Article paru dans
: Kapitalis
On est atterré par le discours de Moncef Marzouki à ses
troupes, mardi 23 décembre 2014, à l'Ariana. On avait déjà peu d'estime pour le
candidat malheureux au 2e tour
de l'élection présidentielle, ses échecs et ses lubies politiques... mais là on
se rend compte que ce que l'on disait de lui est vrai: c'est un véritable
malade mais c'est aussi un factieux.
Il y a des lois contre ce genre de comportement, qui consiste à porter atteinte à l'unité du pays et à vouloir le plonger dans une guerre civile.
Alors que toutes les
organisations, nationales et internationales, ont clairement conclu que les
élections avaient été transparentes, alors qu'il a lui-même adressé ses
félicitations au vainqueur, reconnaissant implicitement sa défaite, alors qu'en
cas de perte des élections il disait se retirer de la vie politique, ne
voilà-t-il pas qu'il déclare qu'il y a eu des dépassements et qu'il demande à
ses troupes d'agir !
Dans quelle démocratie (mot
dont il se gargarise à longueur de discours) voit-on ainsi un opposant
contester le résultat de cette manière ? Dans les républiques bananières
certainement où seuls les coups d’Etat permettent d’accéder au pouvoir et de
s'y maintenir. Est-ce là l’image qu’il veut donner de la Tunisie ?
Est-ce là un comportement responsable ?
Poser la question c’est y répondre.
Cette attitude est indigne et ses amis dans le monde,
dont les socialistes français en particulier, hélas, qui devraient lui
conseiller d’aller se faire soigner et de ne pas rajouter aux difficultés du
pays les ferments de la division et de la "fitna" (discorde).
C’est une attitude tout simplement anti-patriotique. Mais il est vrai que ce
partisan utopiste du panarabisme se
soucie comme d'une guigne de la Tunisie.
Là où son projet absolument irresponsable risque de
prendre du plomb dans l’aile, c’est qu’il veut maintenant s’approprier les voix
des islamistes qui l’ont soutenu pour alimenter son
nouveau parti, Mouvement du peuple des
citoyens (sic !). Son ancien parti le CPR ayant été laminé aux élections
législatives, Ennahdha l'ayant soutenu en mettant à sa disposition ses
électeurs, tartour a fini par se prendre au jeu pour se croire populaire chez
les nahdhaoui et prétendre devenir calife à la place de leur calife !
Abdelfatah Mourou : rends nous notre million d'électeurs.
Moncef Marzougui : ils sont mon butin !
Après que Ghannouchi ait lâché sa marionnette,
celle-ci se rebiffe; et tel le coucou, Marzougui voudra
faire son nid dans celui de son marionnettiste ... ce qui promet
du grabuge avec les nahdhaouis ! Ingratitude ? Tel est pris qui
croyait prendre.
Il n’est pas sûr que les instances dirigeantes
d'Ennahdha voient cela d’un bon œil et restent les bras croisés en se laissant dépouiller.
Par ailleurs ce nouveau parti est, nous dit-il, créé
pour réunir ceux qui veulent lutter contre la dictature. Mais où voit-il une
dictature ? Il hallucine grave ! Sans attendre les moindres décisions du
nouvel élu et de la nouvelle assemblée, il décide comme tartarin de Tarascon
allant à la chasse au lion, de s’opposer à une dictature qui n’existe et
n’existera que dans son esprit malade.
Marzougui parle de "peuple de citoyens" c'est
tout simplement une imposture. ne serait donc citoyen dans son esprit, que ceux
qui le soutiennent ? Par ailleurs ce parti de "citoyens" qui devrait
organiser la surveillance pour empêcher le retour à la dictature, il
existe déjà; et il aurait pu s'en rendre compte : c'est
la société civile tunisienne qui a montré son dynamisme, sa vigilance
et son efficacité dans de nombreux moments, qu'il est inutile de rappeler,
tant les Tunisiens les ont gardés à l'esprit.
En réalité M. Marzougui ne veut pas de
cette société civile car elle a montré clairement qu'elle ne voulait
pas de son projet. Alors il fait comme si elle n’existait pas
alors que c'est elle, cette société civile majoritaire, qui l'a
chassé du pouvoir!
Croit-il que son parti de "citoyens"
aura belle allure avec les voyous-partisans de ses LPR (Ligues pour la
protection de la révolution) et avec un certain nombre d'imams obscurantistes
qui se sont affichés avec lui pendant la campagne ? Est-ce là le
véritable peuple de la Tunisie ?
M. Marzougui est un mauvais perdant, un utopiste pour qui
la réalité n'existe pas. Durant les quartes années, depuis
son retour en Tunisie, il a démontré aux tunisiens qu'il n'a rien d'un
socialiste et encore moins d'un démocrate. Et pour cause, il n'a été que le
crypto-islamiste au service de Ghannouchi; et son ancien parti le CPR n'a été
qu'un Ennahdha-bis, comme le dit Om Ziad cofondatrice de ce parti et qui fut
la première à le quitter en découvrant la supercherie de Tartour
et en réalisant que son parti grouille de crypto islamistes ... son secrétaire général Imed Daimi !
Tartour appelle tous les démocrates dont la cause est
la défense des libertés, des droits et de la dignité, et non de l’aspect
superficiel qu’ils appellent modernisme, qui est lié aux apparences et à la
haine de l’identité arabo-musulmane .... de le rejoindre !
Nous y voilà : c'est donc le
pan arabisme, cette vieille lune qu'il veut instaurer en Tunisie ...
en rejetant la " tunisianité " des tunisiens à laquelle ils sont
attachés; puisque par trois fois ils ont rejeté sa vielle lubie en le dégageant
lui et son CPR !
Comme s'il n'avait pas retenu la leçon de l'histoire de
cette néfaste idéologie expérimentée déjà par Gamel Abdelnasser, Hafez el
Assad, Saddam Hussein, Muammer Khaddhafi ... et qui avait séduit Salah Ben Youssef !
Adnan Mansar, le conseiller de Tartour, nous précise
qu'il ne s'agit pas d'un nouveau parti mais plutôt d'un nouveau "mouvement
populaire" : de qui se moque-t-il ?
Oui, on peut qu’être absolument atterré par ces
initiatives contraires à la réalité du moment, contraires aux intérêts du pays
et qui, personne de sérieux n’en doutera, sont destinées à faire un énorme flop
comme tout ce qu’il a entrepris depuis son retour en Tunisie.
TARTOUR NOUVEAU CALIFE A LA PLACE DU CALIFE ?
RépondreSupprimerTartour le crypto islamiste se dévoile !
Mourali Rym :
Anouar Gharbi est celui qui a réellement écrit le speech de Marzougui aujourd'hui, cet homme est en fait l’un des plus proches conseillers de Moncef Marzougui qu’on ne voit jamais à la télévision ni dans la presse écrite.
En bon islamiste, l’homme pratique la "Taquiyya".
Né à Cheba en 1964, Anouar Gharbi a fui la police tunisienne en même temps que Ghannouchi, en 1991.
Il s’est installé en Suisse où il a acquis la nationalité de ce pays.
Proche de Tarek Ramadan, il dirigeait plusieurs ONG, dont une soi-disant pro-palestinienne et une autre appelée CSPT (comité de soutien du peuple tunisien).
Fortuné, propriétaire d’une somptueuse villa dans la région du Grand-Saconnex, un canton de Genève, Anouar Gharbi aurait été l’un des premiers affairistes islamistes à financer le CPR, dès 2001 !!!
Il y a quelque temps j'avais écrit que le Qatar avait changé de Boy en Tunisie et que le tandem Moncef Marzouki & Ali Laarayedh était des plus dangereux mais aussi que le putsch au sein d'Ennahdha était déjà enclenché ...
A bon entendeur ...
L'ALLOCUTION DE TARTOUR :
RépondreSupprimerAprès avoir mis l'huile sur le feu et tenter de diviser les tunisiens, il dit refuser le soulèvement entrepris dans certaines régions et plus particulièrement celles du sud, d'où il est originaire pour contester les résultats des élections.
Il appelle ces populations au calme.
Il est tiraillé entre "l'important" et "l'essentiel" :
- L'essentiel étant l’intérêt de la Tunisie et
- L'important étant sa petit personne, qu'il estime bafouée par des dépassements et des abus lors du second scrutin des présidentielles ... mais dont il demandera justice au tribunal, pour ne pas retarder par des pourvois la passation du pouvoir dont le pays ne devrait pas souffrir !
Il semble que Tartour a retrouvé le bon sens sinon la raison ... puisqu'il a décidé de remettre le pouvoir à BCE le mardi 30 décembre !
Ouf ! On revient de loin !!
Abdennacer LAOUINI RÉPOND A TARTOUR APRES SON ALLOCUTION :
Il décortique les mots et les arguments avancés par tartour ... pour bien montrer l'esprit malade du bonhomme donneur de leçons de démocratie qui qui a trahi tous les principes de démocratie !!
https://www.facebook.com/video.php?v=10152710757437795
APPEL A LA RAISON !
RépondreSupprimerAli Gannoun :
Drôle d'envie le soir d'un 24 décembre.
Choper un des manifestants qui ne veulent pas reconnaître et ni accepter le résultat des urnes et qui se font manipuler par un vaincu qui a perdu son honneur en montant les tunisiens les uns contre les autres mais qui s'est avéré plus inventif dans la discorde que dans la concorde !
Le choper et lui pincer l'oreille comme à un cancre qui a mal fait ses devoirs et qui évoque la mort de son grand père pour justifier son comportement !
Tous ces jeunes qui ont épousé la contrebande par amour ou par nécessité, doivent savoir qu'on ne peut construire en cassant et qu'aucun avenir n'est assuré pour ceux qui cherchent à profiter de la faiblesse de l'état à un moment ou un autre !
Rajouter du désordre à la pauvreté n'est pas du bon sens et obéir à un inconscient, c'est de l'inconscience !!
Il faut revenir à la raison et laisser tomber les fourberies du fou de Carthage !
La perte d'une élection n'est pas une fin en soi, mais la perte de la dignité peut entraîner la fin du monde chez certains !
!..AH..!
Moncef Marzouki, initiateur de ce qu'il dénonce chez son successeur : Kais Sayed.
RépondreSupprimerAbdelaziz Gatri : Lettre à Mohamed Moncef Marzouki, ancien président de la Tunisie.
Monsieur le Président, la mémoire institutionnelle ne saurait être sélective.
Dans une récente intervention sur France 24, vous dressez un réquisitoire sévère contre le régime en place, l'accusant de démanteler l'édifice démocratique issu de la révolution de 2011 et de dissoudre les instances de sauvegarde que votre présidence et vos alliés prétendaient avoir ancrées dans le marbre constitutionnel.
En tant qu'acteur politique indépendant, viscéralement attaché à l'État de droit mais étranger aux errements de la décennie écoulée comme aux dérives autoritaires actuelles, il est un devoir républicain pour moi de vous renvoyer à vos propres responsabilités historiques.
L'amnésie politique ne saurait tenir lieu de ligne de défense : ce qui frappe aujourd'hui la Tunisie trouve pour une large part ses racines dans les renoncements, les calculs et les compromissions de votre propre magistrature.
La domestication originelle de la justice et son naufrage juridique :
Vous déplorez aujourd'hui la mise au pas de l'institution judiciaire. Oubliez-vous que c’est sous votre présidence, et sous la houlette de Monsieur Noureddine Bhiri, alors ministre de la Justice de votre partenaire d'alliance Ennahdha, qu’a été perpétrée la plus grave atteinte à l’indépendance des magistrats ? La révocation arbitraire de 82 magistrats en 2012, opérée d'un trait de plume sans respect des procédures disciplinaires, avait pour seul dessein de terroriser le corps judiciaire pour l'asservir à la Troïka.
Les conséquences juridiques de cet abus de pouvoir furent désastreuses pour la crédibilité de l'État :
• Désaveu total par le Tribunal administratif : Saisie par les magistrats révoqués, la plus haute juridiction administrative tunisienne a suspendu l'exécution de ces révocations, jugeant la décision du ministre totalement illégale et abusive.
• Bafouement de la force de la chose jugée : Votre gouvernement et votre ministre de la Justice ont refusé d'appliquer ces arrêts de justice. En refusant de réintégrer les juges blanchis, la Troïka a instauré une culture de l'insubordination étatique face au droit.
• Jurisprudence de l'arbitraire : En brisant les carrières de dizaines de magistrats sans procès, vous avez créé le précédent juridique et politique précis dont s'inspirent les dérives d'aujourd'hui. On ne peut pas violer la justice hier et pleurer sa mort aujourd'hui.
(Suite : ci-après)
Climat d'impunité et terrorisme politique : le choc des assassinats.
RépondreSupprimerVous vous posez infatigablement en chantre des droits de l'homme et en conscience morale de la transition tunisienne. Pourtant, votre posture se fracasse brutalement sur le bilan sécuritaire et politique de votre mandat. C’est sous l’ère de la Troïka que la Tunisie a basculé dans la violence politique systémique, marquée par les assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi en 2013.
Alors que vous occupiez le palais de Carthage, vos alliés ont toléré, voire encouragé par leur rhétorique laxiste, l'émergence des « Ligues de protection de la révolution » — véritables milices politiques violentes dont vous receviez vous-même les chefs au Palais de Carthage, et qui iront jusqu'à soutenir votre candidature présidentielle en 2019 en appelant leurs membres à voter pour vous — ainsi que l'infiltration des rouages sécuritaires de l'État. Ce climat d'impunité et l'absence de volonté politique réelle pour faire éclater toute la vérité sur ces crimes d'État ont durablement traumatisé la nation. Un défenseur des libertés ne peut s'absoudre d'avoir partagé le pouvoir avec ceux qui ont laissé le sang des opposants politiques couler dans les rues de Tunis, faillant ainsi gravement à votre devoir fondamental de chef d'État, garant de la sécurité et de la cohésion de la nation.
L’Instance Vérité et Dignité : de la justice transitionnelle au règlement de comptes.
Vous invoquez avec nostalgie ces « instances indépendantes » détruites. Que dire de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), érigée dans le sillage de votre gouvernance, sinon qu’elle a trop souvent trahi sa noble mission de réconciliation nationale pour se muer en un instrument de ciblage politique et de vengeance mémorielle ?
Sous une présidence acquise à des logiques de polarisation, cette instance s’est affranchie de l'impartialité requise pour devenir une tribune de règlements de comptes contre l'État tunisien et ses serviteurs depuis l'indépendance, fracturant davantage la communauté nationale au lieu de la suturer. Un tel instrument, dévoyé de son impératif cathartique, ne pouvait constituer un rempart pérenne pour la démocratie.
Le péché originel de la Constitution de 2014.
Vous vous réclamez avec ferveur de la Constitution de 2014, brandie comme l’apogée de votre œuvre politique. Mais la rigueur intellectuelle commande de rappeler une vérité têtue : ni vous-même, durant votre présidence, ni vos partenaires de la Troïka après, n’avez eu la clairvoyance ou la volonté politique de parachever cet édifice, en mettant sur pied la Cour constitutionnelle, pourtant gardienne suprême de ce texte fondamental et unique rempart contre les dérives de l'exécutif.
Ce vide institutionnel abyssal, maintenu par incurie ou par calcul politicien afin d'éviter tout contrôle indépendant sur vos propres décisions, a laissé les clefs de la maison Tunisie à la merci de tous les aventurismes futurs. Si la Cour constitutionnelle avait siégé en son temps, rien de ce qui advint par la suite — ni l’hypertrophie des pouvoirs d’exception, ni la déliquescence de nos équilibres, ni les poursuites et les condamnations dont vous vous plaignez aujourd’hui — n'aurait trouvé le terreau fertile pour s'épanouir.
(Suite : ci-après)
La déchéance du droit de cité moral.
RépondreSupprimerVous invoquez, avec une insistance qui frise désormais l'indécence politique, l’illégitimité du pouvoir actuel pour disqualifier ses décisions et dénoncer le démantèlement des institutions. Soit. Le débat sur la légitimité des gouvernants est le propre de toute réflexion démocratique. Mais de quelle légitimité vous prévalez-vous, vous et vos anciens alliés de la Troïka, pour vous ériger aujourd’hui en gardiens du temple républicain ?
La légitimité politique ne se résume pas à l'arithmétique d'urnes passées — à laquelle vous ne pouvez même pas prétendre personnellement, puisque désigné président, et non élu. Elle se mérite et se conserve par la fidélité aux principes que l'on prétend défendre. En capitulant devant les dérives de votre propre camp, vous avez vous-même scellé la déchéance de votre droit de cité moral.
L'ultime humiliation : le protocole de la soumission.
Mais au-delà des textes bafoués et du sang versé, il est une faillite symbolique que nous, Tunisiens, moi en premier, n'oublierons jamais, car elle a touché au cœur même de la dignité nationale. C’est l’image dégradante de ce jour où l'émir Hamad du Qatar, s'apprêtant à quitter le sol tunisien, s'est tourné vers l'assistance, et donc vers nous tous, pour lancer avec une arrogance inouïe : « Constatez par vous-mêmes, j'apprends à votre président comment se tenir et comment saluer ».
Quelle effroyable ironie de l'histoire ! Cet outrage absolu était adressé au docteur Moncef Marzouki, professeur de médecine, intellectuel, fin lettré, auteur de nombreux ouvrages majeurs sur les libertés. Et devant qui s'abaissait ainsi la fonction présidentielle tunisienne, symbole s'il en est de la souveraineté nationale? Devant un monarque féodal, dirigeant d’un émirat moyenâgeux, parvenu au pouvoir à la faveur d’un coup d’État contre son propre père. En acceptant sans ciller cette leçon de maintien de la part d'un prince à la légitimité dynastique et à la culture rudimentaire, vous n’avez pas seulement abdiqué votre fierté d'intellectuel : vous avez humilié la Tunisie et sa révolution. Vous avez piétiné la souveraineté d'un peuple qui venait de briser ses chaînes pour le soumettre au bon vouloir d’un tuteur étranger.
(Suite : ci-après)
Monsieur le Président, le pouvoir en place a peut-être sapé les institutions actuelles, mais c'est bien la Troïka qui en avait sapé les fondations morales et juridiques. L'histoire ne se refait pas par le verbe. Avant de dénoncer la ruine de la démocratie tunisienne sur les plateaux étrangers, ayez l'honnêteté intellectuelle de reconnaître que vos propres compromissions et les abus de vos alliés ont ouvert la voie à l'autoritarisme que vous combattez aujourd'hui. Votre parole sur France 24 n'est pas celle d'une victime, elle est le reflet d'une certaine élite, aussi incompétente qu’intéressée, qui a sacrifié la révolution et le sang de ses martyrs sur l'autel du pouvoir dont vous même avez dit qu'il était un gateau à partager. Vous n'avez plus la légitimité requise pour donner des leçons de droit à la Tunisie.
RépondreSupprimerS’il me fallait énumérer ici exhaustivement la litanie des méfaits, des trahisons et des outrages que vous et vos alliés avez infligés à la Tunisie, à sa révolution sacrée et à la mémoire de ses martyrs, une vie entière n’y suffirait pas. L'histoire retiendra que le plus grand crime de la Troïka et des gouvernements qui lui ont succédé sous la houlette ou la complicité d’Ennahdha fut d'avoir assassiné l'espoir. C’est précisément l’abîme de vos manquements, la vacuité de vos promesses et l'insoutenable spectacle de vos compromissions et de vos disputes qui ont fini par inoculer le poison du doute dans l'esprit de nos concitoyens. En associant la liberté au désordre, à la corruption institutionnalisée et à l'impunité, vous avez rendu le modèle démocratique odieux aux yeux d'une large frange du peuple tunisien. Si une part considérable de notre nation en vient aujourd'hui à considérer la démocratie non plus comme un idéal, mais comme une abomination ou une luxueuse inadéquation à nos réalités, vous en êtes les premiers et les plus coupables artisans. Vous pensiez bâtir une république, vous n'avez fait que paver la voie au regret de la tyrannie.
Mais sachez que la Tunisie ne se résume ni à vos défaillances passées, ni aux dérives du présent. Il existe et il existera toujours dans cette nation d'authentiques patriotes — de la même trempe que ceux qui ont vaillamment tenu tête au colonialisme, bravé l'autoritarisme des régimes de Bourguiba et de Ben Ali, et rejeté les errements de la Troïka comme ceux des gouvernements nés d'arrangements politiques indécents. Ce sont ces femmes et ces hommes de conviction qui sauront, le moment venu, relever le pays et sauver la Tunisie de la déchéance dans laquelle vos renoncements l'ont plongée.
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