jeudi 7 août 2014

Vous avez dit tartour ?

Malheureusement le ridicule ne tue pas !
Un citoyen s'est vu condamné à une peine de prison pour avoir qualifié comme de milliers de tunisiens, MMM de tartour !!

R.B
Arrêtons de traiter le tartour de président de la République !

Il ne faut plus dire "Tartour" à propos du président de la République, Moncef Marzouki. C'est devenu un acte illégal passible de 16 mois de prison. C'est la douloureuse expérience que vient de faire un citoyen tunisien qui a osé prononcer ce qualificatif devant les forces de l'ordre à proximité du palais présidentiel. 

Pourtant, étant aux Etats-Unis pour prendre de jolies photos, parler en anglais et rencontrer des Libyens, Moncef Marzouki ne pouvait pas l'entendre... Quoi qu'il en soit, l'homme de 39 ans a été condamné pour avoir commis "une offense au chef de l'Etat" et pour avoir "porté atteinte à l'intégrité d'un employé public". L'usage du simple mot "tartour" implique tout ça !

Pourtant cet homme est loin d'être le premier à avoir utilisé ce mot. Même l'AFP l'avait utilisé en plus d'une grande majorité de Tunisiens. Pourtant, ils n'ont pas été inquiétés. C'est peut-être la proximité géographique qui aggrave les choses…

Puisque le chef de l'Etat s'est senti "offensé" et que l'on a "porté atteinte à son intégrité" il serait opportun de lui rendre la monnaie de sa pièce. Cet homme a traité le président de la République de tartour mais la vraie insulte est de considérer le tartour comme président de la République. Qu'en est-il des atteintes que Moncef Marzouki a porté à cette fonction ? Qu'en est-il des offenses qu'il a perpétrées contre le peuple tunisien? C'est sous sa présidence que des sympathisants terroristes ont arpenté les couloirs du palais de Carthage et ont été reçus en grandes pompes. Certains d'entre eux se trouvent aujourd'hui en prison! C'est bien Moncef Marzouki qui avait osé menacer le peuple tunisien si jamais ce dernier portait atteinte au Qatar. N'est-ce-pas là une offense faite au peuple? 

L'apparition du surnom "Tartour" est due aux circonstances qui ont permis à Moncef Marzouki d'investir le palais de Carthage ainsi qu'aux bourdes à répétition qu'il a commises depuis qu'il y est. Il faut dire qu'accéder à la magistrature suprême avec 17.000 voix et surtout avec l'autorisation d'Ennahdha prépare bien le terrain pour ne pas être pris au sérieux. 

D'un autre côté, Moncef Marzouki ne devrait pas s'offusquer d'un tel qualificatif. Premièrement, on le retient plus facilement et c'est devenu carrément une marque! Si l'on demande à qui que ce soit, n'importe où en Tunisie, qui est le tartour, la réponse sera instantanée! En termes de communication c'est un atout. Deuxièmement, plusieurs présidents de part le monde ont été vilipendés par la population et par la presse de leurs pays en utilisant des surnoms du type "Flanby" pour son ami François Hollande. Mais, d'un autre côté, si l'on veut être réélu ce ne sera pas de la tarte. Il suffira à ses adversaires de dire "tartour" pour que celui-ci soit discrédité. 

Il faut dire que la présidence de la République semble vouloir opérer un resserrage généralisé en cette période pré-électorale. D'ailleurs, Business News en fait les frais puisqu'une obscure plainte a été déposée contre notre journal par la présidence de la République. Le message est clair : On a assez rigolé comme ça, les "tartour" et les critiques ça suffit, la démocratie c'est bien beau mais les élections c'est encore mieux. 

Le président de la République aura quand même eu le mérite d'inscrire le mot "tartour" en lettres d'or sur les livres d'Histoire malgré le caractère provisoire de son séjour à Carthage. On ne peut même pas évoquer de mandat car personne ne l'a mandaté pour être président de la République. Sa place naturelle aurait été sous la coupole du Bardo entre Brahim Kassas et Sonia Toumia par exemple, ça aurait au moins évité au palais de Carthage d'être souillé par la nature douteuse des visiteurs de Moncef Marzouki.

Il y a quand même du positif dans tout ça. L'existence même de ce combat et de cette lutte pour avoir le droit de traiter son président de tartour est une chose positive en soi. Par ailleurs, Moncef Marzouki devrait s'estimer heureux de n'être traité que de tartour. C'est quand même un mot qui garde un aspect ludique et rigolo. Il aurait pu être traité de croque-mort le mieux payé du monde par exemple ou encore de surveillant des plafonds (sur la plus part de ses photos, il avait les yeux aux plafonds). Se contenter de tartour est à l'honneur du peuple tunisien et une chance pour le président de la République. 

Si quelqu'un a bien porté atteinte à la présidence de la République, c'est bien Moncef Marzouki. Ce dernier est allé donner une conférence aux Etats-Unis d'Amérique sur "la réussite de l'expérience démocratique en Tunisie"… 

Que dire à part : Que Dieu nous ramène notre tartour national en bonne santé!

lundi 4 août 2014

Le bourguibisme dans l'Histoire

3 août 2014 : date anniversaire de Bourguiba. Mohahamed Hafayedh lui rend hommage.




L’actualité de Habib Bourguiba n’est pas « le retour » de l'absent.

Le Bourguibisme est une « composante » de la société tunisienne, à l'origine de l’avènement du tunisien en tant qu'individu et du peuple tunisien en tant que nation. Il ne faut pas le confondre avec la nostalgie de certains "Destouriens" ou "Tajammouiines-RCD-istes", réduite au souvenir du parti unique et au monopole du pouvoir et ses privilèges.
 
Habib Bourguiba : 
" Il ne faut pas oublier qu'il y a encore l'ignorance, les haines, les passions 
qui, inévitablement, faussent le jugement, d'où la confusion. 
Pour un niveau général valable, un bagage intellectuel est nécessaire ".

Bourguiba est parmi les rares leaders « arabes » sorti du lot pour échapper à l’insulte de l’histoire exprimée avec mépris et racisme par Ernest Renan dans son discours d’ouverture du cours des langues au collège de France, en 1862 : 
« l’Orient, surtout l’Orient sémitique, n’a jamais connu de milieu entre la complète anarchie des Arabes nomades et le despotisme sanguinaire de leurs dirigeants, incapables de réaliser un projet de société nouvelle autre que la fatalité où l’islam est le dédain de la science, la suppression de la société civile; rétrécissant le cerveau humain, le fermant à toute idée délicate, à tout sentiment fin, à toute recherches rationnelle, pour le mettre en face d’une éternelle tautologie : Dieu est Dieu ».

Bourguiba n’était pas le seul leader qui avait fait l’expérience de bâtir un état-nation post-colonial, tel Nasser ou les Ben Bella-Boumediene, mais il était le seul qui était habité par une conviction philosophique de l’histoire qui transcende le politique pour donner un sens à une œuvre qui produira objectivement un devenir, tel une odyssée de l’histoire au sens hégélien : une incarnation de « l’Esprit du peuple ».

Bourguiba a réfléchi sur l’histoire de la Tunisie, ne se limitant pas à son admiration pour le Calife OMAR, mais redonnant à l’Afrique du Nord une continuité remontant à Hannibal et Jugurtha qui ouvrent des horizons et légitiment des espoirs au milieu du désordre arabe; capable d’enjamber le chaos du destin « arabo-musulman ».

Les critiques les plus acerbes contre l’œuvre de Hegel et des plus déstructurant comme celles de Theodor Adorno, reconnaissent au moins à Hegel le mérite d’avoir donné un contenu à sa philosophie. Bourguiba, aussi, a fait sa propre lecture de l’histoire de la Tunisie qui a produit un sens et un discours structurant et modulant la coexistence des composantes du peuple tunisien, qui concerne non seulement les institutions politiques, mais jusqu’au mode des relations des hommes. 

Certes, la politique de Bourguiba se présentait comme celle qui a façonné la société tunisienne mais le but de Bourguiba était de créer une dynamique pour former le nouveau citoyen à mesure que son œuvre progresse, par la généralisation de l’éducation, de la santé et surtout par la libération de la femme, pivot du progrès qu'il escomptait pour la Tunisie nouvelle.
Ce qui a permis à Bourguiba d'affirmer : « J’ai construit quelque chose de solide » !

Le combat pour la liberté, le "dégagement" de la Troïka, jusqu’ici, lui ont donné raison : puisque les tunisiennes étaient toujours présentes et combatives pour préserver leurs acquis comme ceux de la Tunisie toute entière !







samedi 2 août 2014

Le plan Yinon : Plan d’Israël, pour le Moyen-Orient

Les peuples du "monde arabe" sont pris en tenaille par des utopistes qui l'ont mis à feu et à sang : les islamistes rêvant de leur grand Califat, et les sionistes de leur grand Israël ... les deux s'appuyant sur le wahhabisme pour y parvenir ! Pendant que les "arabes" se bouffent le nez, les sionistes poursuivent leur plan. 
Le conflit israélo-palestinien suscite plus de passion, que de raison !
Le Likoud et son chef Benjamin Netanyahu, ne perdent pourtant pas l'objectif essentiel pour eux : restaurer le grand Israël biblique ! Pour cela, tous les moyens sont bons !

R.B
Stephen Landman,
associé de recherche du centre de la recherche sur la mondialisation.


En 1982, Oded Yinon conseiller au ministère israélien des affaires étrangères, a publié un document révélant le projet de domination et de conquête régionale par Israël. Sa pertinence est toujours d'actualité. Intitulé d'abord " Une stratégie pour Israël dans les années 1980 ", il a été rebaptisé : " Le plan sioniste pour le Moyen Orient " par l'éminent professeur Shahak Israël (1933 -2001), militant sioniste de longue date, analyste et défenseur du grand Israël.

Le plan sioniste pour le Moyen-Orient :
Une stratégie pour Israël dans les années quatre-vingt dix-neuf

Selon l'Association des universitaires arabo-américains, c'est la déclaration la plus explicite, détaillée et sans ambiguïté à ce jour, de la stratégie sioniste au Moyen-Orient. Son importance ne réside pas dans sa valeur historique, mais dans le cauchemar qu'elle représente.
Et c'est ce qui va se produire. 

Les deux objectifs essentiels de ce plan sont :
- Pour survivre, Israël doit dominer la région et devenir une grande puissance mondiale, et
- Et pour réussir, cela exige la division des pays arabes en petits États par une balkanisation le long des lignes ethniques pour en faire des satellites d'Israël, satrapes sous contrôle israélien. L’idée s’inspire de millet de l'empire ottoman système par lequel le pouvoir central transférait l'autorité aux communautés confessionnelles avec des identités ethniques séparées.

En 1967 Israël a annexé le Golan; et de 1978 et 1982, il a envahi le Liban selon le plan Yinon donnant des possibilités de grande envergure pour la première fois depuis 1967 pour créer une situation de conflit autour d'Israël, qu’il exploitera à souhait. La méthode consiste à déclencher des belligérances préventives contre les Palestiniens et les Etats régionaux, pour en faire des cibles susceptibles d’être affaiblis, fragmentés, divisés, et reconfigurés sous contrôle israélien.

En 1982, il s’agissait de diviser l’Irak en chiites, en sunnites, et en régions kurdes. Ce qui va se produire après 2003. Shahak  Israël notait alors que : " Le plan suit fidèlement le courant d'idées géopolitiques de l'Allemagne de 1890-1933, qui ont été validées par Hitler et le mouvement nazi, pour déterminer leurs objectifs pour l’Europe de l'est, mis en œuvre de 1939-1941. Ce sont les alliés qui y ont mis fin ".

La terre promise, le grand rêve des sionistes : du Nil à l'Euphrate.

Annonçant le "début d’une ère nouvelle", Yinon Oded a dit : 
" L’existence, la prospérité et la constance d'Israël, dépendent de sa capacité à adopter un nouveau cadre pour ses affaires intérieures et étrangères, basé sur la sécurisation de ses besoins matériels à travers les guerres et les divisions du monde arabe pour contrôler ses ressources. "

Tous les Etats arabes à l’est d’Israël sont déchirés, brisés et noyés dans des conflits intérieurs, plus encore que ceux du Maghreb (le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie et le Sahara occidental). 
Tous les pays du Golfe sont comme un château de sable gorgé de pétrole. 
La Jordanie est en réalité la Palestine, Amman étant l'équivalent de Naplouse.

D’autres États musulmans sont dans le même cas de figure. La moitié de la population de l’Iran parle persan, le reste est ethniquement turque. La Turquie est à moitié sunnite, le reste est chiite alawite et les Kurdes sont sunnites. Aujourd’hui les divisions de l’Afghanistan sont plus claires, y compris les Pachtounes, les Tadjiks, les Hazaras, les Ouzbeks, les Turkmènes, et d’autres. Le Pakistan est également composé de Pendjabis, de Pachtounes, de Sindhis, Seraikis, Muhajir, Baloutches et d'autres.

Du Maroc à l'Inde, de la Somalie à la Turquie, la stabilité est absente, entraînant une régression rapide de la région; ce qu'Israël pourrait exploiter à son avantage. Partout dans le Moyen-Orient, la dépravation, la faim et le chômage touchant des millions d'individus, constituent des problèmes potentiellement explosifs que les forces de sécurité ne peuvent contenir, et donnent à Israël "des possibilités de grande envergure pour la première fois depuis 1967.

L’erreur stratégique de la Guerre des Six Jours, est de n'être pas parvenu à donner la Jordanie aux Palestiniens, ce qui aurait "neutralisé" leur problème en le supprimant.
Aujourd’hui, nous sommes soudainement face à d’immenses possibilités pour transformer la situation à fond et nous devons les réaliser dans la prochaine décennie, sinon nous ne pourrons pas survivre en tant qu’État.
Il est recommandé de changer de politique extérieure et intérieure à grande échelle.

L'accord de paix d’Israël avec l’Egypte était une erreur, car l'économie de ce pays repose sur l’importation de ressources pétrolières, sans lesquelles il pourrait être détruit. Pour cela deux façons de faire :
- Directe, par la rupture du traité, ou
- Indirecte, en reprenant le contrôle du Sinaï; l’Égypte ne constituant pas d'obstacle militaire majeure en raison de ses conflits internes.

En 1956, le mythe de l'Egypte leader fort du monde arabe a été révélé au monde; et réaffirmé en 1967. Son économie est aussi en crise, ce qui rend essentielle l’aide étrangère. L'objectif stratégique d'Israël est de l'affaiblir davantage en le divisant en zones géographiques distinctes. Si l'Egypte tombe, d'autres pays peuvent suivre, y compris la Libye et le Soudan.

La perspective d’un Etat chrétien copte en Haute-Egypte avec un certain nombre d’Etats faibles à la puissance très localisée, est la clé d’un développement historique. Ce qui a été retardé par l’accord de paix mais qui semble inévitable à long terme.

La division du Liban en cinq provinces est un précédent pour l’ensemble du monde arabe, y compris l’Egypte, l’Irak, l’Iran, la Syrie et la péninsule arabique. La Syrie se divisera en un Etat côtier chiite alaouite, une zone sunnite à Alep, une autre à Damas, et les Druzes auront leur propre état. Ce qui aura pour résultat de garantir la paix et la sécurité sur le long terme. Et ce but est déjà à notre portée aujourd’hui.

L'Irak déchiré mais riche en pétrole, est une cible pour la "garantie" d'Israël, plus importante que la Syrie. À court terme, c'est la menace la plus grande pour Israël.

Une guerre avec l’Iran le déchirera, et conduira à sa chute, et peut-être à sa fragmention; en séparant ses riches provinces en pétrole, arabophones, du reste du pays. Les confrontations causeront ailleurs de nouvelles dissolutions.

À cause de la pression interne et externe, la péninsule arabe entière est vulnérable, particulièrement l'Arabie Saoudite. La Jordanie ne sera plus une menace à long terme après sa dissolution. Il n'y a aucune chance qu'il continuera à exister encore longtemps dans sa structure présente.
Ainsi, la politique d'Israël devrait transférer le pouvoir jordanien aux Palestiniens, accélérée par l'émigration dans les territoires occupés, aboutissant à ce que les arabes soient en Jordanie et les Juifs à l'ouest du fleuve du Jourdain. 
La coexistence véritable et la paix régneront sur terre seulement quand les Arabes comprendront que sans domination juive entre la Jordanie et la mer, ils n’auront ni existence ni sécurité. La Jordanie est leur seule alternative, qui donne à Israël plus de terres nettoyées des arabes.

Autrement, nous cesserons d'exister dans n'importe quelles frontières. La Judée, la Samarie, la Cisjordanie (la Rive ouest), Jérusalem et la Galilée sont notre unique garantie pour l'existence nationale. Le rééquilibrage du pays démographiquement, stratégiquement et économiquement reste l'objectif le plus important aujourd'hui.
Les changements transformant la Communauté juive mondiale font d'Israël la seule option existentielle. Notre existence est certaine. Rien ne peut nous l'enlever ni par la force ni par la trahison (comme disait Anouar Sadat).

Trois points importants à souligner :

- D'abord, l'armée d'Israël seul ne peut pas occuper plus de territoire. 
La solution : les "forces Haddad" ou "Associations de Village," les collectivités locales de contrôle, dissociés de leurs populations, des garnisons israéliennes stratégiquement placées entre les mini états. 
Pour réaliser cela, il faut maintenir la division des arabes.
- Deuxièmement, le plan d'Yinon a été publié pour convaincre la société israélienne, particulièrement ses élites capables d'influencer d'autres. Les problèmes de la sensibilisation des arabes sont minimes, étant donné leurs divisions et leur incapacité à comprendre la société israélienne.
- Ce ne sont pas les préoccupations des américains : leurs médias pro-israéliens assument "leur bonnes intentions"; indépendamment de la politique et du Lobby israélien qui fait le reste. 
En conséquence, Israël a les mains libres "parce que le monde ferme les yeux."

En 1985, le président israélien et leader du Parti travailliste Haïm Herzog a fait écho aux vues des extrémistes comme Sharon et Netanyahou :
"Nous ne sommes certainement pas prêts à faire des Palestiniens des partenaires en aucune manière dans un pays qui est sacré pour notre peuple depuis des milliers d’années. Il ne peut y avoir aucun partenaire avec les juifs de cette terre." 

La seule option aujourd’hui : une politique favorable permettant l'expulsion des palestiniens. 

Même le révisionniste, le leader Ze’ve Jabotinsky, préconisait notamment dans une lettre en 1939 : " Il n’y a pas de choix : Les Arabes doivent faire de la place pour les Juifs en Eretz Israel (terre d'Israël). Il était possible de transférer les peuples baltes, il est également possible de déplacer les palestiniens. " 

Le plus gros a été réalisé en Israël en 1948, lors de la "Guerre d’Indépendance," et à nouveau lors de la guerre de Six Jours en 1967. Par la suite l'Etat a continué, soutenu et financé par les amis d’Israël à Washington, ses partenaires dans ce projet.

En conséquence, les Palestiniens ont beau résisté pendant plus de soixante ans; leur courage et leur détermination étant ignorés à l’Ouest, le soutien global de l'Occident donne de l’espoir à Israël.

Traduit de l'anglais par Rachid Barnat





vendredi 1 août 2014

La voix de la France a disparu dans le monde, ou quand les nains sont au pouvoir

José Fort, est un internationaliste passionné du monde, journaliste, ancien chef du service monde de l’Humanité.

Politique internationale de la France : chapeau les artistes ! 
On en reste béat d’admiration. On a même envie de dire: chapeau les artistes. La politique étrangère de la France, hier avec Sarkozy, aujourd’hui avec Hollande restera dans les annales comme exemplaire, forte, créative. A coup sûr, des années fondatrices d’une nouvelle démarche originale et conquérante.
Déjà, avant, tout avait fonctionné à merveille avec l’équipe rapprochée de Sarkozy : l’ancien gauchiste transféré au PS, le Thénardier de la politique, je veux dire Bernard Kouchner aujourd’hui dans le «  conseil » aux dictatures africaines, et son copain Bernard Henri Levy, le « philosophe » en panne de lecteurs, reconverti lui aussi dans le «  conseil » en matière de géopolitique toujours du côté du manche. Si possible, bien huilé.
Ah, la belle époque, celle où l’on s’extasiait de l’efficacité de Sarkozy dans la crise géorgienne avec comme résultat 20% du territoire de l’ancienne patrie de Staline passant du côté russe. Ah, la formidable construction que cette « Union pour la Méditerranée », un flop se terminant par le printemps arabe et la France généreuse, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Mme Alliot-Marie, offrant « notre savoir faire en matière de sécurité » à Ben Ali. Que du bonheur, que du succès. Sans conteste, c’est bien l’aventure libyenne qui a marqué la capacité propulsive de la politique internationale française de cette époque. On se souvient du général en chef BHL appelant à l’assaut contre Tripoli du haut des marches de l’Elysée et Sarkozy donnant le top départ aux Rafales. Avec le splendide résultat que nous vivons aujourd’hui et alors qu’un parachutage de BHL sur Benghazi serait du meilleur effet. Pourtant, des diplomates français avaient eu l’outrecuidance de rouspéter dans une tribune publiée dans « Le Monde ». Ils se présentaient comme "un groupe de diplomates français de générations différentes, certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences politiques variées". Ils affirmaient : "L'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore". "La voix de la France a disparu dans le monde."
La raison profonde de cet enlisement? "Notre politique étrangère est placée sous le signe de l'improvisation et d'impulsions successives qui s'expliquent souvent par des considérations de politique intérieure" (…) des erreurs auraient pu être évitées, imputables à l'amateurisme, à l'impulsivité et aux préoccupations médiatiques à court terme." Dans leur viseur, pêle-mêle: une Union pour la Méditerranée "sinistrée", une politique au Moyen-Orient "devenue illisible". « Nous sommes à l'heure où des préfets se piquent de diplomatie, déploraient-ils, où les « plumes » conçoivent de grands desseins, où les réseaux représentants des intérêts privés et les visiteurs du soir sont omniprésents et écoutés".
Les signataires ne connaissaient pas encore le parcours d’un « exemple » de la diplomatie sarkoziste, le dénommé Boris Boyon: mafiosi à Bagdad, insultant à Tunis, pour finir trafiquant à Paris en se faisant arrêter Gare du Nord avec près de 400.000 euros en liquide dans les poches. J’oubliais la libération des infirmières bulgares « obtenue » par l’ancienne épouse du président, où plutôt par Claude Guéant qui avait ses entrées sous la tente de Kadhafi et d’amicales relations avec les porteurs de mallettes argentées ainsi que la presque rupture avec le Mexique pour une sombre affaire de rapt. Que du succès, que du prestige. Et rien, rien du tout – pour Salah Hamouri, notre compatriote enfermé sept ans dans les geôles israéliennes pour de simples supputations. En fait, la voix de la France est devenue la risée du monde. On aurait pu se dire « Mais ça, c’était avant. »
Avec l’arrivée de Hollande on allait voir ce qu’on allait voir. Or, ce n’est plus seulement du bling-bling auquel nous assistons, c’est aussi une série d’engagements politiques à faire se retourner dans sa tombe à faire se retourner dans sa tombe le célèbre et talentueux diplomate Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.
Comme pour la Libye et avec le même « conseiller spécial », le sinistre BHL, alors qu’il fallait écouter et aider l’opposition laïque et démocratique syrienne, les nouveaux chefs de guerre parisiens frémissaient à l’idée de bombarder Damas. Patatras, Washington n’a pas suivi. A Kiev, le très modeste et humble Fabius se vantait d’avoir été le « moteur » d’un accord qui en fait a favorisé l’arrivée au pouvoir  du roi du chocolat et sa clique plus réac tu meurs, et une guerre dans l’est de l’Ukraine. Le couple Hollande-Fabius roule des mécaniques devant les Russes, envoie des avions de chasse en Pologne tandis que les rusés Allemands composent une autre musique avec Poutine. Faut-il ajouter l’Afrique et l’enlisement au Mali, la protection du nouveau pouvoir corrompu et répressif en Côte d’Ivoire ; faut-il ajouter l’interdiction de survol du territoire français de l’avion présidentiel bolivien…
C’est surtout l’alignement de la politique française sur celle de Netanyahou qui marquera désormais et pour longtemps la politique internationale de la France : une complicité écrasante avec les massacreurs du peuple de Gaza qui devront un jour où l’autre comparaître pour crimes contre l’humanité.
Les mêmes diplomates français qui sous Sarkozy critiquaient une politique internationale marquée par « l’amateurisme », la qualifient aujourd’hui «  d’inaudible ».  Inaudible, quand elle se limite à la « retenue » alors que plus de mille Gazaouis parmi lesquels de nombreux enfants sont morts sous les bombes israéliennes ? Inaudible, lorsqu’on laisse des jeunes Français incorporer l’armée de Tel-Aviv ? Inaudible, lorsqu’on accepte que 6000 prisonniers politiques palestiniens croupissent dans les geôles israéliennes ? Inaudible, lorsqu’on refuse d’entendre la voix de Marwan Barghouti, le Mandela palestinien ? Inaudible, lorsqu’on se range derrière les assassins ?  Le bruit n’est que trop lourd. On entend la mort …

Allez tous vous faire voir … A bas le monothéisme, fêtons le solstice d’hiver

Une juive qui dit son ras-le-bol des religions ... des sionistes et des islamistes qui les ont instrumentalisées pour faire de la (mauvaise) politique ! 
R.B
Que les choses soient claires… J’en ai ras la tasse et particulièrement de la naissance de Jésus Christ, sans parler de tous les autres, de leur hypocrisie et de leurs vaines querelles, ce sera sans moi désormais …
Le responsable du CRIF fait un montage sur le propos de Salah Hamouri (1)… C’est un procédé indigne. Mais si vous voulez mon avis je ne crois pas que le dit Salah porte dans son cœur le Rabbin dont il est question et qui est une sombre fripouille d’extrême-droite. Comme il est à peu près normal qu’après sept ans de prison, parfaitement injustifiés, vu que le rabbin est en pleine forme et toujours aussi nocif, Salah Hamouri porte dans son cœur les Israéliens. Il serait logique que son souhait le plus profond soit d’être totalement débarrassé de ces gens-là surtout qu’il habite en face du mur que les mêmes s’obstinent à construire.
Ces types, ceux qui construisent le mur, sont non seulement des salauds mais des cons intégraux qui ont réussi désormais à créer le plus désastreux rapport de forces en leur défaveur tant leurs pratiques sont injustifiables. Je ne vois pas pourquoi Salah Hamouri, après sept ans de prison en constatant le blocage que cette bande de connards a réussi à installer de manière durable ne se dise pas qu’il n’y a aucune paix possible avec eux…, c’est le contraire qui serait étonnant. Donc à tout prendre, vu les circonstances, ses propos ne faisaient que refléter la réalité et les avoir tronqués est ajouter de la saloperie sur la saloperie
Donc je ne crois pas que Salah Hamouri porte ces gens-là dans son cœur pas plus qu’en tant que juive je porte dans mon cœur l’église catholique y compris ce juif débile et calotin qui, s’il a existé ce dont on peut douter, a produit deux mille ans de martyre pour ses coreligionnaires… je veux parler de Jésus christ et de tous ses disciples plus pernicieux les uns que les autres qu’il s’agisse des catholiques, des orthodoxes ou de Martin Luther qui était quand même aussi enfoiré d’antisémitisme qu’Adolf Hitler lui-même…
Et qu’il ne se trouve pas un seul mec d’origine ou pratiquant chrétien pour s’interroger sur sa responsabilité sur la création de l’Etat d’Israël, des juifs brûlés depuis le haut moyen-âge jusqu’à la Shoah en passant par les pogromes tsaristes et l’affaire Dreyfus, pour citer les cas les plus connus…
Que ces faux culs de toutes les églises se sentent historiquement blanchis prouve à qui on a affaire. Non pas pour tolérer aux israéliens mais bien pour tout mettre en œuvre pour qu’il y ait la paix, au lieu de jeter de l’huile sur le feu… Sans parler de Staline qui a été tout de même le premier à reconnaître l’Etat d’Israël…
Pas plus que je ne porte dans mon cœur cette pure saloperie qu’est le dirigeant iranien dont je n’arrive même pas à me rappeler le nom qui finance tous les crapules négationnistes qui passent à sa portée… Pas plus que je ne porte dans mon cœur tous les antisémites de par le monde… Y compris ceux qui se prétendent altermondialistes et qui, comme ils ont le cerveau comme des pois chiche, sont incapables de comprendre le fonctionnement du capital alors inventent le complot et bien sûr les juifs pour mener le monde, comme tous les connards qui se sont servis de leur complexe d’infériorité (légitime, car ce sont des crétins) pour persécuter les juifs.
OUI mais voilà j’en ai marre de subir en prime de la situation israélienne toutes les avanies que j’ai dû subir depuis des années alors que je n’ai jamais mis les pieds en Israël, je n’ai jamais pu obtenir que l’on distingue juifs et israéliens…
Que voulez-vous je tiens à cette expérience humaine qui est d’être juif.  Je trouve à tout bien considérer QU’IL EST PLUS HONORABLE historiquement d’être juif que d’être un goy. Voila un peuple, parce qu’il s’agit bien d’un peuple créé par le martyre et non la génétique (comme les palestiniens ont été créés par la colonisation israélienne), un peuple c’est-à-dire une réalité historique, qui a subi une oppression continuelle, des pogromes, une injustice incroyable et qui a répondu à cela en produisant le plus grand nombre de savants (25% des prix Nobel sont juifs alors qu’il n’y a que 13 millions de juifs), de médecins, de biologistes, de physiciens, de mathématiciens, d’artistes, de musiciens, de philosophes, etc.. sans parler des économistes, parce que vous noterez que 95% des gens qui dénoncent les malversations financières avec quelques compétences sont également juifs…
Et ils ont quelques mérites vu l’incapacité générale à comprendre de quoi il est question pour ceux qui visiblement ne demandent qu’à être plumés pourvu qu’on leur donne un juif à brûler… heureusement il y a les Chinois qui semblent avoir l’intellect un peu plus ouvert…  J’ajouterais à la description la profusion de révolutionnaires que ce peuple a engendré… Sur treize millions, avec une saignée de six millions tout dernièrement ,ce n’est pas si mal dans l’opération survie et les handicaps constamment dressés depuis des millénaires. Honnêtement je trouve tout bien pesé qu’il n’y a aucune raison de regretter d’être juif ne serait-ce que le soulagement de n’avoir rien à voir avec leurs persécuteurs…
Et si vous ôtiez les juifs de ceux qui au plan international défendent la cause palestinienne, cela ferait un sacré trou… ils y mettent même une ardeur que l’on ne leur demande pas…
Et si je n’ai jamais été sioniste c’est parce que comme je ne crois pas au peuple élu et suis convaincue que tous les êtres humains se valent mais qu’il y a les circonstances, je prévoyais dès le départ que si les juifs avaient un pays, des frontières, une armée, ils deviendraient aussi cons que les goys… ou goyim… C’est fait… la preuve est faite, grâce à Israël, qu’ils sont; ou plutôt une partie d’entre eux vaut le reste de l’humanité.
Donc je ne vois pas pourquoi Salah Hamouri confronté à ce bouillon de culture de la connerie goy cultivée désormais dans le judaïsme ne rêverait pas de s’en débarrasser… Et en particulier du rabbin d’extrême-droite qui en est la quintessence, il ne l’a pas tué et n’a peut-être même pas voulu le tuer mais s’il ne le porte pas dans son cœur je peux comprendre et même partager son antipathie n’en déplaise au type du CRIF, cela ne fait ni de moi, ni de Salah des criminels en puissance simplement des gens normaux..; parce que si je reprends tous les gens que je viens d’énumérer et contre lesquels j’ai une dent, j’ai toujours su raison garder: j’ai une solide rancune contre l’église catholique, orthodoxe et autre mais je n’ai jamais été en situation d’exercer un pogrome contre eux et je m’en félicite parce que je ne voudrais pas me conduire aussi mal qu’eux et être aussi cons qu’ils le sont depuis des siècles. Je me battrais toujours contre une intervention de l’OTAN en Iran, parce que, quoique je pense de son président, aucun enfant iranien ne mérite de recevoir une bombe ou même d’être effrayé par une bombe à cause de ce type-là. Et je sais de quoi je parle puisque les quatre premières années de ma vie se sont passées dans la peur du nazisme, la fuite…
Bref je ne veux pas devenir aussi con que les goyim qui nous ont persécutés pendant deux mille ans, ce serait le pire malheur et je crains qu’Israël soit cela et rien d’autre, la conversion massive des juifs en goyim de la pire espèce, celle que chaque juif a considéré pendant 2000 ans comme le pire mélange de cruauté et d’imbécilité qui se puisse imaginer…
Oui mais voilà, je ne vois pas au nom de quoi et pourquoi je dois me payer en prime tous les péchés d’Israël et ceux du CRIF par la même occasion… J’ai eu droit à toutes des insultes, le président de l’Université a été obligé de menacer un antisémite de l’équipe de Marie Poumier de le dénoncer pour harcèlement, j’ai vécu dans le marais nauséabond du négationnisme y compris de la part de gens que l’on trouve au Tribunal Russel, ce racisme visiblement ne gêne personne et est entré désormais dans le langage courant.
Ce matin, la coupe a été pleine à propos du cas Salah Hamouri et les protestations qu’il provoque de par et d’autre. A propos des déclarations du président du CRIF, un type s’est permis d’écrire que c’était cet Etat qui se croyait tout permis et sa… « Diaspora »… Alors là la coupe a été pleine…  Alors la diaspora cher monsieur Memmi (parce que c’est un zélote juif de surcroît qui dit cela, en rajoute selon leur bonne habitude) vous emmerde en ma personne…
Ce n’était rien, un mot de trop mais qui ne fait que creuser toujours le même sillon d’un côté comme de l’autre, celui qui rend impossible toute solution pacifique… Alors pourquoi se battre il faut être masochiste…
Et si je m’écoutais je les enverrais tous se faire rôtir en enfer mais la politique ça sert à dépasser ce genre de colère bien légitime. Mais visiblement personne ne veut faire de la politique à commencer par le sieur Memmi.
Alors à l’aube de cette nouvelle année et en l’honneur de ce juif calotin et hystérique du nom de jésus qui est mort en faisant le Seder comme le plus orthodoxe des juifs et qu’une bande d’arriérés en croisade perpétuelle ont utilisé comme le général en chef de l’antisémitisme militant  ou encore comme Saul,  Saint Paul fondant une maison concurrente, trop c’est trop..  Je vous dis que j’en ai marre de tout ça. Désormais que l’on ne compte plus sur moi pour défendre les uns ou les autres vous m’écœurez tous…
Tant que vous ne ferez plus de politique avec des revendications claires et précises sans hystérisation du moindre incident, sans m’enrôler dans vos histoire par une stigmatisation ancestrale, ne comptez plus sur moi…
Et bonnes fêtes du solstice d’hiver …
A bas le monothéisme.
Amusez-vous sans moi désormais …

jeudi 31 juillet 2014

Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l'idée même de la justice

Dominique de Villepin : « Lever la voix face au massacre perpétré à Gaza »
Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c'est aujourd'hui, je l'écris en conscience, un devoir pour la France, une France qui est attachée indéfectiblement à l'existence et à la sécurité d'Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui sont conférés à Israël en sa qualité d'État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont tentés par la résignation face à l'éternel retour de la guerre qu'il est temps de parler et d'agir. Il est temps de mesurer l'impasse d'une France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de changement. Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s'est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada. Comment comprendre aujourd'hui que la France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance de cause? Comment comprendre que la France s'abstienne lorsqu'il s'agit d'une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d'Israël? Quelle impasse pour la France que cet esprit d'alignement et de soutien au recours à la force.
Je crois que seule la vérité permet l'action. Nous ne construirons pas la paix sur des mensonges. C'est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont instrumentalisées.
Ayons le courage de dire une première vérité: il n'y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l'occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd'hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien. En lieu et place de la recherche de la paix, il n'y a plus que l'engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité. L'État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu'elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu'elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire. C'est la spirale de l'Afrique du Sud de l'apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d'iniquité et de bantoustans humiliants. C'est la spirale de l'Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle.
Il y a une deuxième vérité à dire haut et fort: il ne saurait y avoir de responsabilité collective d'un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond déséquilibre de la situation, qui oppose non deux États, mais un peuple sans terre et sans espoir à un État poussé par la peur? On ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier qu'on assassine ces derniers, d'autant moins qu'on a refusé de croire et reconnaître en 2007 que ces civils aient voté pour le Hamas, du moins pour sa branche politique. Qu'on cite, outre les États-Unis, un seul pays au monde qui agirait de cette façon. Même si les situations sont, bien sûr, différentes, la France est-elle partie en guerre en Algérie en 1995-1996 après les attentats financés par le GIA? Londres a-t-elle bombardé l'Irlande dans les années 1970?
Troisième vérité qui brûle les lèvres et que je veux exprimer ici: oui il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu'on leur a fait jouer. Je ne peux accepter d'entendre que ce qui se passe en Palestine n'est pas si grave puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu'on condamne un peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions d'«eau sale» et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu'on nie qu'il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre humanité commune.
Il n'y a aujourd'hui ni plan de paix, ni interlocuteur capable d'en proposer un. Il faut tout reprendre depuis le début. Le problème de la paix, comme en Algérie entre 1958 et 1962, ce n'est pas «comment?», c'est «qui?».
Il n'y a pas de partenaire en Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement marginalisés par la stratégie du gouvernement d'Israël. La logique de force a légitimité hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime aujourd'hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad islamique. Se passer de partenaire pour la paix, cela veut dire s'engager dans une logique où il n'y aurait plus que la soumission ou l'élimination.
Il n'y a plus de partenaire pour la paix en Israël car le camp de la paix a été réduit au silence et marginalisé. Le peuple israélien est un peuple de mémoire, de fierté et de courage. Mais aujourd'hui c'est une logique folle qui s'est emparée de son État, une logique qui conduit à détruire la possibilité d'une solution à deux États, seule envisageable. La résignation d'une partie du peuple israélien est aujourd'hui le principal danger. Amos Oz, Zeev Sternhell ou Elie Barnavi sont de plus en plus seuls à crier dans le désert, la voix couverte par le vacarme des hélicoptères.
Il n'y a plus non plus de partenaire sur la scène internationale, à force de lassitude et de résignation, à force de plans de paix enterrés. On s'interroge sur l'utilité du Quartette. On désespère de la diplomatie du carnet de chèques de l'Europe qui se borne à payer pour reconstruire les bâtiments palestiniens qui ont été bombardés hier et le seront à nouveau demain, quand les États-Unis dépensent deux milliards de dollars par an pour financer les bombes qui détruisent ces bâtiments.
Face à l'absence de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur. C'est au premier chef la responsabilité de la France.
Le premier outil pour réveiller la société israélienne, ce sont les sanctions. Il faut la placer devant ses responsabilités historiques avant qu'il ne soit trop tard, tout particulièrement à l'heure où il est question d'une opération terrestre de grande envergure à Gaza. Cela passe par un vote par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution condamnant l'action d'Israël, son non-respect des résolutions antérieures et son non-respect du droit humanitaire et du droit de la guerre. Cela signifie concrètement d'assumer des sanctions économiques ciblées et graduées, notamment pour des activités directement liées aux opérations à Gaza ou aux activités économiques dans les colonies. Je ne crois guère aux sanctions face à des États autoritaires qu'elles renforcent. Elles peuvent être utiles dans une société démocratique qui doit être mise face aux réalités.
Le deuxième outil, c'est la justice internationale. L'urgence aujourd'hui, c'est d'empêcher que des crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit aux demandes palestiniennes d'adhérer à la Cour pénale internationale, qui demeure aujourd'hui le meilleur garant de la loi internationale. C'est une manière de mettre les Territoires palestiniens sous protection internationale.
Le troisième outil à la disposition de la communauté internationale, c'est l'interposition. À défaut de pouvoir négocier une solution, il faut l'imposer par la mise sous mandat de l'ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales. Cette administration serait soumise à de grands périls, du côté de tous les extrémistes, nous le savons, mais la paix exige des sacrifices. Elle aurait vocation à redresser l'économie et la société sur ces territoires par un plan d'aide significatif et par la protection des civils. Elle aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de garantir des élections libres sur l'ensemble de ces territoires. Forte de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en en traçant les grandes lignes.
Nous n'avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu'elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l'espoir même d'un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l'idée même de la justice.

Prière pour une dissolution des religions

Si dieu existait, il s'arracherait les cheveux et les poils de sa barbe de savoir ce que les "religieux" ont fait et continuent de faire à son nom !
Car trop, c'est trop !
R.B


1) Dieu (1) qui n'existe pas, s’il te plaît, débrouille-toi pour me débarrasser de toutes ces religions qui existent trop. Et qui ne pensent qu’à faire mentir l’étymologie qui les voudrait liens entre les hommes, pour pendre à la plus haute branche ceux qui ne croient pas comme elles et étriper ceux qui aiment copiner avec le diable de la raison et du plaisir.
2) Père qui est aux cieux, tu me ferais des vacances si tu pouvais rester tranquille tout là-haut, les fesses calées dans ton fauteuil rouge, à faire glouglou avec ta chicha opiacée, à siroter ton whisky tourbé, tout en grignotant du pain azyme tartiné de tarama casher.
3) Dieu qui n’est pas dieu, nom de dieu, tu es une plaie vivante surtout quand tu te prétends le seul, l’unique, monothéiste monogame monomaniaque de toi-même. Chrétien, musulman ou juif, tu es le triple exemplaire de la triple buse. Tu es l’hydre à triples tentacules et à triples foyers qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Essaie juste d’allonger sur un divan, les névroses qui te poussent à t’imaginer aussi essentiel et celles qui te font chosifier concurrents ou mécréants.
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4) Dieu du désastre, je t’en veux de m’obliger à choisir le camp des hommes de Tsahal, ces centurions du talion, cet indéfendable moindre mal. Tout ça parce que je ne m’imagine pas une seconde tresser la moindre fleur de compréhension dans les barbes de ces fascistes verts du Hamas qui lapident l’intelligence et mettent le désir sous voile.
5) Pauvre dieu à kippa et à burqa, arrête de mettre un uniforme aux plus fringants de tes jeunes gens pour les sacrifier au vorace Chronos mais arrête aussi de jouer les grands courageux en te planquant derrière femmes et enfants que tu alignes en boucliers.
6) Notre père qui n’est pas le mien, si tu pouvais juste te cantonner dans tes quartiers surchauffés, là-bas en terre sainte, en terre promise, en terre perdue, appelle-la comme tu veux, ça m’arrangerait. Surtout, évite de profiter de l’émotion relayée par les incendiaires chaînes infos pour hystériser les positions et les postures en France. Laisse un peu tranquille, ce pays laïque qui t’échappe depuis 1905. Lequel serait bien avisé de visser les boulons de son anticléricalisme au lieu de laisser flotter les rubans de la tolérance coupable et je-m’en-foutiste pour les pieuses intolérances qui ne voient pas pourquoi elles n’auraient pas droit au respect public de leurs interdits privés. Ben voyons !
7) Notre père qui est là-haut ne pense surtout pas que ta volonté sera faite ici bas. Je connais ton habileté à la manœuvre, mais tu ne vas pas pouvoir me la raconter longtemps. Je sais comment ces fondamentalismes que tu caches dans les surplis de ton aube blanche finissent toujours par faire alliance de circonstance. Likoud et Hamas, Ligue de défense juive et Europalestine, Cukierman et Dieudonné ont des intérêts communs à ce que ça dégénère. La guerre durcit les affirmations, ferme les frontières, chrome les identités, rétablit la censure, saccage les libertés. Grâce à tes grandes manœuvres importées et imposées, on en est rendu à croire qu’en France, tout musulman est antisémite et tout juif, anti-Arabe. Alors qu’il faudrait plutôt admettre que la France du centre n’est plus du tout antisémite. Même si elle fatigue que le particularisme musulman ne se dissolve pas dans l’individualisme consumériste. Pendant ce temps, en périphérie, quelques relégués sociaux se projettent dans un destin palestinien, victimaire et jihadiste, et font flamber un antisémitisme rénové, bras d’honneur à Israël comme aux élites financières.
8) Eternel dieu de mes deux, n’hésite plus, brûle synagogues, mosquées et églises. Et n’oublie pas, de commencer par Notre-Dame-de-Paris. Comme ça, l’individu libre et émancipé n’aura plus la tentation de se signer quand il passera devant l’un de ces symboles obscurantistes. Quand tu joueras les boutefeux, débrouille-toi pour épargner Esmeralda. Je sais qu’elle te sort par les yeux depuis qu’elle s’est engagée chez les Femen, mais elle a de si beaux seins qu’un Tartufe comme toi ne peut y être insensible.
9) Dieu éternel, il faut te mettre à mort encore et encore, avec l’aide de Sade, de Nietzsche et aussi d’Onfray, celui du traité d’athéologie, pas celui qui dénonce les incivilités dans le Point. Parce que le pire, c’est qu’avec toi, dieu guépard, il faut que rien ne change pour que… rien ne change. On continue à se focaliser sur un conflit proche-oriental qui rabâche sa désespérance, qui inventorie ses non-solutions et qui permet au gouvernement français d’interdire des manifestations ou de condamner des brigadistes jihadistes potentiels. Et pendant ce temps, l’humain change de base, conquérant une éternité qui fut longtemps ton monopole. L’univers se numérise, les robots se maquillent, la longévité explose, sans que personne n’ait le temps de penser cette évolution faustienne, tant les régressives guerres de religion mobilisent des affects vieux comme Hérode.
(1) Dieu et père avec une minuscule, chère correctrice.