lundi 20 février 2012

CHEIKH MOUROU DÉNONCE LES DÉRIVES DE SES AMIS

Ou le double langage du camélon Mourou, vitrine de l'islamisme "modéré" des Frères musulmans nahdhaouis ?
Article paru dans : Kapitalis



Abdelfattah MOUROU sur Nessma, dans l'émission "Le Dimanche Politique" du 19 février 2012 :

Le cofondateur avec Ghannouchi du premier parti islamiste en Tunisie, devenu depuis Ennahdha, étonne par sa modération, son raisonnement empreint du malékisme qu'il ne cesse de revendiquer, et dont il rappelle les principes : la bonne mesure en TOUT ; réfléchi et intelligent ; toujours en intelligence avec la réalité de la société tunisienne et de l’époque ; connu pour sa tolérance et son ouverture ..... alors que Ghannouchi et son parti semblent s'être écartés de ce en quoi Mourou croyait.
Il semble même que le discours de Mourou ait changé.

Se serait-il émancipé de son encombrant ami Ghannouchi ? Réalise-t-il que ses amis sont allés trop loin dans « l’islamisation » à des fins électoralistes de la Tunisie qu’ils livrent à tous les pseudo-prêcheurs étrangers , au risque de convertir les tunisiens au wahhabisme et à d’autres extrémismes d’importation, heurtant par la même la sensibilité tunisienne empreinte d’un malékisme ancestral et bien implanté en Tunisie ?
Ghannouchi aurait-il trompé aussi Mourou comme il a trompé les tunisiens ? 

On sent chez Mourou un attachement viscéral à la Tunisie et à ses valeurs qu’on ne trouve pas chez Ghannouchi. Cela trahit-il pour autant chez Mourou un réel nationalisme ?
Alors que Ghannouchi, ne se cache plus de son panislamisme ni de son panarabisme, reprenant les thèses qui avaient séduits en leur époque Salah Ben Youssef, dont le père de Moncef Marzouki était partisan, ce qui l’a contraint à s’exiler au Maroc.
Tel père tel fils, Marzouki est panarabiste lui aussi, puisque bien que président provisoire, il veut relancer le projet du Grand Maghreb dans l’impasse depuis presque 20 ans ! Et souhaite participer au règlement des problèmes des autres (Syrie, Libye…), alors que la Tunisie est toujours empêtrée dans ses propres problèmes ! Ceci explique cela. 
Ce qui étonne Mourou de voir ce président s'occuper de "son" panarabisme, comme s'il n'avait pas assez à faire pour les tunisiens dans la panade ! Il sourit de la naïveté des pan arabistes qui se persuadent d’unir tous les peuples arabo-musulmans sous la houlette d’un Chef unique (de Calife diront les panislamistes). Ce qui est une pure lubie, dit Mourou, car chacun voudra être le Chef.
Ce qu’il résume par le dicton tunisien «  chaque chat chasse pour lui-même ».

Mourou a été écouté avec beaucoup d'attention et ses réponses semblent satisfaire les 3 animateurs de l'émission ainsi que le public présent sur le plateau de l'émission. J’imagine que ses paroles ont du mettre du baume au cœur de million de tunisiens inquiets et malmenés par le gouvernement Jebali. 
Il a été chaleureusement applaudi pour ses points de vus et ses réponses sur les questions qui agitent la société tunisienne, relatives :
- à la religion, au mariage coutumier, à l'excision..., qu’il condamne fermement dénonçant le mépris de leurs adeptes pour la femme tunisienne.
- Il exhorte les jeunes filles de ne pas se laisser embarquer dans ce type de mariage, illégal au regard du droit tunisien, et qui n’honore pas l’islam qui respecte la femme.
- les prêcheurs étrangers, auraient du passer par la case du ministère du culte ou de l’éducation pour être autorisés à officier en Tunisie, et non venir par effraction semer la zizanie parmi la population ; dit-il.
- Quand aux prêches, Abdelfattah Mourou rappelle aux prêcheurs étrangers qu’ils ne doivent pas confondre la religion avec la tradition culturelle de leur pays d’origine. En cela, rappelle-t-il, ils ont fauté de vouloir convertir les tunisiens à des pratiques qui leur sont totalement étrangères, au nom d’une lecture erronée des préceptes de l’Islam.
- Ils font injure à l’Islam en prônant de telles inepties, dit-il ! 
- si les prêcheurs trouvent un terrain propice en Tunisie, la faute incombe à Bourguiba, dira-t-il, qui a réduit le rayonnement de notre célèbre université la Zitouna. Il a exprimé le regret que Bourguiba ait démantelé cette institution célèbre dans toute l’Afrique du Nord et ailleurs alors qu'elle aurait pu accompagner la politique de modernisation de la Tunisie, dans un esprit d’ouverture en poursuivant son travail de réflexion.
- le droit de la femme, dont la tunisienne est la première à avoir bénéficié, puisque le contrat de mariage existait bien avant l'indépendance, doit être maintenu et complété.
- le statut de la famille et de la femme, uniques en leur genre doivent être préservés eux aussi.
- Mieux encore, il faut les pousser plus loin pour atteindre l’égalité entre homme et femme en matière d’héritage, en finalisant le droit des femmes à l’héritage. 
- Il exhorte par conséquent les femmes à défendre leurs droits !
- Il rappellera que la constitution de 1959 est inspirée par la chariâa de l’Imam Malek. Par conséquent il pense que quelques modifications nécessaires suffiraient pour donner aux tunisiens la constitution attendue.
- Il recommande même que l’on conserve en l’état l’article 1 de cette constitution !
- il insiste que la constitution ne doit pas faire l’objet de calcul partisan. Elle doit réunir le consensus le plus large possible pour que les tunisiens ne soient pas obligés d’en changer tous les 5 ans.
- à ceux qui se hasarderaient à ce calcul, il leur rappelle que le peuple les « dégagera » comme il a dégagé Ben Ali.
- Il rappelle au gouvernement Jebali qu’il est provisoire et en tant que tel, les tunisiens n’attendent pas de lui de faire des plans et des projets sur 5 ou 10 ans : son rôle est de parer au plus urgent.
- Car avoue-t-il, ce gouvernement n’a pas de programme économique : c’est tout juste si le parti Ennahdha commence à en élaborer un.
- Juriste (étant lui même avocat) et légaliste, il rappelle au gouvernement et à ses amis d’Ennahdha les règles démocratiques : il précise que ni le président ni le premier ministre n’ont été élus par le peuple. Ce qui sous entend qu’ils n’ont pas la légitimité nécessaire pour outre-passer le rôle que les constituants leur ont affecté.
- Quand au choix entre régime présidentiel ou parlementaire : il rappelle que les deux peuvent conduire vers une dictature. Donc, rappelle-t-il aux constituants, l’essentiel est de trouver les parades pour empêcher les dérives totalitaires.
- Il s’étonne qu’on n’ait pas donné plus de places et de postes à responsabilité, à la jeunesse tunisienne, pourtant à l’origine de la révolution tunisienne.
- ......

Il s'exprime dans un style tunisois truffé d’anecdotes et de citations populaires qui le rapprochent des tunisiens. Bref, il rassure. Serait-il un rempart aux dérives de ses anciens amis d'Ennahdha ? Il faut l'espérer.

Avant les élections d’octobre 2011, j’avais rédigé un appel à Yad Ben Achour, notamment auteur de "La deuxième Fatiha", dans lequel je soulignai qu’il me paraissait le mieux placé parce qu’il était à la fois attaché à la culture musulmane de la Tunisie mais aussi ouvert à la démocratie et au respect des droits de l’homme.

Il me semble que Mourou pourrait lui aussi jouer ce rôle de pivot central entre les partisans d’un parti respectant la culture musulmane tunisienne et les progressistes. Il faudra y venir car la Tunisie n’a rien à gagner à cette division que l’on sent de plus en plus profonde et qui n’est que le résultat de l’extrémisme alors que le génie de ce peuple est dans la modération.

Certains expriment une grande méfiance à l’égard d’Abdelfattah Mourou qui aurait tenu, dans le passé d’autres discours. Qui n’évolue pas ? L’essentiel pour les Tunisiens n’est-il pas que les choses soient clairement dites : ils ne veulent pas d’un islam de combat, venu de pays étrangers et complètement étranger à leur culture. Que Mourou dise clairement que les Tunisiens sont des Malékites, tolérants,  ouverts et pacifistes mais ne sont ni des salafistes ni  wahhabites, c’est très bien. Il faut lui en savoir gré de le rappeler à tous ceux qui voudraient diviser les tunisiens en une multitude d’obédiences à des fins politiques intérieures mais aussi extérieures. Car il est connu, pour régner vaut mieux diviser.
Or les premiers bénéficiaires de la divisions des tunisiens sont ceux qui financent l’extrémisme et sèment la fitna parmi eux : les monarques d’Arabie et du Golfe qui font tout pour faire avorter la révolution tunisienne, trop dangereuse pour leur trône et leur propre survie.

Il était temps qu’un tel homme, cofondateur d’Ennahdha mais aussi ancien élève de la Zitouna, et quelque soit son degré de sincérité, remette les pendules à l’heure et rappelle à ses amis d'Ennahdha que la Tunisie est malékite depuis des millénaires ! Qu’il leur faut  par conséquent respecter l’identité tunisienne façonnée par cette obédience.
Le discours de Mourou a du conforter tous les tunisiens dans leur rejet du salafisme et du wahabisme non conformes au génie de ce peuple.

Rachid Barnat

PS : Mourou est aussi un homme politique. Et comme tous les hommes politiques il « s'adapte » à l'air du temps !
Tous ont leur double "facette".
Pour rappel :
- Marzouki et ses beaux discours de « droit-de-l’hommiste », de même
- Ben Jaafar et ses promesses...jusqu'à
- Ghannouchi qui nous promettait ne pas toucher au Code de la famille et au statut de la femme; et promettait de conserver un Etat Civil..... Pourtant de jour en jour nous réalisons à quel point ils mentaient !!!
Je continue ?

Le mérite de Mourou est que, pour une fois, quelqu'un du sérail dise haut et fort que la Tunisie est MALEKITE ! Et mette en garde ceux qui y laissent se propager d'autres obédiences (salafistes, wahhabites ….) aussi dangereuses les unes que les autres. N'est- ce  pas une avancée en soi ? Alors que l'opposition à peine audible, semble dépassée par le déferlement des islamistes sur la Tunisie.
Je répété, quelque soit le degré de sincérité de Mourou, c'est le fond de son discours que j'apprécie. Il fallait absolument que quelqu'un le dise et il est bien placé pour le faire. Chacun pourra se servir de son analyse pour combattre les formes rétrogrades de l'islam.

Quant à ceux qui croient que le fait d'être "islamiste" est une garantie suffisante de moralité et d'honnêteté, ils découvrent, s'ils sont assez honnêtes intellectuellement pour l'admettre, que ces hommes sont comme les autres hommes politiques simplement avides de pouvoir et prêts à tout pour cela !!!!

La stratégie de Mourou est une stratégie politique comme bien d'autres.... Aux partis de l'opposition de la contrer par leur propre stratégie. En ont-ils une seulement ? Il serait temps qu'ils s'unissent et unissent leurs efforts en ce sens. Seront-ils raisonnables ?
Pour le moment c'est la société civile qui "assure" avec ses propres moyens contre la vague d’islamisation mise en place par le gouvernement et son parti détenant la majorité : c'est à dire sa seule VOLONTÉ ! Car, hélas, on n'entend pas beaucoup les politiques !

L'homme politique rêvé : c'est une utopie ! Il faut s’accommoder de ce qu'on a en écartant les pires.
Ceux qui ont cru au "sauveur" Ghannouchi arrivé de son exil Londonien sur son cheval blanc, blanc comme neige lui-même, en sont pour leur frais !


2 commentaires:

  1. UN TÉMOIGNAGE DE MOUROU (voir vidéo) SUR LA PROBITÉ DE BOURGUIBA ET DE SES HOMMES : à travers deux anecdotes,

    - Monji Slim recevant Dag Hammarskjöld en escale à Tunis, qui pour ne pas puiser dans les caisses de l'Etat, a organisé un repas chez lui à Gammarth, préparé par sa soeur.
    Il fera honneur à la Tunisie malgré les déboires rencontrés pendant la préparation du repas et surtout du décès de sa soeur suite à l'explosion de la bouteille de gaz !
    Ce que n'apprendra Dag Hammarskjöld, qu'une fois rentré à New York au siège de l'ONU !

    - Bourguiba Junior voulant meubler l'ambassade de Tunisie aux USA. L'Etat n'étant pas riche, Bourguiba restaure des meubles saisis dans le palais beylical et les envoie pour meubler l'ambassade tunisienne ... ainsi que l'ancienne voiture du Bey, repeinte pour la rafraîchir.

    Mourou, admiratif du sens de l'Etat de Bourguiba et de ses hommes, rappelle aussi que cet homme a fait rayonner l'image de la Tunisie entre les nations et qu'on lui doit à lui et à son équipe (tous jeunes, la trentaine) d'avoir bâtit un état moderne une nation tunisienne !

    Aucune commune mesure avec la bande de voleurs du gouvernement Ghannouchi ! ... dont l'unique but semble à qui se remplira les poche le plus et s'enrichisse le plus vite !!

    Ce que semble dire Mourou, quand il dit n'est pas Bourguiba qui veut !!

    Vidéo : http://www.facebook.com/photo.php?v=407664642592272&set=vb.314167131958420&type=2&theater

    On se demande à quoi joue Mourou ?

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  2. POUR RAPPEL :
    LE CAMÉLÉON Abdel Fatah MOUROU, " VITRINE DE L'ISLAM MODÉRÉ ", TRAHI PAR SES DISCOURS : écoutez ce qu'il disait à Wajdi Ghanim le prédicateur égyptien des Frères musulmans !

    Et dire que Ghannouchi ose mentir et renier son appartenance à la secte des Frères musulmans, depuis que cette organisation est tombée en disgrâce auprès d'un bon nombre de pays; lui qui fait parti du bureau politique de cette organisation mondiale du terrorisme !

    http://www.youtube.com/watch?v=Fo72WMcC11I

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