vendredi 16 août 2013

GHANNOUCHI, LE DESPERADO !

Ghannouchi jouera le tout pour le tout, quitte à se sacrifier lui-même et avec lui tout le pays !

Article paru dans : Tunisie Focus


Rached Ghannouchi, alias El Kherriji, chef de la secte islamiste Ennahdha au pouvoir, filiale de la nébuleuse internationale "Les Frères Musulmans" née des cendres des "Frères Wahhabites", a du être sermonné par ses « frères » réunis en conclave à Istanbul (Turquie) après ce qui est arrivé aux « Frères musulmans » d’Egypte : il est revenu avec l’idée que la meilleure défense c’est l’attaque !

C’est pourquoi il hausse le ton, menace et refuse toute discussion, concession et continue, dans son point de presse d’hier, à soutenir le gouvernement provisoire de son valet Ali Laârayedh !!
C’est le bras de fer qu’il a choisi à nouveau pour intimider, croit-il encore, les centrales syndicales et patronale UGTT et l’UTICA; et l’Opposition !

Il est cuit des 2 côtés : pris entre l’enclume, ses maîtres de la confrérie; et le marteau, le peuple !!!

Les Tunisiens savent qu’il est politiquement mort !

Maintenant qu’il est sur le point de tomber, TAMARROUD (rébellion) doit se poursuivre et se généraliser sur tout le territoire.
La centrale syndicale UGTT maintenant qu’elle réalise que Ghannouchi tient en otage tous les Tunisiens parce-qu’il obéit aux ordres des « Frères musulmans », son bureau exécutif et sa commission administrative doivent décréter une gréve générale illimitée pour débarrasser la racaille qui n’a rien à foutre de la Tunisie et des Tunisiens : leur projet étant à mille les lieux des aspirations des Tunisiens et des objectifs de leur révolution !

Ghannouchi a PEUR et ne sait plus quoi faire, il a besoin de temps … c’est pour çà qu’il joue la carte TEMPS … ce que font très bien ses hommes, puisqu’ils tentent d’entraîner dans des palabres stériles l’opposition et les journalistes, en pinaillant par exemple sur des chiffres :

33 millions ou seulement un million d’Égyptiens ont participé à TAMARROUD …
20 000 ou seulement 2000 nahdhaouis pour soutenir la légitimité du gouvernement Ghannouchi …


Ghannouchi Khirriji est l’homme le plus haï de la Tunisie et il le sait très bien. Il est prêt à sacrifier cette Tunisie que nous aimons tous mais pas lui. Il est prêt à aller jusqu’au bout, jusqu’au massacre de la population, la destruction de l’Etat et au sacrifice de la Nation. Ce sectaire fanatique est un malade mental malheureusement, un suicidaire et je ne pense pas qu’il lâchera prise parce qu’il est aussi un lâche, il a peur d’être jugé à son tour. Donc il jouera le tout pour le tout, quitte à se sacrifier lui-même et avec lui sa secte en sacrifiant tout le pays.

Rachid  Barnat

PS : Une vidéo d'une journaliste égyptienne analyse les dernières décisions des Frères musulmans de l’internationale des Frères musulmans prises en Turquie. Ils ont pensé à la Tunisie aussi !

Les "Frères"  ou "Al Ikhwanjia", tirent les leçons des échecs des islamistes au pouvoir et rectifient le tir en 6 points, consignes données à ceux qui sont encore au pouvoir ... dont Ghannouchi ! On comprend mieux pourquoi à chaque crise politique en Tunisie, Ghannouchi file à l'étranger ! Il va prendre conseil (ou ses ordres !), auprès de sa confrérie ! Ce qui explique son autisme : car on ne badine pas avec la hiérarchie ni les ordres des "Frères" ! C'est une très grave ingérence ... passible de la cour martiale en Tunisie !

jeudi 15 août 2013

TARTOUR AU SECOURS DES FRÈRES MUSULMANS !

Article paru dans : Kapitalis

Une fois de plus le Tartour national est sorti de son silence pour causer à "son peuple", lui le premier président dans l'histoire de la Tunisie à être élu démocratiquement, comme il aime à rappeler !  Oubliant qu'il ne doit son poste de président provisoire qu'à son "frère" Ghannouchi, tous deux faisant partie de la mouvance des "Frères musulmans", puisque lui-même n'était élu qu'en tant que constituant ... avec 7000 voix !

Qu'a-t-il dit au juste  ?

Dans une langue de bois qu'il maîtrise à merveille il déclare aux Tunisiens :
Qu'il est plus que jamais temps qu'ils rompent avec la violence,
Qu'il est plus que jamais temps qu'ils cessent les discours de haine,
Qu'il est plus que jamais temps que les mosquées cessent d'être instrumentalisées pour diffuser  haine et violence,
Qu'il est plus que jamais temps qu'ils s'unissent,
Qu'il est plus que jamais temps qu'ils cessent d'utiliser la démocratie à la carte pour n'en prendre que ce qu'ils veulent !

Faut-il rappeler à Tartour qu'il a reçu officiellement au palais de Carthage les membres des LPR (ligue de protection de la révolution) dont les Tunisiens subissent violences et exactions au quotidien, et dont ils demandent qu'elles soient dissoutes ... en vain ! Demande réitérée à maintes reprises par l'opposition et par toutes les associations civiles avec à leur tête l'UGTT ... toujours en vain ?
N'est-ce par lui et son "frère" Ghannouchi qui maintiennent les LPR pour protéger leur partis respectifs, et ce contre la volonté des Tunisiens ?

Faut-il rappeler à Tartour qu'il a reçu aussi au palais de Carthage les prédicateurs obscurantistes que lui envoyaient ses amis pétro monarques pour diffuser le wahhabisme et la violence qui le fonde ?
Faut-il lui rappeler qu'il a même permis la tenue de conférence dans cet auguste palais animée par le plus virulent des salafistes tunisiens, Béchir Ben Hassen ?

Quant à l'unité des Tunisiens, faut-il lui rappeler son discours inaugural en tant que président provisoire où il stigmatisait "harayer tounes", les femmes libres de la Tunisie ... en les appelant les  "safirats", les désignant ainsi à la vindicte des islamistes, introduisant déjà le germe de la "fitna" (sédition) parmi les tunisiens ?

Et les règles démocratiques à la carte, parlons-en : n'est-ce pas lui et son "frère" Ghannouchi qui en usent et abusent ?
Les deux soutiennent Mohamed Morsi en insistant sur la légalité et la légitimité que lui confèrent les urnes et demandent aux égyptiens de respecter les règles démocratiques en le réinstallant au pouvoir !
Oubliant que la légitimité ne se cantonne pas qu'aux urnes et que Morsi a perdu la légitimité morale pour s'être écarté des objectifs de la révolution des égyptiens et cherche à leur imposer le model sociétal des "frères musulmans" !
Curieux que le légaliste et légitimiste Tartour ne se rende pas compte qu'il piétine la démocratie et la volonté du peuple Tunisien en se cramponnant à une légitimité qui n'existe plus depuis le 23 octobre 2012, en voulant maintenir l'ANC dont il est issu !

Si Morsi a perdu sa légitimité morale, que dire de Tartour et de Ghannouchi qui ont perdu toutes les légitimités :
- La légitimité légale depuis le 23 octobre 2012,
- La légitimité morale pour n'avoir pas respecté ce pourquoi l'ANC était constituée : rédaction d'une constitution dans un délai de un an !
- La légitimité politique pour tous les échecs à tous les niveaux des deux gouvernements Ghannouchi, aggravés par les assassinats politiques et les morts de soldats et de policiers par le fait des "enfants" de Ghannouchi.
- Même la légitimité "consensuelle" qu'avaient accordée l'opposition et l'UGTT contre la volonté des Tunisiens, à la troïka au pouvoir; ils l'ont perdue pour n'avoir pas respecté les conditions qui l'accompagnent !

Tartour le démocrate, a poussé l'outrecuidance à menacer d'un procès toute personne qui lui contesterait sa légitimité !

Pour finir, il fait un parallèle entre les graves incidents en Egypte et leur possible répercussion en Tunisie; lui qui lors du "tamarroud" (rébellion) par lequel Mohamed Morsi a été démis de ses fonctions, assurait que ce qui se passe en Egypte n'a aucune incidence en Tunisie : "eux c'est eux, nous c'est nous", semblait dire alors Tartour !
Et voilà qu'en contradiction totale avec ce qu'il disait alors, qu'il menace les tunisiens d'un bain de sang s'ils persistaient à demander son départ "rahil", celui des constituant et du gouvernement ... puisqu'il les assure que ce qui s'est produit en Egypte peut se produire aussi en Tunisie !

Si Marzouki avait l'étoffe d'un homme politique responsable, il tirerait les conséquences des échecs de la troïka au pouvoir devenus secrets de Polichinelle, et s'il était démocrate qu'il respecte la volonté des tunisiens qui manifestent par dizaine de milliers tous les jours depuis plus de deux semaines ...

Voilà ce qu'il devrait faire :
- demander la dissolution du gouvernement,
- désigner un nouveau chef de gouvernement, qui se charge de former un gouvernement restreint de technocrates,
- dissoudre l'ANC,
- désigner un collège d'experts pour finir la constitution et remédier aux contradictions "volontaires" qui ne sont que des pièges dans une constitution faite sur mesure pour un parti, celui d'Ennahdha.

Mais un tartour restera toujours un tartour. Il n'a aucun pouvoir puisqu'il est la marionnette des "frères" et de Ghannouchi à qui il doit son poste.
Il ne représente plus rien politiquement, il n'a plus aucune crédibilité auprès des tunisiens de tous bords. Il est seulement l'homme des discours, n'hésitant devant aucune contradiction, pratiquant la méthode Coué et finalement n'apportant strictement rien de positif à son pays !

Rachid Barnat

mardi 13 août 2013

Une lettre ouverte d'un patriote Tunisien, aux américains !

mezri haddad-

Excellence,

En écrivant « Jacob » et non pas « Jake », je n’écorche pas votre prénom mais je restitue votre identité civile parce que vous n’avez pas à la dissimuler dans un pays qui ne fait encore aucune distinction entre juif, chrétien et musulman, malgré la marée noire de l’islamisme que votre pays a charriée avec son « printemps arabe ». Dans cette Tunisie qui est la mienne et que Bourguiba a marquée de son empreinte, il y aura toujours des Tunisiens qui ne vous jugeront jamais selon vos origines confessionnelles, mais selon vos actions. Même si Son Excellence Barack Hussein Obama décide un jour de vous nommer ambassadeur en Arabie Saoudite, et que vous vous faites appeler Mohamed Walles, je continuerai à vous appeler Jacob Walles, parce qu’on ne change pas de prénom selon la capitale d’élection !

Il me semble que le moment est venu pour qu’un ancien ambassadeur, d’un ancien pays s’adresse à vous avec la même franchise que vous semblez cultiver, et en dehors du langage diplomatique que vous semblez dédaigner, comme moi. A ma génération, l’illustre Bourguiba avait appris qu’aux amis, comme aux ennemis, il faut toujours tenir le langage de la vérité. Le moment est venu, parce que, comme le disait si bien Abraham Lincoln, « On peut, pendant quelque temps, tromper tout le monde, ou tromper tout le temps une partie des gens, mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps ».
Peut-être bien que du haut de votre statut de Proconsul -que vous ne vous êtes pas attribué, mais que la nouvelle « élite » politique vous a octroyé- vous ne répondrez pas à un tunisien qui a quitté la diplomatie pour la résistance, et sa propre patrie pour l’exil. « De minimis non curat praetor », disaient les Romains, dont Léo Strauss, l’inspirateur des néoconservateurs, était un si attentif lecteur ! Pour vous prêter allégeance ou s’attirer vos faveurs incommensurables, bien de mes compatriotes se bousculeront pour me répondre à votre place. Je les traiterai par le mépris, comme jadis et naguère Bourguiba traitait les Harkis de la France. Dans ce pays que vous avez « libéré » de son indépendance le 14 janvier 2011 –indépendance que le consul général Morris H. Hugues a été l’un des premiers à reconnaître auprès de Lamine Bey- les traîtres sont légion, qu’ils soient hommes de l’ombre ou fier-à-bras, opposants ou gouvernants.
C’est ce Bourguiba, que vos mercenaires islamistes traitaient de « sioniste », qui a un jour de 1982 répliqué à Richard Nixon, envoyé par Ronald Reagan pour soumettre au vieux sage un projet de solution au conflit israélo-palestinien : «Débarrassez-vous d’abord du lobby sioniste; la politique étrangères des Etats-Unis n’est pas tracée à Washington, mais en Israël ! ». Ce n’était qu’un écart de langage d’un grand leader au crépuscule de la vie. Pour éviter l’incident diplomatique, Nixon –qui était présent à Tunis, le 20 mars 1957- avait alors répondu à celui qui tutoyait l’Histoire : «Justement, Monsieur le Président, c’est parce que vous êtes un ami des USA et que vous nous connaissez autant sinon mieux que nous, que je suis là pour vous demander conseil ».

Lorsque les Tunisiens ont des amis comme vous, ils n’ont plus besoin d’ennemis ! Bourguiba l’avait compris le 1er octobre 1985, lorsque votre pays approuva le raid israélien sur Hammam-Chat, qualifié par Larry Speakes, alors porte-parole de la Maison Blanche, « d’action légitime contre le terrorisme ». Et c’est parce que le combattant suprême a réalisé qu’il était « dans la situation d’un homme qui a toujours cru à la fidélité de son épouse, qui découvre au terme de cinquante années qu’il a été trompé et qui se demande s’il n’a pas été trompé depuis le début » (Le Quotidien de Paris du 4 octobre 1985), que votre pays a décidé de l’écarter du pouvoir , déjà au profit de vos alliés stratégiques de toujours : les islamistes.

Ces islamistes, vous y teniez tellement que, lors du procès du terroriste Rached Ghannouchi en septembre 1987, à la suite des attentats de Sousse et Monastir, votre prédécesseur Robert H. Pelletreau se déplaçait personnellement au tribunal, s’asseyait au premier rang et se croisait les jambes ! Le message « diplomatique » aux autorités tunisiennes et tout particulièrement à Bourguiba –qui voulait les têtes de ces fanatiques- était parfaitement clair. Déjà en 1984, me racontais Mohamed Mzali, c’est sous la pression de l’Arabie Saoudite et de Peter Sebastian, ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, qu’il a convaincu Bourguiba d’amnistier Ghannouchi et ses acolytes. C’était le prix des aides saoudiennes et des subsides américains.
Les islamistes, vous y teniez tellement qu’en 1987, le 8 novembre plus exactement, votre plan de relève « républicain » devait se dérouler selon la recette brzezinskienne de 1979, malgré ses conséquences chaotiques sur l’Iran et sur les intérêts américains dans la région. Pour que les Tunisiens avalent la pilule islamiste, Ahmed Mestiri devait servir de cire présidentielle à la république ghannouchienne, à l’instar de Moncef Marzouki aujourd’hui. Le coup d’Etat islamo-atlantiste du 8 novembre 1987, cette nouvelle ère « démocratique » qui devait commencer par l’exécution de Bourguiba et d’une douzaine de ministres, a été évité de peu. Le dénommé Moncef Ben Salem –l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur qui a passé sa vie à vouloir démontrer « scientifiquement » que la mère de Bourguiba était une juive !- et son « Groupe sécuritaire », des militaires et des cadres de l’Intérieur, ont été pris de court par le général Ben Ali.

Les islamistes, vous y teniez tellement que votre gouvernement n’a validé le nouveau pouvoir qu’à la seule condition que Ben Ali le partagea avec les islamistes. Ne se soumettant pas immédiatement à vos oukases, le général devenu président a néanmoins libéré en 1988 les soldats de votre cinquième colonne, a reçu leur chef au palais de Carthage, leur a accordé le droit d’éditer leur torchon Al-Fajr et leur a permis de participer aux élections de 1989, en tant qu’indépendants. Mais ce n’était pas suffisant aux yeux de vos mercenaires islamistes, galvanisés par votre soutien massif et dopés par la montée en puissance de leurs frères en secte, votre FIS devenu adulte en Algérie.

Refuser la légalisation d’Ennahda contre votre volonté, réagir violemment à la seconde tentative de coup d’Etat des islamistes en 1991 en jurant de les éradiquer, c’était déjà beaucoup pour l’administration américaine. En soutenant clairement et officiellement l’Irak contre le Koweït, seul chef d’Etat arabe à adopter cette position « suicidaire », Ben Ali avait franchi la ligne rouge. Dès lors, il vous fallait un président parfaitement conforme à vos critères et aussi bienveillants que vos roitelets du Golfe et du Maroc.
Mais les islamistes, vous y teniez tellement que vous ne pouviez pas envisager l’après Ben Ali sans vos serviles serviteurs, Rached Ghannouchi, Ali Larayedh et Hammadi Jebali, alias Hammadi McCain. Que ce soit une succession de l’époux à l’épouse, ou du beau père au gendre, la Tunisie post-bénalienne était pour vous impensable sans vos mercenaires islamistes, désormais sous la perfusion idéologique et financière du wahhabisme saoudien et qatari. A l’exception du peuple tunisien et d’une poignée de patriotes dont l’auteur de cette lettre, tout le monde était d’accord avec ce plan machiavélique.
Et puis survint votre « printemps arabe », titre hollywoodien du Grand Moyen Orient dont la pierre inaugurale et tombale a été posée en Irak, en 2003, avec la contribution de vos deux « entités » wahhabites : le Qatar et l’Arabie Saoudite. Ce que George W. Bush a réalisé par le Hard Power en Irak, Barak Hussein Obama a accompli par le Soft Power en Tunisie, le maillon le plus faible des autocraties arabes. D’où ce message subliminal de M. Bush, lorsqu’il a reçu Ben Ali en 2004 : « La Tunisie est en mesure aujourd’hui de jouer un rôle avant-gardiste en matière de consécration des valeurs de démocratie et de liberté dans la région du Moyen-Orient ». Ce que vous continuez d’appeler le «laboratoire » était, en effet, prêt pour l’alchimie islamo-atlantiste : légers assouplissement de l’économie la plus performante du monde arabe et d’Afrique, désenchantement social dû au chômage des jeunes et à la corruption, taux de connexion sur internet le plus élevé du monde arabe, ralliement de la « gauche » et de l’UGTT au projet « impérialiste »… Vos jeunes soldats virtuels, formatés à la bonne école de William Casey via Freedom House et l’organisation Otpor, étaient opérationnels pour manipuler et entrainer une jeunesse politiquement inculte, à l’inverse de la jeunesse cubaine et vénézuélienne, hermétiques aux sons des sirènes.
Notre jeunesse globalisée, aspirant à la liberté et à la démocratie ne savait pas que votre projet pour la Tunisie était « l’islamisme modéré », que ma génération a combattu parce qu’elle n’a jamais cru à sa modération, encore moins à son islamité supposé. Ces jeunes qui revendiquaient la dignité par le droit au travail ne savaient pas que leurs élus à la Constituante passeraient des mois à gloser sur la criminalisation de toute normalisation avec « l’entité sioniste », ou sur l’inscription d’une charia nécrosée dans une constitution sensée se décliner en droit naturel –si cher à Jefferson- faute de se déployer en droit positif. L’hymne à la liberté s’est transformé en requiem, et le rêve démocratique arabe a toutes les chances de tourner au cauchemar théocratique et totalitaire.
Maintenant que votre Grand Moyen Orient s’est fracassé sur la muraille de Damas, et que les Egyptiens ont réalisé l’énormité de l’imposture, votre gouvernement cherche à persuader la jeunesse que l’Amérique a lâché les islamistes. Certains novices de la nouvelle « élite » intellectuelle et politique que vous avez procrée y croient, mais, comme disait si bien Jésus, « Heureux ceux qui ont cru sans voir » ! Nous savons nous autres que la géopolitique américaine est comme l’exégèse coranique : il y a le Dhahir et le Bâatin, l’apparent et le caché. A nous le pétrole, à vous la charia, chacun sa religion ! Telle est votre devise depuis le « Pacte de Quincy » entre Roosevelt et Abdelaziz (1945), qui consacre le « Pacte de Nadjd » entre Abdelwahab et Ibn Saoud (1745).
Si cette alliance indéfectible entre puritanisme chrétien et obscurantisme wahhabite a pu résister au traumatisme du 11 septembre 2001, cogité, financé et exécuté par des Saoudiens, comment ne résisterait-elle pas à l’assassinat barbare de Christopher Stevens à Benghazi, et à l’attaque sauvage de votre ambassade en Tunisie par les hordes islamistes, que vos amis du Qatar et d’Arabie financent et endoctrinent ? Faut-il un autre 11 septembre pour que les Américains réalisent que par-delà les métastases sémantiques et rhétoriques, Al-Qaïda, Ennahda, Hamas, les Frères musulmans, les salafistes, les djihadistes, les wahhabites…sont des variables de l’invariable islamisme, qui est une subversion de l’islam, une idéologie fasciste et irrémédiablement totalitaire qui menace aussi bien le monde arabe qu’occidental ? Le pays le plus nationaliste du monde, n’est-il pas en mesure de comprendre, après le réveil nassérien en Egypte, que dans les pays arabes, l’élément déterminant, le facteur identitaire primordial, le repère structurant et mobilisateur n’est pas l’islamisme mais le nationalisme ? Clément Henry Moore ne s’y est pas trompé : « Il ne faut jamais oublier que le nationalisme tunisien est un acquis historique, acquis culturel aussi bien que politique » (Maghreb-Machrek, avril 1988). Pas plus que Jean-Pierre Chevènement : « le nationalisme arabe fut et reste un projet d’avenir. Il porte en lui un souci de dignité face à l’Occident. Il s’inscrit dans une perspective de développement pour lutter contre la misère. Il se réclame d’une laïcité permettant de s’affranchir des dogmes pesants et réactionnaires dans lesquels l’intégrisme voudrait enfermer les peuples ». (Al-Moharer, 3 avril 1995). Ce nationalisme n’était sans doute pas parfait. Il avait ses titres de noblesse et de faiblesse, au premier rang desquels le rejet de la démocratie.
Excellence, votre prédécesseur Gordon Gray se plaignait à son Département d’Etat d’attendre six mois avant d’être reçu par le ministre des Affaires étrangères de Ben Ali. Depuis la « révolution du jasmin », saluée par Obama et bénie par Ben Laden avant son élimination synchronisée, jeunes et vieux, actuels et futurs ministres, opposants, constituants, journalistes, capitalistes, marxistes…font la queue devant votre bureau. Je ne vous reproche pas votre nationalisme et votre ardeur à défendre les intérêts de votre pays ; je reproche aux miens leur manque de dignité et toute l’énergie qu’ils mettent pour détruire ce qui reste de leur pays. Ces « leaders » d’une nation qui est passée de la modernité bourguibienne à la décadence islamiste, cette « élite » symptomatique d’une régression bien affligeante, vous prend pour Paul Bremer, Proconsul de George W. Bush en Irak qui, le 13 juillet 2003, au sujet de la nouvelle intelligentsia irakienne chargée de rédiger en huit mois une nouvelle constitution, déclarait devant la presse : « Je veux partager mon casse-tête avec eux et s’ils veulent des responsabilités, nous allons leur en donner ».
Les miens aussi veulent des responsabilités. Plutôt que de perdre votre temps avec l’écume, soyez attentif au ressac de la Méditerranée, berceau de toutes les civilisations. Pas moins que les Irakiens hier, et que les Syriens et les Egyptiens aujourd’hui, les Tunisiens ont 5000 ans d’Histoire que deux ans de délire préhistorique ne peuvent effacer.
Sans perdre l’espoir que la démocratie américaine se lavera de la souillure islamiste et se dégagera de l’emprise wahhabite, recevez, Monsieur l’ambassadeur, l’expression de mes salutations bien distinguées.
* Mezri Haddad, ancien ambassadeur de la République tunisienne. 
Paris, le 11 août 2013

lundi 12 août 2013

DE QUELLE LÉGITIMITÉ NOUS PARLEZ-VOUS, GHANNOUCHI ?

Article paru dans : Tunisiadaily

Ghannouchi, Marzouki, Larayedh et Ben Jaâfar s'incrustent !

Voilà un homme qui soutient Mohamed Morsi parce qu'élu démocratiquement pour 4 ans et qui demande aux égyptiens de respecter sa légitimité que lui conférait le verdict des urnes ! Alors que les Egyptiens l'ont dégagé parce qu'ils estiment qu'il a perdu sa légitimité morale.

Mais dans le même temps, oublieux de ces mêmes règles démocratiques, cet homme refuse la dissolution de l'ANC et du gouvernement pourtant devenus illégitimes pour fin de mandat ! Croit-il que la légitimité obtenue par les urnes aux élections du 23 octobre 2012, est illimitée ?
Et depuis, cette pseudo-légitimité est devenue son credo et celle de ses hommes qui veulent s'incruster au pouvoir malgré des Tunisiens entrés en rébellion (tamarroud) pour leur signifier la fin de toute légitimité !

Autrement, de quelle légitimité nous parlez-vous Ghannouchi ? De la légitimité juridique ? De la légitimité morale ? Ou de la légitimité politique ?

N'oubliez jamais, que vous n'étiez légitime que parceque des traîtres qui se prétendaient les défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme, vous ont apporté leur soutien ! Et que votre parti interdit, avait obtenu son visa parce que des lâches et traîtres comme Farhat Rajhi, avaient fermé les yeux sur vos casiers judiciaires et ont méprisé la loi qui interdisait les partis qui instrumentalisent la religion, en bafouant toutes les procédures pour légaliser votre parti. Ce que les Tunisiens ne leur pardonneront jamais.

Votre pouvoir est illégitime juridiquement :
Personne ne peut sérieusement nier que l’Assemblée Constituante dont découlent tous les autres organes du pouvoir n’a plus de légitimité juridique depuis le 23 octobre 2012 !
Lorsque les Tunisiens ont voté le 23 octobre 2011, ils ont voté sur la base d’un décret de convocation qui prévoyait expressément un délai d'un an et une mission précise : « rédiger une nouvelle Constitution ».
Décret que vous avez accepté et signé le 16 septembre 2011, faut-il vous le rappeler.
Or ce délai est dépassé et la sanction normale est la disparition de la légitimité.
Vous croyez-vous légitime pour l'éternité ?

Votre pouvoir a perdu sa légitimité morale :
Si elle n’a plus de légitimité juridique, l'Assemblée n’a plus, non plus aucune légitimité morale car l'engagement des députés de faire le travail en un an, n'a pas été respecté.
Mustapha Ben Jaâfar lui-même avait admis que moralement cela était condamnable mais bien sûr il n’en a tiré aucune conséquence, comme à son habitude.
Mais ces gens-là connaissent-ils la morale, eux qui ont érigé le mensonge en méthode politique !

De même que votre pouvoir a perdu aussi sa légitimité politique :
En raison des fautes graves qu’il a commises et dont le peuple ne veut plus.
Doit-on rappeler les appels aux meurtres de certains ministres; le refus de dissoudre les ligues fascistes d'Ennahdha appelées pompeusement LPR, "ligue de protection de la révolution" .... révolution que vous n'avez pas faite, faut-il vous le rappeler; la politisation scandaleuse des mosquées; la nomination des proches, la plupart du temps incompétents, dans de nombreux postes; la nomination d'islamistes obscurantistes dans des postes de responsabilité dans l’enseignement; la wahhabisation de la Zitouna; l’échec patent en économie; les violences en tout genre, dont ceux de Séliana; les assassinats politiques que vous semblez banaliser et que vous utilisez comme moyen pour faire taire tout opposant ... dont ceux de Lotfi Naghedh, de Chokri Belaïd et celui de Mohamed Brahmi .... à l'actif de vos deux gouvernements !
Et on pourrait continuer …

Dans n'importe quelle démocratie dans le monde, vos gouvernements auraient déjà démissionné dix fois après les graves événements qui sont survenus dans le pays et que chacun a en tête.
Mais dans la conception de la démocratie de la troïka, une fois élu, on peut laisser commettre les pires crimes, on peut échouer en tout mais on garde sa "légitimité".

Ce serait simplement ridicule si ce n'était très grave.

Rachid Barnat


PS : Si après le nouveau assassinat politique, celui de Mohamed Brahmi, l'Opposition reprend les palabres et tombe dans le piège des "dialogues" que proposent Larayedh et Ghannouchi ... elle sera fichue et les Tunisiens avec !



- Ce gouvernement et l'ANC ont failli, ils doivent être dissous purement et simplement !

- Un chef de gouvernement de salut public sera désigné par les partis, à la majorité.
- Ce premier ministre formera une équipe restreinte de technocrates,
- Il aura une feuille de route précise fixée par les partis, à la majorité : gestion des affaires courantes et urgentes, organisation des élections, par la mise en place de l'ISIE qui sera reconduite, fixation de la date des élection ...
- Un collège d'experts choisis par les partis, à la majorité; reprend la constitution et la complète après l'avoir débarrassée de tout ce qu'Ennahdha a inclus, mais qui ne correspond pas aux objectifs de la révolution !

A ceux qui brandissent le vide juridique, la légalité ... qu'ils sachent que nous baignons dans l'illégalité la plus totale ... puisque le mandat électoral est terminé depuis le 23 octobre 2012 !
La seule légitimité demeure celle du peuple !
Celui-ci n'a mandaté les constituants que pour UN AN; avec pour unique mission la rédaction d'une nouvelle constitution !
Or ni le délai ni les objectifs n'ont été respectés !
Les constituants doivent respecter leurs électeurs et doivent se démettre ... puisque tous se gargarisent d'être des démocrates, respectueux des règles démocratiques ... !

Et ce n'est pas la "légitimité consensuelle" décidée par une opposition laxiste et une UGTT molle ... que le gouvernement est pour autant légal ainsi que l'ANC !


D'autant que même cette pseudo légitimité est perdue pour non respect des conditions qui la sou-tendent !!! 

vendredi 2 août 2013

UNE FOIS DE PLUS ENNAHDHA SORTIRA FORTE ...

Une fois de plus Ennahdha sortira forte de la division de l'opposition et de son manque de courage !

L'assassinat de Chokri Belaid fut un tremblement de terre pour les Tunisiens qui aurait pu dégager Ennahdha !

Mais très vite les nahdhaouis ont su canaliser leur colère pour finir par les dégonfler.

Aidés en cela par une opposition divisée et molle qui n'a pas su canaliser leur colère. 
Bien qu'individuellement ceux de l'opposition prenaient des positions fermes, semblaient bouleversés par l'assassinat d'un homme politique de qualité ... ils ont fini par se dégonfler devant l'intransigeance des nahdhaouis qui les ont eu à nouveau au coup de bluff ... 

Les partis de l'opposition sont tombés à nouveau dans le panneau de Ghannouchi, pour composer avec lui et céder avec un laxisme ahurissant à ses intransigeances ! Terrorisés probablement par les nahdhaouis à moins qu'ils ne les aient "achetés" par des promesses et des cadeaux en tout genre : ce que sait faire très bien Ennahdha, d'autant qu'elle en a les moyens !

La suite on la connaît : la montagne avait accouché d'une souris, puisque les exigences de l'opposition et les conditions qu'elle a posées, ont été rejetées d'un revers de la main par un Ghannouchi plus que jamais méprisant !

Rendez-vous compte, il poussera la bravade jusqu'à :
- promouvoir les pires de ses ministres que les tunisiens exècrent, et en nomme premier ministre celui-là même qui a à son actif deux assassinats politiques et des dizaines de morts !
- conserver les postes régaliens,
- bref, il a changé de gouvernement en conservant pratiquement les mêmes ministres !
Une gifle magistrale à une opposition divisée ! 

Croyez vous que les leçons ont été prise ? 
Oui pour Ennahdha ... mais pas du tout pour l'opposition !

Puisqu'un drame vient à nouveau endeuiller les tunisiens et sera la goutte d'eau qui va faire déborder à nouveau un vase déjà trop plein :
L'assassinat de Mohamed Brahmi, troisième assassinat politique du genre ... à l'évidence commandité et exécuté par ceux-là mêmes qui ont planifié et exécuté celui de Chokri Belaid !

Cette fois-ci les tunisiens ont voulu exprimer leur ras-le-bol et exiger le départ de tous les constituants aussi bien de l'ANC que ceux sortis de leur rang pour le gouvernement.

L'opposition, à nouveau montera au créneau menaçante, et cette fois-ci déterminée plus que jamais à dégager tous ceux qui ont failli aussi bien au gouvernement mais aussi au parlement ... 
Un bon nombre de parlementaires se décident enfin à rejoindre "tamarroud" et son sit-in de la place du Bardo !

Mais petit à petit les divisions se font jour et chacun ira de sa solution pour sortir de la crise !
Et devant cette nouvelle division et devant la cacophonie des politiques et des experts en tous genres, une fois de plus les nahdhaouis vont tout faire pour dégonfler la colère populaire ... en élevant la voix, menaçants et toujours arrogants; et de mauvaise foi, ils s'accrochent à une légitimité des urnes : celle du 23 octobre 2012 ! Se persuadant et voulant persuader l'opposition, que le score obtenu à ces élections est éternellement valable ... et qu'ils restent toujours détenteurs d'une majorité et légitimes ... par la volonté du peuple ! Il faut du culot pour affirmer de telles conneries ... et ils l'ont !

Et c'est ce à quoi en assiste : de débats en débats, de palabres en palabres on voit les nahdhaouis reprendre du terrain et menacer de ligne rouge à ne pas franchir pour conserver leur main mise sur l'ANC, d'imposer le maintient de leur premier ministre dont les casseroles qu'il traîne depuis son entré au premier gouvernement de Ghannouchi, viennent de s'alourdir de nouveaux cadavres .... dont celui d'un homme politique ...
Mais dont ils refusent d'en rendre responsable le gouvernement !

Ils poussent la supercherie jusqu'à vouloir convaincre l'opposition :
- que Ali Larayedh n'est pas responsable,
- qu'avec son gouvernement, tout va bien, la Tunisie prospère ...
- que s'ils acceptent quelques remaniements, ce n'est sûrement pas à cause des morts ni de celle de Mohamed Brahmi ni de celles des 8 soldats massacrés sauvagement par les enfants de Ghannouchi !
- que tous ces "événements" sont inhérents à tous les pays démocratiques !
Par exemple (repris par tous) : Kennedy dont on n'a jamais élucidé l'assassinat !

Ils sont forts dans la mauvaise foi, dans la colère simulée, dans les menaces verbales .... qui semblent impressionner une opposition très vite effarouchable; qui toujours bonne fille, leur cède le terrain à chaque coup de gueule !

Leur force : ils tiennent tous le même discours, qu'ils rabâchent de plateau TV en studio de Radio !
Une ligne de défense la même, assurée par tous les grands responsables montés très vite sur le pont pour défendre le soldat Ghannouchi et leur parti !

Résultat : 
Le sit-in du Bardo est entrain de s’essouffler et de virer à un "Festival de Carthage" Bis !

Ennahdha reprenant du poil de la bête, va continuer comme si de rien n'était, conformément à l'image qu'elle veut impacter chez les tunisiens : 
- la mort de Brahmi n'est qu'un accident de la route ... qu'il faut dégager pour reprendre la route et avancer !
- pour le reste tout est pour le mieux avec le gouvernement Larayedh : les chiffres sont là pour le confirmer vous diront-ils droit dans les yeux !!
- sans oublier la sempiternelle théorie du complot !

De même pour le CPR, puisqu'on entend le même discours des alliés naturels d'Ennahdha : " Circulez, il n'y a rien à voir ... ni rien à changer "; semblait dire avec culot Imad Daymi !

Que reste-t-il aux tunisiens pour se sortir de cette tragédie avec une opposition aussi occupée par son ego et ses intérêts personnels, sa petite cuisine électoraliste ... que de leur colère ? Ils commencent sérieusement à douter de la probité de nombreux opposants dans les partis, aussi bien que parmi les constituants ... qu'ils suspectent de céder au chant de la sirène Ghannouchi ... comme il a séduit ceux qui les ont trahis déjà : tartour et le groggy du perchoir !

Par ailleurs l'UGTT semble se démarquer du peuple et hésitante à entrer dans la bataille avec les tunisiens contre un régime dont ils ne veulent pas et que Ghannouchi veut leur imposer !
Bien que ses responsables nous assurent être les héritiers de Farhat Hached, conscients du rôle historique de leur auguste institution !
A moins que ses hommes comme ceux de l'oppositions ... ont été "approchés" par les nahdhaouis avec promesses et cadeaux en tous genres !!

Les Tunisiens n'ont d'autre choix que d'entrer en TAMARROUD jusqu'à DÉGAGER ceux qui les méprisent !
Sinon ils peuvent bien dire adieu aux libertés et à leur rêve de Démocratie : 
ils vivront sous un régime totalitaire théocratique ... pour des générations !

Rachid Barnat

jeudi 1 août 2013

QUAND L'OPPOSITION TUNISIENNE, SERA-T-ELLE ENFIN LUCIDE ET COURAGEUSE ?

Article paru dans : 
Al Huffington post
Kapitalis

La division de l'opposition, fait la force d'Ennahdha.

Les islamistes ont été élus et sont au pouvoir, avec le résultat que l’on connaît, à cause de la désunion et de l’éparpillement de l’opposition; et soyez sûr qu’ils resteront au pouvoir malgré leur incompétence et leurs crimes si les hommes politiques de l’opposition ont, comme ils le font actuellement chacun sa propre solution à la sortie de la nouvelle crise due au nouveau assassinat politique, celui de Mohamed Brahmi.

Chacun a d’ailleurs pu constater que sur les divers plateaux de télévision ou de radio, les islamistes après avoir été abattus ont repris du poil de la bête et continuent avec arrogance comme Ghannouchi, à menacer; et cela  parce qu’ils se rendent bien compte de la division des hommes politiques de l’opposition, chaque parti, j'allai dire chaque homme politique, ayant sa solution :
- les uns veulent la disparition du gouvernement mais pas de l’Assemblée,
- les autres veulent d’un gouvernement élargi,
- d’autres d'un gouvernement de salut public,
- d'autres d'un gouvernement d'union nationale,
- d’autres encore ne veulent plus des islamistes au pouvoir,
- d’autres veulent les associer au pouvoir.
Cette division est évidemment la force des islamistes !

Si les hommes de l’opposition avaient quelques principes simples mais fermes, ils devraient s’unir sur une solution, une seule car il n’y en a qu’une qui puisse mettre un terme au désastre politique, économique, social et sociétal que vit le pays.

Il faut d’abord être clair et net sur un des arguments majeurs du pouvoir : la légitimité !
En effet, de deux choses l’une :
- ou bien ce pouvoir bénéficie encore de la légitimité des urnes et il faut le laisser en place et se contenter de manifester en espérant qu’il tiendra compte de ces manifestations - ce dont je doute fort - 
- ou bien il n’a plus de légitimité et il doit disparaître non pas en partie mais totalement.
Les demi-mesures sont le fait d’une analyse juridiquement et politiquement fausse.

Voilà donc ce qui correspond à la situation aujourd’hui.

 I -  Le pouvoir actuel n'a plus de légitimité :
ni juridique,
ni morale,
ni politique.

- Illégitimité juridique :
Personne ne peut sérieusement nier que l’Assemblée Constituante dont découlent tous les autres organes du pouvoir n’a plus de légitimité juridique depuis le 23 octobre 2012 !
Lorsque les tunisiens ont voté le 23 octobre 2011, ils ont voté sur la base d’un décret de convocation qui prévoyait expressément un délai d'un an et une mission : « écrire une nouvelle Constitution ».
Or ce délai est dépassé.

Je ne reviens pas sur ce qui s’est passé pour que ce délai ne soit pas respecté.
Je crois que cela a été tout à fait volontaire ... mais peu importe.
Ce qui est sûr, c’est que le délai ayant été dépassé, l’Assemblée n’a plus aucune légitimité juridique.

Dans quel système juridique existe-t-il des assemblées politiques élues sans limitation dans le temps ? Celle-ci doit-elle durer éternellement ? Sinon quel est le délai ?

Posez ces questions élémentaires, c’est répondre que le délai est dépassé et que la sanction normale est la disparition de la légitimité.
Tous les hommes de l’opposition pourraient quand même se mettre d’accord sur cette analyse !

- Illégitimité morale :
Si elle n’a plus de légitimité juridique, cette Assemblée n’a plus, non plus aucune légitimité morale car précisément les députés de la majorité s’accrochent, malgré leurs engagements de faire le travail pendant un an. 
Mustapha Ben Jaâfar lui-même avait admis que moralement cela était condamnable mais bien sûr il n’en a tiré aucune conséquence.
Mais ces gens là connaissent-ils la morale, eux qui ont érigé le mensonge en méthode politique !


- Illégitimité politique :
Enfin  tout le pouvoir est actuellement politiquement illégitime en raison des fautes graves qu’il a commises et dont le peuple ne veut plus.
Doit-on rappeler les appels aux meurtres de certains ministres; le refus de dissoudre les ligues fascistes d'Ennahdha appelées pompeusement LPR (ligue de protection de la révolution .... que n'ont pas les nahdhaouis); la politisation scandaleuse des mosquées; la nomination des proches la plupart du temps incompétents, dans de nombreux postes; la nomination de salafistes obscurantistes dans  des postes de responsabilité dans l’enseignement; l’échec patent en économie ...
Et on pourrait continuer …

II - Conséquences :

A partir de cette analyse qui peut difficilement être contestée, sauf à faire dans la langue de bois; il faut en tirer les conséquences, à savoir que TOUS les pouvoirs issus de cette légitimité doivent disparaitre à l'exception du Président qui doit rester chef de l'Etat mais sans pouvoir véritable.

C’est le point crucial et c’est sur ce point que l’on assiste à une division mortelle :
- Certains soutiennent qu’il faut que le gouvernement parte mais que l’Assemblée doive rester en place. Comment peut-on soutenir cela ? Par quel miracle cette Assemblée illégitime à tous points de vue, retrouverait-elle une légitimité ? Soyons sérieux.
- Par ailleurs, ceux qui prétendent qu’il faut la maintenir en lui donnant une " feuille de route ", c'est-à-dire des instructions; sont au moins des naïfs ! Et depuis quand une Assemblée reçoit-elle des ordres ?
Les islamistes ne s’y trompent pas; ils veulent le maintient de cette Assemblée car ils savent qu’elle votera ce qu’ils voudront. Et personne ne pourra contraindre la majorité à voter ce qu’elle ne veut pas. 
Alors on va promettre  - il est bien pauvre celui que ne peut pas promettre - et on fera ensuite autre chose ... 
ou l’on fera traîner pour gagner du temps ... et "sécuriser" les institutions comme le souhaite Ghannouchi ! 
Ce que ses deux gouvernements ont commencé à faire !

D’ailleurs, est-ce qu’il ne s’est pas déjà passé la même chose en octobre 2012 ?
L'opposition, bonne fille, a accordé "une légitimité consensuelle sous conditions", alors que celle que le mandat du peuple accordé le 23 octobre 2011 se terminait.
Les conditions ont-elles étaient respectées ? 
Est-ce que l’on n’a pas eu de belles promesses d'Ennahdha ?
Est-ce qu’elles ont été tenues ?

Il fallait que le peuple se rebelle à nouveau une énième fois, pour se faire respecter et faire respecter sa volonté en respectant le mandat qu'il a accordé aux constituants !
Mais je pense que le peuple se fatiguera de tout cela et que cela n’est pas sérieux.

La seule solution est donc que tous ces pouvoirs devenus illégitimes dégagent.

III - Quelle solution ?

Il faudra qu’un gouvernement non pas d’union nationale, qui ne ferait que paralyser une nouvelle fois le pays par ses divisions (qui ne vont pas disparaître par un coup de baguette magique), mais un gouvernement de salut public se mette en place : 
- un gouvernement de techniciens, 
- restreint, composé de 10 à 15 ministres, ce qui est largement suffisants dans cette période de crise et 
- qui ne pourraient pas se présenter aux prochaines élections.

Les partis politiques désigneront par consensus une personnalité dont la compétence et le parcours sont au dessus de tout soupçon et c'est ce chef de gouvernement qui choisira lui-même les ministres techniciens dont il a besoin; car sinon le pays part pour des mois et des mois dans des palabres et la Tunisie n'a vraiment pas besoin de cela.

Ce gouvernement aura pour mission principale de terminer la Constitution avec un Comité d’experts et de sages; puis de la soumettre très rapidement à l’approbation du peuple par référendum.

Je suggère que figure dans cette Constitution le texte de celle de 1959 qui interdisait les partis politiques fondés sur la religion. Le peuple tranchera cette question essentielle.
Ali Larayedh ne devrait pas s’y opposer, puisqu’il a suggéré lui-même l’idée d’un référendum !
Et puis quoi de plus démocratique qu'un référendum qui donne la parole au peuple ?

Entre la rédaction de la constitution et l’organisation d’un référendum, il ne devrait pas se passer plus de six mois, délai largement suffisant pour organiser cela, d’autant que la Tunisie peut compter, si elle le souhaite, sur une large aide internationale.

Tout cela aurait le mérite de trancher de manière réellement démocratique !
Et tous les partis croient, nous l’ont-ils assez dit, à la démocratie !

Si le peuple tunisien et toute l’opposition réunie vont vers cette procédure et cette solution, il y aura, c’est certain des remous, des violences car les islamistes ne connaissent que cela, mais cela aura au moins le mérite de trancher de manière nette et de dire comment les tunisiens veulent être gouvernés.

Par contre si l’on continue à croire que les islamistes sont incontournables (alors qu'ils sont en chute libre dans les sondages), qu’il faut les ménager et admettre leur violence, pactiser avec eux alors qu'ils n’ont aucune parole .... alors, faisons-le !
Mais soyons conscients que le pays ira, inévitablement, vers des difficultés graves, des conflits incessants ... et qu’il régressera pour toujours.

Il y a des moments dans la vie des pays, et nous sommes dans un tel moment, où seul le courage politique permet de trouver des solutions qui ne sont jamais apportées par les demi mesures, les accommodements, les renoncements, les petits calculs.

Rachid Barnat