dimanche 12 janvier 2014

Une petite lecture « positive » de la gouvernance Nahdhaoui

Ali Gannoun

professeur-chercheur 

à l’Université de Montpellier II


En deux ans Ennahda a détruit le mythe Ennahdha! Elle montré qu'aujourd'hui on ne gouverne pas avec les idées et les concepts d'il y a 1400 ans. De même, elle a mis au grand jour la défaillance de ses chefs et leur pauvreté intellectuelle.
Indirectement, Ennahda a montré que l'héritage socio-culturel de Bourguiba est le capital qui a protégé la Tunisie et a évité sa destruction. Bourguiba n'était pas un simple homme politique mais un vrai démagogue (dans le sens noble du terme) et un visionnaire hors-pair.
La société civile tunisienne a joué un rôle déterminant dans la dénonciation de la faiblesse de l'idéologie islamiste dans la construction d’un État. Elle a permis à la Tunisie de ne pas sombrer dans l'extrémisme fou et à tenir bon face aux assauts répétés des ignares et des vendus.
Ennahda a montré toutes les faces négatives d'une gouvernance partisane déconnectée de la réalité de la société tunisienne, du modernisme et du progrès. Elle a prouvé que la mosquée, aussi pleine soit-elle, n'est pas une alternative à l'usine et que les problèmes de pauvreté ne se résolvent pas par le don au nécessiteux, à la veille des fêtes religieuses, d'un panier composé d'une boîte de concentré de tomates,
d’harissa, de 2 kilos de farine et d'un kilo de sucre !
La politique économique se prépare avec des experts dans leur domaine, sachant tirer profit de la conjoncture économique mondiale, et non pas avec des imams ignares qui font de l'extrémisme leur unique fonds de commerce !
Un autre « acquis » de la gouvernance islamiste est que : rien ne remplace l'instruction et la culture.
Les jeunes qui sont allés se faire tuer en Syrie ou s'offrir à des criminels, sont les victimes d'un vide intellectuel qui a été récupéré et comblé de manière infecte par des gourous terroristes. Ces deux dernières années ont montré qu'un choix électoral se réfléchit ! On ne vote pas par défaut, mais après analyse, jugement et comparaison, on choisit le moins pire.
Le spectacle de l'ANC est l'image la plus sordide d'un parlement censé représenter le peuple !
La femme est une composante principale de la société et aucune avancée ne peut se faire sans elle. C'est grâce à elle que nous avons tenu aussi et que nous continuons à avancer malgré les obstacles.
Nous arrivons, « grâce à Ennahda », à comprendre que la démocratie est unique et universelle.
Elle est issue de principes universels tels que les droits de l'Homme et du Citoyen. Elle ne peut être l'application de consignes religieuses ou sectaires.
En ce qui concerne l'Opposition, Ennahda nous a permis de constater le vieillissement de certaines idéologies et de certains leaders.
Elle a redonné à la jeunesse son esprit d'initiative et sa capacité de renverser les tendances (regardez les médecins). La Tunisie, carrefour des civilisations, ne peut tourner le dos à son passé, elle a donné une fin de non-recevoir à l’« orientalisation » de ses citoyens par Ennahdha.
Malgré l'argent « sale » du Qatar et de l'Arabie Saoudite, la Tunisie est restée digne et fidèle à ses références historiques : de Hannibal jusqu'à Bourguiba ! 
En conclusion, malgré elle, Ennahda a mis les points sur les "i" et a montré donc qu'elle est indigne de gouverner un peuple instruit et indigne d'une Tunisie multimillénaire. 


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