dimanche 5 juillet 2015

QUI DERRIÈRE LA MORT DU BRAS ARMÉ DE GHANNOUCHI ?

Seifallah Ben Hassine alias Abou Iyadh, Recruté par les frères musulmans nahdhaouis et présenté à Ghannouchi, celui-ci l'envoie se former aux maniements des armes auprès de Ben Laden pour en faire le chef de sa milice armée le moment venu en Tunisie. Et qu'il a lâchée effectivement contre les tunisiens chaque fois qu'il s'est  trouvé dans une difficulté ou une impasse politique ! Exactement comme le rappelait Chokri Belaïd à propos des Frères musulmans qui recourent à la violence devant chaque obstacle "politique" ... pour pouvoir avancer !

Mais voilà le bougre s'est rebellé contre Ghannouchi : il veut être chef à la place du chef; en attendant peut-être d'être calife à la place du calife !

Ghannouchi tentera mainte fois de le raisonner. Il plaidera même sa cause auprès des tunisiens en le présentant lui et sa bande de racaille salafistes, comme ses enfants, porteur d'une nouvelle culture ...
Rappelez-vous comment Ali Larayedh a exfiltré Abou Iyadh de la mosquée Al Fath à Tunis, ridiculisant la police "qui l'attendait par devant, alors qu'il leur a échappé par derrière" s'excusera-t-il devant le tollé que cela avait soulevé auprès des tunisiens !
C'est parce que Ghannouchi voulait lui donner sa chance en le laissant s'enfuir.

Rien n'y fait; Abou Iyadh rejoint Ansar Chariaa, pour en devenir le chef !

Est-ce parcequ'il a compris que la racaille islamiste court après l'argent facile; et que tous veulent se faire leur fortune à la faveur du chaos dans les pays du "printemps arabe" ?

Rappelez-vous la vidéo "fuitée" où Ghannouchi demandait aux "salafistes" d'être patients et de ne pas brûler les étapes ... mais ceux-ci sont avides de tout; et veulent tout, tout de suite : pouvoir, argent et tout ce qui va avec !

Alors pourquoi rester au service de Ghannouchi dans ce cas et ne pas voler de ses propres ailes ... ?

De l'avoir fait, il a courroucé Ghannouchi qui ne tolère : ni qu'on s'oppose à lui ni qu'on lui fasse de l'ombre.

Car Ghannouchi est sans pitié pour les gênants qu'ils soient de son camp comme de celui de ses opposants :
- il a éliminé Salah Karker cofondateur en 1981 du Mouvement de la tendance islamique (MTI), devenu Ennahdha en 1989 (mort d'une crise cardiaque suspecte !); parce qu'il menaçait de révéler ses magouilles et l'origine de sa fortune* douteuse.
- comme il a éliminé Chokri Belaïd qui en savait trop sur les Frères musulmans nahdhaouis ... et pour cause : il était leur avocat bénévole !

Que les américains éliminent Abou Iyadh parce que "terroriste" est grotesque, alors que jusque-là son "jihadisme" leur convenait puisqu'il allait dans le sens de leur projet pour le monde dit "arabo musulman" !

Or les américains soutiennent les Frères musulmans où qu'ils soient :
- AKP d'Erdogan en Turquie,
- Ennahdha de Ghannouchi en Tunisie,
- Fajr Libya, en Libye ...
Le capitalisme sauvage des "Frères" leur convient parfaitement, de même que leur "islamisme modéré" (sic !) !

Il faut décrypter donc le langage américain :
- Un bon jihadiste, est un bon soldat qui obéit aux Frères musulmans et reste dans la ligne de la politique "arabe" américaine;
- Le même jihadiste devient terroriste dés lors qu'il s'oppose aux "Frères" et aux américains !

Ghannouchi doit souffler !
Car d'une pierre deux coups :
- La mort de Abou Iyadh le débarrasse d'une épine dans le pied car il devenait sérieusement gênant;
- Tout en s'abritant derrière les américains, "ses exécuteurs" !

De voir les tunisiens soulagés par la mort de celui qu'on leur a présenté comme leur "ennemi n° 1", pur produit d'Al Qaïda; est en soi un bon point pour Ghannouchi !

Rachid Barnat


* D’OÙ VIENT LA FORTUNE DE GHANNOUCHI ... le milliardaire londonien ?

La fortune qu'il s'est constituée à Londres ne provient surement pas de son salaire de simple instituteur puis de professeur de lycée !!

Selon Salah Karkar, l'un de ses proches "mort de crise cardiaque", Ghannouchi recevait des sommes colossales du Qatar pour aider les familles des islamistes emprisonnés en Tunisie : charge à lui de les distribuer aux "frères" et à leur familles victimes de la dictature de ZABA ...
Mais avait préféré conserver cet argent pour son compte !

D'ailleurs sa "sortie" de Tunisie a été négociée avec ZABA : il a du dénoncer ses "amis" pour avoir la vie sauve ... selon un proche de Jebali et du parti islamiste !



Voilà l'esprit fraternel des "Frères Musulmans" : chacun pour soi et Dieu instrumentalisé par tous !
Ghannouchi en est le parfait exemple !!

vendredi 3 juillet 2015

Les tunisiens, resteront-ils d'éternels assistés ?


Tunisie, quand l’étatisme tue l’État

Faut-il dire la vérité au risque de déplaire, offusquer, choquer, heurter, agiter le débat public, créer la polémique et au risque de donner le tournis aux tenants de la bien-pensance? Oui. Incontestablement oui.


Il existe une question qui mérite d'être débattue avec la plus grande sincérité, celle de la conception de l’État par les Tunisiens. Ces derniers, du moins une majorité importante d’entre eux a une conception très interventionniste de l'État, ils sont partisans d’un État-providence poussé à l’extrême. Pour eux, l'État existe pour s’occuper d’eux du berceau jusqu’au tombeau. L'État est une assistante sociale, pis encore, l’État doit être une maman poule. L’État doit s’occuper de tous les champs de la vie sans exception sinon, il est honni, décrié, insulté, malmené et traité de tous les noms. Et oui, c’est ainsi. Beaucoup de Tunisiens sont à l’image de ces enfants égoïstes et capricieux, qui le jour où leurs parents n’ont plus les moyens de leur offrir ce qu’ils veulent, deviennent insolents, ingrats et désobéissants. Bon nombre de nos compatriotes « lynchent » l’État et déversent toutes leurs colères et leurs frustrations sur cette entité quand elle n’arrive plus à tout leur offrir et à leur donner satisfaction.

Et la classe politique actuelle surtout les partis et les sous-partis aux abois, apôtres du populisme, de la médiocrité, de la haine et de la rancune sont prêts à tout pour revenir sur la scène publique et se refaire une virginité y compris en dessinant leurs adversaires en «traîtres» à la botte des compagnies étrangères. Et y compris en alimentant des tentatives insurrectionnelles causées par exemple par la sinistrement célèbre campagne « Winou el Pétrole » qui n’a pour objectif que vendre des chimères à nos concitoyens et à renforcer l’assistanat. Et là, je voudrai attirer l’attention sur le fait que  la photo officielle qu’ont choisi les instigateurs de cette campagne en noir sur fond jaune n’est pas sans rappeler le symbole de Rabia al Adawiyya des Frères musulmans égyptiens. Ça en dit long sur l’innocence et la spontanéité de cette campagne fomentée par ces partis. 


Donc une grande partie des Tunisiens a biberonné cet étatisme poussé à son paroxysme durant des décennies. Le phénomène n’est donc pas récent, il remonte au lendemain de l’indépendance. Certes à cette époque, cette conception est compréhensible et légitime. La Tunisie avait besoin d’un État puissant, présent sur tout le territoire de la République afin de fédérer les citoyens de la jeune nation indépendante et de faire en sorte que leur allégeance soit à l’État-nation et non à la tribu ou à la région. Également, il fallait bâtir une vraie école qui éduque et enseigne, il fallait moderniser le pays et le sortir de l’archaïsme. Mais surtout à cette époque nous n’avions pas une vraie économie nationale, c’était une petite économie agricole. Les secteurs secondaire et tertiaire étaient quasi-inexistants, il fallait donc créer un tissu économique. Le choix d’un État-providence était par conséquent justifié. 

Également, il fallait revenir à la formation et à la sensibilité politique de notre premier président Habib Bourguiba. Le fondateur de la Tunisie moderne vécut dans le Paris des années 1930, époque de la IIIème République. Et l’un des partis les plus influents de cette IIIème République fut le Parti radical. Ce parti de centre gauche était le parti de la laïcité –il sera à l’origine de la loi de 1905, loi de séparation des Églises et de l’État –, de la mission civilisatrice de l’école et avait une conception interventionniste de l’État. Ce parti fascina et façonna l’étudiant que fut Bourguiba. C’était d’abord le parti de Clémenceau et ensuite celui de son cher Mendès France  qu’il appréciera tout au long de sa vie. Le Parti radical est communément appelé « le plus vieux parti de France ». Sous la Vème République, il s’affaiblit suite à la bipolarisation de la scène politique. Il finira par se scinder en deux, le Parti radical valoisien -par référence a son siège au 1er place de Valois dans le 1 er  arrondissement de Paris- transformé par Jean-Louis Borloo en UDI (Union des Démocrates et Indépendants) et le Parti Radical de Gauche (PRG) des rangs duquel est issue l’actuelle Garde des Sceaux Christiane Taubira.

De ce fait, l’état de la Tunisie au lendemain de l’indépendance et la formation politique de son leader justifiaient à l’époque cet État-providence.

Mais aujourd’hui, ce n’est un mystère pour personne et il est un constat on ne peut plus clair, le pouvoir central étouffé par sa propre bureaucratie et son administration pléthorique n’est plus capable de tout assurer aux citoyens, il fait face à de graves difficultés économiques. L’État ne peut plus être la maman poule qu’il était. L’État doit certes se concentrer sur l’état actuel de l’enseignement qui ne cesse de se dégrader et doit tout engager afin de réformer le secteur de la santé publique. Faire un tour dans un de nos hôpitaux est une épreuve. Ces deux chantiers sont prioritaires pour l’État tunisien. Mais l’État doit se désengager du secteur économique, ce n’est pas à l’État de créer des emplois. L’État doit créer les conditions favorables et propices à l’investissement des acteurs locaux et étrangers  et doit permettre au secteur privé de se dynamiser afin de résorber le chômage. 
Je sais que ce j’écris risque de provoquer des tachycardies à ce que j’appelle les «réformatophobes» qui passent leur temps à diaboliser le libéralisme et à le caricaturer comme le méchant monstre père de tous les dangers. Toutefois, je leur dirai que primo, nous n’en avons cure de leurs discours hypocrites, démagogiques, caduques et populistes. Qu’ils arrêtent de vendre du vent aux Tunisiens et de leur dire que l’État doit les employer, les choyer et tout leur offrir. L’État n’en a plus les moyens et ils doivent le comprendre une bonne fois pour toute. Secundo, qu’on arrête de raconter des mensonges et des contre-vérités au sujet du libéralisme. 

Le libéralisme avant d’être économique - avecAdam Smith – est une philosophie politique inaugurée par John Locke. Ce n’est ni l’islamisme, ni le panarabisme, ni le socialisme et encore moins le communisme qui ont bâti leur doctrine sur les libertés. Mais c’est le cas du libéralisme. 

Nous savons pertinemment qu’en Tunisie, il est tellement plus à la mode et plus facile d’être un gauchiste grincheux allergique au libéralisme. Il est toujours plus aisé d’aller faire les fanfarons sur les plateaux télés en insultant la Banque mondiale – banque de développement que des incultes présentent comme une cupide banque d’affaires sans scrupules – et le FMI, véritable tête de turc de nos réformatophobes. Il faut leur dire qu’ils n’avaient qu’à ne pas dégrader les finances publiques pour ne pas emprunter de cette institution monétaire qui ne prête qu’aux États en proie à des difficultés extrêmes. 

Je sais pertinemment que beaucoup m’envient ma liberté de ton car les opportunistes et les carriéristes se drapent dans le conformisme et dans le politiquement correct de peur d’être attaqués de la part de telle ou telle parti politique et de crainte de ne plus faire l’unanimité pour occuper tel ou tel poste. Ils préfèrent renoncer à leur liberté d’expression par souci de carriérisme. Leur posture est pitoyable. Je préfère de loin le camp de ceux qui disent la vérité et qui œuvrent pour faire avancer ce pays. En espérant que la Tunisie renonce à cet étatisme qui transforme le citoyen responsable en usager assisté.

La France a peur de l'islamisme

Dommage qu'intellectuels et hommes politiques, confondent une secte politico religieuse avec l'islam "traditionnel" de la France, qui est celui de ses anciennes colonies ! Tout le malentendu vient de là. 

Autrement de quel islam nous parlent les responsables politiques français : celui de leurs anciennes colonies ou celui d'importation d'Arabie qui n'a jamais fait partie de l'histoire de France ?

Tout le malentendu vient de là. Un malentendu qui pourrit la vie des Français, aussi bien que celle des Français de confession musulmane. 
Un malentendu ou une volonté politique d'instrumentaliser l'islamisme ?
R.B

Michel Houellebecq : "Le terrorisme est un moyen de socialisation"

Dans un long entretien à la "Revue des deux mondes", l'auteur de "Soumission" revient sur la crainte de l'islam en France et salue les propos de Michel Onfray.

"Le terrorisme et le militantisme sont des moyens de socialisation", affirme l'écrivain Michel Houellebecq, dans un long entretien à la Revue des deux mondes, où il revient notamment sur "l'angoisse à l'état pur" de la société française face à l'islam. À propos de la lutte contre les jihadistes, il affirme que "ce n'est pas une chose facile de combattre une secte religieuse". "Une réponse purement policière à une secte religieuse n'a pas de garantie de l'emporter", avance-t-il avant de souligner que "quand on n'a pas peur de la mort, la police on s'en fout un peu".
"Une action violente quelconque peut effectivement être vue comme un moyen de sortir de l'anomie (désorganisation sociale résultant de l'absence de normes communes) désespérante", estime l'écrivain. "Le terrorisme et le militantisme sont des moyens de socialisation. Ça doit être très sympa de vivre des moments ensemble, des moments forts contre la police ... L'impression d'être ensemble contre tous", argumente l'auteur de La Carte et le Territoire. "On est davantage ensemble quand on a beaucoup d'ennemis", souligne-t-il.
"Ça crée de vraies relations, une amitié forte, voire l'amour dans le cas des femmes de jihadistes", développe l'écrivain. L'auteur qui reconnaît vivre de plus en plus en reclus et être inquiet de "l'anomie" qui frappe la société française estime que son dernier roman Soumission, récit d'une France soumise à l'islam, exprime une angoisse qu'il a ressentie chez ses contemporains. Cette hypothétique domination de la société française par la culture musulmane est "une angoisse à l'état pur", insiste-t-il. "Si je regarde mes livres, je dirais que je constate et après je fais des projections, qui ne sont pas des prophéties", nuance-t-il toutefois.

"Traiter, comme l'a fait Onfray, le Premier ministre de crétin était le mot juste"

L'écrivain juge que "l'opinion sur l'islam est à peu près également mauvaise dans l'ensemble des pays européens". "C'est peut-être la seule chose qu'on partage", estime l'écrivain misanthrope. Revenant sur la tuerie de Charlie Hebdo, survenue le jour de la sortie de son roman, il juge que la grande manifestation du 11 janvier après les attentats était "impressionnante et sincère". "Cette réaction massive m'a quand même fait plaisir", dit Houellebecq qui était ami de l'économiste Bernard Maris, l'un des tués lors de l'attaque contre Charlie Hebdo.
"Cette manifestation a plutôt réjoui les commanditaires des attentats. Ils se félicitent du coup médiatique réalisé. Ce que pense la majorité des Français n'est pas leur problème", estime-t-il encore. 
Il se félicite en revanche de "la tentation de liberté chez certains intellectuels", comme Michel Onfray, qui n'acceptent plus le discours "bien rodé depuis 2001" demandant de ne pas faire d'amalgame entre l'islam et le terrorisme. 
Traiter, comme l'a fait Onfray, le Premier ministre "Emmanuel Valls" (sic) de "crétin" était "le mot juste", dit-il. 
Après les attentats, "la domination totale" de la gauche sur les intellectuels "s'est nettement fissurée", se réjouit-il.

Les français n'ont toujours pas de stratégie contre l'islamisme !

LES FRÈRES MUSULMANS : désormais ils sont au centre du débat "politique" en France, aussi !
Chapeau pour le Qatar : les désirs de l'émir, sont des ordres !!

Malek Boutih tire la sonnette d'alarme ! 

Sera-t-il entendu par des socialistes complices par populisme avec les islamistes et plus particulièrement avec les Frères musulmans, protégés de leur grand ami l'émir du Qatar bon investisseur en France et très bon client pour l'industrie militaire ? 

Leur stratégie ne serait-elle pas justement l'instrumentalisation de l'islamisme ??
Malek Boutih tire la sonnette d'alarme ! 
Sera-t-il entendu par des socialistes complices, par populisme, avec les islamistes et plus particulièrement avec les Frères musulmans, protégés de leur grand ami l'émir du Qatar bon investisseur en France et très bon client pour l'industrie militaire ... qui leur exporte en "échange" le wahhabisme ? 
Leur stratégie ne serait-elle pas justement l'instrumentalisation de l'islamisme ??
R.B 

Dans un rapport* qu'il vient de transmettre à Manuel Valls, et que Le Figaro s'est procuré, le député PS Malek Boutih décrit «une jeunesse frustrée, prête à basculer». Il craint que la dérive islamiste de France ne se transforme en phénomène de masse.

«Génération radicale» : le titre du rapport que le député PS de l'Essonne Malek Boutih vient de transmettre au premier ministre, et que Le Figaro s'est procuré, traduit bien son contenu. Dès la troisième ligne, il aborde son sujet: «L'analyse et la prévention des phénomènes de radicalisation et du jihadisme en particulier.» C'est une lecture politique que livre l'ancien président de SOS-Racisme, mandaté après les attentats de janvier. 

Il ne biaise pas avec son sujet, qui concerne avant tout la dérive islamiste d'une partie de la jeunesse française, sachant que près de 65 % des individus impliqués dans les filières djihadistes ont moins de 25 ans. Le député assure que son enquête a conforté son hypothèse de départ: «Le succès des recruteurs jihadistes auprès des jeunes repose sur l'adhésion à un projet politique entrant en résonance avec leurs préoccupations internationales et leur rejet de la société démocratique occidentale, plus qu'à une doctrine religieuse fondamentaliste.» 
D'où cette conséquence: «Une grande partie de la jeunesse se détourne de notre modèle de société.»

Une génération «au bord de la rupture»
Mondialisation, 11 Septembre, guerre en Irak, conflit israélo-palestinien ont marqué la jeune génération et façonné sa vision du monde, note Malek Boutih. Mais au-delà de ces événements, un nouveau marqueur - «l'enracinement d'un nouvel antisémitisme» - est particulièrement inquiétant. «Dans les quartiers, le discours du “deux poids deux mesures”, entre des juifs qui seraient insérés et protégés et des musulmans au contraire stigmatisés et marginalisés socialement, a rencontré un large écho, écrit le député. 
Les vieux préjugés sur les juifs qui seraient partout, tirant les ficelles du monde de la finance et des médias sont de retour. De façon remarquable, ils sont très largement répandus chez les jeunes aujourd'hui alors que cela aurait été inenvisageable il y a encore une vingtaine d'années.»

Le refus des valeurs démocratiques
«La société est vécue comme totalement verrouillée, ce qui génère une grande frustration», analyse Malek Boutih, qui parle de «jeunesse frustrée, prête à basculer». Il va plus loin: «Le corpus de valeurs et l'ordre social très peu contraignant de nos sociétés démocratiques occidentales ne fournissent pas un cadre suffisamment englobant et sécurisant pour s'y ancrer et s'y attacher (…). 
La notion de République est inintelligible, comme diluée dans le libéralisme et la modernité, et le sentiment d'appartenance à une communauté nationale est très affaibli. Or une partie de la jeunesse refuse ces valeurs trop “molles” et cherche à se distinguer.»

Le djihad, une «solution» globale
Reprenant les chiffres, notamment ceux, en hausse croissante, des départs de jeunes Français pour la Syrie, l'auteur du rapport estime que «la radicalité islamiste est dans un mouvement ascendant au sein de notre société», qu'il met en parallèle avec le niveau historique de l'extrême droite. 
Cependant, «face aux autres offres radicales qui visent la jeunesse, le jihadisme a une longueur d'avance, aussi bien dans sa dimension politique que théorique, note le député. Pour un jeune homme, une jeune femme assoiffée d'action, le jihad serait l'évidence. Il ne s'agit pas simplement d'assouvir réellement des pulsions meurtrières ou des envies de guerre. La dimension théorique du jihad est la plus complète dans son rejet de la démocratie, dans la désignation de responsables à abattre et enfin dans l'affirmation d'un contre-modèle total. Au creux de l'offre idéologique des forces politiques traditionnelles, le jihad propose des explications et une solution globale.» 
Conclusion sans appel: «Le jihadisme est bien la radicalité qui prédomine aujourd'hui dans l'offensive antidémocratique.» Un phénomène de masse?

Les signalements recueillis par le numéro vert, destiné aux familles ou aux autorités que la dérive d'un jeune inquiète, sont éclairants sur la diversification des individus prêts à basculer dans l'extrémisme. Mais Malek Boutih va encore plus loin: «L'ampleur du phénomène et sa pénétration dans tous les milieux, avec la radicalisation de jeunes étudiants, et de jeunes filles en particulier, indiquent qu'on pourrait basculer dans un phénomène de masse.» 

«Si les premières vagues de jihadistes comportaient essentiellement des individus fragilisés, plus faciles à recruter, désormais les recruteurs ciblent des proies au profil plus stable et moins détectable et on peut penser que ce phénomène va s'amplifier», ajoute-t-il.

Un réseau structuré
«Les islamistes ont mis sur pied un réseau social humain où chacun joue un rôle dans l'expression de leur idéologie», remarque le député. Leur «emprise» se construit ainsi sur certains quartiers. Même si tous les jeunes, loin de là, ne sont pas tentés par l'expérience, «il faut tout de même prendre garde aux effets de contagion et d'identification croisée entre pairs, par lesquels une frange radicale peut influencer l'ensemble d'une génération», estime Malek Boutih.

Au terme de son rapport, son auteur dresse une série de propositions qui passent par l'école, la culture, les familles. 
Et la nécessité de réaffirmer avec force le credo républicain.

Document - Le rapport de Malek Boutih (à télécharger)

jeudi 2 juillet 2015

L'opposition tunisienne n'a toujours pas de stratégie contre l'islamisme !

Une bonne analyse politique de la stratégie des Frères musulmans en Tunisie à laquelle, malheureusement, l'opposition n'a pas prévu de stratégie pour lui faire face.
Mais comment Nidaa Tounes pourrait-il s'opposer à leur obscurantisme alors qu'il partage avec eux le pouvoir
Et quelle stratégie pourraient avoir les partis progressistes face au diktat des EU & de l'UE qui veulent imposer aux tunisiens les islamistes ??

Il est vraiment temps que la société civile tunisienne et tous les progressistes disent clairement non au venin islamiste.
Tout comme la France et l'UE, dont les responsables politiques doivent cesser d'instrumentaliser l'islamisme à des fins bassement électoralistes ... se souciant peu des dégâts sur le long terme dans leur société, du wahhabisme qui fonde son action politique ! 
Car l'islamisme "modéré" des Frères musulmans jugé bon pour les tunisiens, est entrain de leur revenir comme un boomerang et gagne de jour en jour du terrain chez eux.
R.B 

Une guerre de choc des interprétations à l’intérieur de l’islam, une tentative totalitaire de conquérir le monde

La tragédie de Sousse ne m’étonne nullement; seule me surprend la dimension de l’horreur. L’attaque elle-même est dans le fil des choses, d’un islam obscurantiste, rétrograde pour qui l’exemple tunisien est le scandale dont il faut se débarrasser au plus vite. Le camp totalitaire a une stratégie et elle est claire, alors qu’en face, en Tunisie, il n’y a pas de stratégie. 



Le fait que la tragédie se produise avec cette horreur et cette ampleur oblige à ce qu’on ouvre les yeux de façon exceptionnelle. Revoir la conception de l’Etat et de ses mécanismes de gouvernance à la lumière de cette tentative de les faire disparaître est un impératif des plus urgents. La démarche doit s’organiser à court, moyen et long termes.

A court terme, il faut un certain nombre de gestes forts pour communiquer avec les Tunisiens et la communauté internationale, pour exprimer la ferme volonté de la Tunisie de rester dans le camp de la démocratie, de la liberté, et de la modernité.

Je suis d’accord avec le Premier ministre français Manuel Valls lorsqu’il souligne que la bataille se joue aussi au sein de l’islam, entre un islam humaniste et un islam obscurantiste, totalitaire. C’est là le cœur du problème. On a mal interprété Samuel Huntington quand il a parlé du  «choc des civilisations». A la fin de sa vie, il a admis que ce qu’il visait, ce n’est pas la civilisation de l’islam en tant que telle, mais une certaine interprétation de l’islam.

Je n’ai cessé pour ma part,  avec Abdelmajid Charfi, Mohamed Talbi, feu Mohamed Charfi et feu mon grand ami Mohamed Arkoun et d’autres à travers le monde musulman, d’attirer l’attention sur le cancer qui ronge la civilisation musulmane depuis sa naissance, et qui renaît aujourd’hui avec toute la puissance du pétrodollar : un islam littéraliste, rétrograde, coupé du reste du monde et de l’histoire du progrès de l’humanité.

Nous sommes dans une guerre de choc des interprétations à l’intérieur de l’islam. Il ne faut pas se leurrer sur la stratégie de l’islam obscurantiste et de son but ultime qui n’est autre que de conquérir le monde et de le soumettre par la violence à cette hégémonie rétrograde, en s’attaquant aux points les plus faibles des maillons de la modernité. Il a commencé évidemment par la Syrie qui en est la grande victime. Et le voilà, cherchant à s’en servir comme tremplin pour élargir le champ de bataille et s’attaquer aussi à la Tunisie.



Tant que les gouvernants tunisiens n’ont pas compris le fonctionnement de cette stratégie et ne se sont pas préparés à une guerre complexe et de longue haleine, c’est l’avenir même du pays qui est mis en jeu.

Les actions prioritaires à court terme sont nombreuses. Je recommande que le président Caïd Essebsi déclare une journée de deuil national pour honorer la mémoire de ces hôtes de la Tunisie venus innocemment passer leurs vacances dans le pays. Et, dans le prolongement, organiser un service religieux solennel à la Cathédrale de Tunis en présence de hauts dirigeants, des représentants officiels des pays des victimes et des familles de ces derniers, et de Tunisiens pour exprimer à travers cet hommage posthume la symbolique d’une fraternité universelle qui lie la Tunisie au monde moderne.

Il est également important que le chef de l’Etat s’adresse à la nation pour expliquer cette stratégie d’annihilation qui menace le pays et demander au peuple d’en être conscient et de s’en sentir personnellement concerné.

A moyen terme, il s’agit de revoir tous les outils de gouvernance, surtout l’appareil sécuritaire. La Tunisie ne dispose pas d’un appareil moderne et efficace de renseignement, capable d’aller puiser l’information là où elle se trouve, utilisant tous les moyens, y compris l’infiltration, voire d’autres moyens plus radicaux.
Seule, elle ne pourra pas le faire. Il est temps que les pays européens les plus proches, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, la Belgique et autres comprennent aujourd’hui que la bataille les concerne tous. Ils ont payé par le sang cette communauté de destin. Il n’est plus acceptable que trois mois après la tragédie du Bardo, on en est encore du côté européen qu’aux mots et aux promesses. 

Il est également utile et important de renforcer les liens avec l’Algérie, car les Algériens ont l’expérience et les moyens. La Tunisie a été leur terre d’accueil lors de la lutte nationale, puis de la guerre contre le terrorisme. La fraternité entre les deux peuples n’a de sens que si elle est réciproque.

Il est temps d’autre part que la France comprenne la signification de ce que la Tunisie vient de décider en s’attaquant à l’appareil de propagande du terrorisme salafiste et à l’instar de la Tunisie ferme toutes ces mosquées de la haine qui pullulent en France et qui ont couvé depuis des décennies un cancer nourri par l’obscurantisme et irrigué par le discours mortel de prédicateurs dépêchés par les pays du Golfe et sur lesquels les autorités ont longtemps fermé les yeux.

Pour le long terme, il s’agit pour la Tunisie de résoudre une grande question: comment éduquer le peuple à cette idée d’insertion nécessaire dans la modernité du XXIe siècle et comprendre que revenir en arrière, au premier siècle de l’hégire, à la littéralité et l’obscurantisme ne fera pas nourrir leurs enfants ni ne leur garantira la dignité nécessaire pour  compter comme citoyens dans le monde civilisé d’aujourd’hui, compter comme des gens rationnels et honorables qui contribuent au progrès de l’humanité dans la science, les arts, la culture et la civilité ! 

Une éducation moderne, nourrie aux sources plurielles de l’identité méditerranéenne de la Tunisie, ouverte sur le monde et les cultures les plus diverses, est fondamentale. Revoir le système éducatif, le nettoyer de façon à développer l’esprit critique, s’impose. Le collège Sadiki et son éducation ont produit le modèle de la modernité tunisienne. Au lieu de généraliser l’excellence, comme l’avait fait Sadiki, avec son enseignement bilingue de grande qualité, on veut généraliser la médiocrité de l’arabisation à l’école primaire... Cela est suicidaire pour la Tunisie, inacceptable.

Il ne faut pas hésiter à mettre sur la table du débat toutes les cartes concernant l’identité tunisienne et sa place dans l’histoire universelle. Cette identité n’est pas uniquement arabo-musulmane, mais aussi méditerranéenne depuis des milliers d’années. Les réductionnistes islamistes de tous bords ne veulent retenir que ce qu’ils appellent l’identité "arabo musulmane" de la Tunisie, parce que ça leur sert d’instrument pour conquérir le pouvoir.

Si les élites modernistes tunisiennes tombent dans le piège du chantage que leur tendent les islamistes, le chantage de l’identité arabo-musulmane, la Tunisie ne s’en sortira pas, ne sortira pas du sous-développement et de la pauvreté et régressera inexorablement dans les archaïsmes les plus destructeurs. 

Il faut parler vrai à cette heure si grave et ne pas avoir peur d’aborder le débat sur la vision qu’on se fait de la place de la Tunisie dans l’histoire universelle.

La daéchisation est en marche ... dans les esprits

"Il faut choisir : laisser venir le massacre ou lutter contre sa racine". K. Daoud
Description de cette image, également commentée ci-après

De l'art de ne rien faire face à Daech et ses prêcheurs

Sur une plage, sous le soleil dur, entre le sel et la solitude, un homme prend une arme et tire sur des touristes. Vieille fable de la littérature. Sauf que le tireur n'est pas un étranger. Les victimes le sont.
A Tunis, le carnage va coûter, au-delà des vies irrécupérables, l'économie d'un pays fragile : misère, pain noir et chômage arrivent. C'est en gros l'idée de Daech international : provoquer la pauvreté, ruiner les pays puis annoncer la fin du monde et recruter les hallucinés de la peine et de la faim. La Tunisie, ce bel exemple contre nos fatalismes, a été touchée au cœur, cette fois, et la facture sera lourde. Sauf que ce Daech s'étend, conquiert, recrute. En Algérie, on y appelle déjà à l'ouverture d'une ambassade, un journaliste propose d'effacer l'étoile de sur notre drapeau pour la remplacer par "Allah ouakbar" (Allah est grand), sur certaines enseignes de pharmacies, le signe du serpent du Caducée a disparu, ne subsiste que le croissant, des éditos sont publiés pour expliquer que Daech est un barrage contre les sionistes et l'Occident, la daéchisation est en marche.
D'où la question, l'unique question : que faire ?
A cela on y répond différemment. Les uns, par ce jeu de déni incroyable, vous disent qu'il ne faut pas réactiver les ogres des années 90. Donc, attendre que les djihadistes reviennent à la raison, fatiguent leur doigt sur la gâchette et s'excusent pour aller vendre des herbes médicinales. D'autres vous insultent, vous, pas Daech. Car c'est plus facile, vous êtes désarmé et ils savent que vous êtes incapable d'égorger. Donc, au lieu de s'élever contre le péril noir, on vous attaque pour avoir appelé à résister. D'autres sont encore à tourner en boucle dans l'absurdité de la position de l'escargot : Daech n'est pas l'islam et il ne représente pas l'islam. D'accord. 
Et qui donc représente cette religion ? Est-ce que représenter cette religion, c'est rester assis à regarder Daech éradiquer l'humanité ? Pourquoi ne dénonce-t-on pas les atteintes à l'islam par Daech et le terrorisme ? Pourquoi il y a des marches contre des caricatures et pas des marches contre des massacres ? Parce que Daech est en marche dans les esprits. Si les égorgeurs ne représentent pas l'islam autant donc se bouger pour mieux le représenter au lieu de cultiver la mauvaise haleine. Autres positions : le déni. Daech est l'Occident, un monstre du sionisme, une fabrication. Puis s'en vont s'asseoir. Sans rien s'avouer sur l'essentiel : ce sont nous qui portons le monstre larvé et si, dans l'hypothèse que cela soit possible, d'autres ne profitent pas, c'est notre faute car nous sommes colonisables, de l'intérieur comme de l'extérieur, faibles, vantards, impuissants et faméliques sur le dos de la chamelle et du pipeline.
D'autres, encore, s'enfoncent plus loin dans le déni, nient la menace et s'abîment dans les analyses sans fond pendant que la daechisation avance son désert et ses pions, tue, creuse le ravin du monde, déracine et ruine le pays. L'incroyable passivité face à Daech et consort et stupéfiante. Elle vient du déni, de la certitude de la défaite et de cet étrange accommodement à la fin du monde comme issue inventable. 
La vraie et unique question est celle de "quoi faire ?" pour arrêter de ne rien faire et attendre que des régimes compromis fassent quelque chose pour nous protéger. Car nous sommes menacés, nous allons être tués, nous sommes attaqués et nous laissons pousser dans nos pays, dans ce pays, ce monstre avec la passivité de gens désossés : voyez certains journaux, certaines TV, certains écrits, certaines écoles et mosquées ! Daech est chez nous, parmi nous et en nous. Alors, soit bouger et se défendre, soit pérorer sur les devoirs de l'intellectuel désarmé, la décennie 90 et la nécessité de faire de la pédagogie. Car oui, il faut que la bataille soit culturelle et de livres, mais ceux qui sont déjà infestés par cette peste ne vous donneront pas le temps.
Celui qui a tiré sur la plage de Sousse est l'enfant des fatwas qui déjà interdisaient les plages, les corps, la nage et le soleil et le désir. Cela commence par les plages hallal comme chez nous et cela finit par des massacres comme à Sousse. Il faut choisir alors : laisser venir le massacre ou lutter contre sa racine.

mercredi 1 juillet 2015

Et si les tunisiens commençaient par compter sur eux-même !

" Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous
mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays". 
John F. Kennedy

Voilà un billet qui se veut optimiste. Sauf que le postulat de Chedly Mamoghli repose sur deux notions qui manquent cruellement aux tunisiens : le civisme et le patriotisme ! 
Et pour cause, c'est un peuple qui a été infantilisé par les pouvoirs autoritaires qui ont jalonné son histoire. Au mieux ils en ont fait des assistés.
Il s'éveille à peine de sa torpeur et commence à goûter aux joies de la liberté ... que déjà, certains voudraient à nouveau brider !

R.B  

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Chedly Mamoghli

L’avenir nous appartient

C’est désormais un réflexe pavlovien présent chez beaucoup de nos compatriotes. À chaque attaque terroriste, bon nombre de tunisiens se mettent à pleurer Ben Ali, à dire «qu’il revienne, qu’ils nous débarrasse de ces monstres qui veulent anéantir la Tunisie » ;«il n’y a que lui, qui avec ses méthodes, peut nous en débarrasser »; «Vous allez voir, ce n’est que le début, vous finirez par le regrettez et vous n’aurez que vos yeux pour pleurer ». Et oui ! Après chaque acte terroriste, la même rengaine. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le Mur des Lamentations tunisien, Facebook, pour le vérifier. Comme si notre destin était de vivre ou bien sous un régime autoritaire où une poignée de parvenus affamés s’en mettent plein les poches. Ou bien, vivre ad vitam æternam dans un climat délétère, sous une menace permanente du terrorisme et se résoudre à subir les attentats.

Je ne suis pas en train de jouer les héros de la vingt-cinquième heure, loin de là. De toutes les manières, ça sera perdu d’avance vu que c’est la spécialité des populistes notoires de l’ancienne Constituante qui demeurent les champions de l’insulte de l’ancien président et de son régime. Ils croient que plus ils l’insultent, plus ils sont patriotes.

Toutefois, je n’accepte pas de choisir entre la peste et le choléra. Ni un régime liberticide, autoritaire où le «tbourib»  – loi du plus fort – est le mot d’ordre ni une Tunisie faible qui capitule face à l’extrémisme islamiste. Il existe une troisième voie, celle de se battre vaille que vaille pour aboutir à une Tunisie prospère où l’État retrouve son éclat et ne sera plus en déliquescence. Où la République incarnera l’autorité et la souveraineté nationale tout en respectant la suprématie de la loi. Naïveté, crieront certains. Pas du tout, c’est une question de volonté. Tout réside dans cette volonté.

Et avant tout, il faut que nous comptions sur nous mêmes avant de compter sur nos partenaires, étatiques ou institutionnels soient-ils. La France, l’Allemagne, l’Union européenne, entre autres, peuvent nous prêter main-forte mais il faut tout d’abord prendre notre destin en main. Nous sommes en guerre contre le terrorisme. Et qui dit guerre, dit économie de guerre. Par conséquent, les grèves interminables et injustifiées -provenant du corporatisme égoïste et dangereux qui sévit depuis des mois – doivent cesser. Ces dernières déconcentrent l’État et ses institutions dans la lutte contre le terrorisme. De plus, et c’est connu par toutes et tous, à moindre de vouloir se voiler la face, la conjoncture économique actuelle et l’état déplorable de nos finances publiques ne permettent plus de financer d’éventuelles augmentations salariales.

Je ne vais pas dans le présent article faire un diagnostic de la situation économique du pays, je l’ai déjà fait dans un précédent article intitulé «Une Tunisie en stagnation». Il faudrait ajouter que le carnage de Sousse a atteint un des principaux poumons économiques de la Tunisie, le tourisme, tout un secteur se retrouve donc sinistré et agonisant.
Le constat est affligeant, la Tunisie vit l’une des pires crises économiques de son Histoire Contemporaine, il ne faut donc plus l’affaiblir en lui demandant de donner ce qu’elle n’a pas. Ça ne fera qu’affaiblir l’État et l’handicaper davantage dans sa guerre contre le terrorisme.

Toutes nos institutions, et surtout l’institution sécuritaire, présentent des failles et doivent être réformées. Toutefois, les moyens humains et logistiques font défaut et nous sommes frontaliers de l’un des pays les plus instables de la planète. Il faut donc inciter à réformer, proposer des réformes et essayer d’influer dans ce sens mais il ne faut surtout pas se lancer dans un concours de dénigrement contre l’État et ses institutions, ceci ne fera que concrétiser l’un des objectifs des terroristes qui est de rompre toute confiance entre les Tunisiens et leur État. 

Ils est donc nécessaire de garder foi en l’avenir, de ne pas désespérer et surtout de se comporter en citoyens responsables capables de faire des concessions matérielles et de reprendre sérieusement le chemin du travail.  Dans le cas contraire, la descente aux enfers se poursuivra, nous irons de mal en pis et le terrorisme ne sera pas vaincu.

Faisons le bon choix, il n’est certes pas facile mais il portera ses fruits . Montrons que la troisième voie est possible, que la Tunisie peut prospérer loin de la dictature et loin de l’extrémisme islamiste. La balle est dans notre camp et l’avenir nous appartient.

Fayçal Karaoui et son orchestre philharmonique à Carthage

Article paru dans : Kapitalis
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Il y a heureusement des événements qui nous sortent un peu de la morosité ambiante, des horreurs du monde et qui nous rappellent que l'humanité peut aussi, et heureusement, faire de belles choses. 

C'est pourquoi je veux signaler le concert que donnera l'orchestre philharmonique de Pau le 28 juillet dans le cadre de la 51 éme session du Festival de Carthage sous la direction de Fayçal Karaoui qui dirige cet l'orchestre de Pau depuis 2001.

Au programme Shéhérazade de Rimski-Korsakov, les Noces de Figaro de Mozart et le concerto pour violon de Tchaïkovski.
festival-carthage-2015
Fayçal Karaoui à été recruté par l'ancien maire de Pau, André La Barrère qui a cru en son talent et lui a donné sa chance. Il n’a pas été déçu, car le musicien a connu, depuis, de grands succès à Pau et ailleurs dans le monde. Il fait partie de ces chefs d’orchestres qui pensent que la «grande» musique doit être partout et accessible à tous. Car, dit-il, il n’est pas indispensable d’avoir fait des études pour écouter et aimer le ‘‘Boléro’’ de Ravel.
Aussi a-t-il eu l’idée généreuse de proposer aux responsables de certaines institutions publiques de se produire avec son orchestre pour partager un moment de bonheur avec les vieux dans les maisons de retraite ou avec des prisonniers dans les prisons.

Malgré l’attentat terroriste de Sousse, le 26 juin dernier, qui en a refroidi plus d’un, Fayçal Karaoui a tenu à maintenir le déplacement de l’orchestre en Tunisie. Il a reçu, à cet égard, l’appui de François Bayrou, l’actuel maire de Pau qui accompagne l'orchestre par solidarité avec les tunisiens..
L'orchestre de Pau Pays de Béarn dirigé par Fayçal Karoui

Les Tunisiens, qui pourront assister au concert de l’Orchestre philharmonique de Pau, passeront sans doute un agréable moment, et ce faisant, ils contribueront au combat pour l’art et contre l’obscurantistes.

Rachid Barnat


L'ORCHESTRE DE PAU BÉARN A CARTHAGE : Mission accomplie !

Contrat rempli : Faïçal Karaoui comme à son habitude a donné un très beau spectacle devant un public assez nombreux dans un amphithéâtre romain à moitié plein.

Il y avait présent dans la "loge" des invités d'honneur, pèle mêle : François Bayrou, maire de Pau et quelques conseillers municipaux comme Jean Paul Brin accompagné de son épouse et Josy Poueyto; Noomane El Fehri ministre des technologies de la communication, Ahmed Néjib Chabbi et son épouse ....

A l'arrivée de François Bayrou, certains espiègles, ont scandé "Bayrou, président", ce qui l'a fait sourire et par le geste (chut !), il leur a dit : " pas ici !".
Lui et ses accompagnateurs se sont prêtés avec bonhomie aux "séances" photos d'un public bon enfant, comme le sont les tunisiens.

Faïçal Karaoui, toujours très élégant, portait une chemise et une veste blanche avec un mouchoir de poche rouge comme un clin d’œil aux tunisiens et pantalon noir. Il s'est démené comme d'habitude avec sa baguette ... au point d'être en nage malgré la petite brise du soir.

L'ouverture de Figaro de Mozart était l'entrée en matière : un air connu pour mettre les tunisiens dans le bain.
Suivi du concerto pour violon de Tchaïkovski avec la soliste au violon Satenik Khourdoian : brillante !

Puis il y a eu le gros morceau de la soirée : le poème symphonique Shéhérazade, avec Allia Sellami comme récitante.

Allia Sellami était belle en Shéhérazade et sa voix l'était tout autant.
Elle racontait le Drame de Shahryar dont le guérira Shéhérazade par ses comptes; qui, courageusement au péril de sa vie, sauvera les jeunes filles desquelles veut se venger ce prince malheureux et jaloux, qui ne s'est pas remis de la trahison de son épouse.
Entre sa voix mélodieuse et les douces mélodies de Tchaïkovski, le public était transporté dans le monde enchanteur des milles et une nuit.

En guise de "bis", Faïçal nous a gratifié du prélude de Carmen de Bizet ... en s’éclipsant pendant que l'orchestre philharmonique de Pau Béarn exécutait les dernières notes !

Très beau spectacle dans un endroit magique : l'amphithéâtre romain de Carthage.

NB : Les organisateurs du festival de Carthage seraient bien inspirés de réinviter cet orchestre et son talentueux chef !


PS : Hamida et Néjiba ont abordé pour discuter avec eux et prendre des photos, François Bayrou et Jean Paul Brin ... qui semblaient ravis de leur présence parmi les tunisiens.

François Bayrou reçu par le président tunisien Béji Caïd Essebsi. 
Photo diffusée sur la page Facebook de François Bayrou.

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