lundi 18 février 2019

BCE & Ghanouchi : ils se sont aimés !


Un dialogue impromptu qui date du 13 mai 2016 à l'époque du grand amour entre les deux vieux renards : BCE & Ghannouchi. Qu'en reste-t-il, 5 ans après ? 
Ce qui devait arriver est arrivé. Car Ghannouchi séduit ses alliés pour mieux les tuer (politiquement) après. Ce fut le cas pour MMM et MBJ et c'est le cas pour BCE ! 
Voilà ce qui arrive à ceux qui n'ont pas de principes ou les trahissent, mus uniquement par leur ego ... surdimensionné. 
BCE croît avoir berné les tunisiens avec son tour de passe en faisant semblant de chercher des alliés parmi les progressistes pour donner à Nidaa Tounes la majorité absolue qui lui manquait au parlement, alors qu'il s'est choisi son allié avant même les élections ! Quelle comédie.
R.B
L’image contient peut-être : Houcine Ghali, sourit

DIALOGUE (IMAGINAIRE) ENTRE BEJI CAID ESSIBSI ET RACHED GHANNOUCHI


Béji Caïd Essebsi - Alors Rchouda, ça va comme tu veux ?

Ghannouchi - Très bien Bejbouj. 
Franchement, tu respectes notre pacte de Paris d’avant les élections de 2014 à merveille. C’est plus que je ne m’attendais. Ton zèle, et je peux même dire ton excès de zèle, m’impressionne ! C’est la première fois que je constate qu’un bourguibiste et un destourien se montre fidèle à ses promesses et applique les consignes et le contenu d’un contrat comme il se doit.

Béji Caïd Essebsi - Ce n’est pas une question de bourguibiste ou de destourien, mais d’âge, mon pote.

Ghannouchi - Comment ça ? Je ne saisis pas.

Béji Caïd Essebsi - Oh ! Que tu ne saisisses pas, ça, j’en suis persuadé, puisque tu ne saisis que ce qui est dans le coran et la chariaa. 

Je voulais dire qu’à 90 berges, je sens la mort me rôder autour. Alors, je suis devenu plus croyant que toi et je me suis dit qu’il faut que je sois fidèle à mes promesses à ton égard, pour ne plus commettre de fautes et de mauvaises actions. Ainsi dieu me pardonnera et me prépare une place au paradis.

Tu te rappelles que lors de notre entrevue à Paris, tu m’as assuré que tu prieras pour moi ?

Ghannouchi - Bravo Bejbouj.
Tu as pris là une bonne décision et bien sûr je n’ai jamais cessé de prier pour toi. 
Mais je te dis honnêtement que tu tardes à mourir et que cela devient usant pour moi.

Passons aux choses sérieuses maintenant. 
Les dossiers des mécréants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, sont toujours sous scellés et les ordres sont donnés aux juges pour qu’ils les enterrent à jamais, n’est-ce pas ? 
Et l’affaire de mon gendre et chouchou Abdesselem Bouchlèka, c’est toujours en ordre pour qu’il ne soit jamais poursuivi ? 
Quant aux financiers d’Ennahdha qui sont impliqués dans les affaires louches sous Ben Ali, je peux toujours compter sur toi pour qu’ils continuent à vaquer à leurs besoins et devoir à notre égard, sans problèmes ?

Béji Caïd Essebsi - Rchouda, taou hadha klem ?
Jusqu’à présent, as-tu vu une seule action de ma part ou un comportement qui ait touché à un seul membre d’Ennahdha, à ses commanditaires dans les actions terroristes ou à ses pourvoyeurs en devises et en dinars depuis mon accession à la présidence et mon installation au palais de Carthage ?

Je peux même te dire que j’ai sacrifié l’union de Nidaa Tounes, car certains de ses dirigeants me reprochent mon contrat avec toi et d’autres me disent qu’il faut accélérer les poursuites contre les dirigeants d’Ennahdha pour leurs crimes durant le pouvoir de la troïka, par respect pour les citoyens qui ont voté pour nous. Mais j’ai dit “ niet “; et au diable la dignité et l’honnêteté. Le respect de notre contrat de Paris et mon séjour au Palais de Bourguiba ainsi que mes nuits passées dans le propre lit du “ combattant suprême “, que dieu ait le peu qui restait de son âme, passent en premier lieu.

Ghannouchi - Zeyed alik Bejbouj.
Si Bourguiba s’était comporté comme toi, nous n’en serions pas là ; et Ben Ali n’aurait jamais pris le pouvoir, cet inculte et irrespectueux envers l’islam et ses valeurs.

Béji Caïd Essebsi - Allah ghaleb.
Les hommes de ma trempe naissent qu’une fois tous les dix siècles ! Comme toi d’ailleurs ! Mais, it henna, tout ira comme convenu jusqu’à ma mort. Tu sais, il ne faut pas t’en faire. Le peuple tunisien ne va pas très loin. C’est un peuple naïf, stupide, habitué à être berné depuis soixante ans. Il gueule un coup et puis se replie sur lui-même et se laisse mener comme un troupeau de moutons.

Ghannouchi - Et ses casse-pieds modernistes et francophiles avec leurs chefs de file Yessin Brahim et Slim Riahi qui n’arrêtent pas de nous critiquer et qui ne sont pas solidaires au sein du gouvernement. Ne pense-tu pas qu’il est temps de les mettre à la porte, car, de toutes les façons, sans eux, nous avons une majorité très confortable ?

Béji Caïd Essebsi - Au contraire yè azizi.
Les exclure du pouvoir, cela ne nous rapportera que des critiques surtout de l’étranger et nous coupera les crédits du FMI et de la Banque mondiale au sein desquels ils ont des amis. De toute manière, les chiens aboient et la caravane passe. Ils finiront par se fatiguer, se calmer et se tasser. Car le Tunisien, par nature, tient à son poste de ministre plus qu’à ses principes, à son honneur (s’il en a) et à sa dignité. 
Tu connais la musique, je ne t’apprends rien là-dessus !!

Ghannouchi - Bravo alik Bejoubouj.
C’est mon analyse et ma position. Mais “ nakhou fik alè itfouf  “!
J’ai voulu te sonder uniquement. “ Yèkhi itlaat ifrit “ ! Ah ! 

Avant de conclure. Abderrahmane Tlili, qui est des nôtres, m’a dit qu’un certain Houcine Ghali qui habite Genève, le harcèle depuis 2012 et le menace de rendre son dossier public pour les millions de dollars qu’il a planqués dans les banques suisses à l’époque de Ben Ali. Je pense que tu as mis ton veto et que ce dossier restera à jamais hermétiquement fermé ?

Béji Caïd Essebsi - Je suis au courant.
Ce petit Ghali et qui est au fond “ rkhiss “, a même contacté “ Lejnet elmoussadara “, qui est dans la même rue que le siége de ton parti Ennahdha, ainsi que le Comité de la Banque centrale, chargé de récupérer l’argent volé et mis dans les banques suisses et surtout à Genève. Mais tout a été mis en place pour l’envoyer au diable et ne pas ouvrir ce dossier d’Abderrahmane Tlili. 

Ergoud wit'henna.

Ghannouchi - Merci Bejbouj.
Maintenant je dois te quitter parce que j’ai des appels urgents du roi d’Arabie saoudite, du cheikh du Qatar et du cheikh Youssef Qaradhaoui.

Rabbi itawel fi oumrak car, plus longtemps tu vivras et plus tu nous seras utile. Grâce à toi, nous sommes à la fois au pouvoir et dans l’opposition et ainsi nous les nahdhaouis, nous dirigeons le pays.
C’est pourquoi, la prochaine fois, Ennahdha votera pour toi pour la présidence de la République.

Ah ! J’allais oublier : Les salafistes et autres islamistes radicaux en prison ou qui retournent au pays en revenant des fronts de Libye, de Syrie, d’Irak et d’ailleurs où il y a des combats pour répandre les valeurs de l’islam et de la charia ; comme convenus, il ne faut pas les embêter, pour ne pas dissuader les nouvelles recrues de notre famille islamiste à aller au combat pour soutenir Allah.

Béji Caïd Essebsi - Tout ira comme convenu conformément à notre pacte de Paris.
Comme tu as pu le constater jusqu’à présent. 

Mais n’oublie pas de dire à tes maîtres du Golfe de nous soutenir discrètement financièrement, car la banqueroute guette le pays.
Bien sûr, comme d’habitude, tu gardes le pourcentage convenu, sur la somme totale.

dimanche 17 février 2019

Qui a dit que le PDL n'a pas de programme ?

Abir Moussi n'aurait pas de programme, disent ses détracteurs. Elle a mieux que çà : elle veut en finir avec l'islamisme et rendre le pays gouvernable en luttant contre la pieuvre islamiste qui étouffe les tunisiens et détruits le pays à tous les niveaux ! 
Pour cela, elle veut interdire les partis qui instrumentalisent la religion, elle veut une autre constitution puisque celle de 2014 rend le pays ingouvernable et elle veut un nouveau code électoral. Ces point essentiels, elle est la première à les avoir programmés; et depuis, beaucoup de partis reprennent certains d'entre eux, sinon les trois. 
R.B
Photo de profil de Taoufik Haouet, L’image contient peut-être : 1 personne, bandes et gros plan

Dans l’une de mes récentes publications, j’ai relaté les circonstances dans lesquelles j’ai découvert Abir Moussi, (il y a quelques 6 ou 7 ans) ; et exposé en quelques lignes, pour quelles raisons je risquais fort d’en faire ma candidate, quelle que soit la position de Femme d’Etat pour laquelle elle postulerait.

En parcourant les nombreuses critiques que certains de mes amis lui adressent, et en passant outre ceux qui la traitent de ‘‘salafiste déguisée’’, de ‘‘cheval de Troie nahdhaoui’’ et autres aberrations dénuées de tout fondement, je tenterai de répondre aux griefs que je juge importants et qui sont les suivants.

Auparavant, je voudrais rappeler que je fais une distinction très nette entre d’une part, être bourguibiste (suiviste qui ferme les yeux sur tous les nombreux excès et travers, pour adorer la personne et devenir hystérique à la moindre critique qu’on lui porte) ; et d’autre part être bourguibien (progressiste, pragmatique, promouvant un projet sociétal moderne tourné vers les autres et vers l’avenir ; et rejetant tout extrémisme religieux). 

Ce champ sémantique étant défini, je pense qu’Abir Moussi n’est pas bourguibiste mais bel et bien bourguibienne. Libre à vous de le croire ou pas.... 

Un dernier mot à ceux qui prétendent ‘‘qu’elle ne connaît pas Bourguiba, et que donc elle ne peut pas se prévaloir de ses idées’’ ; ceux-ci oublient ou ne savent pas, qu’il y a des dizaines d’ouvrages qui décortiquent son histoire, ses idées et sa démarche ; sans parler des centaines de ses vidéos qui circulent sur la toile.

Revenons maintenant aux griefs qu’on fait à Abir Moussi et à son parti : 

I - Premier Grief :

‘‘Elle a beau parler et gesticuler ; en dehors de son aversion et animosité épidermiques envers la Nahdha, elle n’a pas de programme’’.

C’est ce que lui reprochent, négligemment et injustement, celles et ceux qui ne veulent pas faire l’effort de suivre et de comprendre ses très nombreuses déclarations ; et encore moins celui de lire les quelques textes que son parti a produits, dont un majeur, Le Projet de Nouveau DESTOUR (Constitution).

Mais déjà rien qu'en s’opposant courageusement, voire témérairement et dangereusement, aux thèses sociétales obscurantistes, cela en soi est tout un programme !  

Pour elle et son parti il s’agirait en effet, ni plus ni moins de démonter les nombreux pièges mortels que ces sectes ont d’ores et déjà posés à notre société et à notre mode de vie, (à notre joie de vivre, de s’aimer en aimant la vie, et de s’habiller, et même pourquoi pas à notre façon de mourir et de nous faire enterrer), tout en se faisant passer sans vergogne pour ceux ‘‘qui protégeraient l’Islam et qui défendraient Dieu’’. Ils Le craignent tellement, qu’ils se substituent à Lui, en se mettant à juger qui est bon musulman et à décréter qui ne l’est pas ...et qu’il faudrait exclure de la société, voire l’éliminer physiquement.

Et ce, en exploitant ce fonds de commerce de fausse religiosité tout en engrangeant des milliards, et en permettant à leurs affidés extrémistes, tous les excès qui n’ont rien à voir avec notre propre compréhension de l’islam, en fermant les yeux sur les viols, vols et escroqueries en tout genre, voire en les encourageant et en les défendant becs et ongles, comme on ne cesse de le constater, toutes les semaines.

Abir Moussi et son parti, proposent en effet parmi d’autres réformes politiques vitales, la révision du système politique actuel qui bloque la bonne gouvernance du pays en diluant le Pouvoir de l’Etat qui se trouve dispersé sans possibilité de coordination, ni de vraies actions :

- Le président du Gouvernement :

Est l’otage permanent des partis représentés au sein du parlement, se trouvant ainsi condamné à composer avec les plus représentés, (souvent par des calamités), au sein de ce parlement qui prend de plus en plus l’allure d’une foire d’empoigne voire celle d’un cirque où caquettent les poules et ricanent les chimpanzés, en sautant de rangée en rangée et de table en table...

‘‘Députés’’ s’absentant le plus souvent pour empêcher une loi de passer, en continuant à se faire passer pour de vrais démocrates représentants du peuple qu’ils trahissent constamment ; et du pays qu’ils participent activement à enfoncer, et à plumer en participant frénétiquement à la curie, en s’enrichissant à qui mieux-mieux. 

Ce Président du Gouvernement est ainsi obligé de nommer ou de garder des ministres, qui, outre leurs compétences problématiques, au lieu d’essayer d’œuvrer pour le développement du pays, ne font que protéger les intérêts de leurs partis, en s’enrichissant au passage tout en bénéficiant de privilèges exorbitants. 

Président du Gouvernement, ce rouage essentiel de l’Etat qui, empêtré dans une lutte politico-sociale et financière tous azimuts, se trouve dans l’impossibilité totale d’entamer ni de poursuivre la moindre des réformes qu’il faut engager, sous peine de naufrage national définitif ; et qui, se sachant à la merci de ceux qui le soutiennent (qui justement conduisent le pays vers les abîmes), ne peut s’y opposer avec la fermeté nécessaire, au risque certain d’être lâché et remplacé par un serviteur engagé...

- Le Président de la République :

Se trouvant quant à lui, quasi-isolé à Carthage, nargué par les députés, quand ils ne l’insultent pas ouvertement (certains ne s’en privant pas) ; entièrement démuni ou presque d’attributions, pour pouvoir mettre le holà, sauf à dissoudre le cirque et de prendre le risque majeur de se faire désavouer par deux fois de suite par ce ‘‘parlement’’, de se faire démissionner ou ‘‘empêcher’’ (Cf. Nixon), voire se faire juger et coffrer, comme cela se fait en Amérique du Sud et en Chine ... ou encore se faire décapiter comme dans les pays dits-musulmans. 

Dans l’attente de jours moins noirs pour pouvoir se dépêtrer de ce foutoir, enfermé qu’il est, à la tête d’un Etat ingouvernable et d’un Parti, parti à vau-l’eau, avec au gouvernail un fils benêt, politique nabot et piètre navigateur contesté de l’intérieur et moqué partout ailleurs.

- Le Président du Parlement :

Etant quant à lui empêtré dans une situation aussi critique, pris en otage escorté qu’il est, à droite comme à gauche, par le vice-président Mourou Vicieux Visqueux, nahdhaoui retors et par une dame X (Mourou-Bis), se trouvant là par hasard, par calcul pervers et obscur ou pour le simple décor...

Pauvre Président, devant constamment faire attention où il met les pieds pour éviter de se faire trop souvent insulter, parfois physiquement agresser par un bandit ou un autre, pour pouvoir légiférer sereinement, comme il aurait fallu en temps normal, pour essayer d’aider ce pays à se sortir de ce guêpier ...

Face à cette situation ubuesque, Abir Moussi, copiée de plus en plus par de nouveaux embryons de partis, a soumis officiellement et la toute première, ce Programme, via un Projet de cette Constitution à l’Attention des Trois présidents.
Sans écho ni retour et pour cause ...

Projet qui, outre l’interdiction majeure et définitive de tout parti religieux, propose le changement de régime politique, qui empêche le pays d’être gouverné, prévoit aussi et surtout de changer le Mode de Scrutin, imposé sournoisement par le gourou ; et confectionné sur mesure, par des pseudos experts ‘‘constitutionnalistes’’, pour bloquer tout changement dans les suffrages favorables aux partis qui paient et corrompent ... le plus !

Pour clore les explications concernant cette prétendue absence de programmes de Abir Moussi et du PDL, les rassemblements qu’ils continuent d’organiser un peu partout et qui font l’objet de vidéos enregistrées et diffusées sur le Net, sont autant de supports et occasions et pour mieux s’informer pour les gens de bonne foi qui continueraient encore à croire à cette ‘‘absence de programmes’’... 

Sachant que ce PDL compte des dizaines de cadres hautement compétents qui sont en train de faire une synthèse de ce programme qui sera exposé durant la campagne officielle.
Le faire actuellement, serait contrevenir à la loi électorale.

II - Second grief :

A savoir que Abir serait une lionne solitaire dominante qui, même au sein de son parti, ne souffrirait aucune contestation ni discussion et que donc, elle serait un projet de nouveau tyran national.
Je ne la connais pas personnellement et je n’appartiens ni n’appartiendrai à aucun parti, ni le sien ni un autre... 

Mais autour de cette Dame de fer que j’apprécie, je connais quelques très hauts cadres, universitaires de qualité, anciens ambassadeurs et Grands Commis de l’Etat, ainsi que de grands Avocats, dont aucun n’accepterait de subir en silence le joug d’aucun tyran, ni ancien ni nouveau. 
Et je sais à travers eux, que ce parti est en pleine ébullition, avec des commissions collégiales de réflexion (qui en ont élaboré l’idéologie politique et sociale) ; et des groupes d’actions, organisés et fonctionnels (qui ont déjà procédé à sa structuration régionale et locale, digne du seul Parti à même de s’imposer sur le terrain, face à l’Ogre Obscurantiste).

Dans les prochaines semaines, vous commencerez à les voir et à les entendre sur les plateaux des organes de presse, qui finiront bien par lever le veto qu’on leur a demandé d’opposer, à toute velléité de communication venant de ce parti, en dehors de quelques apparitions de Abir elle-même, à qui on avait ‘‘concédé’’ de très rares occasions de s’exprimer.

Occasions que l’on avait surtout exploitées pour essayer de la désarçonner en l’agressant constamment et tenter de l’humilier en direct, voire de l’agresser physiquement comme a menacé de le faire en live, un certain célèbre taureau ...Et au cours desquelles il a bien fallu qu’elle se défende, souvent avec brio, parfois avec un certain excès d’agressivité...
Imaginez-vous être à sa place et être obligé d’essayer d’exposer vos idées, tout en sachant à l’avance que l’on #ne vous a invité #que pour vous empêcher de les exprimer, en vous agressant et en n’hésitant pas à vous insulter impunément...

Le vent est en train de tourner, à tel point que même Lotfi Zitoun, le porteur d’eau au moulin et idéologue en chef de la corporation frériste, n’hésite pas à faire semblant de changer son fusil d’épaule, en incitant son groupement (qu’il reconnait explicitement au passage comme étant une ‘‘secte religieuse’’ (les mots sont les siens). Et à se délester de cette face obscurantiste ...pour muer (comme serpent) en ‘‘parti politique civil’’.
Nul doute donc, que les organes d’informations récalcitrants ou sous contrôle, commenceront bientôt à inviter les cadres de ce grand parti qu’est le PDL et vous apprendrez à mieux les connaître...

Concernant le faux revirement de monsieur Olive le Sournois (Zitoun), auquel semble croire même certains de nos meilleurs analystes journalistes, il ne s’agit pour moi que d’une tentative désespérée de sauver certaines grosses têtes de la secte, du couperet international, imminent... Et aussi de préserver leurs fortunes colossales, indûment massées. 
Wait and see.

Je m’en tiens-là pour aujourd’hui sachant combien les publications longues ennuient certains de mes amis...


Mais je ne vous lâcherai pas pour autant, dans quelques heures, je m’attacherai à décortiquer le grief à mes yeux le plus compliqué à dénouer, à savoir celui que font certains progressistes quant à la position critique et parfois hostile du PDL face au projet de la Commission Libertés Égalités COLIBE, dirigée par notre amie Maître Bochra Ben Hamida ... là-aussi il y aurait à boire et à manger, et quantité de fils à démêler. 

vendredi 15 février 2019

ABIR MOUSSI : LA SOLUTION ?

Article publié dans : Kapitalis

Beaucoup de Tunisiens sont complètement découragés et ne croient plus en la démocratie. Les jeunes notamment, et c’est le plus grave, se détournent des élections et de la vie politique.
Est-ce étonnant ? Non, car la très grande majorité des hommes politiques ont montré leur absence totale d’idéale, de conviction ; et ne fonctionnent que pour leurs petits intérêts immédiats sans jamais se soucier de l’intérêt du pays et de ce qui pourrait le sortir de la crise grave, peut être mortelle, dans laquelle il se trouve.

Cette désaffection est due d’abord à l’absence totale de résultats, à l’absence de toutes réformes qui auraient donné quelques satisfactions à ce pourquoi les Tunisiens se sont révoltés : moins de corruption, une justice digne de ce nom, une économie plus dynamique qui arriverait à donner du travail à toute la jeunesse et notamment la jeunesse diplômée, une meilleure répartition de la richesse et du développement avec un effort fait sur les régions longtemps abandonnées, une politique volontaire et ambitieuse sur le plan de l’éducation publique qui a été sabordée par le régime Ben Ali.

Au lieu de cela : le dinar n'a plus de valeur, comme le dit cyniquement Béji Caïd Essebsi; la vie est devenue de plus en plus difficile; la flambée des prix est alarmante; la sécurité est en berne; la justice donne d’elle une image lamentable; des jeunes diplômés qui fuient le pays en nombre.

La crise a été encore plus renforcée par l’inadmissible trahison de Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounes qui, après avoir juré ses grands dieux qu’il ne s’allierait jamais aux Frères musulmans ; l’a, non seulement fait, mais cela était même prévu avant les élections et caché aux électeurs. Comment voulez vous croire ensuite à la démocratie et à ces partis ?

Les autres ne valent guère mieux. La gauche, toujours dans son utopie et sa phraséologie, n’a jamais voulu aider les progressistes au prétexte qu’elle voulait la " révolution ici et maintenant ". Ce faisant, elle a été l’idiote utile des islamistes comme cette gauche le fait souvent, hélas, en Europe aussi, où elle fait leur lit et prépare des lendemains cruels.

Face à cette lamentable classe politique que faire ? Beaucoup se sont déjà posé la question et tournent en rond entre abstention (qui favorisera incontestablement les islamistes) et voter pour ceux qui promettront de ne pas s’allier à eux ; même s’ils ne sont plus crédibles.

Face à ces évidences, il y a une personnalité politique (certes contestée, j’y reviendrai) qui a un mérite, celui d’avoir toujours été contre tout compromis, tout " consensus " avec les obscurantistes et dont elle conteste même le visa accordé à leur parti : c’est Abir Moussi !

Cette femme détonne parmi la classe politique tunisienne qui n’a aucune conviction sérieuse car elle a toujours et fermement combattu les islamistes et leur projet de régression. Elle a toujours clairement montré qu’il n’y avait rien à attendre de ces obscurantistes et que leur projet qu’ils font avancer secrètement, par le mensonge, la corruption des " progressistes" tunisiens et l’aide de puissance étrangères, sera mortifère pour le pays.
Elle est la seule à dire clairement qu’il faut réformer cette Constitution voulue par les islamistes et qui mine le pouvoir, en rendant impossible un réel projet politique sérieux. Elle veut même interdire les partis qui instrumentalisent la religion. On ne peut plus clair que ça !

Alors oui, Abir Moussi devrait être un recours. Son charisme et sa forte personnalité sont un atout pour elle; et ce que tout le monde lui reconnaît, est qu'elle soit l'une des rares politiques sinon la seule qui n'a pas tourné sa  veste.


Ces réformes institutionnelles sont impératives. En effet quand on voit partout l'absence de pouvoir, les dérives du petit personnel administratif, l'absence de tout contrôle sérieux des administrations, des écoles coraniques, des mosquées et j'en passe; il est clair qu'un pouvoir fort, est absolument indispensable car, hélas, on a constaté qu'en l'absence d'un pouvoir fort, les tunisiens abusaient de la liberté et pas dans le bon sens.

Il faut donc un pouvoir fort et un mécanisme d'alternance possible pour éviter une dictature qui semble assez difficile à envisager après la liberté d’expression et de manifestation que s'est donnée le peuple depuis sa révolution; et sur lesquelles, personne ne pourra revenir. Or il semble que le caractère d'Abir Moussi est tel qu'elle pourra assumer un pouvoir fort, absolument nécessaire.

Lorsqu’on avance cette hypothèse, on constate d’abord de violentes attaques sur les réseaux sociaux dont la plupart ne sont que des insultes sans aucune  argumentation. 
Ceux qui essayent d’argumenter, évoquent deux sortes de reproches.

Le premier, c’est qu’elle faisait partie du RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique) et qu’elle avait même, en qualité d’avocat, défendu ce parti lors de la demande de sa dissolution ! La belle affaire !  Ceux qui utilisent ce genre d’argument, oublient-ils le nombre considérable d’anciens RCD reconvertis en révolutionnaires et aujourd’hui en démocrates dans tous les partis dont beaucoup ont fini même par rejoindre Ennahdha ?

Et si la grave faute d’Abir Moussi est d’avoir plaidé contre la dissolution du RCD, c'est qu’elle a refusé d’hurler avec les loups et notamment avec les islamistes et les communistes. Et sauf à démontrer qu’elle aurait trempé dans des affaires véreuses et susceptibles de porter atteinte à son intégrité morale, elle n’a été que le reflet, hélas, de milliers pour ne pas dire de millions de Tunisiens opportunistes, qui ont suivi, eux aussi, Ben Ali, sans parler de la majorité silencieuse qui subissait son régime policier sans rien dire

Le deuxième, un peu plus sérieux, est son opposition aux travaux de la COLIBE (Commission des Libertés individuelles et de l'Egalité) et son opposition à l’égalité dans l’héritage. C’est une erreur de sa part mais qui peut n'être qu'une tactique politique pour gagner les voies des conservateurs ; et Dieu sait s’il y en a en Tunisie ! Ce qu'avait fait Bourguiba en son temps, alors que nous savons qu'il visait cette égalité et aspirait même à la laïcité mais qu'il a été pris de court par la maladie, dans sa politique des "étapes" ( "Siésit el marahil).

Quoiqu’il en soit, c’est secondaire car la priorité n’est-elle pas d’éliminer du champ politique les islamistes qui conduisent ce pays à la ruine en détricotant tout ce que des destouriens, véritables patriotes, avaient construit et pour lequel ils avaient tant sacrifié en donnant parfois leur vie ?

L’essentiel n’est-il pas d’avoir quelqu’un de ferme dans son opposition à ces obscurantistes qui sont un véritable cancer pour le pays ? A ses contradicteurs, je poserai la question : « Voyez-vous d’autres moyens de parvenir à ce résultat ? ». Que mieux qu'une femme pour tenir tête aux Frères musulmans qui exècrent les femmes ? Puisque tous les hommes qui se disent "progressistes et démocrates", se sont couchés devant Ghannouchi !

Enfin, je pense qu’elle aurait intérêt, en dehors de son opposition aux islamistes qui est essentielle, à développer, plus qu’elle ne le fait, un vrai programme de progrès économique et social. Elle se revendique de Bourguiba, il lui faut proposer au pays un contrat de progrès comme l’avait fait en son temps ce grand homme politique.

Rachid Barnat


dimanche 10 février 2019

Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin


... dit aussi le second Michel Ange.
Sa maîtrise du mouvement, des torsions et des formes, est époustouflante !
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Rapt de Proserpine - Villa Borghese - Rome
Fontaine des quatre Fleuves de la Plaza Navona - Rome

Le Gange

Le Nil

Le Danube
Le Rio de Plata

samedi 9 février 2019

L’islamisme c'est du totalitarisme

Voilà une femme courageuse qui dénonce à la fois la gauche française qui fait le lit de l’islamisme et les Frères musulmans quand hypocritement ils utilisent l'islamophobie comme argument pour faire taire leurs opposants ; alors que ces derniers, se jouent de tous les concepts (démocratie, liberté, égalité, liberté d'expression, droit de l'homme ...) en les vidant de leur sens, souvent. Ce que fait Ghannouchi qui va jusqu’à donner le nom d’Ennahdha à son parti faisant croire qu’il est porteur de renaissance, de renouveau et de progrès !
R.B
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Pourquoi l'islamisme est un totalitarisme

Un an après le 13 novembre et à l'occasion de la sortie de son dernier livre, Détruire le fascisme islamique, Zineb El Rhazoui a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. Selon elle, on ne pourra pas vaincre le terrorisme sans s'attaquer à l'idéologie qui le sous-tend.

Alexandre Devecchio - Dans votre dernier livre Détruire le fascisme islamique, vous dénoncez le concept d'islamophobie. Pourquoi ?

Zineb El Rhazoui - D'abord il s'agit d'un néologisme, un terme quasi-médical qui prétend désigner une « pathologie » : la haine injustifiée, aveugle, irrationnelle de l'islam avec un petit i, l'Islam avec un grand I, et les Musulmans, sans jamais les définir. Le concept d'islamophobie est une imposture intellectuelle fondée sur une confusion délibérée entre l'islam en tant que dogme, l'Islam en tant que civilisation, et les musulmans considérés ipso facto comme une communauté monolithique et non pas comme des individus. 

Qu'est-ce qu'un musulman ? Une personne née dans cette foi ou une personne qui l'a choisie ? On peut être issu de culture islamique et se définir par une multitude d'autres caractères, comme on peut opter pour cette religion sans en adopter les préceptes à la lettre. 

En réalité, ce que l'on nous désigne comme étant de l'islamophobie est souvent un rejet des manifestations ostentatoires et militantes d'un islam revendicatif. Les pleurnichards de l'islamophobie nous prennent en otage : à chaque acte terroriste, ils crient au « pas d’amalgame », mais lorsqu'on dénonce l'idéologie qui mène au terrorisme, ils nous accusent de haïr l'ensemble des musulmans. Le concept d'islamophobie est surtout un outil discursif qui consiste à faire taire toute critique envers la religion musulmane, à l'extraire à la raison. D'ailleurs l'islamophobie n'existe pas en terre d'Islam, là où la théocratie islamique a le pouvoir coercitif, puisque les islamistes disposent de mieux : le délit de blasphème, d'apostasie ou d'insulte à la religion. Lorsque vous critiquez l'islam dans un pays islamique, on vous met en prison, vous fouette sur la place publique ou vous assassine. Dans les démocraties occidentales, les islamistes, désespérés d'imposer le délit de blasphème, n'ont plus que l'accusation d'islamophobie dont ils veulent faire un nouveau racisme. Mais depuis quand la foi est une race ?

Alexandre Devecchio - Au-delà de la question de l'islamophobie, les islamistes instrumentalisent-ils les droits de l'homme à leur profit ?

Zineb El Rhazoui - L'islamisme est une idéologie impérialiste, elle a intrinsèquement vocation à se répandre car le prosélytisme est un devoir en islam, y compris sous sa forme la plus belliqueuse : le jihad. Lorsque cette idéologie n'est pas en position de force, elle n'hésite pas à faire feu de tout bois pour faire avancer son agenda : l'édification de l'Oumma, partout sur terre. Ainsi les islamistes ont coutume de se prévaloir de luttes auxquelles ils n'ont jamais contribué, voire auxquelles ils ont été hostiles. 

Les partis islamistes par exemple se diront démocrates, puisqu'élus, alors qu'ils considèrent la démocratie comme du kufr (impiété), puisqu'elle tend à ériger la volonté des humains plutôt que celle d'Allah. En France, nous voyons comment la notion de liberté individuelle est récupérée pour défendre les porteuses du voile. Le voile est par définition la négation de la liberté des femmes, mais peu importe pour les islamistes : ils n'encensent que la « liberté » d'être islamiste alors qu'il s'agit en réalité d'un consentement. 
Dans les pays où le voile est un uniforme obligatoire sous peine de châtiments corporels, les mêmes islamistes ne défendent pas la liberté individuelle de s'habiller comme on le veut. 

L'antiracisme est également détourné par eux et vidé de toute noblesse : ils ne dénonceront jamais les préceptes islamiques qui interdisent les unions interreligieuses comme racistes. Les islamistes qui crient au racisme le vident de sens, car pour eux, il n'est pas une lutte pour l'universalisme, pour gommer les différences entre les êtres humains, mais plutôt un combat pour imposer leur propre différence comme un universel. Les islamistes dénoncent le racisme des autres parce qu'ils veulent avoir le monopole du racisme.

En France, nous sommes loin d'une démarche saine de raison critique envers l'islamisme, car nous peinons toujours à le nommer. Il faut avant tout oser désigner cette idéologie pour ce qu'elle est : un fascisme. On ne peut pas prétendre combattre le terrorisme si on le considère comme un crime de droit commun. Il faut non seulement juger les terroristes, mais incriminer l'idéologie (le wahhabisme) qui les produit.

Alexandre Devecchio - Selon vous, il faut aussi revenir aux sources du mal qui se situeraient dans le Coran …

Zineb El Rhazoui - On ne peut quasiment plus évoquer la religion musulmane en France sans la faire précéder par la précaution d'usage : « l'islam est une religion de paix et d'amour ». Cela en soit indique qu'il y a bel et bien un problème. Lorsque la parole est confisquée, cela signifie que nous sommes face à un totalitarisme. Je ne vois absolument pas pour quelle raison l'islam serait la seule religion de paix et d'amour dans le monde. 

Revenons à la raison : l'islam est une religion écrite par des bédouins d'Arabie il y a 15 siècles, et elle est fortement empreinte de leur contexte. Prétendre qu'elle pourrait régir notre société et nos mœurs en 2016 est une hérésie. Il est essentiel de revenir aux sources écrites de la religion pour comprendre à quel point elles sont - à l'instar des écrits des autres religions monothéistes - un condensé de mythes et de barbarie. 
Le problème spécifique de l'islam, ce n'est pas tant l'archaïsme de ses textes, mais le mensonge collectif qui consiste à dire qu'ils seraient des textes qui prônent la paix et l'amour. En réalité, il y a bien plus de paix, d'amour et de justice dans la constitution française que dans le coran. Tant que nous ne disons pas aux islamistes que nous ne sommes pas dupes du message de leur religion, ils continueront à vouloir l'ériger en universel.

Alexandre Devecchio - Vous dénoncez également la « chimère » du vrai islam. Selon vous, il n'y aurait pas de différence entre islam et islamisme …

Zineb El Rhazoui - L'islamisme, c'est simplement l'islam appliqué à la lettre. Et l'islamisme génère forcément le terrorisme, puis qu'aucun théologien puriste ne déclarera le jihad ou tout autre précepte de l'islam caduc. Dans le dogme islamique, la religion est un tout, et non pas des pratiques à la carte. A chaque fois qu'un attentat terroriste est commis, les crypto-islamistes crient : « ceci n'est pas le vrai islam ! ». Mais personne ne nous dit jamais où il est, le vrai islam. Est-ce l'islam des individus qui en font une pratique partielle, respectueuse des lois ? Moi je dirais Amen si ceux-là n'étaient pas dénoncés par les islamistes comme des apostats inféodés à l'Occident. Où est-il le « vrai islam » ? En Arabie saoudite ? En Iran ? Dans les théocraties soft d'Afrique du Nord qui persécutent les buveurs d'alcool et les homosexuels, qui violent les droits des femmes et la liberté de culte et de conscience ? 

C'est justement pour déconstruire ce mythe du « vrai islam » que je me suis attachée à revenir aux textes et à décortiquer leur contenu.

Alexandre Devecchio - Mais tous les musulmans ne sont pas des islamistes !

Zineb El Rhazoui - C'est ce qu'on nous rétorque à chaque fois que l'on dénonce l'islamisme comme inhérent à la religion musulmane et non comme une idéologie ex nihilo. Mais d'abord, qui prétend que tous les musulmans de la terre sont des islamistes ? Et qui désigne-t-on d'abord comme musulman ? Si je m'alignais sur la définition du CCIF : l'islamophobie est un racisme antimusulman, j'en conviendrais (à tort) que les musulmans seraient une race. Si la race musulmane existe, et bien j'en fais moi-même partie. Pourtant, je suis bien loin d'être une islamiste, je suis même ce qu'il conviendrait d'appeler « une bouffeuse d'islamiste ». On peut être musulman de culture et athée, voire athée militant. 

Pour moi, un islamiste c'est d'abord quelqu'un qui pense que l'islam a vocation à régir la cité, et qu'il prévaut sur les lois terrestres.

Alexandre Devecchio - Selon vous, l'islamisme serait « un fascisme comme les autres ». En quoi cette idéologie est-elle totalitaire ?

Zineb El Rhazoui - Elle est avant tout totalitaire parce que c'est le règne de la pensée unique. Est-il utile de rappeler le triste sort de tous ceux qui ont osé critiquer cette idéologie ? Dans mon livre, je démontre que l'islamisme possède l'ensemble des caractéristiques structurelles des fascismes : le culte absolu de la personnalité du chef, un quasi-dieu. Mohamed, le chef perpétuel de l'Oumma, est si sacré qu'on ne peut même pas le représenter, et 15 siècles après sa mort, ceux qui osent le faire sont encore passés par les armes. 
Cette sacralité, il en lègue une partie aux souverains temporels qui règnent en son nom : on ne peut caricaturer aucun chef d'Etat musulman. 

Comme les autres fascismes, le fascisme islamique pratique un sexisme répressif contre les femmes et les homosexuels. Même dans un pays dit « modéré » comme le Maroc, les homosexuels sont passibles de 3 ans de prison, et les femmes n'ont légalement pas les mêmes droits que les hommes. Dans les pays où le projet du fascisme islamique a réussi, comme en Iran, en Arabie saoudite ou dans l'Etat islamique, les femmes doivent carrément disparaître du paysage en se couvrant de noir et les homosexuels sont pendus, ont la tête coupée ou sont précipités du haut d'un immeuble. 

L'autre caractéristique commune entre le fascisme islamique et les autres fascismes, c'est ce que les islamistes appellent la takqia, c'est-à-dire l'habilité à masquer le véritable agenda. Les partis islamistes, comme les partis fascistes, se présentent d'abord avec des programmes attrape-tout qui admettent des revendications sociales ou ouvrières. Une fois arrivés au pouvoir, ils pratiquent un libéralisme sauvage et répriment toute contestation. 

Il y a aussi l'aversion profonde pour les intellectuels et les arts. Comme les autres fascismes, et peut-être même plus, l'islamisme opprime les artistes et les intellectuels et n'hésite pas à condamner en bloc certaines formes d'expression artistique comme la musique, le chant ou la peinture. 

Et puis, le fascisme islamique a aussi son uniforme, son drapeau, son prêt-à-penser, son jargon et son esthétique. Il suffit de voir comment des jeunes français ou belges se mettent du jour au lendemain en accoutrement saoudien pour s'en rendre compte.

Alexandre Devecchio - Votre livre est une charge contre l'islamisme mais aussi contre les « antiracistes ». Ces derniers ont-ils fait le lit de l'islamisme ? Comment ?

Zineb El Rhazoui - Heureusement que tous les antiracistes de France ne sont pas tombés dans le piège tendu par les islamistes. Beaucoup rejettent la notion d'islamophobie et continuent à défendre un antiracisme universaliste. 
Le différencialisme culturel prôné par certains antiracistes est l'antithèse de l'antiracisme. 

Accepter une idéologie totalitaire qui réprime les femmes, les homosexuels et l'altérité de façon générale, comme étant l'expression légitime d'une différence culturelle, c'est dénier à certaines cultures les droits que l'on admet pour soi. Les droits humains, l'égalité homme femme, ne sont pas l'apanage des blancs, ils sont faits pour tout le monde. Malheureusement, les antiracistes différencialistes ont laissé les islamistes avoir le monopole de la définition de toute une culture. 

La forme de racisme la plus dangereuse aujourd'hui, ce n'est pas quelqu'un qui monterait sur un toit et crierait : « les bougnoules dehors ! », car celui qui le ferait tomberait sous le coup des lois antiracistes. La forme de racisme la plus pernicieuse, c'est celle qui consiste à considérer les « musulmans » comme une race/culture/religion condamnée à être régie par sa coutume. 
Encenser les lumières quand il s'agit de culture occidentale et la dénier à l'Islam (avec un grand I), c'est ça le racisme.

Alexandre Devecchio - Vous allez jusqu'à les comparer aux collaborationnistes. N'est-ce pas excessif ?

Zineb El Rhazoui - Pour moi, les antiracistes différentialistes ne sont pas les seuls collaborationnistes du fascisme islamique. Il y a aussi une partie de l'extrême gauche qui passe tout aux islamistes parce qu'elle est suffisamment condescendante (et manque surtout d'intelligence politique) pour considérer les « musulmans » comme un nouveau prolétariat. Il suffit de voir le sort réservé aux communistes par les régimes islamistes pour battre en brèche ce postulat. Il suffit aussi de rappeler que l'idéologie islamistes est financée par les plus riches de ce monde : l'Arabie saoudite et le Qatar, pour se rendre compte de la bêtise politique de cette extrême-gauche. 

Il y a aussi une partie du mouvement féministe, qui admet le voile comme une « liberté » alors qu'il sert de technique de marquage visuel non pas de celles qui le portent, comme elles le prétendent en France, mais de celles qui ne le portent pas dans les pays où il est obligatoire légalement ou socialement. Ne pas porter le voile dans un contexte où il prolifère, c'est être immédiatement identifiée comme non-adhérente à l'idéologie islamiste. 

Ces féministes ont admis une autre imposture intellectuelle : le féminisme islamique !
Depuis quand l'islam a-t-il des choses à nous apprendre sur la libération des femmes ? 

Il y a aussi une autre classe de collaborationnistes du fascisme islamique, qui eux, ne sont pas des idiots utiles, mais des acteurs conscients de l'expansion de cette idéologie détestable : une partie de la classe politique. Tous ces élus qui vont de compromission en compromission et cèdent le terrain à l'islamisme militant pour mieux être réélus. 
Ces politiciens devront un jour porter l'opprobre de leur trahison aux principes républicains dont ils sont pourtant censés être les défenseurs.