lundi 7 mai 2018

LES FOSSOYEURS DE LA TUNISIE

Article paru dans : Kapitalis

Les élections municipales viennent de se dérouler et les tunisiens ont donné aux politiques une leçon sévère en s'abstenant massivement. Ce taux d'abstention (totalement anormale dans une élection locale qui normalement doit intéresser par sa proximité) était prévu, même si on ne peut se réjouir de cet état de fait.

Il est clair, malgré les discours des uns et des autres, que c’est toute la classe politique qui a perdu et qui est fortement rejetée. Aucun parti, même Ennahdha, pourtant placé en tête, ne peut se prévaloir d’une quelque victoire que ce soit. Même ses électeurs semblent se détourner des marchands du Temple qui ne les dupent plus. Ils ont tous perdu de nombreux électeurs ; et quand on prend en compte l’abstention, ils n’ont plus aucune légitimité politique. 

Quant à Ennahdha si l’on rajoute le taux des indépendants et ceux de Nidaa Tounes, elle a complétement perdu. Même ses prores électeurs se sont peu mobilisés, décçus par l'hypocrisie des marchands du Temple ! Le résultat, n’est qu’un tour de passe-passe juridique avec une loi électorale machiavélique.
Cette abstention massive, délégitime totalement les élus. En droit, ils sont élus mais ils ne représentent rien, alors surtout que des irrégularités ont, semble-t-il, étaient commises par les islamistes comme le souligne un communiqué de Nidaa Tounes.

Voilà la Tunisie avec des municipalités illégitimes qui ne pourront conduire aucun projet sans l'adhésion des citoyens !

Cependant, la situation reste grave. Certains se lamentent parce qu’Ennahdha est en tête et que le Maire de Tunis (la vitrine du pays) va être une islamiste mais ceux-là qui se lamentent ont quelques fois soutenu la politique de Nidaa Tounes et de son fondateur Béji Caïd Essebsi qui par son alliance a contribué à donner une légitimité, une respectabilité aux Frères musulmans alors que la seule politique valable était de les combattre pied à pied et à montrer leur nuisance. Nidaa Tounes a fait le lit des islamistes et maintenant les lamentations ne servent à rien, le pays fait un pas de plus vers la régression. Rassurez-vous Ennahdha est trop habile pour abuser, pour le moment, de sa victoire. Il va continuer à placer ses pions, à avancer, à islamiser un peu plus le pays et quand le fruit sera bien mûr, alors et alors seulement, il montrera son vrai visage et installera sa dictature religieuse, exactement ce qu’avait fait Erdogan, celui que Ghannouchi adule et prend pour modèle !

Cette abstention est donc une forte claque à la classe politique tout entière (Président de la République et partis) à qui les Tunisiens ont manifesté leur absence totale de confiance doit nous appeler à en tirer des conclusions, à rechercher les responsabilités de ce naufrage de la démocratie dont tous les partis se gargarisaient et qu'ils ont détruit. Oui, il faut rechercher et nommer les fossoyeurs de cette démocratie et par là même les fossoyeurs du pays.

Les observateurs ont maintenant assez de recul pour juger « Le printemps Tunisien » et si tout n’est pas fini, l’histoire se continuant et pouvant créer des surprises, il est tout de même possible de dire que la régression s’est emparée du pays et de ses élites.

Devra-t-on, un jour, enseigner que le temps de Bourguiba qui, quelques soient ses défauts, avait conduit le pays sur la route du progrès, n’était qu’une parenthèse, une exception dans le monde arabe et que cela ne pouvait pas durer ?
C’est, hélas, le sentiment que l’on a, lorsque l’on examine ce qui a suivi l’ère Bourguiba.

Il y eut d’abord la période Ben Ali qui eut pour résultat, en limitant les libertés et notamment la liberté de penser et de s’exprimer, de donner naissance à une génération d’hommes et de femmes sans idéaux, seulement soucieux de gagner de l’argent par tous les moyens, même les plus condamnables, de détruire tout le système d’enseignement mis en place par Bourguiba et qui a donné naissance, là encore, à une génération ne maîtrisant plus rien, ni l’arabe, ni le français.
Période qui fit de la corruption un mode de fonctionnement du haut en bas de la société, les premiers corrompus étant le Président lui-même et sa famille.

Dans ces conditions "la Révolution du Jasmin", comme on l’a appelée aussi, n’a pas trouvé une élite digne et soucieuse de faire progresser le pays. Elle a vite été accaparée par les islamistes d’un autre côté, et de l'autre, par des opportunistes sans projet autre que celui de se servir.

Dans ces conditions ce qui aurait pu être une magnifique opportunité pour le pays que le monde entier était prêt à aider, s’est transformée en une lente régression laissant une idéologie rétrograde prendre petit à petit ses quartiers, infester comme une peste la société, décourager une partie des élites et de la jeunesse qui ne s’est plus reconnue dans cette nouvelle Tunisie et qui, pour ceux qui le pouvaient, à abandonner ce pays à son sort. Et le comble tout cela fut facilité par ceux-là mêmes qui étaient censés préserver les Tunisiens des Frères musulmans : Béji Caïd Essebsi & Nidaa Tounes !

Si Ben Ali avait créé par sa gouvernance calamiteuse les conditions de la situation actuelle, il ne faut pas écarter les responsabilités indiscutables et fortes de la classe politique.

Ce que l’histoire retiendra sans aucun doute de cette classe politique, c’est qu’elle n’a pas eu la lucidité de percevoir clairement le danger que représente et représentera dans l’avenir l’islamisme politique. Par lâcheté, par incompréhension des enjeux et par opportunisme, elle a accepté de croire à cette fable de l’islamisme modéré alors que l’histoire récente aurait dû lui apprendre qu’il n’y a jamais d’islamisme modéré ; et que modérés au début, pour prendre le pouvoir, les islamistes deviennent toujours, sans exception des dictateurs. Cela est d’ailleurs dans la nature même de l’idéologie qu’ils représentent ; puisqu’ils usurpent le nom de Dieu et agissent, nous disent-ils en blasphémant, en son nom !

S’ajoute à ce manque de clairvoyance, la croyance complètement irréaliste de certains que l’heure de leur propre idéologie était arrivée : on a vu les utopistes panarabistes, les croyants du grand soir social ces communistes immatures, tous ceux qui n’ont rien appris de l’histoire penser que leur heure était arrivée !

Ceux-là qui n’ont pas compris qu’il y avait des priorités et qu’éliminer le danger islamiste, était une priorité absolue, portent et porteront face à l‘histoire la responsabilité du déclin de la Tunisie.

Et que dire des médias dont les journalistes trahissent une complaisance souvent obséquieuse envers les membres du parti Ennahdha dont la corruption n'a rien à envier à celle de Ben Ali et ses proches, hésitant à leur poser les questions qui fâchent. Manque de courage ou volonté de séduire leurs "futurs" patrons ? Ils semblent craindre leur "terrorisme" !
Ce faisant, ils participent à leur com', en banalisant l'islamisme dont ils se font complice par leur silence sur le danger du wahhabisme dont ils se servent et qu'ils diffusent tel un poison dans la société tunisienne !
S'ils savaient le mépris dans lequel les tiennent les Frères musulmans (ils en ont eu pourtant un aperçu lors de leur prise du pouvoir sous la troïka) et le sort que leur réserve Ghannouchi le jour où il aura tous les pouvoirs : il suffit pour cela de voir ce que fait Erdogan des journalistes turcs ! 

Enfin et c’est peut-être le plus grave, il y a eu une grande partie de la bourgeoisie centriste qui, pour garder le pouvoir ou, plutôt l’apparence du pouvoir, a décidé de coopérer avec les islamistes, à se partager le pouvoir pour conserver la seule chose qui l’intéresse : la possibilité de faire des affaires et de faire de l’argent !

Et, dans le fond, peu importe à cette bourgeoisie que le pays s’islamise et régresse si elle peut continuer à garder son train de vie et à voyager à l’étranger pour oublier les interdits posés par les rétrogrades, ces interdits n’étant bons, dans le fond, que pour le peuple dont elle se soucie comme d’une guigne, qu’il progresse ou régresse.
Il est également tout à fait regrettable que la société tunisienne, ce que l'on a appelé la société civile, n'ait pas exigé avec force la mise à l'écart de l'islam politique. Cette société civile qui a su combattre certaines idées rétrogrades telle que " la femme complément de l'homme ", qui a fait reculer plusieurs fois le pouvoir, n'a rien tenté sur cette question pourtant fondamentale. La raison en est probablement la crainte et la croyance qu'en s’attaquant à l'Islam politique elle s'attaquerait à la religion !

Erreur fondamentale. La raison en est que peut être aussi les idées rétrogrades des religieux a petit à petit imbibé cette société civile. Il suffit de voir le nombre de « voiles » cet étendard islamiste, pour de multiples raisons dont l'essentielle est la peur du voisinage. 
En tous cas, une chose est sûre, la société civile a laissé faire marquant par là qu'elle n'avait pas vu que le problème était majeur ou, dans le fond, que cela lui convenait. 

La Tunisie aura donc ce que sa population a accepté et dont elle se repentira tôt ou tard à l'instar des iraniens qui tentent désespérément de dégager les marchands du Temple qui les oppriment et les excédents par leur hypocrisie et leur affairisme, sacrifiant par son attitude plusieurs générations de ses enfants. 

On n’a pas assisté à des manifestations, à des occupations de lieux symboliques pour dire, pour crier : « Oui à la religion, NON à la religion en politique » ; alors que selon les sondages, cette idée est majoritaire ! Pourquoi ne pas l'avoir défendue avec force ?
Comment expliquer autrement la trahison de Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounes ?

Les fossoyeurs du pays ont réussi et la Tunisie est méconnaissable. 
Y a-t-il une chance pour que cela change ? Difficile à croire.

La Tunisie va entrer maintenant dans une longue période de régression. Il faudra attendre que des générations soient sacrifiées, pour que dans quelques dizaines d’années le pays s’aperçoive qu’il a fait fausse route, qu’il a été trahi par ses élites et qu’il se réveille dans la douleur comme l’ont fait les pays communistes de l’Est après un beau gâchis.

Rachid Barnat


15 commentaires:

  1. http://kapitalis.com/tunisie/2018/01/14/politique-plateforme-reglement-de-crise-tunisienne/

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  2. NIDAA & ENNAHDHA : quelle victoire célèbrent-ils ?

    Alors que le fort taux d'abstention traduit le rejet des Tunisiens pour ces deux partis depuis que BCE a décidé l'alliance avec Ghannouchi alors qu'il a été élu pour dégager les Frères musulmans, au lieu de quoi lui et son parti Nidaa, leur ont abandonné le pouvoir !

    https://www.realites.com.tn/2018/05/mondher-belhaj-ali-a-ennahdha-et-nidaa-ayez-honte-de-quelle-victoire-parlez-vous/

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  3. SCORE DES PARTIS "GAGNANTS" : Les Frères musulmans et Nidaa Tounes ne dupent plus les tunisiens !

    Ennahdha et son électorat :

    - 2011 : 1400 000 voix,
    - 2014 : 900 000 voix,
    - 2018 : 400 000 voix !

    Nidaa Tounes et son électorat :

    - 2014 : 1 200 000 voix,
    - 2018 : 350 000 voix !

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  4. COMMENT NIDAA TOUNES S'EST LAISSÉ AVALER PAR GHANNOUCHI !

    Wahida Bardazak :

    L´ISLAMISATION EN MARCHE ...

    La Tunisie et l´ALLIANCE STRATÉGIQUE islamo-nidaiste :
    Beaucoup de ceux qui ont perdu leur temps dans les files d’attente lors des dernières élections législatives et présidentielle se MORDENT les doigts d’avoir par leur vote contribué à la victoire d’un parti et d’un président qui les ont trahis et qui au fil des jours et des mois, se sont révélés d’une INCAPACITÉ effrayante à gérer les problèmes catastrophiques qui paralysent le pays.

    Nidaa Tounes et son fondateur ont pu convaincre une bonne partie des Tunisiens que ne pas voter pour eux, c’est ouvrir la voie à Ennahdha et à son projet d’islamisation du pays.
    Ils ont juré que jamais ils ne S’ALLIERONT AVEC LES ISLAMISTES auxquels ils font assumer la lourde responsabilité, après deux ans de pouvoir, des désastres économiques et sociaux du pays et de l’amplification dramatique du phénomène terroriste.

    Mais juste après l’annonce des résultats des élections d’octobre 2014, les Tunisiens se sont très vite rendus à l’évidence que le célèbre adage « LES PROMESSES ÉLECTORALES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI Y CROIENT » s’applique aussi chez nous.

    Certes, les élections législatives ont assuré 69 sièges sur 217 au parti islamiste. Un nombre important, mais qui ne fait pas le poids avec les 148 sièges restants occupés par des non-islamistes et des indépendants.
    Il était possible pour Nida Tounes et pour son président devenu « président de tous les Tunisiens » de mettre en place une COALITION gouvernementale composée de non-islamistes et d’indépendants et de s’engager aussitôt dans la RÉPARATION des dégâts causés par quatre années d’anarchie sociale et économique pour remettre le pays sur les rails, comme disait BCE !

    Certains avancent l’idée que le partenariat islamo-nidaïste a toutes les caractéristiques d’une alliance stratégique dont les bases ont été jetées par les « deux vieux » lors de leur rencontre parisienne.
    La suite des événements semble donner raison à cette assertion, et l’on commence sérieusement à CRAINDRE que Nidaa Tounes, divisé, affaibli, désorienté, ne commence à servir de levier de commande, docile pour le parti islamiste, toujours aussi DÉTERMINÉ À FAIRE PASSER SON PROJET de société conçu et imaginé par le fondateur des Frères musulmans Hassan Al Banna, mis en musique par Sayid Qotb, Mawdoudi et les autres.

    (suite ci dessous)

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  5. A un certain moment, on était soulagé de constater que malgré ses deux ans passés au pouvoir, malgré ses multiples tentatives de faire adopter par la société tunisienne le modèle social cher aux "Frères", Ennahdha a échoué, et il s’est même fait écarter du pouvoir avant les élections.

    Aujourd’hui, il est clair que notre soulagement n’était que de courte durée.

    LE PARTI ISLAMISTE REPREND insidieusement et sournoisement ses tentatives de « réislamisation » du pays, suspendues sous la pression de la société civile.

    On ne jette pas ici la pierre à Ennahdha qui, en toute logique, est en train de profiter d’une situation favorable pour lui et désastreuse pour le pays : ESSOUFFLEMENT de la société civile, DÉSARROI des partis politiques non islamistes paralysés par l’absence d’un projet clair et d'une stratégie pour gagner les élections, minés qu'ils sont par les rivalités et les ambitions personnelles.

    L’image reflétée par les acteurs politiques du pays est inquiétante au plus haut point. On a l’impression que toutes les instances en charge de la gestion des affaires du pays, et le gouvernement en premier lieu, sont DÉPASSÉS et que l’objectif de tout le monde aujourd’hui n’est plus de sauver le pays, mais de RETARDER l’heure fatidique de l’effondrement.

    C’est cette étape cruciale de l’histoire du pays qu’a choisie Nidaa Tounes pour entrer dans un état de déliquescence et se laisser docilement DOMINER par le parti islamiste dont le rêve est d’arriver à en faire l’instrument de sa politique, comme il l’a fait si efficacement avec les partis de Ben Jaafar et celui de Marzougui en 2012-2013.

    Comment peut-on penser autrement quand on voit le silence assourdissant de Nidaa Tounes ou de ce qui en reste face à l’ISLAMISATION RAMPANTE DU PAYS, notamment à travers les initiatives démagogiques du ministre des Affaires religieuses qui, visiblement, n’a d’autres soucis que de plaire à Ennahdha.

    A un moment où les caisses sont VIDES, où la machine de production des richesses est en panne depuis cinq ans, où les recettes de l’impôt se réduisent comme peau de chagrin, le ministre des affaires religieuses se prenant pour ECONOMISTE, après avoir proposé la loi sur « les finances islamiques », nous promet des caisses de « Zakat » avec des sommes faramineuses qui se chiffrent en milliards de dinars pour aider les pauvres, re-dynamiser l’économie et même pour payer les dettes de l’Etat !!
    D’où viendraient ces milliards de dinars qu’on déposerait dans ces « caisses islamiques »? De la Zakat que donneraient des citoyens qui rechignent déjà à honorer leurs factures de la STEG et de la SONEDE et des contribuables qui voient rouge dès qu’on leur parle d’impôt qui iraient vont sans doute se précipiter pour déposer de l’argent dans les caisses de Zkat ...
    FANTAISISTE ministre du culte !!

    Et que disent Nidaa Tounes et le président que nous avons élus pour nous sauver des griffes des islamistes ? Rien. Pas un mot.
    UN SIGNE INQUIÉTANT qui pousse beaucoup de Tunisiens à faire le parallèle entre hier et aujourd’hui : entre Ben Jaafar et Ettakattol d’une part, et Caïd Essebsi et Nidaa Tounes d'autre part !

    Hmida Ben Romdhane

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  6. TOUT N'EST PAS PERDU ...

    Il faut juste tirer les leçons des municipales en perspective des législatives puis des présidentielles !

    Ali Gannoun :

    Après l'ivresse des résultats des urnes (bons ou mauvais), positivons !

    Nous devons en premier lieu féliciter notre armée et notre police pour avoir assuré le bon déroulement des élections.
    Ensuite, Youssef Chahed est à saluer: malgré toutes les pressions et les contre-pressions, il a mené le processus des élections municipales jusqu'à son terme avec beaucoup d'humilité.
    S'il démissionne ou si on le fait démissionner, il ne s'absentera pas trop longtemps de la scène politique et reviendra avec son propre parti.

    Revenons aux résultats maintenant :

    Il y a du nouveau dans mon pays !
    - Ennahdha n'est plus le faiseur de rois en Tunisie; puisque de nouvelles forces politiques émergent, très souvent indépendantes et plus saines.
    Ennahdha n'est plus imbattable et les nahdhaouis ne sont pas si solides que ça.

    - Les résultats à l'Ariana et à la Marsa sont très significatifs :
    là où il y a de la qualité, les gens sont prêts à s'investir.

    J'ai appelé depuis plus de deux ans le Doyen Fadhel Moussa à prendre plus de place dans la vie politique tunisienne, j'ose espérer que le succès de sa liste va le convaincre définitivement de la nécessité d'un nouvel engagement majeur de sa part pour s'installer dans la locomotive Tunisie.

    A l'échelle locale, beaucoup de mairies vont aller vers les indépendants, il faut que ces indépendants montrent qu'ils sont dignes de la confiance de leurs électeurs.
    Toute réussite "indépendante" est un échec nahdhaoui, voire nidaiste !

    - Attayyar tire bien son épingle du jeu.
    Il souffre toujours de l'étiquette Marzougui.
    Il a intérêt à se démarquer complètement de ce boulet irresponsable et de revoir sa doctrine panarabiste.
    Sa direction mérite un toilettage profond !

    - Nida Tounes n'est pas mort car BCE ne l'est toujours pas.
    HCE est une catastrophe ambulante et ses lieutenants font tout pour accélérer la disparition de ce parti.

    Tant que le dénommé Borhène Bsayyes en soit la tête pensante, ce parti ne pourra s'échapper à la misère intellectuelle dans laquelle il croupit actuellement.

    - S'agissant des abstentionnistes, je maintiens qu'ils ne rendent pas service à une jeune démocratie.
    Ne pas voter c'est laisser les autres décider pour soi !

    Pour finir, il n y a pas eu de scénario algérien (et il n'y en aura pas non plus : car eux c'est eux; et nous c'est nous !) en Tunisie mais une vraie secousse qui appelle à réfléchir : 2019 est pour demain et il faut bien le préparer dès aujourd'hui en tenant compte des résultats des municipales ... si nous voulons rattraper le coup !!

    A suive !

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  7. DE TRAHISON EN TRAHISON ou L'AVEUGLEMENT DE NIDAA TOUNES !

    Malgré les évidences et les scores des municipales, Nidaa persiste dans son alliance avec les Frères musulmans !
    Nidaa signe son arrête de mort !!

    https://www.lanation.tn/municipales-lultime-trahison-de-nidaa-tounes/

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  8. ELECTIONS MUNICIPALES : OU SONT PASSÉS NOS JEUNES ?

    Abdennebi Ben Beya :

    LE MAL EST EN NOUS !

    Euphorie par-ci, euphorie par là, rage chez les "perdants" qui refusent d'admettre leur défaite.
    On crie à la trahison d’un côté, au retour en force des islamistes de l'autre.
    Ces derniers nous rappellent qu’ils jouissent déjà de la majorité au parlement et que les municipalités leur sont favorables, insinuant par là que : ‘‘ le ‘peuple nous choisit de nouveau. C’est à nous de gouverner à présent et nous sommes prêts.’’

    Ah, ce peuple ! On ne peux parler de peuple que lorsqu’il est majoritairement "conscient politiquement". Oui, même les plus démunis et non-cultivés peuvent l’être car les conditions de leur vie au quotidien est une école qui peut se substituer à la culture conceptuelle.
    Or dans le cas de la Tunisie, "ce peuple" ressemble depuis toujours à l’animal qu’on affame et qu’on nourrit au moment opportun pour s'assurer sa servitude. Un chien est reconnaissant au maître qui lui remplit son ventre, et est "instinctivement" prêt à mordre tous ceux qui cherchent à nuire à son maître. Malheureusement, dans notre pays, les "petits partis" manquent de moyens, et ne peuvent donc prétendre au pouvoir faute de dresser des "chiens de garde".

    Le dimanche 6 mai, fut le comble de la catastrophe.
    On s'en rendra compte bientôt.

    En voici les raisons prévisibles et qui s’avèrent justes :

    1 - Les islamistes ont eu confiance en leurs électeurs ( adhérents "politisés" et une partie du "peuple" comme on vient de définir). Ceux-ci ont voté en masse, se sentant les obligés des islamistes dont les "largesses" en périodes électorales ne sont un secret pour personne. La corruption est toujours payantes auprés du petit peuple !

    2 - Nida Tounes a perdu la confiance de la grande majorité de ses électeurs, pour les avoir trahis en 2014. Il recule mais reste fort grâce à la "machine" de soutien financier et politique.

    3 - Les partis d’opposition n’ont d'autres moyens que leurs discours.
    Or un discours ne peut pas à lui seul acheter des voix. Les petites gens qui votent sont pragmatiques : ils veulent du concret et de suite !
    Ajouter à cela l’incapacité de ces partis de se regrouper en un "bloc d’opposition" solide.
    Pourtant ils ont tous des points communs et des projets similaires.
    LE MALHEUR c’est qu’ils visent tous le leadership, d’où leur effritement en des dizaines de groupuscules politiques.

    4 - La société civile est dans une situation confortable.
    Ses "militants" sont souvent issue d’une classe "moyenne" qui vit confortablement.
    Quelques uns commencent déjà à viser des responsabilités (sièges) politiques

    5 - Les "intellectuels" n’ont de ce pronom que le "diplôme".
    Ils sont trop pédants. La plupart pensent qu’ils sont trop intelligents pour daigner se mettre au niveau des petites gens dont ils refusent le bavardage.
    Ils transcendent nos "cris d’alarmes" et méprisent nos positions.
    Les idées de certains sont en deçà de celles d’un individu qui n’a pas eu la chance de finaliser sa scolarité.
    Ajouter à cela le pire : leur opportunisme scandaleux !

    6 - L’UGTT est restée spectatrice.
    Elle n’a pas voulu peser politiquement lors de ces élections.
    Ses leaders (qui deviennent de plus en plus politisés) ont voulu attendre le moment propice. Je suis certain qu’ils ne sont pas indifférents.
    Attendons un peu pour entendre leur réaction et voir sur le terrain leurs décisions pratiques.

    (suite ci dessous)

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  9. 7 - Les indépendants
    Je reste sceptique quant à l’élection de listes "indépendantes".
    C’est un phénomène nouveau, exclusivement tunisien.
    Il est donc difficile de s’aventurer dans l’analyse.
    Comment vont-ils pratiquer leur "indépendance" quand le pouvoir central est leur vis-à-vis exécutif dans plusieurs domaines ?

    Je soupçonne que parmi ces listes indépendantes, il y a des catégories :
    a - Les déçus "professionnels" du parti Nida qui n'a pas su les a "amadouer’ par des postes au gouvernement ou ailleurs ;
    b - Les "gestionnaires" des municipalités entre 2011-2018, ces gens d' "al-khousousiyya" (les techniciens) ;
    c - Quelques "idéologues" qui ont fait appel à des individus aisés des professions libérales ou du secteur privé, etc.
    d - À l’instar des infiltrés chez l’UGTT, certaines listes indépendantes sont composées de "déguisés" islamistes.

    En conclusion, il n’y a pas de réels "indépendants".
    Tout cela n’est que farce et camouflage.

    8 - Les derniers qui constituent la masse la plus importante, sont les jeunes.
    Les raisons de leur abstention sont faciles :
    - Les sociologues nous parleraient de "marginalisation politique et économique", - Les psychologues nous parleraient de "repli sur soi" qui va jusqu’à la psychose.

    Le fait est, que les jeunes restent muets et absents des élections !
    Ceci est l’unique évidence.

    En voici mon analyse évidemment subjective; puisqu'il s'agit 'un témoignage :
    Nos jeunes n’ont aucune notion d’appartenance à un pays.
    Ils rêvent d’un ailleurs fantasmé.
    Faute de sentiment patriotique, les jeunes ont lâché la Tunisie !

    Les jeunes auraient pu donner une autre orientation aux résultats des urnes.
    Je ne leur pardonnerai jamais leur abstention.
    Le jour du vote, j’ai jeté un coup d’œil sur la file des électeurs : 100°/° des adultes de 50 ans et plus.
    Nous nous sommes trouvés seuls et tristes en ce jour.
    Nous sommes amers, nous les parents, qui avons aimé nos enfants jusqu’à la "pourriture", qui les avons aidés à grandir dans le dialogue et le respect, qui les avons aidés à devenir "intelligents".

    Je ne pardonnerai jamais aux jeunes qui ont préféré les jeux électroniques au devoir citoyen.
    Je ne pardonnerai jamais aux jeunes qui ont "boycotté" l’avenir et l’ont laissé filer entre leurs doigts.
    Je félicite, en passant, les "enfants" nahdhaouis. Eux ils ont le sens "partisan"; même si ceux qui les ont endoctrinés s'en fichent de leur bien être.
    Je suis triste de les voir vieux trop tôt, triste de les voir "sans jeunesse" !
    Je ne pardonnerai jamais aux jeunes d’être les artisans de leur propre "échec". Ils n’ont aucun droit de blâmer les autres.
    Ils ont eu l’occasion de nous donner la preuve de leur responsabilité, de leur libre arbitre, de leur détermination à préserver leurs rêves de la conspiration islamiste; et ils ne l'ont pas fait !
    Ils auraient pu changer la donne en se prenant en charge pour une fois.
    Ils auraient pu manifester dans les rues pour dire "non à la mascarade". Rien de tout cela !

    Je ne pardonnerai jamais aux jeunes !

    Leur condition ne me chagrine nullement. Plus maintenant.
    Ils ont donné la preuve qu’ils sont moins que rien. Qu'ils ne méritent pas tous les sacrifices que nous leur avons consentis.

    L’intelligence a ses codes et critères. Leur abstention est le signe d’une médiocrité en deçà du lamentable, le signe d’un détachement qui frise l'inconscience !
    Leur fuite se retournera contre eux, il n’ y a là aucun doute.
    Tôt ou tard, ils le regretteront.

    Être citoyen, ça se mérite par l’action et le combat qui susciteraient l’admiration de ceux qui les ont précédés, en premier nous-autres, leurs parents.
    Nous partirons, le cœur lourd de désolation, sans pour autant nous sentir coupables.
    Nous avons fait notre devoir vis-à-vis d’eux.
    Je prie ceux de ma génération de ne pas se sentir coupables.

    (Suite ci-dessous)

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  10. PS : SVP, épargnez moi les "clichés" pour justifier leur abstention, du genre :
    ‘‘Oui, mais ils sont désorientés,’’
    ‘‘Oui, mais il faut les comprendre,’’
    ‘‘Oui, mais nous n’avons pas été un bon exemple pour eux,’’
    ‘‘Oui, mais on ne leur a pas donné l’occasion de se sentir pleinement adultes et responsables,’’
    etc..

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  11. LES MUNICIPALES : Une occasion pour les Tunisiens pour faire le point !

    - Une occasion pour éliminer le trop plein de partis "politiques" ( plus de 200 partis !), pour laisser émerger ceux qui comptent !

    - Une occasion aussi pour éliminer les politicards qui parasitent la scène politique : les opportunistes, les lâches, les corrompus, les retourneurs de veste, les sans foi ni loi ... !

    Depuis le 14 janvier 2011, les Tunisiens au bout de 7 ans de "débats politique" quasi quotidiens dans les médias, commencent à profiler leurs hommes politiques pour en distinguer le bon grain de l'ivraie !

    Qui sait, peut-être qu'aux prochaines élections, les Tunisiens ne retiendront que ceux qui comptent réellement et renvoyer les autres aux poubelles de l'histoire !!

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  12. BCE & HCE : POURFENDEURS DE NIDAA TOUNES !

    - Le père pour s'être allié à Ghannouchi en trahissant ses électeurs et
    - Le fils pour n'être qu'une marionnette dont Erdogan et Ghannouchi tirent les ficelles !

    Il ne reste aux véritables bourguibistes déçus de ce parti qu'à rejoindre d'autres partis dont la position est clairement exprimée envers les islamistes !
    Comme par exemple Les Destouriens Libres !!

    http://www.webdo.tn/2018/05/09/municipales-hafedh-caid-essebsi-responsable-de-lechec-de-nidaa-tounes-selon-lazhar-akremi/

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  13. POUR UNE RÉELLE DÉMOCRATIE : UNE NOUVELLE LOI ÉLECTORALE S'IMPOSE !

    Bochra Bel Haj Hmida : " Ennahdha ne quittera le pouvoir qu'avec une nouvelle loi électorale ! "
    ... ce que nous ne cessions de dire depuis longtemps pour clarifier le jeu démocratique !

    Et si Ennahdha est majoritaire, tant mieux pour elle :
    - Au moins elle ne peut plus se cacher derrière les autres,
    - Elle assumera sa gestion et ses responsabilités
    - Et lors des élections suivantes, les tunisiens ne manqueront pas de la sanctionner ... et de la dégager par les urnes, si besoin est !

    Car la crainte qu'elle soit au pouvoir est pure hypocrisie puisqu'elle y est de fait :
    - Elle l'a été, en dominant la troïka et
    - Continue de l'être en dominant par la terreur BCE & Nidaa !

    http://www.kapitalis.com/anbaa-tounes/2018/06/07/%D8%A8%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%A7%D8%AC-%D8%AD%D9%85%D9%8A%D8%AF%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%86%D9%87%D8%B6%D8%A9-%D9%85%D8%A7-%D8%AA%D8%AE%D8%B1%D8%AC-%D9%85%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%83%D9%85-%D9%83/

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  14. NIDAA SE RÉVEILLE TROP TARD ...

    Après tout le mal fait par le père BCE et le fils HCE, qui peut croire en ce parti totalement dévoyé pour devenir la chose de Ghannouchi ?

    - BCE a trahi ses électeurs en s'alliant à Ghannouchi alors qu'il jurait tous ses dieux qu'il ne le fera jamais !
    - HCE est allé faire allégeance à Erdogan pour obtenir sa bénédiction pour saper Nidaa de l’intérieur !!

    http://www.businessnews.com.tn/Neji-Jelloul,-futur-pr%C3%A9sident-du-bureau-politique-de-Nidaa,520,80781,3

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  15. IL EST URGENT DE CHANGER DE CONSTITUTION !

    La crise politique actuelle en Tunisie montre bien la faiblisse et les pièges de la constitution de 2014 !

    Tahar Belkhouja :

    " BCE n’a pas pu être comme Bourguiba. Car il a failli là ou Bourguiba a réussi.

    " Il faut avouer que le système politique créé par la nouvelle constitution est inadapté. Car à cause de lui, personne ne peut, réellement gouverner. Ce système a créé un blocage de l’Etat.

    " Il n’est nullement question de pouvoir continuer avec ce système jusqu’à 2025. Il faut le changer le plus tôt possible.

    " Il faudra commencer par changer le système politique d’ici 2019, sinon, plus rien ne pourra sauver le pays. Imaginez, un peu comment peut on expliquer qu’un chef Etat ne puisse pas changer un ministre, ou alors, pire, encore, un chef du gouvernement qui se “mutine” contre le système qui l’a mis en place? Il est impossible d’avancer avec un chef Etat qui n’est pas avec son chef du gouvernement. C’est inconcevable.

    " Il faut une nouvelle constitution où l'on réunit une dizaine d’experts en droit constitutionnel, pour préparé une bonne constitution, en un mois .... comme l'ont fait les égyptiens !
    Une constitution qui leur permet de gouverner le pays.

    " C’est une question vitale, car on ne pourra jamais arriver en 2025, avec ce simulacre de système politique hybride qui bloque Etat !

    " Une autre réforme urgente à entamer : celle de la loi des partis.
    Il est absurde qu’un pays comme le notre ait 250 partis politiques !!

    http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2018/07/un-bourguibiste-se-lache.html

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