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vendredi 21 septembre 2012

L'histoire du wahhabisme : Comment le Wahhabisme a triomphé


En moins de dix ans, Hamadi Redissi publie son troisième grand livre. Après “Les Politiques en Islam. Le Prophète, le roi et le savant” (L’Harmattan 1998), “L’exception islamique” (Seuil, 2004) ; voilà “Le pacte de Nadjd”, ou comment l’Islam sectaire est devenu l’islam” (Seuil 2007). L’œuvre prend de l’ampleur et l’auteur devient, incontestablement, l’un des plus brillants analystes de l’histoire des idées dans l’Islam moderne et contemporain.

redissi“Le pacte de Nadjd” est d’abord le premier récit historique d’une doctrine très médiatique, mais très mal connue : le wahhabisme. Né dans le désert de Nadjd (dans l’actuelle Arabie Saoudite) dans la première moitié du XVIIème siècle, le wahhabisme devient plus de deux siècles et demi plus tard un enjeu idéologique et politique mondial après les attaques du 11 Septembre 2001. A-t-il contribué à l’émergence du salafisme jihadiste ? Voilà l’une des questions majeures au début de ce XXIème siècle.
Hamadi Redissi ne se contente pas de cela. Il entreprend un gigantesque travail documentaire sur les différentes étapes du wahhabisme, des origines jusqu’à aujourd’hui. Il va même sur les lieux qui ont vu un prédicateur s’allier à un prince en 1744 (ou 1745) dans ce fameux pacte de Nadjd. Redissi y hume l’atmosphère, ausculte la géographie pour comprendre l’extraordinaire expansion d’une secte hérétique devenue aujourd’hui l’orthodoxie. C’est cela la principale intuition de Redissi. Il va l’argumenter sur trois cents trente pages.
Pourquoi un livre sur le wahhabisme?
D’abord par rapport à mon propre itinéraire de chercheur. Mon livre “L’exception islamique”* a été plutôt théorique et j’avais besoin de faire une enquête empirique afin d’examiner de près les enjeux théoriques que pose un cas concret. Cela pour la raison générale ; maintenant pourquoi le wahhabisme ? Parce que j’ai eu l’intuition que nombre des souffrances de l’Islam d’aujourd’hui remontent au wahhabisme, secte que beaucoup de gens ne connaissent que vaguement.
Vous développez dans votre livre, à propos du wahhabisme, un concept qui peut paraître paradoxal : la secte orthodoxe. C’est quoi exactement?
En examinant le wahhabisme in-concreto, je me suis rendu compte qu’il y avait un aspect tout à fait sectaire : anticommunautaire, fanatique, misogyne, misanthrope et antisémite. D’un autre côté le wahhabisme participe à l’orthodoxie générale de ce qu’on appelle “les gens de la Sunna (tradition prophétique) et de la communauté”. Ce statut ambigu a permis au wahhabisme d’avoir une telle longévité (plus de deux siècles et demi). Je tiens à préciser que la notion de secte n’est pas du tout péjorative, mais qu’elle décrit un phénomène particulier.
Comment avez-vous procédé pour votre enquête empirique sur le wahhabisme ?
J’ai constitué mon enquête empirique à travers deux grands corpus. Le premier est documentaire. Il est fait de manuscrits que j’ai eu beaucoup de peine à trouver. J’ai constitué un corpus documentaire fait de textes rares et épars dans différentes bibliothèques : aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en France… J’ai mis beaucoup de temps et d’énergie à collecter ces textes.
Le deuxième corpus est une enquête sur le terrain que j’ai effectuée en Arabie Saoudite. Je suis allé sur les lieux et les traces du wahhabisme des origines : Al Dirya et le Najd central. Région où Muhammed Ibn Abd al-Wahhab a vécu. Tous les auteurs du XIXème siècle décrivent Al Dirya comme un amas de ruines. J’ai tellement lu sur cette ville que quand j’y suis parti je la connaissais maison par maison.
Votre enquête de terrain vous a-t-elle permis de sentir le souffle wahhabite ?
Absolument. Al Dirya est un lieu inaccessible. Cela permet de comprendre la géopolitique d’une secte. Prendre un lieu inaccessible et faire des raids hors territoire en étant soi-même protégé par des montagnes, que ce soit à Alamut (pour les Hachachines / Assassins, une secte du chiisme ismaélien), à Tora Bora (pour Al Qaïda de Ben Laden) ou Al Dirya, cela vous donne une supériorité guerrière extraordinaire. Si le wahhabisme a pu se développer et résister, c’est à cause de cela essentiellement. Le wahhabisme s’est appuyé aussi sur les Anazas, la plus grande confédération tribale de l’Arabie Saoudite au XVII ème siècle.
Si vous aviez à définir le wahhabisme d’une manière succincte, que diriez-vous ?
On peut dire que le wahhabisme des origines est un néo-kharijisme (les kharijistes sont une secte qui a vu le jour au premier siècle de l’Hégire, connue par son fanatisme et rigorisme extrême). Cela est clair d’après la trame tribale et aussi par la doctrine : un puritanisme foncier égalitariste et le refus de toutes formes d’intercession. Ils estimaient que les Musulmans vivaient dans une néo-jahylia (la jahylia désigne la période anti-islamique des Arabes) et qu’il fallait les réislamiser par le jihad. Le wahhabisme des origines est une révolte à la Saheb el Himar (chef kharijite qui s’est rebellé contre le pouvoir fatimide en Tunisie) au nom du dogme de l’unicité.
Entre le pacte de Najd, qui a scellé le début effectif du wahhabisme en 1744 (ou 1745) et sa victoire définitive en 1932 (la réunification de l’Arabie centrale par les Al Saoud) il y a près de deux siècles. Comment expliquez-vous que cette secte ait pu résister pendant deux siècles ?
Les bastions wahhabites étaient éloignés des lieux du culte, la Mecque et Médine, de plus de huit cents kilomètres. Ils n’intéressaient pas les grands empires environnants, que ce soit l’ottoman ou le britannique. Les wahhabites étaient quasiment en dehors de l’histoire et de la géographie, ce qui leur permit, même suite à des défaites militaires, de pouvoir se reconstituer loin des regards ennemis. Quand Mohamed Ali d’Egypte les défit au début du XIXème siècle, il était obligé de retourner chez lui. Une fois les armées parties, les bédouins wahhabites “reprirent” du poil de la bête.
Il faut ajouter que les descendants d’Ibn Abd al-Wahhab, c’est-à-dire les garants de la pureté doctrinale, avaient eu l’intelligence de ne jamais interférer dans les luttes intestines des Saoud. Ils ont toujours ratifié l’imamat des vainqueurs. Nous sommes obéissants à l’intérieur, mais belliqueux à l’extérieur. Cela scellait durablement le pacte de Najd, conclu entre Muhammad Ibn Saoud et Muhammad Ibn Abd al-Wahhab.
Qu’est-ce qui a fait que les wahhabites triomphent en 1932 ?
Cela revient en grande partie à la constitution des “Frères”. C’est un genre de communisme de guerre. Voilà des nomades, même pas des bédouins, que les wahhabites sédentarisent et endoctrinent. On leur dit que tout le monde extérieur est impie. Ces campements militaires, constitués en 1912, ont été de l’avis de tous les chercheurs le bras armé qui a rendu la victoire d’Abdelaziz Ibn Saoud possible en 1932. Les expériences précédentes ont montré que les bédouins étaient inconstants et les citadins ne pouvaient pas guerroyer plus de quatre mois par an. Les “Frères” constituaient des camps militaires qui vivaient uniquement pour la guerre.
le_pacte_de_NadjdA l’image de ce que fut la Koufa du temps du second Calife, Omar Ibn al-Khatttab…
Absolument, et les “Frères” sont les Qurra (Récitants du Coran) dont la vie était partagée entre la prière et la guerre. Je dirais aussi que le wahhabisme est pour les chercheurs une chance extraordinaire. Il nous permet de voir une secte médiévale in-vivo. Si vous voyez un cheïkh wahhabite ajourd’hui, vous pouvez imaginer ce qu’était des sectes comme les kharijites ou les ismaéliens au Moyen-âge.
Si les wahhabites sont des néo-kharijites, pourquoi vouent-ils une grande haine aux “sectes hérétiques” comme les kharijites et les chiites ?
Je pense que cela est dû à la culture dogmatique. On peut être contre le fanatisme et être, cependant totalement fanatique. Mon livre est, en quelque sorte, un rapport de police philosophique sur le fanatisme.
Le débat qui a opposé les wahhabites à l’Islam institutionnel durant un siècle et demi montre à quel point l’Islam institutionnel s’est opposé au wahhabisme. Qu’est-ce qui fait que cette opposition ait quasiment disparu aujourd’hui ?
A part le récit historique sur le wahhabisme dans mon livre, le cœur de mon questionnement était celui-là : J’ai fait état de plus cinquante réfutations du wahhabisme sur une base théologique sérieuse écrite par des ulémas. Je me suis posé la question suivante : comment se fait-il qu’après une campagne aussi dure et étendue contre le wahhabisme, on a même accusé Ibn Abd al-Wahhab d’athéïsme et de prétention à la prophétie, subitement le wahhabisme a été réhabilité. Je propose une piste pour la discussion : le wahhabisme a été réhabilité par la tradition, parce que l’hérésie est devenue la nouvelle orthodoxie. L’Islam sectaire et anti-orthodoxe a vaincu à la fin du XIXème siècle.
Plus précisément…
La tradition tardive est constituée par des ulémas qui connaissaient parfaitement leurs classiques. Ils refusaient l’Ijtihad, s’alliaient aux Saints et aux marabouts. Ils étaient citadins, notables et obéissants. Cet Islam là va être battu à la fin du XIXème siècle par les nouveaux clercs de l’Islam. Ils sont en dehors de l’institution religieuse. Ils écrivent dans les journaux. C’est le mouvement Nahda initié par El Afghani et Abdoh. Les réformistes disent : l’Islam est en déclin, les responsables sont les ulémas, les marabouts et les princes tyranniques. C’est exactement ce que disait Ibn Abd al-Wahhab au XVIIème siècle.
Le réformisme est une hérésie mineure de l’intérieur. C’est une bonne hérésie parce qu’elle permet à l’Islam de se réformer. Mais cette hérésie mineure a ouvert la boite de Pandore: tous les Musulmans sont devenus des Fakih et cela dure jusqu’à maintenant. Auparavant personne n’osait parler en présence des cheïkhs d’Al Azhar ou de la Zitouna. C’est cela ma thèse.
Vous dites dans votre livre que c’est Rachid Ridha, disciple d’Abdoh, qui a réalisé la jonction entre le réformisme et le wahhabisme
Absolument. Rachid Ridha était un agent wahhabite. Il a publié la plupart de leurs tracts à leurs frais. Il en a commenté quelque-uns et les a défendus avec acharnement dans une série d’articles qu’il a plus tard publiés dans un livre “Les Wahhabites et le Hijaz”. Rachid Ridha a fait la jonction entre le réformisme hérétique du XIXème siècle et le wahhabisme comme faisant partie des “gens de la tradition et de la communauté”. Il n’est pas le seul à avoir fait cela. Il y a Mohyeddine al Khatib en Egypte, Tahar Al-Jazaïri en Syrie, Chokri Alussi en Irak et bien d’autres… C’est un néo-fondamentalisme qui hérite du réformisme d’El Afghani et de Abdoh. Ceux-là n’étaient pas des wahhabites. Ils sont parfois anti-wahhabites, mais ils participent de la même conception de la tradition. Résultat : le wahhabisme a été réhabilité bien avant l’ère du pétrole, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens.
On aurait pu penser, en vous écoutant, que le mouvement des “Frères Musulmans”, fondé par l’Egyptien Al Banna en 1928, serait une continuation du wahhabisme… alors que vous dites dans votre livre qu’il n’en est rien…
Dans un premier moment les “Frères Musulmans” n’ont rien à voir avec le wahhabisme, bien que leur culte du secret rappelle, lui aussi, les sectes hérétiques du Moyen-Âge. Les signes de reconnaissance, une bague particulière, et les chiffres magiques, le nombre dix, fait d’eux, à leur début, une sorte de loge maçonnique. Mais ils formaient quand même un parti moderne dans une Egypte libérale. Al Banna n’est jamais allé en Arabie Saoudite. Jusqu’en 1954 les leaders des Frères Musulmans avaient des critiques dures contre le wahhabisme. Certains d’entre eux le qualifièrent de régime corrompu et monarchique. Les “Frères Musulmans” étaient foncièrement anti-monarchiques. C’est la répression d’Abdennasser qui va rapprocher les Frères Musulmans des wahhabites. Il y a eu alors une greffe dans les deux sens. Le wahhabisme a été idéologisé et les Frères Musulmans ont été traditionnalisés.
Est-ce qu’on peut dire que ce sont les Frères Musulmans qui ont introduit le wahhabisme dans l’histoire ?
Sur le plan intellectuel, absolument. Sans les Frères Musulmans le wahhabisme serait resté une idéologie locale et provinciale. C’est l’argent du pétrole et l’idéologie islamiste qui ont donné au wahhabisme une dimension mondiale.
Vous avez parlé tout à l’heure d’un siècle et demi de réfutation du wahhabisme dont on retrouve la trace en Tunisie et au Maroc. Ces réfutations sont-elles toujours d’actualité?
Pour l’essentiel ces réfutations appartiennent au monde du passé.
Le wahhabisme était plus “moderne” que ses réfutateurs ?
Oui, si l’on maintient les guillemets pour moderne. L’une des plus grandes critiques des ulémas aux XVIIIème et XIXème siècles était que le wahhabisme ouvrait les portes de l’Ijtihad et refusait l’imitation des anciens. Les ulémas reprochaient aux wahhabites leur refus de toute intercession, fût-elle celle du Prophète. Ce débat n’intéresse plus personne aujourd’hui. Ce qui est encore d’actualité, c’est la question de l’Ijtihad (et là les wahhabites étaient en avance sur la tradition) et deuxièmement le takfir (l’anathème) et là on retrouve les passerelles avec l’Islam sectaire radical.
Le wahhabisme a-t-il eu une influence sur l’Islam non-arabe ?
Oui. Le wahhabisme a eu une grande influence sur les Musulmans de l’Inde au XIXème siècle. On y retrouve les mêmes débats et polémiques autour du wahhabisme.
Les wahhabites ont-ils eu une influence sur la Jamaa Islamyaa de l’Indo-Pakistanais Al-Mawdoudi ?
Pas au début. Plus tard, à l’instar des Frères Musulmans, il y a eu des connexions et des convergences. Voilà que des gens qui ne se connaissent pas et qui ont des filiations idéologiques différentes se retrouvent et se rejoignent. Il y a des affinités électives qui donnent lieu à des liaisons dangereuses. Ces liaisons dangereuses reposent sur une matrice commune que j’ai appelée la destruction mosaïque : c’est-à-dire ériger une destruction au sein des Musulmans eux-mêmes entre la vraie et la fausse religion.
Le wahhabisme a anticipé ce mouvement, d’où sa réhabilitation. La thèse devient : c’est l’hérésie (le réformisme et l’islamisme) qui réhabilite l’hérésie (le wahhabisme). Maintenant c’est l’hérésie qui est devenue la nouvelle orthodoxie.
Dans ce passage de l’hérésie à la nouvelle orthodoxie, qu’est-ce qui a changé dans le wahhabisme ?
                      
Rien. La grande victoire du wahhabisme est qu’il n’a rien changé. Ce sont les autres qui ont changé.
Après le 11 septembre 2001, le wahhabisme est-il en train de changer ?
Oui. Le wahhabisme est devenu la tradition. Il a repris les mêmes arguments que ses anciens réfutateurs contre ce qu’il appelle les néo-kharijites (les salafistes, jihadistes).
Le jihadisme est-il une excroissance du wahhabisme ou de l’islamisme ?
Les deux à la fois. Les jihadistes se réclament des deux traditions.
Le salafisme-jihadisme est-il une chance ou une catastrophe pour le wahhabisme ?
Aujourd’hui le wahhabisme est dans de beaux draps ! Il est dans une phase très défensive. La monarchie tente d’ouvrir de nouveaux ponts avec les islamistes modérés (les Frères Musulmans) afin que les wahhabites ne soient plus les seuls piliers du régime. Les wahhabites, tout en étant contre l’Islam violent, refusent toujours les réformes libérales.
Y a-t-il, en Arabie Saoudite, une critique ouverte contre le wahhabisme ?
Oui. J’y ai consacré le dernier chapitre de mon livre. Il y a des critiques ouvertes contre le wahhabisme dans des journaux comme “Al Watan”, mais uniquement en phase critique. Quant les choses se calment, la critique disparaît.
Sur quoi reposent les critiques des intellectuels saoudiens ?
Le premier reproche des intellectuels saoudiens est l’exclusivisme des Ecoles du rite. Le wahhabisme a interdit le malékisme, le hanafisme et le chaféisme. On n’enseigne que l’école hanbalite. Ces intellectuels demandent de mettre fin à cet exclusivisme des écoles. Le second se rapporte aux réformes politiques. Les intellectuels accusent les wahhabites d’être la cause des difficultés du pays.

lundi 19 octobre 2020

LE PROFESSEUR Samuel PATY, LE SACRIFIE DE LA REPUBLIQUE ...

Article paru dans : Agoravox

C’est la phobie du communisme qui a fait le lit de l'islamisme, cet islam politique. Les EU & l'UE ont favorisé l'expansion du wahhabisme qui le fonde pour faire barrage au communisme. Or le wahhabisme est l'ennemi de la République, de la Laïcité, de la Démocratie, de la Liberté d'expression, de la Liberté de conscience, des Droits de l'homme ... Toutes ces valeurs, il les combat au nom de l'obscurantisme sacré qu'il véhicule, quand il invoque l'illicite, le sacrilège jusqu'à l'apostasie qui légitime la mise à mort de ses ennemis ! 

Les tunisiens ont découvert le wahhabisme et son fascisme depuis l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans. Malheureusement leur combat contre Ghannouchi était inaudible par la France qui a fait le choix de soutenir les Frères musulmans pour, nous dit-on, leur islamisme modéré et compatible avec la démocratie ! 

On se souvient des responsables politiques français de droite comme de gauche, qui se rendaient en Tunisie pour vendre ce discours aux tunisiens qui manifestaient des mois durant pour dégager Ghannouchi et ses Frères !

Combien de Samuel Paty, faudra-t-il encore aux français pour que leurs responsables politiques cessent cette honteuse hypocrisie de déclarer la guerre à l'islamisme sans nommer  le wahhabisme le véritable ennemi et sans mettre un terme à l'activisme des pétromonarques qui le diffusent dans le monde à travers les centres culturels/cultuels qu'ils font pousser comme des champignons partout et à travers leurs TV "nationales/personnelles" qui le diffusent par voie satellitaire qui ignore les frontières ?

Emmanuel Macron aura-t-il enfin l'intelligence politique de soutenir Abir Moussi qui combat les Frères musulmans en Tunisie, pays devenu premier exportateur de jihadistes/terroristes dans le monde et qui se trouve aux portes de l'Europe, c'est à dire à 2h de Paris ? 

Avec la chute du mur de Berlin, commençait le déclin du communisme. La nature ayant horreur du vide, les pays "musulmans" de l'ex-URSS, après 70 ans d'athéisme imposé par la Russie Soviétique, sont devenus le nouveau berceau du wahhabisme que se sont empressés d'y implanter les Ibn Saoud. La Tchétchénie en est le parfait exemple. Et les tchétchènes contents de recouvrer leur islam, ne savent pas qu'à la place de leur soufisme ancestral, les Ibn Saoud leur ont exporté un autre islam, celui de l'obscurantisme et de la violence : le wahhabisme !

La France ainsi que l'UE sont désormais cernées par le wahhabisme : au nord, celui des tchétchènes et au sud, celui des Frères musulmans Erdogan & Ghannouchi !!

La France tout comme l’UE ont choisi de soutenir les Frères musulmans et leur islamisme. Ils paient dans leur chair le prix de ce choix. Faut-il rappeler le rôle de la France dans l’expansion de l’islamisme ? Cela avait commencé avec Valéry Giscard d'Estaing, qui avait soutenu Khomeiny avec le résultat qu'on sait : une dictature théologique inspirée du wahhabisme s'est abattue sur l'Iran dont les iraniennes ne savent plus à quel saint se vouer pour s'en débarrasser. Puis les présidents qui l'ont suivi, de droite comme de gauche, se sont acoquinés avec les pétromonarques : Chirac ayant pour « grand ami » le roi Ibn Saoud et Sarkozy ayant fait de l'émir du Qatar le « grand ami de la France »; quant à Hollande il s'était rapproché des Ibn Saoud !!

Les pétromonarques pour mieux exporter leur wahhabisme, ayant compris qu'il suffisait de corrompre les hommes politiques de droite comme de gauche, sensibles à l'argent et au mirage des bédouins, n'hésitaient pas à jouer la politique du chéquier, déversant des milliards de leurs pétrodollars pour tout acheter jusqu'à la conscience des responsables politiques en faisant tourner l'industrie de l'armement, faisant de la France une des premières exportatrices d'armes !

Et si l'islamisme s'implante en France, c'est bien la faute aux responsables politiques de tous bords, de droite comme de gauche, qui le soutiennent par populisme électoraliste; les couvrent en minimisant leur activisme dans la fonction publique; cèdent à leurs revendications communautaristes; acceptent leurs coups de butoirs incessants dans la laïcité, cette règle du vivre ensemble française; ne veulent pas faire de vague à chacune de leurs actions terroristes et trouvent toujours des excuses droit-de-l'hommistes aux islamistes, qui se foutent royalement des droits de l'homme, décrivant le terroriste de loup isolé ou de détraqué mental pour ne pas stigmatiser les musulmans de France. Résultat : les français voient de jour en jour leur mode de vie menacé par les islamistes et leurs espaces publics envahis de leurs étendards que sont les idiotes utiles voilées et burqatées. Pourquoi tout ce laxisme ? Pourquoi refusent-ils de nommer le mal qu'ils prétendent combattre, en jouant sur les mots "islamisme", "rigorisme", "salafisme", "intégrisme", "islam politique", "fondamentalisme", "jihadisme", ... alors que la doctrine de tous les islamisme est le wahhabisme ? La réalité est qu'ils ne veulent pas froisser leurs "amis" pétromonarques qui diffusent leur poison wahhabite en France, sans parler de ceux qui se sont laissés corrompre par des pétromonarques qui achètent tout, leur conscience politique comprise !

Le plus étonnant, est d'entendre ces responsables politiques de tous bords, se rejeter la responsabilité du laxisme qui a permis l'installation et l'expansion du wahhabisme en France, pour accabler Emmanuel Macron de toutes leurs bêtises ; alors que chacun a sa part de responsabilité dans sa diffusion, ne voyant pas plus loin que le bout de leurs intérêts électoralistes !

Les français ne diront pas merci à ces responsables, tout comme les tunisiens, pour leur avoir imposé Ghannouchi et ses Frères musulmans. Naïveté ou manque de clairvoyance, que les iraniens et les tunisiens n'ont pas fini de payer. Il aura fallu un retour de bâton et que le wahhabisme qu'ils ont soutenu leur revienne comme un boomerang, pour qu'ils se réveillent.

Les Ibn Saoud, ces bédouins veulent ramener la terre entière au moyen âge, après avoir
répandu le wahhabisme dans toute la péninsule arabique grâce aux "Frères wahhabites", que le roi Ibn Saoud a fini par dissoudre et massacrer leurs chefs qui commençaient à menacer son trône. Et depuis que les américains se sont servis de ce monarque et de son wahhabisme pour contrer la progression du communisme en Afghanistan, les Ibn Saoud cherchent à conquérir le monde en diffusant par tous les moyens leur wahhabisme.

Le wahhabisme leur ayant réussi, d'autres vont s'en inspirer comme Hassan El Banna (grand-père maternel de Tariq Ramadan) qui va l’adopter pour prendre le pouvoir. 

L'émir du Qatar, ce pays minuscule dont l'émir est le crapaud de la fable, qui veut être aussi gros qu'un bœuf, en manque de reconnaissance internationale, va se servir lui aussi du wahhabisme en s'achetant les Frères musulmans, pour exister sur la scène internationale !

Et voilà comment des bédouins à peine sortis de leur âge de pierre grâce aux hydrocarbures, comme tout nouveau riche, veulent acheter le monde entier pour y répandre leur wahhabisme et le model sociétal qui va avec. Malheureusement pour les peuples, les pétromonarques surfent sur la foi des hommes pour implanter leur wahhabisme meilleur moyen de colonisation politico-religieuse; et grâce à leurs pétrodollars, ils arrivent à diffuser leur poison aussi bien chez les "arabes" qu'en Occident.


Mais comment combattre l'islamisme et faire des affaires avec les pétromonarques qui diffusent le wahhabisme qui le fonde ? Il faut aux responsables politiques français faire un choix et avoir le courage politique de leur choix !

A Dieu Monsieur le Professeur ...

Rachid Barnat 


samedi 22 juillet 2017

Vers la fin du wahhabisme ?

Fatiha Dazi-Héni semble optimiste, quant à la fin du wahhabisme ! Prendrait-elle son rêve pour une réalité ? Elle oublie qu'une doctrine qui s'appuie sur la foi et le sacré est difficile à éradiquer, contrairement au communisme qui a pris fin dans les pays de l'est avec la chute  du mur de Berlin; parceque, justement il n'a rien de sacré, bien au contraire, il prône l'athéisme.
Je crains qu'elle ne se trompe : là où le wahhabisme se sera implanté, les peuples régresseront fatalement et subiront son totalitarisme. Malheureusement et grâce à la manne de l'or noir, les Ibn Saoud ont répandu dans le monde entier cette funeste doctrine, aussi bien dans les républiques "arabes" qu'en Occident !
L'optimisme de Fatiha Dazi-Héni se base sur le fait que le pèlerinage à la Mecque, joue pour l'ouverture des Ibn Saoud au monde et à sa modernité. Sauf qu'elle oublie que les Ibn Saoud répandent l'obscurantisme à travers le wahhabisme, car plus propice à leur main mise sur l'Arabie et ses ressources, jusqu'aux peuples qu'ils convertissent à cette doctrine. D'où la multiplications des "haram" (interdits); et plus particulièrement ceux touchant au savoir et à la culture ! Bien au contraire, les Ibn Saoud profitent du pèlerinage pour "rééduquer" les pèlerins aux bonnes pratiques de l'islam, en leur inculquant le wahhabisme en lieu et place des obédiences ancestrales qu'ils pratiquaient chez eux, et que les guides et les imams sur place ont vite fait de condamner et de dénoncer comme hérétiques ! 
Donc Pèlerinage (hajj) et Omra (petit pèlerinage) ne sont autres que des occasions pour les Ibn Saoud pour assurer des cours accélérés pour une conversion totale au wahhabisme. 
D'ailleurs les pèlerins ne semblent même s'offusquer que le nom des Ibn Saoud soit régulièrement associé à celui d'Allah et de son prophète lors des prêches et des prières animés par les imams saoudiens, ponctués par leurs "Amen !". Une sorte d’allégeance à leur insu aux Ibn Saoud autoproclamés commandeur des croyants !
Il suffit de voir et d'entendre les pèlerins à leur retour chez eux, contents enfin d'être enfin de "bons musulmans" avec leurs nouvelles pratiques de l'islam; important et diffusant à leur tour, chez eux et autour d'eux, ces pratiques religieuses certifiées orthodoxes par leur guides et imams wahhabites. Et pour beaucoup, et en toute bonne foi, se convertissent au wahhabisme, persuadés que c'est l'expression du vrai islam ! 
Pour s'en convaincre, il suffit de voir la vitesse à laquelle les peuples musulmans se convertissent au wahhabisme, délaissant leur ancestral malékisme, pour les uns, soufisme pour les autres, par manque de culture ou par ignorance : Indonésie, pays de l'Est de l'ex-URSS, Soudan, Somalie, Egypte, Syrie, Liban, Palestine, Libye, Algérie, Tunisie ... et la liste est malheureusement longue. 
PS : Bourguiba conscient de l'influence des Ibn Saoud lors des pèlerinages, restreignait le nombre de candidats aux pèlerinages, pour limiter la pénétration du wahhabisme en Tunisie !
R.B
Image associée
Le 22 juin dernier, Le Monde des Religions et Orient XXI ont organisé une conférence sur le wahhabisme et la situation actuelle en Arabie saoudite, avec la politologue Fatiha Dazi-Héni. Compte-rendu et extraits audio.

Pendant plus d'une heure et demie, Fatiha Dazi-Héni, politologue, spécialiste de la péninsule arabique et maîtresse de conférences à Sciences Po Paris, est revenue sur la formation du wahhabisme en Arabie saoudite, mais aussi sur la volonté de modernisation des pouvoirs publics saoudiens. Son dernier livre sur le sujet, L'Arabie saoudite en cent questions, est paru cette année chez Tallandier. « Va-t-on vers la fin du wahhabisme ? C'est un peu audacieux, j'imagine que [l’intitulé de la conférence] a dû en perturber plus d'un, mais c'est pour ça que je pose la question. Je me rends en Arabie saoudite tous les ans depuis vingt ans et, depuis les années 2000, j'y ai constaté une évolution en termes de volonté de sortir du pacte wahhabite. »

À l'origine, un contrat politico-religieux 
En vue d'expliciter cette notion de pacte, la politologue est revenue sur la création de la doctrine et du système wahhabites. Son père fondateur, Ibn Saoud, a entrepris une unification du territoire par la force entre 1902 et 1932. La centralisation, nécessaire, a été rendue plus facile grâce au message idéologique wahhabite. « Dès le départ, Ibn Saoud utilise la rhétorique religieuse pour unifier toutes les provinces qu'il va conquérir. Aidé de ses guerriers d'élite, les Ikhwân, il a conquis tous les territoires qui constituent l'actuelle Arabie saoudite », précise Fatiha Dazi-Héni.

Le wahhabisme, qui découle du salafisme, a servi aux descendants des fondateurs de cette doctrine, les Al ash-Sheikh, à se constituer en une dynastie tribalo-religieuse au service de la dynastie politique des Al Saoud, via un pacte politico-religieux à l'importance cruciale. Selon Fatiha Dazi-Héni, le wahhabisme est une forme poussée de fondamentalisme, un salafisme quiétiste, ultra-conservateur, dont l'objectif est la régulation et le contrôle total de la population. « C'est un outil très efficace pour museler la société, et c'est en cela que la cohabitation avec le pouvoir Al Saoud a été extrêmement utile et l'est toujours. Il en a résulté une division du travail : les oulémas, qui s'occupent des questions religieuses, juridiques, sociales et éducatives, et la famille royale, qui détient le monopole sur les domaines politique, économique, diplomatique et sécuritaire. »
Des modèles évolutifs
L'année 1979 va bouleverser le royaume. Fatiha Dazi-Héni cite notamment la prise de La Mecque de 1979, qui reste un traumatisme fort. 1979 est aussi l'année de la Révolution islamique d'Iran, et celle de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS. C'est également la période de la contre-offensive du roi Fayçal, qui fait du soft power religieux saoudien une arme importante d'exportation du wahhabisme en vue de contrer l'idéologie nassérienne. « 1979 va faire basculer l'application du religieux en Arabie saoudite. Jusqu'alors, il existait une certaine tolérance, sur le plan éducatif, des mœurs et des tenues vestimentaires. 1979, c'est la période de durcissement de l'application du wahhabisme, dans l'éducation, dans les pratiques, la période où la police religieuse a tous les pouvoirs », précise la spécialiste.

Pourtant, depuis le début des années 2000, on assiste à un processus d'ouverture, notamment à l'égard des musulmans soufis et des chiites, mais aussi des femmes.
Aujourd'hui, les conservateurs religieux sont « muselés », d'où une image plus ouverte du royaume. En outre, la grande majorité de la population (70 % des Saoudiens ont moins de 45 ans) sont excédés par le contrôle social des religieux, et la police religieuse n'a plus aucun pouvoir.

Fatiha Dazi-Héni l'explique : « De nouveaux clercs veulent adapter le religieux à quelque chose d'un peu plus ouvert. […] Les débats sont très denses dans les milieux intellectuels et dans les foyers littéraires, qui ont pris énormément d'ampleur ces dernières années. Néanmoins, en favorisant une élite religieuse plus en phase avec la société, le roi Salman et son fils ont à cœur de préserver leurs bonnes relations avec l’establishment religieux. Cet establishment est très pratique, car il est ultra légitimiste, et il s'adapte à tous les changements, même si certains religieux ont beaucoup de mal à accepter. »

Vers la fin du contrôle social ?

Mais alors, réformer le wahhabisme de la sorte, n'est-ce pas y mettre fin ? À cette question, Fatiha Dazi-Héni répond en précisant quelque chose de fondamental : « La doctrine wahhabite se basait sur un refus d'être pénétrée par les influences extérieures. Aujourd'hui, avec un royaume qui comprend 70 % de jeunes accros aux réseaux sociaux, c'est un peu raté. Parler de non-pénétration de l'Arabie saoudite est complètement idiot, puisque c'est l'un des pays les plus visités du monde, ne serait-ce que pour le pèlerinage de La Mecque. Dans le royaume, les gens sont en train de sortir du wahhabisme. Je vous ai parlé des réformes impulsées par le haut, mais il faut aussi parler des Saoudiens. Ils n'en peuvent plus de cet étouffement ! »

samedi 17 novembre 2012

LES DÉRIVES DE L'ISLAM DE FRANCE


Ou quand les français découvrent l'islamisme et le wahhabisme qui le fonde !

Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
Albert CAMUS





Article paru dans : Express Yourself 


Il aura fallut un drame comme celui de Toulouse et de Montauban où le jeune islamiste  Mohamed Mehra a tué 5 personnes dont un père et ses deux enfants de confession juive pour que les Français réalisent que le wahhabisme gagne aussi la France avec son cortège de violence, producteur de terroristes. 
Et récemment une vidéo enregistrée à l’insu de sa sœur Souad pour réaliser l’emprise du wahhabisme sur une famille déboussolée, pour que cette femme accepte de porter la burqa et fasse l’éloge du terrorisme justifiant celui de son frère et celui qui l’inspirait : Ben Laden !

Comment le wahhabisme, obédience la plus obscurantiste et la plus dangereuse en islam, a-t-il pu s’installer en France ?

Nous savons que l’histoire de l’islam de France est liée à celle de ses anciennes colonies. Les populations de confession musulmane faisant partie de l’empire coloniale français, sont dans leur majorité, situées en Afrique du Nord mais aussi en Afrique  subsaharienne. Or ces populations pratiquent dans leur immense majorité, un islam pacifique, ouvert et tolérant, conformément à l’obédience malékite voir fortement imprégné de soufisme. Faut-il rappeler que l’émir Abdel Kader lui-même était adepte du soufisme.

Cet islam a été importé en métropole par les indigènes des colonies que la France a enrôlés de manière massive durant les deux guerres mondiales pour défendre la mère patrie et ensuite par ceux qui furent appelés pour aider à sa reconstitution. Certains sont restés en France et d’autres les rejoindront avant l’indépendance de leur pays. 

Et depuis la fin de la guerre, la France fera appel aux travailleurs immigrés en provenance de ses colonies pour le développement économique du pays. Mouvement migratoire qui se poursuivra bien après la fin de la colonisation et l’accession à l’indépendance de la plus part de ses anciennes colonies, au delà des trente glorieuses

Jamais les immigrés de France en provenance de ses anciennes colonies n’ont posé à leur pays d’accueil, de problème identitaire lié à leur confession. Et jamais leur islam qui est l’islam de France de fait, n’a posé lui non plus de problème aux Français. Toutes les communautés des différentes confessions admettant la laïcité, vivaient en harmonies les unes avec les autres. 

Même durant les luttes pour leur indépendance, les leaders des mouvements indépendantistes n’ont pas instrumentalisé la religion à la manière des islamistes. S’ils l’ont fait, c’était pour revendiquer leur identité "arabo-musulmane" face à un colonisateur qui leur refusait l’identité française, leur imposant le statut d’indigénat ; notamment en l’Algérie. 
Les responsables de ce refus, sont les colons eux-mêmes qui craignaient que les indigènes devenant égaux en droit avec eux, ne leur réclament la restitution de leurs biens confisqués par l’administration française; mais aussi les hommes politiques en métropole qui craignaient un raz de marée de parlementaires indigènes au palais Bourbon, avec le cauchemar qu’un musulman puisse devenir président de la république française ! 
Ce qui n’a pas empêché ces mêmes hommes politiques d’adopter le décret Crémieux en 1870 qui accordait la nationalité française aux indigènes algériens de confession juive. 

La plus part de ces leaders indépendantistes, comprenaient même la nécessité de la laïcité, pour permettre à leur peuple de sortir du moyen-âge où le système politico-religieux califal, figé, les maintenait depuis des siècles dans un retard qui les a rendus colonisables. 

Bourguiba convaincu par la laïcité née du siècle des Lumières, fera faire à son peuple un grand pas en avant dans cette voie, conformément toujours à sa politique des étapes « sia’sit el mara’hel », espérant à terme instaurer totalement la laïcité. 

Ainsi, pour revenir à la France, l’islam de France a toujours été dominé par le malékisme voir le soufisme : deux obédiences pacifistes, d’ouverture et de tolérance. Mais alors comment le wahhabisme a-t-il pu arriver en Europe et plus particulièrement en France ? 

Deux occasions vont favoriser la propagation du wahhabisme par les Ibn Saoud d’Arabie : 

La guerre d'Afghanistan, pour laquelle les américains laisseront les Ibn Saoud propager ce qui va devenir le péril vert (le wahhabisme), pour neutraliser le péril rouge (le communisme) leur grande hantise ! 
Ainsi des tribus pakistanaises et afghanes adeptes jusque-là du hanafisme, l'école la plus libérale, vont basculer dés 1977 vers le hanbalisme, dans sa version la plus rigoureuse et la plus radicale de toutes les obédiences musulmanes, c'est à dire le wahhabisme saoudien ; pour devenir des pays exportateurs de terroristes. Et ce, avec la bénédiction des américains dont l’unique obsession est de contrer l’avancée du communisme. 

Les américains ignoraient-ils à ce point le péril vert qu’ils soutiendront pour stopper le péril rouge ? Faut-il rappeler qu’ils ont armé et soutenu Oussama Ben Laden originaire d’Arabie et adepte du wahhabisme, pour débouter les soviétiques hors d’Afghanistan ?

La chute du mur de Berlin, signant la fin de l’utopie communiste, sera une aubaine pour les Ibn Saoud de conversion massive au wahhabisme de peuples soumis au joug du communisme soviétique qui leur imposait l’athéisme. 
Ce sera le point de départ d’une conversion qui va toucher tous les continents : aussi bien l’Amérique, que l’Afrique mais aussi l’Europe aussi bien centrale qu’occidentale. Notamment auprès des jeunes en quête d’identité. 

Or en Europe et plus particulièrement en France adepte de l’intégration de ses immigrés, le système "intégratoire" semble s’être essoufflé depuis les années 60, et la situation va s’aggraver et se détériorer en raison de deux phénomènes :

- Tout d’abord, la seconde et la troisième génération des musulmans de France, enfants de ceux qui immigrèrent, Français par leur naissance en France, ont été pour diverses raisons économiques et sociales (chômage, ghetto des villes, enseignement mal réussi) marginalisés et en ont conçu une hostilité à l’égard de la France qui n’a pas fait ce qu’il fallait pour les intégrer (l’échec de l'intégration est patent) et ont ressenti le besoin de retrouver leurs racines. Malheureusement, issus de familles défavorisées pour la plupart, ils n’ont pas reçu d’enseignement sur leur culture ni sur leur religion véritable ; ce qui en fait des proies faciles pour les prédicateurs souvent étrangers (d’Arabie et du Qatar).

- Le deuxième phénomène est le prosélytisme que n’ont cessé de faire les Ibn Saoud d'Arabie pour leur wahhabisme. Pour cela ils vont développer et multiplier les chaines de télévisions paraboliques ainsi que les émissions religieuses confiées aux prédicateurs les plus en vogue. Mais aussi ils vont occuper les banlieues délaissées par le pouvoir en place, propices au prosélytisme du wahhabisme parmi des populations pauvres, incultes ignorant tout de l’obédience de leurs parents, qui sont dans leur majorité des malékites ! 

Or le wahhabisme est spécifique d’Arabie et des pays du Golfe, pays qui ne faisaient pas partie de l’empire colonial français !

L’Arabie étant le berceau du wahhabisme, son expansion s’est restreinte au Moyen Orient, puisque l’immense majorité des pays musulmans d’Afrique à obédience malékite, le rejetteront. C’est ce que répondra le Bey de Tunisie dans sa lettre à Mohamed Abdel Wahhab, qu’il n’a rien à apprendre aux Tunisiens, après que les oulémas de la Zitouna aient jugé son obédience obscurantiste, rétrograde et violente ! 

Mais l’occasion est trop belle pour les Ibn Saoud de concrétiser le deal qui unissait leur tribu à celle de l’imam Mohamed Abdel Wahhab : propager le wahhabisme ! 

Insidieusement mais surement avec les complicités des pouvoir en place, les Ibn Saoud vont financer les lieux de culte, les centres culturels « musulmans », des écoles coraniques, des medersas gratuites et des livres gratuits, en assurant leur animation par des imams formés en Arabie et en multipliant les « œuvres » caritatives islamiques, à fin d’assurer une emprise sur des populations fragiles par un endoctrinement quasi quotidien. 
Fort de leur implantation, le wahhabisme fera son chemin et la politisation des nouveaux adeptes, aussi. 

Ainsi les musulmans de France seront étonnés de découvrir ce « nouvel islam de France » et choqués par les réclamations incessantes des nouveaux convertis au wahhabisme, qui prônent la « visibilité » de leur foi, chose prohibée par le malékisme qui condamne l’ostentation dans la pratique de la foi. Et l’espace public sera envahi de signes religieux ostentatoires tels que : barbes, kamis, sceaux frontaux, voiles puis niqab, prières dans les rues … au grand dam des musulmans de France qui ne se reconnaissent pas dans ce « nouveau islam » d’importation saoudienne ! 

Ces nouveaux convertis au wahhabisme, bien que peu nombreux, ces activistes très vite vont prendre en otage l'Islam et les musulmans de France !

Sarkozy quand il était ministre de l’intérieur, a pensé bien faire d’organiser l’islam de France à la manière des autres religions : l’Eglise pour les catholiques, le Consistoire pour les juifs. 

Les musulmans de France n’étant pas organisés en « église », chacun pratiquant sa foi « directement » avec son dieu, Sarkozy se retournera vers ce qui semble « mieux » organisé, c'est-à-dire vers les Frères musulmans protégés de son "ami" l'émir du Qatar; dont le mouvement ne se cache pas d’être un mouvement « politico-religieux », autrement dit un parti politique qui instrumentalise ouvertement la religion ! 

Ainsi une minorité bien structurée et bien financée par l’ « étranger » (Arabie, Qatar…) va par son action vindicative et ostentatoire s’imposer comme représentant de l’Islam de France ! C’est elle qui sera à l’origine des conversions à l’islam (wahhabite bien évidemment) de nombreux jeunes Français de confession chrétienne mais marginalisés, pour en faire leur porte drapeau et leur porte parole auprès des autorités françaises. 

Si les Ibn Saoud étaient les « amis » de Chirac qui leur accordera la construction illégale d’un somptueux palais sur un littoral, protégé de surcroît;  Sarkozy va s’enticher de leur rival : l'émir du Qatar pour en devenir l’ « ami ». Il est plus que probable que l’un et l’autre ont fermé les yeux sur les agissements de ces pétro-monarques en France, les laissant propager le wahhabisme contre des « aides substantielles » ; entre autres pour leurs campagnes électorales; puis pour faire tourner l'industrie des armements, avions militaires, entre autres, que les pétromonarques achètent à la France, pratiquant la politique du "chéquier" contre l'exportation en France de leur wahhabisme. 

Autrement qui pourrait croire que les services secrets de l’Etat Français ou les conseillers des ministres de l’Intérieur, « ignoraient » l’invasion de la France par le wahhabisme qui lui était complètement étranger historiquement; et qu’ils n’aient pas mis en garde les responsables politiques contre sa dangerosité ? 

Ainsi les Français découvrent ce qu’est le wahhabisme, comme les Américains ont découvert le 11 septembre 2001 et son horreur avec la destruction des twin towers. Alors qu’ils ont toujours fermé les yeux sur le régime des Ibn Saoud depuis le pacte du Quincy qui lie cette monarchie aux EU : « pétrole contre sécurité » ; les laissant propager un islam obscurantiste et dangereux, allant jusqu’à les soutenir pour faire front au communisme, leur bête noire de toujours ! 

Où sont les limites de la « real politik » pour l’Occident ? 

Sarkozy semble avoir découvert, à l’occasion de l’affaire Mehra, le "salafisme violent" ! Si l’on peut dire : « mieux vaut tard que jamais », il n’en demeure pas moins qu’il a été à l’origine du développement de ces tendances salafistes avec lesquelles il a pactisé pour organiser l’Islam de France, notamment avec l’UOIF, un repaire pour "Frères musulmans"; ouvrant ainsi la France au wahhabisme de son "ami" l'émir du Qatar, sponsor du PSG mais aussi des Frères musulmans !
Voilà qu’aujourd’hui il interdit la venue en France de prédicateurs salafistes invités par cette organisation et écrit une très belle lettre à l’UOIF pour lui rappeler les valeurs de la France.
Pourtant ils sont déjà venus officier en France, prêchant la haine et la violence contre les mécréants, dont les Occidentaux. Pourquoi ne les découvre-t-il que maintenant ?
Peut-on sérieusement penser qu’il ignorait les tendances et les possibles dérives de cette organisation lorsqu’il l’a reconnue et lui a permis de se développer en France ? 

Quelle belle hypocrisie ! Quel opportunisme. Sarkozy exploiterait-il son "irresponsabilité" à des fins électoralistes ? Il faut rappeler que c'est lui en tant que ministre de l'Intérieur qui a favorisé et admis qu'une bande de Frères musulmans représente tous les musulmans de France. Était-ce pour faire plaisir à son  ami, l'émir du Qatar ? Car il faut rappeler ce que sont les musulmans de France. Dans leur immense majorité, se sont des Nord-Africains connus pour leur obédience MALÉKITE ! Quand aux musulmans noirs africains, leur pratique est imprégnée de SOUFISME.
Et dire que Sarkozy laisserait à l'émir du Qatar le soin de s'occuper des banlieues défavorisées de France ! 

Comment Sarkozy, ou du moins ses conseillers, pouvaient-ils ignorer à ce point la nature de l'islam de France pour permettre l'importation de ce qu'il y a de pire : le wahhabisme ? Alors que l’histoire coloniale de la France n’a rien à voir avec les pays du Golfe et encore moins avec l’Arabie, berceau du wahhabisme ! 
Est-ce là la realpolitik de Sarkozy ? A moins que sciemment dans un but électoraliste, il ait favorisé l'islamisme pour mieux exaspérer les Français et récupérer les électeurs du Front National qui fait de l'islamophobie son fonds de commerce ! Si c’est le cas, il est machiavélique. 

Il est grand temps que les musulmans de France ne soient plus les otages d’un islamisme qui les choque et qui leur fait du tort en même temps. Car l’amalgame est très vite fait entre Islam et islamisme par une majorité de Français qui n’en saisissent pas les différences. Mais pour cela, il faut que les hommes politiques eux-mêmes, cessent de jouer aux apprentis sorcier en laissant se développer en France au nom de la démocratie, ce que tous les experts savent comme nuisible et dangereux, au nom de je ne sais quelle amitié ou quels intérêts ! 

C’est curieux que Sarkozy crie au feu alors que c’est lui qui l’a allumé par pur calcul électoraliste. Heureusement qu’il soit parti.

Il semble que François Hollande veuille remettre la République sur les rails, et son ministre de l’Intérieur Manuel Valls est plus que jamais décidé à faire respecter la laïcité, tant malmenée par les gouvernements successifs, depuis Giscard d'Estaing qui a ouvert la brèche dans cet acquis républicain !
Mais par ailleurs il semble tomber dans le piège du paradoxe qatari quand il fait l'éloge de son ami l’émir et admet qu’il finance la réhabilitation de certaines banlieues françaises ! 
Est-ce le début d'un colonialisme à l'envers ?

La real politik a ses limites : la sécurité des peuples. Il est clair que les Français se "réveillent" et exigeront maintenant de leurs hommes politiques de tous bord, qu'ils ne tolèrent plus les agissements de cet islam obscurantiste et combattront son expansion en France en fermant écoles coraniques, mosquées et centres "culturels/cultuels" qui diffusent le wahhabisme. 

Rachid Barnat