur gestion calamiteuse, les marchands du Temple sont à l'origine de la dégradation de la qualité de vie de millions de Tunisiens et de la cherté de la vie; puisque même le dinar ne vaut plus grand chose ...

Par populisme, ils croient pouvoir se faire une place en Tunisie en salissant la mémoire de Bourguiba ! Mais ils découvrent que Bourguiba fait partie de la mémoire collective et qu'il est indéboulonnable malgré tous les reproches qu'on peut lui faire, l'homme n'étant pas parfait. Et depuis, ils tentent de le "récupérer", populisme et électoralisme obligent !

En 10 ans de gesticulation "révolutionnaire", les Tunisiens découvrent la réalité de ces prétendus révolutionnaires islamistes & arabistes qui les gouvernent : des malfrats, aussi cupides que stupides, avec une corruption inégalée ... instrumentalisant la pauvreté, l’ignorance, l'obscurantisme véhiculé par le wahhabisme qu'ils diffusent de façon agressive, pour asseoir leur pouvoir, pour s'enrichir !

Et le pire, est que les Frères musulmans d'Ennahdha veulent réécrire l'Histoire de la Tunisie moderne, pour se donner le beau rôle ! Ils ont mis à contribution la télévision nationale Watania 1, chargée de diffuser cette histoire officielle; faisant appel à de prétendus historiens pour minimiser l'action des résistants et militants destouriens dans la libération de la Tunisie; s'ils ne dénigraient pas leurs leaders destouriens; et en premier Bourguiba.
Ces historiens à la mémoire courte, veulent nous présenter Ghannouchi comme un authentique militant qui a sacrifié sa vie pour les Tunisiens, lui qui considère la Tunisienne comme un pot de chambre, bonne à violer, à lacérer et à vitrioler; et considère la Tunisie comme un butin de guerre, bonne à razzier !

Heureusement que les Tunisiens ne sont plus dupes de ces faussaires de l'histoire !

Ils savent ce qu'ils doivent aux destouriens et ils ont vu en quoi réside le prétendu militantisme de Ghannouchi :
- à détruire tout ce que les destouriens avaient patiemment construit, et
- à ramener la Tunisie au statut de colonisée, la vendant à ses sponsors Erdogan & l'émir du Qatar !!

Vivement la Troisième République !!!

Rachid Barnat

Habib Bourguiba