mercredi 11 septembre 2019

L'EXCEPTION TUNISIENNE ?

Bourguiba a construit la république tunisienne en l dotant de toutes les institutions nécessaire pour son bon fonctionnement ; Juriste lui même formé au droit français napoléonien produit de la révolution française fille du siècle des Lumières, il s'est beaucoup inspiré du droit français pour établir les codes qui vont régir l'Etat tunisien.

Mais voilà si au début les institutions ont fonctionné plus ou moins correctement sous la houlette d'homme d'Etat soucieux de l’intérêt général, petit à petit clientélismes, népotisme, corruption aidant vont nuire au bon fonctionnement des institution de la République.
Sous Ben Ali, les abus en tous genres vont décrédibiliser petit à petit les institutions et particulièrement celles qui les chapeaute, l'institution judiciaire.

Avec la "révolution" du 14 janvier 2011, les tunisiens espéraient un changement de cet état de chose et d'un retour à des institution s solides au service du citoyen et surtout de l'indpendace de la justice devenue la chose des hommes au pouvoir pour régler leur comptes à leurs opposants.

Hélas l’espoir aura été de courte durée, puisque les tunisiens qui croyaient avoir dégagé un Ali Baba et ses 40 voleurs vont très vite se retrouver avec un Ali Baba et ses 400 000 voleurs, avec l'arrivée des Frères musulmans et tous les prétendus militants pour qui la Tunisie sera leur butin de guerre et les tunisiens leurs otages pour payer toutes leurs fantaisies !

Le tunisien touche du doigt quotidiennement la déliquescence des institutions tunisienne et ce dans tous les domaines. Les crises économiques ne cessent de s'aggraver, le capitalisme sauvage prospère sur le chaos crée par les Frères musulmans qui ont paralyser toutes les institutions quand sous la troïka qu'ils dominaient ils avaient recruter massivement les leurs en dépit du bon sens et au mépris des règles de recrutement rendant ingérables ces institution dont le budget de fonctionnement est à presque 90 % consacré aux salaire de fonctionnaires pléthoriques puisqu’en 3 ans, la troïka a parfois doublé le nombre de fonctionnaires, qui soit dit en passant, n'ont  pas été recrutés pour leur compétence mais plutôt pour leur allégeance à Ghannouchi !

Sans parler de la loi électorale concoctée spécialement par les Frères musulmans pour paralyser le pouvoir exécutif !

Or le deuil qu'a vécu la Tunisie après le décès de son premier président mort en exercice, certains commentateurs et intellectuels se sont emballés pour dire "embrassons-nous, Folleville". Ils semblent tomber dans un angélisme inquiétant; puisque déjà adeptes du consensus imposé par Ghannouchi, ils croient pouvoir dire que " Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" ... miracle du consensus !

Faut-il leur rappeler que les Frères musulmans jouent le temps pour durer ?

En Algérie, le FLN & les militaires au pouvoir ont cru bon de leur lâcher du lest en leur abandonnant le "social". Résultat l'islamisation de l'Algérie s'est généralisée dans tout le pays et le terrorisme, son pendant, est toujours latent.
Si Erdogan a rusé pour durer au pouvoir en donnant le change aux turcs et aux occidentaux de l'islamiste modéré ... depuis 2016, il tombe le masque et passe à la vitesse supérieure pour retirer la laïcité de la constitution et remplacer celle-ci par la chariâa, en rétablissant la peine de mort ... avec dans sa ligne de mire la restauration du califat !

Le pouvoir de nuisance des Frères musulmans ne cessera pas car ils ont un projet précis. Et la constitution de 2014 telle qu'ils l'ont voulue, est faite pour le concrétiser : paralyser le pays et ses institutions pour mieux le soumettre à leurs amis qatari & turcs ! Pourtant le président Béji Caïd Essebsi a cru pouvoir s'en accommoder et faire de son alliance avec Ghannouchi ce que fit François Mitterrand de Georges Marchais, mais il ne pouvait pas grand-chose, les islamistes ont tout prévu pour réduire son pouvoir constitutionnellement.

Il faut que les démocrates se ressaisissent et cessent de croire au miracle du consensus qui n'est qu'un piège pour les éliminer un à un, comme l'a fait Ghannouchi à bien d'autres, le temps pour lui d'islamiser le pays et assurer aux Frères musulmans une meilleure assise populaire en Tunisie. Il leur faut amender la loi électorale, voire changer de régime politique pour mettre un terme au régime bâtard actuel dont tout le monde s'accorde à dire qu'il a paralysé le pays ; et instaurer un régime présidentiel démocratique avec des institutions démocratiques chapeautées par une Cour Constitutionnelle !

Les Tunisiens vivent une apparente démocratie : elle reste à confirmer et à consolider ; car les forces hostiles et rétrogrades sont toujours là pour tuer leur démocratie naissante !!

Rachid Barnat






mardi 10 septembre 2019

UNE CRÉMAILLÈRE PARTICULIÈRE ...

Les tunisiens n'ont jamais été autant sollicités pour se choisir un président en 2019, eux qui étaient interdits "de politique", depuis l'indépendance de la Tunisie !
Ils vivent une campagne électorale qui laisse à désirer, pléthorique en candidats et en partis, avec une classe politique souvent pas au niveau de leurs espérances.

La pendaison de crémaillère chez une parente, sera pour moi l'occasion de prendre la température "politique" de ses convives composés de parents, d'amis, d'artisans de tous les corps de métiers qui ont participé à la réalisation de sa maison secondaire à Mrazga. 
L'échantillon est intéressant dans la mesure où les différentes classes sociales et les catégories socio-professionnelles y sont représentées : médecin, chirurgien-dentiste, avocat, ingénieur, enseignant, secrétaire de direction, maçon, plombier, électricien, menuisier, peintre, jardinier, ouvrier.

Campagne électorale oblige, les débats et interviews des candidats sur tous les médias, étant présents dans les esprits des convives, fatalement les conversations vont prendre une tournure politique.

Il était intéressant de comparer les points de vue des uns et des autres et d'écouter leurs arguments pour justifier leur choix ou du moins ce qu'ils pensent de chacun des candidats.

Si les noms qui reviennent dans les conversations parmi les 26 candidats se réduisent à 
Abir Moussi, Abdelkrim Zbidi, Youssef Chahed, Abdel Fatah Mourou et Ghannouchi comme personnage clivant ; cependant, parmi les convives, deux groupes émergent : ceux qui sont pour Ennahdha et ceux qui sont contre Ennahdha. Dans ce dernier, beaucoup semblent inconscients du machiavélisme de Ghannouchi qui a fini par imprimer dans le logiciel d'une majorité de "progressistes" son fameux consensus, cette politique du "tawafuq" qui a miné et ruiné le pays; et qui donneraient leur voix aux oiseaux rares que choisirait Ghannouchi parmi des "progressistes" conciliants !

Rare sont ceux qui ont perçu le danger du consensus et celui d'une nouvelle alliance contre nature avec les islamistes; et rejettent en bloc les Frères musulmans et tous les progressistes disposés à jouer leur jeu et à pérenniser le consensus avec les ennemis de la république !!

La classe aisée ne semble pas consciente de la gravité de conserver Ghannouchi au pouvoir. Est-ce parceque la baisse de son pouvoir d'achat n'est pas suffisamment importante pour les interpeller comme c'est le cas de la classe défavorisée qui touche du doigt les effets de la gestion calamiteuse par les Frères musulmans, dont elle voit les effets sur son porte-monnaie quotidiennement ? 

Si certains ingénieurs sont admirateurs de Ghannouchi jusqu'à voir en lui un moderniste et un stratège en politique internationale, à l'instar d'autres scientifiques et ingénieurs qui se sont fourvoyés chez les Frères musulmans jusqu'à se convertir au wahhabisme qui fonde leur action politique; d'autres se bercent d'illusion qu'ils seront préservés des islamistes en choisissant un progressiste comme Abdelkrim Zbidi ou Youssef Chahed; refusant d'admettre qu'ils font déjà partie du système instauré par Ghannouchi et qu'ils sont disposés à s'allier à Ennahdha, tout comme l'avait fait avant eux Béji Caïd Essebsi, leur mentor aux deux ! Parmi eux, particulièrement les femmes qui ont voté pour Béji Caïd Essebsi mais refusent d'admettre que ces deux-là seront Béji Caïd Essebsi-Bis, en plus mauvais.

Dans la classe défavorisée, les avis sont partagés, là aussi. Si dans le premier groupe une majorité serait pour Ghannouchi du fait de son assiduité à fréquenter les mosquées où l'endoctrinement au wahhabisme, est quotidiennement assuré; d'autres se disent séduits par Abdel Fattah Mourou parcequ'il les fait beaucoup rire. 

Ce à quoi le plombier du second groupe leur répond que ce sera Mourou qui rira d'eux, si par malheur il était élu. Mais très vite, il va les rassurer que Mourou n'est qu'un lièvre lancé par Ghannouchi dans la course à sa perte ; puisqu'il lui préfère un "progressiste" pour en tirer les ficelles et lui faire porter le chapeau des échecs à venir, pour préserver les Frères musulmans ! Il leur rappelle au passage, la relation exécrable entre les deux hommes; et que Ghannouchi se sert de Mourou juste pour le mettre en vitrine, comme il met en vitrine des femmes en "cheveux", ou des juifs ou des homosexuels juste en période électorale, pour donner le change à ses opposants à propos de sa conversion au progressisme et à la démocratie !  

Devant l'hilarité générale, il s'est mis alors à haranguer ses collègues artisans, dénonçant pèle-mêle une constitution minée, une loi électorale paralysante pour le pays, une classe politique versatile prompte au retournement de veste, dans laquelle il ne voit d'espoir qu'en Abir Moussi dont le projet et les discours sont toujours conformes à son programme initial : écarter les Frères musulmans du pouvoir et mettre un terme à leur nuisance. 

Et pour les convaincre, il rappelle à l'assistance leur difficulté à tous à joindre les deux bouts, depuis la "révolution" !

Pour ma part, je reste perplexe et je ne comprends pas ceux qui ne voient pas le danger des islamistes. Ils croient en leur métamorphose et leur évolution vers la démocratie et les libertés. Ils constateront tôt ou tard leur erreur mais ils hypothèquent et obèrent d’ores et déjà l'avenir de toute la jeunesse, par leur choix. Pourtant il n'y a pas chez eux une véritable idéologie derrière cette acceptation des islamistes comme en Europe où une forme de gauchisme accepte l'islamisme. Naïvement, ils les acceptent parceque tout simplement "musulmans" : ignorant qu'ils importent le wahhabisme pour remplacer le malékisme et le soufisme ancestraux qui ont façonné la tunisianité des Tunisiens; et auquel beaucoup adhérent par manque de culture, ignorant leur histoire !

Que faudrait-il pour qu'ils ouvrent les yeux ? Faudra-t-il attendre le sacrifice de deux ou trois générations comme dans les pays communistes ?

Rachid Barnat

vendredi 6 septembre 2019

Éducation et obscurantisme ...

Pour lutter contre le populisme il faut développer l'éducation et la culture ... à moins que les gouvernants préfèrent des peuples incultes, plus faciles à diriger; et feront tout pour les y maintenir. Les islamistes font mieux encore, en répandant le wahhabisme cet obscurantisme sacré !
R.B
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Marguerite Yourcenar

Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. 

J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.

Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.


Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.


On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. 

dimanche 1 septembre 2019

APPEL AUX FEMMES DÉÇUES PAR Béji CAID ESSEBSI !



Feu Béji Caïd Essebsi avait fédéré tous les mécontents et les inquiets de la montée en puissance des Frères musulmans. Plus de 60 % de son électorat était féminin ! Et pour cause, les femmes étant les premières victimes de l'islamisme.

En 2014, Béji Caïd Essebsi et son parti Nidaa Tounes avaient raflé la présidence de la République et la présidence du parlement où ils avaient une majorité relative. Il leur suffisait de faire alliance avec d'autres partis progressistes pour avoir la majorité absolue. Mais voilà, Béji Caïd Essebsi avait trahi ses électrices, en s'alliant à leur pire ennemi : Ghannouchi !

Béji Caïd Essebsi s'était moqué des démocrates progressistes qui avaient voté massivement pour lui dans l'espoir d'en finir avec l'islamisme, quand dans un tour de passe-passe, il avait fait croire qu'il cherchait des alliés parmi les "progressistes", comme c'est la pratique dans les régimes démocratiques; alors qu'en réalité le jeu démocratique était pipé depuis ses accords de Paris avec l'ennemi de la République tunisienne; puisqu'il avait fait croire que, faute d'alliés chez les progressistes, il était "contraint" de faire une alliance avec l’extrême droite, de la pire engeance et islamiste de surcroît ! 
En somme, plutôt que de faire confiance aux tunisiens, il a choisi les tractations avec leur pire ennemi.

Béji Caïd Essebsi avait trahi les femmes, il avait trahi les progressistes mais aussi Bourguiba dont il se disait l’élève ; en s'alliant à ses pires ennemis qu'il avait combattus toute sa vie !

Et comme si cela ne suffisait pas, il voulait imposer son rejeton comme héritier de Nidaa Tounes et espérait l’introniser président des tunisiens. Sauf que son aveuglement paternel, l'avait rendu de plus en plus impopulaire en voulant imposer pour lui succéder à la tête de Nidaa Tounes, un fils dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est nul et le rejette !
Rejeton qui a été, rappelons-le, en visite chez Erdogan pour obtenir sa bénédiction pour servir les intérêts des Frères musulmans !!

Et depuis, Nidaa Tounes est devenu la risée des tunisiens ; et les nidaa-istes, avec leurs querelles internes médiatisées, commencent à les fatiguer. Le pire, est que Nidaa Tounes n'aura pas survécu à Béji Caïd Essebsi; puisque la plupart des nidaa-istes se sont éparpillés entre une myriade de partis dit centristes.

Toute cette tragi-comédie, a fini par dégoûter les tunisiens et particulièrement les tunisiennes, de la politique ; et le rang des abstentionnistes ne cesse de gonfler. D'autant que les partis politiques "progressistes" ne cessent de se recomposer avec un nomadisme des responsables politiques qui vire au tourisme entre les partis, à donner le tournis aux tunisiens; et dont certains, finissent par disparaître devenant coquille vide !

Le plus grave étant que tous ces hommes politiques sont tentés par l'aventure avec Ghannouchi, cauchemar des tunisiens ; ce qui n'augure de rien de bon pour le pays. Et de les voir s'étriper sur les plateaux TV, exposant leurs querelles intestines, ils ont fini par écœurer les tunisiens, qui ne voient qu’hypocrisie, calculs et félonie ; puisque tous cachent mal leur opportunisme pro-islamiste !

Devant le fiasco de Nidaa Tounes, Béji Caïd Essebsi avait tenté de le sauver en faisant son mea-culpa en nous faisant croire qu'il s'est trompé et qu'il ne refera plus confiance aux islamistes, quand Ghannouchi commençait à le lâcher ; mais cela n'avait pas convaincu grand monde.
Quant au projet d'égalité dans l'héritage entre fille et garçon, projet par lequel il voulait reconquérir son électorat féminin, tout le monde savait qu'il était voué à l’échec ; les Frères musulmans étant les maîtres du parlement au Bardo !

Les tunisiens et surtout les tunisiennes, ne savent plus à quel saint se vouer pour se dégager de l'emprise étouffante de la pieuvre islamiste ! Car la classe politique dans son ensemble, semble s'être résignée à pactiser avec le diable pour avoir des miettes de pouvoir, comme si les Frères musulmans étaient devenus fatalement indispensables et incontournables pour diriger le pays ! Même Youssef Chahed qui a séduit un temps les tunisiens, semble lui et son nouveau parti "Tahya Tounes", suivre le chemin de son parrain en politique, celui de Béji Caïd Essebsi; pour continuer à servir d'alibi aux Frères musulmans et leur laisser le temps d'islamiser le pays en attendant de s'enraciner dans le pays comme ils tentent de le faire sur la scène politique. Quant à Abdelkrim Zbidi, cet homme "providentiel" pour beaucoup de tunisiens tombés dans le panneau de ses sponsors, nous savons qu'il n'est qu'un Béji Caïd Essebsi-bis, Béji Caid Essebsi ayant été son mentor !

Or il se trouve dans le paysage politique morose, une lueur d'espoir en la personne de Abir Moussi. Voilà une responsable politique qu'on peut être sûr et certain qu'elle combattra bec et ongles la pieuvre islamiste !

Elle est l'une des rares, sinon la seule, à n'avoir pas hurlé avec les loups pour dire haro sur le RCD (rassemblement constitutionnel démocratique) parti issu du PSD (parti socialiste destourien) lui-même issu du Neo-Destour, pour assumer TOUT de ces partis : le bon comme le mauvais; puisqu'elle envisage même de fêter en 2020, le centenaire de la naissance du Destour (Constitution), leur ancêtre commun !

Certains déjà, et plus particulièrement les femmes, la croient contre l'égalité entre homme et femme; puisqu'elle rejette le projet d'égalité dans l'héritage proposé par BCE !
Qui peut douter une seconde qu'elle soit contre cette égalité ? De surcroît émanant d'une femme ! Qui plus est, fille de Bourguiba ayant bénéficié du CSP (Code du Statut Personnel) offert par ce grand féministe aux tunisiennes ?
Il suffit de lire son projet de Constitution pour une troisième République pour se rendre compte :
- dès le préambule, que la République est garante des droits de l'homme et de l'égalité entre les citoyens.
- article 7 : égalité des citoyens devant la loi sans distinction de croyance, de couleur, de langue, de sexe ou d’origine régionale.
- article 9 : préserver les acquis de la femme en veillant à la parité entre femmes et hommes dans toutes les instances.

Une chose est sûre, elle poursuivra l'œuvre de ses prédécesseurs féministes car si Bourguiba est à l'origine du CSP, Ben Ali a accordé de nouveaux droits aux femmes.

Elle projette une nouvelle constitution pour une Troisième République; la Deuxième République et sa constitution de 2014 étant faite de bric et de broc pour satisfaire les islamistes qui dominaient la constituante. Il faut espérer qu’elle ira même plus loin pour instaurer la laïcité à laquelle croyait beaucoup Bourguiba et que les tunisiens vivaient de fait, mais qui ne fut hélas jamais inscrite dans la constitution, Bourguiba ayant été pris de court par sa maladie !

Et la solidarité féminine ?

Ce qui est admirable chez les tunisiennes, c'est leur solidarité presque légendaire se soutenant les unes les autres devant les vicissitudes de la vie : qui aide financièrement, qui aide matériellement, qui soutient moralement, qui participe physiquement à toutes sortes de tâches ménagères et agricoles, qui participe de l'éducation des enfants ...

Mais voilà, quand il s'agit de politique, leur réaction est sidérante quand l'une d'elle avec courage veut sauver la Tunisie de l'emprise des Frères musulmans qui l'étouffe et étouffe un peu plus chaque jour les tunisiens depuis qu'ils ont accaparé les rênes du pouvoir : nombreuses sont celles qui lui tirent dessus à boulet rouge !

Et le pire, leurs arguments sont d'un niveau qui laisse perplexe. Elles critiquent sa coiffure, son maquillage, ses tenues vestimentaires, à la mode ou pas à la mode, son maintien ... plutôt que de débattre de ses idées !

Il est vrai, quand le sage montre la lune, les idiots regardent son doigt ! Et c'est encore plus vrai avec beaucoup de tunisiennes quand on voit que l'ensemble des opposants à Abir Moussi est constitué en majorité de femmes et quand on lit les arguments avancés pour la rejeter !

Est-ce de la jalousie ? On dit souvent que le pire ennemi de la femme, c'est la femme !

Détrompez-nous "hrayer tounes", femmes émancipées grâce à Bourguiba ! Faut-il qu'une des vôtres ait à lutter sur deux fronts : celui des hommes pour se faire une place dans un monde phallocratique et celui de ses sœurs ? Alors que nous savons que vous avez voté massivement pour Béji Caïd Essebsi pour vous débarrasser des Frères musulmans ! 
Où sont votre logique et votre cohérence, vous qui rejetez une des vôtres qui veut vous en débarrasser ?

Logiquement l'électorat féminin devrait voter pour une personne qui a la ferme intention de dégager les islamistes, hostiles aux droits des femmes et d'en finir avec le consensus qui paralyse le pays alors que d'autres sont prêts à pérenniser.

Et puis, n'y aurait-il pas dans l'élection de Abir Moussi un symbole fort ? Une femme à la tête du pays : une première en Tunisie, dont l'histoire est jalonnée de nombreuses "premières", la mettant en avance sur bon nombre de pays.

Alors, que toutes les déçues de Béji Caïd Essebsi reprennent espoir et votent massivement pour une des leurs : Abir Moussi !!

Rachid Barnat






lundi 26 août 2019

UNE DÉCISION INOPPORTUNE !


L’arrestation de Nabil Karoui à la veille des élections présidentielles, est un très mauvais coup porté au pays ; et à plusieurs points de vue.

D’abord il est absolument évident, et cela apparaît clairement dans les commentaires et dans les discussions sur le réseau et dans la vie, que l’on ne pourra pas enlever l’idée que cette arrestation est un « coup politique » pour empêcher ce candidat alors surtout qu’une tentative avait déjà été faite pour tenter de l’éliminer par les fameux amendements voulus par le Gouvernement et soutenus par les islamistes et que le défunt président Béji Caid Essebsi a refusé de parapher.

Cette seule idée est évidement désastreuse pour l’idée même de démocratie ; alors qu’elle est déjà balbutiante et fragile

En réalité on aura beaucoup de mal à savoir qui est derrière ce coup : Youssef Chahed comme certains le disent, ou Ghannouchi le machiavélique qui cherche à faire d'une pierre deux coup en éliminant deux concurrents dans la course à la présidence Nabil Karoui et Youssef Chahed auquel il fait porter le chapeau de son arrestation 

Toutes les spéculations sur ce point sont vouées à l’échec mais elle montre une chose : à savoir que les Tunisiens pensent que ce genre de manipulations sont possibles de la part de ces acteurs de la vie politique ; ce qui en dit très long sur leur conception du combat démocratique et sur la confiance qu’ils accordent à leurs dirigeants !

Mais cette affaire porte également un coup tragique à l’Institution judiciaire qui n’en n’avait, hélas, pas besoin. Elle accrédite l’idée que la Justice est aux ordres du pouvoir et qu’elle n’a donc aucune indépendance ; et qu’elle est politiquement orientée, certains disent aux mains des islamistes ! Tout cela est désastreux.

Sur ce point si l’on peut bien admettre, dans les principes, l’idée que Karoui avait des casseroles et que la Justice est indépendante et qu’elle a donc agi dans son temps et avec ses méthodes contre quelqu’un visé depuis des mois par des plaintes, elle a tout de même commis, dans ce cas, une faute lourde car elle a fourni tous les éléments pour le discrédit qui est jeté tant sur la démocratie, le pouvoir que sur elle-même.

Certains pour tenter de sauver et le pouvoir et la Justice, ont évoqué des affaires survenues en France au moment des élections. Si certains ont évoqué l’affaire Strauss Kahn oubliant seulement que ce n’est pas la Justice française mais américaine qui a agi ; d’autres ont évoqué l’affaire Fillon oubliant que la Justice n’a fait qu’ouvrir une enquête, toujours en cours et n’a en rien empêché François Fillon par l’emprisonnement. 

Si dans le cas de Fillon la justice s'est aussitôt saisie de l'affaire et dans le mois, Fillon était mis en examen; dans le cas de Nabil Karoui, ses dossiers traînent depuis des années chez les juges et comme par hasard ils ont été réactivés pour lui nuire dans sa course présidentielle. Ce qui dénote une anomalie grave de la Justice tunisienne, qui n'a toujours pas fait sa révolution pour s'émanciper du pouvoir en place ! 

En France, dans ses exemples, c’est la presse et sa liberté qui a été à l’origine de ces affaires. D’ailleurs il existe une règle tacite qu’en période électorale, la Justice levait le pied et n’interférait pas.

Car si faute politique il y a, elle incombe à l'ISIE ou mieux encore à ceux qui l'ont mandatée (les constituants !), de ne pas avoir prévu dans leurs règles, l'exclusion de tous scrutins nationaux, toute personne mise en examen devant la justice ! 

En définitive, nul ne sait à qui va profiter cette décision inopportune mais, une chose est sûre, elle nuit grandement à la démocratie, à l’Institution Judiciaire et, donc, au pays.

Rachid Barnat

samedi 24 août 2019

PRÉSIDENTIELLES 2019 : QUI CHOISIR ?

Article publié dans : Kapitalis

Les dates et les candidats aux élections Présidentielles et législatives sont maintenant connues et l’échéance est pour très vite. Chacun en est conscient, c'est une échéance capitale pour l’avenir du pays.

Or chacun est bien obligé de constater que les hommes politiques tunisiens ne sont ni sérieux ni patriotes et le nombre des candidatures a de quoi faire rire si cela n’était pas, en même temps très préoccupant. Certains ont écrit qu’ils préféraient des centaines de candidatures à une candidature unique. C’est une phrase sans fondement, une facilité, un mot sans réflexion. Car cette multitude de candidature quantitative s'est faite au détriment du qualitatif. Heureusement que d'une centaine de candidature l'ISIE (Instance supérieure indépendante pour les élections) n'a retenu que 26 candidats. 

La plupart des candidats n’ont aucun programme, aucune ligne politique et pense que leurs petites personnes a de l’importance. Or une élection de ce type, c’est d’abord l’occasion pour un pays de choisir entre de réelles options différentes, entre des lignes de force et ensuite de s’unir pour réaliser un projet utile pour le pays.

Bien malins ceux qui pourraient nous dire aujourd’hui quels sont les projets des uns et des autres à part l’obtention du poste !

Encore que fort curieusement tous ou presque nous disent aujourd’hui qu’ils demandent un changement de Constitution et un changement du régime électoral ! Comme c’est curieux ! Ils ne l’ont jamais fait avant. Ils se rallient donc au projet d’Abir Moussi ? 
Qui peut les croire ?

Cependant et malgré la tentation forte que l’on en a, après ces candidatures ridicules, l’abstention serait mortelle pour l’avenir car ce sera la porte ouverte en grand à ceux qui ont un projet et une organisation, à savoir les Frères musulmans d'Ennahdha.

Il faut donc voter et voter en masse.

I - Donner une leçon magistrale aux politiques incompétents.

En ce qui concerne le choix à faire, les Tunisiens dégoûtés des hommes politiques incompétents et sans patriotisme, devraient leur donner une éclatante leçon. Comment ? Il n’y a pas trente-six solutions. Il faut qu’ils réussissent à s’unir en une forte majorité sur un nom et sur un parti.

Ce nom et ce parti, ils ne doivent évidemment pas le choisir au hasard ou le jouer à la roulette ! Ils doivent procéder en posant les bases de ce qu’ils veulent essentiellement et procéder ensuite par élimination.

Ce que veut le peuple Tunisien essentiellement c’est sans conteste : un pouvoir fort, qui ait un projet sérieux pour sortir le pays de la crise que chacun mesure et dans tous les domaines : l’économie, le social, la sécurité, l’éducation.

Les Tunisiens ont maintenant compris dans leur grande majorité que la régression du pays évident pour tous, vient de la Constitution et du régime électoral qui rend le pouvoir totalement impuissant en l’émiettant entre tous les partis.

Ils savent aussi que cette régression date de l’arrivée des Frères musulmans et de leur entrisme dans tous les rouages de la société. Ils sont conscients que les partis islamistes instrumentalisent honteusement la religion pour leur profit personnel. Ils savent aussi qu’ils ont ruiné le pays avec l’exigence anormale de leur indemnisation (Ce que les Etudes du FMI ont clairement montré) qu’ils ont incité des jeunes a partir sur les champs de bataille islamistes, qu’ils ont divisé le peuple avec la religion et qu’ils sont à l’origine de cette Constitution et de ce régime électoral qui ruine le pays.

II - Écarter les islamistes et leurs « complices »

Le choix paraît donc plus simple qu’on le pense.

-  Veut-on continuer grosso modo, comme les années qui viennent de s’écouler depuis le 14.01.2011 ; et alors le choix est très ouvert car tous les politiques peu ou prou, veulent maintenir le système actuel, c’est-à-dire l’émiettement du pouvoir ; et tous sont prêts, si cela leur est nécessaire pour être majoritaire, à s’allier avec les islamistes. 
Il y a même des projets plus graves encore et certains, pour obtenir la Présidence de la République, sont prêts à accepter que les islamistes aient l’Assemblée Nationale et le Gouvernement. Ce qui serait la plus grande des catastrophes. 
Tous ceux-là nous disent que les islamistes sont incontournables et qu’il faut faire avec, ce qui est la pire erreur politique.

Dans ce camp du statu quo, on retrouve pratiquement tous les candidats de Youssef Chahed à Mohsen Marzouk, en passant par Nabil Karoui et même Abdelkrim Zbidi qui a très bien accepté sans jamais dire un mot, la politique dite du consensus imposée par Ghannouchi à Béji Caïd Essebsi

Pour tout dire, cet engouement soudain sur la toile pour Abdelkarim Zbidi paraît même un  peu inquiétant. On ne sait rien de lui. Il n’a jamais exprimé ses idées politiques et même s’il a bien géré l’armée, ce n’est pas un titre suffisant pour qu’il soit un bon Président. Il est même probable qu'il partage avec son mentor Béji Caïd Essebsli le consensus avec les Frères musulmans, ennemis de la République !

Il est donc indispensable que les candidats sérieux et notamment le Dr Zbidi disent clairement, sans ambiguïtés, s’ils s’allieront aux islamistes pour garder le pouvoir ou s'ils resteront dans l’opposition s’ils n’ont pas la majorité. Il faut aussi qu’ils disent, et c’est essentiel, s’ils veulent enfin modifier cette Constitution et ce régime électoral désastreux.

Après ces éclaircissements, les Tunisiens auront l’embarras du choix car tous se valent et tous feront la même politique ou plutôt n’auront aucun projet politique sérieux. Et ils laisseront la place aux islamistes comme l'ont fait avant eux Mustapha Ben Jaafar, Moncef Mohamed Marzougui et Béji Caïd Essebsi ! 

Tous ceux-là, ne proposent qu’aujourd’hui, sans jamais avoir rien dit avant, de modifier la Constitution et le régime électoral qui sont la cause du désastre actuel mais qu’ils considéraient il y a peu, comme les meilleurs ! De qui se moquent-ils ? 
Bien sûr il y en a de meilleurs sur le plan humain mais ce n’est pas le problème car ils ne veulent pas changer les choses et les mécanismes dont on a vu où ils ont mené le pays. 

-  Si, par contre, les Tunisiens veulent le changement, faire en sorte que le pouvoir reprenne de sa vigueur et mette un réel projet en marche, alors il leur faut choisir ceux qui veulent clairement un changement de Constitution et de régime électoral et qui disent clairement qu’ils sont pour une Tunisie qui ne s’allie pas avec les obscurantistes.

III - Faire de sorte que la Constitution et le régime électoral désastreux changent.

Sur ce point, il n’y a pas d’autre choix possible que celui d’Abir Moussi et du PDL car ils sont les SEULS à faire le bon diagnostic et à avoir un projet de changement. Et, ce, depuis longtemps pas à la veille des élections. Sont-ils parfaits ? Bien sûr que non. Mais ceux des Tunisiens qui voudront donner une leçon aux politiques incompétents, souvent corrompus, sans conviction réelle, opportunistes et prêts à tout, sans aucun sens de l’intérêt du pays ; alors ils n’auront pas le choix : ils doivent s'unir sur le nom d’Abir Moussi et du PDL ; et là, leur message sera très fort.

On peut ne pas aimer cette dame pour des raisons personnelles mais elle est la seule à vouloir lutter démocratiquement contre les islamistes. Cela seul devrait faire la différence et conduire chacun à s'unir derrière elle.

Elle a raison de se présenter aux Présidentielles, ce qu’elle n’aurait pas fait si les législatives s’étaient déroulées avant. Se déroulant après, elle ne pouvait pas laisser la place vide et laisser s’installer à Carthage quelqu’un qui aurait fait alliance avec les islamistes et aurait ainsi créé une dynamique contre laquelle elle aurait eu du mal à agir lors des législatives.

Enfin on entend dire : « Comment Abir Moussi pourra-t-elle reformer la Constitution et la loi électorale ? » Cela est vrai. Mais ne faut-il rien tenter parce que ce sera difficile ? 
Or beaucoup de personnes disent bien aujourd’hui que ces textes sont mauvais et on peut penser que si elle a une belle majorité, d’autres se joindront à elle par opportunisme, parce que le succès va au succès. 
Quant à l’accusation d’avoir été RCD, elle est absurde au plus haut point; puisque cela n’empêche pas les même de soutenir M. Zbidi qui a été Ministre de Ben, Ali ce qui est autrement plus grave !

Les Tunisiens sérieusement désireux d'un réel changement, doivent envoyer en nombre ce message. 

Il faut surtout ne pas éparpiller les voix, pour que Abdel Fattah Mourou cet homme dont on connaît les discours et les fréquentations choquantes comme celle d'avec Wajdi Ghanim, ne soit même pas au deuxième tour. 

Les tunisiens ont la possibilité en s'unissant sur un nom, d’envoyer ce message fort.

Maintenant à chacun de réfléchir, de voir quelles sont ses priorités et d’agir en conséquence pour le bien du pays en étant patriote et en ne laissant pas de petites raisons mesquines souvent trahissant un sentimentalisme mal placé, lui dicter son choix.

Rachid Barnat

lundi 12 août 2019

DERRIÈRE CHAQUE GRAND HOMME, UNE FEMME : SA MÈRE !


Pour honorer la mémoire des femmes qui ont poussé leurs enfants dans leurs études, étant souvent elles-mêmes illettrées, en contribuant à leur manière à la lutte contre l’obscurantisme qui a favorisé le colonisation; outre ma mère à laquelle je rends hommage ici pour m'avoir toujours encouragé à étudier, je vais rapporter ici une anecdote révélatrice du rôle joué par la mère de mon ami Hammouda, qui en faisait partie. 

Elle avait mis à la disposition de son fils, une pièce dans sa grande maison dans la " Mdina el arbi " de Tunis pour réviser ses cours. A la fin des cours au Collège Sadiki, Hammouda m’emmenait avec lui pour faire nos devoirs dans cette pièce, où elle nous faisait servir un petit goûter. 

Cette femme veillait à ce que ses fils et filles étudient sérieusement. Elle vivait presque seule avec ses enfants, le mari exploitant agricole, étant souvent retenu à la ferme. 

Elle tenait à vérifier par elle-même que ses enfants avaient fait leurs devoirs et appris leurs 
leçons et autres récitations par cœur. 

Elle les prenait un à un et leur faisait réciter leurs devoirs. Si le récitant hésitait ou oubliait un mot, elle le renvoyait reprendre son texte pour l'apprendre par cœur. Celui ou celle qui butait sur un mot ou une phrase, avait beau supplier qu'elle l’aide en lui soufflant le mot … rien à faire, elle le gronde et le renvoie reprendre son texte jusqu’à ce que sa récitation par cœur se fasse sans hésitation !

Ce n’est qu’avec l’âge, devenus un peu plus grands, que les enfants ont découvert le subterfuge de leur mère et pourquoi tant de sévérité de sa part pour refuser de leur souffler le moindre mot : elle était illettrée et ne savait ni lire ni écrire ! 

L'année du bac probatoire j'ai été ajourné. Je n’oublierais jamais combien elle m’a consolé et surtout encouragé pour que je révise durant l’été, m’assurant que je l’obtiendrai pour m’avoir vu réviser régulièrement chez elle, avec assiduité au côté de son fils. 

Ces femmes souvent illettrées, ont été derrière les hommes et les femmes qui ont bâti la Tunisie moderne. Comme on dit : derrière chaque grand homme, il y a une femme ... en l’occurrence sa mère ! 

On peut énumérer tant et tant de noms de grands hommes qu'a connus la Tunisie et qui ont contribué à libérer le pays et à construire la Tunisie moderne, qui doivent beaucoup à leurs mères, dont Habib Bourguiba qui, reconnaissant pour toutes les femmes qui l'ont élevé parcequ'il était orphelin, a tenu à leur rendre hommage en leur accordant des droits uniques dans le monde dit "arabo-musulman", en promulguant le Code du Statut Personnel (CSP).

Ce Code fut son premier acte politique majeure pour rendre leur dignité aux tunisiennes qui ont formé et qui formeront les bâtisseurs de la nouvelle République. 

Par ce Statut, Bourguiba a libéré les femmes en leur accordant des droits que l'Islam ne leur accordait pas !

Bravo à toutes ces femmes, qui ont permis l'émancipation de leurs filles pour donner à la Tunisie la génération de "hrayers tounes", ces femmes libres et fières de se considérer filles de Bourguiba !
L’image contient peut-être : 9 personnes, personnes assises et intérieur
13 Août 1956, Signature du Code du Statut personnel

Et dire que certaines femmes d’aujourd’hui, bien que instruites et cultivées dans les écoles de Bourguiba, admettent le retour à la case de départ de leurs arrière-grand-mères en retirant leurs enfants de l’école de la République pour les confier aux écoles coraniques des islamistes ... 

Elles se laissent séduire par Ghannouchi et ses Frères musulmans jusqu'à se convertir au wahhabisme et admettre le nouveau colonialisme politico-religieux qu'il sous-tend; puisque Ghannouchi veut remettre la souveraineté de la Tunisie entre les mains de ses amis turcs & qataris; Erdogan se voyant déjà en Calife, héritier de l'Empire Ottoman !

Et voilà comment des femmes incultes ont poussé leurs enfants à s'instruire et à découvrir tous les savoirs et d'autres bien qu'instruites et souvent diplômées d'université, poussent leurs enfants vers l'obscurantisme et les écoles coraniques où le seul livre qui leur est proposé est le coran qu'ils doivent ânonner jusqu'à finir par le réciter par cœur. Tant pis s'ils n'en saisissent pas l'esprit; puisque le meddeb, lui-même n'en connait pas grand chose ! 

Comment expliquer une telle aberration, que des femmes instruites contrairement à leurs aïeules, orientent leurs enfants vers l'instruction religieuse au dépens de l'instruction générale ? 
En réalité c'est qu'elles ont été depuis des années la cible de propagande idéologique venue des pays du Golfe et d'Arabie et qu'elles ont succombé à cette propagande entretenue sur e terrain par les islamistes depuis le 14 janvier 2011. 

C'est à l'Etat civil que revient le rôle de protéger cette jeunesse en revalorisant l'instruction publique qui doit devenir une priorité nationale de premier plan en contrôlant les écoles coraniques, comme les mosquées; propices à la diffusion du wahhabisme, ce cancer du siècle.

Rachid Barnat