vendredi 6 mars 2015

LES CRÈCHES ISLAMISTES ET LES ECOLES MATERNELLES CORANIQUES : Pépinières pour futurs islamistes ?

Rappelez-vous ce que disait Abdel Fatah Mourou à Wajdi Ghnim le prédicateur vedette des Frères musulmans !
Pressé de voir la Tunisie devenir "terre d'islam" (entendez wahhabite), le prédicateur s'inquiétait auprès de Mourou de voir que la majorité des tunisiens sont de mauvais musulmans (voulant dire par là ne respectent pas les règles du wahhabisme); et pour le rassurer Mourou lui dit que s'il est vrai que les tunisiens sont perdus pour la cause des Frères musulmans, il leur reste leurs enfants qu'il faut retirer à leurs parents pour les endoctriner au wahhabisme pour en faire de "bons musulmans" !!

Choses promise chose due : Sous la troïka dominée par les Frères musulmans nahdhaouis, le nombre des crèches et des écoles maternelles coraniques s'est multiplié de façon anarchique sans que les responsables des 2 gouvernements de Ghannouchi ne s'en émeuvent (et pour cause !) malgré l'inquiétude de bon nombres d'associations !!

Eh ben cela semble porter ses fruits !!
Puisque de plus en plus de parents se plaignent de voir leurs enfants confiés à ces crèches islamistes et à ces écoles coraniques, se comporter de façon bizarre vis à vis d'eux et de leur entourage : 
- les petits garçons refusent que leurs mères les embrassent ou les touchent ... 
car c'est "haram" rétorquent les gamins ! 
- les garçons refusent de jouer avec leurs sœurs ou leurs cousines ... 
argant que la mixité est "haram" !
- les enfants "haranguent" leurs parents pour leur dire ce qu'ils doivent manger ou pas, faire ou pas ...  en leur "expliquant" le "halal" et le "haram" !
- les petites filles refusent pour elles la coquetterie et reprochent à leurs mères leurs tenues "légères", leur maquillage et leur coiffure tête non couverte ...  en expliquant que c'est "haram" !

Des parents qui s'étonnent de la précocité de leurs enfants pour des notions de "haram" et de "halal" que leur inculquent des islamistes prétendument pédagogues, souvent non diplômés .... et commencent à s'alarmer d'un tel endoctrinement !

La seule solution est de fermer toutes ces écoles qui n'ont d'autre objectif que de distiller le wahhabisme dans les familles à travers leurs gosses qu'on prive de leur enfance pour les formater au wahhabisme en application du projet de la confrérie !

Il y a dans cette situation, plus grave que l'on ne le pense, deux responsabilités :
- celle du gouvernement qui doit impérativement mettre un terme à ces dérives;
- mais aussi celle des parents qui placent leurs enfants dans ces crèches pour des raisons diverses; et qui feront de leurs enfants des obscurantistes, éloignés du progrès et du monde. C'est une attitude condamnable.
  
La société civile et les femmes dont le statut est en jeu pour l'avenir, devront se mobiliser comme elles ont su le faire dans d'autres occasions : il y va de l'avenir de la Tunisie !
Pour rappel : les talibans au Pakistan sont le produit de ce genre d'écoles qui se sont multipliées de façon anarchique dans tout le pays ... avec le résultat que l'on sait !!

Le gouvernement Habib Essid aura-il le courage de fermer ces écoles ?

Rachid Barnat

jeudi 5 mars 2015

Le choix de vocabulaire correspond à des choix politiques

QUAND OBAMA, HOLLANDE ET LES AUTRES JOUENT SUR LES MOTS !

Islamisme, islamisme radical, islamisme extrémiste, fondamentalisme, jihadisme, terrorisme religieux ... les Frères musulmans, al Qaïda, les Talibans, Bokoharam, Daech .... tant de vocables pour désigner des mouvement politiques que fonde le wahhabisme; et tant de partis politiques qui se réclament de cette doctrine.
Or le wahhabisme est une émanation du traditionnel salafisme qui a traversé l'histoire de l'islam depuis le début et dont le Calife Omar, compagnon du prophète,  fut le chef de file qui lui succéda par la force de l'épée.
Le salafisme comme son nom l'indique est le retour aux pratiques des 4 premiers califes, les salafs (les prédécesseurs) les premiers musulmans des trois premiers siècles après Mohammad.
C'est le premier mouvement politique apparu juste à la mort du prophète pour assurer la continuité de l'action "politique" de ce dernier. Le salafisme prône la violence pour prendre le pouvoir ou le récupérer par la force en chassant les gouvernants qui ne respectent pas les percepts de l'islam. Il suffit de déclarer apostats un dirigeant pour qu'il devienne indigne de diriger et qu'il soit passible de peine de mort !
C'est dire qu'il ouvre la porte à tous les abus, à toutes les convoitises. Ce qui s'est produit durant tous les califats et règnes en terre d'islam : les nouveaux chassant les anciens sous prétexte, souvent fallacieux, de déviance par rapport aux dogmes de l'islam !
Mohamad Abdel Wahhab fondateur du wahhabisme, par sa nouvelle doctrine va donner au salafisme un cadre "politico-religieux" pour accéder au pouvoir et le conserver. Ce qu'il fit en s'appuyant sur l'alliance historique entre le pouvoir politique et financier représenté par Ibn Saoud et l'autorité religieuse qu'il représentait !
Cette doctrine combattue par les Ottoman, a pris son essor grâce aux anglais qui s'en sont servi dans leurs conquêtes coloniales pour en finir avec l'Empire Ottoman. La découverte de l'or noir en Arabie et les pétrodollars qu'il rapportait, vont aider à son expansion dans toute la péninsule arabique, les pays du Golfe compris.
L'expansionnisme du wahhabisme a repris de plus belle depuis que les américains se sont appuyés sur cette doctrine pour contrer le communisme !
Ainsi le pacte de diffusion du wahhabisme qui fonde l'alliance des Ibn Saoud avec Mohamed Abdel Wahhab a pu être respecté jusqu'à nos jours grâce au imams envoyés par les Ibn Saoud dans les pays "hostiles" aux américains; puis aux quartes coins du monde, mais aussi grâce au financement de plusieurs chaînes TV religieuses et la formation de plusieurs imams venant des quartes coins du monde.
Ce wahhabisme saoudien  constitue un danger qui menace l'islam, les musulmans ainsi que l'humanité entière 33.

Ce qui explique l'hypocrisie des dirigeants occidentaux avec à leur tête les américains, qui ménagent leurs alliés pétromonarques avec à leur tête les Ibn Saoud ... quand ils brouillent les pistes par le choix sémantique ... pour ne pas désigner l'ennemi réel que sont les Ibn Saoud et leur wahhabisme !
R.B  

Claire Levenson


Aux Etats-Unis, le président américain dit les choses autrement: pour parler des attentats contre Charlie Hebdo et Hyper Cacher, Barack Obama et son secrétaire d'Etat John Kerry parlent d'extrémisme violent et de terrorisme, mais pas de jihadisme, ni d'islamisme ou d'islam radical. 

Le 13 janvier, une journaliste de la radio NPR avait demandé au porte-parole de la Maison Blanche pourquoi le président avait fait ce choix sémantique. Josh Earnest avait répondu:
«Ces individus sont des terroristes. Ils ont essayé d'invoquer leur interprétation pervertie et déformée de l'islam pour tenter de justifier leurs actes.»
La position défendue à plusieurs reprises par la Maison Blanche est que les terroristes utilisent la religion dans leur justification de la violence, mais que, comme il s'agit d'une vision déformée de la religion, ce serait tomber dans leur piège que de lier ces actes à la religion en parlant d'islamisme, de jihadisme ou d'islam radical. 
Josh Earnest a résumé:
«Nous ne voulons pas être dans une situation où nous donnons de la légitimité à leur justification illégitime de cette violence.»

En 2010, l'actuel président de la CIA John Brennan tenait des propos similaires:
«Nous ne décrivons pas nos ennemis comme des jihadistes ou des islamistes car le djihad est un combat sacré, un principe légitime de l'islam, qui signifie se purifier ou purifier sa communauté, et il n'y a rien de sacré ou de légitime dans le fait de tuer des hommes, femmes et enfants innocents.»
Lors de son discours sur l'état de l'Union le 20 janvier, le président américain a ainsi dénoncé l'Etat islamique (en le désignant par l'acronyme américain ISIL, et non en disant «Etat islamique») et les attentats de Paris sans prononcer les mots islam radical ou islamisme, ce qui lui a valu de nombreuses critiques.

Un journaliste de CNN lui a récemment demandé pourquoi il ne disait pas ces mots et Obama a répondu:
«Nous sommes tous d'accord pour dire que ce problème a des racines dans des communautés musulmanes. Mais dans ce combat, je pense qu'il est important de prendre en compte le fait que l'immense majorité des musulmans rejette cette idéologie.»

Beaucoup d'observateurs rétorquent qu'ils sont d'accord pour dire que l'immense majorité des musulmans rejette cette idéologie, mais qu'il ne faut pas pour autant s'empêcher de dire que de nombreux terroristes ont quelque chose en commun: «Ils sont motivés par une interprétation stricte, littérale et puritaine de l'islam», comme l'expliquait le professeur de relations internationales Jeffrey Bale, interviewé par le journal canadien La Presse. 

Au-delà de la volonté de ne pas faire d'amalgames entre islam et terrorisme, un article de Bloomberg View explique que ce choix des mots correspond aux alliances stratégiques des Etats-Unis. Le journaliste Eli Lake écrit que dans la guerre contre les terroristes «musulmans radicaux», les Etats-Unis ont besoin du soutien de nombreux pays «musulmans radicaux», comme l'Arabie Saoudite.
Il cite un expert de la CIA qui explique qu'après le 11-Septembre, l'administration Bush avait bien compris que même si l'idéologie rigoriste du wahhabisme avait inspiré Al-Qaïda, de nombreux soutiens du wahhabisme n'étaient pas en faveur d'attaques contre l'occident, et étaient, comme dans le cas de l'Arabie saoudite, des alliés contre le terrorisme.
Dire qu'on est en guerre contre l'islamisme radical est donc techniquement faux, lorsqu'on a des alliés comme les Saoudiens... Un raisonnement que l'on pourrait appliquer à la France, qui est alliée du Qatar, également un pays où règne l'islamisme wahhabite.
Contrairement à ce que laissent penser les conservateurs américains qui critiquent le choix sémantique d'Obama, Eli Lake rappelle que cette politique langagière était déjà en vigueur sous George W. Bush, qui préférait des termes généraux comme «guerre contre le mal», et évitait de parler d'islam radical.

Au sein du gouvernement français, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, logiquement plus sensible aux questions d'alliances diplomatiques, a une position similaire à celle de la Maison Blanche. Peu après les attentats de Paris, il avait déclaré:
«Je pense que l'expression islamiste[...] n'est probablement pas celle qu'il faut utiliser. J'appelle ça des terroristes. Parce que dès lors que vous utilisez le mot islam, vous favorisez une espèce de vision de continuité entre le musulman, qui pratique sa religion qui est une religion de paix, et puis quelque chose qui serait une certaine interprétation de la religion musulmane.»
Dans le même ordre d'idées, François Hollande prend soin de ne pas désigner l'organisation «Etat islamique» par ces termes mais d'utiliser l'acronyme arabe Daech.

A lire aussi :

mercredi 4 mars 2015

LE NIVEAU SCOLAIRE EN TUNISIE A BAISSE DE MANIÈRE DRAMATIQUE !

Pourquoi ?

" Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance " !
Abraham Lincoln  

" Dans chaque village il y a un flambeau : l'instituteur;
et un homme qui souffle dessus : le curé. "
Victor Hugo
Dan
Article paru dans : Kapitalis

Aucun texte alternatif disponible.

- Beaucoup d'enseignants ont développé un circuit parallèle d'enseignement, réservant le "savoir" à ceux d'entre leurs élèves qui "veulent bien" s'inscrire à leurs cours particuliers !
- Un système qui frise le racket pour "arrondir" les fins du mois si ce n'est plus, puisque les parents désireux de voir réussir leurs enfants sont obligés de céder à la pression des enseignants qui incitent leurs élèves à prendre des cours particuliers !
- Certains parents dans le besoin, se sacrifient pour assurer un avenir à leurs gosses ... et cèdent à la tentation de leur donner "plus de chance" par des cours particuliers.
- Certains enseignants poussent l'injustice du savoir, à vendre à leurs élèves du cours particulier, les épreuves des examens, leur garantissant la "réussite".
- Avec la multiplication des écoles privées, les meilleurs enseignants les préfèrent à l'école publique.
- Le recrutement des enseignants ne se fait plus au mérite mais s’achète par l'argent ou se fait par le biais du piston !
- Les diplômes aussi se vendent et s’achètent ... comme tout le reste d'ailleurs; depuis la généralisation de la corruption sous ZABA !

Un père raconte comment il a aidé sa fille à faire son cursus scolaire sans redoubler; et ce, jusqu'au doctorat pour devenir professeur de lettres à la faculté.
La fille n'est pas brillante ! Loin de là ! Qu'à cela ne tienne : le père profitant du système de corruption mis en place dans cette auguste institution, tout naturellement inscrivait sa fille chaque années, aux cours particuliers, lui achetant les épreuves à chaque étape. 
Arrivée à l'université, il a procédé de la même manière puisque même les professeurs des facultés ont développé "les cours particuliers" et la "vente" des épreuves des examens à leurs "clients" !

Résultat : voilà une fille doctorante en lettres qui enseigne le français à la faculté ... mais qui le parle et l'écrit comme un pied ! Comment s'étonner dés lors du niveau du français des étudiants qu'elle forme ? 

Les exemples comme celui-ci, tous les tunisiens en ont !
Comment voulez-vous lutter contre la corruption, ce fléau économique et social si vous laissez s'installer et perdurer cette corruption au niveau des élèves ?
Et ce ne sont pas les écoles coraniques qui se sont multipliées sous l'ex-troïka, dominée par les Frères musulmans, qui vont relever le niveau des jeunes !

En ce qui concerne la double culture et la langue française qu’affectionnent tant les tunisiens, il faut rappeler que l'enseignement voulu par Bourguiba a été le bilinguisme en leur inculquant sans complexe aucun, la culture française en plus de la culture arabe, y voyant un enrichissement pour son peuple. Certains ont maîtrisé l'arabe mieux que le français, d'autre ont fait l'inverse et bien d'autres, les deux à la fois. 
Ce qui n'a pas empêché un certain ostracisme entretenu par des gens complexés de l'Histoire (islamiste & arabistes) mais aussi vis à vis de la France, qui aspirent à une culture unique et à une langue unique : l'arabe !  

Pour couper l'herbe sous leurs pieds, Ben Ali a décidé de revenir sur le système de la double culture instaurée par son prédécesseur, en arabisant l’enseignement et en réduisant l’apprentissage de la langue française à une simple langue étrangère. Sauf qu’une fois arrivé au niveau universitaire, beaucoup de filière sont enseignées uniquement en français comme les sciences et la médecine; alors que beaucoup d’étudiants ne maîtrisent pas cette langue, ce qui complique leur formation. 
Résultat : l’Education Nationale devient schizophrène avec cette réforme qui produit des diplômés ne maîtrisant ni l'arabe et encore moins le français .... que ce soit par la langue ou par la culture ! Ce qui explique la baisse du niveau général des étudiants formés dans le système public.
Pour échapper à cette « paupérisation » du savoir, les plus nantis orientent leurs enfants vers des écoles et des universités privées qui ont conservé pour la plus part d’entre elles, l’ancien système qui a donné ses preuves. Enseignement privé, prisé par ceux-là même qui veulent "arabiser" l'enseignement dans les écoles publiques; puisque c'est là qu'inscrivent leurs rejetons les cadres des partis islamistes et arabistes !

Cette situation ne peut plus durer car elle va entraîner une diminution globale de l’instruction de tout un peuple et elle signera, dés lors, un rapide déclin économique. Plus encore en baissant le niveau, elle favorisera le développement de l'obscurantisme qui ne prospère que sur l'ignorance.
Un des objectifs premiers, serait de favoriser à nouveau l'école publique. Cela signifie qu'on le veuille ou non, donner des moyens à l'Education Nationale et lutter contre les dérives des écoles privées mais aussi en interdisant les cours particuliers qui minent l'égalité des citoyens produisant les effets décrits plus haut.

Les grèves actuelles sont sans doute manipulées (LPR ? CPR ? ... ) et  excessives mais elles traduisent le malaise profond de l'Education Nationale. Il faut donc mettre en oeuvre un vaste chantier.
Il faut clairement favoriser le bilinguisme ( français ou anglais) et renforcer la formation des maîtres.

Alors question à notre ministre de l'Education Nationale Néji Jelloul : comment faire pour redonner à la Tunisie les nouveaux hussards dont elle a besoin pour poursuivre l'oeuvre de leurs prédécesseurs de construire la jeune République ?

Rachid Barnat



ANNEXE -

Réformes : quelques suggestions

I / Limiter les écoles privées :
- Les enseignants devront avoir les mêmes diplômes que dans l’enseignement public,
- Ils ne pourront pas participer ni à l’élaboration des sujets d’examen, ni des programmes; et ne pourront pas participer aux jurys d’examen.
- Il faudra instaurer un corps d’inspection qui aura pour tâche de contrôler les écoles privées et notamment le respect des programmes nationaux.

II / Limiter les cours particuliers :
- Il ne s’agit pas de les interdire mais d’interdire de donner des cours dans l’année où l’on enseigne et à ses élèves.
- Par ailleurs il faudra imposer un critère quantitatif pour que l’enseignant ne délaisse pas son métier au profit des cours particuliers.

- Sanctionner nettement tout favoritisme avéré, pour l'obtention d'un diplôme, par la suspension ou la révocation du ou des auteurs.

III / Revaloriser le statut des enseignants du public :

- Relever nettement le niveau de la formation initiale
- revaloriser les salaires,
- obliger à une formation permanente régulière,
- instaurer des inspections régulières et sérieuses.

IV / Enfin donner plus de moyen matériels et humains à l’école publique; au besoin en instaurant une taxe sur les écoles privées.




mardi 3 mars 2015

L'OCCIDENT : L'ARROSEUR, ARROSÉ !

LE WAHHABISME CONQUÉRANT, EN OCCIDENT !

L'islamisme tel que les médias d'Occident nomment ce mouvement politique ravivé à l'occasion de la guerre en Afghanistan, n'est autre que le wahhabisme une doctrine politico-religieuse totalitaire dont ce sont servis les américains pour contrer la progression du communisme en ce pays. 
Depuis il a fait tâche d'huile dans la région touchant le Moyen Orient puis l'Afrique noire et maintenant l'Afrique du Nord ! 

Les premières victimes des jihadistes, combattants au service du wahhabisme agressif et expansif, ce sont les peuples musulmans ! Devant leur barbarie, les hommes fuient et quittent leur pays souvent en se réfugiant en Europe, dont les pays récupèrent, s'ils ne le subissaient pas, le résultat de leur politique de suivisme américain. 

Le chaos voulu par les américains pour l'Orient s'est traduit par des vagues migratoires de musulmans vers l'Europe.  
Ces migrants déboussolés, marginalisés seront une aubaine pour les pétromonarques pour importer en Occident le wahhabisme et le diffuser d'abord parmi eux; puis parmi les autochtones. 

Voilà comment l'Occident se retrouve dans la position de l'arroseur arrosé, piégé par une politique à court terme : profiter de l'or noir et de ses pétrodollars !
Comment s'étonner dés lors de l'arrogance des islamistes :
quand ils annoncent que le premier pays musulman d'Europe, c'est la Suède !
quand ils demandent aux belges qui n'approuvent pas la chariaa, de quitter la Belgique !
quand ils veulent imposer la chariaa aux danois !
- etc ...

Les européens peuvent dire merci aux américains mais aussi à leurs dirigeants politiques.
A jouer avec le feu, on finit par se brûler les doigts; puisque le wahhabisme instrumentalisé et soutenu par l'Occident chez les "arabes", leur revient comme un boomerang !  

Tant que le wahhabisme sévissait dans des pays lointains, les occidentaux ne s'en émouvaient pas tant que çà de ses exactions ni de sa barbarie !
Il aura fallu l'arrivée de Daech aux portes de l'Europe et l'activisme des mouvements islamistes en Europe, pour que les européens prennent conscience du réel danger que représente pour eux le wahhabisme ... dont certains journalistes, analystes et experts, commencent à peine à le nommer comme tel ! 

Il serait temps que les médias occidentaux appellent un chat un chat ! Qu'ils cessent de créer la confusion entre Islam politique, islamisme, jihadisme ... alors que ce qui les fonde tous c'est le wahhabisme ! Comme le communisme fonde tous les partis qui s'en réclament.
Certains journalistes l'ont compris et commencent à nommer les choses par leur nom.
Cette prise de conscience sera peut-être la chance pour certains pays comme la Tunisie, pour lutter efficacement contre le wahhabisme et mettre un terme à ces propagateurs que sont les pétromonarques ! 

Encore faut-il que les dirigeants politiques européens aient le courage de le faire !
A moins que la société civile européenne ne les y contraint.  

Faut-il rappeler que les tunisiens ont "dégagé" démocratiquement et pacifiquement les Frères musulmans par les urnes; alors que les EU & l'UE les leur ont imposés en les imposant à Béji Caïd Essebsi pour gouverner avec Nidaa Tounes ?

Pour lutter contre ce nouveau fléau du siècle, il faut l'union de tous.

Rachid Barnat

lundi 2 mars 2015

La charia est passéisme, le Coran est modernisme

"La religion n'est ni une identité, ni une culture, ni une nation. 
C'est une relation personnelle à Dieu, une voie vers Lui."
Mohamed Talbi

Mohamed Talbi

« La charia est une œuvre humaine désuète »
« Notre Association proclame l’abolition de la charia » le dit clairement, sans détour l’éminent islamologue tunisien, Mohamed Talbi, 94 ans. Avec d’autres penseurs et universitaires, M. Talbi a fondé en 2013 à Tunis, l’Association internationale des Musulmans Coraniques
Dans un contexte où le musulman de France ce sent « obligé » d’être « Charlie » pour disculper sa foi de la violence des terroristes, qu’il essaye de renier l’appellation « Etat islamique » pour ne pas affilier sa religion à l’organisation terroriste, nous avons eu un entretien avec M. Talbi, ce 14 février 2015.

Interview par Amir Mastouri 
Etudiant à l’Université Toulouse 1 Capitole. France.

Pourquoi avez-vous créé l’Association Internationale des Musulmans Coraniques ?
M. Talbi : Pour rénover la pensée musulmane après des siècles de stagnation, qui firent de l’Islam une religion incompatible avec la modernité, obscurantiste favorisant le terrorisme avec les conséquences actuelles.

Quelles entraves empêcheraient le musulman du XXIe siècle de devenir un « citoyen moderne », obéissant aux lois de la République ?
M. Talbi : Toutes les entraves sont dans la charia, œuvre humaine désuète, formulée au IXème siècle, et figée jusqu’à ce jour. Durant deux siècles les musulmans vécurent, très bien, sans charia. 
Œuvre humaine pour une époque révolue, la charia n’oblige aucun musulman en son âme et conscience. Seul le Coran oblige.
Notre Association proclame l’abolition de la charia ; et l’adhésion à la laïcité neutralité de l’Etat, parfaitement compatible avec le Coran, lu d’une lecture dynamique dans son intentionnalité, une lecture que nous définissons comme vectorielle et sans cesse progressiste dans le sens de la Hidâya, c’est-à-dire de guidance de l’éclairage coranique.

Sans la charia, un musulman peut vivre partout sur Terre, en parfaite harmonie avec le Coran et sa conscience, en obéissant aux Lois de la Cité.
Comment prétendre que le Coran ne soit pas un ensemble de lois, alors que des châtiments corporels y sont expressément inscrits ?
M. Talbi : Le Coran, lisez-le. Il n’est pas un Code. Il est la voie droite vers l’Au-delà (Al-Sirâte al-Mustaqîme). Il est un Livre de Foi. Les Châtiments corporels ? Il y en a très peu, dictés par les circonstances, comme des châtiments limites (hudûd) à ne pas dépasser, et il est vivement recommandé d’en rester en deçà.
On peut donc les abolir, en conformité avec l’esprit du Coran, et de son intentionnalité, par une lecture vectorielle du Texte divin, comme nous l’avions déjà indiqué.
Les châtiments les plus intolérables du reste, la lapidation et la peine capitale pour apostasie et blasphèmes, ne sont absolument pas dans le Coran. Ils sont des emprunts au Judaïsme biblique.
En cas d’homicide volontaire, le Coran recommande expressément et vivement de ne pas appliquer la peine capitale. Le Coran est abolitionniste. Pour nous, si la charia est passéisme obscurantiste et rétrograde, le Coran est modernisme et progressisme continu.
Visiblement influencé par Bergson, vous prônez une lecture spirituelle du Coran. Comment trouvez-vous la voie intrinsèquement scientiste empruntée par Mohammed Arkoun ?
M. Talbi : Bergson ? Avant de quitter le lycée j’avais déjà lu toute son œuvre. Il était très en vogue en mon temps. Je n’avais rencontré Sartre qu’étudiant à Paris. La voie de Mohammed Arkoun ? Elle n’est pas la mienne. Je suis un penseur musulman pratiquant. Il ne l’était pas.
Berbère de Kabylie, il apprit l’arabe, nous dit-il, comme une langue étrangère. Élevé par les Pères Blancs, comme le kabyle Jean Amrouche qui n’apprit pas l’arabe, il ne se convertit pas, comme lui, au christianisme, mais il abandonna l’Islam. Se définissant comme anthropologue, il rêvait de substituer à l’enseignement religieux, celui de ce qu’il appelait « le fait religieux. »
Révolté par l’attentat du 1er Septembre, il en attribua la cause à l’Islam, en particulier au Coran dans lequel il vit, comme tous les Chrétiens, un livre de violence. Il préconisa, en conséquence et avec insistance, l’interdiction de son apprentissage dans les écoles.
Or, je suis un musulman coranique, et ainsi est l’Association dont je suis le Président.
L’orthodoxie musulmane contemporaine semble dominée par les références hanbalites, voire ach’arites. Là où il y avait une certaine diversité au sein même de l’Islam, il semble aujourd’hui que le monde musulman, tous rites confondus, soit de plus en plus modelé par l’exercice du « soft power religieux » des pays du Golfe. Qu’en pensez-vous ?
M. Talbi : L’orthodoxie, c’est le Salafisme qui règne partout, pas seulement dans les références hanbalites, avec au bout l’exacerbation terroriste. Qu’est-ce que j’en pense ? Il ne faut pas d’abord être défaitiste. L’orthodoxie salafito-terroriste sera inéluctablement vaincue par les armes d’abord. Mais cela ne suffit pas.
***

Frédéric Bobin 

Mohamed Talbi, l’éclaireur du Coran

Disparu le 1er mai 2017, l’historien tunisien a ouvert la voie à un « islam des lumières » libéré de la charia, tout en prenant ses distances avec le dialogue interreligieux.

Il aimait dire que « l’islam est liberté ». Il prétendait même que « l’islam est né laïc ». Mohamed Talbi, historien et islamologue tunisien disparu lundi 1er mai à Tunis à l’âge de 95 ans, aura jusqu’au bout brandi comme un étendard le verset du Coran énonçant : « Nulle contrainte en religion ». Et si la formule a pu servir, sous d’autres plumes, à masquer des visées moins éclairées, lui en a forgé une arme contre l’obscurantisme, le combat de toute sa vie. Mohamed Talbi laisse en héritage une œuvre ardente et hardie qui aura ouvert la voie, en Tunisie et ailleurs, à la génération qui aujourd’hui cherche à promouvoir un « islam des lumières ».

« Son apport à la rénovation de la pensée islamique est indéniable », affirme Abdelmajid Charfi, son ancien élève, qui dut pourtant s’en éloigner au terme d’une douloureuse rupture. C’est qu’au sein de cette « école tunisienne », l’un des viviers de ce qu’on appela plus tard « les nouveaux penseurs de l’islam », on s’est âprement combattus. Mohamed Talbi avait l’ancienneté et l’envergure pour en être le chef de file, il fut même célébré un moment par une large famille de fidèles, mais la conjonction malheureuse de querelles d’ego et de controverses théologiques, notamment sur la sacralité du Coran – qu’il défendait avec dévotion –, clairsema les rangs autour de lui. Son caractère entier et ses emportements comminatoires n’arrangèrent guère les choses et l’amenèrent, in fine, à s’isoler. « Il était fier et sauvage », dit, avec affection, le philosophe Youssef Seddik, qui eut à croiser le fer avec lui.

Censuré sous Ben Ali

Auteur d’une trentaine d’ouvrages, Mohamed Talbi avait débuté sa carrière universitaire de manière assez conventionnelle. Agrégé d’arabe et docteur en histoire – sa thèse soutenue en 1968 à la Sorbonne (Paris) porte sur les Aghlabides, la dynastie arabe qui régnait sur l’actuelle Tunisie au IXe siècle –, il fut doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis entre 1966 et 1970. Personnalité assez légitimiste sous Habib Bourguiba, le père de la Tunisie indépendante, il devint même président du très officiel Comité culturel national.

Après le coup de force de Zine El-Abidine Ben Ali, en 1987, son rapport au pouvoir va pourtant se dégrader. Il évolue vers des positions ouvertement dissidentes, adhérant même en 1995 au Conseil national pour les libertés en Tunisie, un foyer d’opposants démocrates. Il sera surveillé et censuré par la dictature de Ben Ali, qui se gardera toutefois, compte tenu de la célébrité de l’universitaire, de l’emprisonner.

Après la révolution de 2011, qui chassa Ben Ali du pouvoir, Mohamed Talbi s’affronta à un autre pôle du spectre politique tunisien : le courant islamiste émergent. Ennahdha, le parti issu de la mouvance des Frères musulmans qui dirigea la Tunisie entre fin 2011 et début 2014, fut la cible de ses foudres. Dans un entretien à Jeune Afrique en novembre 2012, il dénonça Ennahdha comme « un cancer qui métastase partout ».

Dans cette Tunisie post-révolutionnaire friande de débats, les plateaux de télévision l’invitèrent avec gourmandise, assurés que l’intellectuel alors nonagénaire, qui ne craignait plus rien ni personne, se livrerait à quelquessaillies utiles à l’audience. De fait, les polémiques s’enflammaient quand il expliquait qu’aucun verset du Coran n’interdisait l’alcool, l’homosexualité ou la prostitution. Les groupes salafistes, très actifs dans les années 2012-2013, le traitèrent de « kafir » (infidèle) et le menacèrent de mort. Il eut droit à une surveillance policière de son domicile.

« Je ne crois pas à la charia »

Les sorties médiatiques de Mohamed Talbi ne relevaient nullement de la provocation, elles exprimaient profondément son rapport à l’islam. « Il n’y a que le Coran qui m’oblige », écrivait-il dans Penseur libre en islam (Albin Michel, 2002). « Je ne crois qu’au Coran et pas à la charia », déclarait-il à Jeune Afrique en 2015. Le premier est l’œuvre de Dieu, la seconde n’est qu’une « production humaine » qui « n’a rien à voir avec l’islam » et dont les musulmans « doivent se délivrer », affirmait-il au Monde dès 2006.

Dans son exégèse, Mohamed Talbi pratiquait ce qu’il appelait la « lecture vectorielle », méthodologie qui réinscrit le texte dans son environnement historique afin de mieux en saisir l’intention première – ce qu’omettent souvent, à ses yeux, les productions juridiques postérieures au Coran. « Voilà les lignes de front du réformateur : retourner à l’Histoire, au texte, par une approche anthropologique et sociologique, et décaper la charia de toutes ces scories », assurait-il au Nouvel Observateur en 2002. Apport inestimable, selon Youssef Seddik, qui crédite Mohamed Talbi de « nous avoir libérés du tabou du blasphème ». « C’est un point de non-retour en Tunisie », ajoute-t-il.

Pour asséner sa modernité, Mohamed Talbi se définissait comme « musulman coranique ». Et c’est là que s’ouvre le malentendu avec ses pairs réformateurs, qui se soldera par un pénible divorce. A Tunis, le conflit fut violent avec Abdelmajid Charfi, aujourd’hui président de la très respectée académie Beit Al-Hikma, pour qui le Coran, bien que « d’inspiration divine », est une « œuvre humaine » inscrite dans l’époque du Prophète. Aux yeux de Mohamed Talbi, cette manière d’historiciser le Coran revenait à le désacraliser. Aussi taxa-t-il Abdelmajid Charfi et d’autres – les Tunisiens Hichem Djaït, Neïla Sellini, Hamadi Redissi, Youssef Seddik ou l’Algérien Mohammed Arkoun – de « désislamisés » et même de « néo-orientalistes ».

Subversif et intransigeant

Pour Mohamed Talbi, la réforme de l’islam ne pouvait venir que de l’intérieur et impliquait non seulement la foi mais la pratique. « Il ne comprenait pas comment des chercheurs pouvaient travailler sur l’islam sans avoir un rapport fusionnel avec le Coran », se souvient Amel Grami, l’une de ses anciennes élèves, qui lui est restée proche. Imprégné de ferveur soufie, Mohamed Talbi était profondément pieux et cette piété l’a « psychologiquement bloqué », dit Abdelmajid Charfi, au point de l’« empêcher d’aller au-delà d’une lecture littéraliste du Coran ». A rebours de la lecture « vectorielle » qu’il avait pourtant préconisée pour la charia.

Et l’orage ne grondera pas qu’avec ceux qui auraient dû être ses alliés naturels dans la réforme de l’islam. Très impliqué dans le dialogue interreligieux, notamment au sein du Groupe de recherche islamo-chrétien (GRIC), Mohamed Talbi finit par s’en détacher dans l’amertume et même la virulence, estimant que ce dialogue bancal n’en était pas franchement un et que ses amis chrétiens continuaient de trahir condescendance et préjugés à l’égard de l’islam, notamment dans son rapport à la violence. « L’Eglise catholique ne perçoit le dialogue que comme une étape sur le chemin de l’évangélisation », fustigeait-il dans Penseur libre en islam. Il signa même, en 2011, une Histoire du Christ, enquête sur une fraude textes à l’appui (auto-édité) qui attrista ses anciens compagnons de route du dialogue islamo-chrétien.

Ainsi était Mohamed Talbi, défricheur à la fois subversif et intransigeant, guetté par les contradictions et dont le fil conducteur resta jusqu’à la fin une vénération sans faille pour le Coran.

Les trois ouvrages à lire absolument (en français) :
- Universalité du Coran, Actes Sud, 2002.
- Penseur libre en islam, Albin Michel, 2002.
- Plaidoyer pour un islam moderne, Editions de l’Aube, 2005.