mercredi 17 septembre 2014

Forcé et contraint, le Qatar met dehors ses Frères musulmans

Pour préserver ses intérêts et assurer sa sécurité, le Qatar s’est plié aux exigences de son puissant voisin saoudien en se débarrassant des chefs islamistes réfugiés à Doha, à l'exception du Mufti de l'OTAN, Youssef Qaradaoui. 

L’époque pas si lointaine où cet émirat voyou se comportait comme une puissance mondiale est ainsi révolue. Le Qatar est donc revenu à sa dimension microscopique, sans pour autant renoncer définitivement à son soutien aux Frères musulmans et aux nombreuses organisations islamo-terroristes qui lui sont idéologiquement et financièrement liées.



Le Qatar passe à l'action contre les Frères musulmans

Le départ de Doha de plusieurs membres des Frères musulmans, dont le secrétaire général de la confrérie, montre que le Qatar a pris la mesure des risques que son soutien à cette organisation islamiste lui faisait courir.

Sous la pression de ses voisins mais aussi des États-Unis, le Qatar commence à agir contre ses remuants alliés islamistes. Doha vient de demander à sept responsables des Frères musulmans de quitter son émirat, qui abritait jusque-là de nombreux responsables intégristes pourchassés dans leur pays.

«Les autorités qatariennes ont dit à la confrérie qu'elles étaient soumises à la pression et que les circonstances n'autorisaient pas la présence de tous ses membres à Doha», a souligné à l'agence Reuter Ibrahim Munir, un responsable des Frères, installé à Londres. Cette mesure concerne notamment Mahmoud Hussein, le secrétaire général de la confrérie.
Même s'il ne s'agit pas d'une rupture entre Doha et les Frères musulmans - qui ont été le principal vecteur d'influence du Qatar dans les pays arabes qui se sont révoltés depuis trois ans - c'est un signe clair de durcissement de la politique de l'émirat à l'égard des islamistes.

Le soutien qatarien aux Frères musulmans égyptiens a provoqué une crise grave entre Doha et Le Caire. Mais au-delà, cet appui à la mouvance des Frères musulmans à détérioré les relations de l'émirat avec ses voisins d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, qui n'ont pas hésité à rappeler en mars leur ambassadeur à Doha.

D'autre part, sur le front syrien, après avoir été en pointe dans la structuration de l'opposition à Bachar el-Assad, le Qatar a dû céder ce rôle à l'Arabie saoudite. Et si l'on ajoute la guerre qui se profile contre les djihadistes de l'État islamique, parfois financés par des privés qatariens, Doha ne pouvait plus résister aux multiples pressions s'exerçant de la part de tous ceux qui lui reprochent son «double jeu» dans la gestion des crises régionales.

Sous l'égide de son jeune émir, Tamim, l'enfant terrible du Golfe s'assagit donc un peu. Ces dernières semaines, Doha a condamné, sans équivoque, des «groupes extrémistes», tout en réussissant une médiation pour faire libérer 45 otages, des casques bleus Fidjiens, détenus par al-Nosra, la branche locale d'Al Qaïda en Syrie.

Sur recommandation américaine, Doha a surtout aplani son différend avec son puissant voisin saoudien, qui lui reproche également d'alimenter les critiques contre le royaume, via Al Jazeera, la chaîne de télévision abritée et financée par le Qatar. En trois semaines, les chefs de la diplomatie qatarienne et saoudienne se sont vus à quatre reprises, dont la dernière fois en présence du secrétaire d'État américain, John Kerry.

«C'est une première étape, souligne la chercheuse Ebtesam al-Kebti. Les pays du Golfe réclament de nombreuses autres choses. Cela montre que Doha veut apaiser ses relations avec les États du Golfe, mais cela ne signifie pas qu'il a cessé de soutenir les Frères musulmans», tempère l'experte à Abou Dhabi.

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