Table des matières : http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.fr/2014/04/tables-des-matieres-de-mon-blog.html ...... Ce nouveau blog est ma contribution à la réussite de la révolution tunisienne. PS : J'utilise la rubrique "commentaires" pour "actualiser" l'article, par des commentaires piochés dans FB, ou par des liens vers d'autres articles pour un autre éclairage ...
vendredi 6 mars 2015
LES CRÈCHES ISLAMISTES ET LES ECOLES MATERNELLES CORANIQUES : Pépinières pour futurs islamistes ?
jeudi 5 mars 2015
Le choix de vocabulaire correspond à des choix politiques
Islamisme, islamisme radical, islamisme extrémiste, fondamentalisme, jihadisme, terrorisme religieux ... les Frères musulmans, al Qaïda, les Talibans, Bokoharam, Daech .... tant de vocables pour désigner des mouvement politiques que fonde le wahhabisme; et tant de partis politiques qui se réclament de cette doctrine.

Claire Levenson
mercredi 4 mars 2015
LE NIVEAU SCOLAIRE EN TUNISIE A BAISSE DE MANIÈRE DRAMATIQUE !

- Un système qui frise le racket pour "arrondir" les fins du mois si ce n'est plus, puisque les parents désireux de voir réussir leurs enfants sont obligés de céder à la pression des enseignants qui incitent leurs élèves à prendre des cours particuliers !
- Certains parents dans le besoin, se sacrifient pour assurer un avenir à leurs gosses ... et cèdent à la tentation de leur donner "plus de chance" par des cours particuliers.
Comment voulez-vous lutter contre la corruption, ce fléau économique et social si vous laissez s'installer et perdurer cette corruption au niveau des élèves ?
Et ce ne sont pas les écoles coraniques qui se sont multipliées sous l'ex-troïka, dominée par les Frères musulmans, qui vont relever le niveau des jeunes !
- En ce qui concerne la double culture et la langue française qu’affectionnent tant les tunisiens, il faut rappeler que l'enseignement voulu par Bourguiba a été le bilinguisme en leur inculquant sans complexe aucun, la culture française en plus de la culture arabe, y voyant un enrichissement pour son peuple. Certains ont maîtrisé l'arabe mieux que le français, d'autre ont fait l'inverse et bien d'autres, les deux à la fois.
Ce qui n'a pas empêché un certain ostracisme entretenu par des gens complexés de l'Histoire (islamiste & arabistes) mais aussi vis à vis de la France, qui aspirent à une culture unique et à une langue unique : l'arabe !
Pour couper l'herbe sous leurs pieds, Ben Ali a décidé de revenir sur le système de la double culture instaurée par son prédécesseur, en arabisant l’enseignement et en réduisant l’apprentissage de la langue française à une simple langue étrangère. Sauf qu’une fois arrivé au niveau universitaire, beaucoup de filière sont enseignées uniquement en français comme les sciences et la médecine; alors que beaucoup d’étudiants ne maîtrisent pas cette langue, ce qui complique leur formation.
Résultat : l’Education Nationale devient schizophrène avec cette réforme qui produit des diplômés ne maîtrisant ni l'arabe et encore moins le français .... que ce soit par la langue ou par la culture ! Ce qui explique la baisse du niveau général des étudiants formés dans le système public.
Cette situation ne peut plus durer car elle va entraîner une diminution globale de l’instruction de tout un peuple et elle signera, dés lors, un rapide déclin économique. Plus encore en baissant le niveau, elle favorisera le développement de l'obscurantisme qui ne prospère que sur l'ignorance.
ANNEXE -
Réformes : quelques suggestions
I / Limiter les écoles privées :
- Les enseignants devront avoir les mêmes diplômes que dans l’enseignement public,
- Ils ne pourront pas participer ni à l’élaboration des sujets d’examen, ni des programmes; et ne pourront pas participer aux jurys d’examen.
- Il faudra instaurer un corps d’inspection qui aura pour tâche de contrôler les écoles privées et notamment le respect des programmes nationaux.
II / Limiter les cours particuliers :
- Il ne s’agit pas de les interdire mais d’interdire de donner des cours dans l’année où l’on enseigne et à ses élèves.
- Par ailleurs il faudra imposer un critère quantitatif pour que l’enseignant ne délaisse pas son métier au profit des cours particuliers.
- Sanctionner nettement tout favoritisme avéré, pour l'obtention d'un diplôme, par la suspension ou la révocation du ou des auteurs.
III / Revaloriser le statut des enseignants du public :
- Relever nettement le niveau de la formation initiale
- revaloriser les salaires,
- obliger à une formation permanente régulière,
- instaurer des inspections régulières et sérieuses.
IV / Enfin donner plus de moyen matériels et humains à l’école publique; au besoin en instaurant une taxe sur les écoles privées.
mardi 3 mars 2015
L'OCCIDENT : L'ARROSEUR, ARROSÉ !
- etc ...
A jouer avec le feu, on finit par se brûler les doigts; puisque le wahhabisme instrumentalisé et soutenu par l'Occident chez les "arabes", leur revient comme un boomerang !
Il serait temps que les médias occidentaux appellent un chat un chat ! Qu'ils cessent de créer la confusion entre Islam politique, islamisme, jihadisme ... alors que ce qui les fonde tous c'est le wahhabisme ! Comme le communisme fonde tous les partis qui s'en réclament.
Faut-il rappeler que les tunisiens ont "dégagé" démocratiquement et pacifiquement les Frères musulmans par les urnes; alors que les EU & l'UE les leur ont imposés en les imposant à Béji Caïd Essebsi pour gouverner avec Nidaa Tounes ?
Pour lutter contre ce nouveau fléau du siècle, il faut l'union de tous.
lundi 2 mars 2015
La charia est passéisme, le Coran est modernisme
Quelles entraves empêcheraient le musulman du XXIe siècle de devenir un « citoyen moderne », obéissant aux lois de la République ?
Mohamed Talbi, l’éclaireur du Coran
Disparu le 1er mai 2017, l’historien tunisien a ouvert la voie à un
« islam des lumières » libéré de la charia, tout en prenant ses
distances avec le dialogue interreligieux.
Il aimait dire que « l’islam
est liberté ». Il prétendait même que « l’islam
est né laïc ». Mohamed Talbi, historien et islamologue
tunisien disparu lundi 1er mai à Tunis à l’âge de 95 ans, aura
jusqu’au bout brandi comme un étendard le verset du Coran énonçant : « Nulle
contrainte en religion ». Et si la formule a pu servir, sous d’autres
plumes, à masquer des visées moins éclairées, lui en a forgé une arme contre
l’obscurantisme, le combat de toute sa vie. Mohamed Talbi laisse en héritage
une œuvre ardente et hardie qui aura ouvert la voie, en Tunisie et ailleurs, à
la génération qui aujourd’hui cherche à promouvoir un « islam
des lumières ».
« Son apport à la rénovation de la pensée islamique est
indéniable », affirme Abdelmajid Charfi,
son ancien élève, qui dut pourtant s’en éloigner au terme d’une douloureuse
rupture. C’est qu’au sein de cette « école tunisienne », l’un
des viviers de ce qu’on appela plus tard « les nouveaux penseurs
de l’islam », on s’est âprement combattus. Mohamed Talbi avait
l’ancienneté et l’envergure pour en être le chef de file, il fut même célébré
un moment par une large famille de fidèles, mais la conjonction malheureuse de
querelles d’ego et de controverses théologiques, notamment sur la sacralité du
Coran – qu’il défendait avec dévotion –, clairsema les rangs autour de lui. Son
caractère entier et ses emportements comminatoires n’arrangèrent guère les
choses et l’amenèrent, in fine, à s’isoler. « Il
était fier et sauvage », dit, avec affection, le philosophe Youssef
Seddik, qui eut à croiser le fer avec lui.
Censuré sous Ben Ali
Auteur d’une trentaine d’ouvrages, Mohamed Talbi avait débuté sa carrière
universitaire de manière assez conventionnelle. Agrégé d’arabe et docteur en
histoire – sa thèse soutenue en 1968 à la Sorbonne (Paris) porte sur les
Aghlabides, la dynastie arabe qui régnait sur l’actuelle Tunisie au IXe siècle
–, il fut doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis
entre 1966 et 1970. Personnalité assez légitimiste sous Habib Bourguiba, le
père de la Tunisie indépendante, il devint même président du très officiel
Comité culturel national.
Après le coup de force de Zine El-Abidine
Ben Ali, en 1987, son rapport au pouvoir va pourtant se dégrader. Il
évolue vers des positions ouvertement dissidentes, adhérant même en 1995
au Conseil national pour les libertés en Tunisie, un foyer d’opposants
démocrates. Il sera surveillé et censuré par la dictature de Ben Ali, qui se
gardera toutefois, compte tenu de la célébrité de l’universitaire, de
l’emprisonner.
Après la révolution de 2011, qui chassa Ben Ali du pouvoir, Mohamed Talbi s’affronta à un autre pôle du spectre politique tunisien : le courant islamiste émergent. Ennahdha, le parti issu de la mouvance des Frères musulmans qui dirigea la Tunisie entre fin 2011 et début 2014, fut la cible de ses foudres. Dans un entretien à Jeune Afrique en novembre 2012, il dénonça Ennahdha comme « un cancer qui métastase partout ».
Dans cette Tunisie post-révolutionnaire friande de débats, les plateaux de télévision l’invitèrent avec gourmandise, assurés que l’intellectuel alors nonagénaire, qui ne craignait plus rien ni personne, se livrerait à quelquessaillies utiles à l’audience. De fait, les polémiques s’enflammaient quand il expliquait qu’aucun verset du Coran n’interdisait l’alcool, l’homosexualité ou la prostitution. Les groupes salafistes, très actifs dans les années 2012-2013, le traitèrent de « kafir » (infidèle) et le menacèrent de mort. Il eut droit à une surveillance policière de son domicile.
« Je ne crois pas à la charia »
Les sorties médiatiques de Mohamed Talbi ne relevaient nullement de la provocation, elles exprimaient profondément son rapport à l’islam. « Il n’y a que le Coran qui m’oblige », écrivait-il dans Penseur libre en islam (Albin Michel, 2002). « Je ne crois qu’au Coran et pas à la charia », déclarait-il à Jeune Afrique en 2015. Le premier est l’œuvre de Dieu, la seconde n’est qu’une « production humaine » qui « n’a rien à voir avec l’islam » et dont les musulmans « doivent se délivrer », affirmait-il au Monde dès 2006.
Dans son exégèse, Mohamed Talbi pratiquait ce qu’il appelait la « lecture vectorielle », méthodologie qui réinscrit le texte dans son environnement historique afin de mieux en saisir l’intention première – ce qu’omettent souvent, à ses yeux, les productions juridiques postérieures au Coran. « Voilà les lignes de front du réformateur : retourner à l’Histoire, au texte, par une approche anthropologique et sociologique, et décaper la charia de toutes ces scories », assurait-il au Nouvel Observateur en 2002. Apport inestimable, selon Youssef Seddik, qui crédite Mohamed Talbi de « nous avoir libérés du tabou du blasphème ». « C’est un point de non-retour en Tunisie », ajoute-t-il.
Pour asséner sa modernité, Mohamed Talbi se définissait comme « musulman coranique ». Et c’est là que s’ouvre le malentendu avec ses pairs réformateurs, qui se soldera par un pénible divorce. A Tunis, le conflit fut violent avec Abdelmajid Charfi, aujourd’hui président de la très respectée académie Beit Al-Hikma, pour qui le Coran, bien que « d’inspiration divine », est une « œuvre humaine » inscrite dans l’époque du Prophète. Aux yeux de Mohamed Talbi, cette manière d’historiciser le Coran revenait à le désacraliser. Aussi taxa-t-il Abdelmajid Charfi et d’autres – les Tunisiens Hichem Djaït, Neïla Sellini, Hamadi Redissi, Youssef Seddik ou l’Algérien Mohammed Arkoun – de « désislamisés » et même de « néo-orientalistes ».
Subversif et intransigeant
Pour Mohamed Talbi, la réforme de l’islam ne pouvait venir que de l’intérieur et impliquait non seulement la foi mais la pratique. « Il ne comprenait pas comment des chercheurs pouvaient travailler sur l’islam sans avoir un rapport fusionnel avec le Coran », se souvient Amel Grami, l’une de ses anciennes élèves, qui lui est restée proche. Imprégné de ferveur soufie, Mohamed Talbi était profondément pieux et cette piété l’a « psychologiquement bloqué », dit Abdelmajid Charfi, au point de l’« empêcher d’aller au-delà d’une lecture littéraliste du Coran ». A rebours de la lecture « vectorielle » qu’il avait pourtant préconisée pour la charia.
Et l’orage ne grondera pas qu’avec ceux qui auraient dû être ses alliés naturels dans la réforme de l’islam. Très impliqué dans le dialogue interreligieux, notamment au sein du Groupe de recherche islamo-chrétien (GRIC), Mohamed Talbi finit par s’en détacher dans l’amertume et même la virulence, estimant que ce dialogue bancal n’en était pas franchement un et que ses amis chrétiens continuaient de trahir condescendance et préjugés à l’égard de l’islam, notamment dans son rapport à la violence. « L’Eglise catholique ne perçoit le dialogue que comme une étape sur le chemin de l’évangélisation », fustigeait-il dans Penseur libre en islam. Il signa même, en 2011, une Histoire du Christ, enquête sur une fraude textes à l’appui (auto-édité) qui attrista ses anciens compagnons de route du dialogue islamo-chrétien.
Ainsi était Mohamed Talbi, défricheur à la fois subversif et intransigeant, guetté par les contradictions et dont le fil conducteur resta jusqu’à la fin une vénération sans faille pour le Coran.
Les trois ouvrages à lire absolument (en français) :
- Universalité du Coran, Actes Sud, 2002.
- Penseur libre
en islam, Albin Michel, 2002.
- Plaidoyer
pour un islam moderne, Editions de l’Aube, 2005.