mardi 3 février 2015

Sois peuple et tais-toi !

Après l'espoir, le désespoir du désenchantement ?
Les hommes politiques : Tous pourris ? 
Pourtant les tunisiens ont été d'une vigilance remarquable et d'un courage exemplaire ! Mais que faire contre une classe politique sourde à leurs aspirations ?
C'est rageant et décourageant !
Les tunisiens finiront-ils par baisser la garde ?
Les "politiques" n'attendent que çà !!
R.B

Inès Oueslati

Des secrétaires d’Etat et des ministres par dizaines, un chef de gouvernement prêt à tout refaire pour plaire à tout le monde et des projets de pouvoir enfin réalisés ! Nous pouvons désormais nous taire, pour laisser Essid et son équipe travailler. Quoiqu’il en soit, les voix dissidentes ne leur parviendront même pas, car, quand on est politicien et qu’on arrive à son but ultime, le peuple devient inutile. On est là pour le commander et il croit être là pour qu’on l’écoute. Et puis que veut dire "opposition », quand tous les partis ou presque sont au pouvoir ? Dans la configuration de la V2 du gouvernement Essid, le poids des personnes hors pouvoir est réduit, en nombre d’élus et en pouvoir réel. Le pouvoir a, en effet, attiré, vers son centre de gravité, plus d’un parti, plus de deux, plus de trois ; plus d’un leader, plus d’un dirigeant de parti, plus d’un opportuniste, plus d’un arriviste et au moins un laudateur… 

Nous nous retrouvons ainsi dénués d’une opposition de taille assez conséquente pour être redoutée et d’un poids assez lourd pour être déterminant. Nos opposants à l’ARP seront issus du CPR, du Courant démocratique et du Front populaire. Ils seront épaulés, dans leur vain rôle, par quelques indépendants. Car ils sont, par le biais de leur partis d’attache, partie prenante dans le pouvoir exécutif, des députés, en nombre non négligeable, ne pourront pas faire le contrepoids dans la sphère législative. Seule une poignée d’élus pourra, si le besoin se présente et il se présentera, s’opposer aux décisions de ce gouvernement issu du sein même de Nidaa Tounes.

Nombreuses sont les personnes qui voient, en pareille démarche, un esprit positif qui permettra d’accroître le rythme de croisière de la République qui se reconstruit, de ne pas ralentir les réformes et d’amener le pays, dans la célérité, vers l’avenir meilleur promis par Nidaa Tounes. Mais y a-t-il un projet concret de réforme ? Pouvons-nous espérer l’avenir meilleur et croire encore en les promesses d’un parti et de leaders ayant déjà fait le contraire de ce qu’ils ont promis ? La réponse est oui, parce qu’il est facile de berner celui qui l’a déjà été plusieurs fois. Les engagements publics pris par les Nidaïstes, comme avant eux les takattoliens, de ne pas s’allier à Ennahdha ont été suppléés par le désenchantement d’après-alliances. Le désenchantement a été, quant à lui, suppléé par une attitude d’hostilité, puis par une nonchalance refroidissant tout citoyen conscient quant à la chose politique et le reléguant aux rangs des opposants puissants seulement par une critique en réalité vaine. Nous n’en sommes pas là, les pro-Nidaa trompés et les électeurs trahis sont encore à la phase dégoût. Mais l’Histoire a bien pardonné aux adeptes du vitriol. Elle pardonnera donc bien aux menteurs, aux opportunistes et aux arrivistes !

Quant à ceux qui ont permis aux politiciens affairistes d’avoir, du gâteau, une part, deux, trois, ils auront été bien utiles, comme leur vote l’a aussi été. Tout est relatif, en effet, y compris la notion d’utilité. Utile à qui, à quoi ? Certainement pas à sa propre personne ; assurément pas à sa propre vision. Mais pour ces ministres de demain, vous avez été bien utiles ! En revanche, ils ne vous en remercieront pas et votre revanche, vous ne pourrez la prendre que dans cinq ans, si vous ne l’avez pas oubliée d’ici là. Les promesses aussi ça s’oublie ! N’avait-on pas promis de venger les martyrs, de trouver les assassins de Belaïd et de Brahmi, de combattre l’islamisme politique qui les a indirectement achevés ?

Oui. Mais c’était avant que l’on parle de consensus et de fraternité, de la nécessité de cohabiter, avant les dialogues, les rencontres et les tractations. Et puis les martyrs sont bien vengés ! Ils ont un secrétariat d’Etat qu’ils se partageront avec les blessés de la révolution. Et d’ici trois jours, on commémorera tous ensemble le décès de Chokri Belaïd, les accusateurs aux côtés des accusés. Ce qu’elle est belle cette alliance ! Elle en révèle des incohérences chez certains politiciens beaux parleurs et grandes gueules!

Mais soyons positifs ! Nous avons un gouvernement « melting-pot », d’un panache original, un gouvernement hétéroclite et sans pareil. Les conflits ? Il n’y en aura pas, sauf sur les plateaux télévisés, éventuellement. Ce qui n’est pas mal en soit, car il nous faut du spectacle dans cette morosité pesante. Ailleurs que sur les plateaux, chaque parti sera occupé à mordiller, dans son coin, l’os qu’on lui a offert en échange de son acquiescement le jour J.

Soyons positifs, Nidaa pourra travailler tranquillement à notre bien-être, après avoir pourri la vie à ses prédécesseurs pour des erreurs qu’il commence, soit dit en passant, lui-même à faire.

Soyons positifs, Ennahdha n’est pas un allié. Il a juste un ministère et deux secrétariats d’Etat. Il aura peut-être une société nationale à diriger et une ambassade à gérer. Il n’est pas allié mais il n’est pas opposant non plus, compte tenu de la nature même de l’opposition qui veut que ne soit pas considéré comme tel celui qui est dans le pouvoir aussi.

Soyons positifs, nous avons des ministres au calibre certain. Si ce n’est dans leur domaine d’activité à venir, au moins dans un autre domaine d’activité qui rapporte gros : le baratin politique (oui, c’est un pléonasme assumé) ! Nous avons des laudateurs experts, des visionnaires ayant vu que le CV ça se retouche en fonction du ministère consenti, des professionnels qui ont du flair dans le choix du parti à racoler et de la position à y prendre. Quand on a ce profil, la nature du portefeuille et son adéquation avec le parcours devient sans importance.

Soyons positifs, non seulement, nous avons un président mais également un clone de ce président qui a été nommé par ce président lui-même et qui aura la lourde tâche de le représenter. Le ridicule ne nous a pas tués jusque-là, alors on se tait et on avance !

Soyons positifs, il y a bien des indépendants dans le prochain gouvernement et des ministres, potentiels partisans, mais compétents et intègres. Eux, pourvu que le jeu du pouvoir et le plaisir qu’on y prend ne les mute pas en bêtes politiques sans scrupules (oui, c’est un oxymore assumé).

Ennahdha et Nidaa au pouvoir, Afek et l’UPL aussi : nous voilà face à une majorité gouvernementale issue de notre propre choix électoral mais en la composition de laquelle de nombreuses personnes ont du mal à se projeter. Un désenchantement qui rappelle celui d’après 2011 ayant abouti à la ruine de deux partis bien partis pourtant, à l’époque, pour fédérer, en l’occurrence Ettakattol et CPR. Nidaa voulu comme alternative- sans s’en avérer être une- a su, lui, affaiblir ses adversaires, dans sa route rapide vers la case pouvoir, en puisant, en eux, cadres et électorat de circonstance. Arrivé à une taille faisant de lui le rival de son ennemi d’hier, Nidaa a fini par vouloir amadouer le monstre pour le combat duquel il se disait né. Mais aux côtés de ce pot de fer, les pots de terre seront nombreux à voir leur destin se révéler aussi misérable que leurs desseins. « Ne nous associons qu'avec nos égaux » disait la morale de Jean de La Fontaine. Nos jeunes partis, grandis seulement par la volonté populaire, ne l’ont toujours pas compris.

ET SI LA SOLUTION ÉTAIT DANS LA DISSOLUTION ?

Devant le cirque pour former un gouvernement et devant le forfait de Nidaa vis à vis de ses électeurs qui s'estiment trahis de voir leurs élus nidaa-istes pactiser avec Ennahdha ....
Pourquoi ne pas revoter pour mettre fin aux compromissions ? !!

Si Nidaa Tounes est acculée à une alliance contre nature avec les Frères musulmans ... il reste la solution de la dissolution de l'actuel parlement et de refaire des élections législatives ! Elections qui auront le mérite de clarifier beaucoup de choses puisque le système de gouvernance de la Tunisie était bâtard depuis que les Frères musulmans ont imposé leur volonté aux tunisiens : ni présidentielle ni parlementaire ... mais entre les deux !

Ces élections seront mieux organisées que ne l'étaient les trois dernières, 
Les enjeux seront plus clairs puisque les partis en lice seront Nidaa et Ennahdha, les autres partis seront marginalisés, le choix étant plus simple pour les tunisiens entre modernité et régression !
Les partis tels que le Front Populaire et celui de Slim Riahi seront marginalisés aussi depuis que les tunisiens ont vu l'attitude de leurs dirigeants ...

Cela va prolonger la phase actuelle de marasme du pays ... mais que faire ? Les tunisiens ont perdu quatre ans "en transition démocratique" interminable à cause des Frères musulmans et leurs alliés dans la troïka. 
Faut-il pour autant accepter l’inacceptable ? Et que devient dans tout çà la démocratie ?
Faut-il, pour l'écourter, se contenter d'un gouvernement fait de bric et de broc ? 
Faut-il admettre que Nidaa nous rejoue la trahison par Ettakatol et du CPR ?

Après proclamation de la liste définitive des ministres retenus pour former le gouvernement de Habib Essid, il semble que certains ministres veulent déjà démissionner pour contester la présence de ministres nahdhaouis dans ce gouvernement, par respect pour leurs électeurs qui leur avaient accordés leur voix en votant contre Ennahdha !

N'est-il pas préférable que Nidaa dispose d'une assise parlementaire majoritaire pour ne plus être tributaire d'alliance ... ni être acculée à celle d'avec les Frères musulmans ?

Rachid Barnat

lundi 2 février 2015

LA TRAHISON

Article publié dans : Tunisie Secret

" On ne ment jamais autant qu'avant les élections, 
pendant une guerre et après la chasse.
Georges Clemenceau 


QUAND BCE SE MOQUAIT DE ZABA ...


أوتـيـت مـلـكا لـتـرعانا فـتـأكـلـنا  ***  أكـل الذئاب، أذئـب أنت أم راعـي؟          

وراعي الشاء يحمي الذئب عنها  ***  فكيف إذا الرعاء لها ذئاب 


 أحمد إبن أبي ضياف *      



" Tu es arrivé tel un roi pour veiller sur nous, mais tu nous as dévorés comme un loup !
" Es-tu un loup ou un berger ? 

" Le berger protége le troupeau du loup
" Qu'adviendra-t-il du troupeau si tous ses bergers étaient des loups ?

* Ahmed Ibn Abi Dhiaf.

Par ces vers cités par BCE dans sa locution du 2.3.2011, jour où il a été désigné président provisoire par Mohamed Ghannouchi, l'ex-premier ministre de ZABA, BCE interpelle ZABA qui s'est mal conduit avec le peuple tunisien.

Qu'en penser aujourd'hui alors que BCE a trahi les tunisiens pour les jeter dans la gueule du loup des Frères musulmans en s'alliant à Rached Ghannouchi ?
R.B
Résultat de recherche d'images pour "jean pierre  ryf photo"

Alors nous y sommes ! M. Beji Caïd Essebsi et Nidaa Tounes ont trahi ceux qui ont voté pour eux. Il n’y a absolument aucun autre mot que celui, très fort de trahison pour qualifier ce qui vient de se passer.

Certains vont essayer d’expliquer qu’il n'y avait pas d’autres solutions pour obtenir une majorité. Mais obtenir une majorité à n’importe quel prix c’est cela aussi la trahison de la démocratie.

J’admets que la position irresponsable du Front de gauche a, en partie, conduit à cette trahison mais dans la mesure où ce système électoral, voulu par Ennahdha pour fragiliser le pouvoir et conduire le pays dans l’impuissance ne permettait pas de respecter les valeurs sur lesquelles Nidaa Tounes a été élu, il se devait de renoncer et de mettre les partis et le pays devant leur responsabilité y compris de nouvelles élections.

En acceptant ce qu’il a accepté, qui désormais croira en la valeur du vote ? 

C’est donc un très mauvais coup porté à la démocratie dont tous les hommes politiques se gargarisent et qu’ils trahissent à la moindre difficulté.

Bravo à Ennahdha et à ce qu’elle a obtenu contre la volonté de beaucoup de tunisiens. Dommage pour le pays qui va encore régresser un peu plus, se perdre dans des querelles byzantines avec les obscurantistes qui continueront à placer leurs pions et leurs hommes un peu partout.

Alors c’est vrai c’est un coup de colère que je pousse. Mais je voudrai qu’il ait des suites et que des membres de Nidaa et même des parlementaires se révoltent contre ce mauvais coup fait à la volonté populaire. 

Je dis aussi et clairement aux députés de Nidaa, que lorsque la prochaine fois ils se présenteront devant les électeurs, et cela viendra plus tôt qu’ils ne pensent, les électeurs se souviendront de ceux qui en votant pour ce gouvernement ont admis la présence des islamistes.

Je leur prédis un sort analogue à ceux d’Etakattol et du CPR qui croyaient, après leur trahison (à la vérité moins énorme que celle de Nidaa) se présenter devant les électeurs. 
On sait ce qu’il est advenu. 

Ne croyez surtout pas que les électeurs et que la société civile auront la mémoire courte.

Wafa CHEDLY DÉNONCE LA TRAHISON DE Béji Caïd ESSEBSI !

بورقيبة تصدّى للإخوان والباجي قام بتبييضهم ثم سلّم لهم دولتنا على طبق من ذهب

L'avocate et journaliste Wafa Chedly dénonce la double trahison de BCE à la fois :
- de ses électeurs qu'il assurait qu'il serait un rempart contre l'islamisme et auxquels il jurait qu'il ne s'alliera jamais à Ghannouchi !
- et de Bourguiba dont il dit être l’élève et promettait de poursuivre son œuvre ; alors que nous savons tous l'aversion qu'avait Bourguiba pour les Frères musulmans qu'il jugeait dangereux et dont il disait que 14 siècle le séparent d’eux ; et qu'ils seront toujours un frein pour la modernité à laquelle il veut amener les Tunisiens alors que leur programme veut les ramener au moyen âge !

Elle lui reproche son alliance avec les Frères musulmans, qu'il pensait phagocyter ; or c'est tout le contraire qui s'est produit.
C'est son parti Nidaa Tounes qui en fait les frais.

Elle ne lui pardonne pas d'avoir donné un visa à l'organisation des Frères musulmans aussi bien en interne qu'à l'international, les rendant plus présentables qu'ils ne le sont aux yeux des Tunisiens et aux yeux des responsables politiques étrangers dont bon nombre de pays considèrent leur organisation terroriste !
Il a remis à flot "politiquement" les Frères musulmans alors qu'ils sont en perte de vitesse aussi bien en Tunisie qu'ailleurs.

Elle constate que non seulement il les a blanchis de tous leurs crimes avec sa loi d’amnistie générale, mais en plus il leur a offert le pouvoir sur un plateau en or !

Elle dément l'appartenance de BCE au bourguibisme qu'il trahit ; puisqu'il s'est allié avec ceux-là mêmes que Bourguiba combattait à juste titre ; parce qu’ils refusent la modernisation de la Tunisie qu'ils veulent maintenir dans l'obscurantisme où elle était et qui la rendait colonisable.



Quand les partis se disputent la Patrie…

Quand les partis se disputent la Patrie…
Il semble bien lointain le temps de l'euphorie des vainqueurs et de l'exaltation des bâtisseurs, celui de l'intransigeance et de la mobilisation, celui du combat acharné et sans répit pour un projet de société résolument attaché aux valeurs de Liberté et d'Egalité, et tourné vers un ordre nouveau de justice sociale et de développement équitable. Elles semblent lointaines ces heures passées à battre le pavé, à souffrir dans sa chaire, à pleurer ses martyrs et à se soulever pour que le rêve ne soit pas dévoyé.
La théorie du complot a légitimé le déni de révolution, les difficultés économiques ont justifié les velléités de restauration, la soif de revanche et de pouvoir, nourrie de mesquines ambitions, a ouvert la voie aux petits arrangements et aux grandes compromissions, et tous se réfugient derrière la doctrine salvatrice du sacro saint consensus au nom du salut national et de l'intérêt suprême du pays.
Pendant que le pays s'enfonce dans l'attentisme et la morosité, on nous impose des conciliabules médiocres pour un combat d'arrière-garde où les partis se disputent la patrie dans des conclaves nauséabonds où, pour leurs seuls intérêts, des individus prennent en otage partis et patrie.
Quoi qu'il ressort des contorsions des derniers jours et des dernières heures, un mal est irrémédiablement fait, celui de détourner le débat des fondamentaux et de brouiller la lecture du fait politique.
Qu'en est-il des fondamentaux? Le commencement de toute action politique est l'affirmation des clivages idéologiques et doctrinaux.
Sur un plan idéologique, le défi d'élaborer et d'ancrer un projet sociétal cohérent avec une vision à la fois moderniste et contemporaine, et enraciné dans l'identité culturelle populaire, au sens inclusif du terme, reste entier. Il n'a pas été relevé par l'Etat de l'indépendance qui a fait perdurer, quand il n'a pas approfondi, la rupture entre les élites progressistes et la culture populaire, cette fois-ci dans sa dimension sociologique, participant à l'atomisation sociale, aggravée par la marginalisation et les écarts de développement économique et social. Cette dimension est un préalable à tout projet de développement et de réforme, y compris économique et social. Elle détermine, au delà de toute considération comptable des forces parlementaires en présence, toute composition gouvernementale.
Lorsque l'affirmation de l'identité philosophico politique à été résolue, se pose la question clivante de la doctrine économique et sociale. C'est sur la base d'un socle doctrinal commun, ou tout au moins convergent, que le rapprochement peut s'opérer sur une plateforme de conciliation plutôt que de concession ou de renonciation. C'est le préalable pour garantir la stabilité politique dans un régime parlementaire, factuellement instable au regard du mode de scrutin adopté, et accomplir une politique de réforme radicale et audacieuse. C'est aussi le déterminant d'une vie politique démocratique et pluraliste où le moyen d'exercice responsable du pouvoir s'appuie sur une majorité absolue et non pas sur une assemblée monochrome, une chambre d'enregistrement à la gloire de la pensée unique.
Les tergiversations et les atermoiements auxquels nous avons assisté avec une affligeante impuissance ne sont que l'expression de la faillite du personnel politique, autant dans l'incarnation du renouvellement de l'idéologie politique que dans la synthèse d'une doctrine économique et sociale en phase avec les attentes de l'électorat bigarré qui l'a porté au pouvoir. À ce propos, l'interprétation du sens même du vote a été, sciemment, biaisée par une appréciation tronquée des rapports de force au sein de l'Assemblée des Représentants du Peuple, certainement à cause des arrangements de pré campagne et d'obscures contraintes et ambitions.
La démocratie représentative détermine le pouvoir à la lecture des majorités, aussi courtes soient elles. L'électorat a réaffirmé sa majorité "idéologique" et, à contre sens de la revendication révolutionnaire, a donné l'avantage à une doctrine économique et sociale à orientation plutôt libérale. Il ne reste plus qu'à en prendre acte. Il ne reste plus au parti vainqueur, avec sa majorité relative, qu’à assumer la pleine responsabilité de la composition d'une majorité, aussi courte soit elle, pour gouverner, pour affronter une opposition et pour se soumettre au jugement des électeurs au terme de la législature. Tout le reste n'est que manœuvre politicienne.
Quoi qu'il ressort des contorsions des derniers jours et des dernières heures, la responsabilité des élites politiques et intellectuelles est de s'atteler à instaurer des pratiques démocratiques authentiques qui respecte la règle du jeu de la représentativité et consacre un débat sur le fond des questions politiques et sociales. Elles ont aussi la responsabilité de renouveler la pensée politique et de construire des partis politiques capables de résister à l'épreuve du pouvoir et à l'exercice de l'opposition. Plutôt que de s'enfermer dans le passéisme, entre islam politique et Bourguibisme flétri, plutôt que de s'engoncer dans la soutane du conservatisme et du mimétisme, il est temps de se tourner vers le futur et de se draper dans la cape des précurseurs et des bâtisseurs. Encore faut-il comprendre et assumer que pour construire un monde meilleur, il faut parfois se résoudre à transgresser l'ancien.

dimanche 1 février 2015

C'est çà Raouf : Un bel hommage d'un frère à son aîné disparu

Sur la table de chevet, un livre ouvert traîne sur ses pages intérieures depuis la nuit dernière. 

La vie de Maître Abderraouf Bouker s'est arrêtée à la page 173.
Il ne connaîtra pas la suite des "Secrets du commandeur des croyants ".
Raouf, mon frère, est allongé en silence sous un linceul blanc depuis une poignée d'heures aussi longues que mes soupirs affligés. 

En face, une horloge continue dans l'indifférence d'égrainer les minutes des vivants à leur insu.
Le chant lyrique venant de nulle part répète à l'infini des versets de coran qu'on connait par cœur.
Le cœur de Raouf s'est arrêté de battre. 
Il n'est plus.

Mon premier souvenir encore palpitant remonte à 1954
J'avais trois printemps il avait huit hivers
Je partageais avec lui le pain noir
Du temps ou même le pain noir était rare
J'étais né orphelin du père
Raouf aimait à m'appeler mon petit frère
Raouf n'est plus, je suis orphelin du grand frère
mon cœur est en larmes, Raouf n'est plus ce soir .....

1990, mère était alitée en détresse respiratoire
entre la vie et son contraire,
frappée d'un AVC pluri-ischémique doublé d'un bloc du cœur.
Je faisais les mille pas désordonnés depuis deux douzaines d'heures
Raouf, lui, était debout au fond du couloir.
On eut dit une statue taillée dans une seule pierre.
Pris par la fatigue, je m'allongeais à côté du lit de ma mère ..
à même le sol ...
Le froid hivernal du sol, me disais-je et son inconfort
m'assuraient de ne pas céder au sommeil,
pour ne pas manquer un seul bip du moniteur.
Raouf lui tenait debout toujours et encore.
Il était capable de mourir debout si nécessaire !
Raouf était fait d'abnégation. 

Sa ténacité, son opiniâtreté, son courage étaient légendaires...
Il pouvait reconstruire la vie de dix manières différentes en silence en une heure ...
dans l'adversité, quand tout part en vrille, il en retenait la meilleure !

1980, ma sœur était victime d'un geste médical criminel. 
Avec une péritonite vieille d'une semaine, ses tripes puaient le cadavre. 
Raouf avait bravé l'impossible et imposé le geste au staff qui avait baissé les bras. 
Ce fut salutaire. 
Au 41 éme jour, l'acharnement thérapeutique avait fini par baisser la température à 41 degrés. 
Un précieux degré obtenu par la force de la volonté.
L'espoir est permis. 
15 jours plus tard elle avait perdu 40 kg mais gagné la vie. 
Aujourd'hui elle a mille raisons de pleurer son frère

Durant 41 jours, Raouf arrivait de Sousse à 8 heures du matin et rentrait à 8 heures du soir. 
Il se tenait debout comme un marbre en silence. 
Il avait vieilli de deux mois et gagné un cheveu blanc. 
Il avait les jambes enflées.
Son poids lui aussi avait perdu un quart.

La persévérance, le sens de la famille, le sens du devoir c'était un livre scolaire en chair et en âme. 
Çà c'était du Rouf.
Rentré de l'étranger je n'avais vu que du feu.
C'était alors de l'histoire.

Mai 1978. Le procès du siècle s'ouvrait à Sousse, premier procès d'une série de trois, prévus à Sfax et à Tunis également .
Mille détenus de l'UGTT dont Feu Habib Achour, Taieb Baccouche pour ne citer que ceux-là risquaient la peine capitale. Les événements du 26 janvier avaient laissé sur la chaussée près de 300 victimes et dix fois plus de blessés. La Tunisie retenait son souffle.
Maître Raouf prenait la défense des syndicalistes de Sousse.
De l'issue de cette affaire dépendaient les jugements de Tunis et de Sfax.
Maître Abderraouf Bouker avait choisi une ligne de défense pour le moins impensable.
"Le syndicat était dans son bon droit ! Il avait raison de se confronter au pouvoir !
Non seulement il reconnait les faits qu'ils lui sont reprochés mais il n'hésitera pas à le refaire ! 
Il ne s'agit pas de droit commun mais d'un problème de confrontation avec le pouvoir "! 

" Abattez mille il en sortira dix mille, emprisonnez dix mille il en sortira cent mille !
" Votre rendu Monsieur le Président de la cour devant le pouvoir est éphémère. 
" Votre conscience elle restera éternelle devant l'histoire et devant la Tunisie entière. 
" Dieu jugera sans complaire. "

Il risquait sa tête.
Pendant quatre heures et demie sans interruption, sa plaidoirie prend l'allure d'un "j'accuse" record ... une plaidoirie reprise un peu partout qui restera dans les annales de la justice.
Le juge avait pris une journée de réflexion. Le jugement rendu était tout aussi inattendu :
" Cette affaire ne relève pas du droit commun, le tribunal se déclare incompétent ". 
Le pouvoir avait perdu. Force est revenue à la loi.
Une première depuis les romains ... et probablement la dernière.
Çà aussi c’était Raouf.

Il avait 16 ans je n'ai encore vécu que 12. 
Je me souviens encore, cherchant à l'imiter, me forçais à lire Tolstoï ou Dostoïevski. 
Il en avalait goulûment deux par semaine et je mettais des mois à lire bêtement Karenine, le frères Karamazov ou encore l'interminable "guerre et paix". 
J'étais encore plus idiot que " l'idiot" indigeste.
Lui, au contraire puisait dans la réserve intarissable du patrimoine familial.

Avec feu Hédi Ben Hamida, Un biblio-phage insatiable, passaient des
heures à monter un projet inédit.
1965 ils montaient la première bibliothèque publique à Akouda : dans un rayon de deux cents kilomètres il n'y en avait pas.
Notre patrimoine familial y avait trouvé une grande part.

Akouda n'a pas fini de créer les précédents avec la première école pour filles complètement construite aux frais des akoudis. C'était en 1956.
1965. Sur les mille six cents âmes que comptait Akouda dix-huit décrochaient le bac. 
Le double de la moyenne nationale. 
Raouf avait eu son bac lettres classiques avec brio. 
Pr Yaalaoui de la trempe de Mahmoud Messaadi son enseignant, lui prévoyait un grand avenir littéraire.

A la faculté de droit il multipliait les incursions dans le domaine interdit : la politique.
Oncle maternel Mhammed Ben Salem sauvait la mise à chaque incartade. 
Il lui prévoyait une carrière de journaliste.

Notre Oncle paternel et notre tuteur Abdessalem Bouker, ancien avocat au barreau de Paris dans les années 40, du temps où les avocats de Paris comptaient que quelques douzaines; lui prévoyaient une carrière d'Avocat.
Feu Maître Abdessalem Bouker avait ce quelque chose de droit et de fier qu'il nous inculquait. 
Raouf, sur sa trace, avait la tête haute et la conscience tranquille.

Après un parcours universitaire sans faute, il part en France, il conforte son savoir d'un diplôme de journalisme et revient plein de jeunesse et de caractère.
Il passe à la radio au journal français quelques temps avant d'embrasser définitivement le difficile métier d'Avocat.
Comme ses deux grands pères.

Dans l'ancienne demeure où nous jouions enfants, aujourd'hui donnée aux indigents et personnes âgées d'Akouda, les murs racontent encore des pages émouvantes d'histoire.
Raouf avait tout pris chez notre père. L'altruisme, la bonté, la probité et le sens aigu du devoir.
Père rentrait parfois sans pardessus ou pieds nus ... 
mère comprenait tout de suite qu'il avait croisé un indigent qui en avait plus besoin que lui. 
Elle esquissait un sourire.

Il était content qu'elle comprenait sans commentaire.

Arabie Saoudite : notre irremplaçable allié ? L’Europe à la remorque du pacte américano-saoudien

Slobodan Despot


« L’Arabie saoudite est pour nous, monde occidental, un allié irremplaçable » affirme en ouverture l’éditorial du journal suisse Le Temps au lendemain de la mort du roi Abdallah. Il atténue cet axiome d’une série de mais, mais des mais aussi délicats que les doigts d’un démineur sur le nez d’une bombe.
Cette phrase, venant d’un quotidien suisse aussi correct et aussi bien noué que le nœud de cravate d’un banquier, mérite un peu de méditation. Décortiquons-la en commençant par la fin.
1) Si l’Arabie saoudite est un allié irremplaçable, c’est que les droits de l’homme et la démocratie sont, eux, remplaçables. Or c’est toujours au nom des droits de l’homme et de la démocratie que les médias du mainstream moralisateur occidental — au sein desquels Le Temps de Genève pourrait faire figure de mètre étalon — approuvent voire encouragent les interventions des États-Unis et de l’OTAN aux quatre coins du monde. Les républiques corrompues mais plus ou moins laïques du Moyen-Orient sont remplaçables — et du reste remplacées. La théocratie iranienne est hautement remplaçable. L’anarchie afghane est remplaçable (par une anarchie d’importation, soit). Mais le royaume des coupeurs de têtes, des fouetteurs et lapideurs de femmes, ce pays de Cocagne rétrograde où l’on risque gros à affirmer que la terre n’est pas plate, lui, il est… irremplaçable !
Si, donc, l’Arabie féodale, fondamentaliste, misogyne, inégalitaire et violente des Saoud, cette Arabie mère d'Al Qaïda et de Daech qui finance le terrorisme mondial dans une mesure bien plus massive que n’importe quel autre pays connu, est réellement un allié irremplaçable de l’Occident, c’est que toutes les valeurs dont ce même Occident s’enorgueillit et dont il se sert de brevet pour policer la planète ne sont que du pipeau. De la verroterie pour indigènes. Des effets de prestidigitation. Une recréation de Tartufe à l’échelle planétaire.
Certes, le constat n’est pas nouveau. Le grand dissident Chomsky le clame dans le désert depuis bientôt un demi-siècle. Alexandre Zinoviev l’avait constaté sitôt qu’il eut posé le pied à l’ouest du rideau de fer et en avait conclu, logiquement, à l’identité de nature des deux régimes qu’il séparait. La propagande russe, iranienne, chinoise ne cesse de le ressasser, c’est même son argument le plus facile contre l’impérialisme occidental. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais… Cela allait sans dire, mais cela va mieux en le disant. Sauf qu’une fois que c’est dit, le voile commode de l’hypocrisie tombe et l’on est obligé de s’avancer à visage découvert.
2) …pour nous, monde occidental… — Que fait-il là, ce nous ? Cette marque d’intégration au système ambiant est lourde de sens lorsqu’on la voit surgir chez des journalistes qui se font d’ordinaire un point d’honneur de rester au-dessus de la mêlée. Ils l’utilisaient surtout dans les moments d’indignation collective : « Nous ne pouvons rester les bras croisés face au massacre en XXX, à l’épuration ethnique chez ZZZ ». Dans les cas où l’intégrité morale du « système » apparaît douteuse — comme elle l’est, nettement, dans le cas du mariage cynique avec l’Arabie —, on préfère prudemment garder ses distances. Ici, on y va cash! Nous sommes associés à des coupeurs de têtes fanatiques ! Et alors ? Ils nous sont irremplaçables…
Ce nous, monde occidental utilisé dans le contexte de la plus profonde compromission morale, politique et même sécuritaire de la classe dirigeante occidentale donne à réfléchir. Il dénote une Gleichschaltung avancée du système politico-médiatique. L’une des plus puissantes anti-utopies qu’ait produites la littérature, la vision que Zamiatine eut dès 1920 de l’essence du totalitarisme, était sobrement intitulée Мы (Nous, en russe, traduit chez Gallimard par Nous autres). Lorsqu’un même « nous » unit la salle de rédaction du Temps à Genève au Bureau Ovale et au Pentagone, c’est qu’on est en train de construire, en face, un eux tout aussi compact et menaçant et que la pensée différenciée laisse la place à une logique de masse. Us and Them (Pink Floyd) sont les pronoms de la guerre. Mais laissons au rédacteur du Temps le bénéfice du doute : peut-être faisait-il de l’ironie ?
3) L’Arabie saoudite, qu’est-ce au fond ? C’est à la fois un irremplaçable bailleur de fonds pour l’Empire occidental, et un véritable phare de l’obscurantisme dans le monde musulman — si j’ose me permettre cet oxymoron. Les mouvements, les idées et les conflits financés par l’Arabie saoudite imprègnent de plus en plus la civilisation de l’islam et contribuent à la dresser contre le reste du monde. Le rédacteur du Temps a raison : « C’est bien l’islamisme qui pose problème, c’est-à-dire une interprétation étriquée de l’islam mise au service de visées politiques. Or, l’alliance conclue entre le salafisme religieux et les wahhabites en est la source première. » Et c’est avec ça que nous demeurons alliés contre vents et marées ? C’est autour de ça que les dirigeants du monde occidental s’agglutinent lorsque l’obscurantiste en chef décède, comme des vassaux sur le catafalque de leur suzerain ?
Dans quel chaudron de sorcière a-t-on bien pu décanter un tel amalgame, sceller une alliance aussi corrosive, où les pays qui ont inventé les droits de l’homme ont englouti leur honneur, leurs valeurs et leur raison d’être ?
L’origine du pacte est connue : le deal pétrole-contre-protection signé en 1945 entre Roosevelt et le roi Abdelaziz Ibn Saoud, fondateur du royaume et père de feu Abdallah. Les motivations américaines sont claires comme de l’eau de roche. Mais s’est-on jamais demandé ce que les Arabes avaient en tête et ce qu’ils pensaient de leurs nouveaux alliés ?
L’historien des civilisations, diplomate et conférencier Amaury de Riencourt fut, en février 1947, l’un des premiers Occidentaux admis à Riyad en tant qu’émissaire britannique. La cité archaïque qu’il découvre avec émerveillement semble encore sortir des Mille et Une nuits. Dans ses mémoires, il a laissé un portrait empreint de respect et même d’admiration du premier roi séoudien, qui fut en premier lieu un grand homme de guerre. L’hospitalité d’Ibn Saoud est simple et généreuse, comme ses manières. Sa parole est sacrée. La puissance pétrolière naissante est encore profondément ancrée dans l’existence austère des bédouins. Mais Amaury nous relate en détail un incident cocasse et éloquent. Un soir, il est invité à un banquet donné par le roi pour un groupe d’hommes d’affaires et d’ingénieurs pétroliers américains. En arrivant dans la cour du palais, il découvre un spectacle ahurissant :
« Des hommes s’agitaient comme des Amérindiens se préparant à la guerre : bien qu’ils fussent habillés en Arabes, je reconnus sans peine les patrons américains d’Aramco qui se comportaient comme si on les avait amenés dans le Far West, au campement de Taureau Assis ou de Nuage Rouge (…) Je me souviens que l’un des deux Américains disait à l’autre : « Je crois savoir que nous allons être placés auprès du roi. De quoi va-t-on bien pouvoir parler ? Il n’aime ni l’alcool, ni le tabac, ni la musique. L’autre répondit : « Mais il aime les dames. Parlons donc des femmes ».»
Avec un humour rentré, mais aussi une horreur perceptible, l’agent franco-britannique relate la suite du dîner, une fois les invités d’honneur installés auprès du roi :
«S’étant raclé la gorge, l’un des Américains demanda : « Majesté, j’ai entendu dire que vous aimiez les femmes. » Je risquai un bref regard du côté de l’interprète, qui semblait profondément embarrassé et qui bredouilla n’importe quoi en arabe. L’autre Américain, sentant que le message n’avait pas passé, reformula la question. Face à tant de détermination, l’interprète se résolut, au moins, à résumer la teneur des questions. Le visage du roi se pétrifia. Il n’eut plus aucun échange avec les Américains jusqu’à la fin du dîner. »1
En 1945, l’une des sociétés les plus archaïques au monde a conclu un mariage de raison avec la modernité dans sa version la plus impudente et la plus cuistre. Depuis, le ménage a vécu dans un mépris mutuel complet, chaque partie s’efforçant cyniquement de tirer le plus grand avantage possible de l’autre. Soudain bénéficiaires d’un flot d’argent incommensurable, les Saoudiens ont adopté les attributs les plus voyants de la civilisation moderne — technologie et consommation effrénée — tout en conservant sous verre leurs croyances et coutumes, de plus en plus décalées et déracinées au fil du temps. La manne pétrolière a cristallisé cette société dans sa structure féodale et ses croyances et, comme un signe de faveur céleste, sanctifié la dynastie régnante. Tel est donc le tandem initié depuis 1945 : deux ambitions de domination planétaire sous-tendues par la conviction d’une mission divine et opposées par une haine mutuelle irréconciliable.
Les pays d’Europe occidentale auraient pu, auraient dû s’écarter de ce couple satanique à la première occasion et se construire une géopolitique et une stratégie énergétique indépendantes. Avec l’UE, au lieu de réaliser leur souveraineté, ils ont choisi la voie contraire. Ils seront les premiers à faire les frais du divorce sanglant, ou à faire soumission si les maîtres s’entendent à prolonger leur irremplaçable alliance sur le dos de leurs valets.