lundi 19 mai 2014

Coup de gueule d'une tunisienne !

Une tunisienne se désolidarise des bédouins d'Arabie et de leurs pétromonarques, parcequ'ils sont la honte du monde dit "arabo-musulman" ! Si cela peut rassurer Fawzia Zouari, bien qu'arabophone, il n'est pas certain qu'elle soit arabe comme la plus part des tunisiens; peuple pluriethnique ... mais d'origine berbère !

R.B

écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne.

Il y a des jours où je regrette d'être née arabe. Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d'Allah et où je m'endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques. Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes ; où des cheikhs manchots et aveugles s'arrogent le droit d'émettre des fatwas parce qu'ils sont pleins comme des outres de haine et de sang ; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu'on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l'âge de 9 ans.

Et puis ces jours où j'entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l'islam refuse de les toucher sous prétexte qu'elles sont impures. Quand j'entends pleurer ce père musulman parce qu'il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie. À l'heure où celui-ci parade dans les faubourgs d'Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d'une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l'on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.

Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains et les François Pinault pour les artistes de leur continent, tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu'il ne vient pas à l'idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l'artiste qui n'a pas de quoi s'acheter un pinceau. Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre alors qu'ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture. Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies. Non ! L'Occident, ces prêcheurs pleins d'arrogance le vomissent, bien qu'ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.

Et la cacophonie de ces "révolutions" qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l'arbre. Ces islamistes qui parlent de démocratie et n'en croient pas un mot, qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves. Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège, qui revendiquent le statut de coépouse, de complémentaire, de moins que rien ! Et ces "niqabées" qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c'était une prouesse de sortir en scaphandrier ! Comme si c'était une manière de grandir l'islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.

Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprès d'une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !

Voilà, c'était mon quart d'heure de colère contre les miens. Ouf !

mardi 13 mai 2014

Boko Haram et les martyrs de Cordoue, ces malade de l'identité

Article paru aussi dans : Tuniscope

Abdelwahab Meddeb fait un parallèle entre les extrémistes actuels avec ceux du christianisme de la belle époque andalouse !
Il oublie un détail ... et de taille : si les moines cultivés et instruits bravaient la culture musulmane dominante d'alors par peur de perdre leur identité religieuse; les jihadistes de nos jours sont un ramassis de voyous, d'incultes, sans foi ni loi, mercenaires de pétromonarques, se vendant au plus offrant, pour faire commerce de tout (armes, esclaves, drogues ...) !
Monarques qui pensent pouvoir dominer le monde "arabe" et bien au delà, en diffusant le wahhabisme qui leur assure leur trône !
Monarques eux mêmes devenus une carte à jouer par un Occident qui a perdu ses valeurs, n'en retenant que celle de l'argent !! 
Occident qui paiera tôt ou tard le prix de sa stupidité, dictée par sa cupidité; puisque le wahhabisme envahissant se déploie jusque chez lui !!!
R.B



L’enlèvement le 14 avril dernier des 276 lycéennes (de 12 à 17 ans) scandalise le monde entier. Cela a eu lieu à Shibok, à l’est de Borno, la province du Nigéria, au nord-est, frontalière du Cameroun où sévit Boko Haram dont le premier nom est Jamâ’at Ahl as-Sunna li-Da’wa wa’l-Jihâd. On dit même que certaines des filles enlevées ont été vendues pour être mariées à des combattants de la foi. Le chef actuel de Boko Haram, Abû Bakr Shekau est apparu dans une mise qui imite Ben Laden: en treillis militaire, un turban lui ceignant le front, cajolant une kalachnikov dans les bras ; il a déclaré: «Les filles ont été enlevées, je les vendrai selon la sharî’a, loi de Dieu (…). L’éducation occidentale doit cesser. Les filles doivent quitter l’école et se marier.»
Photo : Tout est dit...
Où situer ceux qui ont commis un tel crime universellement assimilé à un acte de barbarie absolue ? Tout est dans le nom de ce groupe. Boko Haram sont deux mots étrangers adoptés par la langue vernaculaire, le haoussa : boko vient de l’anglais book, livre; et haram est le mot arabe qui renvoie à l’interdit, au péché. Par condensation Boko Haram veut dire: la culture occidentale incarnée par les livres est un péché, elle est interdite. L’appellation arabe de ce groupe signale au nom de quoi ce commandement est édicté: cette culture occidentale doit être remplacée par les livres qui illustrent la sunna, la tradition, et qui instruisent la da’wa, la propagation de la foi, pour conquérir le monde et convertir à l’islam l’humanité entière par l’arme du jihâd.

Tel radicalisme islamiste agit ici; il atteint le maximum de schématisation lorsqu’il est prôné et pratiqué par des néophytes qui poussent leur zèle à l’excès. Au-delà de la farce sanglante qu’il représente, il s’agit d’un radicalisme qui procède de la maladie de l’identité qu’exploite l’idéologie islamiste quelque forme qu’elle prend, des Frères Musulmans à al-Qâ’ida et Boko Haram. Le dessein de ces malades de l’identité est de lutter contre la culture hégémonique, en l’occurrence l’occidentale, et de neutraliser ceux des leurs qui l’adoptent, qui en adaptent le sens et les valeurs à leur singularité pour être dans le siècle et agir dans le contexte historique qui est le nôtre.

Ces contaminés par le virus de l’identité exclusive veulent détruire les modernes parmi les musulmans ; ils veulent ligoter les séculiers parmi leurs concitoyens, quelle que soit leur croyance. Les sectateurs de Boko Haram veulent neutraliser tant de Nigérians qui brillent dans tous les domaines de la création artistique, littéraire, scientifique, technique. La mouvance idéologique à laquelle ils appartiennent veut anéantir ceux parmi nous qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour contribuer à la civilisation et faire advenir telle civilisation aux leurs.

Photo
L'esclave et son maître. 
Fantasme des peintres orientalistes, 
mais aussi des jihadistes pour qui ces houris sont un avant goût terrestre de promesse de 72 houris (حور العين), éternellement vierges qui les attendent au paradis ... 
comme le leur répètent les prédicateurs obscurantistes pour les endoctriner au wahhabisme !

Je voudrais remonter dans le temps et procéder à ce que l’historienne Lucette Valensi appelle un «anachronisme contrôlé» et j’ajouterai «édifiant». La référence que je convie peut même servir d’apologue. En effet, la maladie de l’identité qui sévit aujourd’hui en islam et dont Boko Haram est la manifestation à l’état brut me rappelle le moment où elle a corrompu la conscience chrétienne lorsque l’islam représentait la culture dominante. Revenons à l’épisode des «Martyrs de Cordoue» (850-857): une cinquantaine de chrétiens ont provoqué l’autorité musulmane pour obtenir le martyre; leurs noms nous sont parvenus et ils sont glorifiés par les exclusivistes catholiques comme héros de la foi. Excités par les idéologues de l’identité, Euloge et Alvare, ils se sont offerts au martyre pour signaler leur refus de la culture hégémonique de leur époque, celle qui a conduit la civilisation à un sommet jusqu’alors inconnu, surtout après la venue d’Orient du fameux Ziryâb, lequel a injecté des nouveautés culturelles qui ont fait muter les mœurs.

Séduits par cette culture, bien des chrétiens y ont succombé. Au grand dam d’Euloge et d’Alvare qui appelaient les leurs à refuser cette culture. Ils attaquaient avec virulence leurs coreligionnaires acculturés, ceux qui ont troqué le latin pour l’arabe, même comme langue liturgique. La polémique s’est installée à l’intérieur du camp chrétien entre pourfendeurs et défenseurs de la culture dominante. L’évêque Reccafède, métropolitain de Séville, critiquait avec férocité Alvare et autres malades de l’identité. Il refusait même d’accorder statut de martyre à ceux qui, à Cordoue, ont obtenu la mort, en provoquant la loi. De même, Saül, évêque de Cordoue, lequel fréquentait assidûment la cour de l’émir ‘Abd ar-Rahmân II (822-852). Le conflit, interne aux chrétiens, opposait à l’église officielle intégrée à la culture dominante, des rebelles formant une église purifiée ou «donatiste».

Selon le médiéviste américain de l’université de Nantes, John Tolan, cet épisode des martyrs de Cordoue met en scène l’opposition dans le camp chrétien entre identitaires et partisans de l’hybridation, ceux qu’on appelle Mozarabes, de l’arabe Musta’ribûn (Arabisés), équivalent des Occidentalisés parmi nous aujourd’hui. Je cite John Tolan: «Confrontés à l’islamisation et l’arabisation de l’émirat de Cordoue, la plupart des Chrétiens de la capitale embrassent la nouvelle haute culture islamique, ou du moins, s’y adaptent. Ils parlent et écrivent l’arabe, ils s’habillent comme les musulmans, fréquentent la cour de l’émir; certains vont jusqu’à se faire circoncire. Face à cette culture urbaine dhimmi qui s’adapte bien aux exigences et aux limites de la convivancia ‘umayyade se dresse la culture latine des monastères, qui voit ce compromis comme une capitulation. Pour un moine comme Samson, la circoncision des chrétiens est le prélude à l’apostasie, pour Alvare, éduqué dans les monastères, c’est la marque de l’antéchrist. La crise des martyrs de Cordoue est souvent présentée comme une confrontation entre islam et christianisme. Il serait plus exact d’y voir une profonde rupture entre deux cultures chrétiennes désormais hostiles qui ont du mal à se comprendre».

Et ce sont ces Mozarabes tant décriés par les malades de l’identité qui joueront le rôle de médiateurs pour la transmission de l’avancée arabe au latin, transmission qui donnera des ailes à la créativité humaine pour faire muter l’esprit et contribuer à la construction de la civilisation hybride qui éclaire au présent notre monde.

Je pense qu’aujourd’hui en islam nous vivons une situation similaire, opposant les séculiers qui s’adaptent aux apports du siècle et les puristes radicaux prônant le retour à une origine fantasmée. Ceux-ci veulent s’imposer au monde en recourant aux violences les plus extrêmes.  Eux, ils cherchent à tuer le plus grand nombre : c’est ce qui les distingue de leurs frères chrétiens de jadis avec qui ils partagent la maladie de l’identité: car ces derniers n’ont pas porté atteinte à autrui, ils ont offert leur personne en s’immolant sur l’autel du sacrifice.

samedi 3 mai 2014

L'article 167 : rejeté ! Ouf, la démocratie l'a échappée belle !!

Le rejet de l'article 167 de la loi électorale prouve que la nouvelle donne destourienne est incontournable, quel que soit le poids électoral des partis destouriens ou apparentés comme Nida Tounes.
R.B
Jamais dans l'histoire moderne de la Tunisie un article de loi n'a été autant controversé et n'a provoqué autant de polémiques, de joutes verbales et d'affrontements politico-idéologiques, que celui devenu célèbre sous l'appellation «loi de l'exclusion», visant les anciens cadres de l'Etat et du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, ancien parti au pouvoir dissous en 2011). Pour finir dans la poubelle, après un suspense hitchcockien qui a tenu en haleine l'ensemble de la nouvelle mais aussi ancienne classe politique.
Passé au vote à deux reprises, samedi et dimanche, cet article controversé n'a pu recueillir les 109 voix nécessaires à son adoption. Pourtant, à part 4 députés apparentés dès leurs élections destouriens, tous les autres députés s'étaient fait élire, en octobre 2011, sur la base de campagnes anti-RCD, preuve que quelque chose a changé depuis.
Le revirement spectaculaire d'Ennahdha
L'écrasante majorité des constituants a refusé de voter un article qui serait resté un point noir dans l'histoire d'une Tunisie qui aspire à devenir un modèle de démocratie et de liberté. C'est vrai que, sans le revirement spectaculaire d'Ennahdha après l'assassinat du député Mohammed Brahmi et qui possède la majorité relative dans l'assemblée, toute une loi et non seulement un article du code électoral aurait été votée.
Rached Ghannouchi avait compris les lourdes conséquences d'une telle démarche et s'est attaché depuis à raisonner ses militants usant tantôt de pressions tantôt d'arguments de persuasion. Il savait qu'un tribunal constitutionnel honnête aurait déclaré cette loi anticonstitutionnelle. La Tunisie aurait aussi été épinglée comme un Etat de non-droit avec les lourdes conséquences que cela suppose sur les plans politique et surtout économique. Sans parler du risque d'un scénario à l'Egyptienne.
Mais ce qui est incroyablement vrai aussi, c'est le silence des Rcdistes et anciens membres du système, qui avaient opté pour la discrétion la plus totale, préférant les tractations en coulisse avec les nouveaux maîtres du pays, les islamistes, et avec d'autres formations. Même les sorties intempestives de certains dirigeants et cadres des partis destouriens ont été stoppées net. On ne bouge plus jusqu'à ce que cette loi soit définitivement écartée.
Seul Béji Caid Essebsi qui, dès le départ, avait opposé un niet clair et ferme à cette loi, en menaçant de déclarer les «élections» non démocratiques parce qu'elles reposent sur une loi anticonstitutionnelle, était monté au créneau ces derniers temps. Les autres dirigeants destouriens ont compris qu'il vaut mieux faire profil bas et laisser passer l'orage. Tout se passe comme s'ils ont fait confiance à Rached Ghannouchi pour faire barrage à cette loi. Ils en étaient sûrs, cette fois-ci, et Ghannouchi a tenu parole au grand dam de ses ouailles, de ses alliés du CpR et ses dérivés et même de Mustapha Ben Jaâfar, qui s'est découvert des élans «éradicationnistes».
Ces démocrates qui votent pour l'exclusion
Néjib Chebbi et compagnie se trouvent à leur tour hors-jeux. Car malgré les positions de principe contre la loi 167, maintes fois réitérées par le leader d'Al-Jomhouri, les députés du parti, à l'exception de Iyed Dahmani, ont préféré s'absenter pour ne pas avoir à voter contre cette loi. Ceux de l'Alliance démocratique (Mehdi Ben Gharbia et consort), qui étaient contre l'exclusion, ont finalement, et contre toute attente, fait un volte-face pour le moins surprenant en votant pour.
Mais la question la plus importante est la suivante: comment expliquer que des députés réputés démocrates votent pour l'exclusion et d'autres réputés antidémocrates votent contre, tandis que certains ont choisi de fuir et se sont absentés ou abstenus? La réponse est on ne peut plus simple. Ceux qui ont voté pour tentent d'empêcher à tout prix une entente tacite voire plus tard une possible alliance entre islamistes et destouriens.
Il faut comprendre par destouriens non seulement les partis qui se réclament du Destour, l'ancien parti nationaliste, mais aussi Nida Tounes et une masse silencieuse qui constitue un immense réservoir de voix.
La stratégie de Ghannouchi est de composer avec eux à long terme tout en continuant de les harceler à court terme pour les affaiblir au maximum. De toute façon, il a réussi à laisser jouer le rôle de l'éradicateur à d'autres et il saura, le moment venu, faire valoir cet atout.
La nouvelle donne destourienne
Avec le rejet de cet article, la nouvelle donne destourienne est incontournable, quel que soit le poids électoral des partis destouriens ou apparentés comme Nida Tounes. Les destouriens de Nida n'avaient pas l'air du tout désemparés par le vacarme médiatique et les gesticulations de leurs ennemis. C'est même ce moment-là qu'ils ont choisi pour pousser leurs pions au sein de ce parti. Ils contrôlent désormais toutes ses structures régionales et les plus importantes sur le plan national. C'était plus important, car contrôler Nida avec Béji Caïd Essebsi à sa tête c'est contrôler le premier parti crédité par les sondages et donc se mettre en position de gagner les prochaines élections.
Les autres destouriens, surtout dans les régions et les zones rurales, pourront maintenant mettre en marche leur machine qui, comme tout le monde le sait, ne se met en marche que la veille d'élections importantes et surtout quand il y a des enjeux locaux.

Ce qui est certain c'est qu'il y a avant et après ce vote qui, sans être historique, a révélé où va la Tunisie.

jeudi 1 mai 2014

La politique du "deux poids deux mesures" de la France








Ou quand l'Etat français ne fait rien contre Israël et empêche la société civile d'agir pour dire stop à la colonisations des territoires palestiniens occupés.
R.B  

Rony BRAUMAN, 
François DUBUISSON,
Ghislain POISSONNIER, et
Pierre OSSELAND

La France contre les défenseurs du droit international ?

Depuis 2009, en France, des militants associatifs se mobilisent dans les commerces, les entreprises, les universités, les médias pour que les consommateurs boycottent l’achat de produits israéliens et que les citoyens exigent de leurs responsables politiques des actions concrètes contre la politique illégale et injuste de l’Etat d’Israël. Ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre la campagne internationale BDS pour «Boycott, Désinvestissement, Sanctions» qui appelle à agir pour le respect du droit international en Palestine. Il s’agit d’une campagne internationale, citoyenne et non-violente, qui a lieu dans plus de 40 Etats dans le monde.
La campagne BDS trouve son origine dans l’appel lancé, le 9 juillet 2005, par 172 partis, organisations et syndicats palestiniens : «Nous, représentants de la société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid».
Elle a pour but d’exercer une pression sur l’Etat d’Israël, notamment, pour qu’il renonce à la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, ainsi qu’à la construction du mur de séparation. Rappelons que, si la colonisation et le «mur» ont été déclarés illégaux par l’avis de la Cour internationale de justice de La Haye du 9 juillet 2004, les Etats n’ont rien fait ou presque pour pousser Israël à se conformer à cette décision, alors qu’il leur revient de «faire respecter» le droit international. La campagne BDS ne fait finalement que rappeler aux gouvernements leurs obligations légales.
Cependant, la France est le seul pays (avec Israël depuis 2011) à envisager de la rendre punissable pénalement. Un texte interne au ministère de la Justice adopté le 12 février 2010, dite «circulaire Alliot-Marie», garde des Sceaux de l’époque, ordonne aux procureurs de poursuivre ceux qui appellent au boycott des produits israéliens. Depuis l’adoption de la circulaire, des poursuites pénales ont été engagées contre plus d’une quarantaine de militants de la campagne BDS pour «provocation à la discrimination raciale, nationale ou religieuse». La situation est d’autant plus choquante que les militants de la campagne alertent le public et l’administration sur une violation du droit français et européen par les autorités israéliennes.
En effet, il est de notoriété publique qu’Israël délivre des certificats de manière indifférenciée à des produits fabriqués dans les colonies israéliennes de Cisjordanie ou sur le territoire israélien, tant et si bien que le consommateur n’est pas informé de l’origine des produits qu’il achète. Cependant, que l’on soit pour ou contre le boycott de l’Etat d’Israël ou même indifférent au problème, la circulaire Alliot-Marie est profondément choquante pour au moins trois raisons.
Tout d’abord, l’appel au boycott fait partie du débat politique républicain. C’est un droit qui s’exprime depuis des décennies en France, comme un droit à la revendication et à la critique. La tentative de pénalisation actuelle de la campagne BDS - à l’initiative du ministère de la Justice - s’inscrit en contradiction avec une tradition française d’action politique non-violente. Madame Taubira a d’ailleurs qualifié l’appel au boycott des produits issus d’un régime oppressif de «pratique militante, reconnue, publique» et admet l’avoir encouragé en son temps contre les produits sud-africains. Jamais il n’avait été envisagé de pénaliser la campagne de la société civile contre l’apartheid sud-africain. Aucune poursuite n’a été engagée en France contre ceux qui appellent au boycott des produits chinois, en raison de la situation au Tibet, ou des produits russes, en raison de la situation en Tchétchénie. Rien de tel, non plus, contre ceux de nos responsables politiques qui ont appelé à sanctionner le Mexique, à cause de la détention de Florence Cassez, ou encore, l’Ukraine, à cause de l’emprisonnement de Ioula Timochenko.
Ensuite, l’appel au boycott n’est pas interdit en droit français, tant qu’il ne tombe pas dans le champ d’application des deux textes du code pénal qui interdisent la discrimination (article 225-1) et l’entrave à l’exercice d’une activité économique (article 225-2). La circulaire Alliot-Marie affirme, sans le démontrer, que l’article 24 alinéa 8 de la loi de 1881 sur la presse permettrait de réprimer les appels lancés par des citoyens au boycott de produits issus d’un Etat dont la politique est contestée. En réalité, cet article est destiné uniquement à réprimer les appels discriminatoires contre des personnes physiques. Or, la circulaire l’interprète de manière extensive, en contradiction avec la règle de l’interprétation stricte des lois pénales. Madame Taubira a même reconnu que cette circulaire contenait une interprétation de la loi qui pouvait être considérée comme «injuste» ou «abusive». Cette interprétation est d’autant plus malvenue que la campagne BDS condamne toute forme de racisme et d’antisémitisme et n’utilise que des moyens pacifiques pour convaincre les consommateurs.
Enfin, le droit européen interdit une telle pénalisation. Toute interprétation du droit français dans le sens de la pénalisation de propos appelant à des mesures coercitives (boycott, embargo, suspension de la coopération, gel des avoirs, retrait des investissements, etc.) contre un Etat critiqué pour ses violations du droit international est contraire à la convention européenne des droits de l’homme qui protège la liberté d’expression. La Cour européenne des droits de l’homme rappelle, régulièrement, que les groupes militants bénéficient, sur des sujets politiques, d’une protection renforcée de leur liberté d’expression. La cour d’appel de Paris a d’ailleurs relaxé des militants de la campagne BDS, considérant que les propos tenus constituaient une forme de critique pacifique de la politique d’un Etat, et donc relevaient du droit à l’expression sur un sujet d’intérêt général.
Une abrogation immédiate de la circulaire Alliot-Marie s’impose. Il est indispensable de lutter contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme. Il est tout aussi indispensable de respecter la liberté d’expression de ceux qui se mobilisent pacifiquement pour que le droit international soit appliqué en Palestine et ailleurs.








Tunisie : la transition exemplaire

Un préjugé favorable pour Mehdi Jomaa et son gouvernement ? Wait and see.

R.B

 

Caroline Fourest

Les bonnes nouvelles sont rares, surtout en géopolitique. Raison de plus pour ne pas les bouder. Il y a quelques mois à peine, la Tunisie était gérée par une troïka composée d'intégristes et d'alliés alibis. Ensemble, ils ont conduit le pays au bord du chaos, à tous points de vue: touristique, économique, démocratique et sécuritaire. Sous leur règne, les extrémistes faisaient la loi et ceux qui leur résistaient étaient arrêtés. Pendant que l'économie plongeait... 
Discrédité et hors délais en termes de mandat, ce gouvernement a dû céder la place à un gouvernement de transition apolitique et issu de la société civile, dont on dira peut-être un jour qu'elle a sauvé la Tunisie.
Sa chance est triple : la Tunisie ne dispose pas d'une armée désireuse de juguler l'islamisme par la force et la violation de l'état de droit comme en Égypte. Elle ne peut compter que sur la résistance d'une société civile. Quant à son économie, elle ne vit pas de la rente pétrolière ou gazière, de celle qui corrompt comme en Algérie, mais du tourisme et donc de l'ouverture aux autres. Il ne lui manquait qu'un personnel politique plus compétent qu'idéologues. C'est la force de ce gouvernement provisoire.
Lire aussi: 
Des ministres au service de la transition
Ils ont un peu le profil de ceux qui ont assuré la transition entre le départ de Ben Ali et l'élection de la Constituante: des personnalités de la société civile, parfois des Tunisiens de la diaspora. Ce ne sont pas des professionnels de la politique, ils se sont d'ailleurs engagés à ne pas se présenter aux élections qui viendront. Leur rôle est de redresser le pays, d'apaiser les tensions, et de rassurer les investisseurs. À l'image de la nouvelle ministre du Tourisme: Amel Karboul. Ultra-diplômée, francophone et anglophone, elle a travaillé dans l'industrie automobile et dirigé une société de conseil, avant de mettre ses activités entre parenthèses pour participer à ce gouvernement.
Sa mission ? Convaincre les Tunisiens de l'étranger de revenir passer leurs vacances dans leur pays d'origine, ce qu'ils font moins ces dernières années. Mais aussi les Européens, et plus seulement les Libyens. Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a montré l'exemple en déclarant qu'il passerait une partie de ses vacances en Tunisie...
D'ici là, il faudra encore résister à quelques polémiques absurdes, comme celle agitée par 85 députés de la constituante, à propos du pèlerinage de la Gribah. C'est un vieux rituel effectué à la synagogue de l’île de Jerba, qui témoigne de la diversité culturelle de ce pays. Des députés se plaignent que les visiteurs puissent venir avec leur vrai passeport, parfois israélien, et non en demandant un document alternatif délivré par les autorités tunisiennes pour faire semblant d'ignorer leur nationalité. Cette année, l'hypocrisie sera levée, malgré le grincement de certains députés. Surprise, même Rached Ghannouchi, le leader d'Ennahdha, trouve la polémique déplacée ... Quitte à se faire critiquer par d'autres intégristes de son mouvement.
À quoi joue Rached Ghannouchi ?
Le gouvernement d'union nationale le ménage pour apaiser les tensions. Lui coopère. Un jour, il prend ses distances avec l'islam égyptien, tout en allant saluer le modèle turc -autoritaire et corrompu- d'Erdogan. L'autre, il déclare que les mosquées ne devraient plus servir à des prêches politiques, ce qui est pourtant la spécialité des partisans...
Que faut-il en penser ? L'histoire algérienne, égyptienne et turque prouve qu'il ne faut jamais se faire d'illusions avec les Frères musulmans, ni les prendre aux mots... Néanmoins, ces mots sont prononcés et fracturent le camp islamiste: entre jusqu'auboutistes et pragmatiques.
Il a fallu des mois de pression pour convaincre Ennahda de quitter le pouvoir. La peur de subir une forme de répression comme en Égypte et peut-être plus encore la peur d'avoir à gérer la cessation de paiement qui guettait la Tunisie a beaucoup joué. L'intelligence stratégique aussi. Tactiquement, Ennahda a tout intérêt à être dans l'opposition et non au pouvoir quand les élections auront lieu. À cette image, Ghannouchi joue la carte de l'apaisement, certainement dans l'espoir de finir ses jours en Tunisie et non en exil, aussi pour adoucir le triste bilan de son parti. Lequel rêve toujours de revenir au pouvoir, et cette fois pour longtemps.
Le retour du pire est-il possible ?
Tout est possible, mais pour l'instant les efforts de ce gouvernement apolitique paient. Il a su réaffirmer certaines libertés tout en combattant les extrémistes. Il vient de signer sans réserves le programme de lutte pour l'égalité hommes-femmes de l'Onu (CEDAW) et a même envisagé d'interdire le voile intégral. Ces signaux rassurent à la fois sa société civile et les investisseurs. C'est une donnée fondamentale de l'équation. Contrairement aux islamistes, les dirigeants actuels ne vont pas chercher leur soutien financier au Qatar, plutôt auprès de l'Union européenne ou au FMI, qui vient de débloquer 255 millions de dollars pour la Tunisie. En échange, le gouvernement va devoir mener des réformes. On risque de voir s'appliquer les vieilles recettes libérales. Attention toutefois à ne pas les juger hors contexte.
Dans un pays au bord de la cessation de paiement et du totalitarisme, Ennahda avait choisi la perfusion qatarie pour pouvoir engager des fonctionnaires, souvent choisis pour leurs convictions islamistes. La pire des dépendances au service du clientélisme. Avec ce gouvernement, l'État cherche à faire des économies tout en attirant les entreprises privées plus ouvertes sur le monde.
Son défi est aussi sécuritaire. Il suffira d'un seul apprenti jihadiste revenu de Syrie ou d'un camp d'entraînement en Libye pour gâcher la fête ou la saison touristique. À l'inverse, s'il réussit à réformer ce pays dans la justice, de façon à assurer la pérennité de ses institutions, le tout dans un délai raisonnable avant de rendre le pouvoir, la Tunisie aura réussi un incroyable pari. Passer d'une révolution populaire, forcément chaotique, à une démocratie véritablement stable.

vendredi 25 avril 2014

Les Frères musulmans devenus persona non grata ?

Pas si sûr ... en tous cas, pas pour les américains !


Obama sous "pression saoudienne" intime l'ordre au Qatar de s'en séparer; alors qu'en réalité en parfaite connivence avec l'émir, ils ne font que déplacer la nuisance des "frères" dans les pays qu'ils ont déstabilisés pour mieux les "reprendre en main" en installant leur chef de guerre en Libye et leur chef spirituel en Tunisie ... et mater le général al Sissi qui leur résiste !
R.B

N’eut été le réveil nationaliste égyptien conduit par le général al-Sissi, le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zaouahiri, serait aujourd’hui confortablement installé dans une Egypte dirigée par les Frères musulmans, l’organisation dont il faisait partie avant de fonder le Jihad islamique, puis  rejoindre Ben Laden dans sa folie meurtrière. Sa reconversion et recentrage politique, par le biais de Mohamed Morsi et Mohamed al-Zaouahiri, son propre frère, auraient arrangé beaucoup de monde, à commencer par les Etats-Unis d’Amérique. 

Mais ce plan a lamentablement échoué et avec lui, les visées islamo-atlantistes du « printemps arabe » qui a démarré par la déstabilisation de la Tunisie. Cet échec ne signifie pas pour autant qu’il a été définitivement abandonné. Les Frères musulmans, dont l’administration Obama a favorisé l’élection, n’ont pas dit leur dernier mot. Ils se préparent à mener le djihad armé contre les autorités égyptiennes à partir de trois zones frontalières : Gaza, le Soudan et la Libye, trois régions où ils peuvent compter sur leurs frères en secte, massivement présents. Selon Achraf Badr, rédacteur en chef du très sérieux quotidien égyptien Al-Ahram, il y a déjà aux frontières égypto-libyennes 3000 hommes qui se font appeler "armée libre d'Egypte", et qui sont des miliciens Libyens, Maliens, Soudanais, Marocains, Tunisiens et Egyptiens. Toujours selon Al-Ahram, Youssef Qaradaoui a visité ce camp début avril 2014.    

D’où le transfert d’Ayman al-Zaouahiri en Libye et plus exactement à Tobrouk. L’opération s’est déroulée dans le secret le plus total, grâce à une coordination entre le Qatar, les services américains et les vrais détenteurs du pouvoir en Libye, à savoir Abdelhakim Belhadj et ses troupes islamistes. Avec une dizaine de ses lieutenants, le chef d’Al-Qaïda a d’abord été acheminé à Doha, où il a passé un mois, ensuite transféré à Benghazi à bord du jet privé d’un homme d’affaire qatari dont nous n’avons pas pu obtenir le nom. C’est son fidèle disciple Abdelhakim Belhadj qui l’a accueilli à Benghazi pour l’accompagner jusqu’à son nouveau quartier général dans la région de Tobrouk. On signalera au passage qu’Abdelhakim Belhadj sera prochainement nommé ministre de l’Intérieur. Il sera ainsi le deuxième ancien d’Al-Qaïda à occuper un poste ministériel, puisque le portefeuille de la Défense est détenu par un ancien djihadiste en Afghanistan, Khaled Chérif.   

Pour ceux qui ne connaissent pas le parcours de ce sinistre personnage, Ayman al-Zaouahiri est le successeur d’Oussama Ben Laden à la tête d’Al-Qaïda. Très jeune activiste, ce médecin a adhéré à la secte des Frères musulmans en 1966. En 1979, il fonde le Jihad islamique, l’organisation terroriste responsable de l’assassinat de Sadate le 6 octobre 1981. Condamné puis relâché après trois ans de prison, il part au Soudan et rejoint par la suite les djihadistes en Afghanistan pour « saigner l’armée rouge soviétique ». Selon l’imam Sayyed, ancien guide spirituel du Jihad islamique, dans son livre « La honte de l’exonération » (2008), Ayman al-Zaouahiri travaillait pour un service étranger pour monter des opérations contre l’Egypte. Parmi ses crimes, la tentative d’assassinat du Premier ministre égyptien Atef Sidqui (1993) et le massacre de Louxor (62 morts), qui lui a valu la condamnation à mort en 1999. Dans son livre coécrit avec Ben Laden, « Le Front islamique mondial contre les Juifs et les Croisés »(1998), il prône le djihad à l’échelle planétaire et la destruction des régimes arabes. C’est à partir de cette date que le Jihad islamique a officiellement fusionné avec Al-Qaïda. Après la liquidation bien programmée de Ben Laden, Ayman al-Zaouahiri est devenu le No1 d’Al-Qaïda en juin 2011. Pour les Anglo-américains, il fallait bien un nouveau « partenaire » dans cette nouvelle phase du « printemps arabe » ! Dès son intronisation, il intervient à deux reprises par vidéo diffusée sur Al-Jazeera, pour féliciter les Tunisiens de leur « révolution divine ». 

Le rôle d’Al-Qaïda dans la « révolution » dite du jasmin ne s’est pas limité à des prêches « religieux », ceux de Qaradaoui et Zaouahiri, qu’Al-Jazeera passait en boucle. Il s’est également traduit sur le terrain. TS l’a révélé dès 2012, mais c’est le journal tunisien Al-Chourouk qui avait affirmé, le 11 mai 2013, que certains des snipers qui ont tué les manifestants de Tala, Kasserine, Jendouba et Gafsa étaient des terroristes d’Al-Qaïda activés et financés par le Qatar. Al-Chourouk avait écrit, sur la base de sources sécuritaires, que « des vérités choquantes seront bientôt révélées au sujet des groupes d’Al-Qaïda qui étaient à l’origine des nombreux incendies de postes de police et de tribunaux, avant et après le 14 janvier 2011, ainsi que de l’assassinat d’un grand nombre de martyrs de Tala et de Kasserine, grâce à l’aide d’éléments tunisiens de l’intérieur et de pays étrangers. Le but était de créer l’anarchie et de faire tomber l’Etat ». 

Pour ce journal d’investigation généralement bien informé, «Les groupes dont avait parlé l’ancien président Ben Ali, les désignant par « étrangers » et « cagoulés », se sont avérés réels selon les témoignages mêmes des riverains. Pour ces témoins oculaires, ceux qui ont attaqué des postes de polices et des bâtiments de l’Etat dans la nuit, dans plusieurs gouvernorats frontaliers, comme Le Kef, Jendouba, Kasserine, Gafsa, ne sont pas du tout originaires de ces gouvernorats. Pour ceux qui ont vécus ces événements, il s’agit là d’une vérité que nul ne pourra contester ». 

Le transfert d’Ayman al-Zaouahiri en Libye n’est donc qu’un renvoie de l’ascenseur pour services rendus au printemps islamo-atlantiste. Et puis la mission d’Al-Qaïda en terre arabe est loin d’être terminée. Garder sous la main un aussi bon élément de la stratégie anglo-américaine est un impératif catégorique. Al-Zaouahiri est, en effet, appelé à jouer un rôle de premier plan dans la justification d’une présence américaine durable dans toute la région du Maghreb. Avec sa septième colonne, il servira aussi de paravent à l’islamisme « modéré » des Frères musulmans Égyptiens comme Libyens, comme Tunisiens et comme Algériens. 

L’imam occulté des Frères musulmans, Youssef Qaradaoui, ne sera pas géographiquement loin de son ami et compatriote, Ayman al-Zaouahiri. Sur le point de quitter Doha pour Izmir, un fief des Frères musulmans Turcs, il s’installera plus tard en Tunisie, conformément à un accord conclu entre Tamim, Ghannouchi et Marzougui. Mise sous pression par l’Arabie Saoudite, le Bahreïn et les Emirats, l’oligarchie islamo-mafieuse du Qatar s’est trouvée contrainte de se débarrasser du grand mufti de l’OTAN, malgré son dernier hymne à la gloire du « grand frère saoudien », et d’un certain nombre d’autres islamistes arabes qui ont déjà trouvé refuge à Londres, Istanbul, Amman et Tunis. 

Ainsi, toute la famille islamo-terroriste sera réunie entre la Tunisie et la Libye : Ayman al-Zaouahiri, Youssef Qaradaoui, Rached Ghannouchi, Abdelhakim Belhadj, Seifallah Ben Hassine, Mokhtar Belmokhtar… Et cela promet un bel avenir pour les pays dits du « printemps arabe ». A commencer par la Libye elle-même, qui va connaître dans les semaines qui viennent des affrontements sanglants entre les différentes factions islamistes pour le contrôle du pays. Processus qui nous rappelle à bien des égards celui qui a conduit à l'anéantissement de l'Irak.    

mardi 22 avril 2014

Le coup d’Etat de Wikileaks en Tunisie

Et si c'était les américains qui sont derrière les soulèvements des peuples aussi bien en Europe qu'en Afrique du nord et au Moyen Orient ? Transformant la crise mondiale économique du fait des banques américaines ... en crise "politique" dans le monde ... pour "redistribuer" les cartes géopolitiques et économiques figées depuis la deuxième guerre mondiale !! 
R.B


La CIA rabat un Tsunami Méditerranéen de Coups d’Etat : Libye, Egypte, Syrie, Algérie, Jordanie, Italie sont tous ciblés ; Les Etats-Unis et la Grande Bretagne cherchent de nouvelles marionnettes pour affronter l’Iran, la Chine et la Russie ; Les domestiques d’Obama : Cass Sunstein, Samantha Power, Robert Malley et l’International Crisis Group impliqués dans les destabilisations

Washington DC, le 16 janvier 2011 – L’intelligence Américaine vit aujourd’hui une exultation quasi obsessionnelle après le renversement réussi du gouvernement Tunisien du Président Ben Ali ce weekend. Le Département d’Etat et la CIA, à travers des médias qui leur sont loyaux et fidèles, alimentent impitoyablement le tapage médiatique du Coup d’Etat Tunisien des derniers jours en tant que prototype de la deuxième génération des révolutions colorées, coups d’état postmodernes et déstabilisations populaires du pouvoir d’inspiration américaine. Au département d’Etat et à la CIA, des plans fébriles sont en cours d’élaboration pour un véritable Tsunami méditerranéen conçu pour renverser la majorité des gouvernements du Monde Arabe et bien au-delà. Les planificateurs impérialistes imaginent désormais qu’ils sont en mesure de renverser ou d’affaiblir les gouvernements Libyen, Égyptien, Syrien, Jordanien, Algérien, Yéménite et d’autres probablement pendant que les efforts continus de la CIA visant à démettre de ses fonctions le Premier ministre italien Silvio Berlusconi (à cause de son amitié avec Poutine et de son soutien pour le gazoduc South Stream) font de ce plan une tentative de déstabilisation non seulement à l’échelle arabe mais aussi à l’échelle méditerranéenne.
Une révolution contre la faim et non une Révolution du Jasmin
Les planificateurs impérialistes de Washington croient désormais qu’ils ont réussi à rénover leur modèle existant de révolutions colorées ou de coups d’état postmodernes. Cette méthode de liquidation des gouvernements commençait à perdre un peu de son prestige après l’échec de la tentative de révolution ploutocratique des Cèdres au Liban, le retournement de la révolution Orange du FMI et de l’OTAN tant haïe en Ukraine, l’effondrement ignominieux de la Révolution Twitter de Juin 2009 en Iran et le discrédit généralisé de la Révolution des Roses en Géorgie soutenue par les Américains en raison des activités bellicistes et oppressives du fasciste fou Saakashvili. Le consensus impérialiste veut désormais que les événements tunisiens forment le précurseur d’une nouvelle version de coups d’état populaires spécifiquement adaptés à la réalité d’aujourd’hui et plus précisément celle d’une récession économique mondiale, d’une crise de répartition et d’une désintégration de l’économie casino mondialisée.
Les tumultes tunisiens sont décrits dans la presse américaine comme «révolution du jasmin», cependant, il serait beaucoup plus pertinent de les considérer comme une variation de révolution classique contre la faim. L’agitation tunisienne n’était pas principalement liée à la volonté de la classe moyenne de s’exprimer, de voter ou encore de surfer librement sur Internet.
L’agitation a commencé par les déprédations de Wall Street qui ravagent encore aujourd’hui la planète entière : des prix outrageusement élevés de la nourriture et du carburant provoqués par la spéculation sur les produits dérivés, des niveaux élevés de chômage et de sous-emploi, et un désespoir économique général. Le déclenchement a été le suicide tragique d’un vendeur de légumes à Sidi Bouzid qui a été harcelé par la police. Comme Ben Ali se battait pour rester au pouvoir, il a donc reconnu la cause des troubles par son geste ordonnant d’abaisser les prix alimentaires. Le gouvernement jordanien a pour sa part baissé les prix des aliments d’environ 5%.
Assange et Wikileaks, Outils clés de la CIA pour Duper la Jeunesse
La nature économique de l’agitation actuelle pose un réel problème pour les impérialistes de Washington, puisque la ligne du Département d’Etat tend à traduire les droits de l’Homme exclusivement en termes politiques et religieux, jamais comme une question de droits économiques ou sociaux. Le contrôle des prix, les salaires, les allocations de chômage, les prestations sociales, les soins de santé, le logement, les droits syndicaux, la réglementation bancaire, les tarifs protectionnistes et autres outils économiques d’auto-défense nationale n’ont aucune place dans l’énoncé consensuel de Washington. Dans ces circonstances, qu’est ce qui pourrait être fait pour duper le surplus de jeunes de moins de 30 ans qui représentent aujourd’hui la réalité démographique centrale de la plupart des pays arabes ?
Dans ce contexte, les drones prédateurs du cyber espace de la CIA – Julian Assange et Wikileaks – offrent un service indispensable à la cause impérialiste. En Islande, à l’automne 2009, Assange a été appelé par ses bailleurs de fonds à détourner et perturber un mouvement pour la survie économique nationale. Ce mouvement reposait sur un moratoire sur la dette, le rejet de l’ingérence opérée à travers le Fonds Monétaire International et la relance de l’économie productive à travers un programme ambitieux d’infrastructures nationales et l’exportation de moyens de production à haute technologie, en particulier dans le domaine de l’énergie géothermique. Assange a réussi à convaincre de nombreuses personnes en Islande que ces causes n’étaient pas assez radicales et qu’elles devaient plutôt consacrer leurs énergies sur la publication d’une série de documents gouvernementaux américains et autres, soigneusement pré-sélectionnées, qui ciblaient en quelque sorte des personnalités politiques que Londres et Washington avaient intérêt à gêner et affaiblir. En d’autres termes, Assange a été en mesure de duper les militants honnêtes en les faisant travailler pour les financiers impérialistes. Assange n’a aucun programme excepté «Transparency», programme qui constitue le refrain constant de la mafia des droits de l’Homme américaine et britannique car il tente de causer l’effondrement de gouvernements ciblés dans le secteur du développement en particulier.
« Yes we can » ou « Les prix alimentaires sont vraiment trop élevés ! »
La Tunisie constitue probablement le premier cas où Assange et Wikileaks peuvent revendiquer de manière crédible d’avoir fait exploser le coup d’état. La plupart des organes de presse sont d’accord que certains câbles du Département d’Etat faisant partie de la récente fuite de documents de Wikileaks et ayant porté sur les excès sybarites et le style de vie somptueux du clan Ben Ali, ont joué un rôle clé, poussant la petite bourgeoisie tunisienne dans les rues. En partie grâce à Assange, les chaînes de télévision occidentales ont ainsi pu montrer des images de la foule tunisienne brandissant des pancartes où on pouvait lire "Yes We Can !" plutôt que de lire un slogan beaucoup plus réaliste et populiste "Les prix alimentaires sont vraiment trop élevés !"
Ben Ali avait été au pouvoir pendant 23 ans. En Egypte, le président Moubarak est au pouvoir depuis presque 30 ans. Le clan Assad en Syrie est également au pouvoir depuis environ trois décennies. En Libye, le colonel Kadhafi est au pouvoir depuis presque 40 ans. Hafez El-Assad a pu mettre en place une succession monarchique permettant à son fils de prendre le pouvoir quand il est mort il y a 10 ans, et Moubarak et Kadhafi tentent de faire la même chose aujourd’hui. Comme les Etats-Unis ne veulent pas de ces dynasties, la tactique évidente de la CIA est de déployer des actifs tels que Twitter, Google, Facebook, Wikileaks, etc. pour transformer les membres clés de la jeunesse démographiquement en surplus en foules fourmillantes pour faire tomber les régimes gérontocratique.
La CIA veut de nouvelles marionnettes agressives pour affronter l’Iran, la Chine et la Russie
Tous ces pays nécessitent bien entendu de sérieuses réformes politiques et économiques, mais ce que la CIA cherche à faire de la récolte actuelle de déstabilisations n’a absolument rien à voir avec un quelconque changement positif dans les pays concernés. Ceux qui en doutent devraient se rappeler les actions économiques et politiques horribles effectuées par les marionnettes installées dans le sillage des récentes révolutions colorées – des personnes comme Iouchtchenko et Timochenko, agents kleptocrates du FMI-OTAN en Ukraine, Saakachvili le dictateur belliciste mentalement instable en Géorgie, et ainsi de suite. Les forces politiques qui sont assez folles pour accepter l’idée de l’espoir et du changement du Département d’Etat se retrouveront bientôt sous le joug de nouveaux oppresseurs de ce type. Le danger est très grand en Tunisie, car les forces qui ont renversé Ben Ali n’ont ni leader visible ni organisation politique de masse qui pourrait les aider à lutter contre l’ingérence étrangère comme avait réussi à le faire le Hezbollah en anéantissant le coup d’Etat des cèdres au Liban. A Tunis, le champ est grand ouvert pour la CIA lui permettant d’installer un candidat de son choix, de préférence sous le couvert d’«élections». Les vingt-trois ans sous Ben Ali ont malheureusement laissé la Tunisie dans un état beaucoup plus atomisé.
Mais pourquoi cette obsession de Washington de renverser ces gouvernements ? La réponse est exclusivement liée à l’Iran, la Chine et la Russie. En ce qui concerne l’Iran, la politique du Département d’Etat tourne notoirement autour d’une tentative de réunir un front uni de régimes arabes et sunnites bien établis afin de contrer l’Iran chiite et ses différents alliés à travers la région. Les choses allaient plutôt mal comme le montre l’incapacité des Etats-Unis à placer sa marionnette préférée Allaoui en Irak, où Maliki, le pro-iranien, semble susceptible de s’accrocher au pouvoir dans un avenir proche. Les Etats-Unis veulent désespérément une nouvelle génération de démagogues « démocrates » instables plus disposés à mener leur pays contre l’Iran que se sont avérés les régimes immobiles actuels. Il y a aussi la question de la pénétration économique chinoise. Nous pouvons être sûrs que tout nouveau leader installé par les Etats-Unis véhiculera dans son programme une rupture des relations économiques avec la Chine, incluant notamment une rupture des expéditions de pétrole et de matières premières, à l’instar de ce que le chef de la révolution Twitter Mir-Hossein Mousavi avait déclaré préparer pour l’Iran s’il avait pris le pouvoir l’été 2009, avec son mouvement de protestation "Mort à la Russie, Mort à la Chine". En outre, l’hostilité des Etats-Unis contre la Russie n’a pas diminué, malgré les effets apparents de la récente ratification de START II. Si par exemple une révolution colorée devait avoir lieu en Syrie, nous pourrions être sûrs que la présence navale russe au port de Tartous, qui perturbe les planificateurs de l’OTAN, serait terminée très rapidement. Si les nouveaux régimes montrent de l’hostilité contre l’Iran, la Chine et la Russie, nous verrons bientôt que les inquiétudes internes relatives aux droits de l’Homme disparaîtraient très rapidement de l’agenda américain.
Agents clé de déstabilisation du régime Obama
Pour ceux qui sont en train de compter les points, il serait utile de repérer certains des agents de déstabilisation à l’intérieur du régime actuel des États-Unis. Il est évident que la vague actuelle de subversion contre les pays arabes a été lancée par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton lors de son discours tant vanté la semaine dernière à Doha, au Qatar, quand elle a mis en garde les dirigeants arabes les appelant à procéder à des réformes économiques (conformément aux règles du FMI) et à éradiquer la corruption, ou sinon de se retrouver face à l’exclusion.
Compte tenu du rôle critique d’Assange et de Wikileaks dans la phase actuelle, Cass Sunstein, tsar de la réglementation à la Maison Blanche doit également être compté parmi les top-putschistes. Rappelons que le 24 Février 2007, Sunstein avait écrit l’article intitulé "A Brave New Wikiworld" paru au Washington Post, dans lequel il se réjouissait de déclarer que « Wikileaks.org, fondé par des dissidents en Chine et autres pays, planifiait de diffuser des documents secrets du gouvernement et de les protéger de la censure à l’aide de logiciels codés ». Ce fut en fait le plus gros coup publicitaire pour Assange et le début de Wikileaks dans la presse américaine traditionnelle -, tout cela grâce à Sunstein, aujourd’hui haut responsable de la Maison Blanche. Serait-ce donc insensé de supposer que Sunstein représente le contact et le superviseur de l’opération Wikileaks à la Maison Blanche ?
Chaque arbre de la forêt arabe pourrait tomber
Une autre figure qui mérite d’être mentionnée est Robert Malley, un agent américain bien connu de la « couverture de gauche » qui dirige actuellement le programme pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à l’International Crisis Group (ICG), une organisation réputée pour fonctionner avec l’argent craché par Georges Soros conformément à des tactiques élaborées par Zbigniew Brzezinski. Malley a été controversée lors de la campagne présidentielle de 2008 en raison de la position anti-israélienne qu’il a feinte pour mieux duper les dirigeants arabes qu’il cible. Malley a déclaré au Washington Post le 16 Janvier 2011 que chaque arbre de la forêt arabe pouvait désormais tomber : « Nous pourrions parcourir la liste des dirigeants arabes contemplant leur reflet dans le miroir en ce moment précis et très peu d’entre eux ne seraient pas sur la liste. ». Nous conseillons aux gouvernements arabes de garder un oeil sur les agents de l’ICG dans leur pays.
Cass Sunstein est désormais marié à Samantha Power, qui travaille actuellement au Conseil National de Sécurité de la Maison Blanche à titre d’assistante spéciale du Président et de Directrice de l’Office des Affaires Multilatérales et des Droits de l’Homme – foyer bureaucratique précis des opérations de déstabilisation comme ce fût le cas pour la Tunisie. Power, tout comme Malley, est un ancien agent de la division « Droits de l’Homme » de l’intelligence américaine, ancienne experte en remplacement légitime d’anciens clients oppresseurs des Etats-Unis par de nouvelles marionnettes, dans un processus sans fin de subversion sans répit. Malley et Power ont été contraints tous les deux à soumettre des démissions pour la bonne règle au cours de la campagne présidentielle d’Obama en 2008 – Malley pour avoir parlé au Hamas, et Power pour une tirade obscène contre Hillary Clinton, qui est aujourd’hui sa rivale bureaucratique.
Recommandations aux Gouvernements, Forces Politiques et Syndicats Arabes
Le monde arabe a besoin d’apprendre quelques leçons fondamentales sur la mécanique de révolutions colorées de la CIA afin de ne pas reproduire l’expérience tragique de la Géorgie, l’Ukraine, et tant d’autres pays. Dans le monde actuel appauvri par la récession économique, un programme de réformes capables de défendre les intérêts nationaux contre les rapaces de la mondialisation financière constitue l’impératif premier.
Par conséquent, les gouvernements arabes doivent expulser immédiatement tous les fonctionnaires du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, et de leurs établissements de crédit sous-jacents. Les pays arabes qui sont actuellement sous le joug des conditions du FMI (notamment l’Egypte et la Jordanie parmi les Arabes, et le Pakistan parmi les États musulmans) doivent unilatéralement et immédiatement se libérer et réaffirmer leur souveraineté nationale. Chaque pays arabe doit unilatéralement et immédiatement déclarer un moratoire sur la dette sous forme d’un gel ouvert de tous les paiements d’intérêts et principal des dettes financières à la manière dont a procédé l’Argentine, en commençant par les sommes dues à la Banque Mondiale et au FMI. Les actifs des multinationales étrangères monopolistiques, et en particulier les compagnies pétrolières, doivent être saisis quand la situation l’exige. Les prix des denrées alimentaires de base et des carburants doivent être soumis à des contrôles avec des pénalités draconiennes en cas de spéculation, y compris la spéculation par le biais de produits dérivés. Des mesures dirigistes telles que les tarifs protectionnistes et les subventions des produits alimentaires peuvent être rapidement introduites.
La production alimentaire doit être encouragée par des primes de production et d’importation, ainsi que par les organisations internationales de troc. Des stocks nationaux de céréales doivent être rapidement constitués. Des contrôles des capitaux et des changes pourraient être nécessaires pour prévenir des attaques spéculatives sur les monnaies nationales par les fonds spéculatifs étrangers qui agissent avec l’arrière-pensée politique de renverser les gouvernements nationaux.
Plus important encore, les banques centrales doivent être nationalisées et reconverties à une politique de crédit à 0% pour l’infrastructure nationale, l’agriculture, le logement et la production de biens physiques, avec des mesures spéciales pour renforcer les exportations. Une fois que ces réformes seront mises en œuvre, il serait peut-être temps d’envisager l’intégration économique du monde arabe comme communauté de développement économique dans laquelle les recettes en devises des États producteurs de pétrole pourraient être utilisées sur la base d’avantages mutuels pour les infrastructures et l’investissement lourd à travers le monde arabe tout entier.
L’alternative est une interminable série de déstabilisations orchestrées par des étrangers, et, très probablement, le chaos fatal.