vendredi 18 novembre 2011

APPEL AUX FACEBOOKERS, BLOGGEURS ET AUTRES UTILISATEURS DES RÉSEAUX SOCIAUX


C’est peu dire que je me suis passionné pour la révolution tunisienne. Depuis que les événements ont démarrés en décembre 2010, j’ai eu la chance grâce à Facebook et à tous mes amis tunisiens et autres de suivre pour ainsi dire heure par heure le déroulement des événements et des débats qui ont agité  et continuent d’agiter le pays. C’est  une expérience passionnante que cette libération de la parole. Pour approfondir mes réflexions et pour les partager, j'ai créé un blog, puis après son blocage pour des raisons qui m’échappent, j'en ai crée un autre.

Mais parvenu, à ce stade, je me pose la question que tout tunisien, soucieux d’aider au développement et au progrès de notre pays se pose : Les débats sur Facebook suffisent-ils ? Les réseaux sociaux tels que les blogs, facebook, tweeter….. Suffisent-ils à une révolution ? L’indignation et la colère que tout un chacun a pu exprimer sur l’un de ces réseaux, quelles suites leur donner concrètement ?

Ma réponse tiendra en deux temps.
Je dirai d’abord qu’il faut être reconnaissant aux réseaux sociaux d’avoir aidé au déroulement de la révolution et surtout d’avoir permis que se développe dans le pays  de vastes débats sur des questions absolument essentielles pour l’avenir de notre pays : identité, place de la religion, droit des femmes, défense des libertés et j’en passe. Ces débats étaient nécessaires car les Tunisiens depuis plus de cinquante ans ont été privés de tous débats sérieux. Beaucoup y ont pris plaisir. Cela a permis  de clarifier les problèmes et de compléter mutuellement nos connaissances historiques et culturelles par des échanges francs et directs. En général une courtoisie présidait à ces échanges où les gens s’expriment librement de manière souvent jubilatoire. On sentait chez les uns et les autres une envie de communier autour de cette révolution qui a révélé les tunisiens les uns aux autres tellement ils se méfiaient des uns des autres sous le régime policier de Ben Ali.

Ces débats laisseront des traces. Aucun pouvoir ne semble en mesure de réfréner à l’avenir cette volonté des tunisiens de discuter librement de leurs problèmes.

Mais est-ce suffisant ? Non. Car le risque est que les pouvoirs qui vont se mettre en place aient la tentation de tous les pouvoirs : abuser de la situation et se comporter non comme des serviteurs de l’Etat et des tunisiens mais comme si le pays était désormais leur propriété.
Or notre indignation que nous avons exprimée sur les réseaux sociaux ne doit pas s’arrêter juste à çà. Elle ne servirait à rien si elle ne pousse pas à remédier à ce qui la suscite par des actions concrètes, comme le recommande Stéphan Hessel dans son livre « Indignez-vous ».



Il faudra donc, et c’est cela la démocratie, que le combat soit permanent. Or ces combats démocratiques ne peuvent être constitués seulement de nos débats sur les réseaux sociaux. Il faut que ces débats sur facebook continuent car ils sont une source essentielle d’informations mais, et c’est là que je veux en venir, il nous faut aussi impérativement participer en intégrant les partis politiques et les associations civiles pour agir sur le terrain et pouvoir, si cela devient nécessaire, mettre des forces dans la balance.
Il me semble que chacun devrait adhérer à un parti politique en fonction de ses préférences sur leurs programmes pour veiller à ce qu’ils se comportent fidèlement par rapport à leurs engagements et dans une association civile de son choix : défense des droits de l’homme, du patrimoine, de la culture, contre la corruption etc…

Pour faire son choix, je suggère d’attendre que les partis aient réalisé leurs accords avec ennahdha. On jugera alors de  la manière dont ils respectent leurs valeurs.
En ce qui me concerne, je privilégierai le ou les partis qui résisteront à ennahdha.

La démocratie ce n’est pas seulement une belle Constitution et des élections, mais aussi une large place donnée à la société civile, à travers la vie associative.

Il faut que les adeptes des réseaux sociaux sortent de devant leur écran d’ordinateur et militent à travers un parti ou une association de leur choix. Ce qui ne les empêche pas d’en rendre compte à leurs e-amis des réseaux sociaux.



Rachid Barnat

1 commentaire:

  1. DU BON USAGE DE FB ...

    Informer,
    Donner à réfléchir,
    Commenter en cas de besoin pour plus d'info,

    Admettre qu'on ne peut obliger les gens à vous suivre,
    Répondre toujours avec des arguments !

    Mais jamais d'invectives ni d'insultes; et encore moins des menaces de violence :
    Ce sont les arguments de ceux qui n'ont pas d'arguments !

    En somme respecter ses e-amis et rester toujours courtois avec tous :
    avec ceux qui partagent comme ceux qui ne partagent pas votre opinion !

    Libre à vos e-amis d'évoluer ou de rester sur leurs idées :
    Tolérance et respect de l'autre, sont les b.a.-ba de la démocratie !

    Or FB est un outil formidable d'apprentissage de la démocratie :
    tirons-le vers le haut !

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