mercredi 29 octobre 2014

Ennahdha, grand vainqueur de la joute électorale …

ENNAHDHA A PERDU, MAIS LES NAHDHAOUIS ONT GAGNÉ !
Ils ont su faire de leur défaite une victoire avec la complicité involontaire (?) des médias et des hommes de l'opposition ! A les voir les ménager pour ne pas les vexer, on se dit qu'ils craignent leur violence et que leur terrorisme reprenne !!
R.B
Par Mehdi Kattou*

Au risque de contraindre certains à suspendre les festivités le temps de la lecture de ces quelques lignes, d’être extirpé de l'euphorie généralisée sans qu’il y ait une voix discordante qui gâcherait ce tableau à la composition parfaite, je tiens à apporter quelques précisions révélant le véritable vainqueur de cette joute électorale, à savoir Ennahdha.

Cette euphorie des participants aux différents plateaux TV, contraste fortement avec la mine défaite des leaders nahdhaouis. Voici quelques éléments de réponses permettant d’apporter les maillons manquants aux chaînes TV qui couvrent les élections législatives.

D’abord, Ennahdha a gagné une année sur la date initiale pour la tenue de ces élections. Année, qu'elle a mise à profit pour faire diversion sur les questions vitales, jouant des divergences sociétales qu'elle a volontairement installées et taisant son bilan désastreux. Une année donc à gommer un parcours apocalyptique et des mesures conflictuelles. Le Front du Salut s’est apparenté à un front de sauvetage d’Ennahdha, en premier lieu ! 

Ensuite, Ennahdha a réussi le pari d'orienter la campagne électorale sur des axes qui ne remettent pas en cause son existence. En effet, faire prévaloir la situation sanitaire sur son implication dans des actes hautement « sanctionnables », était un choix judicieux pour les protégés de Ghannouchi ! Et l’ordre des priorités s’en est trouvé chamboulé. Le discours d'Ennahdha a fortement contribué a sa mue apparente et constitue un bouclier contre les attaques de l'opposition, pourtant légitimes et argumentées.

En fin stratège, Ennahdha a fait commerce de chair à canon il y a trois ans, juste avant son exercice périlleux du pouvoir. Pourtant son choix était sanctionné par les urnes au vu de la déconfiture totale de ses alliés et du recul partiel de ses résultats en tant que formation politique prétendument majeure. Lorsqu’on s’inscrit dans une évidente relativité, on saisit la portée des risques encourus qui en l’occurrence ont été évités et atténués par le parti islamiste. 

Par ailleurs, dans une lecture minutieuse des résultats annoncés, on ne peut que constater la dépendance des vainqueurs annoncés (Nidaa) des perdants. Ils seront contrains à faire une alliance contre-nature avec eux, ou ils devront assumer une fragilité d'un pouvoir tributaire de petites formations politiques lors du prochain exercice quinquennal.

Enfin, les doigts accusateurs ne se dressent jamais contre les perdants; puisque les principaux bénéficiaires des fraudes, dépassements et supercheries en tous genres, se voient tresser des lauriers. Sauf qu’Ennahdha a réussi à instaurer une nouvelle culture électorale et de nouveaux standards de pratiques douteuses qui ont enfanté de machines à fraude dépassant l’entendement mais à la mesure de l’ambition de Montplaisir, siège du parti. Résultat : Ennahdha a réussi à amplifier son poids électoral, à minimiser ses fraudes et ses erreurs, ses bourdes et ses crimes (Chokri Belaid, Lotf Naghedh, Mohamed Brahmi ...) !

Sans oublier que prospérer malgré le "largage" international des "Frères musulmans", est également une prouesse en soi. Arriver à optimiser l'enfumage de l'opposition et prendre ses distances avec ses plus fidèles lieutenants (LPR, Ansar chariâa, Habib Ellouze, Sadok Chourou, etc ), est stratégiquement payant !

24 heures après les premiers résultats électoraux, Ennahdha peut souffler et peut aborder sa reconstruction loin des projecteurs, en se donnant le beau rôle; alors que ce parti n'a encore pas fait son autocritique puisque par deux fois il l'a reportée, et dont la dernière s'est terminée dans une parodie de référendum.

Les prochaines semaines vont être essentielles pour un tamisage des hommes politiques pour une nouvelle scène politique comptant certes des politiciens de qualité mais aussi beaucoup d’apprentis-stratèges et de pseudos-hommes d’Etats, pour ne pas dire d'amateurs .

Pour finir, une question reste en suspens : Pourquoi a-t-on « réformé » et désintégré l’ancienne ISIE ? Certains sont passés à autre chose, mais d’autres attendent encore une réponse convaincante qui tarde à venir …

Mehdi Kattou est animateur télé et radio. Il est aussi l'auteur d'un livre intitulé "Chronique d'une révolution avortée"

NB : texte corrigé et complété par R.B. L'original s'ouvre en cliquant sur le nom de l'auteur.

1 commentaire:

  1. LES INCOHÉRENCES DE GHANNOUCHI ?

    Voilà un homme qui proclame à qui veut l'entendre qu'il veut gouverner avec BCE, pour le bien du pays, précise-t-il comme pour affirmer un patriotisme qu'il découvre subitement !

    Alors que ce même individu disait de BCE et de Nidaa Tounes qu'ils sont le symbole et la survivance de l'ancien régime; qu'ils sont pire que les salafistes décriés par les tunisiens !

    On se demande alors pourquoi ce changement de discours ?
    Les nahdhaouis vous diront qu'ils ont évoluer !
    Mais selon quelle démarche intellectuelle ?
    Comment peut-on s'allier à un parti qui vire de 180 ° d'une position à l'autre ?
    Comment peut-on croire un tel individu qui adapte son discours aux circonstances, quitte à dire le contraire de ce qu'il affirmait jusque-là ??

    La seule explication est que Ghannouchi n'a rien changé de son jugement à propos de BCE et de Nidaa Tounes ... mais son discours a changé sous la pression des Occidentaux (EU&UE) qui veulent l'imposer à BCE !

    http://www.kapitalis.com/afkar-2/25469-une-coalition-entre-nida-tounes-et-ennahdha-est-elle-souhaitable.html?device=xhtml

    RépondreSupprimer