samedi 21 janvier 2012

OU EN EST LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ? EST-CE UN DOSSIER ENTERRE A PEINE OUVERT ?

Un débat intéressant sur ce thème, organisé par la chaîne Hannibal dans le cadre de l’émission « la voix du peuple », auquel participaient des juristes ayant fait partie de la commission nommée par le gouvernement pour enquêter et constituer des dossiers sur la corruption et le bakchich, en présence de la présidente d’un syndicat des magistrats Mme Kalthoum Cannou et de Mohamed El Ayadi, Rachid Tamr, Aiachi Hammami.

J’ai déjà écrit que la corruption avait été l’un des facteurs déclenchant de la révolution tunisienne, le peuple ayant été choqué par la façon scandaleuse et mafieuse dont s’était comportée la famille de Ben Ali.
J’ai soutenu que la lutte contre la corruption devait être un des objectifs des nouveaux pouvoirs et du peuple.

Il faut également rappeler que la corruption gangrène la vie du pays et qu’elle est source de l’aggravation des conditions sociales; puisqu’il y a ceux qui peuvent « acheter » et ceux dont la pauvreté les met, en quelque sorte « hors circuit ». Elle est un frein certain au développement économique.
C’est donc véritablement une cause qui devrait unir tous les partis politiques et qui devrait entrainer la vigilance de la population.
Or c’est aussi une cause difficile car, bien entendu, il n’est pas toujours facile de débusquer les actes de corruption par nature cachés et qui nécessitent des investigations poussées par des spécialistes du droit, de la finance et de la comptabilité. Il faut également renverser tout un état d’esprit qui s’est peu à peu insinué, insidieusement, partout dans la société.

Cette lutte contre la corruption doit donc être menée fermement, d’abord contre les faits anciens, ceux de l’ancien régime. Sur ce point on a assisté, depuis l’origine à un conflit inutile et nuisible entre les magistrats et la Commission de lutte contre la corruption.

Les magistrats ont toujours contesté cette commission en estimant que la lutte contre les faits de corruption était leurs prérogatives. C’est, à mon sens, une grave erreur d’analyse pour les raisons suivantes :

- D’abord il n’était pas possible, à l’époque, de faire confiance aux magistrats du Parquet pour instruire et poursuivre ces faits de corruption lorsque l’on sait dans quels liens de dépendance était non seulement le parquet mais les Juges eux-mêmes. On ne pouvait absolument pas faire confiance à ceux qui dans le passé avait  manifesté une telle subordination au pouvoir et au parti au pouvoir et dont certains n’était pas exempts de faits de corruption.
- Dés lors la Commission avait le mérite d’être composée  d’hommes et de femmes, issus de la société civile, nommés en raison de leur compétence technique et qui avait structurellement une indépendance à l’égard des pouvoirs anciens.
- Par ailleurs cette Commission a toujours eu un simple rôle d’enregistrement des plaintes et d’instruction, la décision finale revenant comme cela est normal à la Justice. Cette Commission  avait donc pour mission d’effectuer un travail préparatoire en toute indépendance, de manière collégiale et de transmettre ses conclusions à la Justice qui avait tous pouvoirs pour vérifier dans les formes le travail ainsi  réalisé.
- Je rajoute que compte tenu de l’ampleur de la corruption, cette Commission faisait un travail absolument nécessaire et que la Justice avec ses moyens n’aurait pas été capable de faire.

Il faut donc qu’après la mort de son Président, le doyen Abdelfattah Amor, cette Commission soit maintenue, qu’un président soit nommé, qu’elle poursuive son travail préparatoire et que les Juges soient saisis de ses dossiers ainsi instruits et mènent leurs procédures jusqu’à leur terme.

Je trouve donc la querelle des juges inutile et même dangereuse. Ils devraient, au contraire se réjouir de se voir ainsi aidés par la Commission. Leur corporatisme comme celui des avocats est choquant. Ils essaient depuis la création de cette commission, de lui mettre des bâtons dans les roues. Ce qui étonne d’autant que nous savons que certains juges et certains avocats étaient impliqués dans le système de corruption.
Qu’ils commencent par faire déjà le ménage dans leur rang, pour rendre sa crédibilité à une justice que certains de leurs confrères et collègues ont gravement malmenée.

Par ailleurs que deux institutions complémentaires travaillent sur ces cas de corruption me parait tout à fait saint et elles doivent, au surplus, le faire sous le contrôle de la presse et de l’opinion publique. Il faut que la Justice comprenne que tout en respectant les règles de procédure et la présomption d’innocence, elle est rendue au nom du peuple et doit donc agir dans la transparence.
Cela pour le passé.

Pour l’avenir, la lutte contre la corruption passe à la fois par la nécessité de textes comme celui imposant aux  personnels politiques de publier clairement l’état de leurs revenus et de leurs patrimoine avant leur entrée en fonction et par l’existence d’association, issue de la société civile, ayant pour objet de lutter contre toutes formes de corruption. Or sur ce point on peut regretter le silence assez étourdissant du pouvoir et des partis qui le soutiennent.

Rachid Barnat

NB : corruption et inaction de l'état : Le cas de la construction anarchique évoquée, n'est toujours pas résolue un an après ! Et ce malgré toutes les démarches légales pour mettre fin à cette construction anarchique. Preuve, s'il en est besoin, d'une corruption par le bakchich de la part du contrevenant et de son avocat F.M. connu pour ce genre de pratique, impliquant le maire de Mutuelleville, le maire de Tunis et les juges en charge de ce dossier.

" Le jugement de Cambyse : Le dépouillement de Sisamnes "
par Gerard David

COMMENT COMBATTRE LA CORRUPTION DES JUGES ?
Ce tableau du peinte néerlandais Gerard David, relate une histoire vraie d'un juge corrompu du nom de Sisamnes du temps de Cambyse II, roi de Perse.
Ce juge était suspecté de recevoir des pots-de-vin et d'avoir rendu de faux jugements.
Quand sa corruption a été établie, le roi l'a fait arrêter et le condamna à être écorché vif.
Il ordonna aussi de conserver sa peau pour recouvrir la chaise des juges qui lui succéderont pour rendre la justice au nom du roi, afin qu'elle leur serve d'exemple; pour en finir avec la corruption des juges.
Dans le coin supérieur droit du tableau, on peut voir le fils de Sesamnis qui succéda à son père au poste de juge, assis dans la chaise recouverte de la peau de son père, rendre la justice avec dévouement.
Ce tableau était suspendu dans la chambre des membres de la commune belge de Bruges, où les juges ont siégé pour rendre la justice aux plaignants.
Il est conservé aujourd'hui au musée de Groning.
Il était courant d'accrocher des copies de ce tableau dans les salles d'audience en Europe, au 15e siècle.
Il serait bon d'accrocher à nouveau des copies de ce tableau dans les tribunaux des pays où sévit la corruption des juges ... comme en Tunisie !

8 commentaires:

  1. LA MÉCHANCETÉ CONSERVE, SEMBLE-T-IL !

    Un mec qui a vécu sa vie chichement bien qu'il possède des biens et des revenus conséquents, jalouse ses frères et les envie au point de les emmerder pour s'imposer comme patriarche lui qui n'en a ni les qualités ni le charisme !

    Avec l'âge et la maladie, sa méchanceté a augmenté au point de devenir obsessionnelle !!

    Un jour il a eu un accident cérébral "thérapeutique" dû à un mauvais dosage de ses traitements. Il était dans un état presque végétatif, ne parlait plus ...
    Sa sœur médecin, s'est occupée de lui nuit et jour ainsi que sa fille aînée pour le "récupérer".

    En guise de remerciement, à peine sorti de ses problèmes"comateux" dés qu'il a retrouvé ses esprits et l'usage de la parole, il a eu l'outrecuidance de :

    - Demander à sa sœur médecin contre laquelle il avait lancé une procédure pour abattre un mur qu'elle avait élevé sur son bien pour empêcher que les locataires de son frère aîné n’empiètent sur son espace ... de se charger d'exécuter un jugement pour l'abattre; puisqu'il a gagné son procès contre elle (comme il a gagné toutes les autres procédures juridiques, pour écarter ses frères de l'héritage de leur père !) par la corruption des juges !

    Et
    - De menacer son aînée qui depuis qu'il cumulait les problèmes de santé, ne s'est pas épargnée pour le soigner et l'accompagner chez les médecins, les laboratoires et les hôpitaux ... de lui envoyer l'huissier pour la mettre dehors d'un appartement faisant parti du legs de son père et qu'il s'est attribué en soudoyant notaires et juges; parce qu’il exige qu'elle paie un loyer; alors qu'il a installé son autre fille et son fils dans des biens lui appartenant GRATUITEMENT bien qu'ils se désintéressent de ses problèmes de santé, s'en déchargeant sur leur sœur aînée !

    Où est la justice dans tout çà ?!!

    C'est à croire qu'il carbure à la méchanceté, persuadé que ses nombreux "hajj" (pèlerinages à la Mecque) et autres "Omra" (simple visite touristique aux lieux saints Mecque & Médine), le lavent de ses abus envers sa fratrie !!

    http://rachid-tunisiepost-revolution.blogspot.com/2011/08/corruption-et-inaction-de-letat-un_01.html

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  2. BRAVO A MAMOGHLI Chokri POUR SES CRIS D'ALERTE ... POUR QUE CESSE LE MASSACRE DE LA TUNISIE !

    https://africanmanager.com/17_tunisie-chokri-mamoghli-donne-lalerte-sur-la-colline-du-belvedere/

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  3. EN TUNISIE, LA CORRUPTION GAGNERAIT-ELLE AUSSI LES JUGES DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF ?

    Une plainte pour construction anarchique violant les règles d'urbanisme pour laquelle le juge a demandé une expertise judiciaire, laquelle expertise a confirmé de manière claire et évidente que la construction litigieuse était contraire aux règles.

    Que croyez vous que le Tribunal a jugé ?
    Eh bien, il a débouté la plaignante malgré la clarté de l'expertise et celle des règles d'urbanisme applicables.

    On doit se poser la question : Comment est-ce possible ?
    C'est, soit de l'incompétence absolue et on ne peut y croire; soit on est bien obligé de penser à la corruption.

    Or cette plaignante a eu affaire au même contrevenant dans d'autres affaires judiciaires devant les tribunaux d'Instance et d'Appel, où systématiquement elle a été déboutée malgré des dossiers bien ficelées par son avocat car le contrevenant usait du bakchich auprès des juges pour la débouter !

    Son avocat a beau la rassurer que les juges du Tribunal Administratif, réputés honnêtes et respectueux du droit, ne mangent pas de ce pain-là ... il faut croire, que la réalité est tout autre !!

    Ainsi la corruption aura gagné aussi le Tribunal Administratif !

    Vivement la Troisième République !!

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  4. LA CORRUTION DES JUGES TUNISIENS !

    Mon avocat me rapporte une pratique très répandue chez les juges Tunisiens.

    Certains juges rédigeraient deux conclusions dans une affaire qu'ils traitent :
    - l'une favorable à la partie A,
    - l'autre favorable à la partie adverse B.

    Le juge téléphone aux avocats de A et de B pour leur demander ce qu'ils sont prêts à "payer" pour "gagner" leur affaire !

    Et évidemment, l'affaire sera "gagnée" par le plus offrant, puisque le juge sortira la "bonne" conclusion le jour du rendu du jugement !

    Ce qui m'est arrivé durant 20 ans de procédure, dans un dossier en béton, que pourtant l'avocat de la partie adverse "gagne" systématiquement toutes les étapes, en soudoyant les juges !
    Avocat véreux, bien connu au palais de justice de Tunis : Farid M'rad !

    Or une démocratie réelle ne fonctionne que s'il y a une justice réelle et indépendante !

    Malheureusement, les Tunisiens en sont bien loin car il ne suffit pas d'avoir fait une révolution, encore faut-il que les juges fassent la leur pour dénoncer la corruption de leurs collègues et purger la justice des juges véreux !

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  5. LES CONSTRUCTIONS ANARCHIQUES : Une loi pour les régulariser ?

    Les parlementaires enverraient-ils un signal d'impunité aux tunisiens enclins à l'anarchie ?
    Est-ce ainsi qu'on éduque le citoyen au respect de l'Etat et du droit qui le fonde ??
    Un parlementaire responsable, assure que ce sera la porte ouverte à d'autres constructions anarchiques ... puisque les contrevenants pourront compter sur une nouvelle régularisation ... tôt ou tard !!
    Espérons que la loi en la matière sera pour la sanction des constructions anarchiques, avec destruction des bâtiments construits illégalement et ne respectant pas le cahier des charges urbanistiques propre à chaque ville et à chaque quartier; afin de dissuader les futurs contrevenants de défigurer nos villes.

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  6. TRIBUNAL ADMINISTRATIF : des juges corrompus ?

    Dans un dossier de construction anarchique où le contrevenant n'a respecté aucune des règles urbanistiques du cahier des charges municipal de Mutuelle-ville; le juge du tribunal administratif a désigné un expert judiciaire pour vérifier les plaintes de la voisine du contrevenant.

    Ces règles étant on ne peut plus claires, puisque chiffrées comme :
    - la surface minimale requise pour construire une maison,
    - le nombre d'étages autorisés,
    - la distance à respecter entre voisin, et
    - la distance à respecter d'avec la rue.

    Comme on le voit, la règle est simple et ne souffre aucune interprétation.

    L'expert désigné par ce juge rend un avis dans lequel il confirme tous les points soulevés par cette voisine, que le contrevenant n'en avait respectés aucun !

    Quelle fut la réponse du juge du tribunal administratif ?
    Il déboute la plaignante au motif que les règles urbanistiques établies par la municipalité du quartier en question, ne peuvent être prises à la lettre; et qu'il revient au juge de les "interpréter" pour ne pas gêner les gens désireux de construire, de le faire même en les outrepassant !

    Ce qui expliquerait l'anarchie des constructions qui s'est emparée du pays depuis la fumeuse révolution et qui défigure de plus en plus le pays jusqu'aux quartiers classés dans le patrimoine architectural du pays voire même de celui de l'humanité à l'UNESCO : comme Sidi Bou, Hammamet et Jerba !

    Pourtant un grand avocat m'affirmait que s'il est vrai que des juges corrompus sévissent au Palais de justice de Tunis et dont on peut acheter le verdict; il n'en est rien au Tribunal Administratif connu pour ses juges intègres, m'assure-t-il !

    Pourtant le verdict de ce juge est pour le moins louche ...

    Pôvre Tunisie : Sans Etat de droit, point de démocratie qui vaille.
    Cela devient le règne de l'arbitraire et de l'anarchie !

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  7. L'histoire de Mutuelleville - Tunis : d'un projet d'aide mutuelle en 1911, à un quartier résidentiel au milieu du 20e siècle.

    Le quartier de Mutuelleville a été créé dans le nord de la ville de Tunis, sur les hauteurs au-delà du Belvédère, dans une zone agricole au début du 20e siècle où on cultivait des oliviers.
    Certains documents font référence à cette zone comme "Kirch el-Ghaba"/"le cœur de la forêt".

    Au début du 20e siècle, cette zone a commencé à se transformer progressivement d'une terre agricole en une nouvelle zone urbaine.

    La naissance de Mutuelleville est essentiellement liée à une association caritative : « Assistance Mutuelle Tunisienne », l'une de ses figures les plus importantes étant Ferdinand Huard, qui était un employé de l'administration postale et une figure active dans le mouvement coopératif et caritatif.

    En 1911, l'administration a lancé un projet pour établir un quartier résidentiel à des prix abordables pour les membres de l'association. L'opération visait un morceau de terrain d’environ 163 000 mètres carrés au nord du Belvédère, près de la rue De Lys et de la promenade municipale.

    Ferdinand Huard était l'une des figures clés de ce projet. Dans une lettre historique du 10 avril 1911, il a présenté sa vision pour un quartier qui ne serait pas seulement une solution à l'habitation mais aussi permettra la création d'une communauté de résidents liée par un esprit de solidarité et d'aide mutuelle. Par conséquent, le nom de Mutuelleville est directement lié à l'Association de l'Aide Mutuelle et à ses membres.

    Ici, il est nécessaire de faire la différence entre le début du projet Mutuelleville et la date de création de la société immobilière. Le projet existait et a été développé de 1911 à 1912.

    Les premières opérations de construction ont commencé avant la Première Guerre mondiale, tandis que la société immobilière Mutuelleville (Société d'habitations à bon marché de Mutuelleville) a été créée en 1920 par des employés français. Par conséquent, nous trouvons parfois 1920 comme l'année de sa création, mais les documents qui parlent de son origine, indiquent que le projet remonte à 1911-1912.

    L'idée originale était assez différente de l'image de Mutuelleville connue aujourd'hui comme un quartier de villas de luxe.

    Le quartier a été initialement conçu pour accueillir un groupe d'employés et des classes de faible revenu. Ainsi il a combiné la propriété privée et le logement à faible coût (HBM).
    Les parcelles de terrain ont été divisées et vendues aux participants, dans le cadre d'un projet immobilier organisé.

    Les sources révèlent que les premiers bâtiments ont été simples et petits. Les premières maisons construites par les membres de l'association n'étaient pas des palais ou des villas luxueuses, mais des logements modestes situés au milieu des oliviers. Un exemple qui permet une date précise est que Jules Émile Garcin a acheté un morceau de terrain à Mutuelleville en 1914 et a construit une petite maison.
    En 1929, M. Montmayeur a acheté le terrain et la maison fe Garcin, puis a démoli la petite maison et construit un palais privé, qui a ensuite fait partie des installations scolaires connues sous le nom d'Institut Pierre Mandés.

    Après la Seconde Guerre mondiale, le quartier s'est encore étendu. Le 30 mai, un décret a été émis pour établir l'Association des propriétaires de Mutuelleville (Association Syndicale des Propriétaires de Mutuelleville), puis l'association a tenu sa réunion générale le 28 juin 1925, en présence d'un grand nombre de propriétaires.

    Les documents officiels révèlent que Mutuelleville a ensuite été décrit comme un "village français", une expression qui reflétait la nature de l'environnement colonial et social à l'époque.

    (Suite, ci-après)

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  8. (Suite)

    Les noms des rues du premier quartier étaient principalement associés à des villes et des figures françaises, ce qui est cohérent avec la nature du projet, qui a été initialement établi pour servir la population européenne sous le système français.

    D'un point de vue urbain, Mutuelleville faisait partie de l'expansion de la ville en dehors de la vieille ville, aux côtés de quartiers tels que Franceville et El Omrane.
    Cette expansion a contribué à la formation d'une nouvelle zone résidentielle caractérisée par des rues plus larges, des jardins et des maisons individuelles. Des études modernes indiquent que ces quartiers faisaient partie d'une politique urbaine coloniale qui a également conduit à une séparation claire entre les nouveaux quartiers européens et les quartiers très peuplés de Tunis.

    À mesure que le quartier se développait, les villas sont devenues de plus en plus grandes et ont progressivement changé de caractéristique. Après avoir été initialement destinées à des employés et à des personnes à revenus moyens, le quartier est devenu une zone résidentielle plus luxueuse au cours de la période entre les deux guerres et après la Seconde Guerre mondiale.
    Elle présentait des bâtiments avec différents styles architecturaux, de l'Art Nouveau à l'Art Déco et ensuite l'architecture moderne.

    Le 27 février 1930, Mutuelleville s’est doté d’un moyen de transport régulier entre le centre de Tunis via une ligne de bus qui relie la ligne de Rome-Franceville à Mutuelleville. Cela indique que le quartier était devenu une partie importante de l'expansion urbaine de la capitale à cette époque.

    Après la Seconde Guerre mondiale, la zone a assisté à une nouvelle phase d'expansion. En 1945, un plan de reconstruction large a été élaboré pour Mutuelleville, et la construction de la résidence immobilière de Mutuelleville a commencé.

    En 1953, l'entreprise de construction française SSI a acheté de nouvelles parcelles de terres situées près du palais connu sous le nom de Montmartre, et a commencé à construire deux grands complexes d'appartements avant que d'autres parties n'interviennent pour compléter le projet après 1956.

    Après l'indépendance de la Tunisie en 1956, la structure de la population du quartier a progressivement changé, la propriété de nombreuses maisons passant à des Tunisiens, et Mutuelleville a conservé une partie importante de son patrimoine archéologique ancien.

    Le quartier est devenu, au fil du temps, l'une des zones résidentielles connues de la capitale, avec le nom Mutuelleville restant en usage dans la vie quotidienne, malgré la division administrative actuelle qui le relie au 4e district de la ville.

    Du point de vue historique, l'importance de Mutuelleville ne réside pas seulement dans le fait d'être une vieille zone résidentielle, mais aussi dans le fait de l’aménagement de zone agricole en zone modèle d’urbanisation.

    Son histoire illustre également comment les associations de logement coopératives à faible coût ont joué un rôle dans le développement de certains quartiers, avant que certains d'entre eux ne se transforment progressivement en quartiers haut de gamme.

    PS : L'image représente l'emplacement du quartier en 1911 et ses habitants de l'« Association d'aide mutuelle », fondée par Frédéric Huar, et qui étaient parmi les premiers à s'installer dans ce quartier.

    https://www.facebook.com/photo?fbid=10236650534227857&set=a.1066431145592

    Sources principales :
    - 1. Danielle Laguillon-Hentati , Mutuelleville : histoire d'un quartier centenaire, Revue de l'Institut des Belles Lettres Arabes (IBLA), n°214, 2014, pp. 211-237. 1912 2012 .
    - 2. Farah Makni, Réflexions sur l'héritage urbain colonial de Tunis : les quartiers du Belvédère et Mutuelleville, Revue d'histoire culturelle.

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