vendredi 29 avril 2016

L'islamisation de la société tunisienne se poursuit avec l'aide de Béji Caïd Essebsi !

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La Tunisie et l’alliance stratégique islamo-nidaïste 
Beaucoup de ceux qui ont perdu leur temps dans les files d’attente lors des dernières élections législatives et présidentielle se mordent les doigts d’avoir par leur vote contribué à la victoire d’un parti et d’un président qui, au fil des jours et des mois, se sont révélés d’une incapacité effrayante à prendre en charge la gestion des problèmes catastrophiques qui paralysent le pays.
Un parti qui ne peut pas préserver son unité et résoudre ses problèmes internes sans exploser, ne peut pas assumer les responsabilités vitales imposées par l’étape historique difficile par laquelle passe le pays. Tout comme un président qui prend en compte l’intérêt de son fils avant ceux de son parti peut difficilement être considéré comme le meilleur garant des intérêts supérieurs de la Nation.
Nidaa Tounes et son fondateur ont pu convaincre une bonne partie des Tunisiens que ne pas voter pour eux, c’est ouvrir la voie à Ennahdha et à son projet d’islamisation du pays. Ils ont juré que jamais ils ne s’allieront avec les islamistes auxquels ils font assumer la lourde responsabilité, après deux ans de pouvoir, des désastres économiques et sociaux du pays et de l’amplification dramatique du phénomène terroriste.
Mais juste après l’annonce des résultats des élections d’octobre 2014, les Tunisiens se sont très vite rendus à l’évidence que le célèbre adage « les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient » s’applique aussi chez nous.
Certes, les élections législatives ont assuré 69 sièges sur 217 au parti islamiste. Un nombre important, mais qui ne fait pas le poids avec les 148 sièges restants occupés par des non-islamistes et des indépendants. Il était possible pour Nida Tounes et pour son président devenu « président de tous les Tunisiens » de mettre en place une coalition gouvernementale composée de non-islamistes et d’indépendants et de s’engager aussitôt dans la réparation des dégâts causés par quatre années d’anarchie sociale et économique et dans la remise du pays sur les rails.
Certains avancent l’idée que le partenariat islamo-nidaïste a toutes les caractéristiques d’une alliance stratégique dont les bases ont été jetées par les « deux vieux » lors de leur rencontre parisienne. La suite des événements semble donner raison à cette assertion, et l’on commence sérieusement à craindre que Nidaa Tounes, divisé, affaibli, désorienté, ne commence à servir de levier commode et docile pour le parti islamiste, toujours aussi déterminé à faire passer son projet de société conçu et imaginé par Qotb, Al Banna, Mawdoudi et les autres.
A un certain moment, on était soulagé de constater que malgré ses deux ans passés au pouvoir, malgré ses multiples tentatives de faire adopter par la société tunisienne le modèle social cher aux « Ikhwans », Ennahdha a échoué, et il s’est même fait écarter du pouvoir avant les élections.
Aujourd’hui, il est clair que notre soulagement n’était que de courte durée. Le parti islamiste reprend insidieusement et sournoisement ses tentatives de « réislamisation » du pays, suspendues sous la pression de la société civile.
On ne jette pas ici la pierre à Ennahdha qui, en toute logique, est en train de profiter d’une situation favorable pour lui et désastreuse pour le pays : essoufflement de la société civile, désarroi des partis politiques non islamistes, paralysés par l’absence d’une vue stratégique et minés par les rivalités et les ambitions personnelles.
L’image reflétée par les acteurs politiques du pays est inquiétante au plus haut point. On a l’impression que toutes les instances en charge de la gestion des affaires du pays, et le gouvernement en premier lieu, sont dépassées et que l’objectif de tout le monde aujourd’hui n’est plus de sauver le pays, mais de retarder l’heure fatidique de l’effondrement.
C’est cette étape cruciale de l’histoire du pays qu’a choisie Nidaa Tounes pour entrer dans un état de déliquescence et se laisser docilement dominer par le parti islamiste dont le rêve est d’arriver à en faire l’instrument de sa politique, comme il l’a fait si efficacement avec les partis de Ben Jaafar et Marzouki en 2012-2013.
Comment peut-on penser autrement quand on voit le silence assourdissant de Nidaa Tounes ou de ce qui en reste face à l’islamisation rampante du pays, notamment à travers les initiatives démagogiques du ministre des Affaires religieuses qui, visiblement, n’a d’autres soucis dans la vie que de plaire à Ennahdha.
A un moment où le pays a désespérément besoin que ses jeunes aient des diplômes en harmonie avec les besoins de l’économie, à un moment où celle-ci a un besoin urgent que les milliers de jeunes désœuvrés apprennent un métier qui les aide à s’insérer dans le tissu économique, voici le ministre des Affaires religieuses qui brille par son idée lumineuse de faire apprendre le coran à 100.000 jeunes dans les écoles pendant les grandes vacances…
A un moment où les caisses sont vides, où la machine de production des richesses est en panne depuis cinq ans, où les recettes de l’impôt se réduisent comme une peau de chagrin, voici le même ministre qui, après la loi sur « les finances islamiques »,  nous promet des caisses de « Zakat » avec des sommes faramineuses se chiffrant en milliards de dinars pour aider les pauvres, dynamiser l’économie et même pour payer les dettes de l’Etat !! D’où viendraient ces milliards de dinars qu’on déposerait dans ces « caisses islamiques »? De la Zakat… Des citoyens qui rechignent à honorer leurs  factures de la STEG et de la SONEDE et des contribuables qui voient rouge dès qu’on leur parle d’impôt vont sans doute se précipiter tête la première pour déposer de l’argent dans les caisses de Zakat…
Et que disent Nidaa Tounes et le président que nous avons élus pour nous sauver des griffes des islamistes? Rien. Pas un mot. Un signe inquiétant qui pousse beaucoup de Tunisiens à faire le parallèle entre hier et aujourd’hui. Entre Ben Jaafar et Ettakattol d’une part, et Caïd Essebsi et Nidaa Tounes d’autre part.

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