lundi 23 avril 2012

PARADOXE des SALAFISTES

Aux islamistes vivant au Danemark et voulant appliquer la chariâa, la première ministre leur demande de retourner chez eux là où leur pays d'origine l'appliquent. Logique, non ? 

Or la plus part des islamistes se réfugient dans l'Occident qu'ils disent "mécréant", au lieu de se réfugier chez leurs frères "arabo musulmans". 
Ainsi Ghannouchi bien qu'il ait la double nationalité soudanaise, a préféré Londres, Jebali, la France.... Même Hassan El Banna, fondateur du mouvement des "Frères Musulmans" a choisi la Suisse. 
D'ailleurs Oussama Ben Laden lui même, et selon sa dernière épouse, a laissé un testament pour que ses enfants soient éduqués dans les meilleures universités des EU d'Amérique telle que Harvard. 
Or tous ces leaders ont éduqué leurs enfants dans les écoles et universités de l'Occident ..... réservant l'école coranique uniquement aux peuples dont ils sont issus. 
Ils sont d'un paradoxe qui ne semble pas les gêner !
Démagogie et hypocrisie !!


Dans toutes les dictatures de quelque idéologie qu'elle se réclame, la nomenklatura au pouvoir n'est pas bête au point d'élever ses propres enfants dans un système qu'elle a choisi délibérément abrutissant pour le peuple ! 
Ce qui explique le retour à l’école coranique que les islamistes souhaitent généraliser comme au Pakistan, leur émir se gardant bien d’y envoyer sa progéniture.

Rachid Barnat

PÉDAGOGIE ou DÉMAGOGIE ?



Durant la campagne électorale les salafistes nahdhaouis manipulés par leur parti, semaient la terreur parmi les tunisiens et surtout parmi les tunisiennes, pour occuper le terrain publique et médiatique.


Depuis l'arrivée au pouvoir de Ghannouchi et de ses hommes, ceux-ci continuent à les utiliser, tel des barbouzes, pour faire diversion, faute de programme politique et économique à proposer aux tunisiens.



Devant l'exaspération d'une majorité de tunisiens, Ghannouchi et son gouvernement ne cessent de plaider pour les perturbateurs que sont les salafistes formant leur base :

- l'apprentissage de la démocratie,
- la liberté d'expression,
- la liberté de pensée,
- leur manque de maturité, intellectuelle et politique...

Bref, ils les présentent comme des demeurés avec qui les tunisiens devraient se montrer pédagogues et patients. Ne sont-ils pas nos enfants, assènent-ils goguenards pour clouer le bec à ceux qui voudraient les voir arrêtés et jugés pour les faits visiblement relevant de la justice ( agression verbale et physique à l'encontre des journalistes, des enseignants, des syndicalistes...jusqu'à l'outrage au drapeau national, et plus récemment appel au meurtre avec tentative de passage à l'acte à l'encontre du Pr Jawhab Ben Mbarek) ?

Or en terme de pédagogie, Ghannouchi et son gouvernement laissent envahir la Tunisie par des prédicateurs étrangers souvent à la solde des Ibn Saoud et de l'émir du Qatar, pour venir déverser sur la société tunisienne et dans nos mosquées, leur discours obscurantistes incitant à la haine, à la violence et au meurtre, pour endoctriner les plus fragiles.
De qui se moque-t-on ? Ils allument le feu et s'étonnent de la fumée !

A moins que tout soit planifié dans une optique électoraliste.
Au quel cas, aux tunisiens de résister, à dénoncer voir à dégager ce gouvernement aussi légitime qu'il prétend être, puisqu'il perd toute légitimité dés lors qu'il n'assure pas la sécurité des hommes et de leurs biens, dont c'est le rôle premier !


Rachid Barnat

samedi 21 avril 2012

La question de la Palestine sous la coupole du quai de Conti


Georgia Makhlouf

Georgia Makhlouf




Mais ce n'est évidemment pas de cela dont je veux parler, de cela qui se déroule selon un rituel immuable, qui ne fait pas de vagues, qui reste à l'abri des bruits du monde et de la vie des gens. Non, il arrive qu'il se passe vraiment quelque chose sous la coupole du quai de Conti, et là, c'est vraiment dommage que personne ne le sache, ni n'en parle, parce que pour le coup, ça concerne vraiment les bruits du monde et la vie des gens. Et quelque chose de cet ordre-là s'est passé le 29 mars, le jour où Danièle Sallenave a été reçue à l'Académie Française et où Dominique Fernandez a prononcé le discours de réception.
Parce que ce n'était pas la première fois que Danièle Sallenave était candidate à un fauteuil. La première fois, ça s'était mal passé, et ça avait été douloureux et difficile. La discrétion académique s'exerce le plus souvent quand les choses sortent des clous, font des vagues, déchaînent les passions. La coupole du quai de Conti ne doit pas être le théâtre de tels événements, chargés de violences et d'émotions et de partis pris. Mais le 29 mars, Dominique Fernandez a décidé qu'il fallait lever un peu le rideau sur ces événements-là et il a pris le risque.
Il a décidé de consacrer un morceau assez conséquent de son discours à rappeler dans quelles circonstances on avait dit à Mme Sallenave  qu'on ne voulait pas d'elle sous la coupole du quai de Conti. Il a décidé de parler d'un livre maudit qui lui avait valu des lettres d'insultes, des courriers anonymes, des pertes de contrats mais surtout des ruptures d'amitiés vieilles de 30 ans.
Ce livre s'intitule Carnets de route en Palestine occupée, et il a été publié chez Stock en 1998. Danièle Sallenave avait été appelée par des fonctionnaires culturels en poste à Jérusalem-Est qui organisaient une tournée pour des écrivains dans les instituts français créés après les accords d'Oslo, soit ceux de Jérusalem, Gaza, Bethléem, Ramallah et Naplouse.
Ces instituts étaient d'accès difficile en raison de leur situation géographique et donc le fait même d'y aller obligeait à traverser différentes zones, à passer de zones sous contrôle israélien à des zones sous contrôle palestinien, à faire l'expérience des check points, des files d'attente etc. En bref, à voir de près une réalité qui sautait aux yeux.
Danièle Sallenave rappelle qu'elle n'avait en y allant, pas de préjugé autre qu'un préjugé fondamental : celui qui consiste à penser que, le sujet étant délicat, il fallait se taire, celui d'une forte considération pour les souffrances des juifs dont la conséquence était que l'on ne pouvait critiquer Israël après tout ce que les juifs avaient subi. En raison de cela, dit-elle, nombre d'intellectuels ont été amenés sinon à l'autocensure, du moins à une prudence extrême, jusqu'à considérer que face à l'horreur de l'extermination, la Palestine pesait le poids d'un dégât collatéral. Personne n'a fait pression sur elle pendant ce voyage, et tout le monde dans les services consulaires a été d'une grande réserve, mais on lui a montré les choses. "J'ai vu, et chaque jour j'ai compris", dit-elle. "Et ça ne me faisait pas plaisir". Par exemple ces paysans dont les olives sont mûres et doivent être récoltées et à qui on interdit d'accéder à leurs champs pendant une ou deux semaines; et quand on leur en donne enfin le droit, les olives sont pourries.
Le livre qui en a résulté est très douloureux. "Vous êtes offensée dans votre sens de la justice, mais vous êtes aussi blessée dans votre amour pour Israël, écrit Fernandez. Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'on voit ses amis se déshonorer (...)."
"Les Carnets de route en Palestine occupée sont", poursuit-il, "un livre de colère mais aussi de douleur. Douleur pour la politique d'Israël si contraire à ce qu'on attendait d'une nation née du sang des martyrs, douleur pour les souffrances du peuple palestinien opprimé, douleur pour la désinformation dans les médias occidentaux, douleur pour la version unilatérale des faits. 'Pourquoi avons-nous nié le peuple palestinien, nous qui avions soutenu partout le droit des peuples à l'indépendance et à l'autodétermination?' Ce cri parcourt tout le livre, qui n'est nullement un acte de militantisme politique, mais la voix d'une conscience outragée par un déni de justice."
Lorsque le livre paraît en 1998, Pierre Vidal-Naquet en fait une magnifique chronique saluant le courage de Sallenave, mais il est le seul.
En 2002, suite à l'intervention israélienne dans le camp de réfugiés de Jennine et au reportage où l'on voit un soldat israélien dire qu'il a pris son pied en écrasant des maisons au bulldozer, Edgar Morin, Sami Naïr et Danièle Sallenave envoient une tribune au journal Le Monde, parue en Juin 2002. C'est à la suite de cela qu'ils reçoivent une assignation à comparaître pour "haine raciale et apologie du terrorisme".
Premier passage incriminé:
"Ce qu'on a peine à imaginer, c'est qu'une nation de fugitifs, issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l'histoire de l'humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations non seulement en "peuple dominateur et sûr de lui", mais, à l'exception d'une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier. Les médias rendent mal les multiples et incessantes humiliations subies aux contrôles, dans les maisons, dans les rues. Cette logique du mépris et de l'humiliation, elle n'est pas le propre des Israéliens, elle est le propre de toutes les occupations où le conquérant se voit supérieur face à un peuple de sous-humains."
Second passage:
"Et nous voici à l'incroyable paradoxe. Les Juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les Juifs, qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. Les Juifs, qui furent victimes d'un ordre impitoyable, imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les Juifs, victimes de l'inhumanité, montrent une terrible inhumanité. Les Juifs, bouc émissaire de tous les maux, "bouc-émissarisent" Arafat et l'Autorité palestinienne, rendus responsables d'attentats qu'on les empêche d'empêcher."
Dominique Fernandez cite les passages incriminés par les plaignants (1) et poursuit en soulignant que:
"Ce jugement, fondé sur l'observation, était d'ordre historique et politique, et n'impliquait aucun présupposé idéologique, comme le reconnut le tribunal de Nanterre. Vous fûtes relaxés tous les trois, mais condamnés ensuite par la cour d'appel de Versailles. Vous n'eûtes, alors, pas de meilleur garant de la justesse et de la nécessité de votre combat, qu'un communiqué de l'Union juive française pour la paix, qui estima l'arrêt de cette cour d'appel "absurde et scandaleux" et vous apporta le plein soutien de ceux des Juifs qu'exaspère l'amalgame entre critique de la politique israélienne et antisémitisme".
Il poursuit: "Apaisons-nous. Constatons que ceux qui vous ont cherché noise vous connaissaient mal. Car dès vos premiers textes, que ce fussent des essais ou des romans, vous avez toujours combattu dans le camp de la justice.(...) L'héroïne de La Fraga, qui conquiert peu à peu sa liberté en se dégageant du carcan de l'éducation puritaine ; Simone de Beauvoir, que vous admirez en particulier pour Le Deuxième Sexe et son engagement féministe ; Boris Pasternak, dont la condamnation vous indigne; les Palestiniens, forcés de recourir à des moyens illégitimes qui vous révoltent mais qui sont la conséquence d'une oppression illégitime qui ne vous révolte pas moins : autant de figures qui vous dépeignent vous-même, dans votre intraitable souci de vous tenir là où se tiennent l'indépendance, la dignité, la vérité. Vous avez subi, ici même, des avanies pour votre hardiesse, un camouflet pour votre cran, chacun s'en souvient. En vous accueillant aujourd'hui, Madame, dans cette Compagnie qui n'est pas spécialement fière d'avoir repoussé à vingt-quatre reprises la candidature d'Émile Zola, je vous invite à ne jamais baisser les bras".
Il n'y a, me semble t-il, rien à ajouter.

vendredi 20 avril 2012

Avenue Habib BOURGUIBA devenue une BIBLIOTHÈQUE à ciel OUVERT !

Article paru dans : Kapitalis


Le 18 avril 2012, dans le cadre de l'opération "l'avenue lit ! ", l’Avenue Habib BOURGUIBA s’est transformée en une BIBLIOTHEQUE à ciel OUVERT : manifestation silencieuse et pacifique, réussie !

Belle initiative et bel hommage à Bourguiba qui a investi dans l'éducation des Tunisiens....qui le lui rendent bien en transformant symboliquement l'avenue qui porte son nom en un lieu de culture, de lecture, de réflexion et de savoir.

Preuve s'il en est besoin, que le peuple tunisien est un peuple instruit, civilisé, demandeur de savoir et toujours curieux d'apprendre !
Une façon pour lui de contester le sabotage des lieux du "savoir" entrepris par les islamistes avec leurs actions fascistes dans les facultés de Mannouba, de Sousse, de Kairouan et d'ailleurs.... 
Et façon pour lui, de dire aux islamistes de tous bords, qu'il refuse qu'ils l'abrutissent et le ramènent à l'obscurantisme d'avant l'indépendance. Puisque des vendeurs à la sauvette, souvent déguisés en saoudien ou en afghan, ont investi les trottoirs des villes pour vendre des livres obscurantistes pour mieux abrutir les Tunisiens. Ce qui est une insulte à l’intelligence d’un peuple qui mérite plus de considération. Mais que les autorités laissent faire !

L'autre symbole, est que cette avenue que les Tunisiens se sont appropriée pour en faire l’emblème de leurs revendications, est devenue le lieu de leur mémoire collective :

- C'est là qu'ils se sont rassemblés pour chasser le dictateur et sa famille !
- C'est de là qu'est parti le mot d'ordre que d'autres révolutionnaires vont reprendre à travers le monde entier : " DÉGAGES ! "
- C'est là qu'ils sont venus à nouveau défendre les libertés auxquelles le gouvernement Ghannouchi essaye d'attenter !
- C'est là qu'ils sont venus dire leur rejet à l'obscurantisme que Ghannouchi et ses hommes leur préparent en livrant la Tunisie à des prédicateurs émissaires de l'émir du Qatar et de son rival le roi d'Arabie.
- C'est le lieu qu'ils ont choisi pour commémorer leurs fêtes nationales pacifiquement, dans la joie et la bonne humeur.
- C'est là qu'ils sont venus brandir leur drapeau national profané par des salafistes, dans une totale indifférence du gouvernement de Ghannouchi ! 
- Et pour ressouder les Tunisiens autour de leur histoire commune, puisque le pouvoir en place semble la négliger, voir l'ignorer, ou pire, cherchent à la réécrire !

Initiative première en son genre et reprises dans de nombreuses villes de Tunisie; et dont beaucoup de médias étrangers ont salué l'originalité et la performance !

Décidément les Tunisiens nous étonneront toujours par leur intelligence. 
C'est comme çà qu'ils affirmeront toujours leur TUNISIANITE que des illuminés voudraient noyer dans une masse informe qu'ils appellent "arabo musulmane" aux couleurs qataries et saoudiennes !

Bravo aux organisateurs.

Rachid Barnat










mercredi 18 avril 2012

C'est l'histoire d'une meuf...


Mohamed Sifaoui

C'est l'histoire d'une meuf qui a de beaux yeux. Elle a aussi une belle coupe de cheveux, une belle démarche, un beau sourire, met souvent des souliers branchés avec de beaux talons aiguilles et, comme le diable, elle s'habille en Dior ou en Prada.
Arrivée en politique comme le pique-assiette qui s'invite à une table à laquelle personne ne l'avait convié, elle est d'abord utilisée comme symbole de la "diversité", tout comme ses "copines" Fadela Amara et Rama Yade, par un Nicolas Sarkozy, adepte de la "discrimination positive" et champion de la communication par l'image choc. Parachutée au ministère de la Justice, parachutée, ensuite, comme maire, dans le 7e arrondissement parisien, écartée du gouvernement, mais remerciée, donc re-parachutée, enfin, en position éligible comme député européen, celle qui n'a jamais eu un autre mérite que celui d'être dix fois plus ambitieuse que la moyenne (c'est plutôt une qualité) et qui a su choisir ses amis comme on choisit un bon plan marketing, se démène ces jours-ci, s'érigeant en porte-flingue pour défendre "son" candidat, certes sans goût, mais avec beaucoup de verve. C'est évidemment son droit et, au regard de son parcours en politique, je dirais, peut-être même son rôle. La nana, c'est Rachida Dati. Et, ces jours-ci, Rachida fait le job! Ses détracteurs de droite, ne pourront pas dire d'elle, qu'elle se serait montrée ingrate.
Son billet, paru sur le Huffington Post, est, en revanche, le reflet de sa propre caricature. Elle explique en substance que Nicolas Sarkozy serait un éternel incompris et que François Hollande n'aurait rien d'autre à proposer, sinon de l'antisarkozysme. Tout en lançant ces expressions "bateaux" usitées généralement par celles et par ceux qui pensent qu'il suffit de pérorer devant le peuple pour le convaincre, Rachida Dati nous dégaine une panoplie de caricatures pour stigmatiser l'adversaire de son patron et une kyrielle d'aquarelles pour nous présenter un autre Nicolas Sarkozy, bien différent du président sortant.
Du haut de ses talons aiguilles, et comme si les Français ne connaissaient rien du président sortant, elle nous dépeint son "leader naturel" en "meilleur d'entre nous" allant jusqu'à reprendre, en des termes à peine voilés, l'un des éléments de langage préférés du moment du côté de l'UMP: après Sarkozy ce serait soit le chaos, soit le déluge. Aux abris! La gauche risque de revenir.
Je ne me ferai pas ici le défenseur du candidat socialiste qui a probablement des avocats et une équipe de campagne beaucoup plus compétents que moi en la matière, sauf pour dire peut-être que le programme de François Hollande est loin d'être un concentré d'anti-sarkozysme comme tend à le présenter cette "meuf", la Miss alibi "diversité", de Nicolas Sarkozy. Celle qui dénonce, dans son texte, la "caricature" n'a pas peur d'en user et d'en abuser jusqu'au ridicule. Mais les ambitieux et les opportunistes n'ont jamais peur du ridicule.
Je m'autorise donc, au risque de susciter l'ire de toutes les "meufs" et de tous les talons aiguilles qui s'accommodent du sarkozysme, à exprimer le fond de ma pensée sur ce que Rachida Dati appelle "l'anti-sarkozysme".


De prime abord, et dans l'absolu, ayons conscience qu'il est légitime d'avoir une attitude anti-sarkozyste puisque le sarkozysme a instauré une pensée, un état d'esprit qu'il faudra forcément déconstruire. Je suis de ceux qui pensent, disent et écrivent qu'être anti-sarkozyste est aujourd'hui un devoir républicain. Encore une fois, il n'est pas question de "sanctionner" un président sortant parce qu'il aurait seulement fait des erreurs de gouvernance, de choix ou qu'il aurait eu une attitude atypique ou iconoclaste, il est nécessaire, à mes yeux, de le "sanctionner" parce qu'il s'est attaqué et a trainé dans la boue des questions essentielles qui font la République françaises: ses valeurs.

En voulant siphonner les voix du FN, Nicolas Sarkozy s'était engagé, dès le milieu des années 2000, dans une logique qui avait pour objectif de banaliser la parole stigmatisante et de décomplexer, en définitive, tous les tenants de la xénophobie et du repli sur soi. Certes, de l'aveu de tous ceux qui le connaissent, le candidat-président ne serait, en privé, ni raciste ni xénophobe. Je le crois aussi! Mais justement, c'est pire: il n'a rien fait par conviction, mais par calcul. Et ce n'est pas un hasard si d'anciennes figures de l'extrême droite, Patrick BuissonGuillaume Peltier ou Bruno Larebière, ancien rédacteur en chef de Minute, se retrouvent sinon conseillers, des inconditionnels du sarkozysme et comme des poissons dans ce marécage de xénophobie non-assumée.
Lorsque par calcul politique, par cynisme électoraliste, on est capable de brader les valeurs essentielles de la République, on abaisse l'image de la fonction présidentielle et on ne montre rien d'autre qu'un visage d'homme de pouvoir, là où il est plus que nécessaire d'incarner une stature d'homme d'État rassembleur et garant de la préservation des principes universels, nés en France, au lendemain de la Révolution.
Lorsque l'on développe un discours très discutable, lorsque, dans son propre camp, on laisse s'installer le dérapage sexiste qui succède à l'envolée homophobe, lorsque l'on tente de rabaisser,d'humilier "l'homme africain" en brandissant de pseudos "arguments" historiques, rédigés par une plume, connue pour son encre arrogante et méprisante, lorsqu'on oppose les quartiers populaires aux quartiers huppés, lorsqu'on laisse entendre que ceux qui viennent d'ailleurs seraient de fait des "tricheurs" ou des "fainéants" qui profiteraient des largesses d'une France fraternelle et généreuse et lorsqu'enfin on malmène la laïcité et qu'on met en avant une politique communautariste tout en condamnant le communautarisme, je le dis clairement, on n'est pas digne de diriger la République.
"Bien-pensance!", "Politiquement correct!", "Bobo!", pourrait-on me rétorquer, dans ce royaume où la défense des valeurs fondamentales est assimilée à un acte anti-France. Si c'est ainsi, cette "bien-pensance", je l'assume, car, contrairement aux tenants du sarkozysme ou aux adeptes de Marine Le Pen, je préfère, de loin, bien penser les valeurs de la République et être politiquement correct à leur égard que les malmener en m'appropriant ces réflexions de beaufs qui font de la parole sexiste, homophobe ou, du propos raciste, une tendance à la mode, parfois un élément du triste spectacle. Certes, la liberté, l'égalité, la fraternité et la laïcité ne sont pas cotées en bourse. Heureusement pour la France! Car sous Nicolas Sarkozy, elle aurait perdu, non seulement son triple A, mes tous ses A, tant ces valeurs furent violentées par une logique décomplexée visant à considérer que tous les principes garantissant le "vivre-ensemble" et toutes les pensées républicaines devaient être déconstruits au profit d'une approche communautariste où la société serait divisée, non seulement en "communauté", mais en segments, représentant chacun, une clientèle électorale.
Que cette nana se sente proche de la droite, c'est un choix qui est, en soi, respectable. Le gaullisme a écrit de belles pages dans l'histoire de France. Mais que Rachida Dati vienne nous vanter les mérites de cette droite là, la droite sarkozyste, qu'il faudra désormais bien distinguer de la droite gaulliste ou chiraquienne, en somme de la vraie droite républicaine, il y a manifestation d'une contradiction que la "meuf" ne reconnaîtra jamais.
Qui a stigmatisé des quartiers similaires à celui qui a vu naître l'ancienne Garde des Sceaux? Qui a montré du doigt des parents et des familles semblables à ceux d'où est issue l'élue du 7e arrondissement parisien? Qui a caricaturé l'histoire de ces populations immigrées ne retenant d'elles que des images de faits divers allant parfois jusqu'à vouloir ethniciser le crime et la délinquance? Qui, enfin, a mis à l'index tout ce que peux symboliser Rachida Dati?
Certes, la gauche n'a jamais su, au-delà d'une certaine attitude paternaliste, se comporter comme il se doit avec les personnes issues de l'immigration. Elle n'a pas su inventer des Rachida Dati ou des Rama Yade. Elle n'a pas su faire une place au soleil à Fadela Amara. De ce point de vue, la gauche a certainement intérêt à faire son examen de conscience et son introspection. Mais la gauche, cette gauche incarnée aujourd'hui par Hollande, n'a jamais fait de la parole graveleuse, du propos stigmatisant, du dérapage xénophobe et de la désignation de boucs émissaires, un fond de commerce politique.
De plus! On n'affaiblit pas l'extrême-droite en s'appropriant son propos et sa logique discriminante. On affaiblit ce qui est de nature à se comporter de manière antirépublicaine en combattant ses idées. C'est ce que cette "meuf" n'a pas compris. À l'évidence! Plus soucieuse de son avenir personnel que de celui de millions de français, elle brade, elle aussi, les valeurs qui font l'âme de la France. Certes, de belles chaussures Louboutin, même frappées de cette couleur maudite qu'est le rouge, sont plus à la mode que le bonnet phrygien de Marianne, mais il ne faut pas solder à ce point, l'âme et l'esprit de cette dernière.
Dans son billet, elle a néanmoins vu juste sur un point. "C'est l'intérêt, la grandeur et l'avenir de la France qui sont en jeu", écrit-elle. Rachida Dati a entièrement raison, c'est pourquoi, ne pas permettre à Sarkozy de briguer un second mandat, c'est aussi préserver l'intérêt, la grandeur et l'avenir de la France, car la France, celle que nous aimons, celle qui est montrée en modèle aux quatre coins du monde, celle qui continue d'inspirer les auteurs et les humanistes, ce n'est pas une France qui stigmatise et qui laisse la xénophobie s'installer, mais c'est celle qui est fidèle aux valeurs qu'elle se doit d'incarner. Toujours !


mardi 17 avril 2012

La Tunisie des Lumières se bat



LE MONDE 
Sous Zine El-Abidine Ben Ali, on risquait gros si l'on critiquait le pouvoir temporel. Sous Moncef Marzoufi et le parti islamiste Ennahda, on risque gros si l'on critique la religion et si l'on tient tête à l'obscurantisme. La responsabilité de l'actuel gouvernement est évidente, mais sournoise.
Elle consiste à laisser les salafistes les plus excités terroriser les démocrates laïques puis à les renvoyer dos à dos en feignant de ne pas prendre parti. Ce qui revient, en réalité, à soutenir les plus violents. Comme ceux qui menacent Nadia El Fani pour son film Laïcité Inch'Allah ou ceux qui terrorisent le campus de la Manouba et son héroïque doyen. Se figure-t-on le courage qu'il faut à cet homme lettré et pacifique pour tenir tête à ces enragés, prêts à le séquestrer pour exercerleur chantage ?
Un jour, ils demandent une salle de prière, l'autre de laisser les étudiantes assisteraux cours en niqab, puis finissent par vouloir faire flotter le drapeau noir des salafistes sur le toit de la faculté. Comme en Algérie à la pire époque, des étudiants résistent. Une jeune syndicaliste tunisienne est même devenue une icône nationale en décrochant le drapeau des salafistes pour restaurer celui de laTunisie. Elle s'est fait copieusement tabasser par les intégristes.
Que fait la police ? Encore largement bénaliste, elle laisse la situation pourrir. Dans l'espoir que la nostalgie de l'ordre ancien reviendra ? Illusion funeste. C'est un autre ordre ancien qui perdure. Celui des juges. En l'absence d'une nouvelle Constitution pour les cadrer, les plus obscurantistes profitent de cette transition chaotique pour mettre en prison toute personne jugée blasphématrice ou apostate. En témoigne le sort de deux jeunes internautes tunisiens, Ghazi Béji et Jabeur Mejri, condamnés pour atteinte à "l'ordre public" et à la "morale". Ils ont été condamnés à sept ans de prison ferme. L'un a fui vers la Grèce, l'autre s'apprête à purger sa peine. Ses amis parlent de torture. Leur crime ? Avoir diffusé sur lesréseaux sociaux un roman satirique sur la vie du prophète Mahomet. La sentence, très décalée et sévère, a mis en émoi la blogosphère tunisienne et marocaine. Pas le gouvernement tunisien. Or c'est là, dans cette passivité complice, que réside le danger.
OBSURANTISME DES JUGES
A Paris, on s'est félicité un peu vite de voir le parti islamiste Ennahda renoncer àinscrire la loi islamique dans la Constitution en cours d'écriture. Celui que des journalistes français s'obstinent à présenter comme un "islamiste modéré" est en réalité simplement stratège. Il a compris qu'il pouvait tout à fait garder l'article premier proclamant l'islam comme religion de la Tunisie, tel qu'il existait sous Habib Bourguiba et Ben Ali, et le tirer vers une interprétation plus théocratique grâce au rapport de force sur le terrain.
En jouant de l'extrémisme des salafistes et de l'obscurantisme des juges, une vague formulation suffit pour faire reculer la sécularisation, la liberté de conscience et d'opinion pour tous. Autrement dit, à tuer le printemps démocratique. Il n'y a vraiment pas de quoi se réjouir. Et toutes les raisons de soutenir les Tunisiens qui se battent, avec un courage inouï, pour une autre interprétation de la future Constitution et la liberté de tous.

lundi 16 avril 2012

ECHANGE ENTRE DEUX CHEFS DE PARTI

Article paru dans : Kapitalis

Voilà deux utopistes qui veulent réécrire l'Histoire. 
La Tunisie est dans la panade et certains se complaisent dans des discussions byzantines sur le sexe des anges ! 

Marzouki ne fait plus mystère de son panarabisme youssefiste et Ghannouchi de son pan islamisme béat ! 
Or toutes ces utopies n'ont mené qu'à la ruine des civilisations qu'ils disent arabo musulmanes, mais surtout à la dictature la plus sauvage. 
Le parti Baath, expression du pan arabisme de Nasser, nous en voyons encore les effets. 
Pourtant Nasser a voulu en faire le parti rénovateur et unificateur de tous les pays arabophones ! 
L'exemple de l'Irak et de la Syrie en démontre l'absurde réalité et l'échec du pan arabisme. 

La fin tragique de Salah Ben Youssef, ne doit pas occulter son utopie. L'Histoire a prouvé et démontré que la clairvoyance de Bourguiba était la mieux pour la Tunisie. On peut reprocher à Bourguiba beaucoup de choses, mais il a épargné un bain de sang aux tunisiens en procédant selon sa " politique des étapes " : elle était payante. Qu'il ait voulu arrimer la Tunisie à l'Europe, qui le lui reprocherait ? Il n'y a qu'à voir l'état où se trouvent les pays arabes "fans" du panarabisme nassériste (l’Irak de Saddam Hussein, la Syrie de Hafedh el Assad et celle de son fils Bachar, la Libye de Kaddhafi...) ! 

Un retard civilisationnel, une léthargie endémique de leur peuple alors que leur chefs dilapidaient impunément leurs richesses et plus particulièrement les hydrocarbures, à des fins égoïstement personnelles.



Quand Ghannouchi essaye de nous vendre que l’Islam, mieux que la laïcité, serait porteur de liberté, de qui se moque-t-il ? En réalité il trompe le monde. Quel pays où l’Islam est au centre de la politique, accorde à son peuple la liberté ? Peut-il citer un seul de ces pays ? Est-ce l’Arabie ou le Qatar ? Est-ce le Yémen ou le Soudan ? Ou encore l’Iran ? 
De qui se moque-t-on ?

Quant au fait que Bourguiba n'aurait pas été "un intellectuel", je dirai seulement qu'il était "un politique "qui comprenait l'évolution des sociétés et était même en avance sur son temps. 
C'est lui qui a compris la nécessite d'une nation tunisienne, pour soustraire la Tunisie au pan arabisme des uns et au pan islamisme des autres. 
C'est encore lui qui a compris la nécessité de se prémunir contre les deux blocs sortis de la deuxième guerre mondiale : URSS et les USA. 
Pour cela il a rallié la Tunisie à l'organisation des pays non alignés ; et sur le plan intérieur il a su neutraliser le tribalisme dont on découvre combien ce système nuisible à une nation, était utilisé par Kaddhafi pourtant Nassériste et pan arabiste, pour mieux dominer la Libye et exploiter ses richesse pour lui et sa famille. 


Quant aux intellectuels, çà peut être la meilleure et la pire des choses. Il suffit de penser à tous ces intellectuels de haut vol qui ont soutenu le communisme jusque dans ces crimes et dont nous tairons le nom par charité !

La Tunisie a besoin d'un homme politique dans le sens noble du terme. 
Et les jeunes tunisiens n'ont pas fait la révolution parce qu'ils doutaient de leur identité ou de leur foi. Ils l'ont faite pour réclamer : LIBERTÉ, DIGNITÉ et TRAVAIL; faut-il le rappeler à tous ceux qui veulent dévoyer leur révolution !

Des rêveurs, les tunisiens n'en ont que faire d'autant que ces utopistes veulent prendre leur revanche sur celui qui a ancré la Tunisie dans la modernité, la dotant d'institutions solides qui ont permis au pays de ne pas sombrer dans le chaos depuis le 14 janvier; faut-il le préciser. 
Ce qui n'est, hélas, pas le cas d'autres pays ayant fait ou sont entrain de faire leur révolution. 

Il est curieux de la part de Marzouki qu'on nous dit homme intellectuel ayant un sens aigu de l'Histoire, qu'il ne réalise pas que la troika et le gouvernement Ghannouchi sont en train de soumettre la Tunisie, à l'histoire millénaire, à une bande de bédouins rétrogrades dont les richesses, qui semblent fasciner Ghannouchi et ses hommes, ne sont pas éternelles. Que seront ces pays du Golfe et d'Arabie dans 50 ans quand leur pétrole sera épuisé ? Est-ce là la vision d'un homme politique féru d'histoire que d'accepter qu'un pays pas plus grand que la Corse n'ayant pas une histoire aussi riche et aussi ancienne que la Tunisie, décide de sa destinée ? La Tunisie fait partie de la civilisation méditerranéenne et non de la péninsule arabique. Il faut que Marzouki et son ami Ghannouchi comprennent cela une fois pour toute !

La Tunisie doit rester une nation indépendante avec sa tunisianité pour identité, n'en déplaise aux pan arabistes et pan islamistes de tous bords ! 

Rachid Barnat