dimanche 15 septembre 2013

Hassan el Banna : manifeste des Frères Musulmans !


Ou le mein kampf des "frères" !

Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans

Domaines politique, juridique et administratif

1- Mettre fin aux rivalités de partis et canaliser les forces politiques de la nation dans un front uni et dans une seule phalange. C'est le parti unique...

2- Modifier les lois afin qu'elles soient conformes à la charia (loi islamique) dans tous les secteurs d'activités.

3- Renforcer l'armée, augmenter le nombre de divisions de jeunes en insufflant à celles-ci l'esprit du djihad islamique. L'Objectif est la guerre contre les infidèles

4- Resserrer les liens entre les pays musulmans, particulièrement entre les pays arabes en vue d'un rétablissement du califat. La fin des états-nations

5- Répandre l'esprit islamique dans tous les ministères du gouvernement afin que tous les employés se sentent obligés d'adhérer aux enseignements de l'islam. La fin de la neutralité de l'état

6- Surveiller la conduite de tous ses employés et mettre fin à la séparation entre la vie privée et la vie professionnelle. Un système totalitaire

7- Modifier les horaires de travail en été et en hiver afin que tous puissent facilement accomplir leurs obligations religieuses. Mettre fin aux heures de travail tardives.

8- Mettre fin à la corruption et au népotisme. On ne devrait accorder de promotions que pour des motifs de compétences et pour des raisons légitimes.

9- Évaluer toutes les décisions gouvernementales en regard de la loi et des enseignements de l'islam. Les fêtes nationales, les réceptions, les conférences officielles, la vie dans les prisons et les hôpitaux devraient être conformes aux enseignements de l'islam. Les heures de travail devraient être établies de telle sorte qu'elles n'entrent pas en conflit avec les heures des prières. L'Islam avant tout

10- Embaucher des diplômés d'al-Azhar dans l'armée et dans la fonction publique et assurer leur formation. Détruire les bastions de la laïcité



TOUS CEUX-LA SONT COUPABLES POUR LES "FRÈRES MUSULMANS" !

Domaines social et éducatif

1- Inciter les gens à respecter la morale publique et adopter des lois prévoyant de lourdes peines en cas d'infraction. La fin de la liberté individuelle

2- S'occuper de la « question de la femme » d'une façon qui améliore son statut et lui assure une protection qui soit conforme avec les enseignements de l'islam. Ce dossier (le plus important socialement) doit se garder des positions non orthodoxes de ceux dont les opinions sont soient déficientes soient excessives.

3- Lutter contre la prostitution clandestine ou manifeste.
Reconnaître que la fornication est un crime, quelles que soient les circonstances; un crime détestable qui mérite la flagellation. Plus de liberté individuelle

4- Interdire toutes les formes de jeux: loteries, courses et casinos.

5- Faire campagne contre la consommation d'alcool et de drogue: le salut de la nation dépend de leur interdiction. Encore une liberté qui est ôtée

6- Faire campagne contre le port de vêtements inconvenants et contre les conduites relâchées; éduquer les femmes sur ce qui est convenable, et être particulièrement strict envers les enseignantes, les élèves et les étudiantes, les femmes médecins et de manière générale avec tous ceux qui travaillent dans ces domaines.
Comme en Afghanistan, l'Arabie Saoudite et l'Iran

7- Revoir le programme scolaire offert aux jeunes filles et s'assurer qu'il diffère de celui des garçons à plusieurs étapes de leur éducation. Fin de l’égalité des sexes

8- Interdire la mixité entre les étudiants des deux sexes; traiter les fréquentations entre jeunes gens en âge de se marier comme un crime qui doit être puni.

9- Encourager le mariage et la procréation par tous les moyens: adopter des lois pour protéger et aider les familles et régler les problèmes du mariage.

10- Fermer les salles de danse moralement indésirables et les boîtes de nuit, et interdire la danse et les autres passe-temps du même genre.

11- Inspecter les théâtres et les salles de cinéma et choisir avec rigueur les films et les pièces qui y seront présentés. Plus de liberté d'expression

12- Censurer les chansons et sélectionner soigneusement celles qui seront diffusées. idem

13- Choisir soigneusement les conférences, les chansons et les sujets qui seront diffusés à la radio: utiliser la radio pour éduquer la nation d'une manière vertueuse et conforme à la morale. Endoctrinement d’état

14- Confisquer les histoires provocatrices, les livres qui promeuvent le scepticisme d'une manière insidieuse, les journaux qui encouragent l'immoralité et ceux qui profitent de manière indécente des désirs lascifs.
Comme les autodafés des Nazis

15-Surveiller les lieux de vacances d'été afin de mettre fin à la confusion généralisée et à la promiscuité qui invalide l'idée même d'aller en vacances.

16- Limiter les heures d'ouverture des cafés, surveiller les activités de leurs propriétaires, leur expliquer ce qui est dans le meilleur intérêt public, leur interdire de rester ouverts tard le soir. Police Politique

17- Cesser d'utiliser les cafés pour apprendre aux illettrés à lire et à écrire. Aider plutôt dans ce but la nouvelle génération de professeurs affectés aux écoles élémentaires et les étudiants.

18- Résister à l'adoption de pratiques nuisibles, qu'elles soient économiques, morales ou autres. Détourner les masses de ces pratiques. Les orienter plutôt vers ce qui leur est bénéfique ou leur apprendre ce qui est dans leur meilleur intérêt. Ceci touche des pratiques comme les mariages, les funérailles, les naissances, les réunions où l'on entre en transe (zar), les congés civils et religieux, etc. Que le gouvernement donne l'exemple.
Renfermement sur soi, aucune influence étrangère n'est tolérée

19- Considérer sérieusement la mise sur pied d'une police des mœurs (hisba) responsable de punir ceux qui transgressent ou attaquent la doctrine islamique, tels ceux qui ne se conforment pas au jeûne du Ramadan, ceux qui ne font pas leurs prières, ceux qui insultent la foi et ceux qui commettent d'autres méfaits similaires.
Comme actuellement en Arabie Saoudite

20- Fusionner les écoles élémentaires des villages avec les mosquées et procéder à une réforme en profondeur des deux, notamment quant au choix des employés, à la propreté et à tout ce qui a trait à la surveillance des enfants de façon à inciter les jeunes à la prière et les plus vieux à l'étude.
Soustraire l’éducation à l’État

21- Faire de l'éducation religieuse une matière obligatoire dans toutes les écoles et universités.
Endoctrinement totalitaire

22- Encourager la mémorisation du Coran dans toutes les écoles élémentaires: rendre cette mémorisation obligatoire pour l'obtention d'un diplôme en religion ou en langue. La mémorisation d'une partie du Coran devrait être obligatoire dans toutes les écoles. Idem

23- Adopter une politique de l'éducation qui améliorera et élèvera le niveau de l'éducation, qui unifiera les buts et les objectifs qu'elle poursuit, afin de rapprocher les différentes cultures qu'on retrouve dans la nation. La première étape de ce processus consiste à encourager un esprit vertueux, patriotique et un code moral inébranlable. Idem

24- Accorder un soin particulier à la langue arabe à tous les niveaux de l'éducation et veiller à ce que seul l'arabe soit parlé au niveau élémentaire.

25- Mettre l'accent sur l'histoire de l'islam, de la nation et de sa culture, ainsi que de la civilisation islamique.

26- Envisager l'imposition d'un code vestimentaire uniforme pour toute la nation.

27- Mettre fin dans les maisons aux influences étrangères qui affectent la langue parlée, les comportements, les façons de se vêtir, les gouvernantes, etc. Tout cela doit être « égyptianisé » et ce, tout particulièrement dans les résidences des classes supérieures.

28- Donner au journalisme une orientation appropriée et encourager les auteurs et les écrivains à approfondir les sujets islamiques. Système totalitaire

29- Se préoccuper de tout ce qui concerne la santé publique en diffusant des informations utiles dans les médias, en augmentant le nombre d'hôpitaux, de médecins et de cliniques mobiles et en améliorant l'accès aux services médicaux.

30- Accorder une attention aux problèmes des villages, notamment en ce qui concerne leur organisation, leur propreté, la purification des réserves d'eau potable et leur enrichissement culturel, les loisirs et leurs besoins en formation.

Domaine économique

1- Organiser le prélèvement de la zakat (charité obligatoire) en fonction des revenus conformément à la Loi Sacrée. Utiliser les sommes recueillies pour financer des projets charitables, comme la construction de logements pour les personnes âgées, les pauvres, les orphelins et pour renforcer l'armée.

2- Interdire l'usure et veiller à ce que les banques respectent cet interdit. Le gouvernement devrait donner l'exemple dans ce domaine en renonçant à toucher l'intérêt sur l'argent prêté.

3-Encourager le développement économique, fournir des emplois aux chômeurs, transférer ceux qui sont détenus par des étrangers à des citoyens du pays.

4-Protéger le peuple contre l'oppression des compagnies monopolistes, encadrer ces compagnies dans un cadre très strict en cherchant à obtenir d'elles le plus de bénéfices possibles pour le peuple.

5-Améliorer la situation des fonctionnaires subalternes en augmentant leurs salaires, en leur accordant régulièrement des augmentations tout en réduisant le salaire des hauts fonctionnaires.

6-Réduire le nombre de postes dans le secteur public en ne conservant que ceux qui sont nécessaires. Veiller à un partage équitable de la charge de travail entre les fonctionnaires.

7-Encourager l'accès à l'expertise dans les secteurs agricole et industriel et accorder de l'importance au niveau de production des agriculteurs et des travailleurs d'industrie.

8-Se préoccuper des problèmes sociaux et techniques du travailleur et améliorer tous les aspects de ses conditions de vie.

9-Mieux exploiter les ressources naturelles, les terres en jachère, les mines négligées, etc.

10-Accorder une priorité à l'organisation et à l'exécution de projets nécessaires de préférence à des projets luxueux.

Tel est le message des Frères Musulmans. Nous le soumettons et nous offrons nos services, nos talents et tout ce que nous possédons à n'importe quel comité ou gouvernement désireux de réaliser ces objectifs, solidaire de la nation islamique et désireux de favoriser son progrès et son avancement. Nous répondrons à cet appel et sommes disposés à nous sacrifier. Nous espérons qu'en agissant ainsi nous avons rempli nos obligations puisque la religion implique la sincérité envers Allah, son apôtre, son livre, les imams des musulmans et leur communauté dans son ensemble. Allah nous suffit. Il est plénitude et que sa paix retombe sur ceux qui le vénèrent.


samedi 14 septembre 2013

Le jeu de dupe auquel se livrent américains et frères musulmans

On doit remercier Wikileaks pour la révélation de ce petit morceau d’histoire des relations islamo-impérialistes. Dans les documents suivants, on découvre la servilité des Nahdaoui à l’égard des Américains et la naïveté de ces derniers à l’égard des islamistes. C’est sous la présidence de George W.Bush, le criminel de guerre en Irak, que les relations de maître à esclave entre certains hauts dirigeants d’Ennahda et les Services de l’ambassade américaine en Tunisie se sont renforcées. Mais elles existaient déjà depuis le début des années 80, lorsque les Américains ont décidé d’écarter Bourguiba et de placer leurs pions islamistes, aussi bien en Tunisie qu’en Algérie. Ils ont raté leur coup en 1987, mais pas en janvier 2011, avec leur révolution du jasmin. Ce qui est étonnant dans ces documents, c’est que Ben Ali était au courant des tractations islamo-impérialistes, mais il laissait faire. Pourquoi n’a-t-il pas réagi ? Pourquoi n’a-t-il pas remis en prison ces traîtres ? Pourquoi a-t-il manqué de fermeté ? Autant de questions auxquelles il va falloir un jour répondre. A la lecture de ces documents de Wikileaks, on comprend que, ce n’est pas parce qu’ils sont majoritaires ou populaires que les islamistes sont arrivés au pouvoir, mais parce qu’ils ont vendu leur âme à l’Oncle Sam. 

Merci aux USA d’avoir imposé ces obscurantistes au pays de Bourguiba.


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Des documents émanant de l’ambassade américaine à Tunis et faisant partie des récents documents qui ont filtré et ont été révélés récemment par Wikileaks attestent des très bonnes relations entre les membres du parti islamiste tunisien Ennahda et la mission diplomatique américaine à Tunis du temps du président déchu Ben Ali. Echange de visites entre les deux parties et insistance des dirigeants d’Ennahda sur le fait qu’ils représentent « l’islam modéré », ce qui est à leur avis la solution pour la démocratie dans la région et précisément en Tunisie.  

Mais il semble qu’il y a une grande différence entre ce que déclarent (pour la consommation locale) les Nahdaouis à propos de la politique « sioniste » des Etats-Unis et ce que révèlent ces documents à propos de leurs cordiales relations avec eux. Le fait est que de nombreux sympathisants de ce parti écrivent sur de nombreux sites internet que le pouvoir du président déchu Ben Ali les pourchassait et les réprimait pour satisfaire à la demande des Etats-Unis qui ne veulent pas qu’ils accèdent au pouvoir bien qu’ils représentent « l’Islam modéré qui va réaliser la Justice, l’Egalité et la Démocratie ». Or, une série de télégrammes de l’ambassade américaine à Tunis démontre que les relations entre le parti islamiste et les services américains étaient très étroites. 

Selon ces documents (câbles), l’intérêt américain pour les faits et gestes des islamistes était permanent et les fonctionnaires de l’ambassade ne rataient jamais une occasion pour demander à leurs hôtes tunisiens des informations sur les activistes islamistes sur la scène politique ainsi que sur leur force réelle sur le terrain et la réalité de leurs projets. 

Dans un câble en date du 23 mai 2006, traitant de la situation dans le pays après les élections municipales tenues au début du même mois, un membre du parti Ettajdid (ancien parti communiste) a affirmé que le parti Ennahda demeure actif en marge de l’opposition et il vise tout particulièrement les jeunes fréquentant les mosquées. L’ambassadeur américain William Hudson, auteur du télégramme, écrit « que l’opposition laïque a compris l’importance d’une telle situation et a pris contact avec les islamistes dont des membres du parti Ennahdha restés dans le pays. Le président du parti démocratique progressiste d’alors, Néjib Chebbi, a reconnu devant l’ambassadeur qu’il avait rencontré récemment des membres d’Ennahdha à l’étranger. Mohamed Harmel, qui était alors président du Parti Ettajdid a révélé pour sa part qu’il n’est pas exclu qu’il prendrait des arrangements avec les islamistes pour renforcer les activités de son parti ». 

Toutefois, l’opportunisme de Chebbi et de Harmel les a poussés à décourager l’ambassade de prendre quelque contact que ce soit avec les islamistes, quels qu’ils soient « aussi bien en Irak ou n’importe où ailleurs ». Ils ont critiqué « les avantages politiques obtenus par les chiites en Irak ». Cette position de mise en garde est partagée également par l’association tunisienne des femmes démocrates, ATFD, dont deux membres, Ilhem Belhaj et Hafidha Chkir, avaient averti, au cours d’une réunion tenue le 9 février 2006 à l’ambassade, un des fonctionnaires de cette l’ambassade, que l’acceptation d’un gouvernement islamique correspondrait à la «substitution d’une dictature par une autre ». Elles ont affirmé que cela valait aussi bien pour ceux qui se faisaient appeler « musulmans modérés ». 
  
Dans un autre câble en date du 29 novembre 2005, intitulé « dualisme de l’islam en Tunisie », l’ambassadeur Wiliam Hudson traite de la situation de l’islam en Tunisie. Il expose la croissance de l’observance religieuse en Tunisie et l’histoire des rapports entre les autorités et les mouvements islamiques. Il transparaît de ce document que les relations entre l’ambassade et des membres du parti islamique Ennahda dissous sont bonnes, puisque l’ambassade les sollicite pour son information. Selon le document cité, l’ambassadeur dit qu’un ancien membre d’Ennahda s’est plaint à un fonctionnaire politique de l’ambassade que les groupes politiques islamiques ne s’intéressaient qu’aux activités politiques et aux alliances, ajoutant que Dieu et la religion n’avaient pas d’importance pour ces derniers, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas meilleurs que le pouvoir politique actuel. 
  
L’intérêt américain pour l’islam en Tunisie apparaît aussi dans un câble datant du 22 mars 2006 qui relate les actes d’une table de discussion tenue le 8 mars avec un certains membres de la société civile où l’on revient toujours à la situation des islamistes! Selon certains documents, quelqu’un comme Ziad Doulatli, aujourd’hui membre du conseil d’Ennahdha, était l’ami de l’ambassade et figurait sur la liste de ses visiteurs permanents. Un visiteur qui faisait la promotion de son parti et la sienne et pour se présenter comme le représentant d’un islam modéré. 
  
Le 15 août 2006, s’est tenue une réunion entre des islamistes tunisiens « modérés » d’une part, et les conseillers politiques et économiques ainsi que l’officier politique de l’ambassade, d’autre part. En date du 21 août, l’adjoint au chef de la mission, David Ballard, a envoyé un télégramme donnant les détails de ce qui s’était passé au cours de cette réunion qu’il a organisée à la demande des tunisiens : Radwan Masmoudi (1), un américain d’origine tunisienne qui "préside le Centre d’Etudes de l’islam et de la démocratie à Washington, et qui nous a rendu de précieux services dans l'affaire irakienne", Saïda Akermi (2), secrétaire générale de l’association internationale de soutien aux prisonniers politiques, Salah Eddine Jourchi (3), journaliste et activiste de la société civile et ancien membre d’Ennahda et Ziad Doulatli, membre fondateur du parti qui a passé quinze années en prison. Le télégramme explique que les islamistes modérés tel que les désigne l’ambassade (mais avec certaines réserves puisqu’elle met cela entre guillemets renvoyant la responsabilité de cette appellation à d’autres), ont voulu rencontrer des représentants de l’ambassade afin « de renouer le dialogue sur des problèmes communs ». Nous découvrons ainsi que les relations entre les deux parties et le dialogue entre eux datait des années 1980 et qu’il s’arrêta suite à la campagne gouvernementale contre ce parti, sa dissolution et l’emprisonnement de ses dirigeants. Ce vieux dialogue avait comporté des rencontres avec des membres du Congrès en visite en Tunisie. 
  
A l’instar de Ziad Doulatli, d’autres anciens membres du parti tentent de se présenter comme les représentants de « l’islam modéré » que recherche l’Amérique dans la région. Dans un document datant du 18 août 2006 traitant des réactions tunisiennes à la guerre israélienne de juillet 2006 contre le Liban, le conseiller politique auprès de l’ambassade a rencontré Ziad Doulatli, ainsi que l’activiste de la société civile Salah Eddine Jourchi, (qui dit avoir quitté Ennahda suite à un différend avec eux). Ces deux derniers ont déclaré au conseiller que la guerre du Liban et le soutien des USA à Israël ont renforcé le Hezbollah et d’autres groupes extrémistes. Ils ont aussi poussé la jeunesse tunisienne à s’identifier aux idées des groupes djihadistes tels qu’Al-Qaïda, au lieu de s’identifier à des groupes « non violents et modérés tels qu’Ennahda ». L’ambassadeur d’ajouter que les deux personnalités se présentent sous l’appellation de « musulmans modérés ». 
  
Les dialoguistes islamistes ont estimé que la Tunisie était susceptible de devenir un exemple de réforme démocratique au Moyen Orient. Doulatli a dit qu’ « étant donné que 90% des tunisiens sont laïcs, cela encourage à une évolution vers une démocratisation réelle ». Les auteurs de télégramme ont raillé l’allégation de Ziad Doulatli, que son parti aurait obtenu 60% des voix des suffrages exprimés (élections de 1989), alors qu’en réalité cette proportion, selon Balard qui est l’auteur du télégramme, n’avait pas dépassé les 30% dans le meilleur des cas. 
Les Tunisiens ont essayé de convaincre les fonctionnaires de l’ambassade que la collaboration avec eux contribuait directement aux intérêts de Washington afin de recouvrer par cela la confiance et l’amitié au Moyen Orient, les Etats Unis ont besoin d’un modèle réussi de démocratie dans la région. A ce qu’il paraît, Doulatli a semblé être le plus enthousiaste pour la coopération avec Washington, il a essayé de promouvoir l’idée que son pays était le mieux préparé pour concrétiser ce modèle et non point l’Irak ; il a déclaré qu’il faudrait qu’il y ait une alternative au « Ben Ladisme ».
  
Le groupe qui espérait sûrement la reconnaissance de la plus grande puissance impérialiste du monde, a demandé quelques menus « services » à l’ambassade. Le plus important de ces services était qu’un représentant de l’ambassade aille rendre visite àHammadi Jebali, un des dirigeants du parti Ennahdha, un « islamiste modéré » comme ils ont dit, assigné à résidence dans le gouvernorat de Sousse. Le groupe demanda aussi que certains noms d’islamistes modérés soient introduits sur les listes des invités de l’ambassade et des voyages organisés de temps à autre aux Etats-Unis. Dans son télégramme, Ballard dit que l’ambassade était heureuse de l’initiative du groupe de prendre contact avec elle, mais qu’elle ne partageait pas leur optimisme quant à des changements importants dans l’avenir. Il dit qu’elle (la mission américaine) était consciente des motifs ayant incité le groupe à prendre contact avec elle, surtout après les déclarations de Doulatli concernant les 60% (de voix obtenues). 
  
L’ambassade a favorablement répondu à certains des services demandés et a rendu visite à Jebali dans sa résidence surveillée. Un fonctionnaire politique de l’ambassade a rendu visite à Jebali, à son domicile à Sousse, le 31 août 2006, pendant plus de deux heures. Ce qui a attiré l’attention du fonctionnaire c’est que contrairement à tous ceux qu’il rencontrait de la société civile ou de l’opposition politique, Jebali ne s’était pas plaint des politiques américaines au Liban, en Israël et en Irak. Jebali qui a dit que Rached Ghannouchi était le chef d’Ennahda, a confirmé que ce parti était le même en Tunisie ou en Europe. Jebali a dit que comme tous les partis islamistes ils sont suivis (avec inquiétude) par les américains. Jebali a affirmé qu’Ennahda en tant que parti politique voudrait participer graduellement à la vie politique tunisienne et qu’il ne voulait pas d’un Etat islamique. Et puis comme l’ont fait tous les autres, Jebali a critiqué les autres partis islamiques qui « croient qu’ils détenaient la vérité divine et n’acceptaient pas la critique » 
  
En réponse à l’envoyé de l’ambassade qui lui a fait remarquer qu’il paraissait laïc, Jebali répondit qu’il distinguait entre sa pratique religieuse et la vie publique. Il a rajouté que tous les musulmans modérés pensaient comme lui et refusaient la violence. Les répliques de l’américain étaient prêtes pour lui rappeler que des partisans du parti avaient perpétré des charges explosives dans certains hôtels pendant les années 1980 (4). L’envoyé de l’ambassade n’a pas cru Jebali quand il lui a dit qu’il lui était interdit de travailler et qu’il faisait l’objet de nombreuses restrictions de droits et ce, au vu du bel ameublement de sa maison et de l’apparat avec lequel il recevait ses invités. Jebali a aussi évoqué l’actuel extrémisme islamiste en comparant les membres d’Ennahda ouverts à tout, aux jeunes tunisiens pratiquants et très extrémistes, comme résultat de la répression et de l’interdiction pour Ennahda dans la propagation de ses idées modérées. 
  
Il se peut que tous les membres actifs du parti Ennahda (5), avant sa dissolution et qui sont demeurés fidèles à sa ligne politique après sa dissolution, ne soient pas tous des amis de l’ambassade américaine à Tunis, mais il est sûr que des membres influents de ce parti, dont ses symboles parmi les plus importants et ses porte parole, ont « collaboré » avec les américains pendant de nombreuses années en espérant leur reconnaissance et peut être aussi avec l’espoir de reproduire l’expérience irakienne. Si Washington avait décidé un jour de renverser le régime Ben Ali, les Nahdhaouis étaient prêts, comme toujours et à jamais, à bénir cela et à gouverner le pays, surtout qu’ils se disent être, comme ils l’ont répété, des « modérés », qu’ils sont « le type d’islamistes » qu’aiment le mieux les américains et qu’ils veilleront aux intérêts des américains dans toute la région. 

Notes: 
1. Radwan Masmoudi, Frère musulman et membre d’Ennahda, il  est l’un des principaux agents américains qui a rendu beaucoup de services aux USA en Irak et qui a joué un rôle clef dans le rapprochement entre les islamistes tunisiens et les différentes agences de renseignement américain. 
2. Saida Akermi, avocate, est l’épouse de l’avocat Noureddine B’hri, 3ème dans la liste des nouveaux fondateurs d’Ennahdha, nouvelle formule. Noureddine B’hiri était déjà un haut dirigeant de ce mouvement dans les années 1980 et avait signé en son nom le Pacte National en novembre
1988. A la suite de l’acte terroriste perpétré par un commando d’Ennahdha contre le local du RCD à Bab Souika, à Tunis, en 1991, Noureddine B’hiri, quitta le mouvement en même temps que Abdelfettah Mourou, Fadhel Beldi et Ben Aissa Demni. Des quatre, il est le seul à avoir été réadmis dans ce mouvement. 
3. Salah Eddine Jourchi : Il n’a pas été dans le mouvement Ennahdha ou son ancêtre le MTI. Par contre il a été dans la Jamaâ islamya, première organisation islamiste de tendance Frères musulmans, fondée au début des années 1970, qu’il quitta en 1979, en même temps que H’Mida Enneifer et d’autres pour fonder le « mouvement des islamistes de gauche ». 
4. Allusion aux actes perpétrés dans trois hôtels de Sousse et Monastir, dans la nuit du 2 au 3 août 1987, veille de l’anniversaire du président Habib Bourguiba et qui déclenchèrent une vague de répression qui ouvrît la voie à l’arrivée du général Ben Ali au pouvoir. 
5. Ennahdha n’a jamais été dissous parce qu’il n’a jamais été légalisé. Sous son appellation de MTI, il a été toléré longtemps sous le règne de Bourguiba, et jusqu’en 1991 sous le règne de Ben Ali.
 
  


jeudi 12 septembre 2013

L'ibadisme à la base de la spécificité de l'identité des Jerbiens

Si le slogan des anarchistes est : " Ni maître ni Dieu ", celui des Ibadites serait : " Il n'y a de maître que Dieu " !
L'organisation sociale des Ibadites découlant de leur foi, en ferait les protestants de l'Islam !!
R.B

Karim Maamer,

Dans les particularités de Jerba, il y a la diversité des influences islamiques, à la fois, ibadite*, malékite, hanafite, ottomane … qui se remarque dans la multitude de mosquées et dans leur diversité  architecturale.
Une ancienne monographie avait identifié 380 lieux de cultes musulmans, pour  60.000 habitants.
On réfère souvent à l’île aux 365 mosquées,  soit : « une mosquée pour chaque jour »  et « une mosquée pour 160 habitants ». Cette haute densité n’exprime pas que de la dévotion mais aussi l'organisation socio-politique autour de la Mosquée. Le culte est au cœur de l’organisation sociale. Il n’y a pas dans l’île de Jerba une tradition de l’autorité centrale ni de la puissance publique. 
Ce rôle est tenu par les mosquées qui assurent de manière décentralisée plusieurs fonctions : 
de sentinelle, de contrôle social, d’éducation, d’état civil, d’information, de soins, d’archivage, de mémoire …  
Dans cette organisation du pouvoir, il y a incontestablement l’influence ibadite qui a élaboré une doctrine originale de gouvernance.

Mosquées de Jerba
De multiples influences ont modelé l’identité de Jerba parmi lesquelles, l’ibadisme qui permet de comprendre le poids de la mosquée dans l’organisation socio-politique de Jerba.
Les mosquées de Jerba sont de petites tailles, de dimension quasi-familiale, à l'échelle du quartier où elles se trouvent, dispersées à travers le territoire, aux carrefours des sentiers. Elles relient les lieux d’habitation. Elles sont un lieu de passage obligé, de rencontre et d’observation. Elles servent à la fois de lieu pour l’éducation et la formation, de point d’eau et de soin, d’état civil et d’information, de rencontre et de surveillance, d’accueil et de logis pour les gens de passage, de perception de la "zakat" (impôt religieux) et de sa redistribution. Dans la mosquée, la présence humaine y est quasi-permanente. Dans nos souvenirs d’enfant, aux abords des portiques des mosquées, les personnes âgées se retrouvaient quotidiennement en fin de journée jusqu’à la prière du moghreb, discutant entre elles de tout et de rien. Avec le poids de leur expériences, elles assuraient un rôle social, donnant des conseils de soin, assurant la communication dans le groupe mais aussi d’observateur et de contrôle social.
Certaines mosquées faisaient office de grandes écoles, tel Jamâa Fadhloun réputé pour son enseignement des mathématiques, de la géométrie euclidienne et des savoirs comme celui du bâtiment et de la construction, qu’on dit transmis de l'Egypte ancienne. En plus du rôle social et éducatif, la mosquée assure la surveillance et à la défense du territoire. Sur le littoral de l'île de Jerba, se trouvent des lieux saints en bord de mer jouant un rôle de surveillance des côtes. Certaines mosquées sont renforcées, conçues pour tenir un siège. D’autres sont souterraines pour assurer la continuité de la vie spirituelle, en cas d'attaque extérieure.

Origine des Ibadites
Si en Tunisie l'islam sunnite malékite est prédominant, une très grande partie de la population berbère jerbienne est d'obédience ibadite depuis le 8 éme siècle. Afin de sauvegarder et perpétuer leurs valeurs , les jerbiens ibadites mettront en place au 11 ème siècle l'organisation très particulière des Azzabas, dirigée par un conseil religieux de "sages" élus et qui jouera (officieusement) le rôle d'une véritable gouvernance locale !
Les ibadites furent considérés comme des " kharijite " (ou " khawarij ", pluriel de " kherriji "), bien qu’ils se soient défendus de l’être !  L'appellation " Khawarij ", ayant une connotation dénonciatrice et infamante car le mot se traduit par " les sortants ", ce qui laisse entendre " sortant de l’Islam ".
Il est donc légitime de s’en défendre, d’autant que la doctrine ibadite s’interdit le droit d’exclure quiconque de l’Islam ! La dénonciation s’est alors avérée calomnieuse et persécutrice d’une communauté rebelle à l’autoritarisme.

Un rappel de l’Histoire permettrait de mieux saisir le qualificatif de " khawarij ". 
Le " Kharéjisme " est la troisième voie de l’Islam, qui naquit au moment de la scission des musulmans entre Sunnites et Chiîtes. Ce courant est méconnu parce que son idéologie fut dénigrée et ses membres fortement persécutés. 

Au décès du prophète Mohammad, s'est posée la question de la succession du chef temporel et spirituel, qu'il était : 
- pour les légitimistes, le prophète n'ayant pas d'héritiers mâles, la succession revient naturellement à son cousin et gendre Ali ! 
- ce que d'autres contesteront, dont Mouawya, gouverneur de Syrie, qui dispose d’une imposante force militaire. 
Pour éviter l’affrontement, Ali sollicite un arbitrage. 
- A ce moment, un groupement refusant l'arbitrage, se détache des troupes d'Ali et se repli vers Bagdad et Oman. 
Cette rupture est vécue comme un abandon … voir, comme une trahison par Ali. 
Ali les appellera alors " Khawarij ", dans le sens de " ceux qui sortent ", " ceux qui abandonnent ". Avec toujours la connotation de trahison : " Ceux qui ont trahi Ali ".

De son vivant, Ali ordonna la persécution des Khawarij
C’est donc bien avant son assassinat qu’il parlera de Kharéjisme et dénoncera la prétendue lâcheté des khawarij, dont il ordonnera la persécution. Ali poursuivra et exterminera ceux qui fuyaient vers Bagdad. Les survivants finiront par lui porter le coup fatal et Ali sera assassiné.

Les « sortants » … du conflit
Le Kharéjisme n’est donc pas une idéologie mais bien un adjectif par lequel Ali qualifia l'attitude de renoncement ou de trahison de ses sympathisants qui ont préféré se séparer de lui pour n'avoir pas à le juger ni à juger son adversaire, cette fonction revenant à dieu. 
L’analyse objective de l'attitude du groupe refusant de prendre position dans le conflit qui opposait Ali à Mouawia serait qu'il s'agit ni plus ni moins que de l'expression d'une opinion traduisant un autre point de vue : celui de la neutralité et du pacifisme. 
Le mot " sortant " exprime aussi l’opinion positive de ceux " qui sortent du conflit de succession ", " qui ne soutiennent pas Ali ", " qui ne veulent pas choisir "," qui ne veulent pas se sacrifier à l’ordre de succession ".
Car ils ont choisi une autre voie : puisqu'ils soutiennent que le commandeur des croyants ne doit pas être nécessairement de la lignée de Mohammed, ni appartenir à une aristocratie ou à une quelconque ethnie. 
En d’autres termes, ils refusent la tyrannie et le despotisme; leur préférant l’aptitude, la qualification, le mérite et la rationalité pour exercer le pouvoir.

C’est un chiisme fondamental et déterminant de la doctrine islamique que les observateurs modernes qualifient de démocratique.

L’Histoire a fait un mauvais procès aux Kharéjites, en les connotant péjorativement : " ceux qui sortent ", donc qui " sortent de l’Islam " ! Leur conception du pouvoir a été dénaturée et leur population fortement persécutée. Considérés à la fois comme des " orthodoxes de l’Islam " et des " sortants de l’Islam ", on leur attribue une confusion des genres; ils ont une mauvaises réputations de violence, de puritanisme austère; on leur prête des intentions politiciennes, on leur reproche d'être intolérants, de légitimer le meurtre … 
Vu sous cet angle, peu osent se réclamer du Kharéjisme
L’Ibadisme lui-même ne s’en réclame plus alors qu’il en dérive principalement.

L’Ibadisme
Abdullah ibn at-Tamimi développe à Oman, une pensée religieuse se référant au seul Coran. La notion de " commandeur des croyants " est contestée parce que chaque croyant a sa spiritualité en Dieu et n'a d'autre commandeur que Dieu. Le pouvoir est communautaire et partagé. Il ne s’hérite pas. Les Ibadites ont apporté une vision nouvelle dans la pratique religieuse et dans l’exercice du pouvoir. 
Si le gouverneur est tyrannique, son renversement devient légitime. L’imam est un croyant parmi les autres. Il guide et dirige la prière mais il n’est pas attitré d'une fonction officielle. Ce privilège est partagé au sein de la communauté par les plus sages et les mieux lettrés. Le principal enseignement, est l’égalité des hommes, la piété et la modestie, la désacralisation du prophète et du chef de prière, la discrétion dans la prière et le rejet de tout ce qui serait ostentatoire que ce soit dans la vie religieuse aussi bien que dans la vie profane … 
Les observateurs modernes considèrent l’ibadisme porteur d’idées démocratiques, égalitaires, sociales.

Les Ibadites paieront très chère la rupture des Kharéjites, et surtout… l’assassinat d'Ali. 
Ils se sont réfugiés à Oman. Puis, ils ont fui vers le Yemen, le Zanzibar, l’Ethiopie, le Soudan et la Berbérie. 
Persécutés, mal accueillis, tenus au secret, ils se fixent dans les régions inhospitalières. 
Ils fondent Thiaret en Algérie, se fixent au M'zab, à Jebel Nefussa en Libye et à Jerba en Tunisie.

Pourcentage de musulmans par pays
Vert : Sunnismerouge : Chiismebleu : Ibadisme

La géographie confirme l’expansion spatiale de ces mouvements religieux :
- les sunnites vers la méditerranée, 
- les chiites vers la Perse et 
- les Kharéjites vers Oman. Ceux-là sont peu nombreux. Ils représentent à peine 1% des musulmans. Le plus souvent, ils se sont mélangés à l’Islam sunnite. 
Ils vivent principalement à Oman, et très partiellement en Tanzanie (Zanzibar d’où ils furent exclus en 1964), au Kenya, en Libye, en Tunisie (à Jerba) et en Algérie (dans le Mzab ...).

Les apports  des Ibadites
Ils ont apporté une vision nouvelle de cohésion communautaire et une nouvelle approche dans l’exercice du pouvoir, dans les pratiques religieuses et sociales, dans la construction et dans l’architecture ... privilégiant la fonctionnalité et rejetant l'ostentation en tout. 
Cependant, ils n’ont pas gardé une homogénéité communautaire. Leurs pratiques ont évolué différemment à Jerba, au Mzab, chez les berbères de jebel Nefussa et dans le sultanat d’Oman. 
S’ils ont admis la monarchie héréditaire au Sultanat d’Oman, ils ont combattu les gouverneurs arabes de Kairouan en Tunisie. A Jerba, ils n’ont jamais adhéré à une quelconque puissance publique, lui privilégiant la cohésion communautaire, organisée autour d’une mosquée décentralisée. 
Les intérêts collectifs sont défendus par l’homogénéité des intérêts individuels. Ainsi, ils ont promu l’homogénéité dans les comportements, dans les tenues vestimentaires, dans le mode de production artisanales et agricoles. Tout comme la foi est intérieure, les mosquées ibadites sont basses, discrètes et sans minarets à Jerba; alors qu’elles sont grandes, à hauts minarets au Mzab. 
S'ils sont restés essentiellement des ruraux à Zanzibar ou à Jerba jusqu’en 1965 (avant l’avènement du tourisme), ils ont fondé des villes en Algérie (Thiaret, Ghardaya). 
S’ils furent principalement soucieux de leur sécurité à Jerba ou à Jebel Nefussa, la fonction fut peu à peu déléguée à une puissance publique. 
Les Ibadites ont apporté des particularités à la culture musulmane mais ils se sont fondus dans les identités nationales et dans la pratique religieuse dominante de l’Islam du pays où ils se trouvent.
Le patrimoine Ibadite de Jerba est très peu connu, alors qu’il est le plus ancien, puisque dès 665, l’île est sous influence kharéjite.

Quel avenir pour l'ibadisme ?
Le patrimoine ibadite s’est fortement dégradé. Faute de soutien public, les habitants de Jerba ne puisent plus leur inspiration dans leur héritage ibadite. Ils reproduisent les modèles d’architecture maghrébine,  de mosquées à haut minaret, qui s’inspirent de Jamaâ Zitouna à Tunis, ou des grandes mosquées d’Alger et de Casablanca. Disparaissent tout autant, les autres influences religieuses malékite, hanéfite, ottomane ... même celles de la république tunisienne d'avant le 14 janvier 2011 ! 
Les connaissances de la doctrine ibadite, de ses valeurs sociales, de l’art architectural ou de la tenue vestimentaire, ne se transmettent  plus.
Tandis que se propagent de nouvelles pratiques religieuses, dites salafistes ou wahhabites ... avec des hommes arborant de façon ostentatoire, limite agressive, de grandes barbes et des marques de " piété " au front; qui camouflent intégralement le corps des femmes et recouvrent de voile jusqu'à l'innocence de leurs fillettes.
L’Islam de Jerba évolue en puisant dans des influences venues d'ailleurs (d'Arabie pour l'essentiel), en délaissant ses racines et sa doctrine de tolérance, de démocratie, de modestie, de discrétion, d’égalité … en un mot il se wahhabise !
Dommage, car ce qui faisait la particularité de Jerba et de ses habitants, est entrain de disparaître !!

* L'ibadisme (arabe : al-ibaḍīya - الاباضية) est une forme d'islam distincte du sunnisme et du chiisme.

PS : Article repris et "nourri" par Rachid Barnat. Pour accéder au texte original, cliquez sur Karim Maamer
Si le slogan des anarchistes est : " Ni maître ni Dieu ", celui des Ibadites serait : " Il n'y a de maître que Dieu " !
L'organisation sociale des Ibadites découlant de leur foi, en ferait les protestants de l'Islam !!

lundi 2 septembre 2013

Un prêtre syrien écrit à Hollande

Un prêtre syrien écrit à Hollande

Pr. Elias ZAHLAOUI 
Église Notre-Dame de Damas Koussour,  
Damas

Je nourrissais le vague espoir de voir définitivement tournée, la politique de cirque de votre burlesque prédécesseur. À vous écouter, je me suis rapidement surpris à m’interroger sur le bien-fondé de mon attente. Il m’a fallu vite déchanter. Je restais ébahi devant votre visage bon enfant, pendant que vous vous permettiez de prononcer des jugements péremptoires, sur tout et sur tous, sans la moindre nuance, ni hésitation.
Mais quand je vous ai entendu parler de la Syrie et de son président, j’ai bien cru entendre la voix même des Maîtres qui vous ont juché sur ce premier poste de France, dans l’unique but de mener à bien le projet de destruction de la Syrie, que votre prédécesseur a été incapable de conduire jusqu’au bout.
Pour une première à la Télévision, c’en était bien une ! Je vous attends de pied ferme, lors des tout proches désenchantements des français. Pour ma part, vieux connaisseur de la France et des français, je me suis surpris à me dire : quelle dégringolade, depuis le départ du Général de Gaulle !
Mr le Président, Avant de poursuivre, il est une coïncidence historique que je me dois de vous signaler, et que vous ignoriez sans aucun doute. Sinon vous auriez évité de vous laisser interviewer, un 29 Mai ! En effet, il est un autre 29 Mai, au cours duquel la France s’est misérablement déshonorée.
C’était en 1945. En ce jour même, la France «MANDATAIRE», s’est permis de bombarder le Parlement Syrien à Damas, pour, ensuite, laisser ses soldats noirs, assassiner les 29 gendarmes, en poste, dans ce haut-lieu de la démocratie. Le saviez-vous ?
Mr le Président, N’est-il pas temps, pour la France, et, donc, pour vous-même, de réfléchir pour de bon sur cette ignoble politique qui, depuis 1916, année des accords aussi secrets que honteux, appelés depuis «Accords Sykes-Picot», la conduit sur les ordres du Sionisme, à détruire la Syrie et le Monde Arabe ? N’y avait-il de clairvoyant et de noble, dans toute la France d’alors, que Mr Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères, pour avoir donné à votre Consul Général à Beyrouth, Mr Georges Picot, en date du 2 Novembre 1915, en prévision de ces accords, cette consigne claire et perspicace : «Que la Syrie ne soit pas un pays étriqué… Il lui faut une large frontière, faisant d’elle une dépendance pouvant se suffire à elle-même» ?
Pour une Syrie «se suffisant à elle-même», et telle que l’avait, déjà, tracée, en 1910, une carte géographique émanant de ce même ministère des Affaires étrangères, vous devez savoir ce qu’il en fut, après qu’elle fût amputée, au Nord-Ouest de la Cilicie, au Nord-Est de la région de Mardine, dans ce qui est l’Irak actuel, de Mossoul, à l’Ouest du Liban, au Sud de la Jordanie et de la Palestine, pour être décapitée, en 1939, d’Antioche et du golfe d’Alexandrette, offerts en cadeaux à la Turquie !
Mr le Président, Il est aussi une question capitale, que je me dois, en tant que citoyen arabe de Syrie, de vous poser, ainsi qu’à tous les «leaders» occidentaux : «Pourquoi vous faut-il systématiquement assassiner les peuples arabes et musulmans ?»
Vous l’avez déjà fait en dressant, entre 1980-90, l’Irak contre l’Iran, cet Irak, dont le malheureux Saddam Houssein se faisait traiter de «Grand ami», tant par Donald Rumsfeld que par Jacques Chirac ! Ce fut aussitôt après, le guet-apens du Koweït, entraînant la guerre contre l’Irak, suivi d’un blocus de (13) ans, qui a causé à lui seul, d’après les rapports américains mêmes, la mort de 1.500.000 enfants irakiens ! Ce fut ensuite la chevaleresque «guerre contre le terrorisme»… en Afghanistan ! Aussitôt suivie d’une nouvelle guerre contre l’Irak.
Quant à l’immortelle épopée de l’OTAN, en Lybie, conduite par «le général-philosophe», Bernard Henri Lévy, elle vint, à nouveau, compléter ces horreurs, sous prétexte de protection des droits de l’homme ! Et voici que, depuis 15 mois, tout l’Occident s’acharne contre la Syrie, oubliant une infinité de problèmes très graves, à commencer par le Conflit israélo-arabe, qui menacent, réellement, la survie de l’humanité !
Or, toutes ces tragiques politiques occidentales, vous les pratiquez sans honte et sans vergogne, sous couvert de tous les mensonges, de toutes les duplicités, de toutes les lâchetés, de toutes les contorsions aux Lois et Conventions Internationales. Vous y avez en outre engagé ces Instances Internationales, que sont les Nations-Unies, le Conseil de Sécurité et le Conseil des droits de l’homme, alors qu’elles n’ont existé que pour régir le monde entier vers plus de justice et de paix !
Seriez-vous donc, en Occident, en train de nourrir l’espoir stupide de mettre fin de cette façon à l’Islam ? Vos savants et vos chercheurs ne vous ont-ils pas fait comprendre que vous ne faites que provoquer un Islam outrancier, que vous vous obstinez d’ailleurs à financer, à armer et à lâcher avec nombre de vos officiers, un peu partout dans les pays arabes, et surtout en Syrie ? Ne vous rendez-vous pas compte que ce faux islam se retournera, tôt ou tard, contre vous, au cœur de vos capitales, villes et campagnes ?
Pour tout cela, laissez-moi vous rappeler, moi simple citoyen de Syrie, que cet Islam que vous armez et dressez contre le Monde Arabe, en général, et la Syrie, en particulier, n’a rien à voir avec le véritable Islam, celui-là même que la Syrie a connu, lors de la Conquête arabe, ainsi que l’Egypte et, enfin, l’Espagne. Faut-il vous rappeler que les historiens occidentaux, dont des historiens juifs, ont dû reconnaître que l’Islam conquérant s’est révélé être le plus tolérant des conquérants ?
Ou ne seriez-vous, leaders occidentaux, dans vos différents pays, repus d’opulence et de «grandeur», que les vils exécuteurs des projets sionistes, depuis ces fameux Accords Sykes-Picot, et l’ignominieuse «Promesse Balfour», jusqu’à ce jour, et pour longtemps, semble-t-il, toujours empressés d’apporter à Israël, tous les soutiens possibles, connus et secrets, à tous les niveaux, aussi bien politiques et diplomatiques, que militaires, financiers et médiatiques ?
Oui, pourquoi vous faut-il assassiner et détruire des peuples entiers, pour qu’ISRAËL, SEUL, puisse enfin vivre et survivre ? Est-ce de la sorte que vous cherchez à réparer votre terrible complexe de culpabilité vis-àvis des juifs, dû à un antisémitisme plus que millénaire et proprement occidental ? Vous faut-il le faire au prix de l’existence même de ces peuples arabes et musulmans, au milieu desquels les juifs avaient mené une vie quasi normale, faite de cordialité, voire, de riche collaboration ?
Si mes interrogations vous paraissent exagérées ou outrancières, permettez-moi de vous prier de lire ce qu’ont écrit sur l’emprise du Sionisme aux États-Unis, des hommes comme John Kennedy et Jimmy Carter, et des chercheurs courageux et connus, comme Paul Findley, Robert Dole, David Duke, Edward Tivnan, John Meirsheimer, Stephen Walt, Franklin Lamb, et surtout Noam Chomsky.
Pour ce qui concerne l’emprise du Sionisme en Europe, je m’en tiens aujourd’hui à la France seule. Vu la responsabilité qui est la vôtre, vous est-il permis d’oublier ou d’ignorer ce qu’ont, si courageusement, écrit : Roger Garaudy, Emile Vlajki, Pierre Leconte, Régis Debray, et surtout les juifs Michel Warshawsky, Stéphane Hessel, Serge Grossvak et le Professeur André Noushi ?
Si par impossible, tous ces noms ne vous disaient rien, laissez-moi vous rappeler quelques noms si connus en Israël même, qu’il serait malhonnête de les ignorer et d’ignorer ce qu’ils ont osé dire depuis quarante, voire, cinquante ans, et certains bien avant la «création» d’Israël : Martin Buber, Albert Einstein, Yshayahou Leibowitz, Israël Shahak, Susan Nathan, Tanya Rheinhart.
Pour finir, laissez-moi vous rappeler un texte trop connu pour passer inaperçu. Il date du mois de février 1982. À lui seul, il constitue et condense l’implacable dictat sioniste, imposé depuis des dizaines d’années, à toute la politique occidentale. Il a paru dans la revue sioniste «KIVOUNIM», publiée à Jérusalem. Il s’agit d’un article intitulé « Stratégie d’Israël dans les années 1980″, et il porte la signature de Mr Oded Yinon. Je me contente d’en citer un seul paragraphe, reproduit (p.62) dans un livre récent, intitulé «Quand la Syrie s’éveillera…», paru, à Paris, chez Perrin, en 2011. Ses auteurs sont Richard Labévière et Talal El-Atrache. On y lit textuellement :
«La décomposition du Liban en cinq provinces, préfigure le sort qui attend le monde arabe tout entier, y compris l’Égypte, la Syrie, l’Irak et toute la péninsule Arabe. Au Liban, c’est un fait accompli. La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces États. La Syrie va se diviser en plusieurs États, suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un État alaouite chi’ite ; la région d’Alep un État sunnite ; à Damas, un autre État sunnite hostile à son voisin du nord ; les druzes constitueront leur propre État, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Hourân et en Jordanie du Nord. Cet État garantira la paix et la sécurité dans la région, à long terme : c’est un objectif qui est maintenant à notre portée».
Mr le Président, Pour finir, laissez-moi vous prier vivement de chercher à vous rendre personnellement compte, de tout ce dossier, et à mesurer la responsabilité que vous y assumez, avant qu’il ne soit trop tard.
Un ami, prêtre français, fin connaisseur de la Syrie, le Père Jean-Paul Devedeux, vient de vous écrire en ce jour même. Sa lettre est une invitation pressante qu’il vous adresse, pour une meilleure connaissance des Arabes, en général, et de la Syrie, en particulier. L’enjeu est de taille.
Veuillez, donc, vous libérer du «rôle» que vous êtes en droit de rechercher, et, surtout, de celui que l’on cherche, immanquablement, à vous imposer.
La Syrie, « seconde patrie de tout homme civilisé » comme l’a si bien dit votre grand savant «André Parot», et terreau de toutes les civilisations, mérite une visite. Elle ne manquera pas de vous étonner, et même de vous captiver. Ayez le courage de la connaître de près. Vous en reviendrez porteur d’un projet de politique nouvelle, clairvoyante et juste, faite d’équilibre humain, qui repose sur les droits et devoirs de TOUS, à l’égard de TOUS ! La vie, la liberté et la dignité sont, pour TOUS !
Nouveau Président de la France, Je vous souhaite d’en prendre l’initiative. Vous n’y serez pas perdant autant que vous l’êtes, en ce moment, et moins que vous le serez demain, si vous vous défilez !
Mr le Président, En vous confiant cet espoir, je vous dis mon respect.