dimanche 15 novembre 2020

L'Islam, comme les autres religions, est fait par et pour les hommes du pouvoir ...


Si les pétromonarques diffusent le wahhabisme et l'obscurantisme qu'il véhicule, c'est à dessein : un peuple inculte et ignorant, est plus facile à dominer en jouant de sa foi naïve, qu'un peuple éclairé et instruit ! 
Ils ne font que reprendre une stratégie pour prendre le pouvoir et le conserver et qui a réussi à bien d'autres monarques avant eux, comme les pharaons, les empereurs romains, les rois catholiques, les califes ... 
Sauf que le wahhabisme est plus pernicieux et plus violents !
A quand un examen rigoureux et scientifique de l'Islam ? Ce que tentait de faire, entre autres historiens, le professeur Mohamed Arkoun; dans l'espoir de clarifier cette religion décrétée intouchable par les obscurantistes et rattraper leur retard civilisationnel aux peuples dits "arabo-musulmans", pour rejoindre les catholiques et les juifs qui ont déjà fait l'aggiornamento de leurs religions respectives; ... et pour cause !

Yves Montenay

Les nouvelles technologies bousculent l’histoire de l’islam

L’histoire de l’islam est ressentie comme certaine et bien connue, au moins pour les croyants. Cette histoire est officielle, et y toucher est ressenti comme blasphématoire, donc puni de mort dans beaucoup de pays musulmans. Elle est néanmoins remise en cause par certains universitaires, soutenus par les avancées de l’intelligence artificielle. Yves Montenay est intervenu sur le contenu de cet article dans l’émission « Il était une fois… » du 10 juillet 2020 présentée par Patrick Simon « Quand les nouvelles technologies bouleversent l’histoire des religions » sur Radio Courtoisie.

Pourquoi l’histoire de l’islam est-elle si importante ?

Le débat sur l’origine des textes saints de l’islam est aussi ancien que cette religion, mais il a rebondi récemment du fait de nouvelles technologies permettant une analyse massive des textes des septième, huitième et neuvième siècles.

Ce débat est important, non seulement parce que c’est l’occasion d’un progrès de la connaissance historique, mais aussi parce que l’islam est soumis à la pression de courants, notamment salafistes, qui poussent au retour « aux fondements de la religion », « au mode de vie du prophète » etc.

Ces courants sont soutenus notamment par la puissante propagande saoudienne et mettent en péril les régimes politiques des pays musulmans « normaux » comme le Sénégal, l’Indonésie et bien d’autres. Or si ces fondements, notamment la vie du prophète, sont remis en question, ce « retour aux sources » vide de son sens l’argumentation des activistes.

Une autre raison de l’intérêt de ce débat est l’apparition de groupes de musulmans et d’ex musulmans modernistes, agnostiques ou athées, tant dans les pays plus ou moins laïques (l’Occident mais aussi l’Inde et bien d’autres), que dans les pays officiellement musulmans.

Ces groupes font face à une forte pression sociale, familiale ou politique, et ont besoin de pouvoir s’appuyer sur des arguments leur donnant une certaine liberté intellectuelle.

Dans cet article, je vais d’abord exposer les nouvelles technologies qui permettent ces analyses historiques.

Je rappellerai ensuite l’histoire officielle à laquelle adhèrent aujourd’hui la quasi-totalité de ceux qui connaissent l’islam, qu’ils soient musulmans ou non.

Enfin, j’exposerai les conclusions des divers courants intellectuels qui ont analysé cette période.

Un nouvel outil d’analyse historique : l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est en train de bousculer l’histoire de la naissance de l’islam car elle permet de brasser une énorme quantité de documents.

On peut ainsi par exemple dater la naissance de telle idée en analysant les langues en usage à l’époque et leur évolution dans le temps.

On peut également rapprocher des formulations très dispersées entre les régions du Moyen-Orient et leurs diverses langues et religions, ce qu’un chercheur érudit n’a pas le temps de faire même en y consacrant toute sa vie.

Pensez par exemple à la production des multiples évêchés concurrents des chrétiens de ces 3 siècles qui ont vu s’installer la domination arabe. En effet, le Moyen-Orient, Arabie comprise, était à l’époque largement chrétien et par ailleurs parsemé de communautés juives.

L’histoire officielle de l’islam

Cette histoire s’appuie sur le Coran « dicté par Dieu à Mohammad », la Sira, biographie décrivant la vie de Mohammad, et les hadiths, transmission orale des paroles de Mohammad, transmises de bouche-à-oreille pendant des générations avant d’être couchées par écrit.

Ce sont évidemment ces derniers, les hadiths, qui sont considérés par tous, musulmans compris, comme la source la moins sûre et un tri a été fait par des érudits persans qui ont éliminé la plupart du million et demi (!) d’hadiths et classé les milliers restant en plus ou moins certains.

Le Coran lui-même est traditionnellement divisé en sourates, ensembles de versets du Coran, « mecquoises » et « médinoises ».

- Les sourates « mecquoises » ont été reçues de Dieu alors que Mohammad était le mari d’une riche bourgeoise de la Mecque et pouvait se recueillir dans le désert.

Leur contenu est plutôt religieux avec, pour commencer, la proclamation d’un Dieu unique, par opposition aux idoles et à la Trinité.

- Par contre les sourates « médinoises » ont été reçues à l’époque où Mohammad, veuf et exilé, était devenu le chef d’une communauté basée à Médine.

Elles énoncent donc des règles concrètes de la vie sociale (les rapports avec les autres groupes, juifs notamment, des règles juridiques avec le témoignage, l’héritage etc.)

Je ne vais pas traiter ici du contenu religieux ou juridique du Coran, qui est d’ailleurs difficile à comprendre du fait de sa langue archaïque, de ses allusions imprécises et de ses paraboles. Par exemple les exégètes sont souvent en désaccord sur la nature des ennemis dénoncés (chrétiens ? idolâtres ? tribu ennemie ?), ambiguïtés qui apparaissent lors des traductions.

Je vais ici seulement évoquer l’imprégnation du monde musulman et de la plupart de ses observateurs par cette histoire officielle.

Son ancrage profond dans les esprits

L’imprégnation des esprits commence en général au début de l’enseignement primaire ou dans les écoles coraniques. L’apprentissage des lettres arabes s’y fait souvent à partir du début du Coran, que les enfants mémorisent donc sans le comprendre, ce qui en fait une référence commune profondément ancrée.

Cette histoire officielle précise que le Coran a été rédigé en 647 soit 15 ans après la mort de Mohammad sur la base des souvenirs ou des notes rassemblées par les fidèles sous le contrôle du calife Othman.

La vie officielle de Mohammad est également enseignée à partir de la Sîra.

L’aspect hagiographique et légendaire de ce texte saute aux yeux des non-musulmans, mais pour le croyant de base, c’est « la vérité tout court ». Toute histoire alternative est évidemment considérée comme une atteinte à la religion, voire comme un blasphème puni de mort dans de nombreux pays.

Entre un Coran difficilement compréhensible, une Sira légendaire (pas plus que la Bible, diront certains) et des hadiths souvent douteux, le musulman « de base » ne connaît donc finalement de sa propre religion que ce qui lui vient du pouvoir politique, via les programmes scolaires ou via les instructions données aux imams.

Aujourd’hui, cette connaissance est complétée, ou déformée, par des télévangélistes en général dépendant de l’Arabie, donc wahhabites.

D’où finalement une vue traditionaliste à des degrés très divers selon les pays, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique subsaharienne étant plus « modérés », pour diverses raisons, dont leur ignorance de langue arabe.

Leurs gouvernements sont en général éloignés du wahhabisme… sauf intérêt financier ou pression des activistes.

Les discussions universitaires relatives à l’origine de l’islam

Passons maintenant aux discussions universitaires relatives à l’origine de ces textes fondateurs et donc de l’islam.

Voici le premier courant intellectuel de ces analystes modernes de l’histoire.

Des historiens musulmans « sérieux mais prudents »

Je laisse de côté l’énorme littérature traditionnelle et souvent hagiographique dont les auteurs se hérissent face à la simple possibilité d’analyser les écritures traditionnelles et surtout celle du Coran.

Parlons plutôt de l’avis des historiens musulmans qui prennent acte d’invraisemblances ou d’inexactitudes dans les textes traditionnels, mais pour qui cela ne remet pas en cause les fondements de la religion… pas plus que la partie légendaire et non fondée historiquement de la Bible ne remet en cause la foi des juifs et des chrétiens.

Un de leurs arguments est que « l’absence de preuves n’est pas la preuve de l’absence » et donc que tout ce qu’on ne peut pas vérifier historiquement dans la naissance de l’islam, n’est pas faux pour autant.

Prenons l’exemple de Rachid Benzine, islamologueet notamment auteur du livre « Finalement il y a quoi dans le Coran ? » (La Croix du 26 avril 2018). Cet article vise l’antisémitisme musulman, mais son conseil de faire une lecture critique du Coran est valable sur un plan général.

Sa réflexion peut être résumée par : « le Coran étant la parole de Dieu est applicable en tous lieux et à toutes les époques, mais pas avec la même lecture : les Arabes du VIIe siècle ne vivaient pas comme nous et il ne sert à rien de reprendre les problèmes d’alors ».

Bref il faut distinguer les grandes lignes de la foi des arguments et exemples qui étaient nécessaires pour convaincre des Arabes d’il y a bientôt 1500 ans.

Il termine par un appel aux imams : n’enfermez pas les fidèles dans un processus de victimisation mais apprenez-leur à lire le Coran d’un œil critique.

Cet auteur me paraît représentatif des réflexions qui traversent les communautés musulmanes des pays occidentaux, notamment la France, depuis les attentats de ces dernières années.

Les historiens chrétiens militants

Ce courant est composé d’historiens chrétiens militants qui ont trouvé dans les techniques modernes d’analyse des textes des éléments « confirmant » une idée très ancienne qui voit dans l’islam une déformation arabe du christianisme, déformation hérétique pour eux bien entendu.

En résumant très sommairement, on pourrait dire que l’islam est pour eux une adaptation de textes chrétiens visant à légitimer la domination arabe.

Un des livres résumant leur thèse est Le grand secret de l’islam.

Leurs critiques de l’histoire musulmane officielle rejoint celle du 3e courant dont je vais parler maintenant

Les historiens athées sceptiques

Dans ce contexte, et pour simplifier, j’appelle « athées » des historiens soit qui le sont vraiment, soit se conduisent comme tels en faisant primer l’étude rigoureuse des textes sur leurs convictions.

Ils estiment notamment qu’aucune religion ne peut historiquement prouver que ses textes fondateurs correspondent à une vérité historique, et donc qu’une partie des arguments soulevés contre l’histoire traditionnelle de l’islam par les chrétiens militants sont valables également contre le christianisme et le judaïsme.

Par exemple la date et les circonstances de l’écriture des Évangiles, l’absence de preuve de l’existence de Jésus etc. Mais ce n’est pas mon sujet ici.

S’agissant de l’analyse de l’histoire de l’islam, les courants intellectuels « chrétien militant » et « athée » remettent par exemple en cause l’existence de Mohammad.

Certains vont même jusqu’à dire que le mot « Mohammad » n’est pas un nom, mais un titre qui a été porté par plusieurs personnes et notamment par un conquérant arabe de Jérusalem vers 636, c’est-à-dire après la date de la mort du prophète dans la version traditionnelle.

Ce conquérant était allié à des « Nazaréens » (un courant judéo-chrétien qui a été actif plusieurs siècles), mais sa religion n’est pas précisée par les témoins alors que selon la tradition officielle il s’agit d’une conquête musulmane, nouvelle religion qui aurait du être remarquée.

Pour ces 2 courants intellectuels c’est donc un indice parmi beaucoup d’autres que, contrairement à l’histoire officielle, l’islam n’existait pas à cette époque..

Citons Pierre Bouvard, auteur de plusieurs textes sur le sujet : « Le constat le plus étonnant, surtout pour tout Musulman, est l’existence d’une majorité de textes témoignant des « débuts de l’Islam » qui ignorent le personnage du « Prophète Mohammad ».

Voici quelques-uns des autres indices relevés par ces 2 courants d’historiens : la description qui est faite de la Mecque dans le Coran ne correspond pas à cette ville, et les premières mosquées étaient tournées en direction de Jérusalem (ce qui d’ailleurs ne choque pas certains musulmans).

En résumé

En résumant très sommairement, disons que les deuxième et troisième courants intellectuels estiment que l’islam tel qu’il est enseigné aujourd’hui est une construction du 9è siècle des empereurs arabes cherchant à légitimer leur pouvoir sur les populations conquises.

Pour cela ils auraient intégré et rédigé des textes et des récits circulant à l’époque autour du christianisme et du judaïsme pour en tirer une nouvelle religion ainsi que le système juridique qui en découle et en inventant l’histoire officielle aujourd’hui enseignée pour légitimer la primauté arabe. Bref, de quoi déstabiliser les salafistes, les Frères musulmans et autres.

Parmi les multiples indices relevés, il y a ceux qui révèlent de grandes similitudes entre le Coran et des formules religieuses chrétiennes datant de périodes postérieures à la prédication officielle de Mohammad.

Quant au courant « musulman sérieux mais prudent », qui pourrait se diffuser sans drame, il aurait l’avantage de débarrasser l’islam de sa variante rétrograde et parfois violente.

Bien entendu, je ne peux pas entrer dans ces querelles d’érudits qui me dépassent et tiens juste à informer mes lecteurs de ce débat dont nous avons vu l’importance. Je tiens une bibliographie à la disposition des lecteurs qui s’intéresseraient au détail des arguments et contre arguments.

Point de vue géopolitique

Je rajoute une vue géopolitique : la formation massive d’étudiants dans les universités d’Arabie par une très généreuse distribution de bourses déstabilise les États «tranquillement » musulmans.

En rentrant au pays ils déclarent que son islam traditionnel n’est pas véritable islam, qu’il faut le remplacer par celui des origines, que l’arabe doit remplacer la langue locale et le français et que l’enseignement religieux doit remplacer l’enseignement occidental.

Bref la vulgarisation du débat sur les origines de l’islam pourrait être une arme puissante contre l’obscurantisme et sa dérive terroriste quel que soit le courant intellectuel qui finisse par l’emporter.

 

 


 

 

vendredi 13 novembre 2020

HOMMAGE AU Général De GAULLE

A l'occasion de l'hommage national au père de la 5éme République française disparu voilà 50 ans, mon hommage privé à cet homme auquel mon père Haj Boubaker Barnat, condamné à mort pour cause de résistance, devait d'avoir été gracié. Car qui mieux qu'un résistant pour comprendre un résistant qui luttait pour libérer son pays et recouvrer son indépendance.

De Gaulle était un visionnaire*, qui avait le génie de l'Histoire. Il avait aussi une vision précise de ce que devait être un État, comme il avait une certaine "idée de la France".

En interne comme en externe, il a tout fait pour redonner sa grandeur à la France. La libération de la France après l'occupation allemande et l'humiliante collaboration de Pétain, les Français la lui doivent. Les acquis sociaux, dont la sécurité sociale, les Français les lui doivent. Le droit de vote pour les femmes, les Françaises le lui doivent. La création puis la généralisation des collèges, les Français les lui doivent de même que les maisons de la culture, qui ont permis l'accès au savoir et à la culture des enfants des pauvres et de ceux des classes moyennes ...

Pour cela, il lui a fallu passer à la 5éme République pour en finir avec la 4éme et son régime des partis qui paralysait la France; puisque les 17 chefs des gouvernements qui se sont succédés, souvent à peine entrés en fonction, étaient otages** des partis; et impuissants, ils avaient fini par se plier aux jeux des partis ou par démissionner.

D'où son idée d'un régime présidentiel fort, le président tenant sa légitimité du suffrage universel, qui le met au-dessus des parlementaires qui eux sont des élus locaux, proposant au Parlement ses projets où ils seront discutés, amandés, votés ou rejetés par les partis ... le président ayant le dernier mot dans l'intérêt de la France, qu'il place toujours au-dessus *** de celui des partis.

Le Général de Gaulle a de suite compris le jeu machiavélique auquel s'adonnaient les américains : ils veulent détruire les empires coloniaux, plus particulièrement celui de la France, pour imposer leur impérialisme, ce néo-colonialisme. D'où l'aide intéressée apportée par les EU aux pays colonisés pour recouvrer leur indépendance, comme pour le FLN puis pour l'OAS en Algérie, qu'ils finançaient et infiltraient par leurs agents ...

Il a su imposer la France lors de l'armistice, à la fin de la 2éme guerre mondiale; alors que les américains voulaient l'écarter de la table des négociations ...

Il a compris que la fin de l'empire colonial français était inéluctable, comme il a admis qu'il faille accorder leur indépendance aux colonies françaises, après avoir vu les indigènes des colonies combattre pour libérer la France et espérer que la France en retour accorde à leurs pays colonisés, l'indépendance.

Ce qu'il n'admettait pas, c'est l'impérialisme des américains, qu'ils veulent étendre aux anciennes colonies françaises, jusqu'à la France elle-même.

Il a affirmé la souveraineté de la France en quittant l'OTAN dominée par les américains, en dégageant les bases militaires américaines installées en France et en poursuivant les essais nucléaires pour faire de la France une puissance nucléaire, possédant cette nouvelle arme dissuasive; conscient que si la France était impuissante face à Hitler, c'est parcequ'elle avait cumulé des retard dans les nouvelles technologies de guerre par rapport à l'Allemagne. Pourtant ce n'était pas faute d'avoir alerté ses supérieurs hiérarchiques de la nécessité de doter l'armée française de chars d'assaut ...

Il a tenu la dragée haute aux américains et dénoncé leurs politique impérialiste sans détours.

Sa méfiance vis à vis des américains et de leurs "alliés" anglais, était fondée. Et là aussi, l'Histoire lui donne raison. Le Général De Gaulle refusait l'entrée de la Grande Bretagne dans l'UE ! Car il savait qu'elle sera le cheval de Troie des américains.
Les américains ont tout fait pour empêcher que l'UE se fasse et devienne une puissance qui compte dans le monde nouveau d'après guerre. Et les anglais ont joué le jeu des américains pour mettre des bâtons dans les roues de l'UE et l'empêcher d'avancer et de parachever sa construction; et pour finir par demander le Brexit ! L'Histoire lui donne raison, encore une fois.

Il a été le premier chef des pays occidentaux à établir des relations normalisées avec la Chine de Mao dont il prédisait qu'elle sera une nouvelle et grande puissance. Et là aussi il aura été visionnaire.

Si, suite aux événements de mai 68 la jeunesse française l'avait blessé; lors du référendum de 1969, les Français l'avaient achevé; comme le rappelait avec amertume, ce grand homme.

Mais il paraît que l'ingratitude envers les grands hommes, est la marque des peuples forts, selon Plutarque.

Rachid Barnat

Lire ou relire MEMOIRES D'ESPOIR du Gl De Gaulle.

* Comme le fut Bourguiba pour son pays, qui avait une grande admiration pour le Général De Gaulle.
** Tout comme en Tunisie du Frère musulman Ghannouchi avec le régime bâtard parlementaire qui paralyse le pays, devenu ingouvernable.
*** C'est ce qu'il faut pour la Tunisie et ce que propose Abir Moussi, pour en finir avec le cirque qu'est devenu le Bardo avec le régime des partis dominés par celui de Ghannouchi.

samedi 7 novembre 2020

L'islam otage du wahhabisme, doit faire son aggiornamento

L'islam ne peut faire l'économie d'une mise à jour, comme l'avaient fait avant lui le judaïsme et le christianisme avec une réelle volonté de changement dans la religion, de modification et d’adaptation à la modernité. Il s’agit pour lui de s'adapter pour coller à l’époque.

R.B
















Youssef Seddik  

 

Caricatures de Mohammed : Les musulmans ne devraient pas se sentir concernés. Pour l’islamologue et philosophe tunisien, les musulmans doivent reconsidérer leur perception de leur histoire religieuse. Et soumettre les textes sacrés à un examen rationnel. 


Le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme a laissé les Tunisiens perplexes, puisque le président français les a cités pour illustrer la montée de l’islam politique et le recul de la laïcité. Ces propos ont été d’autant plus mal perçus que l’Occident a précisément soutenu les islamistes lors des Printemps arabes, notamment en Syrie et en Libye.


Entre temps, l’assassinat de Samuel Paty, puis l’attaque meurtrière de Nice, perpétrée par un jeune migrant clandestin tunisien, ont provoqué une sidération telle que le séparatisme islamiste est passé au second plan.


Pourtant, la republication des caricatures du Prophète suscite toujours autant d’émotion que d’incompréhension dans les pays musulmans. Une blessure qui alimente un vif sentiment anti-français. Sans parti pris ni surenchère, l’islamologue et philosophe tunisien Youssef Seddik pointe, les failles des uns et des autres.


Frida Dahmani - Jeune Afrique : De nombreux pays arabes ont condamné la republication en France des caricatures du Prophète, considérant que c’est une atteinte au sacré…


Youssef Seddik : Il ne s’agit pas vraiment d’atteinte au sacré ; tout est parti du discours du président français, Emmanuel Macron, sur le séparatisme. Évidemment, il faut distinguer religion et terrorisme, surtout quand celui-ci donne lieu à des abominations plurisymboliques, comme cela a été le cas avec l’assassinat de Samuel Paty.


Il faut rejeter en bloc ces actes et les dénoncer haut et fort. Mais pour ce qui est de la position des pays musulmans au sujet des caricatures, je crois que nous devons reconsidérer complètement notre perception de notre histoire religieuse. Pas de notre religion, car la foi est personnelle, mais il s’agit d’interroger les époques et surtout la nôtre.


Frida Dahmani : C’est-à-dire ?


Youssef Seddik : Il n’est pas normal que partout dans le monde musulman, on enseigne le Coran à des enfants sans qu’ils comprennent de quoi il retourne. J’ai souvent soulevé cette problématique sans recevoir de réponse. Avant d’apprendre, il faut pouvoir comprendre. Cela est valable pour toutes les disciplines. Il est absurde qu’il en soit autrement.


Pour le Coran, c’est encore plus grave ; en apprenant des termes qui semblent solennels, on suggère que le texte est autonome, qu’il échappe à la réflexion et à l’examen rationnel, qu’il ne faut surtout pas s’interroger. Il est temps de faire une distinction entre le mythique et le discursif, comme l’a fait l’Occident. Quand on dit à des enfants que le bâton de Moïse s’est transformé en serpent, ils considèrent que c’est vrai. Si on leur dit que c’est une métaphore, on est traité de mécréant.


Il faut profiter du fait qu’il n’y ait pas de clergé en islam pour que chacun choisisse le chemin qui lui convient. Nous devons procéder à une refonte complète de l’enseignement de notre histoire et distinguer ce qui est de l’ordre de la répétition incantatoire et rituelle de ce qui relève de l’histoire, du rationnel, du discutable.


Rien ne nous empêche d’expliquer, dès le début de l’enseignement du Coran, qu’il y a dans le monde des attitudes de foi, révélées ou pas, différentes.


Il faut aussi spécifier ce qu’est la Révélation. Est-ce une inspiration ou une attitude morale révélée parce qu’elle était objet d’un discours ? Nous avons un chantier énorme à ce niveau-là et il faut s’y atteler. Que chacun conçoit le Créateur comme il l’entend, c’est un atout énorme.


Frida Dahmani : Est-ce une réponse suffisante face à la violence et aux attaques actuelles ?


Youssef Seddik : Il faut s’attendre malheureusement à ce que ce genre d’événement se répète. Mais il convient de se demander pourquoi le ou les assassins sont le plus souvent éliminés. Ils sont un énorme document humain à même de fournir des renseignements clés. Cette attitude interpelle. Que veut-on cacher en éliminant ces hommes ? 


Frida Dahmani : L’islam est en fâcheuse posture. S’achemine-t-on vers le déclin de l’islam politique ?


Youssef Seddik : C’est un oxymore, une contradiction dans les termes. L’islam et la politique n’ont rien à faire ensemble. Il y a l’islam et il y a la politique. La politique est une urbanité qui n’a rien à voir avec la religion. Pour rappel, la social-démocratie chrétienne était complètement laïque et totalement hors religion.


En Tunisie, nous avons été à l’avant-garde sur cette question du rapport entre religion et politique, mais nous le payons cher, puisqu’on ne cesse de nous considérer, dans les médias arabes, comme de mauvais musulmans, voire des athées.


Dans certains pays musulmans, on invente des obligations qui n’ont rien à voir avec la religion et on les introduit dans les débats politiques. Nous avons été gagnés par cette tendance ; aujourd’hui, le port du voile s’est imposé, alors qu’il n’est pas une obligation, et la Tunisie a reculé par rapport à ses positions plus tolérantes des années 1970.


Frida Dahmani : À la lumière des derniers événements, que pensez des propos d’Emmanuel Macron sur le séparatisme ?


Youssef Seddik : Il a fait une erreur en faisant de l’islam une exclusivité du séparatisme. Il aurait dû dire, comme nous en avions parlé lors de sa visite en Tunisie, qu’aucun séparatisme n’était acceptable et au moins rappeler qu’il y a eu historiquement un séparatisme chrétien qui a scindé l’Europe entre catholiques et protestants.


Reconnaître que le séparatisme a concerné toutes les religions, même si pour certaines il est dépassé, est aussi une manière de ne pas trahir la mémoire des peuples. Il faudrait aussi que l’on arrête de confondre islamique et islamiste ; cela relève d’une provocation inutile.


Le péché originel est précisément tous les amalgames qui sont faits. La chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas fait de discours sur l’islam en prenant son peuple à témoin. Macron l’a fait. Mais les musulmans n’ont pas à se sentir touchés par les caricatures du Prophète. Un blasphème n’engage finalement que celui qui le profère.


Que les musulmans cessent donc de pousser des cris d’orfraie pour des faits qui ne les concernent pas. Si on est traité de débile dans la rue, est-ce qu’on l’est pour autant ? Il faut se demander pourquoi les musulmans se sentent à ce point touchés. Cette surenchère serait-elle chez eux un signe de doute ?


S’ils jugent la liberté de certaines civilisations insoutenable, qu’ils cessent d’envoyer leurs enfants dans les universités occidentales, qu’ils cessent de venir tenter leur chance au nord de la Méditerranée. Assez d’hypocrisie! D’autant que leur étroitesse de vue a des conséquences désastreuses pour ceux de leurs coreligionnaires qui vivent ou aspirent à vivre en Europe.

  

Un prof dénonce le laxisme de l'Etat qui a permis à l'islamisme d'entrer dans les écoles de la République

De plus en plus d'intellectuels commencent à percevoir les effets pernicieux du wahhabisme que les responsables politiques ont laissé se diffuser dans la société française, jusqu'à pénétrer les écoles de la République pour mieux pourfendre la laïcité à la racine, là où se forment les citoyens de demain. Ils ont compris l'erreur d'Emmanuel Macron qui veut combattre le « séparatisme », alors que le but des islamistes n'est pas de soustraire des populations au territoire national mais d'abattre la République et la démocratie; et leur cœur, qui est l’école de la République. Ce que d'ailleurs les Tunisiens découvrent en 10 ans de pouvoir islamiste, que le but des Frères musulmans est de détruire la République en paralysant de l'intérieur toutes ses institutions pour en finir avec ce régime et le remplacer par le califat qu'ils appellent de tous leurs vœux ! 

R.B

Didier Lemaire *

Lettre ouverte d’un prof : Comment pallier l’absence de stratégie de l’État pour vaincre l’islamisme ? 

Chers collègues enseignants,

Un professeur, notre collègue, est mort du seul fait d’avoir enseigné les principes qui fondent notre république et notre histoire : la liberté de penser et son corollaire, la liberté d’expression.

À travers lui, ces assassins ont visé tous les enseignants qui chaque jour transmettent cette part d’eux-mêmes que d’autres leur ont également transmise. Cette part qui est la meilleure de nous-même car elle fait de nous des êtres singuliers ouverts à tous les autres humains. La pensée, délivrée de la peur de l’autorité, de l’ignorance, de l’obscurantisme, de l’illusion et de l’enfermement dans la certitude est en effet la partie la plus personnelle de nous-même parce qu’il dépend d’abord de nous de construire notre jugement. Dans une société où l’on doit penser comme les autres, sans avoir le droit de douter et de dialoguer, personne ne peut devenir soi-même.

Mais devenir un individu libre n’est possible qu’à deux conditions : un État de droit qui empêche toute communauté de confisquer à l’individu sa liberté en lui imposant une manière d’être et de penser et une école qui prépare chaque homme à devenir citoyen par la transmission d’une culture humaniste, scientifique, artistique et philosophique.

Or, la première de ces conditions n’existe plus dans de nombreux quartiers. Professeur de philosophie à Trappes depuis vingt ans, j’ai été témoin de la progression d’une emprise communautaire toujours plus forte sur les consciences et sur les corps. L’année de mon arrivée au lycée, la synagogue de Trappes brûlait et les familles juives étaient contraintes de partir. Après les tueries de 2015 et de 2016, je me suis engagé dans des actions de prévention, notamment par le théâtre et des rencontres avec des historiens ou des sociologues spécialistes de la manipulation. Constatant que mes efforts se heurtaient à des forces qui me dépassaient, en 2018, j’ai écrit avec Jean-Pierre Obin au président de la République pour lui demander d’agir de toute urgence afin de protéger nos élèves de la pression idéologique et sociale qui s’exerce sur eux, une pression qui les retranche peu à peu de la communauté nationale. Malheureusement, aucune action efficace n’a été entreprise pour enrayer ce phénomène. Il y a actuellement à Trappes 400 fichés S de catégorie « radicalisation » qui se promènent librement, sans compter les fichés pour terrorisme. Et nos élèves vivent dans une situation schizophrénique où le conflit de loyauté devient pour eux inextricable. 

Epuiser l’ennemi

Aujourd’hui, c’est l’école et la liberté qui sont attaquées. Pas seulement par un homme, l’assassin. Celui-ci n’est que le bras armé d’un projet mis à exécution par des milliers d’idéologues qui, comme jadis les nazis, entretiennent le sentiment victimaire pour inciter à la haine et préparer le passage à l’acte. Ces idéologues ne sont nullement des « séparatistes » : ils ne veulent pas simplement soustraire des populations au territoire national, ils veulent abattre la République et la démocratie et leur cœur, l’école.

Leur stratégie a été théorisée après le 11-Septembre dans le livre d’Al-Souri (dont le politologue Gilles Kepel – qui vit depuis des années sous protection judiciaire – a expliqué les grandes lignes). Elle consiste, en multipliant les actes de terreur, « les mille entailles », à épuiser l’ennemi, trop puissant pour une guerre frontale. Pour ce faire, ces idéologues se servent de la quête de la pureté religieuse comme jadis les nazis se servaient de la quête de la pureté de la race pour présenter ces tueries comme des actes nécessaires et nobles. L’appartenance à l’humanité apparaît alors circonscrite au seul groupe « pur », l’autre devant être éliminé. C’est en exacerbant le sentiment d’humiliation auprès de populations peu intégrées et en faisant miroiter cette pureté religieuse qu’ils poussent de jeunes paumés, souvent délinquants et coupés de la société, à haïr la France et les Français.

Parallèlement, ils neutralisent toute prise de conscience du danger en jouant sur la mauvaise conscience des « progressistes », en flirtant avec eux sous couvert de lutter contre « le racisme », « l’injustice » ou « la violence policière ». En saturant l’espace public de leurs emblèmes et de leurs pratiques, qui sont pourtant des signes de crimes contre l’humanité, à commencer par la réduction de la femme à l’esclavage, en infiltrant l’école, l’université, les grandes écoles, la sphère politique locale et nationale, en répandant partout le double discours et l’injonction à « accepter l’autre dans sa différence », ils paralysent toute volonté de répondre à ces tueries autrement que par des mots, des bougies et des fleurs.

Cette guerre idéologique leur permet de conquérir une légitimité en pervertissant nos idéaux, en les vidant de leur sens. Certains occupent aujourd’hui des places importantes, à la radio, au cinéma ou au sein même de l’État. Ils parviennent à se faire passer pour des remparts au fanatisme alors qu’ils travaillent de concert avec les idéologues qui veulent détruire notre culture. On les retrouve aujourd’hui capables d’influencer des syndicats étudiants, enseignants, des confédérations de parents d’élèves soit disant laïques et des partis politiques qui n’hésitent même plus à relayer leur antisémitisme.

Comment enseigner ?

D’où, à chaque fois qu’une tuerie se produit, l’état de sidération dans l’opinion. Pourtant, ces tueries obéissent à une logique et à une progression. Elles sont rigoureusement menées selon un même mode opératoire : la tuerie aveugle, déshumanisée, le retranchement et l’affrontement final pour mourir « en martyr ». Leur progression procède par extension et intensification. Les premières attaques ont visé les juifs, des adultes comme des enfants. (Elles furent précédées par une cinquantaine d’attaques contre des synagogues de janvier 2000 à juin 2001 qui n’ont pas été prises au sérieux, comme ici à Trappes.) La même année, l’armée a également été ciblée. Puis ce furent d’autres représentants de l’État, des policiers, et des représentants de la culture et ceux d’autres religions, la jeunesse française, et dorénavant, n’importe quel Français n’importe où sur le territoire. L’attaque contre l’école était un objectif prévisible car déclaré depuis au moins 2015.

Nous sommes au début d’une guerre par la terreur qui va se généraliser et s’amplifier parce qu’une grande partie de nos concitoyens préfère ne pas voir que c’est notre héritage qui est menacé. Le reconnaître, ce serait alors devoir le défendre avec courage.

Ce courage, Samuel Paty l’a eu. Sans doute, parce qu’il chérissait notre héritage. Mais il n’a pas été protégé par l’institution qui a sous-estimé la menace, fidèle à la conduite d’évitement de nos représentants politiques et de la majorité de nos concitoyens.

Et l’on ne peut que s’interroger aujourd’hui sur l’avenir de notre métier. Comment enseigner les langues, les arts, les sciences et la culture générale à des enfants qui sont soumis, dès leur plus jeune âge, à la pression sociale phénoménale de ces idéologues ? Devons-nous continuer de faire comme si nos élèves n’étaient pas eux-mêmes soumis à cette pression ? Combien de temps encore pourrons-nous exercer notre métier de transmission si l’État ne remplit pas sa mission ? Pouvons-nous, enseignants, pallier l’absence de stratégie de nos représentants pour vaincre ce fléau mortifère ? 


* Didier Lemaire, professeur de philosophie à Trappes (Yvelines) depuis vingt ans, témoin de la progression de l’emprise islamiste dans le livre « la Communauté » de Raphaëlle Bacqué et d’Ariane Chemin, dès 2018, il a écrit avec Jean-Pierre Obin, inspecteur de l’Education nationale auteur d’un rapport sur les atteintes à la laïcité à l’école, une lettre au président de la République pour lui demander d’agir de toute urgence afin de protéger ses élèves de la pression idéologique et sociale qui s’exerce sur eux. Il se demande aujourd’hui comment les enseignants pourraient bien pallier l’absence de stratégie de l’État pour vaincre l’islamisme.