lundi 16 mai 2016

QUE CACHE LA DEMANDE DE NATURALISATION DE TARIQ RAMADAN ? UN DESSEIN QUI EN DIT LONG !

Article paru dans : Agoravox


Les Occidentaux ont cru pouvoir instrumentaliser l'islamisme pour abrutir les peuples du monde qu'ils disent "arabo musulman", afin de mieux les dominer ... sauf qu'ils oublient que leurs amis pétro-monarques ont eux aussi d'autres projets pour eux : répandre le wahhabisme dans leurs sociétés pour pouvoir les dominer un jour grâce aux partis islamistes qu'ils soutiennent et financent en jouant de leur démocratie !

Elle est pas belle la démocratie, quand elle permet à ses ennemis de prendre le pouvoir ? En tout cas la relève est assurée, comme dit si bien Ali Dilem dans son dessin.
Quelle ironie de l'Histoire que ce soit Londres qui ouvre le bal à une élection d'un maire de confession musulmane ! Cela ne manque pas de piquant quand on sait que les anglais ont été les premiers à avoir instrumentalisé le wahhabisme pour détruire l'empire ottoman ... et qu'un siécle plus tard ils se retrouvent avec une communauté pakistanaise importante convertie au wahhabisme depuis la guerre d'Afghanistan; et prête à prendre les règnes du pouvoir en Angleterre ! D'autres capitales et villes importantes en Europe, connaîtront un jour ou l'autre le même sort ... grâce au flux migratoire de musulmans convertis au wahhabisme fuyant le chaos crée chez eux par l'UE & les EU et leurs amis pétro-monarques à la faveur du fumeux "printemps arabe" !

Et dire que la grande hantise des hommes politiques de la France coloniale, était que le palais Bourbon, siège du parlement français, se remplisse d' "arabes" en babouche et tarbouche !
La peur des responsables politiques colonialistes d'alors, se traduisait par le refus aux "arabes" de l'octroi de la nationalité française, préférant leur accorder un statut d'indigénat, les traitant comme de parfaits étrangers chez eux, ignorant tout de leurs malékisme & soufisme ancestraux qui les ont façonnés durant des siècles; plutôt que de les intégrer et les émanciper pour en faire des citoyens responsables, comme ils l'ont fait avec les algériens de confession juive auxquels ils ont accordé la nationalité française faisant d'eux des citoyens français à part entière ... jusqu'à ce que le gouvernement de Vichy et le Maréchal Pétain reviennent sur cet acquis !  

Ce que les islamistes ont parfaitement compris pour s'imposer politiquement en Occident : ils ont adopté le salafisme wahhabite, seul à pouvoir leur permettre l'accession au pouvoir par la transformation en profondeur, de la société occidentale; et grâce à la démocratie, ils siégeront un jour ou l'autre au parlement avec leur kamis et leur burqa si çà leur chante, n'en déplaise aux nostalgiques de Pétain !

Ce que fait méthodiquement Tariq Ramadan depuis qu'il a jeté son dévolu sur la France berceau de la laïcité, pour y installer les Frères musulmans sur la scène politique française, en demandant la naturalisation française pour avoir les coudées franches et dépasser le rêve de son grand père maternel Hassan el Banna fondateur de cette organisation islamiste et la voir un jour au pouvoir au pays du siécle des Lumières. Tout un symbole ! Et ce, grâce à l'appui et au soutien de l'émir du Qatar, grand protecteur des "Frères" mais aussi grand ami des responsables politiques français de droite comme de gauche !
Il est en passe de réaliser ses objectifs; puisque les Frères musulmans donnent déjà le tempo à la politique en France en remettant les règles du vivre ensemble en cause et en multipliant les brèches dans la laïcité, grâce au laxisme (ou duplicité ?) des responsables politiques français ! 

Faut-il rappeler les débats qui occupent la scène politique française depuis que les islamistes sont passés à l'offensive pour imposer leur model sociétal ? Le voile, la burqa, la cantine, les piscines aux horaires aménagés pour les filles, les hôpitaux aux consultations aménagées pour les femmes pour n'être examinées que par des femmes, les mosquées financées en partie par l'Etat, les lieux de prières aménagés dans l'entreprise et autres lieux publics ...

Et pour faire taire toute critique, que mieux que de brandir l'islamophobie, trouvaille de Tariq Ramadan pour tétaniser ses contradicteurs ! 

Ainsi les Occidentaux sont pris au piège de la politique du court terme de leurs responsables politiques, otages eux-mêmes de leurs amis pétro-monarques; puisqu’hypocritement ils rassurent les peuples du "printemps arabe", que l'islamisme des Frères musulmans est "modéré" et "compatible" avec la démocratie !
Or ce qui est bon pour les "arabes", doit être bon aussi pour les occidentaux ! N'est-ce pas ?

Un cynisme dont les peuples occidentaux commencent à en découvrir les méfaits, s'ils n'en ont encore pas mesuré le danger ! 

Si les Français n'ont pas su apprécier l'islam malékite et soufi de leurs concitoyens musulmans issus de leurs anciennes colonies, ils vont découvrir ce qu'est le wahhabisme et l'obscurantisme que leur exportent les pétromonarques 

Rachid Barnat

mercredi 4 mai 2016

Les écrivains, bêtes noires des islamistes ... et du FLN !

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Kamel Daoud

Assia Djebbar peut encore vivre si on le veut

Chouyoukhs contre écrivains. Imams contre livres. Fatwas contre fictions. La fin du monde contre le monde. La mort contre le conte.
Le pays a choisi, un peu, parfois, souvent. D’un côté les écrivains, chassés parfois, morts tellement de fois, exilés, forcés, réduits ou transformés en caricatures d’eux-mêmes ; de l’autre la montée triomphante et dopée de ces armées de « Savants » qui tuent le monde par la langue, salissent la vie et transforment une religion en sexologie de malades.
D’un côté l’écriture qui cherche du sens sans tuer l’homme, restitue la dignité, l’énigme ou la gravité, de l’autre ceux qui veulent tuer la femme, la liberté, la promenade et le corps et le sens. Le pays, entre le gouffre et le roman, le rite et la rature, un livre et tous les autres livres. Question de fond : le pays a-t-il besoin de ses écrivains ? Presque pas.
A quoi sert un écrivain dans un pays où la fiction n’est pas tolérée ? Où la fiction est sommée ou soupçonnée ? Où l’imaginaire n’est pas un droit mais le diable ?
A quoi sert l’écriture quand on répète que tout est dit dans un seul et unique livre ? A quoi sert de faire rêver quand on proclame que tout se passe après la mort et la fin du monde et pas avant ? A quoi sert le roman face au monologue de l’Histoire et à l’inquisition du religieux ? Que veut dire raconter l’homme quand le seul héros est un Dieu ou un Calife ? 

Qui est Assia Djebbar ? Elle a si peu de traces dans les manuels scolaires, les livres, la vie, les rues, les têtes des enfants et nos écoles et villes et sentiment de fierté hors-hydrocarbures. Comme beaucoup d’écrivains algériens. Et il suffit de feuilleter les manuels scolaires pour s’en convaincre. Elle est morte depuis si longtemps d’ailleurs. 

Elle n’est pas une chanteuse algéro-égyptienne pour que Bouteflika daigne lui rendre hommage. Elle fait partie de l’oubli organisé et du dédain. Elle est élue de l’Académie française, immortelle chez eux mais depuis longtemps morte chez nous. Comme d’autres. 

Elle ne sied pas au mythe national confectionné ni au Califat qui s’est installé dans les rues du pays. Elle a trois torts : elle est femme libérée par la langue d’autrui, elle a rencontré la vie en France et dans le monde, elle est algérienne profondément. Donc elle est morte en Algérie depuis longtemps et on a tout fait pour qu’elle ne soit pas modèle, icône, voix et voie chez elle.

Assia Djebbar est l’écrivain. A l’hymne à la vie qu’il propose, on lui préfère le rite pour décrocher l’éternité. A l’interrogation qu’il défend, on lui préfère la soumission. A la gloire qu’il apporte au pays, on lui oppose l’indifférence ou l’insulte. A la liberté qu’il exerce, on lui oppose le soupçon sur ses croyances, ses appartenances ou ses raisons cachées.

A l’imaginaire dont il veut maintenir la nécessité, on lui répond par le haussement d’épaules ou l’inculture sale. Il ne faut pas se le cacher : l’hommage sera bref, le livre ne sera pas lu, l’autodafé continuera. Et entre les rues aux noms des Martyrs et les mosquées aux noms des gens d’Arabie, Assia Djebbar ne donnera son nom qu’à sa propre tombe en Algérie ; sauf pour ceux qui veulent encore donner la vie en rouvrant ses livres, là le pays se ferme. 

Les écrivains algériens étaient déjà mal vus par un régime inculte et méfiant, ils sont désormais déclarés inutiles dans le califat qui se construit sous nos yeux.

Défendons leurs vies, leurs œuvres, leurs mémoires. Ils sont une possibilité de salut. Une source de fierté et le lieu de la rencontre avec soi et avec le reste du monde.

mardi 3 mai 2016

L'UGTT, ivre de sa puissance, mène le pays vers la ruine

Ou quand les partis politiques dits progressistes et démocrates déçoivent, c'est le régne de la chienlit !
R.B

​Wahida Bardazak 

Déclarations abracadabrantes de la part de ministres, un gouvernement et un pays tenus EN OTAGE par l’establishment syndicaliste, devenu le plus fort devant la faiblesse de l’Etat, l’attentisme des uns et la solidarité injustifiée d’une classe éclairée qui préfère se taire convaincue que LE SYNDICAT RESTE LE DERNIER BASTION CONTRE L'ISLAMISME .....

Que sont devenues les promesses de rétablissement de la dignité, de l’autorité et du prestige de l’Etat, cheval de bataille de Nidaa Tounès lors de sa campagne électorale ? !!

La Tunisie est en état de siège, à l'image de l’Avenue Habib Bourguiba entourée de fil de fers barbelés et de saletés. 
Et on ose nous parler de tourisme ! Un secteur victime non seulement DU TERRORISME mais de l’incapacité de ses principaux acteurs à faire preuve de réactivité face au sinistre.

Tous les secteurs économiques sont SINISTRÉS avec la bénédiction de la CENTRALE SYNDICALE, plutôt réputée pour son patriotisme, mais qu'elle a vidé de son sens.

Qui OSERAIT parmi les élites politiques et intellectuelles s'attaquer à ce bastion, un lieu hautement patriotique du temps de Farhat Hached et de Habib Achour ? C’est presque un blasphème que de le CRITIQUER. Pour ses adhérents c'est même un sacrilège que d'oser critiquer l'UGTT !
Pourtant il faut résister à ses dérives et les dénoncer.

Qui a dit qu’Ennahdha est la seule SECTE du pays ?

Que CEUX qui considèrent que DÉFENDRE le tissu entrepreneurial revient à s’attaquer aux DROITS, ceux des travailleurs, réfléchissent aux conséquences de leur soutien aveugle à des mouvements protestataires destructeurs pour L'ECONOMIE DU PAYS !

Il est honteux de voir que des députés, des représentants de la société civile SOUTIENNENT aveuglément l’UGTT même quand elle fait de mauvais choix sous prétexte que c’est le seul bastion contre la montée d’Ennahdha. 

A ce train là, si le parti islamiste revient en vainqueur aux prochaines élections, ce sera par la faute de l’UGTT qui aura tellement FRAGILISÉ L'ETAT et DÉTRUIT LE TISSU ECONOMIQUE, d'autant qu'il est doté en moyens financiers, bien structuré, discipliné ... pour récupérer à la petite cuillère un pays que la centrale ouvrière aura totalement brisé !

BCE en héritier de Bourguiba s'est voulu le père de la Nation, pourtant il donne l’impression qu’il NE SE SOUCIE GUÈRE de cette nation.

Tout le monde s’accorde à dire que le pays va droit dans le mur. Personne ne prend de décision. Notre cher président est AUX ABONNÉS ABSENTS, les ministres et les gouverneurs sont débordés par les débordements sociaux, sciemment orchestrés pour détruire le pays.

AUCUN INVESTISSEUR local ou étranger n’est prêt à investir en Tunisie. Depuis le début de l’année 2015, 20 entreprises seulement ont ouvert leurs portes. Toutes les entreprises étrangères surtout dans les secteurs des composants automobiles et aéronautiques,  préparent un plan B : elles pensaient qu’après l’avènement du nouveau gouvernement, leurs intérêts allaient être préservés. Elles déchantent !
Elles se sont lourdement trompées et découvrent que l’Etat est totalement impuissant et que c’est l’UGTT qui fait la loi !

C’est LA DICTATURE DES PROLÉTAIRES !!

Dans nombre de grandes entreprises, des grèves sauvages sont décidées sans préavis et sans raisons valables mais très vite couvertes par la centrale syndicale !

Or le prestige de l’Etat réside dans sa capacité à APPLIQUER LA LOI et à faire PRÉVALOIR LES INTÉRÊTS DU PAYS sans aucune hésitation !

Alors quand l'Etat va-t-il reprendre ses droits ? !!!


vendredi 29 avril 2016

Le danger d'être gouverné par des complexés de l'Histoire

Des générations d'algériens sacrifiés par un FLN qui n'a pas fini de régler ses comptes à la colonisation française ! Aveuglés par leur haine de la France, les hommes du FLN ont cru bon d'arabiser à tout va une société berbère qui en fin de compte ne maîtrise ni l'arabe, ni le français et encore moins le berbère. Erreur "politique" qui profitera au FIS, branche algérienne des Frères musulmans, qui voulant faire recouvrer son identité "arabo-musulmane" au peuple algérien, lui vendra le wahhabisme en lieu et place du soufisme et du malékisme ancestral qui ont façonné la société algérienne et le model sociétal qui va avec importé d'Arabie ! 

Voilà ce qui arrive quand les gouvernants sont des complexés de l'Histoire ! 

Ce que les Frères musulmans d'Ennahdha au pouvoir en Tunisie font avec la bénédiction d'abord de Marzougui & de Ben Jaafar; puis curieusement de celle de Béji Caïd Essebsi !

R.B

AHMED TESSA

L’IMPOSSIBLE ÉRADICATION, L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS EN ALGÉRIE

Ahmed Tessa aborde la problématique de la place de la langue de Molière en Algérie. Ancien normalien et homme de communication, l’auteur jette un regard sévère sur les politiques éducatives suivies depuis 1962 qui ont, selon lui, abouti à un niveau affligeant des élèves et des étudiants en arabe et en français à cause d’une arabisation précipitée de l’enseignement et le rejet de la langue française pour des considérations politico-idéologiques.

Ahmed Tessa avertit de prime abord que ce n’est pas la belle langue de Naguib Mahfouz et d’El-Mutanabbi qui est la cause des mauvais rendements du système éducatif algérien. “La responsabilité en incombe aux décideurs politiques de l’époque qui étaient pressés d’arabiser pour défranciser.”


Pour lui, tout a commencé par le recrutement de moniteurs sans niveau, puis l’injection des élèves des zaouïas et des instituts religieux dans l’éducation nationale, sans formation adéquate, juste pour arabiser rapidement. Il y a eu aussi le recours aux “coopérants” égyptiens d’un niveau affligeant et vecteurs d’une idéologie contraire aux valeurs séculaires de l’Algérie.


Ahmed Tessa ajoute : “En 1981, avec l’école fondamentale, a eu lieu l’aberration de la pédagogie au forceps qui va déstabiliser l’école algérienne et qui a abouti à la faiblesse des performances linguistiques et scientifiques de nos élèves et de nos étudiants.” Il cite des pédagogues, linguistes, sociologues et hommes politiques algériens qui avaient averti à l’époque les autorités sur les risques de la démarche suivie en matière d’enseignement dans notre pays. Mais, selon l’auteur, les motivations idéologiques et politiques des décideurs étaient plus fortes, d’où le bilan marqué selon lui par la médiocrité du niveau et le clivage dangereux entre arabisants et francisants.


Cependant, s’interroge Ahmed Tessa, ce bilan est-il irrémédiable ou existe-t-il des solutions ? Tout en évoquant quelques améliorations de ces dernières années, il préconise d’assumer le bilinguisme arabo-français, aussi précocement que possible, auquel s’ajoutera tamazight, comme solution aux problèmes de l’enseignement. Ceci permettrait la continuité linguistique entre la famille, l’enseignement et la société.


Ahmed Tessa constate que toutes les politiques “d’éradication du français” ont échoué, puisque la littérature algérienne d’expression française a explosé avec une nouvelle génération d’auteurs. Il évoque aussi la multiplication des écoles privées qui dispensent des enseignements en français, la rue algérienne qui pratique encore la langue de Victor Hugo (même de manière imparfaite), la prolifération des médias en langue française, et l’engouement des jeunes pour internet. Si le français est une langue utilisée, pourquoi ne pas l’arracher au statut de concurrent de l’arabe que certains veulent lui imprimer ?


La solution, selon l’auteur, est d’en faire un instrument d’ouverture sur le monde, les sciences et la technologie, dans une relation décomplexée avec la langue arabe et tamazight. C’est ainsi qu’Ahmed Tessa esquisse son idée de réconciliation entre les langues qui doivent exprimer la richesse et la diversité culturelles et linguistiques de l’Algérie et favoriser son ouverture sur la modernité.


Voilà un livre qui suscitera bien des réactions. Au-delà des avis des uns et des autres, son mérite est de briser un tabou et d’inviter à un regard objectif sur la question.


                                                                                                                              Ali Berdici




Le consensus a fini par avoir raison de Nidaa Tounes

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Rym Mourali 

Le projet de société d’Ennahda progresse en Tunisie 

Rym Mourali, ancien bras droit de Kamel Morjane au parti Al-Moubadra et co-fondatrice du nouveau Parti de l’indépendance tunisienne (PIT), est l'une des rares voix féminines de la politique tunisienne. Elle livre à Jeune Afrique son analyse critique de l'évolution démocratique de son pays depuis les élections et la nouvelle Constitution de 2014.

Jeune Afrique : Comment analysez-vous l’évolution de la scène politique tunisienne depuis les élections de 2014 ? Certains dénoncent une comédie…
Rym Mourali : Pour une pièce, c’en est vraiment une et en plusieurs actes d’ailleurs. Les protagonistes l’ont-ils choisi ou est-ce à leur insu qu’ils s’inscrivent dans le registre du tragi-comique ? On pourrait en rire s’il ne s’agissait du devenir d’une nation. En clair, cette tragédie comporte trois aspects : d’un coté les défaillances du parti majoritaire ; de l’autre le silence assourdissant de toutes les autres composantes politiques après les élections de 2014 ; et enfin le double-discours permanent du parti islamiste qui veut à la fois présenter une image avenante à l’international tout en continuant de phagocyter toutes les structures de l’État, en faisant commerce des clés du paradis à travers les mosquées et en s’autoproclamant gardien de la foi.
Y a-t-il un avenir pour les partis en dehors de la bipolarisation de la vie politique autour d’Ennahdha et de Nidaa Tounes ?
Après les élections bon nombre de partis se sont installés dans l’expectative face aux conséquences tant redoutées du pacte Ghannouchi-Béji Caïd Essebsi : la bipolarisation. Les élections de 2014 ont sinistré la scène politique voilà un an etreporté l’émergence d’une vraie culture démocratique. Force est de constater que nous ne sommes pas dans une démocratie bi-partisane mais dans une dictature de l’absolu. En neutralisant le choix démocratique, le couple dominant a perverti le sens même des élections puisque nous nous retrouvons dans une situation absurde où même si Ennahdha n’est pas ostensiblement au pouvoir, son projet rétrograde progresse au sein de la société ; au moment où les pourfendeurs de Mustapha Ben Jaafar – fondateur d’Ettakatol et allié de la troïka en 2011 – se complaisent à reproduire les mêmes compromissions en trahissant une nouvelle fois la confiance accordée et l’essence même du mandat que le peuple leur a confié.
Quant aux autres composantes politiques, trahir la confiance des électeurs est sans aucun doute le meilleur moyen de se saborder. Ne résisteront que les partis porteurs de véritables projets et d’une vision patriotique. « Que ne vive point en Tunisie qui ne sert dans ses rangs », c’est la maxime inscrite au cœur de notre hymne national.
Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire aux Tunisiens ?
Les Tunisiens acceptent la vérité même si elle est difficile et même si elle implique des sacrifices. Nous sommes un peuple lucide. Toutefois, les gens ne supportent plus une certaine hypocrisie. Demander des sacrifices sans réduire le train de vie de l’État ou bien encore, solliciter la population pour combattre le terrorisme alors que le pouvoir judiciaire libère à tour de bras ! Ce que l’on croit être un manque de lucidité n’est que le refus du dogme d’un consensus vicieux et pervers.
À force d’ériger le consensus en totem de la vie politique, on ne fait plus de politique mais une sorte de diplomatie munichoise qui conduit au désastre ; faut il rappeler qu’il n’est point possible de concilier deux modèles de sociétés [islamiste et libéral, NDLR] à l’opposé l’un de l’autre ?
Que préconisez-vous comme issues possibles ?
Pour pouvoir envisager des issues, il faudrait d’abord trancher au sujet de certaines questions qui, malgré les longs discours se voulant réconfortants, restent en suspens. La question du modèle de société est fondamentale ; il ne faut pas oublier que la religion associée à la politique n’est nullement l’expression d’un conservatisme mais plutôt d’un intégrisme, et qu’aujourd’hui, après le 14 janvier 2011, notre échiquier politique s’est doté d’une composante frériste qui promeut un projet s’inscrivant totalement à l’opposé de ce qu’est la Tunisie post-indépendance et de ses aspirations populaires. Cependant, il ne faut pas occulter d’autres batailles non moins importantes qui, si elles étaient menées et gagnées, constitueraient des issues à certaines crises.
Nul ne peut nier que, depuis mars 2011, les caisses de l’État ont subi une saignée sans réserve ni retenue. Nos hommes politiques pensaient que l’élaboration d’une nouvelle Constitution permettrait d’obtenir les soutiens financiers tant convoités, omettant le fait que les solutions pour la Tunisie n’émaneront pas d’une politique attentiste ou d’agendas dictés. Durant cinq ans, les responsables politiques en place ont fait le choix de l’assistanat et de regarder du côté des pays étrangers. Nous avons quémandé de l’aide, tendu la main, pour obtenir quoi, finalement ? Des condoléances pré-formatées après chaque attentat, des visites éclair, des promesses creuses.
Et un prix Nobel ?…
Oui mais peut-il garantir la couverture des dettes qui s’amoncellent auprès du FMI, de la Banque mondiale et j’en passe ? Aura-t-il un impact sur la création d’emplois, sur le tourisme secteur plus que sinistré aujourd’hui ? Non, de toute évidence : soyons réalistes ! Nous avons négligé la chose la plus importante, c’est à dire de prendre conscience que le problème est fondamentalement tunisien, que l’alternative ou la solution ne peut être que tunisienne et pas dictée de l’étranger. D’ailleurs, il est naïf de croire que l’étranger puisse offrir une aide quelconque sans un retour sur investissement direct et conséquent.
La Tunisie fait partie d’une région qui montre aujourd’hui sa capacité à devenir un acteur important au niveau économique, politique et géostratégique. Aucune construction de l’avenir ne peut se réaliser en dehors du cadre maghrébin, il est impératif de mettre en application un programme d’intérêt commun avec ses composantes économiques, politiques et culturelles, en tenant compte des dimensions africaines et méditerranéennes. L’intégration de cette région par étapes permettra à la Tunisie de conforter son modèle de développement et de construire avec ses partenaires un espace dont on devra tenir compte, mais il faudrait d’abord et avant tout rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays – sans oublier aussi d’aider l’administration à reprendre confiance en elle.
Les femmes sont rares en politique et dans l’exécutif. Accepteriez-vous un poste au gouvernement ?
D’abord ce gouvernement est un gouvernement d’équilibre parlementaire. De facto, nous qui ne sommes pas encore au Parlement, nous n’avons pas vocation à y être. Ensuite nous pensons que le vrai jeu démocratique consiste à ce qu’il y ait une opposition active face au gouvernement. D’ailleurs, nous considérons comme inappropriés et non constructifs les différents appels lancés par Ennahdha et ses acolytes à élargir la coalition gouvernementale. Cette volonté de vouloir institutionnaliser le consensus vide les actions de leur substance. Il est impératif aussi de concevoir une opposition constructive et dynamique en dehors de l’Assemblée.
Propos recueillis par Frida Dahmani  

L'islamisation de la société tunisienne se poursuit avec l'aide de Béji Caïd Essebsi !

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La Tunisie et l’alliance stratégique islamo-nidaïste 
Beaucoup de ceux qui ont perdu leur temps dans les files d’attente lors des dernières élections législatives et présidentielle se mordent les doigts d’avoir par leur vote contribué à la victoire d’un parti et d’un président qui, au fil des jours et des mois, se sont révélés d’une incapacité effrayante à prendre en charge la gestion des problèmes catastrophiques qui paralysent le pays.
Un parti qui ne peut pas préserver son unité et résoudre ses problèmes internes sans exploser, ne peut pas assumer les responsabilités vitales imposées par l’étape historique difficile par laquelle passe le pays. Tout comme un président qui prend en compte l’intérêt de son fils avant ceux de son parti peut difficilement être considéré comme le meilleur garant des intérêts supérieurs de la Nation.
Nidaa Tounes et son fondateur ont pu convaincre une bonne partie des Tunisiens que ne pas voter pour eux, c’est ouvrir la voie à Ennahdha et à son projet d’islamisation du pays. Ils ont juré que jamais ils ne s’allieront avec les islamistes auxquels ils font assumer la lourde responsabilité, après deux ans de pouvoir, des désastres économiques et sociaux du pays et de l’amplification dramatique du phénomène terroriste.
Mais juste après l’annonce des résultats des élections d’octobre 2014, les Tunisiens se sont très vite rendus à l’évidence que le célèbre adage « les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient » s’applique aussi chez nous.
Certes, les élections législatives ont assuré 69 sièges sur 217 au parti islamiste. Un nombre important, mais qui ne fait pas le poids avec les 148 sièges restants occupés par des non-islamistes et des indépendants. Il était possible pour Nida Tounes et pour son président devenu « président de tous les Tunisiens » de mettre en place une coalition gouvernementale composée de non-islamistes et d’indépendants et de s’engager aussitôt dans la réparation des dégâts causés par quatre années d’anarchie sociale et économique et dans la remise du pays sur les rails.
Certains avancent l’idée que le partenariat islamo-nidaïste a toutes les caractéristiques d’une alliance stratégique dont les bases ont été jetées par les « deux vieux » lors de leur rencontre parisienne. La suite des événements semble donner raison à cette assertion, et l’on commence sérieusement à craindre que Nidaa Tounes, divisé, affaibli, désorienté, ne commence à servir de levier commode et docile pour le parti islamiste, toujours aussi déterminé à faire passer son projet de société conçu et imaginé par Qotb, Al Banna, Mawdoudi et les autres.
A un certain moment, on était soulagé de constater que malgré ses deux ans passés au pouvoir, malgré ses multiples tentatives de faire adopter par la société tunisienne le modèle social cher aux « Ikhwans », Ennahdha a échoué, et il s’est même fait écarter du pouvoir avant les élections.
Aujourd’hui, il est clair que notre soulagement n’était que de courte durée. Le parti islamiste reprend insidieusement et sournoisement ses tentatives de « réislamisation » du pays, suspendues sous la pression de la société civile.
On ne jette pas ici la pierre à Ennahdha qui, en toute logique, est en train de profiter d’une situation favorable pour lui et désastreuse pour le pays : essoufflement de la société civile, désarroi des partis politiques non islamistes, paralysés par l’absence d’une vue stratégique et minés par les rivalités et les ambitions personnelles.
L’image reflétée par les acteurs politiques du pays est inquiétante au plus haut point. On a l’impression que toutes les instances en charge de la gestion des affaires du pays, et le gouvernement en premier lieu, sont dépassées et que l’objectif de tout le monde aujourd’hui n’est plus de sauver le pays, mais de retarder l’heure fatidique de l’effondrement.
C’est cette étape cruciale de l’histoire du pays qu’a choisie Nidaa Tounes pour entrer dans un état de déliquescence et se laisser docilement dominer par le parti islamiste dont le rêve est d’arriver à en faire l’instrument de sa politique, comme il l’a fait si efficacement avec les partis de Ben Jaafar et Marzouki en 2012-2013.
Comment peut-on penser autrement quand on voit le silence assourdissant de Nidaa Tounes ou de ce qui en reste face à l’islamisation rampante du pays, notamment à travers les initiatives démagogiques du ministre des Affaires religieuses qui, visiblement, n’a d’autres soucis dans la vie que de plaire à Ennahdha.
A un moment où le pays a désespérément besoin que ses jeunes aient des diplômes en harmonie avec les besoins de l’économie, à un moment où celle-ci a un besoin urgent que les milliers de jeunes désœuvrés apprennent un métier qui les aide à s’insérer dans le tissu économique, voici le ministre des Affaires religieuses qui brille par son idée lumineuse de faire apprendre le coran à 100.000 jeunes dans les écoles pendant les grandes vacances…
A un moment où les caisses sont vides, où la machine de production des richesses est en panne depuis cinq ans, où les recettes de l’impôt se réduisent comme une peau de chagrin, voici le même ministre qui, après la loi sur « les finances islamiques »,  nous promet des caisses de « Zakat » avec des sommes faramineuses se chiffrant en milliards de dinars pour aider les pauvres, dynamiser l’économie et même pour payer les dettes de l’Etat !! D’où viendraient ces milliards de dinars qu’on déposerait dans ces « caisses islamiques »? De la Zakat… Des citoyens qui rechignent à honorer leurs  factures de la STEG et de la SONEDE et des contribuables qui voient rouge dès qu’on leur parle d’impôt vont sans doute se précipiter tête la première pour déposer de l’argent dans les caisses de Zakat…
Et que disent Nidaa Tounes et le président que nous avons élus pour nous sauver des griffes des islamistes? Rien. Pas un mot. Un signe inquiétant qui pousse beaucoup de Tunisiens à faire le parallèle entre hier et aujourd’hui. Entre Ben Jaafar et Ettakattol d’une part, et Caïd Essebsi et Nidaa Tounes d’autre part.

jeudi 28 avril 2016

DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN.

 " Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout."
Camus  

Les droits de l'homme, produits du Siècle des Lumières, texte fondamental de la révolution française de 1789, adoptés par l'ONU en 1948 et préambule de la constitution française qu'en 1958 ! Combien de temps faudra-t-il attendre pour les voir appliqués et respectés par les nations civilisés ?
R.B

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

1. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 6

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 8

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

Article 9

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Article 10

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Article 11

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. 
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

Article 12

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. 
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. 
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15

1. Tout individu a droit à une nationalité. 
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16

1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. 
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux. 
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.

Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

Article 20

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques. 
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

Article 21

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis. 
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. 
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal. 
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale. 
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

Article 25

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. 
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Article 26

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. 
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. 
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

Article 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. 
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29

1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible. 
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique. 
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.