mardi 24 mars 2015

Qui gouverne le monde ?

L'ONU a tout faux depuis la création de l'état d’Israël ! Cet enfant de l'ONU n'a cessé de ridiculiser cette institution depuis le début, mettant au grand jour la règle de "deux poids, deux mesures" ... lui faisant perdre toute sa crédibilité auprès des peuples dit "arabo musulmans", plus particulièrement !!  
R.B
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Le Proche-Orient explose, La Russie s’arme, la Chine menace ses voisins, l’Afrique de l’Est souffre… 
Mais qui pilote le monde ? 

Plus personne, affirme Pierre Hassner. Bienvenue dans le « désordre » mondial !

Dans un article récent (1), vous annoncez
 la mort du « nouvel ordre mondial », né après
 la guerre froide et placé sous l’égide de l’Onu. Pourquoi ce modèle a-t-il échoué ? 


Pierre Hassner : Pour répondre à votre question, il faut revenir au moment de la création de l’Onu. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Roosevelt a imaginé quatre gendarmes – les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine – qui feraient régner l’ordre et assureraient la sécurité. C’était en contradiction avec l’idée d’une organisation démocratique où tous les pays auraient les mêmes droits et il fallut arriver à un compromis. Ce fut la création du Conseil de sécurité avec cinq membres permanents disposant d’un droit de veto et de dix membres tournants. 

Ce compromis initial a empêché l’Onu d’intervenir là où elle aurait dû. Tout au long de la guerre froide, Occidentaux et Russes se sont opposés à coup de droit de veto… La première responsabilité de l’Onu, celle de protéger les populations, n’a fonctionné que de manière très chaotique : les Occidentaux sont intervenus militairement au Kosovo sans mandat du Conseil de sécurité ; les Russes ont détruit la Tchétchénie, les Chinois sont impassibles sur le Tibet et en conflit avec nombre de leurs voisins… 

La dernière occasion de faire avancer la cause de l’Onu (l’adoption de la notion de « responsabilité de protéger ») s’est effondrée avec l’affaire libyenne. Le mandat donné aux forces onusiennes, essentiellement occidentales, était clair : empêcher un génocide annoncé. Or c’est à la chute d’un régime à laquelle nous avons assisté. Beaucoup de pays, dont les Russes et les Chinois, sont donc en droit de dire que les Occidentaux ont outrepassé leur mandat et instrumentalisé l’Onu à des fins politiques. De plus, le résultat est chaotique : une grande partie de l’Afrique de l’Est est déstabilisée, énormément d’armes circulent dans cette partie du monde, et l’on regarde maintenant les Syriens se faire massacrer. Dans le livre que j’ai dirigé avec Gilles Andréani, Justifier la guerre (2e éd., 2014), le juriste Michael J. Glennon propose d’ailleurs que l’on déclare la charte de l’Onu en désuétude car aucun État ne l’a appliquée en renonçant à se faire justice lui-même. 


Que vaut la parole de la communauté internationale face à des régimes autoritaires ?


Pierre Hassner : La communauté internationale n’existe pas, à mon avis. C’est d’ailleurs pour moi un sujet d’agacement. Je l’ai écrit souvent au moment de la guerre en Yougoslavie : la communauté internationale est la structure absente. Il y a des communautés religieuses, des communautés idéologiques, des communautés nationales – bien qu’elles soient parfois divisées – mais pas de communauté internationale. Il y a une société internationale, c’est-à-dire qu’il y a des règles pour que les avions volent partout, que les bateaux se déplacent en mer. Mais la communauté internationale n’existe, comme l’a écrit l’analyste allemand Christoph Bertram, que quand quelques États se mettent à agir ensemble en son nom. Les gens du Sud et de l’Est ne sont pas dupes. Ils disent : « C’est vous Occidentaux qui dictez les règles, et vous appelez ça la communauté internationale. » Regardez de nouveau la Syrie. Alors qu’il était bien plus justifié d’y intervenir qu’en Libye (rappelons tout de même les faits : 200 000 morts, des milliers de torturés, 2 millions de réfugiés), tout le monde s’est montré réticent. Les Russes soutenaient Bachar al-Assad, les Occidentaux ne voulaient pas répéter les erreurs commises en Libye ni agir sans l’accord des Russes. 


Quelles sont alors les instances influentes aujourd’hui : les États, les peuples, les juridictions internationales ?


Pierre Hassner : L’hétérogénéité est bien plus grande qu’il y a vingt-cinq ans et touche la nature même des acteurs : leur caractère étatique ou non étatique, national, subnational ou transnational, leur culture guerrière, ou au contraire tournée vers la recherche du bien-être. Les distinctions classiques entre grandes et petites puissances, entre public et privé, intérieur et extérieur, civil et militaire, ne disparaissent pas, mais sont de plus en plus brouillées. Les grands accords, officiels ou implicites, sur lesquels se fondait l’ordre international, et notamment pendant la guerre froide, permettait une certaine prévisibilité. Il y avait une entente implicite entre les grandes puissances. Les Américains pouvaient bombarder un allié de l’URSS comme le Viêtnam tout en continuant à négocier la limitation des armes nucléaires. Et lorsque les Russes sont intervenus en Hongrie et en Tchécoslovaquie, les Américains les ont laissés faire. Aujourd’hui les mêmes hostilités existent, mais il n’y a plus personne pour les réguler. De nombreux acteurs non étatiques, des bandes comme Daesh ou Boko Haram ne reconnaissent aucune instance internationale, si bien qu’aucun dialogue n’est possible. La disparition de la guerre froide a libéré les conflits et tensions qui couvaient un peu partout.


On assiste depuis peu à une multiplication des foyers de rébellion en Afrique et au Proche-Orient. Le monde est-il plus dangereux qu’il y a vingt ans ? 


Pierre Hassner : Il est en tout cas moins lisible et plus imprévisible. Par exemple, on a de plus en plus de mal à distinguer la guerre et la paix. Cela fait longtemps que l’on ne fait plus de déclaration de guerre, alors que les guerres existent bel et bien : il existe actuellement plus d’une trentaine de conflits dans le monde ! Dans ce contexte, on ne peut pas exclure que certaines situations dégénèrent. Il n’est pas impensable, par exemple, que des groupes difficilement contrôlables s’emparent de la bombe atomique, que des fanatiques pakistanais prennent le pouvoir. 

Parallèlement, la logique des États fait son retour. Barack Obama veut se retirer des conflits, mais Russes et Chinois augmentent leur budget militaire de manière considérable (celui de la Russie a augmenté de 108 % en dix ans !). Vladimir Poutine ne cache plus ses desseins impériaux. Pour lui, la Russie doit prendre sa revanche sur la chute de l’Union soviétique. Il souhaite, sinon reconquérir tous les pays ayant appartenu à la Russie, du moins intervenir au prétexte de les protéger, et exercer une influence dominante sur tous ses voisins. C’est une doctrine très dangereuse, qui fait peser une menace sur la paix en Europe. Quant à la Chine, en querelle avec tous ses voisins, elle cherche à dominer l’Asie, en excluant les États-Unis du continent.

Avec l’évolution des moyens de destruction, des groupes, voire des individus, peuvent causer des dommages aussi importants que des États. Les guerres civiles, régionales et planétaires s’entremêlent inextricablement.


Faut-il renoncer à l’idée d’une gouvernance mondiale susceptible d’assurer la paix et la sécurité à l’échelle globale ? 


Pierre Hassner : Il faut en tout cas admettre que les cartes sont totalement rebattues. Il suffit de voir, outre les conflits, les négociations sur le climat : elles ont beaucoup de mal à aboutir, chacun défendant ses intérêts propres. Il existe par ailleurs un décalage croissant entre les élites mondialisées, et les populations qui ont tendance à se replier sur elles-mêmes. Le monde se trouve fragmenté de fait par la montée des affirmations religieuses conquérantes et des nationalismes malheureusement exploités, y compris en Europe, par beaucoup de responsables politiques. 

Je suis donc assez pessimiste. Et pourtant, je dois bien reconnaître que je me sens à l’aise dans ce nouveau monde. Plus que le monde d’hier, ce monde éclaté ressemble à ma manière de penser, faite de doutes, de questions, de désordre parfois… 
Il faut composer avec l’incertitude.

2 commentaires:

  1. ONU : ce machin qui ne sert à rien !

    Le Général De Gaulle a eu raison de dire "ce machin" .... en parlant de l'OTAN, qu'on peut reprendre pour l'ONU, prise en otage par les grandes puissances; devenue depuis, une instance de "palabres" stériles et dont les lois "internationales" sont appliquées selon la règle des "deux poids, deux mesures" ... veto des "grands" faisant loi !

    Il suffit de voir les 300 résolutions contre Israël restées lettres mortes;
    Alors qu'il a suffit d'1 résolution contre Saddam Hussein pour lui déclarer la guerre !!

    ONU totalement discréditée, du moins chez les peuples "arabes" !!!

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  2. LE NOUVEL ORDRE MONDIAL SELON TRUMP-POUTINE-JINPING ...

    Ou le retour à la loi du plus fort et à celui de la jungle !

    A la sortie de la première guerre mondiale, il y eut la SDN pour régler les problèmes entre les nations.

    A la sortie de la deuxième guerre mondiale, il y a eu l'ONU pour remplacer la SDN qui avait échoué à régler ces problèmes, dominée qu'elle était par les puissances coloniales d'alors : l'Angleterre et la France.

    A son tour l'ONU, dominée par les nouvelles puissances que sont les EU et l'URSS, lesquelles avec leur droit de veto vont la ridiculiser régulièrement en bafouant le droit international !

    Dés lors, il ne faut pas s'étonner que les populistes méprisent le droit : qu'il soit national ou international !

    La faute à qui ? Aux "démocraties" qui ont décrédibilisé leurs valeurs civilisationelles, à commencer par la démocratie, les droits de l'homme et le droit international !!

    On se rappelle que les premiers bébés de l'ONU furent le Pakistan et Israël. Et c'est eux qui seront les premiers à décrédibiliser cette instance quand ils bafouent les règles et le droit international.

    Israël ayant même dépassé par ces abus toutes les limites, en bafouant sans cesse les valeurs qui ont présidé à la naissance de l'ONU ... dont le droit international !

    Ainsi l'ONU finira enterrée par l'enfant qu'elle avait enfanté : Israël !

    Et comme l'histoire le démontre régulièrement, derrière ces instances internationales, il y a toujours des puissances qui s'en servent pour masquer leurs convoitises, sous de bons sentiments :

    - Bush sous prétexte de répandre la démocratie au Moyen Orient et faire tomber les dictateurs, il a déclenché la guerre contre Saddam Hussein, alors qu'il convoitait l'or noir de l'Irak !

    Trump sous le prétexte de fallacieux de "sécurité des EU", il veut combattre les dictateurs, les narcotrafiquants ...; alors qu'il convoite la richesse de leur pays, en l'occurrence l'or jaune et l'or noir du Venezuela dont il vient d'enlever le président !

    Ainsi Trump donne le feu vert à Poutine pour faire de l'Ukraine et des ex pays du pacte de Varsovie, sa chasse gardée; et à Jinping de récupérer Taiwan ... puisque lui même veut faire de l'Amérique du nord et celle du sud, la chasse gardée des EU !

    Comment s'étonner dés lors, de la multiplication des dictateurs parmi les "petits" ... comme ceux du monde dit arabo-musulmans; quand les "grands" bafouent le droit international ?

    Netanyahu peut réaliser son grand Israël en chassant ce qui reste de Palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza ... au nom de la "sécurité" pour Israël !

    Poutine peut récupérer l'Ukraine et d'autres pays de l'ancien pacte de Varsovie; lui aussi au nom de la " sécurité de la Russie !!

    Erdogan peut récupérer les provinces ottomanes, confisquées par les Anglais et les Français ...

    Triste humanité !

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