mercredi 5 juillet 2017

Perversité du concept d'islamophobie

Caroline Valentin perspicace, perce à jour le jeu machiavélique de Tariq Ramadan. Sait-elle au moins qu'il défend le wahhabisme cette doctrine nihiliste que son grand père Hassan El Banna s'en était inspirée pour fonder son organisation politique des "Frères musulmans" ? Car dans son analyse elle confond cette doctrine avec l'islam qui en compte bien d'autres obédiences dont plus personne ne parle.
Le plus étonnant de la part de Tariq ramadan, né en Suisse, de nationalité suisse et mariée à une franco-suisse, est son rejet de l'occident et de ses valeurs, dont il a joui et continue de jouir ! A moins qu'il se croit un destin, celui de poursuivre l'oeuvre machiavélique de son grand père : d'où le populisme, le double langage ... Ainsi il en va de l’excision des fillettes comme de la lapidation des femmes, pourvu que les Frères musulmans tiennent en otage les musulmans d'occident et l'islam !
R.B
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Ce que révèle le discours de Tariq Ramadan sur l'excision

FIGAROVOX/ENTRETIEN - « L’excision fait partie de nos traditions », a déclaré Tariq Ramadan, appelant à une discussion interne à «la communauté musulmane ». Caroline Valentin décrypte la rhétorique sécessionniste du prédicateur.

Alexandre Devecchio - Aux États-Unis, l'imam Shaker Elsayed du centre islamique de Falls Church, près de Washington DC, a recommandé au début du mois de juin de pratiquer l'excision pour éviter « l’hypersexualité » chez les femmes, avant de se rétracter devant le tollé suscité. En France, Tariq Ramadan est venu à son secours dans une vidéo publiée sur internet. « C’est controversé, mais il faut en discuter. Nous ne pouvons pas nier le fait que [l'excision] fait partie de nos traditions », a-t-il déclaré dans la vidéo. Et de poursuivre : « Il ne faut pas exposer un de nos leaders qui a servi la communauté pendant plus de trente ans. Il faut nous lever pour défendre nos opinions, et avant de réagir de manière précipitée sur quelconque sujet, nous devons avoir une discussion interne. (...)». 
Que cela vous inspire-t-il ?

Caroline VALENTIN - Qu'a dit M. Ramadan dans cette vidéo ? Que l'excision et les mutilations génitales font partie « des traditions » de la communauté musulmane. Que ces mutilations sont illégales « comme elles sont illégales aux États-Unis » - M. Ramadan s'adresse alors aux musulmans américains qui se sont insurgés contre le prêche de l'iman Elsayed -, c'est être « infidèle à la tradition islamique ». Que ces musulmans qui ont demandé le renvoi de l'imam Elsayed l'ont fait par peur d'être stigmatisés par les non musulmans, non par conviction. Et ces non musulmans, dit Monsieur Ramadan, « on sait qui ils sont, on sait ce qu'ils veulent faire, on sait la manière dont ils veulent faire de l'islam un problème non seulement aux USA mais dans le monde entier ». Ce sont des « racistes », des « islamophobes », et vous, musulmans américains qui critiquez l'imam Elsayed, vous faites le jeu de nos ennemis et vous n'êtes pas des « musulmans dignes ». Enfin, que la question de la légitimité des mutilations génitales mérite d'être discutée, mais discutée «en interne», au sein de la communauté musulmane, sans influence ni a fortiori injonction du «contexte», des «racistes», des «islamophobes», des autres en somme qui «ont un agenda politique»; ce n'est au demeurant pas vraiment un débat impliquant tous les musulmans que prône M. Ramadan puisque précisément, il reproche aux musulmans américains d'avoir pris l'initiative de contester les propos de l'imam Elsayed et donc d'être entrés dans le débat ; non, c'est un débat qui doit avoir lieu entre les docteurs de la foi et les intellectuels, les savants en somme, avec éventuellement, et si besoin était, des questions à des médecins musulmans. Il sera possible de soulever des arguments pendant ce débat mais en l'occurrence, in fine, ce sont les docteurs de la foi qui doivent déterminer si, du point de vue de l'islam, l'excision doit être considérée comme condamnable … ou acceptable.

Non pas que M. Ramadan soit personnellement en faveur de l'excision. À y regarder de plus près, il indique même qu'il ne l'est pas, mais sans trop insister sur le point, en utilisant une formulation floue, une expression faible. Aucune indignation, rien de la véhémence que l'on aurait pu espérer s'agissant de pratiques internationalement reconnues comme des mutilations sauvages et des sévices corporels pénalement répréhensibles dans tout État de droit. Il aurait pu être en faveur de l'excision mais il se trouve qu'il est contre ; on ne saura toutefois pas vraiment pourquoi. Car là n'est pas le cœur du message de M. Ramadan. Son message, c'est avant tout celui d'une injonction à la solidarité communautaire, à la soumission au groupe, d'autant plus impérative, dit le « savant » Ramadan à ses « frères » et « sœurs », qu'il y a conflit entre l'islam et l'occident. L'occident et les occidentaux, l'ouest, les « sionistes » pour reprendre une terminologie que l'on retrouve dans les commentaires des sites communautaristes musulmans et sous la vidéo de M. Ramadan sur Facebook. L'occident qui veut la perte de l'islam. Vous vivez en occident mais l'occident vous déteste, sachez-le. Chaque occidental, tous ceux qui vous entourent là où vous vivez, sont des racistes et des islamophobes. Chaque occidental tient chaque musulman pour son ennemi personnel. Et quand l'occidental critique les paroles de l'imam, c'est vous qu'il critique, c'est vous qu'il agresse, c'est vous qu'il entend détruire. Dès lors, vous, « frères » et « sœurs » musulmans américains (mais le message s'adresse vraisemblablement à tous les musulmans vivant dans des pays occidentaux), vous devez être conscients de ceci : votre devoir, c'est de soutenir votre communauté. Même si cela passe par accepter des pratiques, des diktats qui heurtent profondément votre sensibilité et votre éthique personnelle. Vous êtes avec nous ou contre nous, votre devoir est d'être avec nous, et si pour y parvenir, vous devez vous taire, eh bien, taisez-vous.

Alexandre Devecchio - « Il ne faut pas laisser les autres décider pour nous quelles sont nos priorités. Nous devons dire avec dignité et confiance : c'est à nous de décider, pas aux islamophobes ni aux racistes », explique Ramadan dans sa vidéo. Encore une fois toute critique de l'islam est assimilée au racisme ou à l'islamophobie…

Caroline VALENTIN - Exactement. Sauf que les critiques qui se sont élevées contre l'imam Elsayed ne sont pas une critique de l'islam. Ces critiques ont d'abord été formulées par des Américains musulmans, et par-dessus le marché par des musulmans fervents : il s'agit de fidèles fréquentant la mosquée de l'imam en question. Mais M. Ramadan opère un glissement sémantique tout à fait intentionnel. Si l'on attaque les paroles d'un imam, on attaque l'islam. Si cette critique vient de musulmans, elle fait le jeu de vos ennemis donc elle vise l'islam. Donc elle vise tous les musulmans. Donc elle est raciste ou elle fait le jeu des racistes. Ou plutôt des islamophobes, c'est-à-dire les racistes envers l'islam et les musulmans. C'est là qu'on voit toute la perversité du concept d'islamophobie créé par les têtes pensantes de l'islam politique. L'islamophobie n'est rien d'autre qu'une arme, un instrument de conquête. L'islamophobie est une mystification qui vise à réduire au silence tous ceux qui voudraient voir progresser l'islam vers un islam éclairé, un islam réformé, une religion de paix et d'amour qui deviendrait alors insusceptible d'être invoqué par des ennemis de l'occident pour justifier le djihad. L'islamophobie, c'est le rétablissement du délit de blasphème. Et nous, nous nous laissons faire : ce concept est repris par des responsables politiques, par des organisations internationales, par des intellectuels occidentaux. Ceux-là ont-ils oublié ce que nous a coûté la répression du blasphème en France avant son abrogation, sous l'influence des Lumières, dans le Code pénal de 1791 ? Ont-ils oublié cette histoire de feu et de sang qui nous a permis de comprendre que réprimer le blasphème, c'est rester dans l'obscurantisme et dans la haine de l'autre ? Ont-ils perdu de vue que là où le blasphème est encore réprimé, les pays musulmans en grande majorité, il est souvent utilisé par un islam majoritaire pour persécuter les minorités religieuses, par exemple au Pakistan avec les minorités chrétiennes ?

Le discours de M. Ramadan est tragique. Il est tragique pour nous en tant que nations occidentales, il est tragique pour les musulmans. Tragique pour la cohésion nationale car c'est un discours destiné à alimenter la peur de l'autre, le repli communautaire, c'est un discours défensif, sécessionniste et in fine agressif. Tragique pour les musulmans car il leur commande de barrer la route à toute évolution hors de l'obscurantisme religieux où la résurgence fondamentalisme du XXème siècle les replonge petit à petit. Il les prive de tous les acquis humanistes des Lumières, en termes de liberté, d'égalité, d'émancipation, de respect de la dignité humaine. Car si l'on suit le raisonnement de M. Ramadan, c'est très simple : tout musulman doit s'envisager avant tout comme un membre de la communauté des musulmans, et en tant que membre de cette communauté, il doit préférer la règle de l'islam aux droits et libertés fondamentales que lui garantit la constitution nationale. 

Concernant les mutilations sexuelles féminines, le bon musulman devra s'en remettre à la décision des savants de l'islam. Décident-ils que cette pratique est obligatoire, alors, si l'on suit la logique de M. Ramadan, les bons musulmans devront s'y soumettre et y soumettre leurs enfants. Ils auront le devoir de violer sciemment une loi nationale destinée à les protéger contre des sévices corporels épouvantables pour se montrer « dignes d'être musulman », pour reprendre les termes de M. Ramadan. Or les savants de l'islam auxquels fait référence M. Ramadan ont déjà une position sur cette question : ils les considèrent, selon les différents courants de l'islam sunnite, soit comme honorifique, soit comme recommandée, soit comme obligatoire …

L'injonction à la solidarité communautaire quel que soit son prix se retrouve dans l'enthousiasme manifesté par Houria Bouteldja, dans son livre Les Blancs, les juifs et nous, devant la réaction de cette femme noire qui expliquait qu'elle préférait ne pas porter plainte après avoir été violée par un homme noir car elle ne pouvait pas « supporter de voir un homme noir en prison ». Pour reprendre le commentaire de Jack Dion, « un Blanc qui viole une Noire, c'est un crime raciste. Un Noir qui viole une Noire, c'est une affaire de famille ».

Ces discours sécessionnistes, de peur et de repli, sont remarquablement efficaces pour bien fédérer un groupe ; et surtout pour bien le fédérer derrière celui qui tente de leur insinuer cette peur. Car tel est l'objectif de M. Ramadan : fédérer une communauté musulmane qui aujourd'hui ne l'est pas, qui est éclatée en sous-communautés selon (notamment) les pays d'origine des fidèles, et la fédérer autour d'un projet politique fondamentaliste qui doit non seulement la conduire à faire prévaloir la Charia sur les règles du pays où ces musulmans vivent mais à le faire dans une démarche défensive et donc en définitive agressive. C'est la démarche typique de l'islam politique des Frères Musulmans qui, pour reprendre l'expression de l'ex-Frère Farid Abdelkrim, prétend servir Dieu et les hommes mais entend surtout «se servir de Dieu et se servir des hommes ». Et ne nous y trompons pas, cette stratégie, qui vise à ce que chaque musulman considère chaque non musulman comme un ennemi personnel, a déjà commencé à porter des fruits et risque fort, sur le temps long, d'être redoutablement efficace et délétère.

Alexandre Devecchio - « Nous ne pouvons pas nier le fait que [l'excision] fait partie de nos traditions ». En arrière-plan de cette polémique se pose la question de la compatibilité de l'islam avec les valeurs et le mode de vie occidentale ?

Caroline VALENTIN - Pour être tout à fait précis, l'imam Elsayed a indiqué qu'était recommandée la circoncision des filles qui ne consisterait qu'à enlever «la pointe de la partie sexuelle sensible du clitoris » et non pas le clitoris en entier. M. Ramadan apporte la même précision : il indique en effet que certains docteurs de la foi - car effectivement, l'imam Elsayed reprend une position doctrinale - recommandent dans la tradition musulmane que l'excision ne recouvre pas les pratiques mutilantes allant jusqu'à l'infibulation (suture des grandes et petites lèvres) qui sont pratiquées dans les pays d'Afrique. Toutefois, l'imam Elsayed précise que cette « circoncision » ne doit avoir pour objectif que d'empêcher « l'hypersexualisation » de la femme, sans toutefois lui ôter son plaisir sexuel. Si l'imam Elsayed met sur le même plan circoncisions masculines et féminines, il admet néanmoins que, contrairement à la circoncision masculine, la « circoncision féminie » a bien vocation à influencer la sexualité de la femme. Or si elle influe sur sa sexualité, c'est qu'elle est mutilante. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle est fermement condamnée, quel que soit son degré, y compris au stade de l'ablation partielle ou totale du clitoris ou du prépuce entourant le clitoris, par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et est sévèrement réprimée dans tous les pays occidentaux et dans un nombre croissant de pays non occidentaux. Malgré cela, M. Ramadan, le savant, le philosophe qui a fait sa thèse sur Nietzsche et étudié Kant, estime qu'il faut « discuter du point en interne ». Voilà aussi toute l'habileté d'un certain discours fondamentaliste musulman, rodé à marginalement revisiter et habiller de relativisme les préceptes et pratiques les plus rigoristes de l'islam pour ne pas trop choquer l'opinion occidentale majoritaire (non musulmane) : on ne dit pas que l'excision c'est bien, mais on suggère qu'il serait possible, voire opportun, de débattre de la question et d'en accepter à tout le moins les formes les moins extrêmes ; et ce alors même qu'il s'agit d'un délit pénal ! C'est un peu comme si l'on prétendait débattre du point de savoir si arracher un œil à quelqu'un pourrait, dans certaines circonstances, être acceptable, aujourd'hui et dans une société occidentale avancée, au motif que cela ferait partie d'une tradition immémoriale sur un continent dont sont originaires certains membres de la société. Ajoutons que l'imam Elsayed précise également que dans les pays musulmans où cette circoncision n'est plus réalisée, il existerait des problèmes d'hypersexualisation de la femme. Pour le dire plus simplement, pour l'imam, la femme musulmane - et toutes les autres aussi bien sûr - non excisée est une nymphomane en puissance.

Quelle est la position de l'occident dans tout cela ? M. Ramadan a un point, et un seul. Oui, effectivement, l'occident porte des valeurs qui s'opposent frontalement à celles des fondamentalistes musulmans. Mais l'occident en porte une autre, qui domine toutes les autres : celle du rejet total et absolu de l'essentialisation. Pour le dire plus simplement, l'occident est sans aucun doute en conflit avec le fondamentalisme musulman qui veut qu'un individu ne soit pas libre mais soumis, à Dieu, à l'islam, à la communauté. Qui veut que la femme ne soit pas considérée comme l'égale de l'homme. Qui estime que le non musulman est un mécréant qui doit être combattu, quel qu'il soit, même celui qui vous a tendu la main, qui vous a donné son amitié, son estime, un travail. Qui prévoit des peines de lapidation pour les femmes adultères, qui en arrive à enjoindre la femme victime de viol d'épouser son violeur pour éviter le déshonneur d'arriver vierge au mariage. Qui doit encore réfléchir au point de savoir si les mutilations sexuelles féminines n'auraient pas en définitive quelques inconvénients. Mais l'occident ne considère pas les musulmans comme ses ennemis. Dans les pays occidentaux où certains d'entre eux se sont installés, ils jouissent des mêmes droits et libertés que tous leurs concitoyens. Des politiques de lutte contre les discriminations sont mises en œuvre, les manifestations de racisme sont non seulement sévèrement réprimées mais déclenchent de surcroît une opprobre publique systématique. 

M. Ramadan, dont l'audience, la notoriété et l'influence dans les pays musulmans est négligeable, ne s'adresse d'ailleurs qu'aux musulmans vivant en occident et, il faut bien le dire, avec un certain succès. Or à ces derniers, nous devons le dire : méfiez-vous du chant de la sirène Ramadan. M. Ramadan n'est pas votre ami. Vos amis, ce sont les gens qui sont autour de vous, les occidentaux. Ce sont eux qui vous ont accueillis, nourris, soignés, éduqués avec autant de soin qu'on a pu le faire avec n'importe lequel de vos concitoyens. Ce sont eux qui sont ou seront vos amis, vos amours, vos clients, vos employeurs, vos médecins, vos enseignants. C'est eux, ce n'est pas Frère Tariq et ce n'est pas les pays musulmans que vous avez quitté car précisément, ils n'ont pas été capables de vous donner ce que l'occident vous a fourni. Vous êtes les bienvenus, sans que cela implique d'abandonner la religion qui est la vôtre, dès lors bien sûr que vous la tenez pour un message de paix et d'amour et que vous la pratiquez dans le respect de la religion - ou de l'absence de religion - des autres.

samedi 1 juillet 2017

LETTRE OUVERTE AUX DÉPUTÉS FRANÇAIS !

Article paru dans : 
Agoravox
Kapitalis

Mesdames, Messieurs les Députés,

Vous venez d'être élus et vous faites partie de cette nouvelle majorité née après une véritable révolution intellectuelle opérée par Emmanuel Macron. Comme tous le disent et le répètent, vous avez un devoir éminent : celui de ne pas décevoir ! Ce sera compliqué, tant les français ont été déçus si souvent.

De très nombreuses questions vont se poser à vous et à votre majorité et la question des priorités sera difficile. Cependant une question doit attirer votre attention, souvent mal maîtrisée par les français et qui est pourtant cruciale pour l'avenir du pays.

Cette question c'est celle de l'islamisme.

Il faut rappeler tout d'abord que l'islam de France est celui de ses anciennes colonies; c'est à dire essentiellement d'obédience malékite et soufi. Les français musulmans, issus pour la plupart des anciennes colonies françaises, ont de tout temps, tout en préservant leur foi et leurs pratiques, pu parfaitement s'intégrer et ne pas attenter aux règles et aux valeurs de la République française.

Ce n'est plus malheureusement le cas depuis de nombreuses années; et aujourd'hui, la situation est devenue plus que préoccupante et pas seulement en raison des attentats odieux qui ont meurtris le pays.

Il s'est développé (en réalité on a laissé se développer) une idéologie meurtrière et porteuse de malheur. La France en est infectée tout comme ses anciennes colonies.

Tout d'abord, il faut vous mettre en garde contre le procès qui risque de vous être fait d'islamophobie. Cette théorie inventée par les partisans de cette idéologie meurtrière pour empêcher tout débat pour la combattre; et dans laquelle, malheureusement, bon nombre de politiques (beaucoup à gauche) sont tombés.

Critiquer l'islamisme politique, n'est absolument pas être contre la religion; bien au contraire, c'est dénoncer ceux qui l'instrumentalisent pour prendre le pouvoir. Alors ne vous laissez pas convaincre par ceux qui vous diront que s'attaquer à l'islamisme politique, c'est s'attaquer à l'Islam. C'est faux !

En second lieu, il faut aussi échapper à cette idée complètement fausse que cette situation grave s'explique par le rejet des valeurs de la républiques par une génération touchée par la pauvreté et n'ayant pas de perspectives. Il y a eu et il y a encore beaucoup de français qui connaissent de grandes difficultés et qui, pour certains viennent d'ailleurs, mais qui n'auraient jamais l’idée d'adhérer à l'idéologie meurtrière dont nous parlons.

Cette idéologie est le Wahhabisme que certains préfèrent appeler "salafisme" pour ne pas fâcher les pétromonarques qui doivent leurs trônes au wahhabisme et cherchent à l'exporter dans le monde. Les Frères musulmans que soutient l'émir du Qatar, diffusent cette funeste doctrine aussi bien dans les pays du printemps arabe qu'en Europe; et plus particulièrement en France où l'émir a beaucoup d'amis parmi les dirigeants et les responsables politiques. 
Faut-il rappeler la liste des responsables politiques français et d'élus de l'ancienne assemblée, compromis avec le Qatar ? Et que dire de Claude Bartolone qui a reçu au palais Bourbon les Frères musulmans et leur acolyte pan-arabiste Moncef Marzougui, assassins de Chokri Belaid, alors que les progressistes tunisiens espéraient beaucoup des socialistes français pour les en débarrasser ?

Sans entrer dans les détails et dans l'histoire de cette idéologie, c'est l'idée d'un retour à l'islam d'origine (une origine fantasmée, soit dit en passant) et qui aurait pour mérite de permettre aux musulmans de regagner le pouvoir et l’influence qu'ils ont perdus depuis longtemps. Ce retour aux sources et, c'est en cela qu'il est très dangereux, s'accompagne d'une critique essentielle des valeurs universelles de liberté, d'égalité et donc des droits de l'homme.

Evidemment tous ceux qui adhérent à ces idées ne sont ni violents ni partisans de la violence et l'on pourrait donc être tenté de dire qu'il s'agit de leur liberté de penser.
C'est là le piège car en formant plusieurs générations à ces idées et à cette hostilité aux valeurs humanistes, cette idéologie constitue le terreau indiscutable de la violence et du terrorisme; et c'est l'erreur (ou la stratégie électoraliste ?) de certains hommes politiques français et européens de prétendre à l’existence d'un islamisme modéré; comme la gauche a voulu le vendre en France mais aussi en Tunisie, pour soutenir les Frères musulmans.

C'est ainsi que les Frères musulmans ont pu islamiser peu à peu les français issus de l'immigration maghrébine, en refusant les valeurs universelles, en revenant sur la liberté de conscience, comme sur l’égalité des hommes et des femmes, .... pour faire simple, en rejetant la laïcité. Et ce, en toute impunité, voir avec le soutien des responsables politiques français !
Quand une grande partie de la population verse dans ces idées, elle est prête, en tous cas certains de ses membres, à la violence et à la lutte en versant dans le terrorisme.

Or cette idéologie dispose, hélas, de moyens considérables en argent et en moyens de diffusion grâce aux pays qui la diffusent depuis longtemps, du moins depuis la chute du mur de Berlin : les Ibn Saoud et le Qatar essentiellement.

Il vous appartient de lutter avec la plus grande fermeté non seulement contre les criminels (cela est évident) mais contre la diffusion en France de cette doctrine mortifère car lutter seulement contre les criminels, c'est laisser le venin s'installer et nourrir le terrorisme.

Il faut le faire par une condamnation sans cesse répétée de cette doctrine en montrant son côté malfaisant et en faisant en sorte d'interdire le prosélytisme par tous les moyens. Au besoin, en créant de nouvelles lois, en sanctionnant tous les comportements fondés sur cette doctrine d'un autre âge et en prononçant la dissolution de toute association qui serait fondée sur cette doctrine, contraire aux valeurs essentielles de la France.

Les partisans de cette doctrine sont des gens habiles à utiliser les lois de la République pour mener leur oeuvre de destruction. Les mieux organisés étant les Frères musulmans, beaucoup de français ne se laissent plus duper par la rhétorique de leur chef, le petit fils du fondateur de la confrérie : Tariq Ramadan. Les Frères musulmans ont même théorisé l'idée qu'il fallait ruser et tromper son monde pour parvenir à leurs fins, en recourant à la "taqyia" (La dissimulation, comme moyen stratégique). C'est la raisons pour laquelle il faut être à la fois vigilant, ferme et ne pas hésiter à mener le combat pour la survie des valeurs de la Républiques, ces valeurs du vivre ensemble, autrement dit la laïcité à laquelle les français sont attachés, à juste titre.

Certains d'entre vous avez probablement pris conscience de ce danger; puisque durant la campagne électorale certains candidats projetaient de lutter contre le terrorisme et le wahhabisme qui le fonde; et dénonçaient pour certains d'entre eux, les pétromonarques qui le soutiennent en désignant le Qatar et les Ibn Saoud, avec lesquels la France doit revoir ses relations.

Rachid Barnat

Lire : LA POLITIQUE EXPANSIONNISTE DES Ibn SAOUD PAR LE WAHHABISME !

                                                         



mercredi 28 juin 2017

ENCORE UNE QUI JOUE SON DESTIN BÊTEMENT !

La fille d'une amie vient de se fiancer. Cette fille selon sa mère, est une grosse tête, têtue comme une mule car elle tient à son indépendance.

Le père de son fiancé est imam et sa mère est foulardée, autrement dit de ces nouveaux sympathisants des Frères musulmans depuis que Ghannouchi et ses hommes se sont emparés de la "révolution" des tunisiens et mis la main sur le pouvoir en Tunisie. La fiancée n'a rien trouvé de mieux pour les séduire, que de jouer à la bigote en leur présence en portant le foulard islamiste !

Pourtant elle refait la même erreur que son aînée qui se disait elle aussi, libre et indépendante et jouait de sa beauté naturelle et de sa coquetterie pour s'habiller "moderne" ... jusqu'au jour où par déception amoureuse, elle s'est "réfugiée" dans la religion en adoptant la bigoterie ambiante du wahhabisme qu'elle ignorait totalement jusque-là, en portant le foulard pour cacher ses cheveux qui faisaient pourtant sa fierté; puis s'être inscrite sur un site islamiste de rencontre pour se jeter dans les bras d'un garçon "croyant" et dont les parents sont bigots, de ces "nouveaux bigots post-révolution" !
Le plus étonnant, est qu'elle cherchait un "musulman Français", pour fuir la Tunisie islamiste et s'installer en France pays des libertés !
Et pour épouser ce garçon, elle s'est mise à séduire ses parents avec une bigoterie zélée, persuadée qu'une famille "pieuse" sera garante d’honnêteté et de stabilité pour son couple ... jusqu'au jour où elle découvre que son mari lui a menti en cachant un premier mariage et un enfant issu de cette union et dont la femme a demandé le divorce pour cause de violence; divorce qu'elle finira elle même par demander, déçue d'avoir été dupée par son mari et ses beaux-parents ! Elle finira aussi par retirer son foulard et abandonner la bigoterie qui allait avec; pour redevenir la coquette qu'elle était. 

Le plus curieux, c'est la campagne qu'elle avait faite autour d'elle et sur FB pour les Frères musulmans d'Ennahdha durant la campagne électorale de 2011, contente de les voir gagner les élections; et que depuis qu'elle veut divorcer de son mari, elle a "divorcé" d'avec les Frères nahdhaouis et cherche à fuir la Tunisie, quitte à épouser un non musulman étranger, pour fuir un pays devenu irrespirable, comme elle dit, depuis qu'il est dominé par les islamistes !  

Est-ce en reproduisant la bêtise de sa sœur que la cadette va s'affirmer demain, face à ses futurs beaux-parents et à son mari, revendiquer sa liberté de s'habiller comme elle veut, elle qui tient tant à son indépendance et à sa liberté de femme; puisqu'elle dit vouloir assurer et assumer ses choix personnels ?

Tu parles de bigoterie comme assurance sur l'avenir : les beaux parents de sa sœur et leur tartuferie auraient du lui ouvrir les yeux, d'avoir caché le premier mariage de leur fils !

Et voilà comment la cadette suit bêtement l'exemple de son aînée; qu'elle a pourtant suffisamment critiquée pour avoir abdiqué ses belles résolutions d'indépendance et de liberté !!

Faut-il rappeler que les deux sœurs sont d'un bon niveau universitaire ? Alors comment reprocher aux filles moins instruites de se laisser embrigader par leurs familles dans la nouvelle bigoterie post-révolution galopante qui submerge la Tunisie ?

Tant d'inconscience de la part de certaines tunisiennes tombées dans le piège des islamistes, augure d'une Tunisie bientôt aussi bigote que l'Algérie, depuis que le wahhabisme a gagné ce pays sous l'action des Frères musulmans du FIS auxquels le pouvoir "militaire" avait abandonné la gestion "sociétale" dans l'espoir qu'ils ne se mêlent pas des "affaires" des généraux au pouvoir pour "gérer" l'or noir du pays !
A moins que ce ne soit qu'opportunisme de la part de gens sans conviction politique ni religieuse, mais qui hypocritement veulent bien se faire voir par les Frères musulmans qui détiennent le pouvoir réel; puisqu'ils font et défont présidents, gouvernements, chefs de gouvernement, ministres ... depuis qu'ils ont accaparé la fumeuse révolution des tunisiens.

Dommage pour elles d’abandonner le statut que Bourguiba avait accordé à leurs grand-mères et dont leur mères avaient profité largement pour s'émanciper petit à petit des hommes et des traditions obscurantistes ...
Par leur inconscience, sinon leur bêtise, elles contribuent à la perte des droits des tunisiennes, uniques dans le monde dit "arabo-musulman"; et ce, dès l'indépendance de la Tunisie, grâce à la perspicacité et à l'intelligence d'un homme dont elles ignorent le combat pour les femmes.

Mais comme dit le proverbe tunisien : " n'dakhel comch l'ijjanna bisslasil ? " (Vous emmènera-t-on enchaînées au paradis ? ) ... si elles sont assez bêtes pour jouer leur destin, qu'elles assument ... mais qu'elles ne viennent pas se lamenter des conséquences du choix qu'elles font !

Pôvre Bourguiba : il doit se retourner dans sa tombe devant tant de stupidité !

PS : Il faut reconnaître qu'elles n'ont pas du tout lutté pour leurs droits pour en apprécier les avantages ; puisque Bourguiba les leur avait accordés sans leur avis ni celui des hommes qui à coup sûr les auraient rejetés; persuadé que la construction d'un pays moderne passait par l'émancipation de ses femmes ! Mais le jour où elles voudront les reconquérir, il leur faudra se lever de bonne heure pour les arracher des mains des islamistes. Il leur suffit de voir où en sont les iraniennes plus de trente après l'arrivée au pouvoir des islamistes, qu'elles ont pourtant soutenus, en arborant leur étendard : le tchador ! 

Rachid Barnat

lundi 19 juin 2017

RAMADAN : Une occasion pour les juges islamistes pour dicter leurs lois ... religieuses !

Article paru dans : Kapitalis


Un certain nombre de constituants viennent de publier un texte par lequel ils condamnent fermement la décision d’un juge de Bizerte qui a condamné des jeunes qui ne font pas ramadan et qui ont été interpellés pour avoir mangé en public, arguant d’une "atteinte à la morale"  et d'un "outrage public à la pudeur" !

Cette décision avait d’ailleurs, avant même cette prise de position, alarmé une partie de la société civile attachée à la liberté de conscience et conduit à un mouvement protestataire au slogan «Mouch Bessif» (Pas de jeûne sous la contrainte !)*.

Cette protestation et ce mouvement sont devenus nécessaires (même si l’on peut regretter que les partis qui se disent progressistes aient été bien silencieux) depuis que la révolution tunisienne a été dévoyée de ses objectifs («Liberté, Dignité et Travail !») par les Frères musulmans, pour les remplacer par des questions identitaires posées à un peuple qui n’avait pas de problème avec sa tunisianité; et qui sous prétexte de lui faire recouvrer son identité «arabo-musulmane», lui fourguent le wahhabisme en lieu et place de son malékisme ancestral.Il faut les développer car le pays ne peut se laisser dicter sa conduite par des fanatiques nouvellement convertis au wahhabisme, et qui veulent l’imposer aux autres par l’intimidation, la violence psychologique et physique.


Quant au jugement de Bizerte, avec tout le respect que l’on doit avoir pour la Justice, il constitue, à quelque point de vue que l’on se place, une ânerie sans aucun fondement juridique. Ce juge est, soit incompétent et il n’a rien à faire à son poste, soit prosélyte du wahhabisme et il devra ou respecter la loi et ses concitoyens ou partir. Car son jugement ne tient ni sur le plan juridique ni sur le plan religieux.


Sur le plan juridique le texte de protestation des députés protestation des députés est très clair et parfaitement argumenté.
La Constitution, dont il n’est pas inutile de rappeler à ce juge qu’elle prime sur tous autres textes, est très claire même si les Frères musulmans du parti islamiste Ennahdha ont joué l’ambiguïté.
La Constitution édicte, et les rédacteurs ne se sont pas privés de le rappeler pour s’en féliciter, la liberté de conscience, c’est à dire celle de croire ou de ne pas croire.
Il est vrai que dans un autre texte, cette même Constitution, sous la pression des islamistes, a indiqué que l’Etat était chargé de « défendre la religion ».
Sans doute certains voudraient jouer sur cette ambiguïté pour soutenir que, dans sa défense de la religion, l’Etat doit donc veiller au respect des règles du mois de ramadan ! Ce serait une interprétation tout à fait choquante et complètement contestable de ce texte. Défendre la religion c’est évidement faire en sorte que chaque Tunisien musulman puisse respecter son culte et n’en être empêché par rien. Mais, ici, en quoi le non-jeûneur empêcherait-il quiconque de jeûner et de respecter sa religion ?
Toute autre interprétation serait abusive et juridiquement infondée !
Par ailleurs, la position du juge est contraire au Coran lui-même. Ce juge fait dire à la religion ce qu’elle n’a jamais dit et que seuls les nouveaux convertis au wahhabisme ont mis en œuvre.
Doit-on citer une nouvelle et énième fois ce texte : « Nulle contrainte en religion » ? (Sourate 2 : Al-Baqara – La Vache. Verset 256).
Doit-on rappeler ce verset : « La vérité émane de votre Seigneur. Quiconque le veut, qu’il croit, et quiconque le veut qu’il mécroie » (Sourate 18 : Al-Kahf – La Caverne. Verset 29)
Allah s’adressant au prophète Mohamed, lui dit : « Vas-tu te consumer de chagrin parce qu’ils ne sont pas croyants ?» (Sourate 18 : Al-Kahf – La Caverne. Verset 6)
Est-ce que les juges doivent être plus exigeants que ne l’est le Coran ? D’où croient-ils tenir ce pouvoir ? Ce comportement est, en réalité, blasphématoire car ce juge se prend pour Allah pour juger la foi des hommes.
Et c’est là le danger du wahhabisme; puisque ses adeptes s’autoproclament défenseur d’Allah et de son prophète, pour imposer leur idéologie aux autres !
Enfin le texte qui a été utilisé et qui concerne l’outrage à la pudeur est tout simplement une dénaturation de ce texte qui ne vise évidemment pas cette situation; et c’est, dès lors, une forfaiture au prix d’ailleurs du ridicule car dire que des musulmans pieux se trouvent outragés par des gens qui mangent c’est donner peu de force et une grande faiblesse à ces pieuses personnes, qui pour vivre leur foi, il leur faut le soutien des autres qui doivent, au prix d’un simulacre, faire semblant de pratiquer et de jeûner ! 

Une absurdité selon Amnesty International.

Le drame des Tunisiens, c’est que cette islamisation rampante pratiquée par les Frères musulmans d’Ennahdha se fait avec avec la complicité du président de la république Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounes, censés être les remparts à l’obscurantisme, que les islamistes diffusent dans le pays en répandant le wahhabisme qui fonde leur action politique.

Il ne reste à la société civile et aux Tunisiens, qui refusent la régression et la perte de leur identité tunisienne, qu’à résister à la wahhabisation de la Tunisie, comme l'avaient fait en leur temps, leurs ancêtres !
Rachid Barnat
* Littéralement : Pas sous la menace du sabre !

jeudi 15 juin 2017

Sidi Bou Saïd, avant qu'il ne devienne Sidi Bou ...


... pour tourisme de masse !

  L'hommage de l'épicurien Jean Daniel à Sidi Bou et à Jellal Ben Abdallah. Malheureusement ce village est victime de son succès, comme le sont Hammamet et Jerba, ces autres lieux phares du tourisme tunisien, d'autant que l'Etat est démissionnaire devant les constructions anarchiques qui les défigurent chaque jour un peu plus; et ce, depuis la main mise des Frères musulmans sur le pouvoir en Tunisie. 
R.B 
Charmes nocturnes au Café des Nattes à Sidi Bou Saïd 
Ksenia Filippova (peintre russe)
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Jean Daniel
Le bonheur comme œuvre d’art

Quiconque n’a pas connu Sidi Bou Saïd dans les années 60 et 70 ignore ce que peut être le bonheur de vivre. Ce trésor d’harmonie, cet îlot d’« ordre et beauté, luxe, calme et volupté », était ignoré des touristes, de ce que l’on appelle aujourd’hui les people et ne figurait dans aucun magazine. C’était un lieu secret pour initiés de grande exigence. Quiconque n’a pas médité à cette époque sur les hauteurs, entre les tombes du petit cimetière marin qui domine le golfe, humant le sucre du chèvrefeuille, la sensualité du jasmin et l’apaisement de la fleur d’oranger ne peut savoir en quoi consiste la plénitude.
Lorsque j’y suis arrivé, j’ai eu le privilège de m’immerger dans ses charmes, mais lorsque j’ai connu, en ces lieux et en leur domaine, Jellal et Latifa Ben Abdallah, j’ai reçu cette rencontre comme une grâce. J’avais lu quelque part, sous la plume d’un poète - Armand Guibert, je crois - que la jeune école de peinture était en Tunisie rayonnante et que s’il ne fallait pas passer à côté d’un Moses Levy, il fallait avoir vu les miniatures de Jellal Ben Abdallah. J’étais déjà enchanté à l’idée de connaître un miniaturiste de talent parce que j’avais un ami très cher qui ne plaçait rien au-dessus des enluminures, de la miniature et de la calligraphie. Depuis les « Très Riches heures du Duc de Berry » jusqu’aux œuvres des artistes chinois, on voyait surgir un monde magique. Ce fut une très heureuse époque du peintre que je vais désormais appeler Jellal et elle est apparue dans son parcours avant qu’il ne soit obsédé par certains yeux et certaines mains de femmes. A vrai dire une seule femme. Mais j’y reviendrai.
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Jellal Ben Abdallah
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Jalel & Latifa Ben Abdallah
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Jellal Ben Abdallah - Profil De Femme En Bleu
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J’ai découvert dans la maison de Jellal comment un artiste pouvait être d’abord un artisan, comment l’harmonie pouvait s’éloigner de la somptuosité et de la vulgarité du luxe qui menace tous les nouveaux riches, avec quelle discrétion distante et inspirée on peut faire de sa vie une œuvre d’art et du raffinement une façon de vivre. J’ai connu l’époque de la petite maison, qui était elle-même, tout en escaliers, une miniature. Elle imposait que l’on s’y déplace comme une danseuse cambodgienne.
J’ai fini par avoir, dans cette maison, mes habitudes, simplement en recevant de mes hôtes un enseignement discret et contagieux. Il y a certaines heures où il faut ouvrir telles fenêtres ou en fermer d’autres. Il y a des moments pour la création et d’autres pour la torpeur. Il faut continuellement jouer avec le fait qu’il y a, en Méditerranée, une lutte entre la chaleur et la lumière et que l’on veut se protéger de l’une et s’immerger dans l’autre.
Et puis, il y a eu cette maison à laquelle je ne peux pas penser sans émotion et où la répartition des volumes et la maîtrise de l’espace accompagnaient des journées vécues le long d’une mer somptueuse sur laquelle veillait, immobile et fascinant, le Bou Kornine.
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Le golfe de Tunis avec ses deux vigies Sidi Bou Said et le Boukornine

Chaque fois que je me suis réveillé dans cette maison pour faire mon yoga, Jellal était déjà levé depuis longtemps, se plaignant de l’invasion des eucalyptus mais disposant les fleurs qu’il avait achetées, à l’aube, à ses fournisseurs complices.
J’ai vu Jellal discuter au grand marché pendant des heures avec ces fleuristes. Ce raffinement s’étoffait d’une érudition et d’une méticulosité qui m’en imposaient. Les interlocuteurs étaient très sérieux. En choisissant une fleur, ils refaisaient l’ordre du monde. Cette véritable et incomparable élégance dans la réserve, la retenue, la simplicité, je ne l’ai connue que chez de vrais artistes comme Jellal.
Et on la retrouvait partout, y compris, bien sûr, dans la préparation des mets que la princesse des lieux organisait avec préciosité. Je suis souvent passé, ainsi, de la vie de l’artiste à l’œuvre d’art et je ne les ai jamais vraiment séparées.

Et puis, j’ai connu d’autres périodes dont ses amis ont retrouvé, bien heureusement, des ébauches où l’on voit un surréalisme réinterprété par la Méditerranée tunisienne qui oscille entre l’Italie et la Turquie. J’espère que ces ébauches vont être exposées et leur accrochage bien mis en valeur. Tout se passe comme si Jellal ne connaissait pas lui-même toute les ressources dans lesquelles il avait puisé et qu’il redécouvrait aujourd’hui dans son être profond de fugitifs fantasmes.

Jellal a reçu sans vanité, sans ostentation et même sans fierté des personnalités célèbres. Lorsque Gide, qui habitait (sur invitation du poète Jean Amrouche) chez Raymond de Gentile, est venu le voir et qu’il a manqué de curiosité pour son œuvre, il n’a pas hésité à le battre aux échecs malgré les consignes du protocole et les rites de l’obséquiosité devant un grand homme. Souvent, on a vu des yachts faire escale dans le port de Sidi Bou Saïd, des yachts d’où sortaient des écrivains américains qui voulaient admirer ses dons d’architecte, de décorateur et de peintre.

J’ai le souvenir d’avoir demandé à Latifa et Jellal d’inviter pour moi le grand arabisant Jacques Berque et l’éminent philosophe Michel Foucault, tous les deux professeurs au Collège de France et qui allaient se rencontrer pour la première fois. Jacques Berque a fait l’éloge de l’art abstrait en disant que c’était l’écriture arabe qui était l’une des origines de cet art. Michel Foucault a développé ce thème mais en se référant curieusement à des sources musicales. Jellal n’était nullement impressionné. Il a refusé avec véhémence que l’on pût déformer, transfigurer et rendre méconnaissable la beauté du visible.

Il se voulait le plus tunisien et, disait-il, le plus tunisois des peintres en soutenant que c’est avec le particulier que l’on pouvait tenter d’atteindre l’universel.

Latifa était enchantée de recevoir des hommes dont je lui avais fait un si chaleureux éloge et elle était en même temps attendrie par le calme et la placidité de Jellal son époux que rien ne pouvait tirer de son univers.

J’espère avoir convaincu que j’admire cet homme, que j’aime ce couple et que la présente évocation illumine des souvenirs que je voudrais partager avec tous ceux qui sont invités à les découvrir.

jeudi 1 juin 2017

Vous avez dit moralisation de la vie politique


Certains journalistes se prendraient-ils pour des juges ? Que cache leur acharnement sur Richard Ferrand ?
Depuis qu'Emmanuel Macron a décidé de changer son rapport aux journalistes, tirant les leçons des dérives de ses prédécesseurs Sarko & Hollande; certains journalistes, semblent vouloir se venger en s'en prenant à ses ministres n'ayant pas d'emprise directe sur lui !
Car vouloir à tout prix faire un parallèle entre Fillon et Ferrand, c'est pousser loin le sens de la justice; puisque les deux pratiquaient en toute légalité l'emploi de leur proche, sauf que l'emploi de Mme Fillon était fictif, ce que ces journalistes "omettent" de rappeler !!

R.B

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Jean Pierre Ryf


L'élection présidentielle et maintenant les élections législatives auront été dominées par cette volonté populaire de "moraliser" la vie politique.


Que des comportements anormaux et même choquants aient été commis depuis longtemps par les politiques mais sans doute aussi par certains industriels ou commerçants, est une réalité; et que ces situations aient entraîné une suspicion chez les citoyens, une désaffection pour le politique et, de manière d'ailleurs assez illogique, un renforcement des extrêmes, des populistes "dégagistes" cela n'est pas douteux.


On ne peut cependant qu'être un peu inquiet devant ces attaques médiatiques fortes, répétées en boucle et se saisissant des faits anciens pour  attaquer non seulement les auteurs des actes mais pour affaiblir le pouvoir. Que la presse révèle les faits et en fasse l'analyse une fois ou deux, cela serait normal mais cette information mille fois répétée sur pratiquement toutes les télés et mobilisant des heures durant des journalistes et de prétendus "sachants", a quelque chose de malsain et d'abusif.


Le Président Macron en est conscient. Il tente de remettre la presse à sa vraie place, qui n'est pas celle d'un juge et qui devrait réfléchir à sa manière de fonctionner car les français vont vite en avoir marre et ne pas comprendre ces acharnements successifs. Ils sont assez grands pour prendre connaissance des faits et se faire un point de vue sans entendre chaque fois qu'ils ouvrent leur radio ou leur télé, ces ressassements.



Je pense qu'il y a là un danger, celui de voir naître dans les rédactions et chez le peuple, de petits Saint Just prêts à toutes les inquisitions et des donneurs de leçon à peu de frais. Certains chroniqueurs ne sont pas loin de penser la même chose.


Il faut rapidement sortir de  cette espèce de volonté de n'avoir à faire au pouvoir qu'a des saints car on voit où cela a souvent conduit les révolutions !

Est-ce à dire qu'il faut tolérer n'importe quoi ? Bien sûr que non. 
Mais il faut impérativement se donner un cadre de réflexion et de jugement clair, ferme et sur lequel on sera ensuite intraitable.
Pour moi l’appel à la morale et à l'éthique n'est pas satisfaisant car où devra-t-on s'arrêter ? Où faut-il mettre le curseur ?

Prenons un exemple : celui de la rémunération et notamment celui des acteurs, des joueurs de foot ou des grands patrons. Selon la morale qui est la vôtre, vous pourrez penser que gagner des millions et avoir d'un autre côté des travailleurs faisant un travail pénible, gagner à peine de quoi survivre; est injuste et contraire à une forme de morale.

Je pense donc que la seule règle qui doive s'appliquer est la loi, toute la loi rien que la loi. Chacun a le droit de faire ce qui est interdit et mais sera sanctionné par la loi. Il appartient au législateur, poussé par les citoyens, de faire des lois strictes et de faire ensuite appliquer la sanction.

Tout cela aura le mérite de la clarté, de la prévisibilité et de la sanction. Cela ne laissera pas la place aux analyses plus ou moins vagues sur la morale et l'éthique utilisées, pas toujours sans arrière pensée, par ceux qui mettent ces critères en avant.

Désormais il faut que la grille de lecture soit la loi; et quand la loi tolère des comportements choquants elle doit être changée, ce qui est en passe d'être fait.
Appliquez maintenant cette grille et l'on verra que tout est beaucoup plus clair et que l'on évitera des dérives graves.

Dans l'affaire Fillon même si l'emploi de son épouse et de ses enfants peuvent choquer, cela n'était pas interdit par la loi; et donc il faut critiquer la loi, la réformer mais il n'y a sur ce point rien à reprocher à Fillon. Par contre si les emplois ont été fictifs, alors la loi  a été violée; et cela doit être sanctionné.

Même chose dans le cas Ferrand. On peut penser ce que l'on veut de son comportement mais si la loi n'a pas été violée, alors il n'y a rien à faire.

Enfin dans ces affaires dans lesquelles on soupçonne une violation de la loi, je suis contre cette règle qui a été mise en avant par Balladur et appliquée à plusieurs reprises selon laquelle un ministre mis en examen doit démissionner.

C'est une règle qui a été adoptée par faiblesse, par opportunisme pour complaire au peuple, mais qui, à mon sens, est contraire à tous les principes et d'abord à celui de la présomption d'innocence qui est un grand principe protecteur des libertés individuelles. 
Il faut ajouter que la mise en examen est une règle fondamentale destinée précisément à protéger la présomption d'innocence et à permettre à la personne mise en examen d'accéder au dossier et de se défendre.
Dés lors comment comprendre l'acharnement des médias contre Richard Ferrand pas encore mis en examen à réclamer sa démission; et que François Bayrou, bien que mis en examen, ne démissionne pas de son poste selon la régle Balladur adoptée par Emmanuel Macron et son chef de gouvernement Edouard Philippe ? Ce qui démontre l'absurdité de cette régle populiste !
De très nombreuse personnes mises en examen ont, par la suite, été innocentées.

Dans ces conditions faire démissionner quelqu'un parce qu’il a été mis en examen est une atteinte à la présomption d'innocence; et rien ne justifie un tel traitement.

Ensuite il faut deux choses :
- Améliorer le fonctionnement de la justice et le rendre plus rapide car ce statut de mis en examen, préjudiciable, ne doit pas durer. Il faut savoir le plus rapidement possible si le mis en examen est coupable ou non.
- D'autre part il faut que lorsque la culpabilité est avérée, la sanction soit forte et que l'inéligibilité pour les politiques soit très souvent appliquée; et pour des durées significatives.
Il n'est pas acceptable qu’après avoir été condamnés, des politiques, comme cela est arrivé très souvent, soient réélus !

J’espère que la loi promise qui ne s’appellera pas loi de "moralisation", prendra en compte ces analyses. Alors les choses seront claires et ne permettront plus cette atmosphère de chasse à la morale, pour ne pas dire aux sorciéres; avec tout ce qu'elle comporte d'hypocrisie et de malsain.