lundi 2 février 2015

LA TRAHISON

Jean-Pierre Ryf
Jean Pierre Ryf

Alors nous y sommes ! M. Beji Caïd Essebsi et Nida Tounes ont trahi ceux qui ont voté pour eux. Il n’y a absolument aucun autre mot que celui, très fort de trahison pour qualifier ce qui vient de se passer.

Certains vont essayer d’expliquer qu’il n'y avait pas d’autres solutions pour obtenir une majorité. Mais obtenir une majorité à n’importe quel prix c’est cela aussi la trahison de la démocratie.

J’admets que la position irresponsable du Front de gauche a, en partie, conduit à cette trahison mais dans la mesure où ce système électoral, voulu par Ennahdha pour fragiliser le pouvoir et conduire le pays dans l’impuissance ne permettait pas de respecter les valeurs sur lesquelles Nidaa Tounes a été élu, il se devait de renoncer et de mettre les partis et le pays devant leur responsabilité y compris de nouvelles élections.

En acceptant ce qu’il a accepté, qui désormais croira en la valeur du vote ? 

C’est donc un très mauvais coup porté à la démocratie dont tous les hommes politiques se gargarisent et qu’ils trahissent à la moindre difficulté.

Bravo à Ennahdha et à ce qu’elle a obtenu contre la volonté de beaucoup de tunisiens. Dommage pour le pays qui va encore régresser un peu plus, se perdre dans des querelles byzantines avec les obscurantistes qui continueront à placer leurs pions et leurs hommes un peu partout.

Alors c’est vrai c’est un coup de colère que je pousse. Mais je voudrai qu’il ait des suites et que des membres de Nidaa et même des parlementaires se révoltent contre ce mauvais coup fait à la volonté populaire. 

Je dis aussi et clairement aux députés de Nidaa, que lorsque la prochaine fois ils se présenteront devant les électeurs, et cela viendra plus tôt qu’ils ne pensent, les électeurs se souviendront de ceux qui en votant pour ce gouvernement ont admis la présence des islamistes.

Je leur prédis un sort analogue à ceux d’Etakattol et du CPR qui croyaient, après leur trahison (à la vérité moins énorme que celle de Nidaa) se présenter devant les électeurs. 
On sait ce qu’il est advenu. 

Ne croyez surtout pas que les électeurs et que la société civile auront la mémoire courte.

9 commentaires:

  1. LA DEUXIÈME MORT DE Habib BOURGUIBA !

    Slah El Mokhtar :
    En acceptant dans ce gouvernement des ennemis de Bourguiba, des libertés et de la modernité, نداء تونس Nidaa Tounes a non seulement trahi ses électeurs mais a montré son incapacité à mettre le pays sur la voie du progrès et de la démocratie.

    Nidaa a insulté ses millions d'électeurs de tout âge qui se sont mobilisés pour débarrasser le pays de la vermine islamiste et elle va en payer le prix comme ce fut le cas pour Ettakatol.

    Le pays est aujourd'hui dirigé par l'ayatollah Ghannouchi car son plan machiavélique a réussi face à ces opportunistes de pacotille.

    RépondreSupprimer
  2. QUI RELÈVERA L'AFFRONT FAIT PAR NIDAA A SES ÉLECTEURS ?

    Jean Pierre Ryf :
    Comme suite à la trahison de Nidaa, ce parti va péricliter car personne ne lui fera plus confiance.
    Il y a là une très garde opportunité pour un leader qui rassemblerait les déçus de Nidaa, qui dirait clairement qu'il ne s'associera jamais avec les islamistes et qui essaierait de faire une alliance raisonnable et utile avec le Front de gauche.

    Ce nouveau parti, allié avec le front de gauche serait en mesure de l'emporter à de nouvelles élections et aux municipales.
    Ce serait une belle leçon donnée à tous les opportunistes et à tous ceux qui n'ont aucune rigueur intellectuelle.

    Ce leader existe-t-il et se révélera-t-il ?

    RépondreSupprimer
  3. Carthage pour moi, Kasbah pour tous

    http://news.tunistribune.com/?q=node%2F3588

    RépondreSupprimer
  4. Le nouveau gouvernement de Habib Essid en chiffres

    http://www.huffpostmaghreb.com/2015/02/02/tunisie-gouvernement-essid-chiffres_n_6593768.html

    RépondreSupprimer
  5. Taoufik Aloulou :
    Trois très grosses déceptions à l'annonce de la composition du nouveau gouvernement :
    1) La participation d'Ennahdha en la personne de Ladheri.
    2) Élimination de Khdija Cherif de la composition du nouveau gouvernement, un poste phare qui aurait été un indicateur des orientations nouvelles de la nouvelle équipe. Et pourtant Ennahdha a exigé et obtenu cette élimination.
    3) Le maintien du très controversé ministre de l'intérieur malgré l'unanimité qu'il a réussi à réunir contre lui.

    Comment voulez-vous qu'on croit encore aux promesses de Nidaa ? !!!!!

    RépondreSupprimer
  6. GHANNOUCHI PEUT DIRE MERCI A BCE ...
    d'avoir trahi ses électeurs en lui laissant le champ libre pour mettre en place son projet d'islamisation de la société tunisienne ... alors qu'il était censé faire barrage aux Frères musulmans et à leur programme rétrograde; du moins, c'était çà son programme électoral d'alors !!

    http://www.leconomistemaghrebin.com/2016/04/25/tunisie-alliance-strategique-islamo-nidaiste/

    RépondreSupprimer
  7. L'ALLIANCE BCE & GHANNOUCHI, N'AUGURE RIEN DE BON , SINON D'UNE DICTATURE ISLAMISTE ... VU QUE GHANNOUCHI DOMINE DANS LE COUPLE !

    Et dire que BCE assurait et rassurait les Tunisiens qu'il ne s'alliera jamais aux Frères musulmans, et qu'il sera leur rempart contre l'obscurantisme qu'ils projettent de répandre en Tunisie !!

    http://kapitalis.com/tunisie/2016/05/23/la-tunisie-face-a-la-nouvelle-hegemonie-nidaa-ennahdha/

    RépondreSupprimer
  8. L'ALLIANCE BCE & GHANNOUCHI, N'AUGURE RIEN DE BON , SINON D'UNE DICTATURE ISLAMISTE ... VU QUE GHANNOUCHI DOMINE LEUR COUPLE !

    Et dire que BCE assurait et rassurait les Tunisiens qu'il ne s'alliera jamais aux Frères musulmans, et qu'il sera leur rempart contre l'obscurantisme qu'ils projettent de répandre en Tunisie !!

    http://kapitalis.com/tunisie/2016/05/23/la-tunisie-face-a-la-nouvelle-hegemonie-nidaa-ennahdha/

    RépondreSupprimer
  9. UN AMOUREUX DE LA TUNISIE, PESSIMISTE POUR L'AVENIR DE CE PAYS !

    Jean-Pierre Ryf :

    Pour compléter ce petit livre ( disponible sur Amazon) écrit il y a deux ans, voici, hélas, la suite provisoire : "Le mauvais chemin".

    Je reprends ce texte que j’avais laissé à la veille des élections législatives.

    Dans un premier temps il a semblé qu’effectivement les Tunisiens avaient choisi le bon chemin en insistant pour qu’un « vote utile » ait lieu et porte le parti Nidaa Tounes au pouvoir.
    Ce parti avait donné l’impression et les discours de M. Beji Caïd Essebsi en font foi, qu’il était un parti ouvert aux progrès et voulant continuer en l’améliorant, la politique de Bourguiba.

    Malheureusement ce parti, bien qu’arrivé en tête, n’a pas eu une majorité à lui tout seul et il n’a pas réussi à unir autour de lui d’autres partis progressistes.

    On aurait pu penser que fidèle à ses engagements et à ses discours, Béji Caïd Essebsi renoncerait a former un gouvernement et obligerait à de nouvelles élections.
    Ce cas s’est vu, et notamment en Espagne, où les partis n’ont pas renoncé à ce qu’ils étaient.

    Nidaa Tounes a, trahissant ses engagements et beaucoup de ses électeurs, fait un pacte de gouvernement (le pacte est même, pense-t-on antérieur aux élections) avec les islamistes d'Ennahdha.

    Cette situation est la pire qui pouvait arriver car elle rend toute politique sérieuse impossible, les deux partis tirant à hue; et à dia et elle permet l’islamisation rampante de la société, ce à quoi on assiste, en effet, aujourd’hui.

    Par ailleurs cette alliance contre nature, contre l’avis des électeurs a porté un coup très dur à la démocratie. Comment voulez vous que les Tunisiens aient confiance dans les partis après une trahison aussi éclatante ?

    Enfin cette alliance va permettre de recréer une dictature soft dans le pays et une dictature paralysée. On assiste déjà aux effets de cette paralysie :
    - De plus en plus de policiers font la chasse aux comportements qui leur paraissent « immoraux », aux vêtements qui leur paraissent non conformes….
    - On va taxer la vente d’alcool pour faire fuir un peu plus les touristes occidentaux,
    - On a imaginé de faire des lectures du Coran dans les écoles de la république !

    Cette situation est due pour l’essentiel à deux graves fautes des politiques :
    - D’abord d’avoir élaboré une Constitution - sous la pression des islamistes - qui ne permet pas et ne permettra jamais de dégager une réelle majorité. Le pays ne pourra pas mettre en œuvre une politique sérieuse de progrès avec une majorité divisée qui n’a, en réalité, que le pouvoir que veut bien lui laisser l’autre parti.
    - En second lieu, le personnel politique s’est révélé d’une médiocrité abyssale. Ces politiques avaient déjà montré leur absence du sens de l’intérêt général en créant des dizaines de partis aussi insignifiants les uns que les autres mais ils se sont montrés encore médiocres en ne réussissant pas à s’unir sur un programme minimum; ce qui a permis à M. Beji Caïd Essebsi de soutenir qu’il n’a eu d’autre choix (cela est faux) que de s’unir à Ennahdha.

    Depuis le pays patauge dans la politique à la petite semaine, sans grand projet, sans vision et sans l’adhésion du peuple tunisien.
    On se contente de gérer les affaires au jour le jour et, de temps en temps, on change les têtes en croyant que cela fait une politique.

    La société civile laissera-t-elle faire ?
    A-t-elle baissé les bras par lassitude ?
    Je crois que oui. On l’a dégoutté de la politique.

    Mais quand les échecs se seront multipliés, quand la régression sera tout à fait là, quand les investisseurs iront voir ailleurs (au Maroc par exemple) alors la violence pourra revenir et plus forte qu’elle n’a été.
    Ce sera la responsabilité des politiques qui n’ont pas su profiter de cet élan de la société qui était prête, à part la minorité islamistes, à aller de l’avant.

    En attendant ce point de rupture qui est à redouter, je n’ai aucun espoir de voir ce pays aller vers le progrès.

    https://www.amazon.fr/dp/B00MNJVJXS/ref=cm_sw_r_fa_dp_n1N6tb1QHGPGA

    RépondreSupprimer