lundi 19 octobre 2026

Sunnites et chiites : quelle différence ?

A l'ère des fumeuses "Révolutions du Printemps Arabe", certains opportunistes comme les panislamistes et les panarabistes, tentent de remettre en cause l'identité religieuse des peuples ... alors que ces peuples se soulevaient contre leur dictateur et réclament "liberté, dignité et travail".
Les Tunisiens tomberont-ils dans leur panneau pour rejeter leur identité religieuse façonnée durant des siècles par le malékisme & le soufisme et adopter le wahhabisme et le chiisme qu'ils leur proposent ?

R.B

Deux voisins s’agenouillent côte à côte. Même direction, même Dieu, même livre. Pourtant, l’un se dit sunnite, l’autre chiite. Qu’est-ce qui les sépare, et depuis quand ? Voici la différence entre sunnites et chiites, expliquée par les dates, les textes et les chiffres.

Ce qu’il faut retenir


1.        Le désaccord naît en 632, à la mort de Mohamed.

2.        Les sunnites suivent un calife choisi, les chiites un imam descendant d’Ali.

3.        Les deux courants partagent le Coran, les cinq piliers et le ramadan.

4.        Kerbala, en 680, devient l’épisode fondateur de la mémoire chiite.

5.        Les chiites forment une minorité, concentrée surtout en Iran et en Irak.

Différence entre sunnites et chiites : une querelle de succession

Tout commence en 632. Mohamed meurt, et la communauté perd son seul chef, à la fois guide religieux et maître d’un jeune État. Qui prend la relève ? Personne ne s’accorde.

Imaginez une entreprise dont le fondateur disparaît sans testament clair. Le conseil d’administration nomme un directeur. La famille, elle, réclame le poste pour le gendre. Voilà la fracture en miniature. Pomme de discorde : le fauteuil du Prophète.

Pendant qu’Ali et les proches préparent les funérailles, des compagnons se réunissent et désignent Abou Bakr comme premier calife. Les sunnites retiendront cette voie. Mais pour les chiites, Ali, cousin et gendre de Mohamed, devait recevoir la charge. Deux lectures, un seul héritage.

Les décennies suivantes durcissent le désaccord. Quatre jalons suffisent pour suivre le fil :

  1. 632 : mort de Mohamed ; Abou Bakr devient le premier calife.
  2. 656 : assassinat du troisième calife, Othmân ; Ali prend la tête de la communauté.
  3. 661 : assassinat d’Ali ; Muʿawiya instaure le califat héréditaire des Omeyyades.
  4. 680 : à Kerbala, Hussein, fils d’Ali, périt avec ses proches face aux armées omeyyades.

Kerbala scelle la rupture. Pour les chiites, ce massacre devient l’épisode fondateur de leur identité. 

Là où cela devient fascinant : une dispute d’abord politique a fini par engendrer toute une théologie. La lignée d’Ali, simple argument de pouvoir au départ, a pris au fil des siècles un poids doctrinal central.

Deux noms, deux boussoles

 

Les mots trahissent déjà l’essentiel :

- « Sunnite » dérive de sunna, la ligne de conduite de Mohamed : ses actes, ses paroles, ses silences. 

- « Chiite » vient de chi’a, les « partisans », ceux d’Ali. L’un se définit par une tradition. L’autre, par la fidélité à une personne et à sa descendance.

 

Un propos attribué à Mohamed lors de son pèlerinage d’adieu, rapporté notamment par At-Tirmidhi, concentre toute la querelle : « Celui dont je suis le mawla, Ali est aussi son mawla. »

Or mawla admet plusieurs sens. 

Les sunnites y lisent « ami » ; les chiites, « maître ». 

Un mot, deux avenirs.


Calife contre imam : qui guide les croyants ?


L’autorité, première ligne de faille

 

Côté sunnite, le calife reste un homme ordinaire, choisi par ses pairs. Le système religieux y paraît moins hiérarchisé, sans clergé à proprement parler. 

Côté chiite, le guide doit descendre de la famille du Prophète. L’imam reçoit son autorité directement de Dieu et détient, selon la doctrine, la connaissance du sens caché du Coran et l’infaillibilité.

 

Mohamed clôt la lignée des prophètes. Qui garantit alors la juste lecture de la révélation ? Pour les chiites, l’imam. Chez les duodécimains, branche majoritaire du chiisme, chaque croyant choisit aussi son ayatollah, appelé marjaâ, suit ses avis et lui verse sa dîme.

Les textes : même Coran, autres bibliothèques

Les deux courants s’appuient sur le Coran, puis sur les hadiths, ces récits des paroles et des actes de Mohamed. Mais ils ne retiennent pas les mêmes. 

Les sunnites se fient surtout à six grands recueils, dont ceux de Bukhari et de Muslim. 

Les chiites mettent ces « six livres » en doute et ajoutent la parole de leurs imams. Leur socle compte quatre ouvrages, parmi lesquels al-Kâfî.

Pour fixer les idées, ce tableau rassemble les écarts majeurs :

 

Critère

Sunnites

Chiites

Successeur de Mohamed

Abou Bakr, choisi par les compagnons

Ali, désigné selon eux par le Prophète

Rôle d’Ali

Quatrième calife

Premier imam

Chef de la communauté

Calife, homme ordinaire choisi par ses pairs

Imam, descendant d’Ali, guide infaillible

Clergé

Aucun clergé, système peu hiérarchisé

Clergé hiérarchisé, avec des ayatollahs chez les duodécimains

Hadiths de référence

Six recueils canoniques

Quatre livres, avec la parole des imams

Achoura

Jeûne facultatif, mémoire de Moïse

Jour de deuil pour Hussein

Poids dans l’islam

85 à 90 %

Entre 10 et 20 % selon les estimations

 
Un socle commun plus large qu’on ne l’imagine

 

Reprenez l’image d’un immeuble : même fondation, deux cages d’escalier. Sunnites et chiites croient à un Dieu unique et reconnaissent Mohamed comme son messager. Ils partagent le Coran et les cinq piliers, jeûne du ramadan compris. Les chiites suivent-ils donc un autre prophète ? Non.

 

Même calendrier de fêtes, pour l’essentiel. L’Aïd el-Fitr clôt le ramadan, l’Aïd el-Kebir couronne le pèlerinage. Quant à l’anniversaire de Mohamed, le Mawlid, il tombe le 12 du mois de rabia al-awal pour certains sunnites, le 17 pour les chiites.

 

Un seul jour change pourtant de visage : l’Achoura, dixième jour du mois de mouharram :

- Les sunnites y observent un jeûne facultatif, en souvenir de Moïse sauvé de Pharaon. 

- Les chiites, eux, y pleurent Hussein, avec des cérémonies publiques durant les dix premiers jours du mois. 


Même date, deux mémoires.

 

La prière elle-même ménage des nuances. Tous prient cinq fois par jour, mais les chiites peuvent regrouper ces prières en trois temps. Certains posent aussi leur front sur un petit disque d’argile, le mohr, parfois façonné avec la terre de Kerbala.


162 à 211 millions de chiites : une carte à lire de près

 

Le Pew Research Center estimait en 2010 le nombre de chiites entre 162 et 211 millions, face à environ 1,4 milliard de sunnites. Minorité, donc. Mais minorité très concentrée.

L’Iran en abrite à lui seul 66 à 70 millions, soit 90 à 95 % de ses musulmans selon l’estimation de 2009. 

L’Irak penche légèrement du même côté : en 2011, 51 % des musulmans irakiens se disaient chiites, contre 42 % de sunnites. 

L’Azerbaïdjan et Bahreïn affichent des majorités chiites de 65 à 75 %.

Les sunnites, eux, dominent l’Afrique du Nord, la péninsule arabique, la Turquie, l’Asie centrale, le Pakistan et l’Indonésie. Pourtant, on les croise aussi en Iran, en Irak ou au Liban. La carte colle-t-elle aux clichés ? Rarement. 

Voici les ordres de grandeur, d’après l’estimation du Pew Research Center de 2009 :

 

Pays

Chiites (en millions)

Part des musulmans du pays

Iran

66 à 70

90 à 95 %

Irak

19 à 22

65 à 70 %

Pakistan

17 à 26

10 à 15 %

Inde

16 à 24

10 à 15 %

Azerbaïdjan

5 à 7

65 à 75 %

Piège :

Confondre « chiite » et « iranien ».

L’erreur la plus courante consiste à tenir tous les chiites pour des Iraniens. 

Elle naît d’un amalgame entre une religion et un État : l’Iran est devenu chiite d’État en 1502. Or il n’abrite qu’environ 40 % des chiites du monde. L’Irak, le Pakistan et l’Inde en comptent chacun plus de 16 millions. À l’inverse, 5 à 10 % des musulmans d’Iran ne sont pas chiites.

Des familles dans la famille

Parler de deux blocs simplifie à l’excès. Existe-t-il un chiisme unique ? Non. Un sunnisme unique ? Pas davantage.

Chez les chiites, l’an 765 marque une première fêlure. À la mort du sixième imam, Jafar as-Sadiq, la succession sépare les futurs duodécimains des ismaéliens. 

Trois courants dominent aujourd’hui : 

- les duodécimains, 

- les ismaéliens et 

- les zaydites.


Les duodécimains, majoritaires en Iran, en Irak et parmi les musulmans du Liban, suivent douze imams. Le dernier, al-Mahdi, disparaît en 874. Il reviendra, croient-ils, établir la justice à la fin des temps. Les ismaéliens nizarites, eux, reconnaissent un imam vivant, titré Aga Khan. Quant aux zaydites, surtout implantés au Yémen, ils se rapprochent du sunnisme : ni ayatollahs, ni malédiction des califes sunnites.

 

Cette attente a longtemps tempéré les ambitions politiques des duodécimains : en l’absence du douzième imam, aucun pouvoir ne paraît pleinement légitime. La révolution iranienne de 1979 a rompu en partie avec cette patience, en bâtissant un régime à la fois religieux et politique. Tous n’ont pas suivi.


Du côté sunnite, la diversité ne manque pas non plus. Quatre écoles juridiques, issues d’Abou Hanifa, de Malik, d’al-Chafii et d’Ibn Hanbal, se reconnaissent mutuellement. 

Trois écoles théologiques coexistent : 

- l’acharisme, 

- le maturidisme et 

- l’atharisme. 

- Le soufisme y ajoute une voie mystique.


Sunnites et chiites : l’affrontement est-il écrit d’avance ?

 

Faut-il y voir une haine millénaire ? Pas vraiment. L’histoire mêle voisinage et heurts, et la politique a souvent pesé plus lourd que la doctrine.

Prenez 1502. Le chah Ismaïl 1er fait du chiisme la religion d’État de la Perse, notamment pour se démarquer des Ottomans, défenseurs du sunnisme. Une identité religieuse sert alors de frontière politique. En Irak, des combats confessionnels ont encore ensanglanté le pays jusqu’en 2008.


Mais le rapprochement compte aussi ses jalons. En 1931, un congrès islamique réunit sunnites et chiites à Jérusalem. Aujourd’hui encore, la semaine qui sépare les deux dates du Mawlid porte le nom de semaine de l’unité, une tradition instaurée par Khomeini. 

Le dialogue existe.


Remarque


La proximité tempère le rejet plus qu’elle ne l’attise

 

Le Pew Research Center a interrogé des musulmans dans 39 pays en 2011 et 2012. En Irak, où chiites et sunnites partagent les mêmes villes, 14 % des sunnites ne considèrent pas les chiites comme musulmans. En Égypte, pays à forte majorité sunnite, ce taux atteint 53 %. Deux pays ne suffisent pas à fonder une règle. L’écart intrigue pourtant : le rejet pèse plus lourd là où l’on côtoie peu l’autre communauté. Le même sondage éclaire l’étiquette elle-même : seuls 5 % des musulmans irakiens se disent « juste musulmans », contre 74 % au Kazakhstan et 56 % en Indonésie. Là où les deux courants se frottent, l’appartenance compte davantage.

Retenez l’essentiel : la fracture est née d’une succession, pas d’un autre dieu. Elle a grandi avec les siècles, les dynasties et les frontières. Mais une même fondation continue de porter les deux édifices.

mardi 6 octobre 2026

Lettre ouverte d'une prisonnière politique

Dans sa lettre du 5 octobre 2026, depuis sa prison de Bulla regia, Abir Moussi dénonce les abus de la justice et démontre comment le pouvoir en place l'instrumentalise pour l'écarter de l'action politique comme de son propre parti, le PDL, donnant la preuve de sa détention politique pour l'empêcher de concourir à la présidence de la République.

Elle déplore la traîtrise de certains membres du bureau plique du PDL qui se compromettent avec ses ennemis; et met en garde les adhérents et les sympathisants du PDL, contre les manœuvres du pouvoir en place et de celles des infiltrés du PDL, pour l'écarter définitivement afin de pouvoir changer la ligne politique du parti pour le disloquer de l'intérieur et le rendre malléable, et le mettre au service du pouvoir en place.

Ce qui rappelle le triste sort de Nidaa Tounes, l'autre parti destourien, dont BCE avait trahi la ligne politique qu'il résumait dans sa formule : " Nidaa et Ennahdha, sont 2 lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais", qu'il avait fini pourtant par croiser; et dont le fils avait fini par achever, en le transformant en coquille vide !

Or l'ADN du PDL et sa ligne politique est, et doit rester : " pas d'instrumentalisation de la religion en politique * ". Donc rejet des islamistes et de ceux qui ont pactisé avec eux ou admettent de s'allier à eux !

Abir Moussi reste et doit rester le chef de son parti !

Pour ceux qui veulent écarter Abir Moussi parce qu'empêchée du fait de son emprisonnement politique, qu'ils se rassurent, cela est arrivé aussi à Habib Bourguiba chef du parti Destourien, qui malgré les années d'emprisonnement, malgré les déportations et malgré les exils forcés, jamais sa position à la tète du parti ne lui fut contestée ni remise en cause. Le Parti n'a ni abandonné la lutte ni écarté son leader : il avait poursuivi son action grâce à ses statuts.

Alors faut-il que Abir Moussi subisse une double peine : celle que lui inflige KS pour l'écarter de la course à la présidence et celle que les siens voudraient lui infliger pour l'écarter de la présidence du PDL ? !!!

Que ceux qui ont des ambitions personnelles et pratiquent la politique du coucou, pour faire un hold-up sur le PDL, aillent voir ailleurs.

C'est aux destouriens de rester unis autour de leur cheffe pour préserver le PDL des attaques de ceux qui rêvent de le voir disparaître.

R.B

* Comme le stipulait la constitution de 1957.


Bulla Regia, le 5 octobre 2026,

À l'opinion publique nationale,

Chers Tunisiens, recevez mes salutations patriotiques les plus chaleureuses.

C'est en ce jour, le 5 octobre 2023, qu'a été émis à mon encontre le premier mandat de dépôt à la prison pour femmes de Manouba, dans le cadre du dossier dit du « Bureau d'ordre » — une affaire qui restera une tache indélébile sur le front de tous ceux qui l'ont orchestrée, exécutée ou qui sont restés silencieux à son sujet.

Après trois années de détention arbitraire, d'injustice, de répression, de harcèlement judiciaire et politique, ainsi que de violences de toutes sortes, je vous adresse cette lettre en réaction aux événements politiques et juridiques de la semaine écoulée. Mes harceleurs ont confirmé que la haine et la colère du pouvoir en place comme de ceux dont les intérêts convergent avec les siens, qu’ils nourrissent à mon égard se sont intensifiées et enracinées, au point de risquer de prendre des formes et des dimensions encore plus dangereuses dans la période à venir.

Premièrement : le 29 septembre 2026 restera une journée noire dans l'histoire de la Cour de cassation. Cette juridiction — garante de la légalité, instituée pour assurer la bonne application des textes, rectifier le cap et rétablir les droits lorsque les juridictions du fond s'écartent de la voie du droit — s'est permis de bafouer le système de procédure pénale.
Elle a en effet examiné des affaires criminelles ayant donné lieu à de lourdes peines d'emprisonnement avant même l'expiration du délai de trente jours — accordé par l'article 263 bis du Code de procédure pénale à l'avocat du requérant pour déposer ses moyens de cassation — et a confirmé des arrêts d'appel entachés de violations et d'abus juridiques sans précédent.

On pourrait se demander pourquoi le système procédural a été manipulé pour avancer les dates des audiences au 29 septembre 2026, alors que la loi ne permettait de les fixer qu'à partir du 5 octobre 2026.

Une fois la raison connue, l'étonnement disparaît : au moins deux motifs justifient cette atteinte flagrante à mes droits.

Le premier motif est que le pouvoir a voulu conférer un caractère définitif aux lourdes peines de prison — celles-là mêmes qui m'écarteraient de la scène politique jusqu'en 2036 — afin d'adresser un message aux participants au « Congrès de la Fidélité » (prévu les 3 et 4 octobre 2026) : Abir Moussi est finie ; il faut donc lui trouver un successeur et cesser d'espérer son retour prochain. On escomptait ainsi que ce choc judiciaire provoquerait le report du congrès, ce qui ne s'est finalement pas produit.

La deuxième raison est que les autorités ont décidé de me sanctionner et de m'exclure du bénéfice de la révision de l'article 24 du décret-loi n° 54, qui a supprimé la peine d'emprisonnement ; si l'affaire avait été programmée au début du mois d'octobre conformément à la loi, j'aurais bénéficié d'une réduction de deux ans de ma durée de détention.

L'obstacle auquel l'autorité s'est heurtée pour exécuter la décision de sanction — prévoyant notamment une exception à la remise de peine de deux ans d'emprisonnement — résidait dans la nécessité d'adopter ses décrets estivaux après le prononcé d'un jugement définitif à mon encontre dans l'affaire dite « ISIE - 2 ». Or, elle a été confrontée à la reprise des activités parlementaires la semaine dernière, marquée par l'annonce de la tenue de réunions des commissions ; ainsi, attendre le début du mois d'octobre lui aurait fait perdre le droit d'exercer le pouvoir législatif durant les vacances parlementaires. Il ne lui restait donc d'autre choix que d'avancer l'examen des affaires me concernant et de faire prononcer des jugements définitifs à mon égard, ce qui a conduit à la tenue du Conseil des ministres le jour même du prononcé de ces jugements, soit le 29 septembre 2026. Les amendements aux décrets ont été publiés au Journal officiel le 30/09/2026, moins de 24 heures après le prononcé desdits jugements.

Ainsi, Tunisiens, vous pouvez constater le lien étroit entre la décision politique et la décision judiciaire, entre temps judiciaire et calendrier politique ; je vous laisse, à vous ainsi qu'à l'histoire, le soin de commenter cette injustice et cette persécution.

Deuxièmement : le 2 octobre 2026, une ordonnance de référé « d'heure à heure » a été rendue, ordonnant la suspension des travaux du congrès « Al-Wafaa » (Loyauté), prévu pour les 3 et 4 octobre 2026, avec autorisation d'exécution provisoire sur minute en raison de l'urgence.

Ce qui importe dans cet événement politique — masqué, comme à l'accoutumée, par une décision judiciaire — c'est la preuve de l'implication du pouvoir dans l'empêchement de la tenue de ce congrès.

Celui-ci aurait dû aboutir à mon élection pour un nouveau mandat à la tête du parti, une perspective totalement inacceptable pour les décideurs au sein du pouvoir ainsi que pour ceux dont les intérêts convergent avec les leurs.

Cette implication est démontrée par les éléments suivants :

1- La justice a abandonné l'approche qu'elle adoptait précédemment — sous le régime mis en place le 25 juillet 2021 — lorsqu'elle a été saisie de requêtes en référé visant à suspendre les travaux du congrès du parti « Hizb ut-Tahrir », lequel prône ouvertement le renversement de la République et l'instauration d'un califat.
À l'époque, la décision rendue en faveur de cette organisation avait rejeté la demande au motif que la justice n'était pas compétente pour suspendre les activités des partis légalement agréés, cette prérogative relevant exclusivement de la Présidence du gouvernement.
Or, aujourd'hui, la justice se mobilise pour rendre, dans des délais records, une décision suspendant les travaux du congrès du Parti destourien libre (PDL) — une formation attachée à la République et au régime civil — s'arrogeant soudainement, comme par enchantement, une compétence qu'elle n'avait pas auparavant.

2- L'autorité a annoncé sa décision d'interdire la tenue du congrès en empêchant le parti d'accéder aux espaces publics et privés nécessaires à cet effet ; elle est donc directement impliquée dans la décision d'entraver cette échéance électorale démocratique et ne saurait se soustraire à sa responsabilité quant à la violation des dispositions du décret régissant l'activité des partis, lequel impose à l'autorité de ne pas entraver l'action partisane.

3- La fixation de l'audience en référé « d'heure à heure », alors qu'il n'existe aucun motif d'urgence — la date du congrès étant connue de tous, et en premier lieu du demandeur qui a intenté l'action dès le 13 août 2026 —, constitue une démarche totalement étrangère au champ de compétence du juge des référés.
À cet égard, je rappelle aux autorités qu'une demande de fixation d'audience en référé « d'heure à heure » avait été rejetée en juin 2026 ; cette demande visait à suspendre les élections législatives partielles organisées par l'instance électorale après l'expiration du mandat de son conseil le 9 mai 2026.

4- La validation, par la juridiction — laquelle est pilotée par l'autorité via des notes de service —, de la manœuvre frauduleuse de la partie demanderesse concernant la signification de la convocation ; en effet, celle-ci s'est limitée à signifier l'acte au siège du parti à Tunis, alors qu'elle savait pertinemment que la représentante légale du parti était détenue à la prison de Bulla Regia (Jendouba). Il lui incombait de signifier la convocation tant à l'adresse du parti qu'à celle de sa représentante légale ; de surcroît, bien que la requête ait été déposée au greffe du tribunal dès le 30/09/2026, la signification de la convocation n'a été effectuée que le 02/10/2026 à huit heures et quart du matin pour une audience fixée à neuf heures, rendant ainsi impossible pour la représentante légale d'avoir connaissance de cette audience.
Il est indéniable que cette manœuvre est délibérée, sachant que les putschistes avaient déclaré vouloir recourir à toutes les actions ou déclarations de leur choix ce vendredi-là, convaincus que je ne serais informée de leurs agissements que le lundi, lors de la visite des avocats du collectif de défense. Je me réserve le droit de poursuivre les auteurs de cette irrégularité.
Il est inutile de s'attarder sur le refus d'accorder un report — qui aurait permis à la défense de répondre à la requête et de contester les éléments qu'elle contient — tant ce refus témoigne d'une partialité flagrante du tribunal à l'encontre du parti et de sa présidente.

Au vu de ces faits, la question qui se pose est la suivante : quel est l'intérêt de toutes les actions entreprises par les putschistes et quelle est la finalité d'empêcher la tenue du congrès du parti ?

Les instigateurs du putsch ignorent-ils que les statuts sont d'une clarté absolue ? Ils stipulent que la vacance de la présidence du parti ne survient qu'en cas de démission — laquelle doit être écrite, signée (avec légalisation de signature) et déposée au bureau d'ordre central du parti par l'intéressé — ou en cas de décès. En dehors de ces cas, l'impossibilité pour le président d'exercer ses fonctions, quelle qu'en soit la raison, n'est pas considérée comme une vacance ; il est expressément stipulé que le président conserve la plénitude de ses pouvoirs durant cette période d'empêchement et peut charger la personne de son choix d'accomplir toute mission spécifique, et ce, jusqu'à la tenue du prochain congrès du parti.

Les putschistes ignorent-ils que le Parti est régi, depuis mon arrestation le 3 octobre 2023, par ce texte fondamental explicite ?
Toutes les décisions et tous les communiqués du Parti au cours des années écoulées n'ont-ils pas été émis conformément à ce texte ?
Ne l'ont-ils pas adopté lors du Congrès de « l'Éveil » en 2021 ?
N'ont-ils pas annoncé ma candidature à l'élection présidentielle de 2024 à l'issue d'une réunion du Bureau politique convoquée conformément à ce texte ?

Quel est l'intérêt d'empêcher la tenue du congrès si cela doit conduire au maintien du statu quo jusqu'à la convocation d'un second congrès électif du parti ?
Quel est l'intérêt d'empêcher ce congrès si cela doit inévitablement et sans la moindre ambiguïté me maintenir à la tête du parti en tant que présidente légitime, investie de la plénitude de mes pouvoirs et de mes droits ?
Les auteurs de ce putsch ignorent-ils qu'il n'existe aucun mécanisme pour m'évincer de la direction du parti autre que le recours aux urnes ?
Pourquoi le meneur de ce putsch — mort-né — n'a-t-il pas saisi l'occasion de l'ouverture du congrès pour se porter candidat face à moi et prendre la tête du parti grâce à la volonté libre et intègre des congressistes ?

La réponse à ces questions est claire : il existe une volonté de m'évincer de la scène politique, alors même que les architectes de ce plan savent pertinemment que leurs pions sont incapables de me concurrencer ou de détourner les structures du parti pour les amener à me lâcher — ce qui reviendrait à abandonner la ligne politique du parti, laquelle constitue une source de blocage pour le pouvoir et pour ceux dont les intérêts convergent avec les siens.

Je ne cache pas avoir décelé le complot putschiste il y a plus d'un an ; j'ai confronté l'auteur de cette tentative de coup de force, lui assurant qu'il échouerait à soumettre les militants destouriens, fidèles aux principes auxquels ils s'étaient engagés envers le peuple tunisien.

J'ai décidé de ne prendre aucune mesure à son encontre — malgré sa transgression des règles de l'action partisane — afin de ne pas lui offrir l'opportunité de se poser en victime : celle d'une voix réprimée pour avoir porté un regard critique et prôné une remise en question (comme il l'a déclaré dans les médias), ou celle d'un rival sérieux à la présidence du parti écarté pour cette raison. Je l'ai laissé agir à sa guise et j’ai ouvert la voie au congrès pour lui permettre de se porter candidat ; toutefois, il n'a pas osé franchir le pas, car il poursuivait un agenda différent. En témoigne un extrait de la lettre qu'il a adressée aux membres du Bureau politique le 26 juin 2026 — date de la réunion consacrée au lancement des premières étapes du processus électoral interne du parti :

Il s'agit donc du plan visant à mettre en œuvre le programme de « décapitation » — ce projet ancien mais réactivé, annoncé dès 2021 par le fondateur du parti lorsqu'il avait déclaré dans les médias qu'une décision avait été prise de « couper la tête » d'Abir Moussi (plan qui n'avait pas abouti en raison des événements du 25 juillet 2021, sans qu'il soit nécessaire d'entrer dans les détails).

Comme je vous l'ai expliqué, il n'existe aucun différend intellectuel ou politique, ni aucune scission au sein du parti ; jamais nos structures n'ont été aussi unies autour de notre méthode de travail qu'elles le sont aujourd'hui.

Ce à quoi nous avons assisté, c'est à la décision de certains membres de la direction — connus pour leur proximité avec moi — de se mettre au service d'une stratégie d'exclusion. Leur objectif était de faire du parti une proie facile pour ceux qui souhaitaient le soumettre, modifier sa ligne politique et le transformer en une organisation sans identité, sans saveur, sans couleur ni odeur, afin de pouvoir l'utiliser comme une simple machine électorale à l'instar de « Nidaa Tounes ». Or, ces individus se sont heurtés à la solidité des structures et cherchent à me faire plier malgré l'amertume de la prison et la privation de mes filles. Ils ont affiché leur alliance avec les détenteurs du pouvoir et leur entourage contre leur propre parti, trahissant ainsi la confiance, le lien sacré du partage du pain et du sel, ainsi que les années de vie commune ; la honte les poursuivra où qu'ils aillent.
Il faut donc en finir avec ce discours appelant à la réconciliation, qui tend à présenter la situation comme une simple querelle partisane ou idéologique nécessitant de la sagesse pour être surmontée...
C'est faux ; une telle approche dénature la réalité et la gravité de l'enjeu.

L'alternative qui se pose aujourd'hui est la suivante : soit maintenir un Parti Destourien Libre fidèle à ses principes, incapable de trahir le peuple et refusant de sauver le régime du 24 & 25 juillet 2021, soit voir cet édifice politique disparaître, laissant ainsi la voie libre à la reproduction des erreurs passées qui mèneront inévitablement aux mêmes résultats.

Enfin, je lance un appel à l'opinion publique, car le dernier espoir des instigateurs de mon assassinat politique réside désormais dans mon élimination physique ; celle-ci entraînerait la vacance de la tête du parti, alors même que je persiste à défier toute tentative d'exclusion et refuse de faillir à ma mission ou d'abandonner spontanément la responsabilité qui m'incombe.
Sommes-nous en route vers une liquidation physique en détention, comme l'avait laissé entendre l'auteure de ces menaces tristement célèbres proférées à mon encontre il y a quelques mois ?
Ou bien s'achemine-t-on vers une nouvelle instrumentalisation du pouvoir et de la justice pour salir le parti et le compromettre, ouvrant ainsi la voie à sa dissolution — un scénario rappelant celui de la dissolution du RCD ?

Gardez-vous, oh gardez-vous de ces tendances destructrices !

Tenez bon, militants destouriens ; défendez votre existence ainsi que votre droit à vous organiser, à penser et à vous exprimer. Nous finirons par l'emporter grâce à la force de la loi, car notre destin est de devenir un symbole de résistance pacifique et légitime.

Ô Dieu, sois témoin que j'ai transmis le message.

Que la malédiction de Dieu s'abatte sur les politiques et les intérêts qui aveuglent les cœurs et obscurcissent le discernement : la lutte continue.

Je resterai fidèle à mon engagement jusqu'à mon dernier souffle, dussé-je en mourir en martyre, alors que je suis une prisonnière opprimée et muselée.

À suivre...

Que l'histoire en prenne acte.

Veuillez m'excuser pour la longueur de ce texte ; je pourrais ne plus avoir l'occasion de m'adresser à vous à l'avenir si l'on décidait de m'interdire les visites et de me couper du monde extérieur.

Abir Moussi

***

الحمد لله وحده
بلاريجيا في 05 أكتوبر 2026
رسالة من الأستاذة عبير موسي رئيسة الحزب الدستوري الحرّ
إلى الرأي العــام الوطني
تحية وطنية عطرة يا توانسة،
في مثل هذا اليوم 05/ 10/ 2023 صدرت ضدّي أول بطاقة إيداع بسجن النساء بمنوبة في ملف "مكتب الضبط" الذي سيبقى وصمة عار على جبين كل من هندسه ونفذه وسكت عنه،
بعد ثلاث سنوات من الإحتجاز القسري والظلم والقمع والهرسلة القضائية والسياسية والعنف بكل أنواعه أكتب إليكم هذه الرسالة تفاعلا مع الأحداث السياسية والقانونية التي جدت خلال الأسبوع الماضي وأكدت أن حقد السلطة ومن تتقاطع مصالحهم معها وغضبهم مني تعزّز
وتعمّق، وقد يتخذ أشكالا وأبعادا أكثر خطورة في المرحلة القادمة،
أولا : 29/09/2026 اليوم الأسود في تاريخ محكمة التعقيب التي سمحت لنفسها - وهي محكمة القانون التي تم إحداثها لضمان حسن تطبيق النصوص القانونية وتعديل البوصلة وإرجاع الحقوق إلى أصحابها إذا إنحرفت محاكم الأصل عن الصواب - بالدوس على منظومة الإجراءات الجزائية و نظرت في قضايا جنائية موضوع أحكام سجنية ثقيلة قبل إنتهاء أجل الثلاثين يوما التي منحها الفصل 263 مكرر من مجلة الإجراءات الجزائية للمحامي القائم بالطعن لتقديم مستندات تعقيبه وأقرت الأحكام الإستئنافية المثقلة بالخروقات والتجاوزات القانونية غير المسبوقة
لسائل أن يتساءل لماذا تم التلاعب بمنظومة الإجراءات الأساسية وتقديم مواعيد القضايا الى يوم 29/09/2026 والحال أنه لا يجوز قانونا تعيينها إلا بداية من يوم 05/10/2026 ؟
إذا عرف السبب بطل العجب: هناك سببان على الأقل يبرران هذا الإعتداء المفضوح على حقوقي،
السبب الأول: هو أن السلطة أرادت أن تكسي الأحكام السجنية الثقيلة التي ستقصيني إلى حدود سنة 2036 بالصبغة الباتة لتوجه رسالة إلى المؤتمرين والمؤتمرات المشاركين في مؤتمر الوفاء الذي كان مبرمجا يومي 03 و04 أكتوبر 2026 مفادها أن عبير موسي انتهت وعليكم الإنصراف إلى تعويضها وعدم التعويل على إمكانية رجوعها إليكم قريبا وبذلك قد تتسبب هذه الصدمة القضائية في تأجيل المؤتمر وهو ما لم يحصل،
السبب الثاني: هو أن السلطة قررت معاقبتي واستثنائي من الإنتفاع بتنقيح الفصل 24 من المرسوم عدد 54 الذي ألغى العقوبة السجنية ولو عيّنت القضية في بداية شهر أكتوبر طبق القانون لكنت انتفعت بتخفيض بسنتين في مدة إعتقالي،
الإشكال الذي وجدته السلطة لتنفيذ قرار العقوبة والإستثناء من حذف سنتين سجن هو أنها لا بد أن تصدر مراسيمها الصيفية بعد صدور حكم بات ضدّي في ملف ما يعرف بـ "إيزي 2" إلا أنها اصطدمت بآجال عودة البرلمان لنشاطه خلال الأسبوع الماضي من خلال إعلان عقد جلسات لجانه و بالتالي لو انتظرت إلى بداية شهر أكتوبر ستفقد حقها في ممارسة السلطة التشريعية أثناء العطلة البرلمانية و لم يبق لها أي خيار إلا تقديم جلسة النظر في القضايا المتعلقة بي و إصدار أحكام باتة في شأني و بذلك تم عقد المجلس الوزاري في نفس يوم صدور تلك الأحكام يوم 29/09/2026 و نشرت تنقيحات المراسيم بالرائد الرسمي يوم 30/09/2026 بعد أقل من 24 ساعة من صدور الأحكام المذكورة،
هكذا يتبين لكم يا توانسة الترابط الوثيق بين القرار السياسي والقرار القضائي وبين الزمن القضائي والروزنامة السياسية وأترك لكم وللتاريخ التعليق على هذا الظلم والاضطهاد،
ثانيا: 02/10/2026 صدر حكم استعجالي من ساعة إلى أخرى يقضي بإيقاف أشغال مؤتمر الوفاء المبرمج يومي 03 و04 أكتوبر 2026 مع الإذن بالتنفيذ على المسودة لشديد التأكد،
المهم في هذا الحدث السياسي المقنّع كالعادة بقرار قضائي هو ثبوت تورّط السلطة في منع عقد المؤتمر الذي كان سيفضي إلى إنتخابي لعهدة جديدة على رأس الحزب وهو أمر مرفوض جملة وتفصيلا من قبل أصحاب القرار داخل السلطة ومن تتقاطع مصالحهم معها ، ويثبت تورطها من خلال ما يلي:
1- تخلي القضاء عن منهجه السابق تحت حكم منظومة 25 جويلية 2021 عندما نشرت أمامه قضايا إستعجالية لإيقاف أشغال مؤتمر حزب التحرير الداعي صراحة إلى إسقاط الجمهورية وإقامة دولة الخلافة إذ جاء الحكم برفض المطلب الذي صدر لصالح ذلك التنظيم بأن القضاء غير مختص بإيقاف أعمال الأحزاب المتحصلة على رخص قانونية وأن ذلك يرجع إلى إختصاص رئاسة الحكومة دون غيرها واليوم يتجنّد القضاء لإصدار حكم في وقت زمني قياسي بإيقاف أشغال مؤتمر الحزب الدستوري الحر المؤمن بالجمهورية والحكم المدني وأصبح مختصا بقدرة قادر،
2- إعلان السلطة قرارها بمنع عقد المؤتمر من خلال منع الحزب من النفاذ إلى الفضاءات العامة والخاصة لعقد ذلك المؤتمر وبالتالي فهي منخرطة بصفة أصلية في قرار عرقلة هذا الإستحقاق الإنتخابي الديموقراطي ولا يمكنها التفصّي من مسؤوليتها في خرق أحكام المرسوم المنظم لعمل الأحزاب الذي يوجب على السلطة عدم عرقلة العمل الحزبي.
3- تعيين القضية إستعجاليا من ساعة لأخرى رغم عدم وجود أي وجه للإستعجال والتأكد بإعتبار أن تاريخ المؤتمر معلوم لدى الجميع وأولهم من قدم الدعوى منذ 13 أوت 2026 وبالتالي فإن نشر قضية لمنع عقده قبل 24 ساعة من تاريخه يعتبر خارجا تماما عن مجال تعهد القضاء الإستعجالي، وأذكر السلطة في هذا الإطار أنه تم رفض تعيين قضية إستعجالية من ساعة لأخرى في شهر جوان 2026 تهدف لإيقاف الانتخابات التشريعية الجزئية التي نظمتها هيئة الانتخابات بعد إنتهاء صلوحية مجلسها في 09/05/2026.
4- تزكية القضاء الذي تسيّره السلطة بمذكرات العمل لما قامت به المدعية في القضية من تحيّل في تبليغ الإستدعاء بأعتبار أنها اقتصرت على تبليغ الدعوة بمقر الحزب بتونس في حين أنها تعلم جيدا أن الممثلة القانونية للحزب محتجزة و مقيمة بسجن بلاريجيا بجندوبة و كان عليها تبليغ الإستدعاء في عنوان الحزب و عنوان ممثلته القانونية فضلا عن أن القضية أودعت بكتابة المحكمة منذ 30/09/2026 ولم يتمّ تبليغ الإستدعاء إلاّ يوم 02/10/2026 على الساعة الثامنة والربع صباحا للحضور بالجلسة على الساعة التاسعة صباحا وهو ما يجعل بلوغ العلم للممثلة القانونية بهذه الجلسة مستحيلا ولا جدال في أنّ ذلك متعمد بإعتبار أن المنقلبين سبق أن صرّحوا بأنهم سيلجؤون إلى أيّ أعمال أو أقوال يريدونها يوم الجمعة لأنّهم متأكدون من أنني لن أعلم بما اقترفوه إلاّ يوم الإثنين عند تلقي الزيارة من المحامين أعضاء هيئة الدفاع، وأحتفظ بحقي في تتبع من ارتكب هذه المخالفة ولا فائدة من التعرّض إلى رفض التأخير حتى يتمكّن الدفاع من الجواب عن الدعوى و دحض ما جاء فيها من معطيات وهو ما يعتبر انحيازا مفضوحا من المحكمة ضد الحزب ورئيسته ،
السؤال المطروح بعد استعراض هذه الحقائق: ما هي الفائدة من كل ما فعله المنقلبون وما هي الجدوى من منع عقد مؤتمر الحزب؟
ألا يعلم مهندسو الإنقلاب أن النظام الأساسي واضح وضوح الشمس في كبد السماء وينص على أن الشغور في موقع رئاسة الحزب لا يتحقق إلا بإستقالة مكتوبة وممضاة مع التعريف بالإمضاء ومودعة بمكتب الضبط المركزي للحزب من طرف طالب الإستقالة أو بموجب الوفاة وفيما زاد على ذلك لا يعتبر تعذر مباشرة رئيس الحزب لمهامه لأي سبب كان شغورا مع التنصيص صراحة على أن هذا الأخير يحتفظ بكامل صلاحياته أثناء فترة التعذر وبإمكانه تكليف من يراه مناسبا للقيام بأي مهمة محددة وذلك إلى حين إنعقاد المؤتمر الموالي للحزب،
ألا يعلم المنقلبون أن الحزب مسير منذ إعتقالي في 03/10/2023 بموجب هذا النص الأساسي الواضح؟
ألم تصدر كل قرارات الحزب وبياناته خلال السنوات الماضية طبقا لهذا النص؟
ألم يصوتوا عليه في مؤتمر التنوير 2021؟
ألم يعلنوا ترشحي للإنتخابات الرئاسية في 2024 على إثر اجتماع الديوان السياسي تمت الدعوة له طبقا لهذا النص؟
إذا ما الفائدة من منع المؤتمر إذا كان ذلك سيؤدي إلى إبقاء الحالة على ما هي عليه إلى حدود عقد مؤتمر إنتخابي ثاني للحزب؟
ما الفائدة من منع المؤتمر إذا كان ذلك سيؤدي حتما ودون أي لبس إلى بقائي رئيسة شرعية له مع كامل الصلاحيات والحقوق؟
ألا يعلم المنقلبون أنه لا وجود لأي آلية للتخلص مني على رأس الحزب إلا بالصندوق؟
لماذا لم يغتنم قائد الإنقلاب الذي ولد ميّتا فرصة فتح المؤتمر ليترشح ضدي ويتسلم قيادة الحزب بإرادة المؤتمرين والمؤتمرات الحرة والنزيهة ؟
الجواب عن هذه الأسئلة واضح هناك إرادة لتجريدي من موقعي في المشهد السياسي مع علم مهندسي هذا المخطط أن بيادقهم غير قادرة على منافستي وعاجزة عن تحويل وجهة الهياكل وإقناعها بالتخلي عني وهو ما يعني التخلي عن الخط السياسي للحزب الذي شكّل عقدة لدى السلطة ومن تتقاطع مصالحهم معها،
ولا أخفي سرا أنني تفطنت منذ أكثر من سنة إلى مخطط الإنقلاب وواجهت المنقلب بذلك وأكدت له أنه سيفشل في تطويع الدساترة المؤمنين بمبادئهم التي عاهدوا التوانسة عليها
وقررت ألا أتخذ أي قرار ضده رغم خروجه عن ضوابط العمل الحزبي لكيلا أمنحه الفرصة لتقديم نفسه كضحيّة ّ التعبير تم قمعه لأنه يحمل رؤية نقدية ومراجعات كما صرح في أحد المنابر الإعلامية وتم إقصاؤه لأنه منافس جديّ على رئاسة الحزب وتركته يصول ويجول كما يريد وفتحت المؤتمر لأمكنه من فرصة الترشح إلا أنه لم يتجرأ على ذلك لأنه يحمل أجندة مختلفة إذ وجه رسالة إلى أعضاء الديوان السياسي بتاريخ 26/06/2026 الموافق للإجتماع المخصص للإنطلاق في أولى خطوات الإستحقاقات الانتخابية الحزبية فيما يلي مقتطف منها:
إذا المخطط الرامي لتنفيذ برنامج "قطع رأسي"، هذا البرنامج القديم المتجدد الذي بشر به مؤسس حزب التحرير في 2021 عندما صرح في وسيلة إعلامية أن هناك قرار بقطع رأس عبير موسي ولم ينفذ المخطط لحصول تغيير 25 جويلية 2021 ولا داعي لمزيد الخوض في التفاصيل،
بناء على ما شرحته لكم أنه لا وجود لأي خلاف فكري أو سياسي أو شقوق داخل الحزب
و لم تكن هياكلنا موحدة حول منهج عملنا مثلما هي اليوم ، الموجود هو قرار بعض أعضاء القيادة الذين عرفوا بقربهم مني بأن يضعوا أنفسهم على ذمة برنامج إقصائي حتى يكون الحزب لقمة سائغة لمن يريد تطويعه و تغيير خطه السياسي و تحويله إلى تنظيم بلا هوية ولا طعم ولا لون ولا رائحة حتى يسهل إستعماله كآلة إنتخابية على شاكلة نداء تونس واصطدم هؤلاء بصلابة الهياكل وعدم تركيعي رغم مرارة السجن والحرمان من بناتي فأعلنوا استقواءهم بأصحاب السلطة و مقربيها ضد حزبهم و خانوا الأمانة و الماء و الملح و العشرة و سيلحقهم العار أينما حلوا،
لذا كفى من خطاب الدعوات للمصالحة الذي انطلق لتصوير الحالة وكأنها "عركة" حزبية فكرية تستوجب الحكمة لتجاوزها ... هذا غير صحيح وفيه انحراف بحقيقة وخطورة الموضوع، المطروح اليوم وجود حزب دستوري حر وفيّ لمبادئه وغير قابل لخيانة الشعب ورافض المساهمة في إعطاء طوق النجاة لمنظومتي 24 و25 جويلية أم إندثار هذا الصرح السياسي ليفسح المجال لإعادة إنتاج نفس الأخطاء التي إرتكبت سابقا والتي ستؤدي إلى نفس النتائج،
أخيرا أطلق صرخة للرأي العام بإعتبار أن آخر أمل تبقّى لأصحاب مخطط إغتيالي السياسي هو أن يتم إغتيالي وتصفيتي جسديا بما يحقق شرط الشغور على رأس الحزب في ظل إصراري على تحدي الإقصاء وعدم انتظار أي تخاذل أو تخلي تلقائي مني عن الأمانة التي أحملها. فهل نحن سائرون نحو تنفيذ عملية تصفية جسدية داخل المعتقل كما بشرت بذلك صاحبة التهديد الشهير الذي وجه لي منذ أشهر؟ أم نحن متوجهون نحو إستعمال السلطة والقضاء مجددا لتلطيخ الحزب وتوريطه تمهيدا لحله في إعادة لسيناريو حلّ التجمع؟
حذار ثم حذار من هذه التوجهات المدمرة أصمدوا يا دساترة دافعوا عن وجودكم وحقكم في التنظّم والتفكير والتعبير وسننتصر في النهاية بقوة القانون فقد كتب لنا أن نتحول إلى رمز للمقاومة السلمية المشروعة،
اللّهم إشهد أني بلغت،
ألا لعنة الله على السياسة والمصالح التي تعمي القلوب وتغشي البصائر: النضال مستمر،
أنا على العهد إلى آخر رمق في حياتي ولو كلفني ذلك الإستشهاد وأنا سجينة مظلومة ومقموعة،
للحديث بقية،
سجل يا تاريخ،
عذرا على الإطالة فقد لا تتوفر لي الفرصة لمخاطبتكم مستقبلا إذا إتخذ قرار بمنع الزيارة عني ومنعي من التواصل مع العالم الخارجي .
الامضــــــــــاء
عبيـــــــــــر موســـــــي

mercredi 26 août 2026

Muhammad. Nouvelle biographie

Hela Ouardi *

« Mahomet s’est accompli grâce aux femmes, comme Napoléon »

Hela Ouardi avait fait sensation, il y a dix ans, avec Les Derniers Jours de Muhammad (Albin Michel). Cette universitaire tunisienne, spécialiste de l’islam, revient avec une biographie inattendue du Prophète des musulmans en explorant son humanité. Au risque de le désacraliser. Iconoclaste et savoureux.

***

Jérome Cordelier - Pour Le Point : Pourquoi écrire un nouveau livre sur Muhammad [Mahomet, NDLR] ? Ne connaît-on pas déjà tout de la vie du Prophète ? 

Hela Ouardi : Cette question, je me la pose dès la première ligne de mon livre : à quoi bon écrire une énième biographie de Muhammad alors que les étagères des librairies et des bibliothèques croulent sous les ouvrages de toutes sortes, qu’ils soient apologétiques ou plus critiques ? Pourtant, dans toutes ces biographies, un aspect demeurait profondément négligé, voire totalement ignoré : la dimension intime de la vie du Prophète, c’est-à-dire son histoire familiale, sa vie conjugale, extrêmement tumultueuse, et ses très nombreux mariages.

On connaît évidemment l’importance de certaines femmes auxquelles l’islam lui-même attribue une place majeure, comme sa jeune épouse Aïcha ou sa fille Fatima, notamment pour les chiites. Mais il y a aussi toutes ces autres femmes qui ont joué un rôle dans l’existence de Muhammad et qui n’apparaissent dans les biographies que comme de simples fantômes. J’ai donc décidé de faire un zoom sur chacune d’elles : comprendre qui elles étaient, pourquoi il les avait choisies et, surtout, à quel moment précis il les avait épousées..

En croisant la ligne de sa vie privée avec celle de son action apostolique, militaire et politique, j’ai découvert des correspondances passionnantes. Cela m’a permis, sans prétention aucune, de récrire une histoire inédite de sa vie. J’ai constaté que même les biographies contemporaines les plus brillantes et classiques – comme celle, excellentissime, de Maxime Rodinson ou celle de William Montgomery Watt – négligent complètement ce côté intime. On y reproduit le récit canonique : l’histoire d’un homme qui part de très bas pour finir en héros glorieux entrant en grande pompe à La Mecque. C’est le schéma traditionnel du conte de fées, où tout commence mal pour se terminer dans la gloire.

En réalité, en partant exactement des mêmes sources – c’est là tout le paradoxe –, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un conte de fées à l’envers. Cet homme s’est beaucoup marié, mais il n’a pas eu de descendance mâle survivante. Alors que le conte dit : « Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », lui n’a pas été heureux.

Jérome Cordelier : Comment pouvez-vous en être certaine ?

Hela Ouardi : J’ai suivi une intuition que j’avais déjà explorée dans mon livre Les Derniers Jours de Muhammad, qui racontait sa fin tragique. Il est mort rongé par des frustrations non résolues. La première d’entre elles est l’absence d’héritier mâle. À l’époque, être privé de fils était perçu comme un signe d’impuissance ou d’émasculation ; un homme qui n’avait que des filles était qualifié en arabe d’un terme très cruel (abtar), qui signifie littéralement « émasculé » ou « coupé de racine ». C’est la grande blessure de sa vie, et l’une des raisons pour lesquelles il épousait délibérément

 Les points clés de l'entretien :

  • La dimension intime : Hela Ouardi explique qu'elle a voulu explorer l'histoire familiale, la vie conjugale et les nombreux mariages du Prophète, un aspect souvent négligé dans les biographies classiques. 
  • Le rôle des femmes : Elle affirme que « Mahomet s'est accompli grâce aux femmes », s'appuyant sur une lecture minutieuse des dictionnaires biographiques anciens de la tradition musulmane (comme le Kitab al-Nisa). 
  • Une approche scientifique : L'autrice précise que chaque information est rigoureusement appuyée par des notes de bas de page renvoyant directement aux auteurs et textes classiques de l'islam. 
  • Refuser la peur : Face aux menaces et à la violence extrémiste, elle défend la liberté de penser, d'analyser et d'écrire, estimant qu'il ne faut pas céder au diktat de la terreur ni traiter les croyants avec une ultra-fragilité excessive. 

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