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vendredi 10 juin 2016

Les fous d'Allah et de son prophète, ou les néo-salafistes

Quatorze siècle après, les salafistes instrumentalisent toujours la religion pour faire de la politique.
Sauf que les néo-salafistes de nos jours sont endoctrinés au wahhabisme; et comme le fit Omar en son temps, ils reprennent ses méthodes en brandissant le sabre ... ou la kalachnikov, une de leurs concessions à la modernité ! 
Cela concerne aussi bien les sunnites que les chiites; puisque Khomeini lui même a repris à son compte la doctrine wahhabite pour prendre le pouvoir en Iran !

Les noms différent mais la doctrine est la même :
- Frères musulmans (Ennahdha en Tunisie, AKP en Turquie, FIS en Algérie ...), Al Qaïda, Daech ...
Bokoharam, ...
- comme celui de leurs miliciens que sont les Talibans au Pakistan, les Jihadistes des Ibn Saoud et du Qatar, les Shebab en Somalie, les Pasdaran (Gardiens de la révolution islamique) en Iran .... et ceux de la LPR (la Ligue de Protection de la Révolution) en Tunisie !
Ce sont tous des islamistes qui instrumentalisent l'islam à des fins politiques !

Alors vouloir faire le distinguo entre salafisme quiétiste, salafisme réformiste et salafisme jihadiste, islamisme modéré et islamisme rigoriste, depuis que le péril vert (le wahhabisme) a remplacé le péril rouge (le communisme) après la chute du mur de Berlin; c'est comme discuter du sexe des anges chez les byzantins alors que les turcs attaquaient Constantinople !
R.B

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Antoine Sfeir  


Aucun texte alternatif disponible.
Salafisme, jihadisme

Racine : de salaf, « ancêtres » ou « pieux prédécesseurs », quête de l’authenticité et retour à la pureté des sources. Ce concept appartient à l’islam sunnite.
Au contraire de l’islamisme, le salafisme n’est donc ni un mouvement religieux à revendication politique, ni une organisation à proprement parler, plutôt une tendance de « régénération » de la foi et de réislamisation de la société. 
Un salafiste peut être considéré comme un musulman « ultra-orthodoxe ».
Doctrine
Le salafisme prône :
  • le retour à l’islam des origines par l’imitation de la vie du Prophète, de ses compagnons et des deux générations suivantes ;
  • le respect aveugle de la sunna ou tradition islamique : comprenant le Coran, les hadiths (paroles du prophète) et la sira (la conduite du prophète).
Il condamne :
  • toute interprétation théologique, en particulier par l’usage de la raison humaine, accusée d’éloigner le fidèle du message divin ;
  • toute piété populaire ou superstition, comme le culte des saints, jugé contraire à l’unicité de Dieu (tawhîd) ;
  • toute influence occidentale, comme le mode de vie et la société de consommation, mais également la démocratie et la laïcité.
Histoire
La filiation du salafisme débute, après les « pieux ancêtres », par l’école hanbalite, la plus rigoureuse des quatre écoles juridiques islamiques, qui ne reconnaît que le Coran et la sunna comme sources du droit musulman et inspire plus tard le wahhabisme, qui règne encore en Arabie saoudite et au Qatar.
Il faut distinguer deux notions de salafisme : 
- celle des réformistes du début du XIXe siècle (Jamal ed-Dine al-Afghani et Mohammed Abduh), qui veulent alors imposer une réforme au sens quasi luthérien du terme (c’est-à-dire une lecture épurée des textes) ; et 
- celle des salafistes actuels, davantage un littéralisme aveugle qui rejette toute innovation (bida’a).
Le salafisme s’impose progressivement dans tout le monde musulman, des pondoks (écoles coraniques) indonésiennes aux jeunes musulmans d’Europe. Il suit les préceptes de la finance islamique conceptualisés par les théologiens saoudiens. Ce néo-fondamentalisme traditionnaliste se révèle parfois une passerelle intellectuelle vers l’extrémisme et le jihad planétaire.
En France, dans les années 1980, les salafistes ont d’abord été assimilés à des fondamentalistes ou des traditionnalistes. Les années 1990 et la guerre civile algérienne ont donné une tribune aux prédicateurs salafistes dans les banlieues françaises, qui acquièrent une nouvelle visibilité grâce à l’Internet. Plus récemment, de jeunes convertis et d’autres issus de l’immigration ayant tenté la hijra (l’installation en Arabie saoudite) en sont revenus déçus. Se concevant comme un groupe social communautaire « puriste », confortés par l’émergence des salafistes tunisiens et égyptiens lors des « printemps arabes », ils contestent davantage l’influence des Frères musulmans.
Aujourd’hui, le salafisme se décline en trois courants principaux :
  • Le salafisme « cheikhite » ou quiétiste, inspiré par le wahhabisme et les cheikhs implantés en Arabie saoudite, en Jordanie ou au Yémen, peut être considéré comme le plus littéraliste et le plus largement majoritaire à travers le monde. Uniquement préoccupé de vivre en symbiose avec les prescriptions coraniques, celui qui adopte cette forme de salafisme « de prédication » professe un certain mépris pour la vie sociale et politique et les courants engagés en politique, tels les Frères musulmans. Sous l’égide du cheikh Mohammad Nasser Al Dîn Al Albani (mort en 1999), du Yéménite Moukbil ou de l’imam algérien de Marseille, Abdelhadi Doudi, cette stratégie s’appuie sur une prédication non violente et non directement politique. La foi « revivifiée » doit naturellement transformer la société et, par-delà, le monde entier.
  • Al Sahwa al Islamiya (« le Réveil islamique »), une tendance directement inspirée d’un courant plus politique, conduite en 1991 par les deux cheikhs wahhabites Salman Al Awda et Safar Al Hawali contre feu le roi Fahd après la première guerre du Golfe. Il trouve son origine dans la vive protestation d’une partie des oulémas contre l’entrée de l’armée américaine en Arabie saoudite. En Algérie, Ali Belhadj se réclamait d’Al Albani mais le FIS recevait Al Awda avec tous les honneurs dans son plus grand meeting en 1991 dans un stade d’Alger. L’influence des deux personnages a diminué en raison de la montée du salafisme radical et autres tendances réformistes. Hawali fut atteint, en 2005, d’une forte hémorragie cérébrale ; quant à Awda, qui ne se situe plus sur le terrain de la contestation, ses relations avec le royaume saoudien sont désormais au beau fixe. La référence la plus citée de ce courant reste le Syrien Mohammad Sourour, qui veut rétablir le pouvoir des religieux face aux politiques. Ayant vécu longtemps à Birmingham, en Grande-Bretagne, il y a créé le Centre islamique, toujours en activité. Ce courant minoritaire accepte de se lancer dans la politique quand ils estiment que l’identité islamique est remise en cause en Occident. Nés et ayant grandi en Occident, ces salafistes sont prêts à négocier leurs votes auprès des élus. Dans ces cas, ils deviennent des concurrents directs des Frères musulmans, avec lesquels ils partagent alors une stratégie d’entrisme dans la vie politique et se disputent la même clientèle.
  • Le salafisme « jihadiste » suit, lui, une ligne révolutionnaire : il constitue la base intellectuelle du terrorisme et des opérations suicide, encourageant des actions violentes contre les Occidentaux. Inspiré par l’expérience du Frère musulman égyptien Sayyed Qotb ou du Jordanien Abou Mohamed Al Maqdissi, il statue que tout musulman a l’obligation, où qu’il soit, de porter le fer contre ceux, musulmans ou non, qui oppriment les « musulmans pieux ».
Né au cours de la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan durant les années 1980, ce courant est le fruit de la rencontre entre la doctrine traditionnaliste saoudienne et la stratégie de prise de pouvoir des Frères musulmans. C’est sur ce terrain mythique témoin de la victoire des moujahidin contre la puissante URSS, que la plupart des liens se sont créés entre les futurs terroristes islamistes de la planète, depuis la Jama'â islamiya indonésienne jusqu’au GICM (Groupe islamiste combattant marocain). Dès lors, les salafistes jihadistes se prononcent pour le combat armé destiné à libérer les pays musulmans des occupations étrangères et des régimes jugés impies. Ils fustigent à la fois les islamistes pour leur manque de piété et les autres courants salafistes pour leur « hypocrisie » face aux États occidentaux.
Ce jihadisme est celui mené par Al Qaïda et développé par Al Zawahiri et Abou Mossab, qui portent la lutte à l’échelle mondiale tandis que d’autres privilégient d’abord le combat dans un cadre national (Tchétchénie, Irak, Palestine, Algérie). La dimension meurtrière de ce jihad est favorisée par la diffusion d’images sur vidéocassettes, CD-Rom et sur l’Internet, et culmine dans la seconde moitié des années 1990 jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, de Bali (2002), de Madrid (2004) et de Londres (2005). Son action est néanmoins battue en brèche dès le lendemain des attentats de New York. L’intervention de l’OTAN en Afghanistan, l’interdiction progressive de toutes les cellules de soutien telles celles de certaines ONG et le volontarisme de tous les États auparavant rétifs à s’attaquer aux bases arrières du terrorisme (Royaume-Uni, Malaisie, Afrique de l’Est) ont considérablement limité le champ d’action du terrorisme jihadiste, même si le Pakistan et l’Afghanistan restent les maillons faibles du dispositif en offrant l’asile aux derniers combattants.
Les États musulmans eux-mêmes alternent les politiques de répression avec celles du « rachat », permettant aux anciens jihadistes de s’amender. Ainsi l’amnistie des repentis en Algérie a-t-elle peut-être permis l’arrêt de la guerre civile en 1997. La politique plus subtile des autorités égyptiennes qui ont négocié dès 1997, avec les membres de la Gamaa islamiyya  le repentir dans leur prison, en est un autre exemple. Toutefois, les flux continus des jihadistes en Irak et la permanence des bases salafistes, bien que majoritairement quiétistes, prouvent que le terreau du jihadisme demeure vivace.
On assiste depuis 2011 à l’effacement spectaculaire d’Al Qaïda, dont la mort du chef Ossama Ben Laden, en mai 2011, a constitué le point d’orgue. Les mouvements religieux, tant islamistes que salafistes, n’ont pas participé au déclenchement des soulèvements populaires dans le monde arabe et les tentatives de récupération ont plutôt consacré la montée des islamistes « politiques », tels Ennahdha (filiale des Frères musulmans) en Tunisie et les Frères musulmans en Égypte.
Il n’en reste pas moins que cette petite minorité de salafistes fait une lecture « révolutionnaire » de l’islam, qui rendrait légitime l’usage de la violence. Ils se voient comme des combattants pour une cause « juste »: l’instauration d’un État islamique qui préfigurera l’avènement de la justice de Dieu sur terre.
En France et en Europe :
La France constitue un véritable pôle de l’organisation en Europe. Les salafistes européens, âgés de 18 à 35 ans environ, sont un phénomène nouveau. Les salafistes sont estimés entre 20.000 et 30.000, dont un quart à un tiers de convertis issus de milieux catholiques ou protestants (Français « de souche métropolitaine », Antillais, Congolais, Zaïrois…). Ces derniers, désirant « compenser » une vie jusque lors éloignée de l’islam, sont souvent les plus radicaux.
Les salafistes « quiétistes » sont légalistes et se soumettent au système législatif européen, même si une loi contrevient à un principe religieux ; c’est le cas pour le voile des femmes, que les « quiétistes » ont appelé à ne pas porter si la loi l’exigeait. De la même façon, ils ont condamné toute forme de violence politique et d’actions terroristes après les attentats du 11 septembre, certains conseillant même aux musulmans occidentaux à collaborer avec les services de sécurité pour dénoncer une personne ou une organisation prônant la violence terroriste.

vendredi 3 février 2012

Qui sont les salafis en France ?


propos recueillis par Matthieu Mégevand - publié le 13/10/2011

A l’occasion de la sortir de son dernier ouvrage, Le salafisme d’aujourd’hui. Mouvements sectaires en Occident (Michalon), entretien avec Samir Amghar, docteur en sociologie à l’EHESS, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’université de Montréal et spécialiste des mouvements salafistes.
Vous décrivez trois mythes qui fondent le salafisme. Expliquez-nous.
C’est en lisant un ouvrage de l’historien français Raoul Girardet que m’est venue l’idée d’appliquer sa grille de lecture concernant les mythes et mythologies politiques de l’histoire de France au XIXe siècle à la réalité salafiste. Je pars du principe que nous avons affaire à des mouvements qui mythifient énormément l’histoire et qui portent un regard mythique par rapport à leur situation passée, actuelle, et future. Le premier mythe qui structure l’imaginaire des salafis est celui de l’âge d’or. C’est l’idée selon laquelle les musulmans, à un moment donné de leur histoire, étaient dominants d’un point de vue économique, militaire, politique, social, parce qu’ils étaient porteurs d’une foi religieuse inébranlable et véridique. Cet âge d’or correspond à la matrice idéologique et doctrinale du salafisme. Il correspond à l’âge des "salaf", des pieux ancêtres, pieux prédécesseurs, qui ont fréquenté de manière directe ou indirecte le prophète Muhammad. Cet âge d’or commence avec la Révélation du prophète, au VIIe siècle, et dure jusqu’au début du Xe siècle.
Pour les théologiens de l’islam, ces trois siècles sont considérés comme la meilleure période qu’ont pu connaître les musulmans en termes religieux parce qu’ils étaient porteurs d’une foi et d’une piété extraordinaires, mais aussi parce qu’ils étaient dominants en termes politiques et social et porteurs d’une civilisation florissante. Les théologiens ont peu à peu réalisé une relation mécanique entre ces deux événements. Autrement dit, c’est parce que les musulmans avaient une foi inébranlable que Dieu leur a permis de connaître des succès mondains. Le salafisme, dans ses discours, sa manière de prêcher, ses positionnements etc., essaye de rejouer ces gestes de l’âge d’or en affirmant que si l’on revient à l’islam tel qu’il a été professé et compris par les pieux ancêtres, ceux qui ont fréquenté de près ou de loin le prophète Muhammad, on arrivera plus facilement à renouer avec le passé, l’âge d’or économique, politique etc.
Le deuxième mythe qui structure l’imaginaire des salafis est le mythe conspirationniste. C’est l’idée que si les musulmans sont aujourd’hui dominés au niveau économique, social, politique, c’est certes parce qu’ils se sont éloignés du véritable islam, mais c’est surtout parce que l’Occident, piloté par un noyau de confessions juives, ferait tout pour maintenir sous domination les musulmans. En discutant avec un certain nombre de salafis quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001, j’ai par exemple constaté que certains mettaient en cause la véracité de la version officielle, en disant que tant qu’ils n’avaient pas de preuves formelles de l’implication d'Al Qaeda dans ces attentats, ils soupçonnaient plutôt les services de sécurité américains. Certains salafis imputaient même les attentats à Israël, qui aurait, selon la rumeur, appelé quelques minutes avant les attentats tous les employés de confession ou de culture juive des Twin Towers pour les faire quitter les bâtiments. C’est quelque chose qui peut paraître totalement farfelu mais qui est tenu pour véridique par un certain nombre de salafis, très friands des sites internet conspirationnistes et autres.
Le troisième mythe est celui de l’unité et de la division. Pour les salafis, il y a un principe d’unité dans la religion musulmane qui doit s’appliquer à toutes les dimensions de la vie. Pour eux, à partir du moment où il y a UN dieu, il y a UN prophète, UNE vérité, UN Coran. A partir de là, tout ce qui ne fait pas partie de l’unité est condamné. Cela donne une vision binaire du monde, le bien/le mal, le licite/l’illicite etc. Tous ceux qui remettent en cause l’unique vérité, y compris les musulmans, sont considérés comme extérieurs à la communauté.
Le fonctionnement des salafis s’apparente selon vous à un mouvement sectaire, pourquoi ?
C’est en fait le postulat de départ de mon livre. La grande majorité des chercheurs a abordé la question du salafisme de manière macrosociologique, en essayant de comprendre le mode de fonctionnement de tel ou tel mouvement par le discours, le programme politique, l’organisation etc. J’ai voulu faire l’inverse, et comprendre ce mouvement religieux par l’intérieur, en essayant de proposer une sorte de voyage au cœur du salafisme. Mon hypothèse de départ a été de considérer que le mode de socialisation au sein de ces organisations est de type sectaire. Je précise que j’utilise le terme sectaire au sens sociologique, pas du tout au sens juridique, psychologique ou religieux. Il n’y a pas de jugement de valeur sur le salafisme. Une organisation religieuse est considérée comme sectaire par les sociologues des religions à partir du moment où il y a une sorte de mise à distance du réel, de dépréciation du monde ainsi qu’une socialisation en interne, c’est-à-dire qu’on ne décide pas par soi-même d’appartenir à cette organisation, mais qu’il s’agit d’un processus de sélection religieuse.
En d’autres termes, si une personne veut devenir salafiste, certes elle doit le désirer, mais c’est le groupe qui décide si celle-ci est apte à le devenir ou pas. Qui sont les salafis en France ?
En enquêtant sur les salafis occidentaux, nous avons essayé d’esquisser un profil des fidèles. D’un point de vue sociologique, les leaders âgés entre 35 et 50 ans sont des Maghrébins ou des Machrékins, venus en France pour fuir la répression politique de leur pays d’origine ou pour des raisons économiques. Ils sont pour certains d’origine algérienne, issus de l’aile salafiste du parti islamiste, le Front islamique du salut. La totalité des leaders ont un niveau d’études élevé. Les salafis ont dans leur grande majorité effectué un cursus dans des universités islamiques du monde arabe (université islamique de l’Émir Abdelkader à Constantine, al-Azhar en Égypte, Qarawine à Fès, Zeytouna à Tunis). Depuis quelques années, à côté de cette première génération de leaders salafis, on trouve une deuxième génération : des hommes entre 20 et 35 ans, nés et scolarisés en Occident, ayant réalisé des études supérieures en sciences islamiques dans les universités de la péninsule arabique (université de Médine, la Mecque, Dar al-Hadith au Yémen…). Dans l’ensemble, les fidèles sont des adultes jeunes ou d’âge moyen. On compte plus d’hommes que de femmes. Généralement, ils ont poursuivi des études secondaires.
On peut repérer deux groupes sociaux. Le premier groupe, qui constitue la majorité des salafis, est composé de personnes issues des classes populaires. Le second est composé de personnes issues des classes moyennes voire supérieures. Une minorité d’entre eux a poursuivi des études supérieures, parfois allant même jusqu’au doctorat. Les autres appartiennent à la petite bourgeoisie commerçante (artisans, commerçants...). De plus en plus de jeunes appartenant au salafisme possèdent des sandwicheries hallal, des taxis-phones, des librairies islamiques, des magasins de vêtements. Certains font de l’import-export entre la France et le Moyen-Orient, d’autres deviennent artisans taxi ou encore vendent des produits sur les marchés. Cette fibre pour les activités commerciales se fonde pour une raison essentielle : pour les épigones du salafisme, le Prophète, modèle par excellence, étant lui-même commerçant, il est bien vu de se lancer dans le négoce.
Au-delà de ces caractéristiques sociologiques, ce qui est plus prégnant est la nature de la composition "ethnique" de la mouvance salafiste. À côté de personnes issues de familles de tradition musulmane venues en France pour des raisons économiques (Maghrébins, Maliens, Sénégalais...), une très forte proportion de salafis sont des convertis à l’islam, issus de familles de tradition catholique.
Comment s’est passée votre intégration dans les différents groupes salafis ?
J’ai commencé mes recherches juste après les attentats du 11 septembre. On était alors dans une période de stigmatisation du salafisme, considéré comme à l’origine de ces attentats et de la création d’Al Qaeda. Les salafis en avaient donc assez d’être systématiquement pointés du doigt, et ma recherche était l’occasion pour eux de présenter le "vrai" visage du salafisme comme mouvement non-violent et apolitique. Les salafis m’ont donc accueilli assez facilement à partir du moment où ils savaient que l’objectif de mes recherches était de comprendre leur mouvement. Des tensions ont commencé à apparaître à partir du moment où certains d’entre eux ont lu sur internet des interviews de moi sur le sujet. Parce que j’étais dans une posture de déconstruction du salafisme et parce que je n’étais pas dans une présentation apologétique, des tensions sont apparues. J’ai toutefois pu continuer mes recherches parce que les groupes salafis ne se connaissent pas nécessairement entre eux. Ceux de Seine-Saint-Denis ne côtoient pas ceux de Nanterre, et donc si j’étais mis à l’index chez les uns, je pouvais encore m’intégrer chez les autres.
Le salafisme est-il un mouvement violent ?
Cela dépend de quel salafisme on parle. Pour le salafisme de type révolutionnaire, oui on est face à de la violence et une légitimité de la violence physique -quelle qu’elle soit- par des principes religieux. Or, on assiste depuis un certain nombre d’années à un essoufflement de ce type de salafisme en France. Les partisans ont du mal à recruter de nouveaux adeptes. Dès lors va se développer un cyberjihad faisant la promotion du jihad et appelant à soutenir des salafis révolutionnaires en prison. Pour le salafisme de type politique et quiétiste, il s’agit d’une violence verbale et psychique. A partir du moment où vous rentrez dans ce genre d’organisation, vous devez vous plier aux règles et aux préceptes, sinon vous êtes mis à l’index et vous n’êtes pas cooptés par le reste du groupe. Il y a également une violence verbale chez les salafistes à l’égard de la France et des valeurs dominantes de l’Occident. La démocratie, la mixité etc. sont considérés comme extérieures à l’islam, et la France est attaquée de façon véhémente.
C’est un discours qui apparait d’ailleurs avant la "salafisation" de l’individu et qui est partagé parmi certaines catégories de jeunes issus de quartiers populaires, et qui trouve une caution religieuse et justifie cette mise à distance de la France, de l’Occident, dont les valeurs sont jugées incompatibles avec une bonne pratique de l’islam. Il faut toutefois rappeler que le salafisme est une tendance ultra-minoritaire, dont le nombre total de sympathisants ne dépasse pas plus de 0,3 % par rapport à l’ensemble des musulmans de France. Selon les renseignements généraux, les salafis seraient près de 12000 et contrôleraient environ une trentaine de lieux de culte sur les 2000 présents en France.


mardi 6 septembre 2016

Il faut interdire le salafisme wahhabi




LE NEO SALAFISME N'EST AUTRE QUE LE WAHHABISME QUE LES Ibn SAOUD EXPORTENT DANS LE MONDE ENTIER ... FAUTE D'EXPORTER AUTRE CHOSE QUE LE PÉTROLE !

Une précision à l’intention des occidentaux et de leurs médias qui, après avoir confondu longtemps islam et islamisme, semblent découvrir depuis peu que derrière l'islamisme il y a le salafisme !
Il va leur falloir arriver à l'étape d’après et désigner le véritable ennemi de toutes les sociétés aussi bien orientales qu'occidentales, qu'est le WAHHABISME !

Car le wahhabisme comme toutes les obédiences qui l'ont précédées, se revendique elle aussi du salafisme qui prétend se conformer aux "salafs" (les prédécesseurs) que sont les 4 premiers califes de l'islam, qui ne sont autres que les compagnons du prophète !
Avec une différence, mais de taille, c'est que le wahhabisme est une doctrine politico-religieuse totalitaire et fasciste, à vocation expantionniste que les Ibn Saoud veulent imposer au monde entier par la terreur et la violence s'il le faut, grâce à l'or noir et aux pétrodollars qui leur tournent la tête pour réaliser leur vieux rêve : devenir Calife !

L'islamisme est une notion nouvelle dans le monde musulman, puisqu'il s'agit de partis politiques qui utilisent le wahhabisme qui a si bien réussi aux Ibn Saoud.
Le premier à l'avoir adopté, c'est Hassan El Banna (grand père maternel de Tariq Ramadan) fondateur de l'organisation internationale des Frères musulmans qui veulent prendre le pouvoir dans les pays musulmans et poussent leur ambition jusqu'en Occident, depuis la chute du mur de Berlin !
Ils ont fait des émules depuis la guerre d'Afghanistan, mais tous ces islamistes ne sont que de néo-salafistes puisque tous ont pour doctrine le wahhabisme, la dernière en date des obédiences en islam.

Cela a le mérite d'en finir avec les amalgames dont se jouent les Frères musulmans, créant la confusion entre le wahhabisme et toutes les autres obédiences composant le salafisme; entre musulman et salafiste; comme ils créent la confusion entre islam et islamisme; et comme ils dupent les hommes en donnant à leurs partis politiques des noms qu'ils ont vidé de leur sens :
- Ennahdha ou Renaissance parti de Ghannouchi, en Tunisie;
- AKP ou Parti de la Justice et du Développement d'Erdogan, en Turquie;
- PJD ou Parti de la Justice et du Développement d'Abdel-Ilah Benkiran, au Maroc;
- Etc ....

R.B
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Peut-on interdire le salafisme ?

Alors qu'une partie du parti LR souhaite une loi anti-burkini, l'avocat Stéphane Rixhon note qu'il serait plus efficace de voter une loi générale et réfléchie sur la salafisme et l'ensemble des signes ostentatoires qui lui sont attachés.

La réaction du Premier ministre Manuel Valls après l'annulation des arrêtés «anti-burkini» par le Conseil d'État est intéressante d'un point de vue tant juridique que politique. Selon lui, «il y a, d'une part, cet islamisme politique, qui instrumentalise une religion, qui est le fait d'une minorité. Le burkini n'est pas un signe religieux, c'est l'affirmation dans l'espace public d'un islamisme politique».
L'islamisme serait ainsi politique et non religieux, et un signe distinctif apparemment inoffensif comme le burkini serait en fait l'affirmation de cet islamisme. Quittons toutefois le burkini sur lequel on a déjà trop glosé et intéressons-nous à la manifestation de l'islam politique le plus rude, à savoir le salafisme, ce mouvement sectaire, homophobe, antisémite et raciste, viscéralement opposé à toute forme de laïcité ou de présence de la femme dans l'espace public.

Le système juridique français pourrait-il, dans le cadre de l'Etat de droit, valablement interdire le salafisme et ses manifestations (barbe et chevilles à l'air libre, voile recouvrant tout le corps sauf le visage ou voile «simple» des petites filles, etc.)? Peut-il également couper les financements des salafistes, fermer leurs «écoles» coraniques et proscrire ce mouvement? Je serais tenté de dire oui, mais seulement si la France adopte une loi globale sur la question.

Le législateur ne peut s'emparer d'un tel problème que si un double contrôle est réalisé: la loi doit d'abord pouvoir être déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel et elle doit également respecter la Convention européenne des droits de l'Homme, telle qu'interprétée par la Cour du même nom.
Il n'est question dans cet article que du contrôle européen. A priori, toutefois, l'analyse du Conseil constitutionnel devrait aller dans le même sens.

La France a déjà justifié plusieurs limitations de préceptes dits «islamiques» (voile à l'école, burqa dans la rue…), et cela dans une optique de protection des individus supposés faibles et influençables confrontés à une religion globalisante.

Cette volonté de protection des individus a cependant atteint ses limites avec l'arrêt SAS de la Cour européenne des droits de l'Homme dans lequel il est indiqué que l'interdiction de la burqa ne se justifie que parce qu'une société démocratique peut ne pas tolérer que l'on puisse masquer son visage dans l'espace public. Aller plus loin dans cette optique paraît bien difficile, même pour le législateur. Il pourrait difficilement interdire purement et simplement un voile moins couvrant que la burqa, ou encore des tenues salafistes pour les hommes, sous couvert de potéger ces personnes.

Une autre voie juridique pourrait cependant être empruntée et permettrait, à mon avis, d'interdire toutes les manifestations du salafisme dans la société.
Pour ce faire, il faut nommer l'ennemi - comme l'a fait Manuel Valls - et cesser de se cacher derrière de faux semblants: il n'est pas honteux pour le législateur de dire qu'il entend faire cesser les manifestations de l'islam politique dans une société victime d'attentats à répétition et menacée de mort par les adeptes d'une idéologie politico-religieuse semblable à celle qu'il entend interdire.

Il faut également que le législateur soit cohérent: pas question d'interdire le burkini sur la plage tout en laissant certains parents ensevelir leurs fillettes sous un voile dit «islamique» ou en laissant fleurir des «écoles» salafistes un peu partout. Une loi trop spécifique, telle qu'une loi d'interdiction du seul burkini, serait en effet discriminatoire et violerait le principe d'égalité entre les hommes et les femmes.

Face au problème du salafisme, il faut une loi générale et réfléchie! Il est évident que cette loi doit «respecter l'Etat de droit» et ne pas se perdre dans les «arguties juridiques», pour paraphraser deux présidents de la République. Autrement dit, elle doit respecter prioritairement la Convention européenne des droits de l'Homme, l'un des ciments de la démocratie moderne.

Oui, cette Convention protège la liberté de religion, mais la Cour européenne des droits de l'homme affirme qu'«une attitude ne respectant pas (le principe de laïcité) ne sera pas nécessairement acceptée comme faisant partie de la liberté de manifester sa religion» (CEDH, grande chambre, Refah Parisi contre Turquie, § 93).

Et la Cour d'ajouter que: «Compte tenu du lien très clair entre la Convention (européenne des droits de l'Homme) et la démocratie, nul ne doit être autorisé à se prévaloir des dispositions de la Convention pour affaiblir ou détruire les idéaux et valeurs d'une société démocratique. Le pluralisme et la démocratie se fondent sur un compromis exigeant des concessions diverses de la part des individus ou groupes d'individus, qui doivent parfois accepter de limiter certaines des libertés dont ils jouissent afin de garantir une plus grande stabilité du pays dans son ensemble» (§ 99).

Ce raisonnement a justifié, à l'époque, que la Turquie interdise un parti politique (le Refah partisi). Ce même raisonnement a permis à la Cour d'également admettre qu'une Université turque interdise à ses élèves - majeurs et non-contraints - de porter le voile dit «islamique» et la barbe au motif que l' «on ne saurait faire abstraction de l'impact que peut avoir le port de ce symbole (le voile, mais la barbe était aussi visée par l'interdiction), présenté ou perçu comme une obligation religieuse contraignante, sur ceux qui ne l'arborent pas» (CEDH, Grande chambre, Leyla Sahin contre Turquie, § 115).

Dès lors, le législateur dispose d'une large marge de manœuvre pour interdire le salafisme et ses symboles dans la société, couper ses financements et fermer ses «écoles». La France doit, pour ce faire, s'appuyer juridiquement sur son principe constitutionnel de laïcité, ainsi que sur sa situation actuelle: jour après jour, elle et ses valeurs sont menacées de mort par une idéologie politique qui se fonde sur une religion. Cette idéologie dépasse de très loin la poignée de terroristes qui prennent les armes contre elles. Les islamistes et les salafistes ne tueront pas tous des innocents lors d'attentats mais tous partagent un rejet affirmé et délétère des valeurs qui font la France: sa liberté, son égalité des sexes et des religions et sa laïcité. Ce simple rejet doit permettre aujourd'hui au législateur de s'emparer de la question. Il devra le faire sereinement et de manière justifiée et non-discriminatoire, sans viser les musulmans ou l'islam, qui n'ont pas à l'être. Répétons-le encore: l'Etat de droit n'est pas désarmé pour affronter les forces anti-démocratiques qui ont décidé d'abattre la démocratie!

* Stéphane Rixhon est avocat au Barreau de Bruxelles et chercheur à la Faculté de Droit et Science politique de Liège.


samedi 14 avril 2012

ISLAM DE FRANCE ou quand les français découvrent l'islamisme

Article publié dans : Kapitalis

" Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde "

Albert CAMUS


Ou quand les français découvrent l'islamisme et le wahhabisme qui le fonde !

Il aura fallut un drame comme celui de Toulouse et de Montauban où le jeune salafiste Mohamed Mehra a tué 5 personnes dont un père et ses deux  enfants de confession juive pour que les français réalisent qu’en France existe un salafisme violent, producteur de terroristes.
Comment ce salafisme dans sa version wahhabite, obédience la plus obscurantiste et la plus dangereuse en islam, a-t-il pu s’installer en France ?


Nous savons que l’histoire de l’islam de France est liée à celle de ses anciennes colonies. Les populations à confession musulmane faisant partie de l’empire coloniale français, sont dans leur majorité, situées en Afrique du Nord mais aussi en Afrique Noire. Or ces populations pratiquent dans leur ensemble, un islam pacifique, ouvert et tolérant, conformément à l’obédience malékite voir fortement imprégné de soufisme. Faut-il rappeler que l’émir Abdel Kader lui-même était adepte du soufisme.


Cet islam a été importé en métropole par les indigènes des colonies que la France a enrôlés de manière massive durant la seconde guerre mondiale pour défendre la mère patrie et ensuite par ceux qui furent appelés par la nécessité du développement économique. Certains son restés en France et d’autres les rejoindront avant l’indépendance de leur pays. Et depuis la fin de la guerre, la France fera appel aux travailleurs immigrés en provenance de ses colonies pour reconstruire le pays. Mouvement migratoire qui se poursuivra bien après la fin de la colonisation et l’accession à l’indépendance de la plus part de ses anciennes colonies, au delà des trente glorieuses.


Jamais les immigrés de France en provenance de ses anciennes colonies n’ont posé de problème identitaire lié à leur confession, à leur pays d’accueil. Et jamais leur islam qui est l’islam de France de fait, n’a posé lui non plus de problème aux français. Toutes les communautés des différentes confessions admettant la laïcité, vivaient en harmonies les unes avec les autres.


Même durant les luttes pour leur indépendance, les leaders des mouvements indépendantistes n’ont pas instrumentalisé la religion à la manière salafiste. S’ils l’ont fait, c’était pour revendiquer leur identité arabo musulmane face à un colonisateur qui leur refusait l’identité française, leur imposant le statut d’indigénat ; notamment en l’Algérie. Les responsables de ce refus, sont les colons eux-mêmes qui craignaient que les indigènes devenant égaux en droit avec eux, ne leur réclament la restitution de leurs biens confisqués par l’administration française en leur faveur ; mais aussi les hommes politiques en métropole qui craignaient un raz de marée de parlementaires indigènes au palais Bourbon avec le cauchemar qu’un musulman puisse devenir président de la république française !

Ce qui n’a pas empêché ces mêmes hommes politiques d’adopter le décret Crémieux en 1870 qui accordait la nationalité française aux indigènes algériens de confession juive.  

La plus part de ces leaders indépendantistes, comprenaient même la nécessité de la laïcité, pour permettre à leur peuple de sortir du moyen âge où le système politico religieux figé les maintenait depuis des siècles dans un retard qui les a rendus colonisables. Bourguiba convaincu par la laïcité née du siècle des lumières, fera faire à son peuple un grand pas en avant dans cette voie, conformément toujours à sa politique des étapes « sia’sit el mara’hel », espérant à terme instaurer totalement la laïcité.


Ainsi, pour revenir à la France, l’islam de France a toujours été dominé par le malékisme voir le soufisme : deux obédiences pacifistes, d’ouverture et de tolérance. Mais alors comment le wahhabisme a-t-il pu arriver en Europe et plus particulièrement en France ?


Deux occasions vont favoriser la propagation du wahhabisme par les Ibn Saoud d’Arabie :

- La guerre d'Afghanistan, pour laquelle les américains laisseront les Ibn Saoud propager ce qui va devenir le péril vert (le wahhabisme), pour neutraliser le péril rouge (le communisme) leur grande hantise ! Ainsi des tribus pakistanaises et afghanes adeptes jusque-là du hanafisme, l'école la plus libérale, vont basculer dés 1977 vers le hanbalisme, dans sa version la plus rigoureuse et la plus radicale de toutes les obédiences musulmanes, c'est à dire le salafisme wahhabite saoudien ; pour devenir des pays exportateurs de terroristes. Et ce, avec la bénédiction des américains dont l’unique obsession est de contrer l’avancée du communisme.


Les américains ignoraient-ils à ce point le péril vert qu’ils soutiendront pour stopper le péril rouge ? Faut-il rappeler qu’ils ont armé et soutenu Ben Laden originaire d’Arabie et adepte du salafisme wahhabite, pour débouter les soviétiques hors d’Afghanistan ?

- La chute du mur de Berlin, signant la fin de l’utopie communiste, sera une aubaine pour les Ibn Saoud de conversion massive au wahhabisme de peuples soumis au joug du communisme soviétique qui leur imposait l’athéisme.

Ce sera le point de départ d’une conversion qui va toucher tous les continents : aussi bien l’Amérique, que l’Afrique mais aussi l’Europe aussi bien centrale qu’occidentale. Notamment auprès des jeunes en quête d’identité.


Or en Europe et plus particulièrement en France adepte de l’intégration de ses immigrés, le système "intégratoire" semble s’être essoufflé depuis les années 60, et la situation va s’aggraver et se détériorer en raison de deux phénomènes :


- Tout d’abord, la seconde et la troisième génération des musulmans de France, enfants de ceux qui immigrèrent, français par leur naissance en France, ont été pour diverses raisons économiques et sociales (chômage, ghetto des villes, enseignement mal réussi  ) marginalisés et en ont ressenti une hostilité à l’égard du pays qui n’a pas fait ce qu’il fallait pour les intégrer (l’échec de l’intégration est patent) et ont ressenti le besoin de retrouver leurs racines. Malheureusement, issus de familles défavorisées pour la plupart, ils n’ont pas reçu l’enseignement sur leur culture ni sur leur religion véritable ; ce qui en fait des proies faciles pour les prédicateurs souvent étrangers (d’Arabie et du Qatar).  
- Le deuxième phénomène est le prosélytisme que n’ont cessé de faire les Ibn Saoud d'Arabie pour leur wahhabisme. 
Pour cela les Ibn Saoud vont développer et multiplier les chaines de télévisions paraboliques ainsi que les émissions religieuses confiées aux prédicateurs les plus en vogue. Mais aussi ils vont occuper les banlieues délaissées par le pouvoir en place, devenues propices au prosélytisme du wahhabisme parmi des populations pauvres, incultes ignorant tout de l’obédience de leurs parents dans leur majorité des malékites !


Or le salafisme wahhabite est spécifique d’Arabie et des pays du Golfe, pays qui ne faisaient pas partie de l’empire colonial français. L’Arabie étant le berceau du wahhabisme, son expansion s’est restreinte au moyen Orient, puisque l’immense majorité des pays musulmans d’Afrique à obédience malékite, le rejetteront. C’est ce que répondra le Bey de Tunisie dans sa lettre à Mohamed Abdel Wahhab, qu’il n’a rien à apprendre aux tunisiens, après que les oulémas de la Zitouna aient jugé son obédience obscurantiste, rétrograde et violente !

Faut-il aussi rappeler que le wahhabisme a été soutenu par les anglais y voyant un moyen de détruire l'empire Ottoman ! Ce que feront les services secrets auprès des bédouins d'Arabie dont le célèbre Lawrence d'Arabie alias Thomas Edward Lawrence. Le wahhabisme a été et reste toujours bien exploité par les anglo saxons pour préserver leurs intérêts ... contrairement au malékisme et au soufisme dont certains imams ont appelé à la résistance aux colonisateurs et ont été des leaders nationalistes qui ont lutté et se sont sacrifiés pour libérer leurs pays !

Mais l’occasion est trop belle pour les Ibn Saoud de concrétiser le deal qui unissait leur tribu à celle de l’imam Mohamed Abdel Wahhab : propager le wahhabisme ! Insidieusement mais surement avec les complicités des pouvoir en place, les Ibn Saoud vont financer les lieux de culte, les centres culturels « musulmans », des écoles coraniques, des medersas gratuites et des livres gratuits….. en assurant leur animation par des imams formés en Arabie….. en multipliant les « œuvres » caritatives islamiques…..à fin d’assurer une emprise sur des populations fragiles par un endoctrinement quasi quotidien. Fort de leur implantation, le salafisme fera son chemin et la politisation des nouveaux adeptes, aussi.


Ainsi les musulmans de France seront étonnés de découvrir ce « nouvel islam de France » et choqués par les réclamations incessantes de salafistes wahhabites, qui prônent la « visibilité » de leur foi, chose prohibée par le malékisme qui condamne l’ostentation dans la pratique de la foi.

Et l’espace public sera envahi de signes religieux ostentatoires tels que : barbes, kamis, sceaux frontaux, voiles puis niqab, prières dans les rues….au grand dam des musulmans de France qui ne se reconnaissent pas dans ce « nouveau islam » d’importation saoudienne !


Sarkozy quand il était ministre de l’intérieur, a pensé bien faire d’organiser l’islam de France à la manière des autres religions : l’Eglise pour les catholiques, le Consistoire pour les juifs….
Les musulmans de France n’étant pas organisés en « église », chacun pratiquant sa foi « directement » avec son dieu, Sarkozy se retournera vers ce qui semble « mieux » organisé, c'est-à-dire vers les salafistes dont le mouvement ne se cache pas d’être un mouvement « politico-religieux » autrement dit un parti politique qui instrumentalise ouvertement la religion !


Ainsi une minorité bien structurée et bien financée par l’ « étranger » (Arabie, Qatar…) va par son action vindicative et ostentatoire s’imposer comme représentant de l’Islam de France ! C’est elle qui sera à l’origine des conversions à l’islam (salafiste, bien évidemment) de nombreux jeunes français de confession chrétienne mais marginalisés pour en faire leur porte drapeau et leur porte parole auprès des autorités françaises.


Si les Ibn Saoud étaient les « amis » de Chirac qui leur accordera la construction illégale d’un somptueux palais sur un littoral protégé de surcroit, Sarkozy va s’enticher de leur rival : l'émir du Qatar pour en devenir l’ « ami ». Il est plus que probable que l’un et l’autre ont fermé les yeux sur les agissements de ces monarques en France  les laissant propager le wahhabisme, contre des « aides substantielles » ; entre autres pour leurs campagnes électorales.


Autrement qui pourrait croire que les services secrets de l’état français ou les conseillers des ministres de l’intérieur, « ignoraient » l’invasion de la France par ce salafisme wahhabite qui lui était complètement étranger historiquement et qu’ils n’aient pas mis en garde les responsables politiques contre sa dangerosité ?

Ainsi les français découvrent ce qu’est le salafisme wahhabite, comme les américains ont découvert le 11 septembre 2001 son horreur avec la destruction des twin towers. Alors qu’ils ont toujours fermé les yeux sur le régime des Ibn Saoud depuis les accords qui lient cette monarchie aux EUA : « pétrole contre sécurité » ; les laissant propager un islam obscurantiste et dangereux, allant jusqu’à les soutenir pour faire front au communisme, leur bête noire de toujours !

Où sont les limites de la « real politik » pour l’Occident ?


Sarkozy semble avoir découvert, à l’occasion de l’affaire Mehra, le salafisme violent ! Si l’on peut dire : « mieux vaut tard que jamais », il n’en demeure pas moins qu’il a été à l’origine du développement de ces tendances salafistes avec lesquelles il a pactisé pour organiser l’Islam de France, notamment ave l’UOIF. Voilà qu’aujourd’hui il interdit la venue en France de prédicateurs salafistes invités par cette organisation et écrit une très belle lettre à l’UOIF pour lui rappeler les valeurs de la France. Pourtant ils sont déjà venus officier en France, prêchant la haine et la violence contre les mécréants dont l'Occident. Pourquoi ne les découvre-ils que maintenant ? 

Peut-on sérieusement penser qu’il ignorait les tendances et les possibles dérives de cette organisation lorsqu’il l’a reconnue et lui a permise de se développer en France ?


Quelle belle hypocrisie ! Quel opportunisme ! Sarkozy exploiterait-il son "irresponsabilité" à des fins électoralistes ?

Il faut rappeler que c'est lui en tant que ministre de l'intérieur qui a favorisé et admis qu'une bande de salafiste wahhabite représente tous les musulmans de France. Était ce pour faire plaisir à ses « amis  wahhabites », l'émir du Qatar et le roi Ibn Saoud ? Car il faut rappeler ce que sont les musulmans de France. Dans leur immense majorité se sont des nord-africains connus pour leur obédience MALÉKITE  Quand aux musulmans noirs africains, leur pratique est imprégnée de SOUFISME.


Comment Sarkozy ou du moins ses conseillers pouvaient-ils ignorer à ce point la nature de l'islam de France pour permettre l'importation de ce qu'il y a de pire : le salafisme dans sa version wahhabite ?

Alors que l’histoire coloniale de la France n’a rien à voir avec les pays du Golfe et encore moins avec l’Arabie.

Est-ce là la real politik de Sarkozy ? A moins que sciemment dans un but électoraliste, il ait favorisé l'islamisme pour mieux exaspérer les français et récupérer les électeurs du Front National qui fait de l'islamophobie son fond de commerce ! Si c’est le cas, il est machiavélique.

Il est grand temps que les musulmans de France ne soient plus les otages d’un islamisme qui les choque et qui leur fait du tort en même temps. Car l’amalgame est très vite fait entre Islam et islamisme par une majorité de français qui n’en saisissent pas les différences.
Mais pour cela il faut que les hommes politiques eux-mêmes, cessent de jouer aux apprentis sorcier en laissant se développer en France au nom de la démocratie, ce que tous les experts savent comme nuisible et dangereux, au nom de je ne sais quelle amitié ou quels intérêts !

C’est curieux que Sarkozy crie au feu alors que c’est lui qui l’a allumé par pur calcul électoraliste.


La real politik a ses limites : la sécurité des peuples. Il est clair que les français se "réveillent" et exigeront maintenant de leurs politiques de tous bord, qu'ils ne tolèrent plus les agissements de cet islam obscurantiste.

Rachid Barnat