dimanche 5 avril 2015

Les Frères musulmans poursuivent leur implantation en Tunisie, avec la bénédiction du pouvoir en place

BCE et Nidaa Tounes : naïfs ou sous pression étrangère (EU+UE+Qatar) pour composer avec les Frères musulmans ... jusqu'à vouloir les amnistier ? 
R.B
Rachid Merdassi
Pourquoi toutes ces cogitations intellectuelles et toute cette surenchère sémantique sur l’avènement du terrorisme en Tunisie et ses responsables ? Par quel miracle la Tunisie Malékite a pu sombrer après 1400 ans de pratique éclairée et pacifique de l'Islam, dans l’extrémisme religieux wahhabite d'importation ? Qui en est le responsable et l'instigateur ?

Soit que nos autorités religieuses, nos intellectuels, hommes d'Etat et politiciens cherchent, par leur passivité complice, à dédouaner Ghannouchi et sa clique, agents du Qatar et responsables du prosélytisme salafisme wahhabite en Tunisie et de l'introduction de l'Islam politique à des fins de pouvoir depuis les années 80; soit que l'Etat, l'appareil judiciaire, la justice transitionnelle leurs sont acquis !

Les germes propices à la propagation de l'islamisme en Tunisie ont été semés depuis les années 80 dans les mosquées, les quartiers populaires et les régions intérieures selon une stratégie de conquête du pouvoir financée par l'Arabie Saoudite en premier, le Soudan et Qatar par la suite; et bénie par les services de renseignement américains, britannique et israéliens qui préparaient déjà une alternance islamiste aux régimes arabes en place, dans le cadre de leur projet du Nouveau Moyen Orient.
 
Une distribution des rôles s'est faite pour motiver les troupes; et des émirs auto-proclamés se prenaient tellement au sérieux qu'ils annonçaient à leurs familles qu'ils sont les futurs délégués, gouverneurs de leurs patelins et régions respectifs !

C'est bien cet environnement social empoisonné qui a germé depuis les années 80, dopé par la précarité de la situation économique et sociale sous Ben Ali et la recrudescence du chômage.
Le passage des islamistes à la clandestinité et le statut d'opposants politiques que leurs ont octroyés les occidentaux, les Associations des droits de l'hommisme et les médias internationaux, à leur tête Al Jazeera, ont été le facteur qui a permis à Ghannouchi de s'imposer en tant que chef incontesté d'Ennahdha et permis le maintien et consolidation des structures clandestines islamistes en Tunisie dans l'attente du jour J.
Déjà durant les semaines qui ont précédé la révolution, les islamistes ont commencé à donner un avant goût aux tunisiennes de ce qui allait leur arriver quand le "Cheikh" sera de retour ! 

C'est cette genèse qui explique le secret de la déferlante islamiste aux élections de 2011 car Ghannouchi et son mouvement n'ont pas dévié d'un iota de leur projet de conquête du pouvoir depuis les années 80 et de la conversion de la Tunisie en un émirat islamique wahhabite selon les directives de leurs sponsors occidentaux et bailleurs de fonds Qataris.

Que certains veulent croire à une reconversion idéologique de Ghannouchi et des islamistes d'Ennahdha, à leur tête Béji Caïd Essebsi, est pour le moins déroutant et dangereux, car ce repli de circonstance dicté par le démantèlement et mise hors la loi de la confrérie des Frères Musulmans en Egypte et l’échec de l'Islam Politique, n'est que tactique et les Islamistes rebondiront dés que la conjoncture leur sera favorable. 
Entre-temps leur mission de wahhabisation rampante de la société par le bas, dans les mosquées, les garderies, les écoles, les institutions de l'Etat; et leur pouvoir de blocage et de coercition à l’Assemblée, sont là pour nous rappeler que le danger reste entier et que nos dirigeants sont en train de commettre la pire des fautes en accordant le bénéfice du doute aux crucificateurs du modèle sociétal tunisien, en se faisant les avocats et alliés objectifs d'un monstre qui finira tôt ou tard par les dévorer.

samedi 4 avril 2015

L'Arabe n'attend qu'une seule chose de l'avenir, c'est qu'il lui restitue son passé

Les "Arabes" : des schizophrènes ? Grands consommateurs des technologies modernes occidentales, ils aspirent à la chariaa vieille de 14 siècles pour régir leur quotidien !
R.B
né en 1955 à El Hamel (Algérie) dans une famille de théologiens, pose un regard sans illusions sur le monde arabe et l'islam. Sur ces sociétés «profondément communautaires, tribales» où «la notion d'individu n'existe pas». Où l'intellectuel est constamment écarté, tant la soumission au texte religieux et le mépris de l'esprit y sont grands.

La rue arabe n'existe pas, mais la rue de l'islam, la rue de Dieu, existe

ALLOUCHE Jean-Luc : Caricaturons : quand on l'oublie, le monde arabo-musulman s'arrange pour faire parler de lui... Il suffit de citer les caricatures danoises, Benoît XVI, l'opéra Idoménée, Robert Redeker. Au fond, qu'a-t-il à reprocher à l'Occident ?
Mohamed Kacimi : Ce contentieux entre l'Occident et l'islam va au-delà des conflits de la colonisation, des croisades... Même les croisades, dont on a pu penser qu'elles ont constitué une rencontre, demeurent de l'ordre de la confrontation stérile : «Au fond, tout ça ne nous a rapporté que la culture de l'abricot...» pour citer Jean-Pierre Le Goff. C'est une généalogie de malentendus comme s'il n'y avait jamais eu d'espace de rencontres entre deux cultures, il faut le dire, souvent antagoniques. Ainsi de l'islam considéré, aujourd'hui, comme une religion austère, dans la négation du plaisir, alors que, dès le XVIIIe siècle, de Pierre Bayle à Voltaire, il est perçu comme une religion paillarde, charnelle, et du plaisir... Aujourd'hui, on ne peut nier que le monde arabo-musulman soit un monde malade. Malade des échecs de la décolonisation, des expériences socialistes avortées, de l'avènement de l'économie de libre marché souvent sauvage, avec les dénationalisations et privatisations instaurées de l'Algérie au Yémen. Un monde qui, en trente, quarante ans, a essayé plusieurs portes de sortie et qui échoue devant chacune d'entre elles. Et quand tout échoue ici-bas, l'eschatologie devient pour beaucoup l'unique ressource. A cela s'ajoute, bien sûr, depuis la première guerre du Golfe en passant par l'invasion de l'Irak et la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, les effets désastreux de la politique américaine. Du coup et par réaction, les Arabes se posent comme victimes innocentes de tous les malheurs qui affectent leurs sociétés, de la sécheresse au sida, tout est la faute de l'autre, l'Occident, l'Amérique ou Israël.
ALLOUCHE Jean-Luc : Ils seraient donc par essence victimes ? D'où la récurrence des motifs«notre honneur», «notre dignité». Comme si l'humiliation était la catégorie contemporaine de l'Arabe par opposition à ce qu'il a été comme guerrier.
Mohamed Kacimi : Comme dit Jacques Berque, dans une belle phrase : «L'Arabe n'attend qu'une seule chose de l'avenir, c'est qu'il lui restitue le passé.» Or l'Arabe reste responsable de l'image que lui renvoie l'Occident, image d'un monde arriéré, d'Etats dictatoriaux, de pays sans liberté de pensée ou d'expression. L'homme arabe se sent humilié, violé dans son ego par cette image, qui n'est certes pas celle de Grenade, de Cordoue ou de Damas : le drame est là, entre l'Arabe tel qu'il se rêve et tel qu'il est aujourd'hui.
ALLOUCHE Jean-Luc : D'où, peut-être, le recours incessant au héros du jour, comme Nasrallah, chef du Hezbollah, (avec un nom plus que symbolique : «Victoire de Dieu»), parce qu'il en a remontré à la puissance du moment, Israël.
Mohamed Kacimi : Nasrallah fascine surtout à cause d'une grande maîtrise du verbe. Est Arabe, nous disent les dictionnaires arabes du IXe au XIVe siècle celui qui maîtrise la langue arabe et y excelle, fût-il d'origine étrangère et est étranger quiconque n'excelle pas dans cette langue, fût-il d'origine arabe. Le droit de la langue a précédé, en quelque sorte, le droit du sol et du sang chez les Arabes. On retrouve, dans le Coran, ce rapport obsessionnel à la langue. Alors que la Thora est dans le souci du sol, du geste quotidien, les évangiles dans la narration de la geste de Jésus, le coran est un livre clos sur lui-même qui n'a pas de relation au réel, à l'Histoire : c'est la langue qui parle de la langue... Le livre sacré fonctionne de bout en bout comme jouissance du verbe. Cette fascination pour la langue se porte aujourd'hui sur Nasrallah, qui, sur le plan de l'éloquence et du verbe, est remarquable.
ALLOUCHE Jean-Luc : «Nous sommes victimes de notre amour pour notre propre langue», affirmait un intellectuel arabe.
Mohamed Kacimi : Il y a en effet dans le langage coranique, dans la langue arabe, quelque chose de l'ordre de l'écran avec la réalité. L'islam fonctionne parce qu'il épargne à l'homme arabe le contact avec le monde réel. Il y a aussi l'immuabilité de cette langue. Aujourd'hui encore, les enfants apprennent par cœur les poèmes préislamiques du VIe siècle, et le dictionnaire qui fait référence reste le Lissane al Arabe («la langue des Arabes») qui remonte au XIVe siècle. C'est dire.
ALLOUCHE Jean-Luc : Mais il y a eu des réformateurs dans l'islam. Pourquoi leur discours est-il désormais recouvert par le prêche et le slogan ?
Mohamed Kacimi : Sans évoquer les réformateurs du début du XXe siècle, le monde arabe a connu, dans les années 60, des mouvements de gauche aussi bien au Maghreb qu'au Proche-Orient : ils ont été pratiquement laminés par les pouvoirs en place. En Egypte, entre les communistes et les Frères musulmans, un Nasser ou un Sadate ont choisi les plus «proches», les Frères musulmans, et ils ont ainsi cassé toute pensée libre, tout mouvement social, toute laïcité. On le voit même en Tunisie, où le pouvoir fait de jour en jour des concessions aux islamistes. Le mot «laïcité» n'existe pas en arabe. Laïc signifie en arabe «athée» ou «opposé à la religion» ­ c'est une pensée impossible en islam actuellement. Laïc signifie également devenir comme l'Autre, c'est-à-dire l'Occident, l'antithèse même. Certains nous ressortent l'Andalousie, Maïmonide, Averroès... Mais ce petit arbre cache la misère et la faillite de la philosophie dans le monde arabe. Alors même qu'à partir du IXe siècle la première tentative des néoplatoniciens, les mutazilites, de concilier Islam et raison, est brisée et que se met en place la Charia avec ses quatre écoles juridiques (hanafite, malékite, chafiïte et hanbalite) qui vont verrouiller à jamais l'islam et réduire à néant toute tentative de spéculation ou de réflexion. La Charia,c'est le mimétisme aveugle, le respect de la lettre et le mépris de l'esprit. J'ai toujours pensé que l'intégrisme est une forme d'analphabétisme.
ALLOUCHE Jean-Luc : Mais c'est un pouvoir politique qui met en place cette coupure...
Mohamed Kacimi : Et qui a partie liée avec les religieux. Au IXe siècle, la mise en place de la Charia scelle la mort de la philosophie mais marque aussi la naissance du soufisme qui deviendra l'ultime espace de transgression, de révolte et, souvent, de dérision du religieux.
ALLOUCHE Jean-Luc : Est-il impossible qu'un esprit libre existe dans les sociétés arabes ?
Mohamed Kacimi : Ces sociétés sont profondément communautaires, tribales, et l'espace d'expression de l'individu n'y existe pas. La notion d'individu même n'existe pas encore dans ces sociétés, où seul le «nous» compte. J'irais plus loin : la notion de doute n'y est pas de mise. Je pense à Renan qui, au-delà de ses excès, disait, et je cite de mémoire, qu'est-ce qu'un musulman, c'est quelqu'un qui ne doute jamais. Un esprit libre suppose un esprit critique, et ces sociétés ébranlées en tout n'attendent pas des esprits qui les remettent en question, mais des esprits qui les confortent dans leurs convictions.
ALLOUCHE Jean-Luc : De héros en héros, l'un chassant l'autre, quand les Arabes cesseront-ils de chercher le père mythique ?
Mohamed Kacimi : Je ne sais pas. Il y a un concept qui me fait rire, celui de «rue arabe», pur fantasme occidental. Parce que les Arabes, les musulmans campent dans un autre territoire, celui de l'au-delà. Quand Beyrouth est sous les bombes israéliennes, les manifestants sont à Tel-Aviv, non à Alger ou à Marrakech, et nulle part dans le monde arabe. L'Arabe ne réagit pas aux atteintes à son vécu, il se soucie peu de vivre dans des sociétés toutes dictatoriales, qui seront, dans dix ans, des républiques héréditaires. Des milliers de morts en Irak, en Palestine ou au Liban ne suscitent pas un seul murmure dans cette «rue arabe», mais il suffit d'une caricature ou d'un propos malheureux du pape sur le Prophète pour faire descendre des millions de personnes dans la rue, prêtes à mourir. Quand on voit l'appareil mis en place par Al-Jezira dans l'affaire du pape, on se rend compte que c'est là qu'est l'opinion, et non chez les imams et les prêcheurs. Quand on montre en boucle l'image d'un gamin palestinien abattu par un soldat israélien, on peut être sûr que cela recrute cent ou mille islamistes par jour. Leur présentatrice vedette met-elle un jour le voile ? Aussitôt, 300 000 filles font de même. C'est une télévision très islamiste. Mais sous des dehors très démocratiques car elle a rendu lisible l'ennemi historique, Israël, qui était dans les limbes, en émettant depuis son territoire, en interviewant ses officiels et en faisant des revues de sa presse. Et, en même temps, Al-Jezira est devenu le minbar (la chaire de prédication) du monde arabe, voire l'institut de formation mondial des islamistes. La rue arabe n'existe pas, mais la rue de l'islam, la rue de Dieu, elle, existe, à travers la oumma virtuelle du Web. Et ces hommes ne se sacrifient pas pour défendre leur vie, mais pour défendre leur mythologie.
ALLOUCHE Jean-Luc : Combien de fois n'entend-on pas au Proche-Orient : «Les juifs vont perdre parce qu'ils aiment trop la vie, nous, on va vaincre parce que nous n'avons pas peur de la mort» ? Il y a une étrange grandeur là-dedans, mais, en même temps, ce mépris de la mort...
Mohamed Kacimi : En islam les limites symboliques entre la vie et la mort sont ténues. On dit de la mort, «c'est la pièce d'à côté». Il existe une grande proximité, si ce n'est une intimité, entre la vie ici-bas et l'au-delà. Il est interdit, dans l'islam, de clôturer les cimetières pour qu'il n'y ait pas de barrière physique entre les vivants et les morts... Aujourd'hui, cette crise, cette «maladie» de l'islam réduit davantage la frontière entre les deux mondes. Au début du phénomène des kamikazes, les soldats israéliens retrouvaient certains d'entre eux avec le pubis rasé et le sexe bandé avec du musc et de l'ambre : ils étaient déjà de «l'autre côté». Ce que, nous, nous appelons «mort» est, pour eux, une forme de jouissance. Ce que nous percevons comme une explosion insoutenable est en fait un mariage céleste. Ce qui est tragique dans ce monde-là, c'est que progressivement on a privé la jeunesse de tout rêve de parole, de désir, d'amour, de liberté, pour ne lui laisser qu'une seule issue possible, une seule issue de secours : celle de la mort.
ALLOUCHE Jean-Luc : La femme, convoitée et interdite à la fois : l'un des nœuds de cette crise ?
Mohamed Kacimi : Il se situe essentiellement autour de la femme et de la sexualité. Avec l'obsession de «l'honneur», du regard des autres sur «nos» femmes. Dans le langage des religieux, la femme est qualifiée de «Aouara», c'est-à-dire de «honte». Pour dire cette obsession, il faut souligner que la plupart des titres islamistes que l'on vend dans les rues du Caire ou de Rabat portent essentiellement là-dessus, on y trouve comment punir sa femme, comment maîtriser la créature de Satan, comment contrôler ses instincts, etc. Je suis interloqué d'entendre évoquer «la volupté du monde arabe»,les Mille et Nuits, à chaque fois qu'il y a une crise ; de voir ces quelques penseurs qui nous ressortent les «délices» d'une civilisation qui a produit les harems, et le hammam, et «l'Orient». Ce n'est pas parce que quelques figures ont traversé quinze siècles d'obscurantisme, à cause de quelques moments privilégiés à Bagdad, Damas ou Cordoue, qu'on peut occulter ou, pis, magnifier toute cette histoire de lente décadence qui mène l'homme, aujourd'hui, à ce culte de la mort et à ce déni de l'amour. Tout comme il fonctionne sur une foi aveugle dans les textes, l'islamisme peut-être également perçu comme l'émanation et l'expression d'une profonde misère sexuelle collective. La femme réelle est voilée, occultée, interdite, déclarée par la plupart des pays comme mineure pour mieux exalter les «vierges du Paradis». Comme si tout ce qui est vivant faisait de l'ombre à Allah !
ALLOUCHE Jean-Luc : Comment des intellectuels arabes parlent-ils à «leur» communauté et ont-ils prise sur elle ?
Mohamed Kacimi : Toute l'histoire de l'islam et du monde arabe est l'histoire de la mise à l'écart, si ce n'est de la mise à mort des intellectuels. Depuis la décapitation de l'inventeur de la prose, Ibn Al Muqaffa, au VIIIe siècle, en passant par le martyre de Hallaj au IXe siècle, jusqu'à l'assassinat de Farag Foda ou de Gibran ou de Samir Kassir. Tout intellectuel qui ne parle pas au nom du Prince ou, mieux, de Dieu est suspect. Quiconque dit à la communauté, non pas ses rêves et ses fantasmes, mais ses vérités est taxéipso facto de «mécréant» et de «traître». Pour dire cette misère de l'intellect, il suffit de rappeler que les funérailles de Naguib Mahfouz n'ont réuni que deux cents personnes, alors qu'un prêche de n'importe quel obscur imam draine des milliers de gens.
ALLOUCHE Jean-Luc : Vous et vos pairs prêchez donc dans le désert ?
Mohamed Kacimi : Sans doute par amour du désert ! Nous ne parlons qu'à nous-mêmes et nous n'espérons même pas qu'une voix monte de ce désert.



IL RESTE A FAIRE LA REVOLUTION CULTURELLE, POUR QUE LES RÉVOLUTIONS ARABES SOIENT ABOUTIES !


Article publié dans : 
Al Huffingtonpost
Kapitalis
Agoravox

"Quiconque est digne de la liberté n’attend pas qu’on la lui donne: il la prend" ! 
 Louise Michel. 



Le sort réservé aux femmes dans les sociétés "arabo-musulmanes" est symptomatique du malaise que vivent ces sociétés, qui ont besoin d'une révolution culturelle pour sortir de l'arriération.

Deux informations ont retenus mon attention. Ces deux informations concernent le documentaire sur Dr Naoual Saadaoui, la Simone de Beauvoir égyptienne  de 84 ans qui, par la force de son caractère, a refusé le destin que lui imposait sa famille pauvre et son milieu social de simples fellahs; et l'autre concerne Sisa Abou Daooh, une vieille paysanne égyptienne de 63 ans, qui pendant 43 ans s'est déguisée en homme pour pouvoir travailler et élever son enfant à la mort de son mari.

Ces deux documents sont extrêmement émouvants car ils mettent en évidence le courage et la force de caractère de ces femmes.

Émouvants certes, mais révélateur aussi de l'injustice absolue de ces sociétés qui pour des raisons culturelles et, hélas souvent prétendument religieuses, ne permettent pas aux femmes de s'épanouir, de développer leurs possibilités et de donner ainsi beaucoup à la société. 
Ces deux documents démontrent clairement que le droit des femmes est essentiel pour le développement des sociétés. 
Sisa Abu Daooh Banniere
Le président Al-Sissi qui vient de récompenser cette femme en lui remettant la médaille de "Mère travailleuse exemplaire", l'a semble-t-il bien compris.

L'histoire de ces deux femmes pose la question qu'ont-elles fait de mal, de répréhensible pour mériter un tel sort ? Il n'y a que les arriérés, et notamment les religieux pour essayer de nous dire qu'en sortant de leur statut d'inférieur et de leur statut d'enfermement dans la maison, elles commettent une faute. Que ceux qui face à ces deux destins osent soutenir cela, aillent brûler en enfer : ils n'arrivent pas à la cheville de ces femmes. 
On regrette que le prix Nobel ne leur soit pas décerné, et qu'il soit accordé à des hommes politiques pour un simple discours, comme celui du Caire, d'Obama !

Comment ne pas se révolter face à de tels destins auxquels les hommes ont réduit ces femmes. 
Nawal Saadaoui luttant bec et ongles contre l'obscurantisme que diffusent les Frères musulmans dans la société égyptienne; jusqu'à proposer l'excision gratuite des fillettes à leurs pères, leur affirmant qu'en dominant le corps de la femme ils dominent les femmes. Tentant avec ses faibles moyens d'éduquer les fillettes en ouvrant des bibliothèques dans les fins fonds de l'Egypte pour soustraire les enfants à l'obscurantisme qui sévit de manière endémique. Elle même se souvenant du plaisir qu'elle éprouvait à faire les courses dans l'espoir de récupérer le journal ayant servi d'emballage aux marchandises pour le lire avec gourmandise ! 
Ou que pour échapper au destin des veuves réduites à la mendicité, Sisa Abou Daooh soit contrainte d'occulter sa féminité tout simplement pour faire vivre sa famille ! 

Nawal Saadaoui Sisa Abou Daooh
Sisa Abou Daooh et Dr Nawal Saadaoui
Si les deux méritent notre admiration, elles doivent interpeller les responsables politiques de ces pays où la condition de la femme est révoltante.

Le Président Al-Sissi a semble-t-il été ému par le sort de cette femme. Mais cela ne suffit pas. Osera-t-il faire ce que Bourguiba avait fait en son temps et prendre des mesures fortes sur deux plans : donner aux femmes un statut d'égalité et développer vraiment l'éducation de son peuple, seule moyen pour lutter contre tous les obscurantismes. 

Ce sont des dossiers difficiles. L'un, parce qu’il s'agit de s'attaquer à des comportements millénaires précisément dans une société manquant d'instruction; et l'autre, parce que le défi est immense, compte tenu de l'importante population jeune de ce pays.

Pourtant le peuple égyptien qui dans sa grande majorité lui est reconnaissant d'avoir chassé les obscurantistes assoiffés de pouvoir, adhérerait encore plus à son pouvoir s'il prenait  ces mesures qui sont les seules à le prémunir des Frères musulmans. Ce faisant, Al Sissi pourra s’enorgueillir d'avoir ancrer son pays dans la modernité, et en finir ainsi avec certaines traditions.

La véritable révolution qui restera à faire aux égyptiens est, comme le dit Nawal Saadaoui, la révolution culturelle !

Rachid Barnat

jeudi 2 avril 2015

George Soros pape du capitalisme sauvage : misanthrope ou philanthrope ?

D'où son soutien aux Frères musulmans nahdhaouis, adeptes du commerce sauvage et contre le nationalisme tunisien, puisqu'ils projettent de dissoudre la Tunisie dans la Oumma musulmane (communauté musulmane régie par un calife) ouvrant ses frontières à tous les spéculateurs !
Quant aux "soutiens" étrangers qui ont permis aux tunisiens de se débarrasser de Ben Ali, en déclenchant "la Révolution du Jasmin" puis "le Printemps Arabe", qu'ils soient financés par les EU, manipulés par le Qatar et sa TV Al Jazeera, ou orchestrés par les cyber-dissidents à la solde de G.Soros ....  l'essentiel n'est-il pas d'avoir dégagé les dictateurs ? 
C'est aux peuples de reprendre leur destin en main et d'écrire leur propre histoire maintenant qu'ils sont débarrassés du joug de leurs tyrans !! 
A eux d'utiliser cette nouvelle liberté et d'exprimer ce qu'ils veulent pour construire la démocratie tant rêvée.
L'histoire nous apprend que les peuples progressent ou régressent en fonction du bon ou du mauvais usage qu'ils font des opportunités qu'elle leur donne !
R.B

George Soros


George Soros et sa nouvelle conquête tunisienne

Contrairement à BHL qui a été renvoyé de Tunisie comme un malpropre, la visite de George Soros au pays du jasmin n’a suscité aucune critique. Il a été au contraire accueilli comme un chef d’Etat et reçu par les deux têtes de l’exécutif tunisien : Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi. Il mérite bien un tel accueil. Avec son organisation « Open Society Institute », n’a-t-il pas été le véritable chef « spirituel » de la « révolution du jasmin » ? 

Comme nous l’avons démontré plusieurs fois, cette organisation subversive a formé à la « démocratie et à la liberté » plusieurs mercenaires tunisiens dont, certains occupent aujourd’hui des postes stratégiques. Elle a aussi financé, dès 2008, plusieurs « ONG » et sites tunisiens, principalement Nawaat.org, le site arabe de l’Open Society Institute, que dirigeaient à l’époque Sami Ben Gharbia, les frères Guerfali et Malek Khadhraoui. 

C’est qu’à l’inverse de BHL qui veut jouer le même rôle universel que George Soros, ce dernier est bien « généreux » avec ses mercenaires. Avec sa fortune colossale acquise à la sueur de son front, il peut se le permettre. Le plus risible est que cet agent britannique le plus corrompu et le plus corrupteur a fait du combat contre la corruption son fer de lance. 

Qu’est-il allé faire en Tunisie ? Pourquoi a-t-il été reçu comme un chef d’Etat ? Quelle serait sa part du gâteau dans cette Tunisie déjà saignée par quatre années de corruption sans précédent dans l’histoire de ce pays ? 

Pour répondre à ces interrogations, il suffit de lire l’article d’investigation qui va suivre.


Depuis fort longtemps, l’action et l’argent de George Soros sont devenus des instruments pour démanteler la souveraineté nationale des Etats, en remplissant les caisses d’organisations « philanthropiques » ou « droitdelhommistes ». Nous examinons brièvement ici un des aspects de cette opération. 

Au moment de la première enquête au pénal intentée contre lui pour manipulation des cours boursiers en 1979, George Soros lança le Open Society Fund, destiné à « ouvrir des sociétés fermées ». Aujourd’hui, il est actif dans 29 pays. Affirmant que « les Etats ont des intérêts, mais pas de principes », Soros explique qu’une société ouverte idéale supprimerait les intérêts nationaux spécifiques, tandis qu’une structure politique et financière internationale prendrait la responsabilité de la défense du bien des gens. [1] 

Plutôt misanthrope que philanthrope 

Dans ce but, Soros dote ses organisations philanthropiques de liquidités financières, qui « achètent » ensuite d’importants secteurs de la population, qui se déchaîne à son tour pour faire tomber tout gouvernement qui essaie de maintenir une « société fermée ». [2] 

Si une nation souhaite contrôler ses propres ressources naturelles, c’est une société fermée. Si une nation souhaite développer son économie et sa force de travail à l’aide de tarifs douaniers et de régulations, c’est une société fermée. Toute nation qui rejette la mondialisation (c’est-à-dire l’impérialisme du libre-échange) est condamnée au même titre et fera l’objet d’attaques de la part des organisations de Soros et de son organisation secrète. 

Parmi les organisations de renseignement de style britannique sous la supervision de Soros, on trouve l’Open Society Institute (OSI), Human Rights Watch, la Fondation Soros, et l’Initiative relative à la transparence des industries extractives. 

En 2002, Soros reconnut avoir déboursé plus de 2,1 milliards de dollars en cinq ans dans ces entreprises philanthropiques. Il écrit à leur propos : « Elles travaillent avec le gouvernement lorsqu’elles le peuvent et indépendamment du gouvernement lorsqu’elles ne le peuvent pas ; parfois elles sont carrément dans l’opposition. Lorsque les fondations peuvent coopérer avec le gouvernement, elles peuvent être plus efficaces ; lorsqu’elles ne le peuvent pas, leur travail est d’autant plus nécessaire et apprécié, car elles offrent une source de financement alternative pour la société civile. En règle générale, pire est le gouvernement, mieux est la fondation car elle jouit de l’engagement et du soutien de la société civile. » 

C’est aussi cette année-là, que George Soros et le libéral-impérialiste (limp) Tony Blair lancent l’Initiative relative à la transparence des industries extractives (EITI) afin d’établir une norme internationale suivant laquelle les nations riches en pétrole, en gaz naturel ou en métaux stratégiques déclarent les recettes de leurs entreprises publiques. 

De cette manière, l’EITI a la possibilité d’examiner les recettes des industries stratégiques. Tout ce que ces messieurs considèrent comme un comportement « sociétal fermé » est mis devant le tribunal de manifestations orchestrées et financées, ou si ce comportement pose une menace sérieuse aux intérêts impériaux, les Nations unies, la Banque mondiale, le FMI ou l’OMC peuvent être mobilisés pour imposer des sanctions. Le processus de soumission d’un pays souverain à une norme de comportement internationale fixe, s’appelle la « transparence ». La relation fixe entre ces pays soumis, s’appelle l’empire. 

Tony Blair a explicitement formulé sa vision de ce genre d’institutions dans un discours devant le Sommet mondial de l’ONU, en septembre 2005 : « A l’occasion de ce sommet, pour la première fois, nous nous mettons d’accord que les Etats n’ont pas le droit de faire ce qu’ils veulent au sein de leurs propres frontières, mais que nous, au nom de l’humanité, avons le devoir commun de protéger les peuples là où leur gouvernement refuse de le faire. » [3] 

L’EITI a déjà dans le collimateur une liste de 23 pays destinés au pillage au profit du Commonwealth, la majorité situés en Afrique, mais certains aux frontières de la Russie et de la Chine. Pourtant, beaucoup de gens bien intentionnés, aux Etats-Unis et ailleurs, soutiennent George Soros pour sa « défense des droits de l’homme » et sont inspirés par l’appel à mettre fin aux « régimes autoritaires » et à accroître la « transparence » démocratique. 

La lutte pour l’Eurasie 

Dans sa prévision économique de 1983, Lyndon LaRouche avertissait que si l’Union soviétique devait rejeter son Initiative de défense stratégique (IDS), adoptée par le président Reagan, « les difficultés de l’économie du Comecon mèneraient à l’effondrement du système d’ici environ cinq ans ». 

Lors de son discours en 1988 à l’Hôtel Kempinski de Berlin, LaRouche lança un avertissement semblable : « Tous ceux qui appartiennent au cercle de ce qu’on appelle les hommes politiques de classe mondiale savent que le monde est entré dans la fin de l’ère de l’après-guerre. (...) Ce que feront les gouvernements au cours des deux prochaines années décidera du sort de toute l’humanité pour un siècle, voire plus. (...) Le moment est venu de prendre une décision audacieuse quant à la politique américaine envers l’Europe centrale. » 

A l’époque, le mouvement de LaRouche recrutait parmi d’influents cercles eurasiatiques autour de la perspective du Triangle productif et, plus tard, du Pont terrestre eurasiatique, afin de transformer la région en une communauté d’Etats-nations prospères. A l’opposé, l’establishment britannique voyait dans la crise en Allemagne et en Union soviétique un tournant potentiellement désastreux pour son système. 

C’est alors que George Soros lance ses fondations dans toute l’Europe de l’Est. En Pologne, la Fondation Stephan Batory est le laboratoire pilote du modèle de « thérapie de choc » de Jeffrey Sachs, assortie d’austérité monétaire et de néo-libéralisme prédateur. 

De ce programme Polonais, Soros déclare : « Le FMI donna son feu vert et le programme fut mis en œuvre à partir du 1er janvier 1990. C’était très dur pour la population, mais les gens étaient prêts à accepter de souffrir afin d’obtenir un vrai changement. (...) L’inflation fut réduite, mais le verdict n’est pas encore posé car l’ajustement structurel se fait attendre. La production a baissé de 30%, mais l’emploi de seulement 3%. Cela veut dire que la direction des entreprises d’Etat, retranchée, s’est servie du répit gagné sur les revendications salariales pour améliorer ses marges de profit et maintenir l’emploi des travailleurs. Il existe une alliance peu sainte entre la direction et les salariés qui sera difficile à briser. » En d’autres termes, il fallait de l’austérité monétaire digne d’un Hjalmar Schacht, du travail esclavagiste et le démantèlement des acquis sociaux. 

Ce même modèle sera utilisé pour conduire la Russie à la ruine ; là, Soros appuie le Plan Chataline pour démonter l’économie militaro-industrielle soviétique et pour imposer la « discipline budgétaire ». Ce programme de Soros se traduit par un désastre : privatisation de l’industrie public, contrats douteux sur les stocks militaires soviétiques, trafic de matières premières, d’armes et de drogue. En cinq ans, un nombre alarmant de travailleurs passe de l’économie productive à une activité criminelle et la Russie connait la plus grande expansion du trafic et de consommation de stupéfiants de la région. [4] 

Au cours des années suivant la dissolution de l’Union soviétique, Soros met sur pied des fondations dans 23 pays. Lors du lancement de la guerre des Balkans en 1991, il verse des millions de dollars dans la région, réservant 15 millions à la seule subversion politique de la Croatie. 

En décembre 1996, le président croate Franjo Tudjman note son influence : « Avec l’aide de Soros, [les organisations] ont complètement infiltré la société. (...) Ils ont impliqué dans leur projet 290 institutions différentes, ainsi que des centaines de personnes. (...) A travers le soutien financier, ils ont attiré des membres de tous les âges et de toutes les classes, depuis des lycéens jusqu’aux journalistes, professeurs et académiciens, venant de tous les milieux, la culture, l’économie, la science, la santé, le droit et la littérature. (...) Ils disent ouvertement que leur devoir consiste à changer les structures de propriété et de gouvernement à travers des donations. (...) Pour créer des conditions favorables à la subversion de l’autorité et à la situation actuelles en Croatie, pour exercer un contrôle sur toutes les sphères de la vie, ils entendent concentrer leurs énergies et leur influence sur les médias et le monde de la culture. » 

A la même époque, Soros crée l’International Science Foundation pour offrir des subventions intéressantes aux scientifiques russes. Les Russes, alors appauvris, cherchent à gagner leur vie et Soros arrive avec des projets et de l’argent. Beaucoup ont confié qu’ils « se sentaient mal dans leur peau », mais avaient besoin de l’argent pour survivre. Bien que les salaires aient été versés, les investissements de l’ISF en recherche et développement n’étaient guère suffisants pour permettre de vrais travaux en recherche fondamentale. 

Des sources du renseignement américain étaient alors convaincues que Soros voulait simplement exploiter leur savoir. Au départ, l’ISF offrait des subventions importantes, mais elle réduisait ensuite constamment les financements, amenant de jeunes scientifiques à quitter leur pays, privant ainsi la Russie de sa ressource la plus vitale. 

En 2003, Soros annonça qu’il retirait son soutien à la Russie afin de se concentrer davantage sur les Etats-Unis, se disant « préoccupé par les problèmes de la mondialisation » et, depuis le 11 septembre, « par le rôle que les Etats-Unis jouent dans le monde ». 

Le 12 juin de cette même année, l’OSI lance une initiative pour débourser 800 millions de dollars sur dix ans, « afin de faire avancer la démocratie et la réforme progressiste aux Etats-Unis ». Des études seront financées, entre autres, sur la manière dont des institutions comme l’UE ou l’ONU peuvent être utilisées pour « influencer ou restreindre le comportement non libéral » mais aussi maintenir la stabilité et l’ordre après l’effondrement d’un « régime autoritaire ». Les attaques lancées par les troupes de Soros dans les pays de l’Est devraient mettre la puce à l’oreille des Américains qui continuent de soutenir ses projets. 

Pas de transparence off-shore 

Contrairement à son image faussement héroïque du superman de la finance, George Soros n’a jamais agi seul dans ses opérations, sachant que son intérêt premier a toujours consisté à tirer son épingle du jeu face à ses sponsors. 

Une décennie avant de lancer l’Open Society Fund, Soros quitte son poste chez Arnhold and S. Blechroeder Inc. [5] , qui lui offre les fonds de départ pour créer le Quantum Fund NV, un fonds off-shore qui gère, en 2001, entre 11 et 14 milliards de dollars. 

Le Quantum Fund et le Soros Fund Management servent de sources de financement pour les projets internationaux cités ci-dessus. Soros a choisi de créer son fonds dans les Antilles néerlandaises, un protectorat de la monarchie des Pays-Bas, et d’exclure tout américain du Conseil d’administration et d’investissements du fond, afin d’échapper aux regards des autorités américaines, ainsi qu’aux régulations et aux impôts américains. Tout en demandant de la transparence chez les autres, bien évidemment. 

Soros s’est tellement efforcé de contourner les lois américaines qu’il ne siège même pas au Conseil de son propre fonds, mais sert officiellement de « conseiller aux investissements » par le biais du Soros Fund Management, sis à New York. Par contre, les investisseurs et le Conseil du Quantum Fund abondent en financiers britanniques, italiens et suisses, la Reine Elisabeth II détenant une position spéciale sur la liste des clients. 

Richard Katz siège aussi au Conseil d’administration de la banque NM Rothschild Sons de Londres et dirige Rothschild Italia SpA. Nils O. Taube est directeur de St. James Palace, un groupe d’investissement de Londres et important partenaire de lord Rothschild. George Karlweiss vient de la Banca Privata suisse d’Edmond de Rothschild. Selon différentes interviews et publications, Karlweiss contribua lui aussi à fournir du capital pour le lancement du Quantum Fund. 

L’un des membres du Conseil du Quantum Fund, Edgar de Picciotto, un financier suisse, est impliqué à la fin des années 80 dans des attaques contre l’organisation européenne de Lyndon LaRouche, alors qu’il faisait transiter de l’argent à travers l’institut suisse Geo-Pol de Laurent Murawiec, actuellement membre du Hudson Institute néoconservateur. [6] 

De Picciotto est, lui, président de l’Union Bancaire Privée, née d’une fusion avec la Trade Development Bank d’Edmund Safra, dont le nom est mentionné à plusieurs reprises dans l’affaire Iran-Contra. Selon d’anciens officiers de renseignement, connaissant bien le cas Soros, le Quantum Fund amassa ses milliards à partir d’« investisseurs silencieux » tel Marc Rich, homme d’affaires véreux, ainsi que par l’intermédiaire d’opérateurs du Mossad comme Shaul Eisenberg et Rafi Eytan. Lors de la dissolution de l’Union soviétique, Marc Rich joue un rôle important dans le trafic de matières premières. [7] 

Il convainc des dirigeants corrompus et désespérés, russes et soviétiques, de brader les richesses du pays sur les marchés mondiaux. L’argent est ensuite investi dans des comptes off-shore. Rich, recherché par la justice américaine depuis 1984, organise le pillage depuis ses bureaux de Londres, d’où il aide ses contacts russes à vendre les biens normalement destinés à la consommation intérieure russe. 

Pendant 17 ans, Rich est réfugié à Londres, accusé de fraude fiscale, de fraude et d’entente avec l’ennemi (l’Iran). S’offrant des protections au plus haut niveau, Rich a pris comme avocat, celui qui deviendra par la suite chef de cabinet du vice-Président Dick Cheney : Lewis Libby. En 2001, dans les dernières heures du mandat présidentiel de Bill Clinton, Al Gore a convaincu le Président d’accorder le pardon à Marc Rich. Dans un témoignage ultérieur devant le Congrès, Lewis Libby reconnut avoir obtenu le pardon en collaboration avec l’ancien chef de cabinet d’Al Gore, Jack Quinn. 

Un conseil 

L’économie mondiale subit actuellement un processus hyperinflationniste. Les institutions internationales et les réseaux financiers esquissés ci-dessus, dont les activités sont illégales en vertu de la Constitution des Etats-Unis, se positionnent depuis des décennies pour s’emparer du pouvoir. Il est urgent de neutraliser, dès maintenant, les sales opérations de George Soros et de lancer le type de reprise préconisé par LaRouche dans ses « Trois pas vers la survie ». 

Il serait sage que tous ceux qui défendent actuellement George Soros en acceptant son argent réfléchissent sur la réalité des faits : car, quoiqu’il arrive, le dessein impérial britannique est condamné à une défaite totale et honteuse. Reste à savoir si sa chute entraînera le reste de l’Europe dans un nouvel âge des ténèbres sans fin. Veulent-ils vraiment cet argent ? 

Leandra Bernstein, article publié sous le titre de « La guerre secrète du misanthrope George Soros », le 11 août 2008, dans Solidarité et Progrès. 

Notes 
[1] Ceci explique son admiration sans limites pour les Nations unies (surtout le Conseil de sécurité), l’OMC et la Banque mondiale, et sa collaboration avec eux. 
[2] Pour mieux comprendre ce processus, voir Les Bacchantes d’Euripide, à propos du culte de Dionysos. 
[3] En 1999, Blair avait déjà réclamé le bombardement de la Serbie/Yougoslavie par l’OTAN, sous prétexte de protéger le Kosovo et l’Albanie contre les Serbes. Le rejet par Blair des principes des Traités de Westphalie de 1648 est emblématique de l’ère moderne de guerre préemptive. 
[4] L’accroissement de la consommation de drogue était accompagné d’une épidémie de VIH/Sida suivant, en gros, la route du trafic de drogue vers l’Afghanistan. Aujourd’hui, la Fondation Soros se vante de ses programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose, qui ont été propagés par ses propres réformes libérales ! 
[5] Arnhold and S. Blechroeder Inc. représentait les intérêts Rothschild à l’époque du chancelier allemand Bismarck. A partir de 1993, la société a été le principal dépositaire du Quantum Fund de pair avec Citibank. 
[6] Dans un mémorandum paru en 2001, Lyndon LaRouche décrit Laurent Murawiec comme un « véritable Beetlebaum, ce cheval de course hippique légendaire ; c’est une carcasse politique usagée et actuellement possédée par des institutions d’une odeur très particulière ». 
[7] Avant de monter son business de « ressources naturelles » avec la Russie, à hauteur de 2,5 milliards de dollars, Marc Rich trempait dans le marché noir qu’a fait naître les guerres d’Afghanistan et Iran-Irak. 

Au sujet de Nawaat.org, le site arabe de l’Open Society Institute, à lire dans nos archives : 

http://www.tunisie-secret.com/Selon-Jeune-Afrique-Nawaat-est-finance-par-le-sioniste-George-Soros-et-Tunisie-Secret-est-inspiree-par-le-bourguibisme_a227.html

Nawal Saadaoui, la Simone de Beauvoir égyptienne

Ou le combat d'une égyptienne pour libérer les femmes du joug des hommes !!
Selon Dr Saadaoui, il reste à accomplir les vraies révolutions : culturelle et religieuse pour que les révolutions "arabes" soient abouties.
Ce n'est pas par hasard qu'elle soit la cible des Frères musulmans : 
- elle veut ouvrir des bibliothèques plutôt que des mosquées ! 
- elle veut instruire les filles alors que les "Frères" recommandent de les exciser, pour permettre aux hommes de dominer les femmes en maîtrisant leurs corps, comme ils disent dans leurs tracts aux fallahs. 
R.B

Après ce long parcours, on a l’impression que vous n’êtes pas sortie de votre enfance… 
Avez-vous reçu une réponse de votre lettre à Dieu ?

Dr Saadaoui : 
Non je n’ai reçu aucune réponse parce que je n’avais pas trouvé la bonne adresse de Dieu. Cependant, nous devons comprendre que toutes les personnes qui prétendent être les représentants de Dieu sur terre ne sont que des menteurs finis.
Dieu n’a chargé personne de le représenter, il faut que cela soit compris par nous tous pour que nous puissions aller de l’avant. Personne n’a le droit de s’approprier Dieu et pourtant, c’est ce que font les mouvances islamistes. Si les jeunes comprennent cela, ces mouvances n’auront plus aucune crédibilité aux yeux de la jeunesse.

Nous avons aujourd’hui des jeunes qui adhèrent à Daech parce qu’ils sont convaincus que Dieu est adepte du sang et de la mort. Ceci dit, nous ne pouvons pas leur en vouloir parce qu’il existe des textes coraniques qui le disent clairement. J’ai passé dix ans de mon existence à comparer les trois textes religieux, ces derniers comportent des incitations claires au meurtre, ils comprennent, tous les trois, des incitations dangereuses.
Pour contourner ce danger, il faut que nos universitaires changent l’explication qu’ils offrent du texte religieux. Je sais que parmi vous, il existe des personnes qui ne partagent pas mon avis et je respecte cela. Les divergences peuvent être débattues par les idées et jamais par les armes. 

En Egypte, nous avons du sang au quotidien à cause de l’année que les Frères musulmans ont passé au pouvoir. Les extrémistes religieux haïssent la philosophie et la musique et œuvrent afin de les faire enlever des programmes scolaires et universitaires. Heureusement qu’on a fini par les éradiquer avec le soutien de l’Armée de Sissi. 

Avant de venir en Tunisie, j’étais en Angleterre. J’étais sidérée de voir que tous les intellectuels européens considèrent notre révolution en tant que coup d’Etat militaire. C’est comme s’ils oubliaient que Morssi n’a pas réussi à accéder à la magistrature suprême via des élections honnêtes mais à l’aide de grandes sommes d’argent suspectes. 
Après, lorsque je me suis rappelée de ce qu’ont fait les américains en Iraq, j’ai compris que seuls leurs intérêts les faisaient prendre des positions du genre. Il y a toujours eu une relation intime entre les mouvances religieuses, la colonisation et les dictatures locales. Toutes les révolutions arabes ont été avortées. Même chez nous où des jeunes révolutionnaires croupissent encore en prison pendant que Moubarak et sa famille ont été acquittés par la justice. 

Comme je suis votre invitée, je pense que j’ai le droit de critiquer votre gouvernement, qui, selon moi, n’est pas à la meilleure forme qui puisse être. 
Nos révolutions ont été avortées par des forces internes et externes pourtant, elles auraient pu inverser nos sociétés pour les rendre meilleures …


Il faut être laïc pour sauver la religion ...

C'est un ancien islamiste, qui vous le dit !
Kamel Daoud ne doit qu'à son éducation et à son esprit critique, d'avoir réchapper aux Frères musulmans qu'il découvre dangereux marchands du Temple !
Cet ex-frère musulman est poursuivi par ses ex-frères qui ont promulgué une fatoua pour le tuer.
R.B 

Dans le monde dit « arabe », c'est le ciel qui trace les frontières de la Terre et transforme les nations en nuages éphémères. C'est le nouveau siècle et les pays du coin sont des tracés sur le sable, entre une caravane avec un hymen et un drapeau, une prière ou un colon. 
Le ciel s'y joue et tue l'homme qui passe ou s'y attarde. 
Cela se passe ainsi quand on ne sépare pas religion et Etat, péché et délit.
« Séparer l'Etat de la religion sauve l'Etat bien sûr, mais sauve surtout la religion », me dit l'ami dans les rues de Bruxelles, hier soir. 
Étrange qu'on n'y pense pas chez nous, pour les plus généreux d'esprit. Les religieux sincères devraient être en effet les premiers à défendre la laïcité : cela permet de garder la foi loin du Parti, de maintenir la religion dans la pureté du cœur et le champ du choix. Préservée de la politique, une religion est préservée des ambitieux, des calculateurs, des violents, des corrompus et des manipulateurs qui y viennent par cupidité et haine et non pour chercher la voie du sens. Ceux qui y viendraient prier ou guider, le feront par choix, amour, compassion, quête spirituelle, désir de trouver du sens. On verra alors s'éloigner ces mauvais vivants qui, au nom de la religion, tuent la foi et l'homme et le passant et la femme et le rire et le monde. 

Sauf que le mot a mauvaise presse, sali par ceux-là mêmes qui disent que la laïcité est un crime contre Dieu et un complot de l'Occident. Cela se comprend : l'assassin défend son masque. S'il vous dit que séparer la religion et la politique est un péché, c'est parce qu'il fait de la politique au nom de la religion. Cela ne l'arrange pas de perdre son masque. Il fait commerce, il ne se soucie pas de faire d'une croyance son mulet ou sa chaussure. 

Séparer la religion du politique, c'est séparer la carrière de la croyance. C'est aussi mettre à nu l'ambition de l'homme qui veut prendre le pouvoir au nom du pouvoir de Dieu. Il vous dira qu'il veut ce que Dieu veut, que l'islam est la solution et qu'on doit appliquer la loi de Dieu. 

Sauf qu'il ne s'agit pas de cela. Il ne s'agit pas de guider les cœurs vers le ciel mais les gens vers la soumission. Séparer l'Etat de la religion sauve la religion de ceux qui la salissent et la manipulent. Cela permet de voir venir les meilleurs cœurs vers une foi. Cela permettrait de libérer une religion de sa prise d'otage par la violence. C'est alors que l'on parlera de l'homme, de l'amour d'un Dieu, de sens, de vision, de conviction, de partage, de don, de sacrifice. Au lieu de parler de fatwas, interdits, tabous, haram/hallal, haine, complot, sexe, femme, nudité. Sourire sera la première lettre de l'alphabet. 

Séparer le politique du religieux, c'est unir l'homme au désir d'un Dieu. La carte du monde serait alors tracée par les pèlerins, pas par les tueurs et les morts. 
Et jamais ce monde dit « arabe » ne connaîtra la paix tant qu'il confondra verset et épée, religion et politique, califat et calculs. 

mercredi 1 avril 2015

"Au nom du Temple", ou le fondamentalisme juif

Les islamistes de tous poils et leur fondamentalisme salafo-wahhabite ont occulté un autre fondamentalisme aussi fou que dangereux : le fondamentalisme juif !
R.B
Ils rêvent de reconstruire le « premier Temple », à l’emplacement même de la mosquée al-Aqsa… troisième lieu saint de l’islam. Ils ? Ce sont les fondamentalistes juifs, rencontrés par le journaliste, essayiste et documentariste Charles Enderlin.
Avec Au nom du Temple, il montre que la dimension religieuse du conflit au Proche-Orient pourrait devenir encore plus prégnante qu’elle ne l’est aujourd’hui. Au point de déboucher sur une véritable guerre de religion ? C’est bien cette perspective effrayante que dessine, à la fin du documentaire, le professeur Matti Steinberg, ex-analyste principal du Shin Beth (sécurité intérieure israélienne).

Ceux qui refusent de voir, par poltronnerie

Comment en est-on arrivé là ? Le film de Charles Enderlin pointe plusieurs facteurs, par la voix de différents intervenants. L’intellectuel progressiste israélien Zeev Sternhell souligne l’aveuglement de la gauche de son pays face à la montée du messianisme. Revenant sur l’assassinat de 29 fidèles musulmans, le 25 février 1993, par Baroukh Goldstein, et sur celui du premier ministre Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995, par Yigal Amir, il évoque « un courant idéologique et politique énorme, puissant, un véritable torrent » que « la gauche (…) refusait de (…) voir, par poltronnerie ».
À un autre niveau, le fait de ne pas avoir obtenu l’arrêt de la colonisation des territoires palestiniens a aussi, de toute évidence, donné aux fondamentalistes juifs le sentiment que rien ne résistait à leur volonté. 
Aujourd’hui, environ 400 000 Israéliens juifs se sont installés en Cisjordanie, dans des colonies regroupées sur 60 % de ce territoire. Ce qui fait lâcher au géographe palestinien Khalil Toufakji, analysant ses cartes devant la caméra de Charles Enderlin, que « la solution à deux États n’existe plus ». Que faire, alors ? Au nom du Temple ne le dit pas. Et son réalisateur, interrogé pour l’Humanité Dimanche (n° du 26 mars au 1er avril 2015), reconnaît que « pour l’heure, il n’y a pas d’idée aboutie ». 
Au moins le film Au nom du Temple permet-il d’y voir plus clair quant à la situation sur place.