lundi 6 mai 2019

Appel aux Tunisiens !

Rien n'est insurmontable pour un peuple : s'il veut, il peut ! C'est le poète Abou El Kacem Echabbi qui le dit. Et le poète a toujours raison ! Les Tunisiens l'ont démontré en 2011 et récemment les algériens aussi.
R.B
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Beaucoup de Tunisiens constatent les résultats désastreux sur tous les plans de la politique menée depuis la " Révolution " et en imputent la responsabilité aux islamistes et aux partis qui se sont multipliés inutilement et qui se sont couchés devant les islamistes en les déclarant « incontournables ».

Ces Tunisiens sont souvent découragés et se disent qu’il n’y a rien à faire; que le monde (EU + UE + Israël + Qatar ...) veut cela; que ces partis ont de l’argent (pas toujours propre); et pensent qu’il n’y a pas de solution à la dégringolade du pays.

Eh bien c’est faux. Les peuples savent quelques fois se ressaisir, dépasser les clivages politiques pour combattre le mal ! 
Les Tunisiens l’ont fait par exemple pour chasser le colonialisme et il n’y avait pas, alors, de communistes, ni de socialistes, ni de centriste etc. Il y avait un peuple levé tout entier pour chasser l’occupant.

Eh bien l’islamisme politique qui s’est introduit en Tunisie à l’occasion de la " Révolution", est un mal aussi grand que le colonialisme car il est soutenu par l’Etranger et veut imposer au pays une manière de vivre qui n’a jamais été la sienne et qui, au surplus, a des résultats économiques et sociaux désastreux.

Les Tunisiens vont-ils être fidèles aux paroles de leur poète national AbouKacem Chebbi qui a écrit ces vers inoubliables :

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser.

Comment faire pour résister au cancer islamiste ?

D’abord il est absolument clair et certain que si vous dispersez vos voix vous faites évidement le jeu des obscurantistes.

Ensuite si vous votez pour des partis dont il est clair qu’ils s’allieront aux arriérés, soit parce qu’ils l’ont déjà fait, soit parce qu’ils le disent, soit parce qu’ils ne déclarent pas clairement y être opposés; vous aurez droit à la continuation de la politique dite du « consensus » avec les résultats que vous connaissez.

La SEULE SOLUTION est de voter pour la seule personne politique et le seul parti qui depuis toujours, et fermement, a fait de la lutte contre les islamistes son combat et qui veut se donner, pour cela, les moyens de le faire : " Reformer la Constitution et interdire les partis religieux "; autrement dit Abir MOUSSI et son parti le PDL.

C’est par un vote massif de ceux qui veulent vraiment changer et sauver le pays que vous pouvez y arriver.

Réfléchissez, discutez-en, dîtes-le autour de vous et le Peuple Tunisien peut gagner cette bataille fondamentale.

Les dégâts de l'arabisme en Algérie ...

Ou quand les complexés de l'histoire croient effacer une colonisation par une autre ! Ce qui est arrivé en Algérie où des pan-islamistes & des pan-arabistes, pour rejeter la culture française, se revendiquent de la culture arabe, fruit elle même d'une colonisation par les bédouins d'Arabie venus razzier l'Ifriqiya; au point de se prendre pour des arabes, eux qui renient leur culture berbère : ce qui fait rigoler les arabes d'Arabie, s'ils ne les agaçaient pas par leur prétention !
Or on sait les dégâts d'une telle politique qui a produit des générations d’analphabètes ne maîtrisant ni le français ni l'arabe et encore moins le berbère !
Les tunisiens devraient en retenir la leçon d'autant que Mohamed Mzali fut celui  qui  a ouvert la porte à l'arabisme en Tunisie.
R.B


Le vendredi 28 avril certains manifestants ont défilé à Alger avec les portraits d’Ahmed Taleb Ibrahimi, sollicité comme un sauveur de l’Algérie, qui pourrait présider le pays durant la phase de transition.

Je vais finir par croire que les bandits qui nous gouvernent encore sont séniles ou sourds. A chaque crise de jeunesse du pays, ils nous exhument un ancêtre du placard.
Après le coup de Lakhdar Brahimi, l’homme qui a échoué lamentablement dans toutes ses missions à travers la planète, voilà qu’ils nous sortent du chapeau un fossile vieux de 90 ans, pour calmer l’angoisse de la jeunesse d’Algérie !
Comme anti-anxiolytique on a connu mieux. 
A ce rythme-là, je me dis qu’ils vont finir un jour par déterrer Ben Badis ou Ferhat Abbas pour éteindre le feu et la ferveur qui ont gagné le pays depuis le 22 février.
Mais qui est Taleb El Ibrahimi ? En un mot, Taleb, qui fut plusieurs fois ministre du colonel Boumediene, est l’assassin de l’école algérienne. Il est le fossoyeur de la culture nationale. Il est l’homme qui a voulu ressusciter le FIS interdit en lançant un parti islamiste, Wafa, qui ne sera jamais reconnu par les autorités.
On parle de criminel de guerre, mais si on devait créer un statut de criminel de culture, ce sera à Taleb qu’il ira en premier. Mais qui est ce Taleb ?
Il est né en 1933 à Sétif, mais passe son enfance à Tlemcen. En 1955, il participe aux côtés de Abdesselam Belaïd, Mohammed Benyahia et Abdelhamid Mehri, à la fondation de l’UGEMA. Installé à Paris, il milite pour donner à l’association une orientation islamique. Il est arrêté en 1957 et condamné à quatre années de prison.
Libéré en septembre en 1961, Taleb trouve refuge dans le quartier latin, rue Jacob, chez l’écrivain et réalisateur, Claude Lanzmann, qui révèle dans ses mémoires « Le Lièvre de Patagonie », que Taleb est devenu l’amant de sa sœur la comédienne, Evelyne Rey. Lanzmann dit de lui : « Je l’ai connu, sa barbe était bien taillée, son corps élancé, il avait un très fin visage d’intellectuel, consumé de l’intérieur.
Il se gardait de dire le fond de sa pensée. Je l’ai aidé, je l’aimais bien et j’ai cru qu’il me le rendait, mais je n’ai jamais plus eu de ses nouvelles. Quelques messages de moi sont restés sans réponse. Sur les photos de l’époque ma sœur est toujours belle, mais elle paraît éprouvée, l’effroi se lit dans son regard ». [1]
Pendant ce temps-là, l’Algérie était devenue indépendante, et les débats faisaient rage à l’assemblée constituante où la Fédération de France du FLN demandait que « la constitution reconnaisse la séparation du culte et de l’Etat et que l’enseignement religieux soit libre et enseigné en dehors de l’école publique »[2] .
La Fédération de France militait pour un pouvoir laïc, impliquant une séparation du politique et du religieux, « seules conditions pour construire une Algérie moderne ». Ces propositions suscitent une levée de boucliers des ulémas qui répliquent le 21 août 1963 par l’appel dit « appel des Ulémas de l’islam et de la langue arabe du peuple » dans lequel ils défendent « la reconnaissance de la personnalité algérienne comme une symbiose entre l’Islam et la langue arabe ». [3]
Le père de Taleb, le cheikh al Ibrahimi, à la tête du conseil des Ulémas, part en guerre contre les partisans de la laïcité et accuse Ben Bella d’être un communiste, il venait de recevoir la médaille Lénine. Le cheikh Ibrahimi lui reproche aussi d’avoir fait défiler des jeunes algériennes en tenue de tennis pour la fête de l’indépendance, et de trahir « l’identité arabe et islamique du pays ». Ce à quoi Ben Bella répondra par son fameux : « nous sommes arabes, nous sommes arabes ».
La constitution est adoptée par référendum le 8 septembre 1963. Elle sera rédigée selon la vision des Ulémas puisqu’elle institutionnalise l’Islam :
– Préambule : L’Islam et la langue arabe ont été des forces de résistance efficaces contre la tentative de dépersonnalisation des Algériens menée par le régime colonial.
– Article 4 : L’Islam est la religion de l’Etat. La République garantit a chacun le respect de ses opinions et de ses croyances, et le libre exercice des cultes.
Article 5 : La langue arabe est la langue nationale et officielle de l’Etat.
Quant au passé et aux racines culturelles berbères de l’Algérie, ils sont purement et simplement effacés, évacués : « La chaire de berbère de l’Université d’Alger est supprimée dès 1962. L’alphabet tifinagh en fonte de l’université d’Alger est dissout sur ordre de Ben Bella en personne. On interdit Sliman Azem de diffusion sur les ondes de la radio kabyle d’Alger, ainsi que la participation à Marguerite Taos Amrouche au festival culturel panafricain…[4] »
Un an plus tard, Ben Bella, toujours pressé par les Ulémas, rend obligatoire l’enseignement religieux en 1964 en créant un Ministère des Habous. Pour l’historien et grand témoin de l’époque, Mohamed Harbi, c’était là « la première grande victoire du mouvement islamiste ». [5] De son côté Amar Ouzegane n’hésite pas dénoncer les Ulémas, ces « Fanatiques aux turbans en soie qui agitent le coran pour faire plaisir aux bourgeois ».
Pour mettre à exécution son projet, Ben Bella demande à Nasser de lui envoyer des enseignants. Le Raïs envoie des bataillons de bouchers, de cordonniers, de paysans, du Delta et du Saïd, pour arabiser et islamiser les petits algériens que nous étions alors sur les bancs de l’école primaire.
Taleb rentré à Alger emboîte le pas à son père et attaque à son tour Ben Bella dont il n’apprécie pas les « discours socialistes fastidieux et insipides ». Il est arrêté et incarcéré en juillet 1964, puis libéré, au bout de 8 mois de prison, en février 1965.
En 1965, pressé par Bouteflika, Boumediene renverse Ben Bella qu’il avait mis au pouvoir. Au lendemain du putsch, la sécurité militaire rallume la gégène des paras français, notamment dans la villa des Oiseaux, et soumet au supplice de la baignoire des milliers de militants. Mohamed Harbi et Hocine Zahouane sont emprisonnés, Mohamed Boudia prend la fuite. La plupart des écrivains algériens prennent le chemin de l’exil : Bourboune, Kateb Yacine, Assia Djebar, Mohammed Dib, Djamel Dine Ben Cheikh…
Le pays sombre, pour des années, dans la dictature militaire. Non, contrairement au mythe répandu aujourd’hui parmi la jeunesse, le règne de Boumediene ne fut pas un âge d’or, mais un âge de glace qui nous a transformés en zombies, condamnés treize années durant, à faire la queue des journées entières devant les magasins d’Etat vides, pleurant pour avoir une plaquette d’œuf ou un morceau de sucre.
Ce furent des années de plomb durant lesquelles les tontons flingueurs du FLN dézinguaient sans état d’âme quiconque pensait du mal d’eux. On connaît la liste des victimes, Mohamed Khider et Krim Belkacem assassinés avec la complicité des ambassades de Bouteflika, les colonels, Saïd Abid et Chabou, morts « par accident », Medeghri suicidé chez lui, et tous les anonymes, enlevés et supprimés par la Sécurité militaire.
Au lendemain du putsch, le colonel Boumediene nomme Ahmed Taleb Ibrahimi à l’éducation nationale. Ce dernier va s’en donner à cœur joie pour appliquer son programme « islamiser et arabiser l’Algérie ». Un mot quand même de l’arabisation : contrairement à l’idée fort répandue qui consiste à dire que le français est une séquelle du colonialisme, il convient de rappeler que la scolarisation des algériens s’est toujours heurtée à l’hostilité des colons.
Les statistiques publiées par le gouvernement général de l’Algérie en janvier 1956 faisaient état, pour la population musulmane, de 94 % d’analphabètes parmi les hommes et de 96 % parmi les femmes. A peine 20 % d’enfants d’Algériens étaient scolarisés pour 80% chez les Européens et les Juifs. Comme le rappelle Mustapha Lacheraf : « Il est faux de dire que le français nous a été imposé par le colonialisme qui n’a jamais voulu de nous, les indigènes, dans ses écoles. Oui, l’usage du français nous l’avons décroché de haute lutte ».
En effet, c’est la scolarisation massive de notre génération, au lendemain de l’indépendance, qui va réellement répandre l’usage de cette langue à travers la société. Oui, le français est une conquête de l’Algérie indépendante. Oui, les Algériens ont investi le français après le départ ; et cette langue est aujourd’hui notre patrimoine aussi.
Ahmed Taleb Ibrahimi va également modifier, falsifier le roman national. Il fait disparaître des manuels scolaires, toute l’histoire du mouvement national, depuis l’Etoile Nord-Africaine, jusqu’à l’Organisation Spéciale. Il jette aux oubliettes les figures des pères de notre indépendance, Messali Hadj et Ferhat Abbas pour les remplacer par Ben Badis et le Cheikh Taleb al Ibrahimi, dont le rôle fut certes important, mais pas aussi décisif que les combats menés par le PPA, le MTLD ou l’UDMA pour l’indépendance de l’Algérie.
Résultat : aujourd’hui aucun enfant d’Algérie ne connaît ces deux figures, Messali Hadj ou Ferhat Abbas, mais tout le monde sait par cœur le « poème » de Ben Badis, aux côtés de qui le pauvre Emir Abdelkader, fait pâle figure, malgré son génie, sa culture, son humanisme, ses œuvres littéraires et son audience internationale.
Jamais dans l’histoire de l’humanité on a connu une pareille privatisation de l’histoire d’un peuple, au profit d’une personne qui voulait honorer la mémoire de son père et de ses amis.
De 1965 à 1970, Taleb mènera, tambour battant, et à la tronçonneuse, cette politique d’islamisation et d’arabisation de l’école algérienne.
Il crée par exemple les sections arabisées dans les collèges qu’on appelait les « sans avenir », vers lesquels on orientait en fin d’année les dix derniers de la classe. Souvent des enfants issus des milieux défavorisés, et qu’on aiguillait, dès la cinquième vers l’école normale, pour en faire les futurs enseignants analphabètes qui allaient finir par flinguer l’école et les écoliers d’Algérie.
Au lieu d’être un instrument de réconciliation avec « notre identité originelle », l’arabisation va devenir un instrument de punition des pauvres, alors que les enfants de la nomenklatura étaient scolarisés au lycée français, Descartes.
A partir de 1965, Alger Républicain disparaît, toute la presse étrangère est interdite. Seul « Le Monde » continuera à être largement diffusé, car soudoyé par le régime, au point que son correspond à l’époque, Paul Balta, deviendra presque le porte-parole de Boumediene. Tandis que l’organe du FLN, El Moudjahid, de plus en plus conservateur, titrait chaque jour que l’Algérie était le plus beau pays du monde, et tirait à boulets rouges sur la jeunesse « occidentalisée ». Ainsi cet article du quotidien « Les jeunes filles et la liberté », paru le 20 septembre 1969 :
« La jeune gente féminine vit à l’heure du jerk et des cheveux longs. Alger se civilise à la même décadence que les capitales européennes. […] Elles ont toutes enlevé le voile car il ne fait pas XXe siècle ; aussitôt la minijupe est apparue et elles se sont installées dans les brasseries, la cigarette aux lèvres. […] Beaucoup de jeunes filles trouvent refuge dans la débauche alcoolique. […] L’enseignement pour la fille : oui ! Le travail : oui ! Accepter de voir bafouer une personnalité, une religion : non ! »
Quand on nous rabâche aujourd’hui Alger Mecque des révolutionnaires, nous, qui avons connu cette époque, nous éclatons de rire. Mecque des bigots et des dévots, oui !
En 1970, Ahmed Taleb Ibrahimi prend en main la culture pour sept ans. Accompagné de Chérif Messadia, alors secrétaire général du FLN, il commence par transformer l’Union des écrivains algériens en kasma du parti. L’Union qui comptait à sa fondation, Amar Ouzeggane, Moufdi Zakaria, Bachir Hadj Ali, Malek Bennabi, Kateb Yacine, Mourad Bourboune, Kaddour M’Hamsadji, Himoud Brahimi, Jean Sénac, Bachir Yelles, Boualem Khalfa, Henri Alleg, est livrée à des arabisants qui n’ont jamais écrit un livre de leur vie.
Dans la foulée, Taleb, intronise à Médéa, le peintre kitch, Etienne Dinet, comme « le père de la peinture algérienne » !!!!. Alors que ce peintre, venu sur le tard à l’orientalisme, a transformé l’oasis de Bou Saâda en bordel, peuplé de prostituées lascives qui dansent nue dans l’oued ! Dinet a peint le bonheur d’être indigène, nu et batifolant, au temps du colonialisme, et, parce qu’il a fait semblant de se convertir à l’Islam, Taleb al Ibrahimi a vu en lui le Michel Ange algérien. Gageons que si Bugeaud ou Lamoricière s’étaient convertis eux aussi, Taleb les aurait béatifiés et introduits dans le panthéon algérien, comme les pères du nationalisme algérien.
Taleb fait interdire en 1972, les émissions du poète et résistant algérien, Jean Sénac qui sera assassiné une année plus tard, et beaucoup de témoins de l’époque assurent que le ministre de la Culture n’avait rien fait pour élucider cet assassinat…
Après avoir mené une guerre contre Camus, il s’acharnera contre Kateb Yacine, qui le surnommait Moh Goumina, pour sa manière de se coiffer avec du gel. Taleb le fait interdire de radio, de presse et de télévision avant de l’exiler à Sidi Bel Abbès, avec sa troupe. Sous son règne, la presse, la radio, la télé, le cinéma fonctionnent comme en Union Soviétique mais accommodés obligatoirement à la sauce islamique.
Décontenancé par le ton frondeur du quotidien la République d’Oran, il l’arabise manu militari en 76. De son temps aussi, la SNED, créée en 1966, était devenue une maison d’édition interdite aux écrivains mais ouverte aux flics. C’est simple, de 1962 à l’an 2000, aucune œuvre marquante d’un auteur algérien n’a été publiée en Algérie.
En 1976, Taleb Ibrahimi est encore ministre de la Culture, quand Boumediene dénature le projet de la charte nationale rédigée par Lacheraf et Benyahia qui édictait que l’Islam était la religion du peuple et décrète le week-end islamique, en remplaçant le dimanche par le vendredi, faisant ainsi perdre des milliards de dollars à l’économie nationale et ouvrant le plus grand boulevard devant les islamistes.
Bien entendu, Taleb était toujours ministre en 1978, quand Boumediene donne ordre aux hordes du FLN d’effacer à travers toute l’Algérie, et en nuit, tout ce qui était caractère latin. Laissant à l’histoire des contrepèteries à mourir de rire.
Dans ses mémoires, Taleb crache sur Mustapha Lacheraf qui a essayé en 1976 de sauver l’école algérienne du désastre, alors que Lacheraf a été, le seul lettré probe, a avoir accédé depuis l’indépendance au sommet du pouvoir. Mais il sera très vite évincé par Boumediene au profit de Kharoubi, un autre arabisant givré qui achèvera le saccage de Taleb.
Depuis 1962, nous avons été dirigés par des bandits, sans culture, ni science, sans foi ni loi, qui ont tout fait pour abrutir ce peuple, l’avilir, lui effacer et sa langue et sa mémoire, de peur qu’un jour il se réveille et se rende compte qu’il est soumis à des bourricots.
Non, le Hirak n’est pas né pour réveiller ces vieux démons, et l’Algérie nouvelle ne sera pas un musée de paléontologie. Si Taleb al Ibrahimi, est tenté aujourd’hui de revenir par la fenêtre, ce serait peut être juste pour ne pas démentir le dicton qui dit : l’assassin revient toujours sur les lieux du crime. Mais, nous qui fûmes ses victimes, avons une très bonne mémoire et nous ne voulons pas que ce passé, de haine de la culture et de la science, devienne l’avenir de nos enfants. 
[1] - Habitant Paris, Taleb al Ibrahimi n’a jamais réagi à ces révélations et ne les a pas démenties.
[2] - Le Maghreb et l’Indépendance de l’Algérie. P 161. Editions Karthala. 2012
[3] - Le Maghreb et l’Indépendance de l’Algérie. P 161. Editions Karthala. 2012
[4] - Chérif Sini, la promotion du berbère en Algérie. Cahier d’étudesafricaines.
[5] - Le FLN, mirages et réalités, p 134



dimanche 5 mai 2019

L'homme révolté de Camus pour expliquer la révolte des algériens

" Les tyrans ne sont grands que parceque nous sommes à genoux "
Étienne de La Boétie

Révolte ou révolution algérienne ? Beaucoup d'observateurs se posent la question.
Albert Camus dans l'homme révolté a décrit très bien ce qui mène l'homme à se révolter; et ce qu'il décrit, correspond parfaitement à ce que vivent les algériens méprisés par un pouvoir totalitaire  devenu de plus en plus arrogant !
Que feront-ils de leur révolte ? Espérons qu'ils ne rééditeront pas l'erreur des tunisiens qui se sont vus confisquer leur "révolution" par les Frères musulmans au projet néfaste pour le pays ! 
C'est le thème de la vidéo-conférence de Jean Pierre Ryf.
R.B
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Jean Pierre Ryf


La révolte algérienne vue par un français 
natif d'Algérie et resté algérien de cœur. 

Je lisais récemment un article sur la difficulté de nommer clairement les événements actuels qui ont lieu en Algérie et des universitaires dissertaient sur les notions de « révolution », « mouvement ou hirak », « révolte ».
Cela m’a conduit à réfléchir également sur cette situation.

Je dirai d’abord que ce qui frappe l’observateur c’est la force de ce mouvement et la vue des manifestations de chaque semaine avec cette foule immense démontre que c’est vraiment tout un peuple qui se lève, partout dans le pays, sans distinction de catégorie sociale, de zones géographiques, d’opinion politique.

La seconde observation que chacun a pu faire c’est l’extraordinaire sang-froid de ces foules pourtant immenses, leur calme, leur volonté absolue d’être pacifique et sans violence et cet aspect est à mettre en évidence car, en général, une révolte ou une révolution est violente.

Un autre caractère et non des moindres, est que ce peuple a manifesté tout au long de ces journées un humour constant dans ses slogans et dans la façon d’exprimer son action. Il a, aussi, et c’est déjà un des bienfaits de ces journées, apprécié le fait de se retrouver et de jouir du plaisir de rire, de bavarder, de prendre possession des rues. Cela paraît banal mais quand on a connu une Algérie triste, morose, inquiète de son avenir, sans réaction face aux abus du pouvoir et a son mépris, c’est une nouveauté et il est clair que cela ne sera jamais plus comme avant, quel que soit le sort de ce mouvement.

Quand on a dit cela je serai assez tenté, pour ma part, d’utiliser le mot de révolte tel que nous l’a enseigné Albert Camus. C’est ainsi qu’il écrivait *:
« Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce « non » 
Il signifie, par exemple, « les choses ont trop duré », « jusque-là oui, au-delà non », « vous allez trop loin », et encore, « il y a une limite que vous ne dépasserez pas ». En somme, ce non affirme l’existence d’une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment du révolté que l’autre « exagère », qu’il étend son droit au-delà d’une frontière à partir de laquelle un autre droit lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte s’appuie, en même temps, sur le refus catégorique d’une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d’un bon droit, plus exactement l’impression, chez le révolté, qu’il est « en droit de… ». La révolte ne va pas sans le sentiment d’avoir soi-même, en quelque façon, et quelque part, raison. C’est en cela que l’esclave révolté dit à la fois oui et non. Il affirme, en même temps que la frontière, tout ce qu’il soupçonne et veut préserver en deçà de la frontière. Il démontre, avec entêtement, qu’il y a en lui quelque chose qui « vaut la peine de… », qui demande qu’on y prenne garde.
(…) En même temps que la répulsion à l’égard de l’intrus, il y a dans toute révolte une adhésion à part entière et instantanée de l’homme à une certaine part de lui-même. Il fait donc intervenir implicitement un jugement de valeur, et si peu gratuit, qu’il le maintien au milieu des périls. (…) Le révolté, au sens étymologique, fait volte-face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l’est pas. Toute valeur n’entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur. »
Et bien les Algériens sont bien ceux qui disent non et qui soulignent aussi que cela a trop duré et qu’ils ne peuvent plus accepter à partir de ce moment le comportement du pouvoir à leur égard.
C’est donc bien une révolte mais, comme le souligne aussi Camus, dans la révolte il y a non seulement un refus mais la volonté d’autre chose et la revendication d’un autre mode de fonctionnement du pouvoir et de la société, en somme une autre valeur.
Les Algériens, le peuple, sait-il vers quelles valeurs il veut aller, vers quel destin, vers quel type de civilisation ? Rien n’est moins sûr et c’est naturel car le peuple, en dehors de son patriotisme, de son amour pour un pays est très divers et dès lors il y a une multitude d’intérêts, d’objectifs et de comportement.
Citons les différences régionales qui demeurent importantes, les différences de niveau social et d’éducation, les différences religieuses, car, même dans un pays musulman dans sa majorité les différences sont évidentes entre les très pratiquants et ceux qui le sont moins, entre les soufis et les salafistes purs et durs et même entre diverses obédiences !
Tous ces gens ne veulent pas la même chose, leurs objectifs sont différents et très contraires entre eux.
Quel est le système politique qui peut unir un peuple malgré ses différences ? Il y a deux systèmes que l’expérience ailleurs a mis en évidence :
- la règle démocratique de la majorité;
- la laïcité.
La règle majoritaire permet de trancher entre les diverses conceptions et objectifs. Une fois les questions tranchées l’ensemble de la population accepte.
Dans une dictature au contraire le pouvoir jouera sur les différences pour les opposer et le pouvoir sera celui (on l’a vu d’un clan).
Mais il faut ajouter que la vraie démocratie ce n’est pas seulement la règle majoritaire c’est aussi et de manière essentielle, le respect des minorités qui doivent être libres de s’exprimer, de manifester et de militer pour un autre projet avec dans la ligne de mire l’alternance sans laquelle la démocratie n’est qu’une forme déguisée de dictature et il ne suffit pas qu'un pouvoir soit élu pour qu'il soit démocratique !
Ceci étant dit et comme le diable se niche dans les détails tous les mécanismes juridiques ne se valent pas et l’exemple Tunisien est, à cet égard, très significatif.
Les Tunisiens comme les Algériens se sont levés contre un régime de dictature et ses pratiques. Ils ont alors voulu prendre toutes les dispositions juridiques pour qu’une dictature ne puisse plus revenir et c’est dans ces conditions qu’ils ont choisi une Constitution et un régime électoral de proportionnel. Le résultat a été désastreux car plus de 200 partis (ridicules) sont apparus et aucune majorité stable n’a pu voir le jour entraînant des alliances contre nature entre des partis aux conceptions totalement opposées ! La Constitution et le régime électoral ont organisé l’impuissance du pouvoir et a partir de là la régression du pays dans tous les domaines, aucun projet sérieux ne pouvant voir le jour et être mis en œuvre.
Les Algériens devront donc s’ils s’orientent vers la démocratie étudier et tirer des leçons de l’expérience Tunisienne.
La deuxième règle nécessaire est la laïcité car c’est la seule qui permet d’organiser un vivre ensemble apaisé et porteur d’ouverture et de progrès.
L’Algérie est indiscutablement un pays musulman et de cela personne n’en doute et ne le met en cause. Mais il y a, aussi, quelques religions minoritaires et même chez les musulmans il y (personne ne peut le contester) une variété de pratique et d’idée importante puisqu'il n’y a strictement rien de commun entre des soufis ouverts, tolérants et apaisés à l’exemple de l’Emir Abdelkader ce fondateur de l’Etat et des salafistes intolérants et dominateurs qui veulent imposer, quelques fois par la violence, une façon de croire et de se comporter venue d’ailleurs.
Or qui peut faire qu’un vivre ensemble, une tolérance, une acceptation de l’autre s’installe dans le pays pour son plus grand bien sinon la règle de la laïcité ?
C’est à cela aussi que devront réfléchir les Algériens et qu’ils devront trancher.
Je conclurai cette analyse en disant qu’un pays pour progresser, pour aller de l’avant et pour vivre apaisé se doit de trancher entre ces grandes options. Les hommes politiques ne veulent quelques fois pas trancher pour ne pas perdre de voix, pour essayer de plaire à tout le monde et ce faisant ils ne rendent pas service à leur pays car les non-dits pourrissent la vie de la société.
Alors après la révolte magnifique et bienvenue il faut maintenant que les Algériens prennent conscience des enjeux et les tranchent tranquillement, démocratiquement en s’organisant et ne faisant apparaître des leaders car les leaders sont absolument nécessaires pour parvenir à ces choix qui ne se feront pas spontanément. Et c'est là que l'on entre dans les difficultés mais qui ne sont pas insurmontables.

* Camus, L’homme révolté (Gallimard), p 25-26

mercredi 1 mai 2019

Rendre à César ce qui est à César et rendre à Dieu ce qui est à Dieu

Les islamistes narguent les algériens depuis la scandaleuse amnistie générale que leur avait accordée Bouteflika. Voilà qu'ils refusent leur héritage des années noires. Ils pensent duper les algériens en imputant leur barbarie aux militaires. Tentent-ils de se refaire une virginité pour récupérer la révolution des algériens ?
En tous cas, il est bon que quelqu'un leur rafraîchisse la mémoire. Merci à Mohamed Kacimi de l'avoir fait.
R.B
Description de l'image Mohamed Kacimi.jpg.
Après la mort de Abassi Madani au Qatar * (chez son patron), ce qui est en soi un aveu, plusieurs voix se sont élevées pour attribuer et imputer, de nouveau, les 200 000 morts de la décennie noire à l’armée algérienne. Soit …
Cependant, ces personnes, qui sont peut-être de bonne foi, oublient qu’en essayant d’absoudre les islamistes de leurs crimes, elles les dépouillent de leur héritage, les spolient de leur patrimoine. En effet, les islamistes ont depuis le début de la légalisation de leur parti, annoncé clairement qu’ils voulaient nettoyer l’Algérie.

En février 1990, Abassi Madani lançait devant une foule fanatisée à Boussaâda : « Nous sommes prêts à sacrifier les deux tiers de la population algérienne pour permettre au tiers restant de réussir dans le cadre d'un Etat islamique.». Je ne crois pas que c’est l’armée algérienne qui lui a écrit et mis dans la bouche ce discours génocidaire que ces émules allaient appliquer à la lettre. Même si l’armée algérienne a sûrement manipulé ou infiltré les groupes islamistes, comme font toutes les armées du monde confrontées à une guérilla.

La même année, Mohammedi Saïd, ancien chef maquisard du FLN, reconverti à l'islamisme, mais surtout ancien officier nazi - il avait servi dans la Wermarcht ** - se montrait plus précis le 5 juillet, à Alger : « Pour assainir, l’Algérie il faut liquider 2 millions de personnes.». Plus clair que cela, c’est difficile. Là aussi, est-ce l’armée qui lui a soufflé ce discours ?

Un autre membre fondateur du FIS (Front Islamique du Salut), Saïd Eulmi lança une « fatwa » autorisant les groupes armés à « tuer tous ceux qui sont contre le projet islamiste, y compris leurs proches, femmes et enfants ».

Quant à Ali Belhadj, il criait, depuis son fief à Bab el Oued, et à qui voulait bien l’entendre : « Que la démocratie est kofr, impie, et que tous ceux qui s’en réclament, les démocrates, sont des apostats qu’il faut tuer ».

Après la dissolution du FIS, le parti mue en GIA dont la devise était : « Du sang, du sang, de la destruction, de la destruction. Ni trêve, ni dialogue, ni réconciliation ! ».

Le 29 août 1997, le massacre de Rais fait 300 morts, hommes, femmes et enfants sont massacrés à l’arme blanche ou brûlés. Des femmes enceintes sont éventrées et découpées en tranches, des enfants sont taillés en morceaux ou jetés contre des murs. Les islamistes enlèvent juste les jeunes files blondes pour en faire des esclaves sexuelles et égorgent les autres, parce que brunes. Un survivant racontera que les assaillants leur ont dit : « Nous avons toute la nuit pour violer vos femmes et les enfants, boire votre sang. Même si vous nous échappez aujourd'hui, nous reviendrons demain pour vous finir ! Nous sommes ici pour vous renvoyer à votre Dieu ! ». Le lendemain le GIA revendiquait les massacres de Raïs et de Ben Talha qualifiant les victimes « d'offrandes à Dieu ».

Durant les dix années de terreur, les islamistes réfugiés à Londres publieront chaque jour la liste de leurs victimes « impies », sans jamais être inquiétés par la police britannique.

Aux yeux des islamistes donc, les massacres sont commis pour faire plaisir à Dieu, tout comme les holocaustes chez les grecs, sauf que chez les grecs les sacrifiés étaient des animaux. Et toutes ses mises à mort trouvent leur source dans la Charia. Les islamistes citent souvent ce hadith attribué au Prophète par Boukhari « Quiconque change de religion mérite la mort ». في صحيح البخاري عن ابن عباس عن النبي أنه قال: من بدل دينه فاقتلوه
C’est à dire que l’apostat mérite la mort. Seulement aux yeux des islamistes on est très facilement déclaré apostat, il suffit qu’un homme soit surpris avec un verre d’alcool ou qu’une femme se dévoile pour voir leur tête tranchée. Je le redis ce que nous considérons, nous comme crime, est aux yeux des islamistes une bonne action, un cadeau pour Dieu. Je me souviens de cet ami, professeur à l’Université d’Oran chez qui les islamistes pénètrent en plein ramadan et lui annoncent qu’il doit mourir devant sa femme et ses enfants. Au moment où il lui met le couteau sur la gorge, son bourreau se penche pour l’embrasser et lui dit : « Mon frère, je t’embrasse car grâce à ta mort je pourrais plus tard manger à la table du Prophète au Paradis »…

J’ai suivi hier l’enterrement de Abassi Madani, j’ai vu ces islamistes, rescapés d’un autre siècle, barbes et tempes blanchies. Je vous jure qu'ils m'ont fait pitié et je me suis dit : les pauvres, ils sont vieux, ils n'auront jamais la force de courir pour rattraper le train de la révolution en cours. J'ai pensé que ce serait vraiment criminel de notre part de leur arracher des mains ces 200 000 morts, qui sont les nôtres, certes, mais qui sont aujourd’hui leur héritage, leur patrimoine, le seul bien qui leur reste dans ce pays et peut-être la seule trace qu'ils laisseront dans notre histoire. Il faut dire combien ils ont risqué leur vie pour nettoyer et purifier ce sale pays. Pour nous rendre enfin présentables à la face de Dieu, ils n’ont pas hésité, les pauvres, à égorger tant de nos enfants, nos femmes et nos hommes. C’était pour notre bien pourtant … Nous étions tous loin de leur Islam. Ils ont fait ce qu’ils ont pu pour nous ramener sur la bonne voie.
De grâce ne leur disputons plus ce lourd héritage, ces 200 000 morts sont les leurs pour l’éternité, ce sont comme ils disent des « offrandes offertes à Dieu ». Qu’on les enterre une fois encore entre leurs mains. Nos morts étaient pour eux des clés du paradis. Qu’on laisse nos 200 000 morts entre les mains des islamistes, et nous verrons s’ils ouvriront avec les clés du Paradis.

* Si au début, l'islamisme était soutenu par les Ibn Saoud par la diffusion du wahhabisme, très vite leur frère ennemi l'émir du Qatar et néanmoins concurrent pour l'hégémonie sur les sunnites, prendra le relais.
** Hassan El Banna fondateur des Frères musulmans était admirateur de Hitler. Il s'est beaucoup inspiré du nazisme.