jeudi 26 août 2021

CES DESTOURIENS QUI ONT PACTISE AVEC LES ISLAMISTES ...

Article paru dans : Kapitalis

Ou quand les Destouriens & les Frères musulmans évoluent sous le regard de l'oncle Sam !

Les Américains pour affaiblir les Empires Coloniaux, et plus particulièrement les Empires Français et Anglais, ont encouragé les peuples colonisés à la création d'Etat-Nations, reprenant une idée initiée et propagée par Napoléon.

Leur soutien aux militants nationalistes dans leur lutte pour la libération de leur pays, est indéniable mais pas sans arrière pensée; puisqu'ils escomptaient bien "récupérer" ces pays libérés du colonialisme français et anglais, dans le giron du nouveau impérialisme américain !

Une fois l'indépendance acquise et les empires coloniaux disloqués, les Américains dans leur phobie permanente et quasi obsessionnelle du communisme, veulent empêcher la propagation du communisme dans les pays nouvellement indépendants, en s'appuyant sur leurs leaders charismatiques. Si Gamel Abdel Nasser s'était détourné d'eux pour se jeter dans les bras de l'URSS leur ennemi juré; ce ne sera pas le cas pour la Tunisie où, pour donner l'illusion d'une démocratie, les Américains "conseilleront" à Habib Bourguiba le pluralisme en autorisant les islamistes mais en interdisant les communistes ! Autrement dit, au péril rouge, ils ont préféré le péril vert, persuadés qu'il restera cantonné dans les pays dits "arabo-musulmans".
Mohamed Mzali & Ghannouchi

Ce que fera Bourguiba ou qu'on fera pour lui plus exactement, lui-même étant malade en plein dans sa dépression dont il ne se remettra jamais, malgré ses fréquents séjours en Suisse !
C'est ainsi que certains Destouriens ont choisi de pactiser avec les islamistes, dans l'espoir de les utiliser pour mieux les neutraliser.
A-t-on profité de l'absence physique ou mentale du visionnaire Bourguiba, pour ouvrir la porte aux islamistes ? Sûrement oui car, lucide et en possession de ses facultés mentales, cet homme féru d'histoire, ne se serait pas rapproché des islamistes, sachant pertinemment que le panislamisme est antinomique du nationalisme libéral des Destouriens qui avaient libéré le pays et bâti la Tunisie moderne en en faisant une Nation bien définie et une République dont les institutions sont copiées sur le modèle Français, fruit des Lumières dont Bourguiba s'était nourri !
Béji Caid Essebsi & Ghannouchi.
Rencontre secrète à Paris.

Ce que refera Béji Caid Essebsi en s'alliant à Ghannouchi, "conseillé" nous dit-on par les EU & l'UE, quand il avait trahi ses électeurs et surtout ses électrices, auxquels il promettait d'être leur rempart contre les Frères musulmans; alors qu'il avait fait un deal avec Ghannouchi lors de leur rencontre "secrète" à Paris. Lui aussi se persuadait de neutraliser Ennahdha en s'alliant à Ghannouchi et escomptait refaire le coup de François Mitterrand à Georges Marchais. Sauf que n'est pas Mitterrand qui veut et que les Frères musulmans ont un soutien financier illimité de la part de l'émir du minuscule Qatar, qui se rêve le bœuf de la fable et croit pouvoir tout acheter avec ses pétrodollars, pour jouer dans la cour des grands !

Et depuis que ces Destouriens sans principes et en totale contradiction avec la doctrine du parti, avaient banalisé l'alliance avec les Frères musulmans; de plus en plus de progressistes ont fini par croire Ennahdha incontournable et indispensable à la vie politique tunisienne. Et de compromis en compromission, certains Destouriens malgré 10 années de pouvoir islamiste, croient encore pouvoir redresser le pays avec ceux-là mêmes qui l'ont mis à genou ! Inconscience ? Ou simple opportunisme !

Si la fumeuse "révolution du jasmin" du 14 janvier 2011, avait pour but d'éliminer de la scène politique le RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique), à la faveur du fumeux "printemps arabe"; "la révolte du peuple" du 25 juillet 2021 semble orientée contre les Destouriens, du moins contre ceux qui refusent toute alliance avec les Frères musulmans et qui les combattent ouvertement, comme le PDL (Parti Destourien Libre) qui revient à ses fondamentaux en tirant les leçons des erreurs commises par les destouriens en 100 d'existence du destourisme.

Et que dire de ceux qui ont viré de bord passant du RCD à Ennahdha; jusqu'à devenir conseiller personnel de Ghannouchi, comme Mohamed Ghariani ex-secrétaire général du RCD !

Or le 25 juillet 2021 marque aussi un coup d'arrête au cirque des trois pouvoirs exécutifs, quand Kaïs Saïed a sifflé la fin de la récréation. Seulement voilà, le "peuple" se persuade que Kaïs Saïed veut mettre un terme à l'islam politique et qu'il les avait débarrassés de Ghannouchi et de ses Frères musulmans. Mais une fois de plus le "peuple" sera manipulé et se réveillera un jour en disant qu'il a été trompé; quand il découvrira que Ghannouchi restera probablement derrière sa doublure Mohamed Ghoumani, le "musulman de gauche", ami de Naoufel Saïed le frère du président mis en orbite par les Frères musulmans. Que sa mea-culpa et le sacrifice de sa personne pour son parti et sa patrie, ne sont qu'une suite de comédies. Et qu'un "printemps arabe", peut en cacher un autre !

Et depuis, des propositions fusent de partout pour trouver des solutions aux crises politique, économique et sanitaire que connaît le pays :

Pour contrer l'islam politique, certains proposent un nouveau concept, celui de "Démocrates musulmans", à l'instar des "Démocrates Chrétiens" !

Ce qu'expliquaient déjà Ghannouchi et ses Frères musulmans aux Occidentaux que "l'islamisme radical" effraye, pour les amadouer avec leur "islamisme modéré", qu'ils leur vantaient en le comparant à la "démocratie chrétienne".

"Islamisme modéré" que les Tunisiens découvrent tout comme les Occidentaux, être une supercherie; puisque "l'islamisme modéré", tout comme "l'islam centriste" (islam al wasati) et "l'islam de gauche" (dernière trouvaille des Frères musulmans depuis le 25 juillet 2021) ... tous ont pour référent Youssef Qaradaoui, le guide spirituel des Frères musulmans, installé par l'émir du Qatar Président de l'Organisation mondiale des Savants musulmans !

Devant la méfiance des Tunisiens et des Occidentaux, Ghannouchi poussera la supercherie jusqu'à renier son appartenance à l'organisation mondiale des Frères musulmans dont il est l'un des principaux dirigeants.

Mieux encore, il annoncera lors du congrès d'Hammamet (en 2016) qu'Ennahdha délaisse la "religion" aux religieux et devient un parti politique "civil" comme les autres; alors qu'il figure toujours, lui et des membres de son parti, dans l'organigramme de l'Organisation mondiale des Frères musulmans ... où il figure dans le bureau politique !

Alors il faut en finir avec ces petits jeux (naïfs ou à dessein) de ceux qui défendent Ghannouchi et croient que son parti Ennahdha est devenu incontournable et indispensable à la vie politique tunisienne; maintenant que la stratégie des Frères musulmans de destruction des Républiques "arabes", est on ne peut plus évidente !

L'unique remède contre l'islam politique, est de l'interdire en interdisant constitutionnellement les partis politiques qui instrumentalisent la religions; et d'inscrire la laïcité dans la constitution de la future 3éme République, ce qui a le mérite de séparer la religion de l'Etat et de la renvoyer dans la sphère du privée, en confirmant définitivement la primauté du droit civil sur toutes les lois religieuses, toutes religions confondues !

Alors que d'autres voient dans le référendum, la panacée pour en finir avec la dictature des partis; reprenant une idée fixe de Kaïs Saïed d'instaurer une démocratie participative émanant de la base ! Idée farfelue trahissant un président plutôt utopique qu'homme politique.
Mais comme le reconnaît lui-même le journaliste Tarak Mami, la Tunisie n'est pas la Suisse !
Les Tunisiens sont encore loin de la culture politique et du civisme des suisses, pour les être consultés à tout bout de champ !

Alors faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain parceque certains destouriens se sont compromis avec les islamistes ? Ce n'est pas parceque quelques Destouriens ont trahi leurs idéaux, qu'il faut jeter aux oubliettes leur parti, l'oeuvre et les sacrifices des milliers d'authentiques militants destouriens. Ce sont les Destouriens qui avaient libéré et construit la Tunisie moderne. Il leur revient de poursuivre l'oeuvre de leurs prédécesseurs et d'en corriger les erreurs car ce ne sont pas les panarabistes ni le communiste Hamma Hammami qui soutiennent Ennahdha, qui sortiront le pays de l'ornière où l'avaient mis Ghannouchi et ses Frères musulmans !

Il est curieux que beaucoup sont disposés à croire sur parole les métamorphoses qu'annoncent régulièrement les dirigeants d'Ennahdha déclinant toute la palette de leur islamisme; alors qu'en 10 ans de pouvoir islamiste, ils ont ruiné la Tunisie, passant tour à tour d'un "islamisme radical", à un "islamisme modéré", puis à un "islam centriste", pour devenir un "parti civil délaissant la religion aux religieux" et enfin de reprendre la religion en annonçant l' "islamisme de gauche"; alors qu'ils dénient aux Destouriens d'évoluer et de corriger les erreurs de leurs prédécesseurs !
A moins que ce ne soit à dessein ...

Rachid Barnat


vendredi 20 août 2021

Kais SAIED : UN COUP D'EPEE DANS L'EAU ?

... ou le malentendu des Tunisiens, à propos de leur "révolte spontanée" du 25 juillet 2021 !

Article paru dans : Kapitalis

Les Tunisiens se sont réjouis trop vite et sont devenus euphoriques le 25 juillet 2021 parceque Kais Saied a désigné Ennahdha responsable de leur malheur ! Ils ont cru qu'il a mis fin à l'islam politique et qu'il mettra tous les pouvoirs qu'il s'est accordés à neutraliser Ennahdha et ses alliés responsables du gâchis et du chaos en attendant que la justice interdise ce parti. Comme ils ont cru qu'il poursuivra les corrompus mais aussi les criminels nahdhaouis en ouvrant tous les dossiers les concernant mis sous le boisseau par leurs hommes, quand Noureddine Bhiri, alors ministre de la Justice, avait "garanti" cette institution !

Or, force est de constater que les nahdhaouis et leur chef Ghannouchi ne sont nullement inquiétés par la justice et mettent à profit ce temps mort décidé par Kais Saied, pour se réorganiser et revenir plus forts sur la scène politique, puisqu'ils occupent déjà la scène médiatique pour redorer le blason d'Ennahdha. Alors que des plaintes contre les responsables de ce parti se comptent par millier, rien n'a été entrepris par les juges contre eux. Pire, alors que les Tunisiens les croyaient dans l'œil du cyclone, pardon de celui de Kais Saied, ils poussent l'outrecuidance jusqu'à poursuivre en justice des membres du PDL (Parti Destourien Libre); dont celui de Ahmed Seghir, poursuivi par un membre de "majless e-choura" (bureau politique) d'Ennahdha; coupable selon lui et selon le procureur de la République qui a donné suite à sa requête, d'avoir fait son travail parlementaire en rapportant la position de ses électeurs paysans que ce nouveau propriétaire terrien agricole abusait. Alors que le procureur de la République semble ignorer totalement les plaintes dont font l'objet les nahdhaouis et leurs larbins du Bardo, pratiquant toujours la règle de "deux poids, deux mesures" !

Ce qu'on voit en réalité, c'est que la "justice" pratique la politique de la poudre aux yeux en s'en prenant à des petits malfrats, délaissant les grands criminels dont les dossiers sont pourtant bien constitués et connus de tous mais dont les juges refusent toujours l'ouverture, comme le dossier du financement d'Ennahdha, le dossier des assassinats de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi, le dossier du " jihaz al-serri " (service secret parallèle) mis en place par Ennahdha, les dossiers de corruption qui a permis l'enrichissement de bon nombres de nahdhaouis qui disaient en 2011 aux Tunisiens être pauvres au service des pauvres ... dossiers qui, a eux seuls, suffiraient pour mettre Ghannouchi et son parti hors la loi !

Pire encore, les "organisateurs de la révolte" tentent de discréditer le PDL, l'unique parti d'opposition réelle qui a permis par la vigilance et l'action courageuse de ses membres de clarifier la scène politique encombrée par 220 partis "politiques", et permit aux Tunisiens de distinguer le bon grain de l'ivraie; en jouant la carte de " tous corrompus, tous pourris ", mettant sur un pied d'égalité le PDL et Qalb Tounes, pour minimiser les responsabilités d'Ennahdha et lui permettre de se maintenir ... alors que les Tunisiens sont persuadés qu'Ennahdha est finie depuis que Kais Saied a parlé et prononcé ses décisions sur un ton martial, le jour de la fête de la République !

Est-ce cela que voulait le "peuple" sorti en "masse" le 25 juillet dernier ?

On se demande si les instigateurs de cette "révolte du peuple" ne viseraient pas uniquement à discréditer le PDL et à écarter Abir Moussi de la scène politique qu'elle a pourtant contribué largement à clarifier, pour servir d'autres intérêts, voire Kais Saied lui-même, qui voit en elle une sérieuse concurrente redoutable !

Il est clair que beaucoup de Tunisiens sont prêts à faire confiance au Président et lui sont reconnaissants d'avoir mis le holà au cirque politique qui avait lieu au gouvernement et à l'Assemblée Nationale. Il est clair aussi qu'ils soutiennent sa lutte proclamée contre la corruption. Cependant, il y a dans l'attitude et les discours du Président trop de zones d'ombres et une absence totale de clarté sur son projet et la procédure pour y arriver. Est-ce qu'il veut se débarrasser de tous les partis politiques ou uniquement de ceux que la justice interdira pour raison de corruption et de crimes ? Ou poursuivra-t-il son idée saugrenue de démocratie participative par la base, ne comptant que sur les jeunes qui l'avaient porté au pouvoir ? Et quelles catégories de jeunes, alors qu'ils n'ont pas les mêmes aspirations ? Les jeunes citadins ou ceux des campagnes ? L'élite ou les laissés pour compte comme les "enfants" de Ghannouchi transformés en mercenaires-terroristes-jihadistes ? De leur côté, les juges ne semblent pas suivre le Président, quand on voit les dossiers qu'ils ouvrent et ceux qu'ils continuent d'ignorer.

Faut-il s'y résoudre ? Sûrement pas.

D'ailleurs Abir Moussi dés le départ a prévenu que le PDL n'accorde pas un chèque en blanc à Kais Saied, même s'ils se joignent à l'euphorie du "peuple" du 25 juillet, après l'allocution du Président. Elle a même mis en garde les Tunisiens qu'un "printemps arabe" peut en cacher un autre !

Les réactions du PDL et d'Abir Moussi méfiants, s'expliquent avant tout par cette opacité qui est le contraire de la démocratie et par cette sorte de plébiscite que réclame sans le dire, le Président. Or les systèmes plébiscitaires sont tout, sauf la démocratie; et conduisent le plus souvent aux régimes autoritaires.

A l'évidence, une fois de plus le "peuple" est manipulé; et le pire, c'est qu'il ne fait rien pour ne pas l'être ! Faire confiance ? Oui mais sur quelque chose que l'on sait et pas sur une page blanche !

Rachid Barnat

mardi 17 août 2021

Quand les valeurs nées de la révolution française, foutent le camp ...

L'Afghanistan, tombeau des empires ! Les Américains dans leur phobie du communisme partis en guerre contre son expansion, ont perdu lamentablement la guerre du Vietnam tombée entre les mains des communistes et celle d'Afghanistan où ils ont remplacé le péril rouge par un péril vert qu'ils auront du mal à maîtriser à l'avenir ! Par leur faute, le Pakistan, basculera en 1977 du hanafisme, l'école la plus libérale en Islam, au hanbalisme, dans sa version la plus rigoureuse et la plus radicale de toutes les obédiences sunnites de l'islam, c'est à dire le wahhabisme saoudien ; pour devenir un pays exportateurs de terroristes. Et qui paient les pots cassés de leur phobie ? Les républiques des pays dits "arabo-musulmans" dont le Pakistan, l'Afghanistan, l'Iraq, la Syrie, le Yémen, la Libye, la Somalie, le Soudan, le Mali, le Niger ... et la Tunisie. Après les empires anglais et soviétique qui se sont cassés les dents en Afghanistan, c'est le tour de l'impérialisme américain qui en part humilié, marquant le déclin de cette puissance devenue trop arrogante quand elle se joue des valeurs occidentales qu'elle vide de leur sens comme "droits de l'homme", "démocratie", "nation", "liberté", "égalité", "fraternité" ... , perdant toute crédibilité désormais ! En soutenant les islamistes, les Américains ont démocratisé la corruption; alors qu'ils prétendent imposer la démocratie aux républiques "arabo-musulmanes" du fumeux "printemps arabe" en remplaçant leurs dictateurs par de nouveaux dictateurs sans foi ni loi, comme les Frères musulmans, tout en fermant les yeux sur les pétromonarchies régies par la chariaa. La Tunisie en est un exemple : en 10 ans de pouvoir islamiste, la corruption s'est généralisée ... et les Tunisiens ont eu tout le loisir d'apprécier la "démocratie islamiste" de Ghannouchi !

R.B

Amin Maalouf

LE DÉRÈGLEMENT DU MONDE : QUAND NOS CIVILISATIONS S’ÉPUISENT !

Contrairement à l'idée reçue, la faute séculaire des puissances européennes n'est pas d'avoir voulu imposer leurs valeurs au reste du monde, mais très exactement l'inverse : d'avoir constamment renoncé à respecter leurs propres valeurs dans leurs rapports avec les peuples dominés.
Tant qu'on n'aura pas levé cette équivoque, on courra le risque de retomber dans les mêmes travers.
La première de ces valeurs, c'est l'universalité, à savoir que l'humanité est une. Diverse, mais une.
De ce fait, c'est une faute impardonnable que de transiger sur les principes fondamentaux sous l'éternel prétexte que les autres ne seraient pas prêts à les adopter.
Il n'y a pas des droits de l'homme pour l'Europe, et d'autres droits de l'homme pour l'Afrique, l'Asie, ou pour le monde musulman.
Aucun peuple sur terre n'est fait pour l'esclavage, pour la tyrannie, pour l'arbitraire, pour l'ignorance, pour l'obscurantisme, ni pour l'asservissement des femmes.
Chaque fois que l'on néglige cette vérité de base, on trahit l'humanité, et on se trahit soi-même."
A méditer par les responsables politiques occidentaux ... pour qu'ils cessent d'imposer leurs solutions au mépris de peuples qui n'en veulent pas et qui aspirent :
- à la liberté,
- à la dignité, et
- à la démocratie !

*****

" Je ne rêve pas d’un monde où la religion n’aurait plus de place mais d’un monde où le besoin de spiritualité serait dissocié du besoin d’appartenance. D’un monde où la religion ne servirait plus de ciment à des ethnies en guerre ".
Amin Maalouf - Les identités meurtrières

jeudi 12 août 2021

Les Tunisiens ne sont pas arabes

Depuis la nuit des temps, par sa disposition géographique, la Tunisie a toujours été un lieu de passage et de brassage des populations venues de tout le bassin méditerranéen et parfois de plus loin. Les berbères, peuple d'origine de l'Afrique du nord, ont assimilé ces peuplades venus d'ailleurs en adoptant souvent leur religion, leur culture, leur langue dans une cohabitation pacifiée. Mais voilà, certains s'obstinent à nous faire croire que la Tunisie est un pays Arabe et que sa population est Arabe depuis leur invasion par les hordes des Béni Hilal venues d'Arabie, effaçant 3 millénaires d'histoire et de culture de ce pays de tolérance et d'ouverture sur le monde, et réduisant ce melting-pot culturel à la seule et unique culture d'Arabie, jusqu'à vouloir conformer les Tunisiens à sa culture et son wahhabisme qui a façonné ses bédouins d'aujourd'hui !

Bourguiba visionnaire et féru d'histoire, a très vite compris que la vocation de la Tunisie par son histoire et sa géographie, est de faire partie du monde occidental. D'où son rejet du pan-arabisme et du pan-islamisme dont l'objectif est de dissoudre la Tunisie dans un monde arabe lointain, reniant trois millénaires d'histoire de ce pays !

Et le cri du cœur de Maya Ksouri, de plus en plus de Tunisiens le poussent pour dire stop à la nouvelle invasion wahhabite qui veut transformer un peuple pacifiste et tolérant en un peuple complexé producteur de terroristes !

R.B

Avocate de formation et chroniqueuse de ”Klem Ennas” sur Ettounissia-TV, a déclaré : 

Je ne suis pas arabe, je suis peut-être la petite-fille de la reine Amazigh Dihya, ou la petite-fille de la reine Didon, ou peut-être la petite-fille du général carthaginois Hannibal, mais je ne suis certainement pas de la communauté de la pisse de chameau. Ma grand-mère avait un tatouage amazigh sur son front. 

La majorité d’entre vous va me dire êtes-vous musulmane ? Oui musulmane, l’islam n’est pas l’apanage des arabes. Même les Turcs, les perses, les kurdes, les Philippins, les Indonésiens … sont musulmans, et même certains européens sont musulmans. 

Tous les livres de l’histoire ont reconnu que les berbères et les amazighs étaient les peuples autochtones de l’Afrique du Nord, envahis par les peuples Phénicien, Romain, Byzantin, Andalou, Ottoman …

Les conquêtes musulmanes du 7ème siècle étaient des invasions de guerre dirigées par des soldats sanguinaires et n’étaient pas une simple migration des populations du Sahara vers l' Afrique du nord. 

Pour cela tous les Tunisiens qui se prennent pour des arabes, à l’origine, ont intérêt à chercher leur vraie origine, c’est le plus important. 

Je peux vous dire que le Liban, la Syrie, l’Irak, la Palestine, l’Iran ne sont pas des pays arabes à la base, leurs civilisations ont été détruites par les hordes venues d'Arabie. 

La vérité, est que nous sommes loin de la culture des déserts et des tentes, il n'y a qu’à voir nos monuments historiques en Tunisie ou dans les autres pays que je viens de mentionner. Nous étions toujours des peuples libres, intelligents et sages, gouvernés par des Rois et des Reines à l'image de Dihya (Kahina). Nos pays n’ont rien à voir avec la culture de la mort, l’esclavage inhumain, mais ces gueux insistent pour saisir nos pays et nos civilisations au nom de la religion, comme si nous n’étions pas musulmans. 

Je suis une Tunisienne libre et musulmane née d’une grande civilisation amazigh je ne permettrai pas que les arabes disent que je suis awra (à la nudité honteuse), nakissatou aklen wa dinen (manquant d'esprit et de foi), démon, chien … et me dominent avec leurs habits et pensées noir(e)s. 

Enfin je ne suis pas raciste, je dis respect et bienvenue aux arabes qui ont une pensée éclairée, une vision de la vie magnifique et qui défendent toutes les femmes du monde arabes et celles en Occident.

La religion est une liberté personnelle et moi je suis pour la liberté personnelle !





samedi 7 août 2021

Kaïs Saïed utopiste ?

Kaïs Saïed écarte tous les partis politiques sans distinction, alors que les partis responsables sont Ennahdha et ses alliés; qu'il suffisait de ne pas associer aux partis républicains, pour trouver des solutions aux problèmes que Ghannouchi a créés !

Tout le monde sait que Kaïs Saïed veut écarter l'islam politique et ceux qui le pratiquent, à savoir Ennahdha et son annexe al-Karama.

Tout le monde sait que KS veut écarter les corrompus, que sont Ghannouchi et Nabil Karoui. 

Mais plutôt que de stigmatiser Ghannouchi & Nabil Karoui et leurs partis, il a préféré mettre tout le monde dans le même sac et passer à sa lubie d'avant son élection : la "démocratie participative par la base" ! Il préfère consulter les jeunes qui forment le gros de son électorat, faute de parti politique, qu'il n'a pas. Car son dada, est de donner la parole aux jeunes dans des comités de quartier pour faire remonter jusqu'à lui leurs aspirations ! 

Si ce n'est pas de l'utopie, qu'est-ce donc ?

R.B

Jean-Pierre Ryf

Le Président Kais Saied devrait jouer carte sur table.

Après la décision du Président Kais Saied de suspendre l’Assemblée, de prendre en main le pouvoir exécutif et d’engager une lutte contre la corruption en écartant les partis corrompus et notamment Ennahdha et Qalb Tounes le parti de Nabil Karoui, le peuple Tunisien a applaudi et un sondage (que l’on doit comme tout sondage, prendre avec réserve) donne 87% d’opinions favorables pour le Président et ses mesures.

Je ne voudrai en cas jouer les rabat-joie mais chacun devrait tout de même se poser un certain nombre de questions concernant l’avenir du pays.

La lutte contre la corruption est essentielle car rien ne pourra se bâtir en Tunisie tant que cette corruption envahira l’espace depuis la « petite corruption » celle de tous les jours émanant de ceux qui ont un brin de pouvoir, jusqu’à la « grande corruption » qui est celle des décideurs et des autorités.

Aucun développement économique sérieux ne pourra avoir lieu tant que cette corruption se poursuivra et, à cet égard, je soutiens mille fois l’action de ce Président.

Cependant cette lutte contre la corruption ne peut être l’alpha et l’oméga de la politique tunisienne. Il faut beaucoup d’autres actions :
- restaurer le pouvoir (aujourd’hui complétement délabré),
- avoir des actions fortes et financées pour développer une éducation moderne (l’éducation a été détruite depuis plus de vingt ans dans le pays),
- ouvrir les libertés et permettre à la jeunesse d’agir et d’innover,
- revoir la politique touristiques (le pays a des atouts importants) mais de grosses failles dans ce domaine,
- assainir l’Administration tant au niveau compétence qu’au niveau de son honnêteté,
- améliorer grandement la Justice pour la faire sortir de sa culture de soumission au pouvoir,
- etc …

Or ce vaste chantier est très difficile car il s’agit de remettre en cause des années de régression et de changer la culture pour faire que ces pouvoirs soient désormais au service de l’intérêt général. Il ne peut se mettre en place qu’à certaines conditions qui semblent ne pas être voulues par ce Président.

Je pense d’abord que la mise à l’écart de tous les partis politiques, y compris ceux qui ne sont pas corrompus comme le PDL, est une erreur car une politique réelle, forte telle que je l’ai décrite, exigera un effort et un accompagnement de beaucoup de Tunisiens.

Or qui soutient le Président ? Certes 87% des Tunisiens le soutiennent dans les décisions prises.
Le soutiendront-ils et comment dans les immenses efforts qui devront être faits ?
Les jeunes auxquels il fait souvent référence, qui sont-ils ?
Y a-t-il beaucoup de choses de commun entre les jeunes des quartiers aisés, les étudiants, et cette jeunesse déscolarisée, oisive par la force des choses, qui n’a aucune formation ?

Je lis que le Président aurait un projet d’organisation du pouvoir qui ferait partir ce pouvoir de la base par la création de petits comités (électoraux ? décisionnaires ?)

Il est impératif que le Président soit clair sur son projet.
Or, il avance sans dire les choses. Est-ce cela la démocratie à ses yeux ? Ne rien divulguer au peuple (ce mot dont il a plein la bouche), le laissant dans l’incertitude la plus totale ?

Je dirai enfin, que dans la situation actuelle du pays qui est catastrophique sur tous les plans, seul un pouvoir fort, centralisé, pourra avoir assez de force pour avoir un réel projet pour le pays et pour le mener à exécution.
Je pense que respecter le peuple Tunisien, serait de lui décrire son projet et sa vision et d’essayer de réunir sur ce projet et sur cette vision une grande majorité s’il arrive à convaincre.

Avancer un projet dans le silence et l’obscurité, c’est en réalité mépriser le peuple Tunisien et ouvrir une nouvelle période de doute et de régression.

Plaidoyer pour l'interdiction des partis religieux en Tunisie.

La constitution 2014, la meilleure du monde qu'ils disaient, s'est avérée "islamiste" au service des Frères musulmans. Elle a révélé son inefficacité puisqu'elle paralyse l'exécutif !

Au bout de 10 ans d'islamisme, l'opinion nationale en général a fini par admettre qu'il faille modifier le texte de la constitution et les règles électorales; les deux étant faites par et pour Ennahdha.
Or depuis le 25 juillet 2021, la révolte des Tunisiens ouvre la voie à une Troisième République, la seconde ayant totalement échoué.

La nouvelle constitution doit :
- clairement indiquer que l’Etat Tunisien est un Etat civil.
- et reprendre l'article 8 de la constitution de 1959, interdisant les partis qui instrumentalisent la religion !

Ce qui mettrait Ennahdha en conformité avec sa métamorphose depuis son congrès de Hammamet en 2016, où Ghannouchi disait avoir délaissé la religion aux religieux, déclarant son parti devenu "Civil" !
Et ce que les Tunisiens approuveront après 10 années d'islamisme et ses conséquences sur le pays à tous les niveaux.

Ne pas inscrire ces 2 textes et croire un seul instant que les islamistes se résoudront à demeurer dans l’opposition et joueront le jeu d’un Etat civil, c’est être des plus naïfs
.

PS : A travers l'échange qui eut lieu entre Me Ryf et le Pr Yadh Ben Achour, il apparaît clairement que ce dernier n'est pas contre l'islam politique, et qu'il admet les partis "religieux" au cas par cas, précisait-il.

R.B

Jean Pierre Ryf

Analyse pour une interdiction des partis religieux. 

J’écris ce texte après avoir lu de très nombreux articles de juristes constitutionnalistes dont celui de Monsieur Mezri Haddad dans Kapitalis. Une très grande majorité pour ne pas dire l’unanimité, dresse un constat accablant des règles constitutionnelles et électorales qui gouvernent la Tunisie et qui ont été voulues, ne l’oublions pas, par les islamistes.

Ces règles dans leurs principes, ont été élaborées et certains les justifient encore, par le fait qu’elles empêcheraient tout retour à la dictature.

Alors certes, aucune dictature n’est possible car il n’y a en réalité aucun pouvoir : 

Le Président à Carthage n’a aucun réel pouvoir; l’Assemblée divisée et composée d’une multitude de partis qui ne représentent rien, n’a pas non plus le pouvoir; et le Premier Ministre est, malgré tout, sous la coupe de quelques partis qui font des alliances contre nature et qui ont le pouvoir de nuisance et celui de le démettre.

Autant dire que le pays n’est absolument pas dirigé devenu ingouvernable, qu’aucun réel programme n’est en place. Et cela se constate jour après jour depuis dix ans avec une régression dans tous les domaines, telle que le pays n’en a jamais connue !

Beaucoup des constitutionnalistes que je lis, font ce constat et estiment que la Constitution et les règles électorales doivent impérativement être changées.

Pourquoi malgré cette belle unanimité de l’analyse, cela ne se fait pas ? 

Et bien tout simplement parce que les islamistes d’abord mais aussi quelques partis opportunistes et sans patriotisme, savent qu’avec un changement des règles ils sont à peu près sûr de perdre leurs postes et leur maigre pouvoir de nuisance.

Mais il y a autre chose ! Et cela je ne le lis jamais. 

Il faudrait aussi interdire les partis qui utilisent la religion. Et je vais dire pourquoi car selon moi, il existe des raisons fondamentales de le faire.

La première des raisons est que les partis islamistes qui instrumentalisent la religion ont, partout où ils ont eu le pouvoir, conduit leurs pays au désastre et au déclin. Ils ont fait régresser des pays qui étaient sur la voie du progrès et leur ont fait faire un bond en arrière évident.

Ceux qui ont eu une apparente réussite ne l’ont eu qu’au prix d’une dictature et parce qu’ils avaient des richesses sur leur territoire. Examinez le cas de l’Iran et celui de la Turquie et demandez-vous si c’est une réussite en termes de démocratie et de liberté ! 

Quant aux autres, ceux qui soutiennent, hors de chez eux, une démocratie islamiste; ce sont des dictatures plus ou moins familiales et dans lesquelles il n’existe aucune liberté !

La seconde raison plus juridique celle-là, est que les partis islamistes qui accaparent le religieux ont nécessairement une vocation totalitaire et dictatoriale dans la mesure où ils prétendent parler au nom de Dieu, usurpant de manière d’ailleurs blasphématoire le nom et la parole de Dieu.

Quand vous parlez selon la « parole de Dieu », en tous cas celle qu’apparemment vous adoptez, pensez-vous qu’il y a une place pour une autre pensée, pour d’autres règles ?

Avez-vous déjà entendu une religion dire : « voilà ce que veut Dieu » mais faisons autre chose plus conforme à notre intérêt ?

Toutes les religions, et pas seulement l’Islam, ont une vocation totalitaire et veulent de manière univoque le respect de ce qu’elles croient ou présentent comme étant la volonté divine. Le Catholicisme a été totalitaire : il a été à la base de la monarchie absolue. 

Une religion cesse d’être totalitaire non pas dans sa vocation mais dans la pratique quand dans un pays elle est minoritaire où que la volonté populaire l’a mise en dehors du jeu politique, en dehors du pouvoir.

L’histoire nous démontre cela avec éclat.

Troisièmement, en dehors de cette dérive totalitaire inévitable, puisque parlant soi-disant au nom de Dieu, ils ne peuvent se tromper et ne peuvent admettre une opposition. Ces partis dans les pays à grande majorité musulmane ne peuvent qu’aboutir à une division inacceptable entre « les bons musulmans » ceux qui adhérent à leur parti et « les mauvais musulmans » ceux qui les combattent .

Et puis je demande aux musulmans de réfléchir au fait qu'il y a, de toute évidence, de nombreuses obédiences de l'Islam. Quel rapport entre des soufis et des wahhabis ? Alors qu'est-ce un parti qui se fonde sur l'Islam ? Quel Islam ? Cette simple réflexion montre qu'il y a grand danger de division; et la division est dangereuse pour tout peuple.  Une Constitution doit tenter d'éviter tout ce qui peut être source de division et de paralysie.

Alors ce qui s’est passé en Tunisie a été un contre sens par rapport à cette situation, pourtant, selon moi, évidente. 

Le Professeur Yadh Ben Achour qui est, je n’en disconviens pas, un grand universitaire a tenté, en allant chercher dans le Coran, ce qui pouvait lui permettre de dire que l’Islam était compatible avec la démocratie. Je dois dire que sa démonstration est assez laborieuse et qu’elle est contredite par des milliers d’années d’histoire.

Par ailleurs, savoir si l’Islam est compatible avec la démocratie ne résout pas le vrai problème qui est celui de l’existence même de partis politiques basés sur l’Islam. Même si l’Islam est compatible avec la démocratie, cela veut seulement dire qu’un pays dans lequel la majorité des citoyens sont musulmans, peut avoir un pouvoir politique démocratique mais cela ne veut en aucun cas dire qu’il faille accepter qu’un parti instrumentalise la religion car dans ce cas outre que ce parti divisera les citoyens musulmans entre bons et mauvais musulmans; il aura lui, une vocation totalitaire même si il veut la camoufler. Et la réalité dans tous les exemples, l’histoire l’a démontrée.

Je pense donc que le Professeur Yadh Ben Achour a commis une très grave erreur en favorisant la Constitution actuelle de la Tunisie. 

Certains de ceux qui, avec lui, voulaient cette Constitution, avaient peut-être un agenda et des projets cachés. Je n’en sais rien mais une chose est certaine, ils ont nui et gravement par leur idéologie à ce pays en le faisant régresser, le mettant en danger et en le traitant avec un certain mépris; puisqu’ils lui donnaient une règle qu’ils se gardaient bien d’appliquer chez eux !

Je pense donc fortement qu’il appartient aux règles constitutionnelles de faire en sorte d’empêcher une telle dérive totalitaire. Et ce n’est possible qu’en interdisant les partis religieux car ils créent de manière inévitable et très grave une division de la société, une « fitna » qui ne peut que nuire au fonctionnement des pays.

Et ce, d’autant qu’ils utilisent abusivement les mosquées et les imams pour leur propagande, mettant tous les autres partis dans une position d’inégalité, contraire aux règles d’une réelle démocratie.

Depuis la survenue de ce véritable cancer qu’est l’islamisme politique, la politique est devenue inefficace et donc a été atteinte dans son essence même car elle a conduit les citoyens à douter d’elle mais, d'un autre côté, la religion aussi a perdu du terrain car beaucoup se sont demandés à quoi croire quand ils voyaient les dérives commises par les prétendus « religieux ». On ne compte pas les jeunes et moins jeunes qui, désormais ont relégué la religion au rayon des idées nuisibles. Paradoxalement ces partis qui prétendent défendre la religion (ce qui en réalité est une immense hypocrisie), lui nuisent infiniment.

De toute manière, dans l’histoire de toutes les religions, elles ont montré que lorsqu’elles étaient au pouvoir, elles étaient dictatoriales.

Je pense donc qu’il existe des raisons objectives et majeures d’interdire ces partis. C’est une question dont les Constitutionalistes devraient s’emparer. 

Après la parution de ce texte sur les réseaux sociaux et dans Kapitalis, le Professeur Yadh Ben Achour a répondu pour contester fermement ce que j’avais écrit. Il déclare en substance qu’il a mis en garde et adressé de nombreuses critiques à la Constituante sans être entendu, notamment par les islamistes. Dont acte.

Cependant, cette situation a évoqué, pour moi, la situation du Pape Pie XII au moment du nazisme et ce qu’en avait dit Albert Camus. Il écrit en substance :  « Moi, l’incroyant j’attendais qu’une grande voix s’élevât à Rome pour condamner clairement et fermement le nazisme. On me dit que la condamnation fut portée mais qu’elle le fut dans la langue des encycliques ! La condamnation aurait été portée mais n’a pas été entendue. Qui ne voit que c’est bien là le problème. »

Par ailleurs le Professeur Yadh Ben Achour nous dit que la condamnation des partis religieux ne peut être une condamnation générale mais qu’elle devrait intervenir au cas par cas !

Dans ce cas, on aimerait bien connaître les critères d’un tel tri ! Encore le vrai et le faux Islam, le bon et le mauvais ! Mais qui est habilité à le dire ? Et qui ne voit que cela entrainera encore et encore des difficultés immenses et des dérives inévitables ?


dimanche 1 août 2021

L'OCCIDENT, ENCORE SOUTIEN DES FRERES MUSULMANS ?

Article paru dans Kapitalis


Les Tunisiens ont maintes fois exprimé leur volonté de se débarrasser des Frères musulmans d'Ennahdha par des manifestations monstres à travers tout le pays :

- Lors de la Constituante, pour s'opposer à l'introduction de la chariaa dans la nouvelle constitution,
- Lors du débat des constituants sur le nouveau statut de la femme définie comme complémentaire de l'homme, pour en finir avec le CSP (Code du statut personnel) qui lui accordait les mêmes droits que les hommes.
- Et durant plus d'un mois, dans la canicule d'un mois d'aout et en plein mois de ramadan, quand ils manifestaient par milliers jour et nuit, pour dégager les Frères musulmans qui veulent s'incruster au Bardo bien qu'ils aient perdu toute légitimité, leur mandat d'un an ayant été épuisé et à cause des assassinats politiques et des crimes commis contre les forces de l'ordre national ...
Les Tunisiens se souviennent amèrement du défilé des socialistes Français (Jaques Lang, Laurent Fabius, Elisabeth Guigou ...) et des représentants de l'UE auprès des responsables politiques Tunisiens, pour les convaincre d'accepter Ennahdha parce que son islamisme est modéré et soluble dans la démocratie; comme le répétera François Hollande aussi !

Comme ils se souviennent aussi que les médias européens et particulièrement français ignoraient totalement leurs manifestations et leur colère contre Ghannouchi et sa bande de criminels !
Et voilà qu'à nouveau à l'occasion du 64éme anniversaire de la République; les Tunisiens ont manifesté le 25 juillet à travers tout le pays pour dégager définitivement Ghannouchi et ses Frères musulmans cause de tous leurs malheurs; pour en finir avec l'islam politique qui en 10 ans de pouvoir islamiste a ruiné le pays et détruit la république et ses institutions par le chaos semé par Ghannouchi et ses larbins !
Et que fut l'attitude des EU & UE ? Chaque fois ils ont soutenu Ghannouchi et imposé Ennahdha à un peuple qui n'en veut plus ... au prétexte que leur islamisme est modéré et compatible avec la démocratie !
Quelle hypocrisie ! S'ils estiment les Frères musulmans bons pour les Tunisiens, pourquoi combattent-ils leur islamisme chez eux ? Pourquoi multiplient-ils les lois et les règles pour les empêcher de faire de la politique en Europe et de se constituer en parti politique ?
Si l'Algérie et l'Egypte soutiennent les Tunisiens dans leur révolte contre les Frères musulmans d'Ennahdha; c'est qu'ils ont fait l'expérience de l'islamisme : avec le FIS en l'Algérie et avec les Frères musulmans en Egypte. Ce n'est pas le cas des EU et l'UE où les Frères musulmans font du lobbying pour maintenir Ghannouchi au pouvoir, bien qu'il les menace de la reprise du terrorisme et de nouvelles vagues migratoires. Les Tunisiens n'en veulent plus de Ghannouchi et de son parti Ennahdha !
Il faut que ces pays respectent la volonté des Tunisiens et cessent de s'immiscer dans leurs affaires. Et s'ils trouvent les Frères musulmans d'Ennahdha fréquentables, qu'ils les prennent chez eux ! Vu la proximité de la Tunisie avec la France, espérons qu'Emmanuel Macron cessera la politique poursuivie par ses prédécesseurs (J.Chirac, N.Sarkozy et F.Hollande), de soutien aux Frères musulmans.
Les Tunisiens savent ce qui est bon pour eux ! Alors stop à l'ingérence occidentale ! Et stop à l'hypocrisie et au cynisme des dirigeants occidentaux.

Rachid Barnat