samedi 23 avril 2016

Quand les "progressistes" déblayent le terrain aux islamistes

Nidaa Tounes a failli sur toute la ligne ! De sauveur de l'emprise des Frères musulmans sur les Tunisiens, ce parti est devenu le suiveur d'Ennahdha !!
R.B

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Ce que fait Ennahdha* est tout simplement extraordinaire !

1 - Elle fait en sorte que le parti qui a gagné les élections devienne non seulement un allié, mais une coquille vide dont ceux qui y restent sont là pour exécuter leurs plans. En contre partie, elle fait en sorte de leur donner au parlement, le nombre de sièges qui sied au parti numéro un au sein des commissions parlementaires

2 - Elle prend en main toutes les institutions financières du pays en y nommant des gens qui lui sont proches

3 - Elle fait en sorte que les différents sujets que les "progressistes" combattaient du temps de la troïka, émanent de ceux qui les rejetaient hier, comme l'enseignement du coran en dehors des horaires des cours ou encore celui des banques islamiques, le habous et j'en passe

4 - Son discours se transforme en un discours "patriotique" (sic), "responsable" (sic) tout en faisant assumer le pouvoir à ceux qui se disaient expérimentés et qui demain seront tenus pour responsables de l'échec économique du pays et de celui de la gestion du pouvoir

5 - Elle prépare un congrès totalement démocratique (sic) loin des plateaux de télé et dans une sérénité totale, distillant de temps à autres des informations sur des différends entre les dirigeants du parti, lesquels différends attestent pour celui qui en entend parler, d'une santé démocratique au sein du mouvement. Quand on lit le document qui a fuité et relatif à la préparation du congrès de ce mouvement, on comprend pourquoi ce parti progresse et se prépare à prendre le pouvoir pour une période très longue si on ne se met pas au travail et que nous ne mettons pas en place des réflexions stratégiques tenant compte de la présence d'un parti idéologique, fort et aux moyens financiers infinis dans le pays.

Ennahdha est en train aujourd'hui, de mettre en place la législation qui va avec son idéologie et ce avec la complicité de quelques imbéciles qui ne lisent qu'à très court terme afin d'avoir aujourd'hui des postes de responsabilité se souciant peu du long terme. S'il est vrai que le modèle qui a été mis en place par des régimes coercitifs ne correspond pas tout à fait à la typologie du Tunisien, il n'en demeure pas moins que la transformation risque d'être radicale et préjudiciable à un modèle tunisien qui a permis au pays de se faire une place de choix parmi les nations.

* Ennahdha : parti politique des Frères musulmans en Tunisie.

Abraham père fondateur du monothéisme, n'est autre qu’Akhenaton !

Quand on vous disait que les religions sont des créations humaines, souvent se nourrissant des légendes et autres mythes fondateurs de celles qui les ont précédées ! Des chercheurs en donnent la preuve, en ce qui concerne les religions monothéistes actuelles.
R.B
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On a découvert le message caché de la Bible

Les Hébreux étaient des Égyptiens adorateurs du dieu Aton. C'est ce qu'ont découvert deux chercheurs français. Une hypothèse pressentie, au siècle dernier, par Champollion.
CETTE découverte fera du bruit. Elle agace, déjà, le milieu scientifique - historiens et archéologues -, et trouble le monde religieux. Le bruit court que les agents de Steven Spielberg en ont eu vent outre-Atlantique et que le grand cinéaste pourrait porter à l'écran « Les secrets de l'Exode », l'ouvrage de deux chercheurs hébraïsants (1).
Les intuitions de Sigmund Freud
Que nous disent Messod et Roger Sabbah ? Ce que le Lotois Jean-François Champollion avait, bien avant eux, probablement pressenti - il est mort trop tôt pour aller au bout de ses convictions. Ce que le psychanalyste Sigmund Freud avait, il y a soixante ans, géniale intuition, soupçonné en évoquant, dans ses écrits, l'hypothèse d'une transmission aux Hébreux, par Moïse l’Égyptien, de sa propre religion, celle du dieu Aton. Messod et Roger Sabbah vont plus loin encore en soutenant que tous les Hébreux sont des descendants des anciens Égyptiens.
Ils s'appuient d'abord sur un constat : il n'y a aucune preuve archéologique de l'existence de ces Hébreux tels qu'ils sont décrits dans la Bible. Pour la plupart des savants, ils seraient vaguement assimilés, faute de mieux, aux « Apirous », peuple semi-nomade aux contours flous. Aussi s'interroge-t-on depuis des lustres : comment une population ayant vécu près d'un demi-millénaire en Egypte, forte de près de deux millions d'âmes, a-t-elle pu fuir le pays, l'armée du pharaon à ses trousses, puis s'installer en « Terre Promise », alors administrée par l'Egypte, sans qu'aucune trace ne subsiste ni de leur long séjour, ni de leur exode ? Pas de trace non plus d'Abraham. Inconnu au bataillon pour les scientifiques. Pas d'inscription, pas de récit, rien dans les temples, rien sous le sable du désert.
L'obscur pharaon Aï
Nos deux chercheurs fondent ensuite leur hypothèse sur une troublante étude comparative des écritures, l'hébraïque et les hiéroglyphes. Dans le tombeau de Toutankhamon, ouvert en 1923, figuraient des inscriptions rédigées en hiéroglyphes insolites, certaines lettres ressemblant à s'y méprendre - forme, prononciation, valeur symbolique - à l'alphabet hébreu. La coïncidence, à l'époque, n'émut personne. Pas plus que celle-ci : sur un mur du tombeau, le double « cartouche (la signature gravée) d'un obscur pharaon, Aï, dont le nom, en hiéroglyphes, ressemble à celui, dans la Bible araméenne, de Dieu, prononcé Adonaï (Aton-Aï). Et, à l'entrée de la salle du trésor, gardant la tombe, couché sur un coffre, le chien Anubis (ou Anapi): en hébreu, « Nabi » signifie « gardien de la loi ». Chien et coffre étaient recouverts d'un tissu sacré rappelant le châle de prière des Hébreux. Le coffre à brancards, lui, pourrait s'apparenter à l' « Arche d'Alliance » telle qu'elle est décrite dans la Bible.
Arguant de ces similitudes - il y en a bien d'autres -, les frères Sabbah ont relu de fond en comble les textes. Ils en ont déduit que la langue hébraïque était issue des hiéroglyphes, stylisés. Et, dès lors, tout s'est éclairé: les énigmes de la Bible, les noms aux consonances étranges parce qu'étrangères, les personnages, l'Histoire.
Remontons 3350 ans en arrière. Akhet-Aton, capitale de l'empire d'Egypte - connue aujourd'hui sous le nom de Tell El Amarna -, est la ville du pharaon Akhénaton (« Je suis le soleil vivant ») et de la reine Nefertiti. C'est une cité d'or et de lumière, située au nord de l'actuelle Assiout, sur le Nil, c'est la cité sainte du dieu Aton, le « dieu unique », créateur du ciel et de la terre. Akhénaton a rompu, en effet, avec les divinités du panthéon égyptien, il y règne en maître absolu. Quand il meurt, Aï, qui n'est encore que grand prêtre - plus tard, il sera pharaon sous le nom du « Divin Père Aï » -, prend les rênes du pouvoir, assurant la régence en attendant que Toutankhamon (il n'a que huit ans) grandisse.
Alors, tout s'effondre : le culte ancestral d'Amon, dieu multiple, est rétabli, c'est le retour à l'orthodoxie. Aï et Toutankhamon vont faire en sorte que soit effacé tout vestige de cet Akhénaton de malheur qui laissait le reste du pays sombrer dans la misère, et de ce dieu Aton qui proclamait que les hommes étaient égaux : les prêtres d'Aton, les « Yadoudaé », qui vont former le royaume de Juda, les scribes, les notables, l'élite et, avec eux, le petit peuple, « la tourbe nombreuse » dont parle la Bible, le futur Israël (en égyptien, « fils de Râ et de Dieu ») qui entrera en conflit avec Juda.
Dans leurs bagages, ils emportent leur foi monothéiste - la première de l'histoire humaine -, leurs traditions. Après des années d'errance et de querelles, ces « Égyptiens » vont adopter leur écriture « hébraïco- hiéroglyphique » et conserver le souvenir de l'âge d'or. Aï a fait d'une pierre deux coups:  il s'est débarrassé de ces encombrants monothéistes et les bannis lui servent de « zone tampon » contre les Hittites, l'ennemi du nord !
Chassés du « paradis »
Episode annexe de ce grand départ, la fuite, vers le sud, de la police pharaonique composée de Nubiens, les « Medzaï » (« Fils d'Aï »). Au Kenya, note-t-on, les Masaï se réclament aujourd'hui d'un dieu unique, évoquent leur âge d'or, au nord, et portent des ornements qui ne sont pas sans rappeler les symboles sacrés de l'Egypte ancienne...
Bien des siècles après cette épopée, nous disent Messod et Roger Sabbah, les scribes, lors de l'exil à Babylone, ennemi juré de l'Egypte, vont rédiger un texte, la Bible, maintes fois remanié, où ne figure plus cette lointaine et gênante origine égyptienne, où les noms sont maquillés. Inventé donc, Abraham, inventée sa naissance en Mésopotamie !
Sarah, c'est Nefertiti
Et tout concorde, pour nos deux chercheurs : la chronologie des pharaons, leurs vies, leurs actions, la Bible et l'histoire égyptienne. Abraham (« Ab-Rah-Am », père du dieu Râ et Amon) ? C'est Akhénaton lui-même : d'un côté l'Abraham biblique à qui Dieu parle, qui rejette le polythéisme et égorge le bélier en lieu et place de son fils Isaak (le pharaon Semenkharé, en égyptien Saak- Ka-Râ?); de l'autre Akhénaton, qui converse avec Aton, rompt avec les divinités, sacrifie le bélier (Amon). Sarah, c'est la belle Nefertiti, Agar, c'est Kiya, la seconde épouse. Moïse (« Mésés ») ? C'est Ramsès Ier, homme de guerre, impulsif. Aaron ? C'est Horemheb, général puis pharaon. Joseph ? C'est Aï : l'un et l'autre ont été enterrés en « pharaons d'Egypte » et leurs momies ont disparu...
Pas de peuple réduit en esclavage, pas de « peuple élu », pas de terre promise par Dieu : si elle les a étourdis - on le serait à moins -, cette découverte n'a pas fait chanceler la foi de Messod et Roger Sabbah, issus d'une lignée de rabbins : ils assurent être toujours croyants.
* « Les secrets de l'Exode », Messod et Roger Sabbah, éditions Jean-Cyrille Godefroy, 556 pages.


« Abraham = Akhénaton »

Les auteurs des « Secrets de l'Exode » ne sont ni des farfelus ni des iconoclastes. Messod et Roger Sabbah sont issus d'une lignée de rabbins et de grands rabbins, ils ont effectué des études bibliques et talmudiques poussées. Leur livre est le fruit de vingt ans de recherches. « Si tout ceci était un canular, dit Roger Sabbah, nous nous cacherions... »
LA DEPECHE DU DIMANCHE.- Pensez-vous que Champollion, s'il n'était pas mort prématurément, aurait abouti aux mêmes conclusions que vous?

ROGER SABBAH.- Certainement. D'ailleurs, dans son dernier ouvrage, il exhorte les chercheurs à la critique de la Bible. C'est son grand message : il a voulu dire que l'Egypte devait servir à appréhender la Bible d'une façon différente. La Bible elle-même nomme 700 fois le mot Egypte, ce sont des clins d’œil pour dire : fouillez là-bas pour approcher la vérité ! Notre recherche à nous va se poursuivre car il y a bien d'autres analogies entre la Bible et l'histoire de l'Egypte ancienne. Par exemple, à propos de la sagesse, 2000 ans avant notre ère, un pharaon écrivait : « Si tu respectes ton père et ta mère, tu vivras longtemps ». Or on retrouve le même rapport dans le troisième commandement. Toutes ces concordances existent, nous ne les avons pas inventées. Maintenant, c'est au lecteur de décider de ce qu'il doit croire ou de ne pas croire. Notre livre ne fait qu'évoquer une hypothèse.
DDD.- Pour vous, le monothéisme est vraiment né en Egypte?

R. S.- C'est une certitude. Les empires assyrien et babylonien étaient tous polythéistes. Le culte d'Aton est vraiment le premier monothéisme de l'Histoire, un pur monothéisme affirmant : il n'y a pas d'autres dieux. Ce qui rejoint le commandement biblique : tu n'auras pas d'autres dieux que moi. Nous nous sommes donc demandé qui pouvait bien être ce personnage fabuleux nommé Abraham. Et, petit à petit, en étudiant isolément le cas Abraham et le cas Akhénaton, nous avons abouti à cette conclusion : l'un est probablement le mythe de l'autre. Abraham n'est pas né en Mésopotamie.
DDD.- Vous parlez du pharaon Moïse, du pharaon Aaron. Mais où et quand auraient-ils régné?

R. S.- Après Akhénaton, Semenkharé, Toutankhamon et Aï, sous les noms d'Horemheb et de Ramsès Ier. Le tout sur une durée de quarante ans, ce qui - hasard ? - correspond aux quarante années des Hébreux dans le désert. Tout cela s'est passé en Egypte, où certains Hébreux étaient revenus. Quand Moïse est parti - « dans la montagne » d'après la Bible - en déléguant son autorité à Aaron, ce dernier en a profité pour prendre le pouvoir. D'où l'histoire du veau d'or, symbole, pour les Égyptiens, de la mise sur le trône d'un nouveau pharaon. Il faut bien comprendre que l'histoire biblique est un transfert.
DDD.- Si on prolonge l'analyse, on en déduit que Jésus est d'origine égyptienne...

R. S.- Certains soutiennent même qu'il n'a pas existé, qu'il est un symbole de l'Egypte ancienne. D'autres disent que c'est en Egypte qu'il a découvert la véritable histoire des Hébreux et qu'à partir de là, révolté, il a justement voulu tout chambouler...
DDD.- Comment est perçue votre découverte ? Elle est tout de même dérangeante pour les égyptologues, et surtout pour les juifs qui verraient, si vous dites vrai, toutes leurs valeurs s'effondrer...

R. S.- Les égyptologues font front commun contre nous. Mais ils ne remettent pas en cause les découvertes principales : il y a trop d'analogies pour qu'il n'y ait pas un fondement. Nous pensons que l'égyptologie a fait une faute de parcours, négligé l'étude des religions. Quant à la symbolique juive, elle garde sa valeur. La mystique juive fait partie d'une certaine forme de fondement de l'être humain. J'espère en tout cas que ce livre rapprochera les trois religions monothéistes qui ont un tronc commun.
DDD.- En quel dieu croyez-vous ? Pas le Yahweh de la Bible mais alors lequel : l'Aton égyptien ?

R. S.- Je reviendrais peut-être davantage à la religion amonienne ! Dans la mesure où Dieu y a une dimension universelle et inconnue. L'Egypte ancienne avait compris l'immense problème que l'humanité d'aujourd'hui n'a toujours pas résolu : celui de la tolérance, mais à la base, aller vers le Bien, considérer le divin comme une universalité et les dieux comme des projections de cette universalité, des morceaux du divin. Le drame, c'est la cassure qu'il y a eu quand un homme a déclaré - c'était Akhénaton - qu'il était lui-même Dieu et qu'il fallait donc l'adorer...
Ph. B.

La Kahina, la Jeanne d'Arc berbère ou l’histoire d’une grande reine

Ce nom "kahina", féminin de "kahin" (celui qui pratique la divination), lui a été donné par les Arabes qui l'ont combattue, la renvoyant au rôle de prêtresse juive; rejoignant ainsi les cohen, ces prêtres juifs ou les "kawahin", pluriel de "kahin".
R.B
Kahina
Surnommée Kahena, de son vrai nom Dihya ou Damya,
est une reine guerrière berbère zénète des Aurès
qui combattit l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle.
Elle serait issue de la tribu des Dejrawa.

Selon Olaf, jamais un personnage historique n'a fait l'objet de tant de contreverses et d'interprétations. La reine Kahina est en effet plus qu'une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance et habite l'imaginaire des berbères.
Introduction
Bien des interprétations la concernant ne sont pas sans arrière-pensées idéologiques. Pour les Occidentaux, il s'agit d'une reine mythique, comme s'il fallait minimiser son combat. On la dit chrétienne dans le même but, comme si elle présageait de la domination coloniale, alors qu'elle fut au contraire l'exemple du refus de la soumission. Les historiens arabes la surnommèrent Kahina, ce qui veut dire la prophétesse, au sens noble, mais aussi péjorativement la devineresse, la sorcière pour certains. Certains la déclarèrent de religion juive pour montrer qu'elle était une ennemie de la foi musulmane, ce qu'elle fut effectivement, mais certainement pas en termes religieux. Les Imazighen ont sans doute exagéré le personnage, puisqu'on lui prête parfois l'âge, de toute évidence très exagéré, de 127 ans à sa mort !
Dans cet article nous avons voulu avant tout faire la part de la réalité historique si difficile soit-elle à connaître et les légendes. Kahina est effectivement un exemple de courage hors du commun. Chef politique hors pair, elle était aussi une femme qui sut protéger ses enfants.
Les origines de Kahina
Ce qui est certain, c'est qu'elle est originaire de la tribu Zénata, dont le mode de vie était pastoral et semi-nomade. Elle est peut-être la fille de Mélag, Roi des Aurès. Selon Ibn Khaldoun, elle serait une Zénata de la branche Madaghis (ou Badaghis). La reine Kahina était une noble originaire de l'Aurès, sans doute descendante d'une très ancienne lignée amazighe. Ceci explique comment elle parvint à la royauté. Il semble que son pouvoir lui fut donné par un conseil de tribus, ce qui était courant à l'époque. Grâce à son intelligence remarquable, elle organisa une confédération, regroupement de tribus, ce qui était courant face à un péril grave. La légende dit aussi qu'elle aurait été d'une beauté éblouissante. Ce genre de description, basé sur l'admiration, doit être pris avec circonspection. Il est courant de magnifier un personnage important, et à plus forte raison une femme, par la beauté. On sait que c'est à un âge avancé qu'elle est amenée à lutter contre les musulmans.
La religion de Kahina
On ne sait pas précisément sa religion. Peut-être fut-elle chrétienne ou juive, mais elle a pu être également animiste. Ce point est très controversé. Nous donnons ici quelques éléments de discussion. C'est Ibn Khaldoun qui émet l'hypothèse qu'elle était juive. Mais on peut raisonnablement penser qu'elle était animiste :
L'histoire des juifs d'Afrique du Nord est relativement bien connue à cette époque. Les communautés étaient très restreintes. Elles étaient acceptées, mais on ne voit pas comment une reine juive aurait pu avoir le pouvoir. Il n'y a jamais eu de rois ou de reines juifs dans les Aurès d'après les documents historiques. Par ailleurs l'invasion musulmane fut accompagnée de l'implantation de juifs, qui assumaient les métiers interdits aux musulmans : banquiers, certains métiers du commerce et surtout forgerons. Ces métiers étaient absolument indispensables à l'armée musulmane et à l'administration des territoires conquis. L'Islam, à cette époque, les protégeait. Si Kahina avait été juive on ne voit pas pourquoi elle aurait combattu les musulmans. Ce n'est pas pour rien que les historiens juifs l'ignorent ou, au contraire, la décrivent comme une redoutable ennemie. Il nous semble plus logique de penser que lorsque Ibn Khaldoun la dit juive, il veut tout simplement dire qu'elle appartenait à une religion existant avant l'Islam. On a qualifié à tort la reine touarègue Ti Hinan de chrétienne de la même manière. La découverte de son tombeau a montré que cette reine était animiste. Quelque soit la rigueur d'Ibn Khaldoun, on peut penser qu'il n'avait pas les moyens de déterminer exactement, plusieurs siècles après, la religion de Kahina.
Prétendre qu'elle fut chrétienne se heurte à d'autres difficultés. A cette époque, le christianisme s'était effondré depuis longtemps en Afrique du Nord. Le seul royaume chrétien restant était celui des Djeddars, dont on ne sait pas grand chose sinon que les Byzantins cherchèrent sans succès à s'en faire un allié. Les Byzantins tentèrent d'imposer un christianisme d'état, ce qui provoqua une guerre entre eux et les Imazighen qui dura plusieurs siècles. Or, les Imazighen laissent au départ musulmans et byzantins s'entretuer. Si elle avait été chrétienne, Kahina se serait probablement alliée au Byzantins, d'autant que la révolte de Koceilia contre les musulmans, quelques dizaines d'années auparavant, devait encore être dans toutes les mémoires.
On a affirmé aussi que Kahina était adoratrice de Gurzil, une divinité amazighe représentée par un taureau. Si le culte du Taureau, symbole de virilité et de puissance, est connu en Afrique du Nord dans l'Antiquité, aucun élément historique ne prouve que Kahina en fut une prêtresse.
On peut donc penser que Kahina était très probablement animiste, mais sans que l'on connaisse vraiment le culte auquel elle appartenait. Cependant, faute de preuves archéologiques, nous nous garderons bien de nous avancer plus. Selon la légende, elle vivait dans un somptueux palais. A plusieurs reprises, on a pensé l'avoir trouvé, mais apparemment sans succès pour l'instant.
Éléments historiques
Voici ce qui généralement est admis par les historiens de l'histoire de Dihya : A son époque, une guerre oppose les musulmans, dirigés par Hassan Ibn en Nu'man, les chrétiens byzantins, qui tentent de préserver leurs possessions dans cette région, et les Imazighen, habitants des lieux. Ces derniers sont d'abord divisés sur la conduite à tenir. La Reine Kahina parvient à les rassembler par son pouvoir de persuasion et sa grande intelligence pour lutter contre l'invasion musulmane. Le résultat ne se fait pas attendre, puisqu'en 697, sous son commandement, ils écrasent l'armée d'Ibn en Nu'man. Celui-ci doit livrer bataille près de l'Oued Nini, à 16 km d'Aïn al Bayda. Les troupes imazighen font tant de victimes que les Arabes appelèrent le lieu "Nahr Al Bala", ce qui se traduit par "la rivière des souffrances". On dit que la rivière était rouge du sang des combattants arabes. Après cette victoire les Imazighen poursuivent les musulmans, et les obligent à se réfugier dans la place forte de Gabès. Le calife Malik rappelle alors ses troupes en Tripolitaine (l'actuel nord de la Libye). 
Ibn Khadoun donne dans sa version des détails étranges sur cette première bataille. Il prétend notamment que les Imazighen auraient possédé des chameaux de combat. Si cela a été le cas, ceci signifie qu'ils étaient alliés à une tribu saharienne, ce qui n'est pas établi. Si de telles alliances sont connues lors de la lutte contre les byzantins, dans les siècles précédents, elles ne sont pas établies lors de l'invasion musulmane. Il indique également que les Imazighen auraient capturé quarante musulmans et les auraient laissé rejoindre leur camp, à l'exception de Khaled, que la reine aurait décidé d'adopter. Ce récit lyrique très beau, reste lui aussi sujet à caution. On ne comprend pas pourquoi les Imazighen n'auraient pas gardé les musulmans en otage, pratique courante à l'époque.
Après cette défaite cuisante, les musulmans décident de concentrer leur effort de guerre contre les chrétiens byzantins. En 695, les Byzantins reprennent Carthage aux musulmans. Ils y restent seulement trois ans, avant d'en être définitivement chassés en 698. La même année, Ibn en Nu'man fonde Tunis. En fait, les Byzantins sont obligés de lâcher prise, préoccupés par des tensions au nord de leur empire. La montée en puissance des royaumes chrétiens européens constituent en effet une menace pour eux encore plus grave que l'invasion musulmane. Le royaume de Kahina reste alors le seul obstacle contre la progression des musulmans à l'ouest et Hassan Ibn en Nu'man reprend l'offensive contre les Imazighen. Conscient de la forte résistance qu'il va rencontrer, il entreprend une conquête systématique du pays. Possédant Carthage et la nouvelle ville de Tunis, il dispose enfin de solides bases arrières. Kahina se trouve alors forcée d'appliquer une politique de terres brûlées. Devant eux, les musulmans ne trouvent qu'un pays détruit. Une partie de la population n'apprécie pas cette politique, encore que ceci ne soit pas historiquement prouvé. Ibn Al Nu'man en tire partie : il obtient des renforts du calife Abd al-Malik en 702. Son armée compte alors probablement plus de 50 000 combattants. Face à une telle force, Kahina n'avait d'autre choix que cette politique désespérée. Après deux ans de guerre, la bataille finale a lieu en 704, à Tabarqa. La Kahina envoie auparavant ses deux fils rejoindre le camp musulman, afin de préserver les intérêts de sa famille. Ceci signifie que, loin de se renier, elle se place au contraire comme un chef de guerre, qui privilégie son combat et se libère ainsi de toute attache familiale. Il est probable qu'elle savait son combat perdu mais loin de plier, elle accepte la mort avec un courage qui force l'admiration. La bataille de Tabarqa est finalement gagnée par les musulmans, mais ce n'est pas une victoire facile pour eux. Les Imazighen, bien que très inférieurs en nombre, opposent une farouche résistance. Ibn Khadoun décrit le combat comme particulièrement âpre et dit que les musulmans bénéficièrent "d'une intervention spéciale de Dieu". Ceci signifie que les Imazighen livrèrent sans doute un combat terrible, qui mit à mal les troupes musulmanes. Finalement, la reine Dihya est capturée et décapitée au lieu-dit Bïr El Kahina (Le puits de la Kahina). Sa tête est envoyée au calife Malik selon certains, jetée dans le puits selon d'autres. Hassan Ibn en N'uman fait preuve d'un grand respect pour le peuple amazigh après sa victoire. Il ne fait pas de prisonniers et ne commet aucun pillage. Sa grande tolérance en fait d'ailleurs l'un des artisans de l'islamisation des Imazighen.
Les fils de Kahina
Les deux fils de Kahina (Ifran et Yezdia) avaient rejoint le camp musulman avant la bataille. Certains auteurs ont vu là une trahison de leur part. C'est à notre avis une erreur, puisqu'il est clairement établi qu'ils rejoignirent le camp adverse sur ordre de la Reine et qu'ils ne participèrent pas à la bataille de Tabarqa. Ils ne se convertirent à l'Islam et n'obtinrent un commandement militaire qu'ensuite, lorsque Hassan Ibn en N'uman se décida à conquérir le Maroc. Selon certains auteurs, Kahina avait également un fils adoptif du nom de Khaled, un jeune arabe fait prisonnier lors de la bataille de l'Oued Nini, qu'elle aurait adopté. Même si on ne peut totalement exclure cette adoption, cette thèse nous semble douteuse, et la description qu'en donne Ibn Khaldoun sujette à caution. Il a en effet affirmé qu'elle partagea le lait de son sein entre Khaled et ses deux enfants légitimes, ce qui semble impossible pour une femme âgée. Mais il se pourrait qu'il décrive une cérémonie d'adoption qui était alors en vigueur, ou la femme montrait son sein au fils adopté.
Conclusion
Longtemps encore, La Kahina et ses fils susciteront des légendes. Ceci est sans doute dû autant à sa détermination de femme insoumise jusqu'au sacrifice d'elle-même qu'à la protection qu'elle donna jusqu'au bout à ses fils, en mère exemplaire. Symbole des femmes imazighen, elle est aussi le symbole de toute une culture, à l'égal de Massinissa et de Jugurtha.

vendredi 22 avril 2016

Quand le militantisme vire à l'affairisme et à la corruption

Le Monde Leaks dans les coulisses de l'évasion fiscale


« Panama Papers » : la fortune offshore de l’Autorité palestinienne 


Les « Panama papers », analysés par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et le quotidien israélien Haaretz, ont mis en lumière le curieux mélange des genres de l’Autorité palestinienne et de l’un des fils de son président, Mahmoud Abbas. L’affaire est née dans le secret du cabinet fiscal Mossack Fonseca, au Panama. Il immatricule en septembre 1994 la société Arab Palestinian Investment Company (APIC) aux îles Vierges britanniques. Yasser Arafat est alors le chef de la Palestine, Mahmoud Abbas a conduit la délégation palestinienne qui a signé les accords d’Oslo un an plus tôt.


Les actionnaires d’APIC se réunissent la première fois le 24 mai 1995 à l’hôtel Sheraton de Dubaï. Le cheikh Omar Aggad, un homme d’affaires saoudien d’origine palestinienne, est nommé administrateur. Il évoque, selon le procés-verbal, « les objectifs généraux de la société, la situation économique dans le monde arabe et les territoires occupés, ainsi que les obstacles rencontrés par les investisseurs. Il a souligné qu’il leur fallait créer des emplois pour éviter que l’économie palestinienne ne pâtisse de celle d’Israël». Effectivement, en vingt ans, APIC est devenu un géant économique en Palestine. La société a aujourd’hui des activités dans presque tous les domaines : l’alimentation, le matériel médical, la communication, les véhicules ou les centres commerciaux. Elle est même cotée depuis 2014 à la Bourse palestinienne. Son directeur général et président du conseil d’administration est Tarek Aggad, fils d’Omar Aggad.


L’Autorité palestinienne, indirectement, y pèse lourd depuis 1994. Mahmoud Abbas a en effet pris par décret le contrôle d’un puissant fonds d’investissement, le Palestinian Investment Fund (PIF). « Ce décret présidentiel place le PIF plus directement sous le contrôle du cabinet du président, écrit Jake Walles, alors consul des Etats-Unis à Jérusalem, dans un câble de février 2006 dévoilé par WikiLeaksLe portefeuille d’investissement de plus d’un milliard de dollars du PIF (…) est maintenant mieux contrôlé par le président Abbas grâce à un conseil d’administration qu’il a choisi, à l’exception des postes ministériels. » L’Autorité palestinienne n’a certes pas d’actions dans APIC, mais le PIF détient 18 % du capital de la société offshore.

Des liens financiers et personnels


Les liens entre APIC et l’Autorité palestinienne ne sont d’ailleurs pas seulement financiers. Mohammed Rashid, proche confident et gestionnaire financier de Yasser Arafat, était membre du conseil d’administration d’APIC et président du PIF. En 2012, un tribunal palestinien l’a jugé coupable par contumace du détournement de plusieurs millions de dollars – dont une partie volée au PIF. Or, en 2011, un nouveau membre a fait son entrée au conseil d’administration d’APIC : Tarek Abbas, l’un des fils du chef de l’Autorité palestinienne. Sa nomination était connue, mais les « Panama papers » révèlent qu’il détenait en juin 2013 pour 982 000 dollars d’actions dans la société des îles Vierges.


Tarek Abbas est par ailleurs un homme d’affaires puissant. Il était déjà directeur général adjoint de l’agence de communication Sky, qui domine le marché publicitaire palestinien, lorsqu’APIC l’a rachetée en 1999 – il en est devenu le président du conseil d’administration, au nom d’APIC. Sky a signé en 2006 un contrat pour une campagne de communication visant à améliorer l’image des Etats-Unis dans les territoires occupés. Kareem Shehadeh, l’avocat de Tarek et de Yasser, les fils Abbas, a indiqué à l’époque que laisser entendre que le choix de l’agence reposait sur ses liens avec la famille Abbas était « contraire à l’éthique, et sans fondement ».


La réussite des deux frères


Le magazine Foreign Policy s’est interrogé à son tour en juin 2012 sur la réussite des deux frères. Il a relevé que Tarek avait des intérêts dans deux autres filiales d’APIC : il était directeur général adjoint de l’Arab Palestinian Shopping Centers Company, qui possède plusieurs centres commerciaux dans les territoires occupés, et membre du conseil d’administration d’Unipal General Trading Company, le principal distributeur des territoires, qui vend des produits alimentaires, des cigarettes, des cosmétiques…


Mossack Fonseca est censé vérifier si les responsables des sociétés qu’il crée sont des « personnalités politiquement exposées », notamment au blanchiment d’argent, à l’évasion fiscale ou à la corruption. Mais le cabinet fiscal n’a pas fait le lien entre Tarek Abbas et son père. Il a pourtant repéré d’autres membres du conseil d’administration d’APIC. Tarek Aggad a ainsi été désigné comme « personnalité politiquement exposée » parce que membre du conseil d’administration du PIF. Mohammad Mustafa aussi, parce qu’il était à la fois ministre de l’économie, vice-premier ministre et directeur général du fonds d’investissement. Khaled Osseili, autre membre du conseil d’administration d’APIC, a été identifié car il avait été maire d’Hébron en 2007.


« Risques de collusion »


Le cabinet panaméen a aussi relevé la présence de l’avocat israélien Durgham Maraee, représentant du PIF au conseil d’administration d’APIC. Il est aujourd’hui également directeur général de Wataniya Mobile, l’un des deux principaux opérateurs de téléphonie de Palestine. Le PIF détient 34 % du capital de cette société. Alors que Wataniya s’apprêtait à entrer en Bourse, le consul américain Jake Walles écrivait en avril 2009 à son gouvernement que « l’interaction entre l’opérateur existant, le nouveau, l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien multiplie les risques de collusion et de duplicité ». Il ajoutait que le rôle de Mahmoud Abbas dans tout cela était « compliqué par le fait que le second opérateur de téléphonie mobile [Wataniya] est largement financé par le Fonds d’investissement palestinien et que son propre conseiller économique, Mohammad Mustafa, est à la fois président du PIF et directeur général de Wataniya Palestine ».

D’ailleurs, « beaucoup de Palestiniens pensent que le fils [de Mahmoud Abbas], Yasser Abbas, a des intérêts financiers dans Wataniya », indiquait le consul. Le représentant des frères Abbas jure du contraire. « APIC est une société cotée en Palestine dont les actions sont échangées en Bourse quotidiennement, souligne MKareem Shehadeh. Elle fait l’objet d’une surveillance par le cabinet d’audit bien connu Deloitte, et des informations exhaustives et transparentes apparaissent dans son rapport annuel mis en ligne sur son site Internet. Les activités d’APIC sont contrôlées par le ministère du commerce et la Palestine Capital Market Authority », l’autorité boursière du pays. Le cabinet de Mahmoud Abbas n’a pas répondu à nos sollicitations.

" Panama Papers" : des grandes fortunes israéliennes épinglées
 Qu'est-ce qu'un paradis fiscal, Panama Papers 2016

L'ECOLE DE LA RÉPUBLIQUE BIENTÔT PÉPINIÈRE POUR FRÈRES MUSULMANS !

Article paru dans : Kapitalis

Une décision grave de conséquence !
La décision prise par le Ministère des Affaires Religieuses avec l’accord du Ministre de l’Education Nationale consistant à organiser des apprentissages du Coran pendant l’été dans les écoles publiques, est une nouvelle régression de la Tunisie et n’a pas pu naître que grâce à l’alliance des Frères musulmans nahdhaouis et de Nidaa Tounes.

Certains applaudissent déjà ! Et nous disent même, que dans le fond ce n’est pas mal que nos enfants apprennent le Coran dans les écoles et nous assurent que cet apprentissage se fera sur la base d’une ouverture par des enseignants éloignés de tout sectarisme et de tout fanatisme !

D'autres y voient une "bonne" chose, oubliant que ce sont les Frères musulmans qui ont imposé cette réforme à leur allié Nidaa qu'ils dominent totalement, pour mieux duper ceux qui s’inquiètent de la prolifération anarchique des écoles coraniques comme cela s'est produit en Afghanistan, au Pakistan et bien d'autres pays où le salafisme s'installe !
Si les Frères ont eu cette idée machiavélique, elle n'est qu'une façon contournée de poursuivre leur programme de ré-islamisier une société tunisienne, prétendant qu'elle s'est écartée de l'islam; alors qu'en réalité ils veulent la convertir au wahhabisme en lieu et place de son malékisme et soufisme ancestraux !

Ils impliquent ainsi les républicains progressistes dans leur projet d'islamisation de la société en instrumentalisant officiellement l’école et les enseignants de la République ... avec l'aval des BCE et de Nidaa Tounes !
Quand au "programme" qui sera inculqué aux élèves, "les Frères" peuvent bien compter sur leurs sympathisants dans l'enseignement pour assurer leur endoctrinement au wahhabisme pour en faire de parfait petit soldat au service d'Ennahdha plus tard. Rappelez-vous ce que disait Abdel Fatah Mourou au prédicateur Wajdi Ghanim : " Occupons-nous de gagner leurs enfants à notre cause " !
Car personne n'est dupe : ils ne se contenteront pas de faire réciter le Coran; puisqu'ils en donneront aussi leur "lecture", conforme au wahhabisme.

Quelque soit la façon dont cet apprentissage se fera, il ne peut que conduire à affaiblir encore - si besoin en était - le sens du raisonnement et de la réflexion des jeunes.
Quand on constate le délabrement de l’enseignement et le niveau absolument médiocre des élèves, on se demande vraiment si la solution passe par un apprentissage du Coran c'est-à-dire à un appel à la mémoire et non à la raison.

N’y avait-il pas mieux à affaire pour mieux armer les élèves, pour les aider à comprendre le monde dans lequel ils vivent, que de mettre à profit les vacances scolaires pour aider à l’amélioration de leurs connaissances, particulièrement pour les plus démunis ayant accumulé des retards dans certaines matières, comme les mathématiques, la physique, la chimie ... ?

Utiliser les locaux de l’Ecole Républicaine voulue par Bourguiba pour instruire les jeunes tunisiens à des fins d'endoctrinement à l'islamisme, est une faute majeure. Car l'éducation religieuse et civique peut avoir sa place dans le programme de culture générale par l'enseignement du fait religieux et de l'histoire des différentes obédiences en donnant les clefs philosophiques aux élèves pour les comprendre tout en développant leur libre arbitre. 

Comment les enseignants pourront-ils enseigner aux élèves la formation du monde au cours des millénaires alors que le Coran et les autres textes du monothéisme nous disent contre toute évidence, que le monde a été crée en sept jours ?
Comment l’Ecole Républicaine fera-t-elle pour promouvoir l’égalité des hommes et des femmes face aux enseignements du Coran qui prône la suprématie de l'homme sur la femme ?

N’aurait-il pas été plus judicieux de développer l’enseignement de l’informatique, des langues vivantes, des arts, de faire faire du sport ... qui seront plus utiles aux élèves que de mémoriser dans sa totalité le Coran ? Un collectif d'artistes a fait un appel en ce sens
Que les jeunes reçoivent une éducation religieuse, pourquoi pas. Mais ce doit être la responsabilité des  mosquées  sous le contrôle des parents et cela ne doit pas se faire dans les écoles publiques au détriment de beaucoup d’autres activités culturelles et sportives.

Il est clair que cette décision est dictée par la volonté  « d’islamiser » le pays et cette volonté, il faut être aveugle pour ne pas voir d’où elle vient. Elle fera un peuple d’ignorants, inadapté au monde d’aujourd’hui et de demain, confit en dévotion, qui ne saura raisonner que de façon binaire à discerner entre le haram (illicite) et le hallal (licite) !

L’argument de certains naïfs qui n’ont pas peur des paradoxes, est que cet enseignement et cette ouverture sur le spirituel, donnera des raisons aux jeunes d’espérer et de ne pas se jeter dans le terrorisme et l’islamisme violent !
On croit rêver ! Ce qu’il faut pour donner aux jeunes de l’espoir, c’est au contraire une bonne formation, des bases pour développer leur libre-arbitre et des débouchés sur le terrain. D'ailleurs, très souvent, les tartufes envoient leurs enfants dans les meilleurs écoles en Occident, réservant les écoles coraniques aux petites gens pour les mener où ils veulent en leur promettant le paradis pour demain.

Et puis où est la liberté de conscience c'est à dire celle de croire ou de na pas croire lorsque ces cours sont organisés dans les écoles de la République et que ceux qui ne les fréquenteront pas seront montrés du doigt et traités de mécréants ? Est-ce cela la liberté en  Tunisie ?
Cette décision proprement scandaleuse ne va en réalité concerner que le petit peuple dont on va embrigader les enfants, les autres iront passer leurs vacances à la plage ou à l’étranger ou à améliorer leur formation dans des écoles privées.

Le mélange des genres est très mauvais et c'est bien sûr ce que veulent les obscurantistes de tous bords !

Rachid Barnat

lundi 18 avril 2016

Le programme des intégristes

OU QUAND GHANNOUCHI ET SES FRÈRES EXPOSAIENT OUVERTEMENT ... LEUR DOCTRINE !
Mais depuis, ils ont adopté la takiya et le double langage, l'essentiel pour eux étant l'application de leur programme !
Et le fait est, que les Frères musulmans poursuivent toujours le même projet sur le terrain ... malgré leurs discours de changement d'idéologie, de modération et de modernisation; pour duper les réfractaires à la doctrine de Saïed Kotb !
Ce qui est grave et révoltant c'est que BCE & Nidaa Tounes jouent le jeu de Ghannouchi, se persuadent et tentent de persuader les tunisiens qu'il a changé en modérant l'idéologie qui fonde son parti; poussant l'irresponsabilité jusqu'à le croire quand il affirme que ni lui ni son parti n'appartiennent à la confrérie internationale des Frères musulmans !! 
R.B
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Mohamed Charfi

D’aucuns considèrent aujourd’hui que la transition démocratique de la Tunisie aurait connu un tour différent si le brillant juriste Mohamed Charfi avait été vivant en 2011. Ses analyses fines et rigoureuses, sa passion pour la liberté, son attachement à la raison auraient sans le moindre doute pesé dans les débats sur l’Islam et sur la réforme constitutionnelle, s’il n’avait pas disparu en 2008. Dans cet extrait qui a une coloration prémonitoire, l’auteur d’ « Islam et liberté : Le malentendu historique » paru aux éditions Albin Michel en 1999, nous livre son opinion sur le projet politique des islamistes désormais au pouvoir, en s’appuyant notamment sur les articles parus dans l’ancienne revue d’Ennahdha, Al Maàrifa. Ce rappel instructif des fondements de la doctrine des islamistes à travers le regard de Charfi nous permet de bénéficier de l’analyse que l’auteur nous a livrée par avance sur la scène politique actuelle. Ce texte intitulé « Le programme des intégristes » est le premier texte d’une série que l’éditeur Albin Michel nous a gracieusement autorisés à diffuser sur le site web de l’Institut Kheireddine. – 
H. M. Sayah.

« LE PROGRAMME DES INTÉGRISTES », OU ENNAHDHA VUE PAR MOHAMED CHARFI



En réalité, les islamistes ont une revendication : l’application de la charia ; et deux phobies : l’Occident et la femme. Pour réaliser l’intensité de leur aversion à l’égard de l’Occident, et tout ce qui est occidental ou ce qu’ils appellent les esprits occidentalisés, il faut lire la revue Al Maàrifa que les intégristes tunisiens ont publiée entre 1972 et 1979 en toute liberté quand Bourguiba et son régime les encourageaient pour qu’ils les aident à mieux réprimer la gauche, les syndicalistes et les démocrates.
A l’époque, ces islamistes n’avaient pas encore appris l’art du camouflage et du double langage ; ils écrivaient ce qu’ils pensaient.
Pour eux, la liberté et la démocratie sont des « idoles », l’Occident a inventé le christianisme et le communisme qui sont aujourd’hui tous les deux manipulés par le sionisme. C’est pour servir le complot sioniste que Freud, Darwin, Marx et Durkheim ont inventé la psychanalyse, la psychologie et la sociologie. Des penseurs tels que Descartes, Kant, Locke, Bachelard, Bergson, Sartre, Gide, Nietzsche sont cités en vrac et leurs pensées caricaturées en une phrase, parfois deux mots, pour être vite et vigoureusement dénoncées. Les sciences humaines sont rejetées en bloc. En même temps qu’il a propagé le mépris et la haine vis-à-vis de l’Occident, l’islamisme tunisien des années 1970 a développé à son égard les chimères les plus apocalyptiques. Il s’est bercé de l’illusion que l’Occident allait à sa perte, notamment à cause de la liberté de mœurs.
Avec l’Occident, le second diable est la femme. La revue Al Maàrifa, qui a été dirigée par Ghannouchi lui-même, les dernières années de sa parution, réduit le rôle social à la tenue de la maison et développe à son égard un discours de haine dont on a de la peine à s’imaginer qu’il puisse être tenu à la fin du XXe siècle. Pour en donner un petit aperçu, il suffit de rappeler que cette revue cite un hadith attribué au Prophète selon lequel il aurait dit : « La seule source de conflits et de désordres (fitna) que je laisse après moi, pour les hommes, ce sont les femmes » ; ou encore : « On m’a montré l’Enfer, j’y ai trouvé une majorité de femmes… Vous pouvez faire du bien à une femme toute votre vie ; mais si, un jour, vous faites quelque chose qui lui déplaît, elle vous dira que vous n’avez jamais été bon avec elle ».
El Maàrifa considérait Saïed Kotb et El Mawdoudi comme les théoriciens du mouvement islamiste moderne.
Pour l’Egyptien Saïed Kotb, « les courants philosophiques dans leur totalité, les courants de la psychologie dans leur totalité… les études sur la morale dans leur totalité… les doctrines sociales dans leur totalité… font partie de la pensée de la Jahilia, c’est-à-dire de la pensée non islamique - dans le passé comme à l’époque moderne -, une pensée influencée directement par les croyances anté-islamiques. D’une façon explicite ou d’une manière sournoise, la plupart de ces théories, probablement toutes ces théories, sont fondées sur des racines méthodologiques d’hostilité à la vision islamique en particulier. Le  mythe de la culture patrimoine de l’humanité qui n’a ni patrie, ni race, ni religion n’est juste que pour les sciences exactes et leurs applications scientifiques sans qu’on puisse dépasser ce domaine pour atteindre les explications philosophiques de la nature de l’être humain, de ses activités, de son histoire, ni la littérature, l’art et toutes les expressions poétiques. Ce sont certains des pièges de la juiverie mondiale ». Il faut donc rejeter tout ce qui n’est pas islamique.
Mais, même dans le patrimoine islamique, il faut opérer des distinctions. Pour le pakistanais Mawdoudi, en effet, après les quatre Califes sages, c’est-à-dire une trentaine d’années après la mort du Prophète, « s’est introduit en terre d’islam un mélange de philosophie, de littérature et de sciences venu de Grèce, d’Iran et des Indes. Ainsi ont vu le jour les conceptions mu'tazilites, les courants qui tendent à introduire le doute et l’athéisme… d’où la discorde et la multiplication des factions… et la naissance de la danse, de la musique, de la peinture qui sont des arts non islamiques qui ont été encouragés par ceux à qui il était interdit de s’adonner à ces arts vilains ».
Ce rejet global de tout ce que l’esprit humain a produit en dehors de la sphère islamique et même dans la sphère islamique s’il a été postérieur à l’époque du Prophète et des quatre Califes sages amène à rejeter, entre autres, la démocratie et tout esprit démocratique.
Mawdoudi et Saïed Kotb ont construit les fondements de l'islamisme politique contemporain à partir de prémisses qui valent la peine d’être rappelées. Pour ces auteurs, l’islam a libéré l’homme en remplaçant la soumission de l’homme à l’homme par la soumission de l’homme à Dieu. Le terme de soumission n’est pas assez fort pour traduire ouboudia qui signifie esclavage. Il n’y a de soumission qu’à Dieu qui, seul, a le pouvoir. Sinon, ce sera la « déification de l’homme ».
Saïed Kotb est clair sur ce point : « Déclarer que seul Dieu est Dieu pour l’ensemble de l’univers signifie la révolution globale contre toute attribution de pouvoir à l’être humain sous quelque forme ou régime que ce soit, la révolte totale, sur l’ensemble de la terre, contre toute situation où le pouvoir appartient aux hommes de quelque manière que ce soit. En d’autres termes, il faut se révolter contre toute situation où on déifie l’homme d’une manière ou d’une autre. Tout régime qui fonde la souveraineté sur la volonté des hommes est un régime qui déifie l’homme au lieu de Dieu ». L’homme n’est libre que s’il est l’esclave de Dieu. « La soumission à Dieu est le sommet de la libération ». « Sur la scène politique, il y a le parti de Dieu… parti unique, ils ne peuvent être plusieurs… les autres partis sont tous les partis du diable ou des despotes malfaisants ».
Les dirigeants intégristes tunisiens, tout en affirmant que ces auteurs sont les penseurs principaux du renouveau islamique, tout en nourrissant leurs adeptes de cette littérature, s’abstiennent, dans leurs déclarations publiques, de reprendre à leur compte des propos aussi clairs. Seule une fraction d’entre eux ose aller aussi jusqu’au bout de la logique doctrinale.
Ce sont les militants du PLI (Parti de la libération islamique) qui ont le « mérite » d’être clairs et conséquents et d’éviter le double langage.
En 1990, ce parti a publié en Tunisie et largement distribué, dans le milieu des étudiants de tous les établissements d’enseignement supérieur et même dans certains lycées secondaires, un opuscule signé du pseudonyme d’Abdelkadim Zalloum. Le livre porte sur sa couverture la mention de l’édition par le PLI, le titre : « La Démocratie, régime d’athéisme » et le sous-titre : « C’est un péché de l’adopter, de l’appliquer ou d’appeler à l’instaurer ».
Pour n’avoir pas à le résumer on se contentera de quelques citations : « La démocratie est une innovation de l’Occident mécréant… Elle n’a aucun rapport ni de près ni de loin avec l’islam… Elle contredit l’islam dans son essence et dans ses règles » (p. 1). Elle est « la séparation de la religion et de la vie » (p. 8). Elle a été « inventée par le cerveau des hommes et non révélée par Dieu dans aucune religion » (p. 12). « Le régime représentatif, les élections, la souveraineté populaire sont de purs mensonges, des falsifications des faits (p. 16). « La plus grande catastrophe du monde est l’invention de la théorie des libertés publiques, car elle entraîne la dérive de la licence, de la liberté sexuelle et de l’homosexualité … l’humanité est ainsi rabaissée à un niveau plus bas que les animaux car ces derniers n’atteignent pas le même niveau de licence sexuelle » (p. 20).
« La société occidentale est une société d’homosexuels et de lesbiennes » (p. 22). « Elle est puante » (p. 23).
Elle a ourdi un complot contre l’islam en essayant de semer les germes de sa culture chez nous (p. 25) à travers « nos intellectuels occidentalisés » (p. 28) qui prétendent que « l’islam, lui aussi, contient démocratie et droits de l’homme … alors qu’il est parfaitement incompatible avec eux ». Dans l’islam, la souveraineté appartient à Dieu, pas au peuple. Si le peuple permet, par exemple, les rapports hors mariage, même s’il est unanime sur ce point, cela n’a aucune valeur. La minorité qui n’est pas d’accord sur ces dérives « a le droit de les combattre en tuant jusqu’à extirper le mal » (p. 46). Le seul mode de gouvernement légitime est le califat. Le calife peut consulter un parlement, mais, à la fin, il « décide tout seul selon la loi de Dieu » (p. 51). « Il n’y a pas de liberté publique dans l’islam » car l’homme est « lié pour tout ce qu’il doit faire et ne pas faire » (p. 55).
Quand on apprend que les militants du GIA ont tué en Algérie des moines qui priaient dans un monastère ou que ces militants ont égorgé des femmes enceintes, des bébés ou des vieillards, on pense que rien ne peut expliquer cette sauvagerie, que ce vent de folie est d’origine mystérieuse. En fait, il n’y a rien de mystérieux ; la littérature dont ces gens ont été nourris suffit à expliquer le comportement de ces militants qui ont subi des lavages de cerveau. On les a convaincus qu’ils sont investis de la mission divine de nettoyer la terre de tout ce qui est « puant » et que, ce faisant, ils se garantissent une place au paradis.
On se rappelle que Ali Belhaj déclarait dans ses discours enflammés, lors de la campagne électorale algérienne de 1991, que « la démocratie est un péché ».
Les défenseurs des intégristes s’ingénient à essayer d’atténuer la portée de ce genre de propos gênants, en disant que c’est une déclaration irréfléchie, que le verbe a dépassé la pensée, et qu’on serait donc mal venu, voire de mauvaise foi, de s’y accrocher et d’en tirer des conclusions. Pourtant, il est indéniable que c’est là, en fait, l’expression la plus fidèle de la doctrine islamiste.
Cette doctrine a été propagée en Tunisie à travers la revue El Maàrifa et dans les cercles de discussion des mosquées. Cet effort de propagande a porté ses fruits sur la jeunesse estudiantine des années 1980. A côté des portraits géants de Khomeiny, on pouvait lire sur les grandes banderoles à l’occasion des meetings organisés très fréquemment pendant cette période par les islamistes, sur le campus de Tunis, des slogans du genre : « Ni droite ni gauche, la solution est l’islam », « Ni occidental ni oriental, notre Etat sera islamique », « Non à l’invasion culturelle », « Non aux solutions importées », « Non aux symboles de la culture de l’échec : Taha Hussein, Mohamed Abdou, Ataturk ».
Qu’ils rejettent Ataturk, cela fait partie de leur idéologie et c’est donc compréhensible. Qu’ils rejettent Taha Hussein, un des esprits arabes les plus brillants de ce siècle, c’est regrettable. Mais qu’ils rejettent aussi Mohamed Abdou, qui a été un réformateur très modéré et un brillant défenseur de l’islam, c’est tout simplement aberrant.
Que les islamistes veuillent aujourd’hui raviver l’adversité millénaire entre le croissant et la croix au lieu du dialogue fraternel et fructueux qui commence à s’instaurer entre les religions, qu’ils s’opposent à tout progrès et qu’ils s’agrippent aux vieilles traditions, c’est leur affaire s’ils n’utilisent que des moyens pacifiques et s’ils se placent toujours sur le plan du débat d’idées. Mais il se fait que leur stratégie comme leurs moyens sont autres.