dimanche 25 mars 2012

L'ISLAM ET LA POLITIQUE

Dans un débat organisé par Hannibal TV, dans le cadre de l’émission « Milaf essaa » (le dossier du moment) animée par Saloua Ben OTHMANE et dont le thème était « l’islam et la politique », en présence de 2 membres d’Ennahdha : Sahbi ATIG porte parole du parti et Béchir Ben HASSAN mais aussi de l’égyptien Georges IS’HAAC (copte), du marocain Mohamed OUJAR et de l’homme de lettres Abdelmejid CHARFI; j’ai relevé quelques idées pour montrer à quel point les nahdhaouis sont obtus, utopistes et dangereux pour la Tunisie.

A propos de la modernité que ne cesse de critiquer Ennahdha qui reproche à BOURGUIBA l’occidentalisation de la Tunisie, Abdelmejid CHARFI répond par l’exemple :

Ennahdha reprocherait-elle à BOURGUIBA d’avoir généralisé l’enseignement, d’avoir éradiqué certaines maladie par la médecine moderne et d’avoir ouvert des centres de soins sur tout le territoire, d’avoir unifié les tunisiens les éloignant du tribalisme et du clanisme qui continue à sévir dans d’autres pays….
Béchir Ben Hassan, pensant piéger Abdelmejid CHARFI, rappelle le recul de la religion qu’il impute à BOURGUIBA. Abdelmejid CHARFI jamais à court d’argument, lui répond que si la religion a reculé c’est par le fait des prétendus oulémas dont l’ignorance n’égale que la prétention. Alors que les vrais oulémas dont Béchir Ben Hassan prétend en faire partie, maîtrisaient le coran mais aussi la philosophie et les sciences de leur époque. Ce qui n’est malheureusement plus le cas de nos jours. Et que les usurpateurs du titre ouléma sont tout au plus à peine lettrés ne connaissant que le coran et la chariâa, refusant tout autre savoir !
- La laïcité, la modernité, tous ces maux importés d’Occident ... sont la cause du retard des peuples arabophones, affirme notre autoproclamé cheikh Béchir Ben Hassan.
- Faux lui répond Abdelmadjid CHARFI : la colonisation n’ayant commencé qu’au 19ème siècle, comment expliquer le déclin endémique des 5 siècles d’avant ? Faut-il aussi l’imputer à l’Occident ?
- Abdelmadjid CHARFI interpelle le cheikh et prend pour exemple sa belle jebba brodée dans laquelle il semble parader sur le plateau. « Savez vous que votre jebba est le produit de la modernité que vous décriez tant ? ». Et de lui expliquer que les machines qui l’ont fabriquée sont le produit de révolution dans tous les domaines et à tous les niveaux : intellectuel, scientifiques, industriel. Toutes ces révolutions ont été possibles que depuis que les hommes ont compris que la religion catholique et l’église devenaient un frein au progrès et qu’il fallait les réformer. Ce que fera Calvin en revenant au texte initial, la Bible, en rejetant toutes les scories qui ont encombré des siècles durant le catholicisme : le culte des saints, les interprétations des uns et des autres qui devenaient dogmes à leur tour ... tout comme la chariâa.
Progrès qui seront accompagnés par le protestantisme comme l’explique Max Weber.
- Ce à quoi notre pseudo cheikh répond : « l’islam et la chariâa » demeurent les solutions pour sortir les peuples de leur retard. Reprenant le slogan des frères musulmans d’Egypte chez qui s’est formé GHANNOUCHI et dont il est devenu un membre haut placé dans l'instance dirigeante.
- Devant tant de mauvaise foi, de malhonnêteté intellectuelle ou pire d’ignorance, Abdelmadjid CHARFI lui dit que tant que l’islam n’aura pas fait sa révolution, comme les catholiques ont fait la leur grâce au protestantisme, les sociétés musulmanes n’avanceront pas.
En effet l’accumulation des jurisprudences (chariâa) et leur ancienneté, finissent par nuire à l’esprit même de l’islam, puisque le coran a finit par être dévoyée par toutes les interprétations et submergées par des idéologies qui l’utilisent à des fins politiques. Qui ont fini par scléroser l’esprit même de l’islam.
- Le l'autoproclamé cheikh pensant piéger le professeur CHARFI, lui demande de définir le salafisme et s’il connaît la chariâa.
- Ce à quoi notre professeur répondit qu’il y a tant de courants salafistes qui se renient les uns et les autres, chacun persuadé de détenir la Vérité accusant les autres d’apostasie ! Il lui rappelle que les Ibn SAOUD bien que salafistes, ont interdit le livre du salafiste Saïd RAMADHAN El BOUTI, en Arabie. Quand à la chariâa, lui dit-il, il s’en est accumulé tant et tant de jurisprudences depuis des siècles, chacune étant l’interprétation d’un homme les ayant adaptées à son époque et à la société dans laquelle il vivait … qu’elles finissent par se contredire et surtout qu’elles ne sont plus adaptées à notre époques ni à note société. 
- Béchir Bel HASSAN prétend à la nécessité d’un Guide spirituel; ce que réfute Abdelmadjid CHARFI qui lui précise que dans l’islam il n’y a pas de tuteur ! Surtout pas de tuteur autoproclamé !
- Notre obscurantiste de service Béchir Ben Hassan, demande que tous les partis aident Ennahdha plutôt que de lui mettre les bâtons dans les roues.
- Ce à quoi Mohamed OUJAR, répond qu’il est normal que ce parti soit critiqué et qu’il doit montrer ce dont il est capable. En somme il lui rappelle le b.a.-ba de la politique que notre cher islamiste semble découvrir. A moins qu’il ait fini par croire qu’en ayant instrumentalisé l’islam, sa bannière d’islamiste doit flotter partout sans contestation accordant à GHANNOUCHI et à son parti Ennahdha le statut d’intouchables !
Ce qui est le propre du régime de califat auquel aspirent les islamistes. Trahit-il son désir d’instaurer le Califat en Tunisie comme le rêve GHANNOUCHI et come le proclamait Hammadi JEBALI après les élections d’octobre 2011 ?   
- Toujours de mauvaise foi, Béchir Bel HASSAN impute à BOURGUIBA d’avoir malmené l’islam. Faux lui répond Abdelmadjid CHARFI : BOURGUIBA a persécuté ceux qui instrumentalisent l’islam pour prendre le pouvoir.
- Le prétendu cheikh conteste la critique contre le gouvernement, l’assimilant à une critique contre l’islam. Ce à quoi Mohamed OUJAR répondit : la critique est permise car c’est le programme politique qui est critiqué et non l’islam puisque nous sommes tous musulmans.
- Georges IS’HAAC (copte) conclue devant tant de stupidité et de désir d’islamisation de la société et de ses institutions, qu’il faut une constitution et un code valable pour tous et non partisans. Et qu’il faut toujours appliquer la loi pour tous !
Je suppose qu’il craint les débordements des islamistes, comme il s’en est produit en Egypte depuis la révolution. Et qu’il a peur que des illuminés ne fassent des « fatouas » que décréteront en électrons libres les islamistes, comme le faisaient les frères musulmans sous Moubarak !
« Fatouas », qui sont toujours arbitraires et antidémocratiques puisqu’elles émanent d’un imam et sont toujours au-dessus des lois civiles : définitives et sans appel !
Conclusion :
Sahbi ATIG porte parole d’Ennahdha, spécialiste de la langue de bois et du double langage, semblait gêné par tant de candeur et surtout de véhémence de la part de son cheikh dont il essaie maladroitement de corriger les excès ... mais qui ne dupaient pas l’égyptien, ni le marocain et encore moins notre professeur Abdelmajid CHARFI.
Ennahdha et ses hommes sont très dangereux pour la Tunisie. Ils manient toujours le double langage. Ils sont utopistes et veulent absolument nous imposer leur idéologie islamiste.
Leur paradoxe est criant : ils ne cessent de décrier l’Occident, et c’est en Occident qu’ils se réfugient en exil : GHANNOUCHI à Londres alors qu’il a la nationalité soudanaise, et Béchir Ben HASSAN a vécu 20 ans en France, chez les « kouffar » (mécréants) comme ils disent ! Utilisant quotidiennement des technologies occidentales : téléphonie, internet, télévision, avion, train, voiture, bateau … Quelle hypocrisie !!
Leur haine de BOURGUIBA les aveugle au point de vouloir défaire tout ce que les tunisiens ont construit ensemble depuis l’indépendance, pénalisant ainsi tout un peuple pour assouvir leur vengeance d’un homme qui a compris le danger de la doctrine obscurantiste qu’ils veulent imposer aux tunisiens et qu'il a juste titre interdite.
Ils ont la prétention de rééduquer les tunisiens et leur enseigner comment exercer leur foi ! Confondant l’action politique avec l’action moralisatrice : ce qui trahit leur conception de l’action politique qu’ils ne voient qu’en tant que prédicateurs !  
Leur victimisation, qu’ils ont très habilement exploitée pour arriver au pouvoir, en rappelant sans cesse qu’ils furent persécutés par BOURGUIBA et par Ben ALI  a dupé une première fois les tunisiens inconscients du danger qu’ils représentent pour le pays, mais ne les dupera pas une deuxième fois.

Et mon espoir est qu’aux prochaines élections, ce seront les tunisiens eux même qui diront non à leur doctrine qu’ont combattue déjà BOURGUIBA et Ben ALI.

Rachid Barnat

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