mardi 16 novembre 2021

LES PEUPLES, A L'IMAGE DE LEURS GOUVERNANTS ...

Ou quand la Démocratie est effective, dans un Etat de droit !

Article publié dans : Agoravox

Les villes du fumeux "printemps arabe", sont de plus en plus sales et laides, depuis que le wahhabisme s'y répand !

Le Cygne menacé, emblème de la Hollande.
Elèves espagnols au musée des beaux arts de Valencia
Elèves espagnols au Prado à Madrid
Elèves espagnols avec le guide au musée des beaux arts de Séville.
Elèves hollandais au Rijksmuseum d'Amsterdam
Elèves français avec leur institutrice au centre Pompidou à Paris
Elèves français, dessinant l'Arc de Triomphe de Christo ...

A un ami qui me posait souvent la question, lors de nos voyages en Europe que ce soit l'Europe du sud comme Venise, Florence, Rome, Athènes, Madrid, Grenade ou Valencia ... ou l'Europe du nord, comme Londres, Bruxelles, Amsterdam ... : pourquoi ces villes sont-elles belles et bien tenues; et non celles de la Tunisie ou celles de l'Algérie, nos pays d'origine respectifs ? Et plus généralement, les peuples qui enlaidissent leur environnement, est-ce une fatalité ??

J'ai mis longtemps à trouver une réponse cohérente à sa question; alors que jusque-là, je me contentais de dire que cela tient aux gênes des peuples ! Ce qui est une réponse bête et méchante, trahissant ma colère contre les Tunisiens qui laissent défigurer leurs villes s'ils ne participaient par leurs constructions anarchiques, à les enlaidir; et dont je disais souvent que le seul art qu'ils apprécient, c'est l'art culinaire; tout le monde s'accordant à dire que le Tunisien aime bien manger et qu'il est souvent fin gourmet.

Après mûres réflexions, j'ai fini par lui donner deux explications pour répondre à sa question pour comprendre pourquoi certains peuples cultivent le beau et d'autres semblent s'en détourner.

Pour prendre des exemples concrets, je compare deux villes balnéaires, une en Espagne et l'autre en Tunisie : Valencia et Hammamet, quoique de taille différente ! Deux villes on ne peut plus méditerranéennes par leur plage, leur végétation, leur climat et leur statut de ville touristique.

Le visiteur de ces deux villes est de prime abord saisi par la beauté, l'harmonie et la propreté de l'une; et rebuté par l'anarchie architecturale et la saleté de l'autre. 

Valencia pourtant troisième grande ville espagnole, dispose d'une plage de sable fin qui s'étend sur plus de 20 km et large d'une centaine de mètres par endroit. Sa plage est propre, aménagée pour les baigneurs sans la défigurer, bordée d'une promenade ou paséo de 7 km, arboré et agrémenté de fontaines, de statues, de jeux pour enfants et pour adultes, d'éclairage public de qualité, toujours bien tenue; contrairement à la plage de Hammamet pourtant petite station balnéaire, dont le paseo de quelque centaine de mètre, bien que financé par le prince Albert de Monaco, laisse à désirer car fait de bric et de broc à moindre frais; puisque même ses lampadaires n'ont pas survécu aux premiers hivers, étant fabriqués de tige de fer couverte de moulage en polyuréthane imitant grossièrement les réverbère en fonte des paséo espagnols ! Sans parler du pavement de ce mini paseo qui longe le cimetière marin, posé à même le sable en dépit des règles en la matière, que les premières pluies ont vite transformé en piste accidentée et défoncée ... alors que celui de Valencia bien que plus ancien, est toujours intacte ! Preuve que l'argent offert par ce généreux donateur pour embellir cette station balnéaire, a été détourné par des responsables municipaux peu scrupuleux, pour ne pas dire corrompus, pour livrer aux Hammamétois une telle ineptie qui défigure un peu plus cette ville, pourtant phare du tourisme tunisien 

Lampadaire en mousse polyuréthane ...

Si les responsables municipaux de Hammamet ont réalisé à moindre frais un projet auquel est associé le nom de ce prince monégasque, trahissant une corruption endémique; depuis la fumeuse révolution de 2011, la corruption s'étant généralisée et démocratisée avec les islamistes, ceux-ci ne s'encombrent plus d'un semblant de réalisation de quelque projet que ce soit; puisque l'argent est détourné en totalité et le projet passe à la trappe comme passe l'argent des donateurs directement sur le compte bancaire des responsables islamistes. Ce que découvrent, ahuris, les Tunisiens avec la "disparition" du don chinois à la Tunisie que Rafik Bouchlaka, gendre du Frère musulman Ghannouchi, avait détourné quand il était ministre des Affaires Etrangères de son beau-père !

Un autre point et qui n’est pas des moindres, la préservation du patrimoine architecturale qui est l’âme de ces villes balnéaires. A Valencia, El Cabanyal un quartier de front de mer, a failli être rasé par une maire corrompue qui voulait le livrer aux spéculateurs fonciers pour y édifier des immeubles et des tours, comme cela s’est fait sur d’autres côtes espagnoles défigurées à jamais. Il y eut une résistance de la part des amoureux de ce quartier, jusqu’à l’éviction de cette maire corrompue par les urnes aux élections municipales et l'abandon de ce funeste projet ! Et depuis, sous la pression des habitants de ce quartier, la mairie de Valencia a classé ce quartier au patrimoine architectural de la ville, en le soustrayant définitivement à la convoitise des spéculateurs; puisque désormais ses maisons uniques en leur genre, sont protégées. Ce qui ne fut pas le cas pour Hammamet, quand le maire a autorisé la création d’un remblai au pied de la muraille du fort d’Hammamet. Pourtant les riverains se sont opposés à ce projet qui dénaturait ce fort, emblème de la ville. Et bien qu’ils furent soutenus par Frédéric Mitterrand, cet amoureux de la Tunisie qui avait sa maison dans ce fort donnant sur mer, le paseo enserrant le fort fut crée; apportant une nuisance sonore aux riverains, le maire ayant permis l’extension d’un petit café discret installé dans l'enceinte du mausolée du marabout Sidi Bouhdid, par une grande terrasse empiétant largement sur ce nouveau paseo et diffusant une musique par de haut-parleurs à longueur de journée, soirée comprise … sans que le maire et son équipe ne soient inquiétés ni sanctionnés par les Hammamétois, souvent inamovibles par la volonté du prince.

Carrer de la Reina d'El Cabanyal

Hammamet avec paseo

Et c'est justement là que réside le "secret" de ces peuples aimant ou pas, le beau ! 

Dans une démocratie où l'Etat de droit est réel, les élus municipaux comme les élus nationaux, sont responsables devant leurs électeurs et devant la justice en cas de faute ou de fraude, comme en Espagne; contrairement à la Tunisie et à l'Algérie, où les "responsables" n'ont de compte à rendre à personne !

Et pour qu'un peuple puisse exercer ce droit de regard sur l'action de ses élus, encore faut-il qu'il soit instruit et cultivé pour assurer son rôle de citoyen ! Ce qui m'amène à la deuxième raison que j'ai avancée à mon ami pour répondre à sa question.

Que de fois lors de mes visites aux musées en Europe, pour admirer mes peintres préférés et découvrir d'autres, que ce soit au musée du Louvre, au musée d'Orsay, au Prado à Madrid, au Rijksmuseum & au Musée van Gogh à Amsterdam, à la Galleria de l'Accademia de Florence et à celle de Venise, au musée du Vatican ou au musée des beaux-arts à Valencia; j'étais souvent frappé de voir des groupes scolaires accompagnés de leurs enseignants et souvent d'un guide mis à leur disposition par le musée, pour initier les enfants au beau et leur faire connaître l'art et l'histoire de l'art; en leur faisant découvrir et aimer les peintres nationaux mais aussi ceux qui ont fait la renommée de la peinture ... ce qui semble inscrit dans le programme scolaire pour compléter la formation de ces élèves dans le cadre des humanités qu'ils sont sensés acquérir durant leur cursus scolaire. 

Chose inexistante en Tunisie et en Algérie, souvent laissée à l'initiative d'un enseignant désireux d'apporter ce supplément d'âme à ses élèves ! Puisqu'en ces pays, la règle est de former les élèves juste pour qu'ils puissent travailler plus tard et assurer le minimum vital ! 

Et pire, depuis que le wahhabisme s'est répandu en Tunisie comme en Algérie, l'art étant condamné par ses prédicateurs qui dénigrent jusqu'à l'école publique pour recommander à leurs ouailles l'école coranique, les "élèves" n'ont pour unique programme que de mémoriser le Coran, l'unique livre recommandé par ces imams autoproclamés, qu'ils doivent réciter par cœur, souvent sans en comprendre un traître mot ni le sens des sourates rédigées dans un vieux arabe, dont souvent les "lettrés" eux-mêmes, ignorent le sens !

Si dans une réelle démocratie la volonté politique est de former des citoyens pour en faire des hommes responsables à même de contrôler l'action de leurs élus; dans les prétendues démocraties, la volonté politique des gouvernants est de cultiver l'ignorance sacrée, plus propice à la domination des peuples !

Voilà pourquoi cette différence qui saute aux yeux, selon le pays ou la ville où l'on se trouve de part et d'autre du bassin méditerranéen. Le beau n'étant que l'expression d'une cité bien gérée, dans une démocratie où l'Etat de droit est réel et effectif et le citoyen a son mot à dire ! Contrairement à d'autres, prétendument démocratiques, où l'anarchie n'est que la traduction d'une corruption endémique, contre laquelle les hommes n'ont aucun moyen d'agir; d'autant que la paupérisation économique aussi bien qu'intellectuelle, est voulue par leurs gouvernants. 

Rachid Barnat

lundi 15 novembre 2021

La France se couche devant les islamistes

Les Frères musulmans surfent sur les lâchetés des responsables politiques Français de droite comme de gauche ! C'est ainsi que le wahhabisme, cet islam des pétromonarques, étranger à la France, est en train de supplanter son islam, celui de ses anciennes colonies
R.B

 
Boualem Sansal

Face au terrorisme islamiste, «frapper vite et fort, c’est cela que morts et vivants réclament»

Alexandre DEVECCHIO : Nous commémorons cette année le sixième anniversaire des attentats du 13 Novembre alors que le procès de ce carnage vient de s’achever. Avons-nous tiré les leçons de ces événements ?

Boualem SANSAL : Face à l’islam, la France officielle a perdu toute capacité de réfléchir, de statuer et d’agir. Elle subit et se prépare à subir encore. Les musulmans, tout contraints qu’ils sont par le dogme et la communauté, sont plus libres face à leur religion ; ils l’aiment beaucoup, mais ils la discutent quand même, critiquent ses excès, lui donnent des coups de canif par-ci par-là. Il en est même, comme moi qui suis athée de naissance, qui recommandent de la mettre au musée. La France s’est mise dans un processus de soumission invraisemblable, elle s’humilie piteusement alors que personne à ma connaissance ne le lui demande, et surtout pas de s’humilier de cette façon wokienne, s’agenouiller dans la boue, se couvrir la tête de cendres, ­déchirer ses vêtements, se taillader les veines.

La crainte de désespérer la banlieue et la peur de la guerre civile, du séparatisme et des représailles des gardiens de l’islam ou des parrains de l’islamisme n’expliquent pas tout. On croirait que la France s’est engagée dans un processus de conversion volontaire qui ne dit pas son nom. À moins que par un mécanisme de compensation psychique elle remplace le christianisme qu’elle a chassé par la porte par un islam arrivé par la fenêtre. ­Malraux l’avait dit : le XXe siècle sera religieux ou ne sera pas. Moi j’y vois aussi du sexe : l’islam est jeune, vigoureux, infatigable, le christianisme vieux, faible, les Français qui aimaient tant la bagarre et la bagatelle regardent ça avec lubricité et regret.

Ce qui s’est passé le 13 novembre est un acte de guerre d’une violence inouïe auquel la France présidente a répondu par des larmes et des lamentations. Ce faisant, elle a humilié son peuple, sa ­police et son armée, et signé sa fin.

Alexandre DEVECCHIO : Rien de bon ne peut-il sortir de tout cela ?

Boualem SANSAL : Le scénario le plus probable est la guerre civile, avec à terme la libanisation du pays ou son algérianisation qui est un mix entre dictature militaire et dictature islamiste. Écoutez Michel Onfray, il ne cesse de le répéter avec force arguments. La seule façon de l’éviter, et ça, c’est moi qui le dis, c’est le grand chambar­dement, il faut abattre la maison avant qu’il ne soit trop tard et la reconstruire après une séance d’exorcisme réussie. Belzébuth, sors de ce corps, par les ­Lumières vitales.

Alexandre DEVECCHIO : Il y a à peine un mois nous commémorions l’assassinant de Samuel Paty ? Que pensez-vous de ces hommages ?

Boualem SANSAL : Bien sûr qu’il faut des hommages, mais s’ils ne sont pas suivis d’actes forts, ils consacrent l’état de lâcheté et d’incompétence de l’Autorité. C’est insuppor­table de voir la France de Macron passer ses journées à rendre des hommages aux victimes de l’islamisme, et les enterrer ainsi une deuxième fois. Un chef des ­armées n’enterre pas ses morts, ne fait pas de discours en larmoyant, il tonne, il agit, il frappe vite et fort. C’est cela que les morts et les vivants réclament.

Alexandre DEVECCHIO : La campagne pour l’élection présidentielle est marquée par les questions liées à l’immigration et à l’islam. Est-ce le retour du refoulé ?

Boualem SANSAL : Il n’y a pas de refoulé, ces questions sont sur la table depuis de Gaulle qui craignait de voir atterrir des mosquées à ­Colombey-les-Deux-Églises, Giscard, maître d’œuvre du regroupement familial, qui disait que la France faisait face à une invasion migratoire, Marchais qui réclamait l’arrêt de l’immigration, ­Rocard qui disait que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde, Chirac qui s’offusquait du « bruit et des odeurs », Sarkozy qui se voulait le champion des expulsions, Hollande qui disait que la France était en guerre, ­Macron qui découvre qu’il faudrait y voir, qu’il y a peut-être, des relations de cause à effet dans les malheurs de la France.

Non, la vraie nouveauté c’est Zemmour le polémiste qui impose à tous ses thèmes de campagne. Et voilà que tous, ­manchots, pingouins et autres canards boiteux, lui emboîtent le pas, mais avec des couacs et des « oui, mais, cependant » qui montrent qu’ils ne feront rien, sinon déplorer, soumis qu’ils sont à la doxa en vigueur.
Paradoxalement en 2017, ces questions avaient très peu été abordées …

En 2017, on a privilégié l’émotion, on a invité toutes les autruches de France à se rassembler pour affronter le danger et bouter l’ennemi. C’était à qui pleurait le plus fort sous l’œil ému des caméras. L’émotion c’est fort, ça unit dans les larmes, le temps qu’elles sèchent.

Nous étions quand même quelques-uns à parler de ces choses, mais on le sait l’émotion rend sourd. N’oubliez pas le politiquement correct et la police de la pensée et souvenez-vous de ce que disait Prévert : « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. »

Alexandre DEVECCHIO : N’y a-t-il pas aussi un souci légitime de ne pas stigmatiser l’ensemble des musulmans, de ne pas confondre islam et islamisme ?

Boualem SANSAL : Sur ce plan, Zemmour dit des choses d’une justesse parfaite mais ne les explique jamais afin que chacun puisse voir ce que les mots cachent. L’islamisme c’est de l’officiel, c’est l’une des quatre écoles canoniques qui forment l’islam sunnite, toutes nées entre le VIIe le VIIIe siècle, quelques décennies à peine après la mort de Mahomet en 632 : le malékisme (dominant au Maghreb et au Sahel), le hanafisme (dominant en Turquie, Bosnie, Chine, Inde, Pakistan, Afghanistan), le chafiisme (dominant au Yémen, en ­Afrique de l’Est, en Asie et Asie du Sud-Est), le hanbalisme (école ultra-orthodoxe qui impose une lecture littérale du Coran, dominant en Arabie, au Qatar et au ­Yémen, où il a accouché du wahhabisme ; il est également présent en Asie, aux Comores, sous une forme moins agressive et en Égypte, où il a donné les Frères musulmans).

C’est ce courant minoritaire mais très remuant, le hanbalisme, version wahhabite qu’en Occident on appelle islamisme.

Mais aujourd’hui cette école, irriguée par les pétrodollars saoudiens et qataris et les aspirations califales qui fleurissent dans l’ensemble du monde musulman, a contaminé les trois autres écoles de l’islam sunnite, et les autres courants de l’islam, chiite, kharidjite et même soufi, et au final personne ne sait vraiment reconnaître les siens.
Les musulmans qui connaissent un tant soit peu leur religion et l’école juridique de leur communauté, ne se sentent ­nullement stigmatisés. Ceux qui se ­mouchent, ce sont les hanbalites, les ­
wahhabites, les Frères musulmans et ceux qui confondent tout avec tout.

Alexandere DEVECCHIO : Alors que les 60 ans des accords d’Évian approchent, Emmanuel Macron a multiplié les gestes mémoriels reconnaissant notamment « la responsabilité de la France dans le massacre du 17 octobre 1961 ». A-t-il raison de faire ce type de gestes ? Sont-ils appréciés en Algérie ?

Boualem SANSAL : Macron, c’est Gaston Lagaffe, il en fait toujours trop parce qu’apparemment il ne sait pas au juste ce qui doit être fait. Il devrait lire Un président ne devrait pas dire ça.
Il a sûrement tous les talents que les siens lui prêtent mais pas celui-là, le sens de l’histoire, il n’est pas historien, ni psychologue.

Les Algériens n’aiment pas qu’on vienne les caresser dans le sens du poil, ce qu’ils veulent c’est écrire eux-mêmes leur histoire, chose que leur gouvernement ne leur permet pas, il les oblige à boire le breuvage officiel jusqu’à la lie et obéir aux alertes du ministère de la vérité.

Ce qui intéresse le pouvoir (algérien, NDLR) c’est tout ce qui peut lui apporter un peu de légitimité pour conserver le pouvoir dérobé par lui un certain juillet 1962. La légitimité pour lui c’est le blanc-seing pour piller le pays en toute bonne conscience. Il a trouvé en Macron le gars sympa qui leur en donne tant et plus. Venant de l’ex-colonisateur ça vaut acquittement.

Macron avait passé la pommade à son vieil ami Bouteflika, il le fait aussi avec son nouvel ami Tebboune. Les Algériens observent sans comprendre ce qui peut lier un charmant jeune homme propre sur lui avec la gérontocratie haineuse d’Alger. En fait ils s’en fichent, ce qu’ils veulent c’est un peu de liberté, de la tranquillité, et si possible la vérité sur les affaires de leur pays, et en cadeau un visa pour visiter la France et y faire souche le cas échéant.

Alexandre DEVECCHIO : Dans le même temps, Emmanuel Macron a accusé le régime algérien de vivre de la rente mémorielle …

Boualem SANSAL : Macron est inconséquent, d’un côté il flatte ses vieux amis d’Alger, les abreuve d’hommages et de reconnaissance, et de l’autre il les accuse de vivre sur la rente mémorielle comme ils vivent royalement sur la rente pétrolière, deux choses qui se confondent au fond quand on n’a pas de légitimité et de dignité. On se demande qui conseille si mal ce jeune ­président qui certainement ne demande qu’à bien faire.

Alexandre DEVECCHIO : Il a également réduit le nombre de visas octroyés aux Algériens après l’échec du dialogue au sujet de la réadmission des clandestins expulsés. Comment le pouvoir algérien a-t-il réagi ?

Boualem SANSAL : Il n’y regarde même pas, il sait que ­Macron ne fera rien, il est intelligent mais peureux, il sait que le pouvoir ­algérien ne rigole pas si on touche à ses intérêts. Alors qu’il n’a rien fait, juste émis une idée, voilà que son vieil ami Tebboune rappelle son ambassadeur à Paris, ferme l’espace aérien aux avions militaires français, interdit l’usage du français dans plusieurs ministères, rompt 500 contrats avec des PME françaises et appelle les grandes firmes ­allemandes et italiennes à venir rem­placer au pied levé les entreprises du CAC 40 opérant en Algérie.

Que fera-t-il si Macron s’avisait de toucher aux visas dus à ces messieurs, à leurs familles et ­alliés. Bravo, ça, c’est un chef !
Pauvre Macron, il s’est mis un caillou dans la chaussure et un sacré souci dans la tête.

Alexandre DEVECCHIO : Au-delà de ces derniers épisodes, comment expliquez-vous que soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie, les rapports entre les deux pays soient si passionnels ?

Boualem SANSAL : Avant d’être passionnels, ils sont ­intéressés. La seule source de légi­timation de la junte a été et reste la geste anticoloniale. Elle continue la guerre de libération pour maintenir le peuple sous l’empire des lois de la guerre clandestine. On lui explique journellement, par ­communiqués du haut commandement, que la guerre n’est pas finie, que ­l’ennemi est toujours là, plus dangereux que jamais. Il doit y croire, le voir partout et agir en bon moujahid et si nécessaire mourir en héros. Il doit chaque jour ­sacrifier au quart d’heure de la haine du JT de 20 heures contre la France. C’est du pur Orwell.

L’Algérie est de ces rares pays encore vivants (Corée du Nord, Cuba), à avoir réussi à faire de la magnifique fiction orwellienne 1984 une réalité vivante.

D’un autre côté la France a un besoin ­vital de l’amitié et l’affection des ­Algériens pour se persuader et démontrer au monde que sa colonisation a été pour eux un pur bonheur. La preuve est qu’ils prennent d’assaut ses consulats pour obtenir leur visa ou vont affronter à mains nues les ­dangers de la mer pour venir se jeter dans les bras de la mère adoptive ­indigne.

Alexandre DEVECCHIO : Votre dernier livre prend la forme d’une Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux nations de la terre (Gallimard). En vous lisant, on ne sait trop si c’est un geste de désespoir ou d’optimisme fou ?

Boualem SANSAL : L’optimisme fou et le désespoir sont les deux faces d’une même pièce, la pièce de sagesse, s’entend. Des pans entiers de la vie sont en train de disparaître sous nos yeux. La désintégration se fait par l’action de ce que dans ma lettre j’ai appelé les Grands Destructeurs formés par les couples maléfiques Argent-Marché, ­Religion-Colonisation, Malbouffe-Machinisme, Jeux d’arènes-Délinquance.

Le combat de la jeune Greta Thunberg me paraît ne pas viser la bonne cible. La COP, les partis Verts et autres agitations connexes ne servent à rien, ce sont des leurres. Le danger n’est pas le réchauffement climatique, ce sont les Destructeurs, il n’est que l’une des innombrables conséquences de leur sinistre magistère. Ils tuent la raison, la joie, l’amour, l’amitié, l’esprit, les âmes et ensemencent dans ce qui reste de vivant en nous mille maladies et mille poisons. Détruire les Destructeurs, voilà le seul vrai combat.

vendredi 12 novembre 2021

Lucioles de l'espoir ...


 










Karim Akouche


Je quitte Facebook pour me consacrer entièrement à la création littéraire. Au plaisir de croiser certains d'entre vous dans la vraie vie, les cafés, les bibliothèques, les agoras et les routes. Cette page restera cependant ouverte et sera gérée par un administrateur. En guise d'épilogue, je partage avec vous ces "lucioles de l'espoir" :

Enfant, né et élevé dans un petit village perdu au fin fond de la Kabylie, je révisais mes cours à la lueur d’une bougie car le réseau électrique de l’État n’était pas arrivé chez nous. La nuit, l’été, ma mère m’autorisait à jouer au stade avec mes copains jusqu’à 23 heures. C’est grâce aux lucioles que j’arrivais à lire l’heure sur ma montre et à emprunter sans risque le sentier du retour. J’étais tellement fasciné par ces bestioles qu’une nuit j’en ai enfermé une dans un pot. Ma déception fut grande de découvrir le lendemain un insecte volant, presque insignifiant, éteint le jour et qui ne diffusait sa petite lumière que la nuit.

C’est plus tard que j’ai tiré la morale de cette histoire : quelle que soit l’épaisseur des ténèbres que l'être humain traverse, il y aura toujours une luciole cachée pour lui servir de phare. Elle lui montrera le temps exact et la route à suivre.

Les lucioles sont partout dans le monde. Le jour, elles disparaissent ; la nuit, elles dissipent le doute et la peur et orientent les humains.

Voici ma conviction : la révolte dépourvue de tout désir de paix n’est qu’un vacarme de train rouillé en partance pour le néant. Si tout au long de mes écrits j’ai jappé comme un tigre ivre, c’est dans le but de faire naître un monde meilleur, non pas parfait, mais moins laid que celui d’hier, non pas froid, mais plus chaleureux que celui que l’on nous propose. Et j’ai beaucoup de raisons d’y croire. L’histoire regorge d’exemples démentant le fatalisme qui nous habite comme une tumeur. Le nazisme, par exemple, que l’on croyait éternel, a fini par être terrassé par un sursaut de dignité, lequel a donné naissance à un grand rêve européen.

L'être humain est comme un ballon, plus il tombe de haut, mieux il rebondit. Face aux horreurs, il sait trouver en lui l’étincelle divine pour se surpasser.

Vives amitiés,

En illustration : portrait réalisé par le peintre Robichaud Louis, ami de Karim Acouche.

Karim Acouche : L’opposant officiel nourrit toujours le dictateur
Défiez-vous de ces démocrates qui adoptent les règles du dictateur. Ils ne convoquent à l'arène politique le peuple que pour en parier l'âme et la peau. Ils ne combattent pas la tyrannie, ils en flattent les tentacules. Ils ne menacent pas la dictature, ils la consolident. L’opposition officielle est une jument bridée, elle a beau se cabrer, les sabots n’en font que caresser le tyran dans le sens du trône. Le révolutionnaire, le vrai, ne se pavane pas en costume de carnaval. Il désobéit, entre en dissidence. Il ne quémande jamais un quignon de dignité. Quand il a faim de liberté, il bouffe le dictateur.

jeudi 4 novembre 2021

L'UE, cheval de Troie pour Frères islamistes ...

Les Frères musulmans savent se jouer des lois des pays occidentaux, pour se faire une place dans leur paysage politique; puisqu'ils gagnent encore du terrain, face à l'UE laxiste ! C'est par l'UE, qu'ils pénètrent et s'imposent aux pays qui la composent; et en premier, à ceux qu'ils visent : comme la France, pour sa laïcité qu'ils combattent ! Des responsables politiques laxistes ou corrompus par l'argent du Qatar, soutien des Frères musulmans ?!
R.B

La pub de la honte !

En faisant du prosélytisme religieux, l'Europe piétine ce qui fonde son identité

«La beauté est dans la diversité, comme la liberté est dans le hijab», voilà dans quels termes l'Europe a choisi de promouvoir le port du voile. Si elle a depuis été retirée, cette campagne, financée par l'Union européenne et diffusée par le Conseil de l'Europe au nom de la «célébration de la diversité et du respect du foulard islamique» pose un problème politique majeur : elle piétine les fondamentaux qui constituent les piliers de la culture européenne.         

On est en effet ici bien loin des valeurs d'égalité et d'émancipation censées être aux sources de l'Union européenne. Celle-ci n'est pas simplement censée regrouper des pays dont les intérêts commerciaux et industriels seraient convergents, elle ne se résume pas à un simple marché commun, mais elle puise sa légitimité dans l'idée qu'elle s'appuie sur la reconnaissance des liens civilisationnels qui font de l'Europe une entité définie par le partage de principes et d'idéaux communs. En faisant du prosélytisme religieux, le tout sous l'influence d'associations islamistes liées aux Frères musulmans, une secte obscurantiste qui fut proche des nazis, l'Europe piétine ce qu'elle est censée défendre. Pire même elle le fait en inversant toutes ses valeurs. Ainsi elle valorise un signe religieux en faisant semblant de ne pas connaître sa signification, alors que celui-ci prône l'infériorisation de la femme, lui refuse l'égalité en droit et fait de son corps et de ses cheveux, un marqueur d'indécence. Elle pousse même le déni jusqu'à présenter ce refus d'accorder l'égalité en droit aux femmes au nom de leur impureté, comme la définition même de la liberté.


Le problème est que cette affaire est loin d'être anecdotique, car si le Conseil de l'Europe est un organisme faible, dépourvu de toute légitimité démocratique, son rôle est pourtant d'être «le gardien de la sécurité démocratique, fondée sur les droits de l'homme, la démocratie et l'état de droit» selon le Sommet de Vienne de 1993. De lui émane la CEDH (Cour européenne des droits de l'homme), dont les arrêts, s'ils sont censés avoir un caractère déclaratoire, influent énormément sur les cours de justice de certains pays dans les faits. Si la Turquie ne fait que ce qui l'arrange et ne leur accorde aucun crédit, la justice française, elle, par un arrêt de la cour de cassation du 15 avril 2011 reconnaît la nécessité pour les états de respecter la jurisprudence de la CEDH sans attendre d'avoir même modifié leur législation.


C'est dire la gravité de l'influence d'organismes violents, antidémocratiques et qui prônent le refus des valeurs universelles, parce que présentées comme «occidentales» au regard du rôle absurdement confié à un conseil, qui veille sur la démocratie en en étant l'antithèse. Il n'est donc pas si étonnant que des émanations de l'organisation des Frères musulmans ou de la fameuse Open Society (que l'on retrouve dans nombre d'affaires prônant le port du voile ou attaquant la France pour sa législation ferme sur le port du voile intégral) en font une porte d'entrée pour imposer sur le sol européen, des signes à la fois religieux et politiques, profondément opposés à notre civilité et à notre culture.


Le problème n'est pas tant la stratégie de ces organisations, même si elles défendent un système de valeur qui est en rupture avec les notions d'égalité et de liberté qui fondent nos sociétés politiques. Le problème est l'influence grandissante qu'elles ont au sein des instances internationales, qu'elles utilisent comme des chevaux de Troie.


L'influence d'organisations non démocratiques à la manœuvre dans cette affaire parle de l'incapacité de nombre de dirigeants européens à comprendre ce qui est en jeu et d'une naïveté abyssale en ce qui concerne les associations dont elle ne paraît pas voir le rôle de lobby politico-religieux que jouent certaines des plus influentes. Parmi celles-ci, la FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organisation), association proche de l'Union des Organismes Islamiques en Europe (UOIE) et liée aux Frères musulmans se vante d'être un partenaire incontournable de l'Union Européenne. Elle a été étroitement associée à la définition de cette scandaleuse campagne. Pareil pour l'European Forum of Muslim Women (EFMW) qui est, selon Lorenzo Vidino, directeur d'un programme sur l'extrémisme à l'université Georges Washington, l'émanation féminine de cette même UOIE.


Selon Florence Bergeaud Blackler, anthropologue et spécialiste de ces questions, le FEMYSO est l'un des trente membres du Conseil consultatif de la jeunesse auprès du Conseil de l'Europe. Imaginez un peu si ce même conseil avait inclus une organisation néonazie ou une organisation de jeunesse d'extrême-droite, comme Génération Identitaire, dans un conseil consultatif, les cris d'orfraies qui auraient été poussés, à raison d'ailleurs, par les gouvernements qui auraient rapidement mis fin à cette dérive. Là, cela passe crème alors que ces organisations ne valent pas mieux.


En attendant dans cette histoire, la France semble être la seule à s'indigner de cette campagne et à oser affirmer l'importance de défendre l'égalité en droit des femmes et de lutter contre le prosélytisme islamiste. Au moment où le voile est à la fois utilisé comme un moyen d'attaquer l'idéal égalitaire de l'occident et de dénoncer comme de l'islamophobie le refus de faire passer la charia avant la loi, l'Union européenne choisit d'abandonner la cause des femmes et reprend la propagande des frères musulmans, pour qui la bonne musulmane se résume à la femme voilée qui consent à son infériorisation.


La France n'a pas été dupe de cette dérive prosélyte, qui s'en prend à l'égalité des femmes, en prétendant défendre la liberté. Elle a réagi par la voix de Sarah El Haïry, secrétaire d'État chargée de la jeunesse et de l'engagement : « Cette vidéo m'a profondément choquée (…) C'est absolument l'opposé de nos valeurs, des valeurs que la France défend ». La voix de la France n'est pas tout à fait restée sans écho, mais si le Conseil de l'Europe a prétendu suspendre sa campagne, cela s'est résumé à un retrait des visuels sur les réseaux sociaux. La prise de conscience de ce qui est en train de se jouer n'a toujours pas eu lieu et la puissance des réseaux islamistes, elle, a été démontrée. 


Même quand la France dénonce la campagne, elle en reste aux conséquences et ne se mobilise pas sur les causes. Pour l'instant force est de constater que nul ne se dresse explicitement pour combattre l'influence islamiste qui grandit en Europe.

*Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle est la fondatrice de «Viv(r)e la République», elle a également publié Silence coupable (Kero, 2016) et Ces biens essentiels (Bouquins, 2021).